‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 97 sur 199 · COLONNE CERVICALE · texte numérisé non relu

COLONNE CERVICALE

A. — Les apophyses semi-lunaires, caractéristiques du corps des vertèbres cervicales présentent : une face interne, qui se continue avec la face supérieure du corps, et qui répond aux disques intervertébraux ; — une face externe, rugueuse, dont la partie moyenne, répondant à l'artère vertébrale, est souvent excavée en gouttière ; — une base, implantée sur le corps ; — et un bord supérieur tranchant, fortement convexe d'avant en arrière.

B. — Le canal transversaire est souvent divisé par une lamelle osseuse en deux parties, l'une, antérieure, large ; l'autre, postérieure, plus petite. Cette anomalie nous a paru plus fréquente sur la septième cervicale.

C. — On voit parfois les apophyses transverses entrer en contact par de petites facettes articulaires placées sur les bords correspondants de ces apophyses.

D. — On peut présenter autrement la description des apophyses transverses et dire : elles naissent par deux racines. — La racine antérieure se détache de la partie latérale d'un corps, immédiatement en avant du pédicule : elle est fortement aplatie dans le sens antéropostérieur. Sa face antérieure est creusée d'une gouttière, souvent peu profonde, oblique en bas et en dehors. Sa face postérieure, lisse, présente une gouttière verticale, qui constitue la paroi antérieure du canal transversaire; en dehors elle se soude à la racine postérieure. Ses bords, supérieur et inférieur, sont tranchants et légèrement concaves de dedans en dehors. — Le sommet se termine tantôt par une crête, tantôt par un tubercule, formant le tubercule antérieur de l'apophyse transverse : il répond à l'insertion du scalène antérieur: ce tubercule représente la pleurapophyse (côte) de la vertèbre-type, dont l'hoemépine (sternum) est peut-être représenté par l'os hyoïde et les lignes blanches sus et sous-

DE LA COLONNE VERTÉBRALE EN GÉNÉRAL

hyoïdiennes. La racine postérieure implantée sur le pédicule et la colonne des apophyses articulaires, est une mince lamelle osseuse aplatie d'avant en arrière. La face antérieure (qui serait mieux appelée antéro-supérieure) est creusée d'une gouttière transversale qui répond au canal de conjugaison. La face postérieure (mieux postéro-inférieure) concave transversalement.est criblée de trous vasculaires. Le bord supérieur est tranchant. Le bord inférieur mousse est fortement concave transversalement. Le sommet, rugueux, forme le tubercule postérieur de l'apophyse transverse : il répond à des insertions musculaires.

La racine antérieure et la racine postérieure sont réunies en dehors par un pont osseux dirigé d'avant en arrière. La face supérieure de ce pont est creusée en gouttière sur laquelle reposent les nerfs cervicaux. Son bord interne, concave, répond au canal de l'artère vertébrale. Son bord externe donne insertion à des muscles.

Atlas. — A. — La forme elliptique, que l'on décrit normalement aux cavités glénoïdes, est loin d'être constante ^1). Très fréquemment, une fois sur deux, d'après nos recherches, les surfaces articulaires se rétrécissent vers la jonction des tiers antérieurs avec le tiers postérieur : cet étranglement donne à la surface articulaire la forme d'une empreinte de pas, à talon postérieur. Un deuxième étranglement peut exister en avant. 11 arrive aussi qu'un sillon transversal dédouble complètement la surface articulaire: la forme et l'étendue des surfaces ainsi dédoublées sont très variables : elles sont ovalaires ou circulaires. Ce dédoublementse rencontre environ une fois sur dix; il correspond à une séparation analogue des condyles de l'occipital.

Plus fréquemment, une fois sur trois, on voit la partie postérieure des cavités glénoïdes se prolonger au-dessus de la gouttière de l'artère vertébrale.

Nous avons mesuré sur soixante atlas les diamètres des cavités glénoïdes et nous avons trouvé que le grand diamètre était en moyenne de 21 "^"'5, le petit de gmm.'i; d'après nos mensurations la rlistance qui sépare les extrémités des grands diamètres des cavités glénoïdes est de 2"'"o en avant, et de SQ'^nio en arrière.

L'orientation et la courbure /les cavités glénoïdes sont égalementsoumiscs à de grandes variétés. Nous avons rencontré, entre autres, dix atlas dont les cavités glénoïdes, presque planes, regardaient en haut et très légèrement en dedans; quatre autres allas avaient des surfaces complètement aplanies, à peu près circulaires, regardant directement en haut.

B. — Le tubercule d'insertion du ligament transverse est tantôt situé à la partie antérieure de la face interne des masses latérales, près du point où elles se continuent avec l'arc antérieur; tantôt il est plus en arrière: ordinairement il occupe toute la hauteur de cotte face, sur le plan de laquelle il dessine sa saillie très nette. — Neuf fois sur dix, existe, en arrière de ce tubercule, une fossette profonde, criblée de trous vasculaires.

G. — L'arc antérieur de l'atlas reste quelquefois ouvert en avant sur la ligne médiane.

D. — Halbcrstma a trouvé sur le cadavre d'une vieille femme une apophyse qu'il décrit sous le nom de processus articularis ntlnntis ; cette apophyse s'étomlait du bord supérieur de l'arc antérieur de l'atlas, montait on avant de l'apophyse odontoïde, et se recourbait en crochet pour s'articuler par sa face inférieure avec le sommet de l'apophyse odontoïde.

Sur un grand nombre d'atlas nous avons constaté une série de rugosités irrégulières surmontant le bord supérieur de la fossette articulaire odontoïdionne, et provenant, à n'en pas douter, de l'ossification du ligament occipilo-odontoïdien. Dans un cas ces productions osseuses arrivaient jusqu'au bord antérieur des cavités glénoïdes; à ce niveau elles étaient devenues cartilagineuses. Sur cette môme pièce la facette articulaire odonloïdienne était éburnée et remplacée par une surface osseuse criblée de trous vasculaires.

E. — L'arc postérieur de l'atlas peut rester ouvert par arrêt de développement; notn.' collection renferme huit cas de ce genre.

F. ' — La gouttière creusée par l'artère vertébrale est quelquefois convertie en canal par une lamelle osseuse. La disposition laplus fréquente de cette lamelle est la suivante : elle s'étend entre le rebord postérieur des cavités glénoïdes et le bord externe de l'arc postérieur. Sur 500 atlas examinés existe cette disposition 40 fois des deux côtés, et 48 fois d'un côté seulement ; dans deux de ces cas, le toit formé par la lamelle osseuse était creusé d'un orifice arrondi. Il arrive plus rarement (2 fois sur .-iGO) que la lamelle osseuse va du reboril externe des cavités glénoïdes à la moitié postérieure du sommet de l'apophyse transverse. Enfin, sur deux atlas, une largelamelle osseuse réunissait les bords externe et postérieur des cavités glénoïdes à l'arc postérieur et aux apophyses transverscs, de telle sorte que l'artère vertébrale était contenue dans un canal osseux : toutefois, dans ces

(1) Cinq cents atlas et autant d'axis, présentant des irrégularités de forme, ont été étudiés dans mon laboratoire par M. Ed. Friteau, et il nous a été ainsi possible de relever un çrand nombre d'anomalies ou de variétés de ces vertèbres.

deux cas, la lamelle osseuse était perforée d'un large orifice, qui devait donner passage à quelque branche afférente de la veine vertébrale.

Schwegel a trouvé le canal de l'artère vertébrale divisé par de minces lamelles osseuses en deux ou trois canaux secondaires : lorsqu'il existe deux canaux, le supérieur donne passage aux vaisseaux vertébraux, artôre et veine; l'inférieur au premier nerf cervical J'ai observé un cas de ce genre.

G. — La portion de l'arc postérieur qui se prolonge en dehors pour contribuer à former la racine postérieure de l'apophyse transverse de l'atlas, présente fréquemment sur son bord externe une échancrure, à concavité externe. Cette gouttière, creusée aux dépens de l'arc postérieur et de l'apophyse transverse, est légèrement oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de dehors en dedans : elle occupe toute la hauteur de l'arc postérieur.et n'est séparée du canal transversaire que par la racine postérieure de l'apophyse transverse; ses dimensions sont variables. Surnos .oOO atlas, cette échancrure existait 193 fois, le plus souvent des deux côlés. — Cette échancrure est souvent convertie par un pont osseux en un trou ou en une fente ; nous avons observé cette disposition 70 fois. Échancrure ou trou donnent passage à des veines, qui viennent se jeter dans la veine vertébrale, — Sur dix atlas, nous avons rencontré, sur le bord postérieur de l'arc postérieur, une petite gouttière horizontale, aboutissant àl'échancrure : deux fois cette gouttière était convertie en uncanal parune mince lamelle; ces dispositions paraissent en rapport avec le passage de vaisseaux veineux.

H. — Allen a vu l'arc postérieur de l'atlas s'articuler par son bord supérieur avec le bord postérieur du trou occipital.

I. — La racine postérieure de l'apophyse transverse de l'atlas manque quelquefois; il n'est pas rare non plus de rencontrer l'absence de la racine antérieure: nous avons rencontré trente-cinq exemples de ces anomalies.

J. — L'apophyse transverse peut être bituberculeuse : sa face supérieure présente parfois une surface cartilagineuse par laquelle elle s'articule avec l'apophyse jugulaire de l'occipital.

Sur un atlas de notre collection une apophyse volumineuse, implantée sur la moitié postérieure du sommetde l'apophyse transverse, montait obliquement en haut et en dedans, à un niveau plus élevé que le bord externe des cavités glénoïdes. Cette apophyse devait s'articuler avec une autre avancée osseuse de l'occipital, formant une articulation supplémentaire entre l'atlas et l'occipital.

Axis. — A. — L'apophyse odontoïde peut rester séparée de l'axis. Giacomini (Turin, 1886) signale un cas dans lequel l'os odontoïdien, complètement libre, s'articulait avec l'axis parune articulation diarthrodiale. Romiti (Sienne, 1886) signale un autre cas dans lequel l'os odontoïdien était soudéà l'atlas qui possédait ainsi son corps. Cette anomalie est la reproduction d'un état normal dans certaines espèces.

B. — Sur un très grand nombre d'axis (plus de .500) que nous avons examinés, nous avons constaté la présence d'une lamelle osseuse. partant de la face antérieure de l'apophyse odontoïde, et montant verticalement au-dessus de son sommet ; à n'en pas douter cette lamelle osseuse provenait de l'ossification du ligament odontoïdien.

C. — Parfois le sommet de l'apophyse odontoïde est soudé avec le boid antérieur du trou occipital; et il y a ankylose de l'articulation occipito-odontoïdienne.

D. — Luschka iDie Haisrippen und die ossa suprasternalia, Wien, 18.T9,p. S) a, trouvé sur un homme de oO ans l'apophyse épineuse de l'axis terminée par un tubercule mousse et arrondi : les deux tubercules de cette apophyse se présentaient sous la forme de deux ligaments.

Page 1