V. - ANOMALIES
Les anomalies de la colonne vertébrale peuvent porter sur le nombre des vertèbres ou sur leur forme; de là leur classification en anomalies de forme, et anomalies de nombre.'^
1» .\N0MAL1ES NUMÉRIQUES On les a observées aux diverses régions de la colonne.
Tantôt le nombre des vertèbres est supérieur au chiffre normal, c'est l'anomalie par excès ; tantôt il est inférieur, c'est l'anomalie par défaut. L'excès ou le défaut sont compensé!; ou ne le sont pas par une augmentation ou une diminution dans le nombre des
OSTÉOLOGIE
vertèbres de la région voisine : l'anomalie peut donc être compensée ou non compensée. Les anomalies compensées sont les plus fréquentes et la colonne entière conserve son nombre régulier de pièces osseuses. Les anomalies non compensées sont très rares : il y a alors augmentation ou diminution du nombre total des vertèbres.
La région cervicale offre, au point de vue des anomalies de nombre, une grande constance ; mais, étant donné que l'on considère comme vertèbre dorsale les vertèbres pourvues d'une côte libre, le nombre des vertèbres cervicales est réduit à sis lorsque la septième cervical'e porte une côte, anomalie qui est loin d'être rare.
Les variations de nombre sont plus fréquentes dans les deu.x régions suivantes : lorsque l'apophyse costiforme reste à l'état de côte isolée sur la preiBière vertèbre lombaire, le nombre des vertèbres dorsales monte à treize et celui des vertèbres lombaires est alors réduit à quatre. — Par contre, l'atrophie et la soudure de la douzième côte à la douzième vertèbre dorsale réduisent à onze le nombre des vertèbres dorsales et portent à huit celui des lombaires; cette anomalie est plus rare que la précédente.
Tenchini a communiqué au congrès de l'Association médicale italienne (Arch. de Biolog. ital. 1889) les résultats de ses études sur le nombre des côtes et des vertèbres. Sur quatrevingts cadavres, il a constaté trois fois un nombre de vertèbres supérieur à trente-trois, et dans trois autres cas un nombre inférieur. Il s'agissait bien d'après l'auteur de variations sans compensation.
Le passage d'une vertèbre sacrée à la région lombaire, ou celui d'une vertèbre coccygienne à la région sacrée no sont pas rares ; lorsque nous rencontrons un sacrum avec cinq trous, l'une des six vertèbres qui le composent alors appartient à la région lombaire qui n'a plus que quatre vertèbres, ou à la région coccygienne, qui est alors réduite à ce que nous avons appelé la seconde pièce du coccyx.
Toutea ces anomalies numériques tirent leur origine d'une disposition commune réalisée pendant la vie fœtale. Chez le fœtus il y a dix-sept vertèbres thoraco-lombaires ; la treizième de ces vertèbre est normalement pourvue d'une côte ; la première vertèbre sacrée répond alors à la vingt-sixième vertèbre delà colonne, et les os iliaques sont unis aux vingtsixième, vingt-septième et vingt-huitième vertèbres Plus tard, grâce au développement ascensionnel du bassin d'arrière en avant, la vingt-cinquième vertèbre devient la première sacrée, les os iliaques s'articulent avec les vertèbres 25, 26 et 27, tandis que la côte de la treizième vertèbre thoraco-lombaire s'atrophie. En somme ce mouvement ascensionnel a pour effet de dépouiller la colonne lombaire de ses éléments.
Le mode de développement du rachis permet de comprendre les anomalies de nombre soit par excès, soit par défaut, pour l'explication desquelles tant de théories ont été émises.