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OSSIFICATION DE QUELQUES VERTÈBRES EN PARTICULIER

Fig. 320. — Atlas, ossification (enfant dans sa première année)

Atlas. — L'atlas présente trois points d'ossification primitifs d'après certains auloui's (Sappey), i/eu.r primitifs et un romptinnentaire , d'après d'autres.

Deux de ces points primitifs apparaissent vers la fin du deuxième mois de la vie intra-utérine ; ils correspondent aux points primitifs latéraux des autres vertèbres et forment les niasses latérales et l'arc postérieur de l'atlas. — Le troisième point d'ossification (primitif ou complémentaire) apparaît vers deux ans ou deux ans et demi; il forme l'arc antérieur de l'atlas; quelquefois ce point est double (Sappey). Les points latéraux se soudent ensemble de quatre à cinq ans; ils s'unissent au point de l'arc antérieur de sept à neuf ans.

Nous voyons ainsi que l'atlas ne présente pas de point primitif médian pour le corps; ce dernier existe en réalité: niais il se soude à l'axis et reste relativement indépendant de l'atlas : cest l'apophyse odontoïde.

Axis. — L'axis présente neuf points d'ossification, cinq primitifs et deux complémentaires. La présence de cinq points primitifs au lieu de trois, nombre ordinaire des points primitifs, tient à ce fait que deux de ces points appartiennent à l'apophyse odontoide, c'està-dire à l'atlas dont cette apophyse représente le corps.

Les cinq points primitifs se divisent en ; deux latéraux principaux pour l'arc postérieur; un médiampowT le corps; deux latéraux odontoïdiens pour l'apophyse odontoïde; Sappey a vu quelquefois deux autres points latéi-aux accessoires pour le corps.

Les points latéraux principaux apparaissent du 50e au 60" jour de la vie intra-utérine; ils forment les apophyses articulaires et transverses, les lames, l'apophyse épineuse, et les parties latérales du corps vertébral. — Le point médian apparaît vers le milieu de la vie intra-utérine; il forme la partie médiane intérieure du corps.

Les points odontoïdiens apparaissent à la lin du cinquième mois de la vie intra-utérine ; ils s'unissent ensemble du septième au huitième mois, d'abord par leur partie antérieure et inférieure, de sorte qu'à la naissance et même quelque temps après ces deux points sont

OSTÉOLOGIE

séparés par un sillon médian et vertical en arrière et par une gouttière à leur partie supérieure : cette disposition donne à l'apophyse odontoïde l'aspect d'une fourche (Sappey).

La soudure des points primitifs entre eux se fait dans l'ordre suivant : les latéraux pi'incipaux avec le médian, les latéraux accessoires avec la base de l'apophyse odontoïde (de quatre à six ans) — La base de cette apophyse en se soudant aux points latéraux principaux et au point médian forme le tiers interne des apophyses articulaires supérieures (Sappey).

Les points complémentaires de l'axis sont au nombre de deux : un pour le sommet de l'apophyse odontoïde; il apparaît de quatre à cinq ans et se soude rapidement aux points

Fig. 321. — Axis, Fig. 322. — Axis, ossification,

ossification, points primitifs

points primitifs. et complémentaires.

odontoïdiens latéraux, faisant ainsi disparaître l'aspect bifide de ce sommet, qui devient alors une pointe mousse ; — un pour la face inférieure du corps^ qui se soude comme celui des autres vertèbres de vingt à vingt-cinq ans (Sappey).

Meckel, Nesbitt décrivent à l'apophyse odontoïdienne deux points épiphysaires, un pour le sommet, l'autre pour la base, ce qui établit une analogie complète entre le développement du corps de l'atlas et celui des autres corps vertébraux.

Robin (Journ. de VAnalo/nie. 1868, Évolution de la nolocorde) a. décrit dans tous ses détails la marche de l'ossification aboutissant à l'union de l'apophyse odontoïde et du corps de l'axis.

Septième cervicale. — Elle présente deux particularités : 1" un point complémentaire

pour le sommet de l'apophyse épineuse (ce point existe assez souvent pour la sixième): — 2° un autre point situé à la partie antérieure de la base de l'apophyse transverse; il apparaît dans le sixième mois de la vie fœtale, et se soude d'ordinaire au reste de l'apophyse transverse de quatre à six ans; très rarement cette soudure n'a pas lieu. Ce point correspond à ceux aux dépens desquels se développent les côtes; quand il reste indépendant du reste de l'apophyse transverse, il constitue la septième côte cervicale. Ce point osseux peut s'observer aussi sur la sixième, la cinquième ou même sur la quatrième cervicale (Hyrtl).

Douzième dorsale. — Elle présente au niveau de ses apophyses transverses : l°un point complémentaire constant pour le sommet de son tubercule supérieur (analogue au point mamillaire que l'on rencontre sur les apophyses articulaires supérieures des vertèbres lombaires); — 2" un point complémentaire inconstant pour le sommet de son tubercule inférieur et antérieur ; c'est l'analogue de celui des apophyses transverses des vertèbres lombaires.

Cinquième lombaire. — Elle présente un point secondaire spécial pour le tubercule antérieur des apophyses transverses.

Sacrum (oertébres saci^ées). - Chaque vertèbre sacré.e présente huit points d'ossification : trois primitifs et cinq complémentaires.

Les trois points primitifs sont répartis comme sur les autres vertèbres : un médian pour le corps ; deux latéraux pour les apophyses articulaires, les lames et l'apophyse épineuse. Le point médian du corps apparaît vers le quatrième mois de la vie intra-utérine, d'abord dans la première vertèbre sacrée; ceux des dernières ne se montrent que vers le huitième mois. La soudure commence par la réunion des trois points latéraux entre eux, et se termine par la réunion de ces derniers au point médian.

A ces trois points primitifs s'ajoutent, comme pour les autres vertèbres, des points complémentaires : deux appartiennent au corps dont ils forment les épiphyses; ils apparaissent vers l'âge de dix â treize ans. Pendant quelque temps, l'épiphyse inférieure d'une vertèbre sacrée est unie à l'épiphyse supérieure de la vertèbre sous-jacente par un appareil

DE LA COLONNE VERTÉBRALE EN GÉNÉRAL

l'oints eostau v

marginal sup.

ligamenteux analogue au disque intervertébral; ce disque disparait par la suite. — Un troisième point d'ossification complémentaire est l'pineux : il se montre de quinze à seize ans et se soude rapidement à l'apophyse (''pineuse.

Cependant le mode d'ossification des vertèbres sacrées diffère de celui des autres vertèbres par l'addition de deux points complémentaires :

ils apparaissent sur les côtés du point médian du corps et forment, en se développant, la partie antérieure des masses latérales du sacrum ; ces points doivent être considérés comme les points costaux du sacrum (Gë'genbaurj, car ils représentent autant de côtes rudimentaires, les côtes sacrées, qui se soudent aux apophyses transverses pour constituer les masses latérales du sacrum ; ces points latéraux sont constants pour les trois premières sacrées; ils manquent quelquefois pour la troisième et souvent pour les deux dernières: ils apparaissent du cinquième au sixième mois delà vie fœtale.

Enfin l'ossification du sacrum s'achève par l'addition de nouveaux points complémentaires sur les bords latéraux de l'os ; ces points, points marginaux, forment les épiphyses marginales; au nombre de quatre,

doux de chaque côté, ils apparaissent vers dix-sept ou dix-lmit ans, et forment, en se développant, les bandes osseuses étroites qui modèlent les côtés de l'os. Le point supérieur

forme Vépiphyse marginale supérieure qui répond à la facette auriculaire; le point inférieur, é/jiphyse marginale inférieure, modèle les bords des deux dernières vertèbres sacrées. Les épipiiyses marginales se soudent àl'os de dix-neuf àvingtct un ans.

La soudure des vertèbres sacrées entre elles commence vers l'âge de huit à dix ans par les parties latérales, et se poursuit ensuite par les lames et les apophyses épineuses, pour se terminer par les corps. Ces derniers ne sont complètement soudés que vers l'âge de dix-liuit à vingt ans (vingtcinq àtrente ans d'après quelques auteurs). Cette soudure se fait de bas en haut, c'està-dire que la cinquième sacrée s'unit d'abord à la quatrième, et qu'on dernier lieu la deuxième s'unit à la première.

Considéré dans sa totalité, le sacrum présente quarante et un points d'ossification ainsi répartis : trente-deux points dont vingt primitifs et douze complémentaires pour les quatre premières vertèbres sacrées: cinq points pour le cinquième, dont trois primitifs et deux complémentaires; enfin quatre points secondaires pour les épiphyses marginales.

P. marginal inf.

Fig. 232. — Sacrum, ossification, vue antérieure.

Sacrum, ossification.

Coccyx (vertèbres coccijgiennes). — Gliacune des quatre premières vertèbres coccygiennes présente un point primitif rentrai, formant presque toute \o.\crit'h\'e, deux points complémentaires, formant les apophyses supérieure et inférieure. Deux autres points apparaissent sur la première vertèbre coccygienne pour former les petites cornes. Le point primitif apparaît de quatre à cinq ans pour la première vertèbre, et de six à neuf ans pour les deuxième, troisième et quatrième; les points épiphysaires apparaissent de dix à douze ans. — La cinquième vertèbre coccygienne ne présente que deux points d'ossification : un primitif central (dix ans), l'autre complémentaire apparaissent en même temps au-dessus du premier.

OSTÉOLOGIR

Le coccyx présente donc dans son ensemble sei^e points d'ossitication : a'/iq primitifs et onze complémentaires .

Les vertèbres coccygiennes se soudent vite entre elles pour former une pièce unique. La soudure se fait de bas en haut : la cinquième est déjà soudée à la quatrième de douze à quatorze ans: la première est le plus souvent séparée de la deuxième à vingt-cinq ou trente ans. En somme, les vertèbres coccygiennes se trouvent soudées alors que les vertèbres sacrées sont encore indépendantes. Très tardivement enfln, chez les vieillards, le coccyx se soude au sacrum pour former un seul os, le sacro-coccyx.

Ajoutons que, dans ces derniers temps, Rosemberg (1876) a démon-tré que, dans les trois quarts des cas, le coccyx est formé de six vertèbres ; Fol l']88o| et Phisalix (1887) ont trouvé sur des embryons humains quatre ou cinq vertèbres coccygiennes éphémères. Cette disposition ombr^'onnaire peut persister; le coccyx de l'adulte, plus long qu'à l'ordinaire, a alors tous les caractères d'un appendice caudal |R Blanchard, Rev. d'anthrop., 1883).

L'ossification des pièces de la colonne vertébrale, telle que nous l'avons décrite, se fait dans un mode déterminé : les lames et les apophyses commencent à s'ossifier dans la région cervicale et continuent de haut en bas. Les corps commencent à s'ossifier dans la région dorsale pour s'étendre ensuite dans les deux directions, en haut et en bas. Le processus d'ossification n'est complet que plus tard, vers l'âge de 25 à 30 ans. Avant la soudure des lames, le canal vertélîral présente en arrière une scissure médiane et verticale; la persistance de cet état constitue le vice de développement connu sous le nom àa-spina bifida.

Gomme à la colonne cervicale les points latéraux apparaissent les premiers ; la partie médiane antérieure reste cartilagineuse jusqu'au quatrième mois. Après l'apparition des points médians, on voit sur la colonne cervicale doux bandes cartilagineuses, intermédiaires à la ligne des points latéraux et à celle des points médians.

A la puberté se montrent les épiphyses des corps vertébraux : la colonne s'accroit rapidement et revêt bientôt les caractères définitifs de l'adulte.

Chez le vieillard, les corps vertébraux s'affaissent, la colonne s'infléchit en avant; la mobilité de chaque pièce vertébrale tend à diminuer, et bientôt commence la soudure des vertèbres entre elles C'est le coccyx qui ouvre généralement la série, en se soudant au sacrum; celui-ci se soude à la cinquième lombaire; enfin très tardivement d'autres vertèbres des régions lombaire et dorsale se soudent enseniblc. On cite quelques cas où ce processus de soudure a été tellement actif que la colonne a perdu toute mobilité, et s'est transformée en une tige rigide, en une pièce unique.

Tableau synoptique des points d'ossification des vertèbres.

Nombre . .

Epoque de soudure.

. Epoque r Oints I d'apparition .

primitifs. \

Trois : un médian, deux latéraux

Un seul : méd

P. médian.

P. latéraux.

P. médian.

P. latéraux. ,

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