C. — Parties propres au rülre
Les parties propres au bulbe, celles qui n’ont pas leurs équivalents dans la moelle épinière, parties surajoutées par conséquent, sont : deux noyaux de sub-
stance grise, les noyaux des cordons postérieurs ; 2® Votive inférieure ; 3° les hoyaux accessoires de Votive ; 4° le corps restiforme ; 5° les fibres arciformes ; O'* la formation réticulaire.
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
1° Noyaux des cordons postérieurs. — Les cordons postérieurs du bulbe nous
présentent, au milieu de leur masse blanche, deux petits amas de substance grise , à peu près d’égale valeur au point de vue morphologique, que Ton désigne sous le nom collectif de noyaux des cordons postérieurs. De ces deux noyaux, l’un est situé dans le faisceau de Goll, c’est le noyau du faisceau de Goll ou noyau de Goll; l’autre occupe le faisceau de Bnrdach, c’est le noyau du faisceau de Burdach ou noyau de Burdach. Ces deux masses grises, ainsi que nous le verrons tout à l’heure, ne sont pas isolées, mais sont reliées, en avant, à la partie des cornes postérieures qui avoisine la commissure.
Aussi, au lieu de les considérer comme des formations nouvelles et surajoutées au bulbe, serait-il plus rationnel peut-être de ne voir en elles qu’une émanation des cornes postérieures de la moelle, présentant la plus grande analogie avec les colonnes vésiculaires de Clarke, a. Noyau de Goll. — Le noyau de Goll {noyau post-pyramidal, noyau du cordon
grêle, clava), comme son nom l’indique, se développe en plein faisceau de Goll : il commence, en bas, au niveau du collet du bulbe, pour, de là, s’étendre sans interruption jusqu’à 3 ou 4 millimètres au-dessus du bec du calamus. Vu sur des coupes horizontales du bulbe (fig. 504, 4), il revêt la forme d’un quadrilatère allongé en sens sagittal. — Son bord externe, légèrement concave, répond aux fibres du faisceau de Goll. — Son bord interne, rectiligne, longe le septum médian postérieur, qui le sépare de celui du côté opposé. — Son extrémité postérieure , arrondie et renflée en massue (d’où son nom de clava), se rapproche plus ou moins de la surface extérieure du bulbe, mais sans jamais l’atteindre. — Son extrémité antérieure , plus mince, parfois nettement pédiculée, se confond avec la sub-
Eig. 503.
Coupe du bulbe rachidien au niveau de l’extrémité inférieure des olives (d’après M. Duval).
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur.
— 3. base des cornes antérieures, avec 3’. leur tête. — 4, base des cornes postérieures, avec: 4’, leur tête; 4”, racine bulbaire du trijumeau. — 5, noyau de Goll. — 6, noyau de Burdach. — 7, raphé. — 8. faisceau pyramidal (en rouge). — 0, faisceau sensitif ou ruban de Keil (en bleu). — 10, olive.
— 11, noyau juxta-ulivaire antéro-interne. — X, nerf pneumogastrique (portion sensitive). — Xll, nerf grand hypoglosse.
Les deux noyaux postérieurs du bulbe, noyau de Goll et noyau de Burdach, vus sur une coupe horizontale (schématique).
1, sillon méoian postérieur. — 2, faisceau de Goll.
— 3, faisceau de Burdach. — 4, noyau de Goll. — .3, novau de Burdach. — 6, racine inférieure du trijumeau, coiffant la tète de la corne postérif-ure 6’.
— 7, pvramide antérieure. — 8, fibres sensitives constituant l’origin.^ du ruban de Reil. — 9, tibi’es cérébelleu-es à trajet direct. — 10, fibres cérébelleuses à trajet croisé.
stance grise de la commissure.
b. Noyau de Burdach. — Le noyau de Burdach {noyau cunéiforme , noyaic resti forme) e?,i situé dans le faisceau de même nom, entre le noyau de Goll, qui est en dedans, et la tête de la corne postérieure.
BULBE BACHIDIEN
qui est en dehors. Il nous apparaît, sur des coupes horizontales de la moelle (fig. o05), sous la forme d’un petit triangle, dont le sommet, tronqué et arrondi, regarde la surface extérieure de la moelle et dont la base, dirigée en avant, se fusionne avec la substance grise de la corne postérieure. Tout petit sur les coupes inférieures du bulbe, il acquiert graduellement de l’importance au fur et à mesure qu’il s’élève, de telle sorte que, sur des coupes passant par le sommet du quatrième ventricule, il a à peu près le même volume que le noyau de Goll. Il convient d’ajouter que sa coloration n’est pas uniforme et, d’autre part, que son contour est presque toujours vague et indécis ; il en résulte que, au lieu de former, comme certains noyaux, une masse grise compacte, il est plutôt constitué par des traînées irrégulières de substance grise mêlées à des faisceaux de fibres nerveuses.
Los noyaux de Goll et de Burdach, vus sur des coupes horizontales du bulbe, passant ; A, immédiatement au-dessus de la décussation des pyramides ; B, un peu au-dessous de l’olive ; G, par la partie inférieure de l’olive.
1, canal de l’épendyme. — 2, sillon médian postérieur. — ?, cordon postérieur. — 4, tête de la corne postérieure, avec : 4’ racine inférieure du trijumeau. — 5, noyau de Goll. — 6, noyau de Burdach. — 7, entrecroisement sensitif.
Si maintenant nous envisageons le noyau de Burdach, au point de vue de son développement en sens vertical, nous le voyons commencer, en bas, un peu audessus du précédent; par contre, il remonte plus haut que lui et l’on peut suivre ses éléments cellulaires jusqu’au voisinage du cervelet.
D’après Blumenau, le noyau de Burdach n’a pas une constitution anatomique homogène et l’on peut, à cet égard, le diviser en deux parties, l’une externe, l’autre interne. La partie interne [noyau interne de Burdach) se compose presque exclusivement de cellules petites ou moyennes dimensions ; leur diamètre est de 25 à 4ü p.. La partie externe [noyau externe de Burdach) diffère de la précédente en ce qu’elle renferme des cellules volumineuses, mesurant de 50 a 80 p.. Les cylindraxes de la partie interne (fig. 504) se dirigent vers la ligne médiane ; ceux de la partie externe, vers le corps restiforme.
c. Connexions des deux noyaux de Goll et de Burdach. — Les noyaux des cordons postérieurs du bulbe, nous l’avons déjà dit (p. 582), sont les aboutissants des faisceaux postérieurs de la moelle épinière ou, plus exactement, des fibres longues sensitives qui constituent en entier le faisceau de Goll et en grande partie le faisceau de Burdach. C’est dans leur épaisseur, tout autour de leurs cellules (fig. 490), que se terminent, par les arborisations libres, les fibres sensitives en question. D’autre part, les cylindraxes qu’émettent les cellules des noyaux de Goll et de Burdach, fibres nouvelles continuant les premières après une simple interruption dans les noyaux précités, se dirigent en haut, et se partagent en deux groupes : les uns, de beaucoup les plus nombreux, constituent la portion initiale du ruban de Reil, que nous avons déjà vue plus haut ; les autres se rendent au cervelet, en constituant les /îôres arciformes, que nous étudierons dans un instant. Nous ajouterons que ces fibres destinées au cervelet sont en partie directes et en partie croisées et que, d’après Blumenau, elles prendraient leur principale origine dans la partie externe du noyau de Burdach ou noyau externe de Burdach.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
2® Olive inférieure. — L’olive inférieure ou olive bulbaire, que nous avons déjà vue en saillie en étudiant la configuration extérieure du bulbe (p. 578), est une petite
masse ovoïde à grand axe vertical, occupant l’espace compris entre la pyramide antérieure et le faisceau latéral.
Fipr, 506.
L’olive et les parolives, vues sur une coupe transversale du bulbe.
A. Forme. — Allongée de bas en haut, aplatie d’avant en arrière, l’olive inférieure est essentiellement constituée par une mince couche de substance grise emprisonnant à son centre une certaine quantité de substance blanche. La couche grise n’enveloppe pourtant pas l’olive dans toute son étendue : elle est interrompue, à sa partie externe et inférieure, sur un point qui est appelé pour cela le hile de V olive.
Examinée sur des coupes transversales (fig. 506, 3), l’olive nous apparaît sous l’aspect d’une lamelle gris jau-
1, sillon médian antérieur. — 2, raphé. — 3, olive. — 4, parolive externe. — 5, parolive interne. — 6, noyau ambigu. — 7, faisceau pyramidal. — 8, noyaux pyramidaux. — 9, ruban de Reil. — 10, pneumogastrique. — tl, grand hypoglosse.
nâtre, irrégulièrement plissée,
formant par conséquent une série d’angles alternativement saillants et rentrants. L’espace circonscrit par cette lame est comblé par une substance blanche homogène, le centre médullaire de l’olive.
B. Dimensions. — La hauteur de l’olive, mesurée de son extrémité inférieure à son extrémité supérieure, est de 12 à 15 millimètres, soit les deux cinquièmes environ de la hauteur totale du bulbe. Vue sur une coupe horizontale, elle occupe, dans le sens transversal, la plus grande partie de la coupe, se rapprochant beaucoup de la ligne médiane, mais sansjamais l’atteindre.
Sa largeur, représentée par son diamètre trans verse.
Fig. 507.
Coupe transversale d'une partie de l'olive et de ses noyaux accessoires (d'après Schwalbe).
1, 1, lame grise de l’olive. — 2, parolive externe. — 3, parolive interne. 4, fibres nerveuses. — 5, faisceaux radiculaires du grand hypoglosse.
mesure de 6 à 7 millimètres. Son épaisseur, représentée par son diamètre antéropostérieur, est de 2 ou 3 millimètres. Quant à l’épaisseur de la lamelle grisâtre qui s’étale à sa périphérie, elle mesure environ 0,3 millimètres.
BULBE RACHIDIEN
C. Structure. — La lame de substance grise qui circonscrit l’olive est en grande partie constituée par de toutes petites cellules nerveuses de 12 à 25 [jl de diamètre, à forme arrondie, de coloration jaunâtre, possédant un seul cylindraxe et trois ou cinq prolongements protoplasmiques richement ramifiés (Kôlliker). A ces cellules se mêlent un grand nombre de fines fibres nerveuses, formant un inextricable plexus. Ces fibres sont de valeur diverse (fig. 507) : les unes, appartenant au groupe des fibres arciformes et disposées en faisceaux plus ou moins importants, ne font que traverser l’olive ; d’autres s’y terminent par des arborisations libres, qui enlacent les cellules nerveuses ; d’autres, enfin, y prennent leur origine, je veux dire ne sont autre chose que les cylindraxes des cellules de l’olive.
D. Connexions. — L’olive bulbaire est en connexion : 1° au-dessous du bulbe, avec la moelle cervicale ; 2® au-dessus du bulbe, avec le cervelet et le cerveau.
a. Avec la moelle cervicale. — L’olive est reliée à la moelle cervicale par un petit faisceau de forme triangulaire, qui a été décrit récemment (1894) par Bechterew sous le nom de faisceau olivaire de la moelle cervicale. Ce faisceau (fig. 508, 4) apparaît au niveau de la partie supérieure du renflement cervical et prend vraisemblablement naissance (cela n’est pas douteux pour Bechterew) dans la corne antérieure. De là, il se porte verticalement en haut, en cheminant dans la région occupée par les racines antérieures, grossit au fur et à mesure qu’il s’élève, pénètre dans le hulbe, y rencontre l’olive et se termine dans l’extrémité inférieure de cet organe. La signification du faisceau olivaire de la moelle cervicale nous est totalement inconnue. Nous savons seulement qu’il se myélinise très tard et n’arrive à son complet développement qu’après la naissance.
b. Avec le cerveau. — L’olive est reliée au cerveau par un faisceau ascendant qui, déjà vu en 1871 par Wernicke, a été décrit quelques années plus tard par Bechterew sous le nom de faisceau central de la calotte et par Helveg sous celui de faisceau ovale de la calotte. Ce faisceau naît sur le côté supéro-externe de l’olive. De là, il se porte obliquement en haut et en dedans et, cheminant dans la substance réticulaire, il traverse successivement la protubérance annulaire et le pédoncule cérébral. Dans le pédoncule cérébral, où il occupe la région de la calotte (de là son nom), il traverse l’entrecroisement des pédoncules cérébelleux supérieurs, passe sur le côté interne du
noyau rouge de Stilling et disparaît définitivement au voisinage de la substance grise du troisième ventricule. C’est vraisemblablement le même faisceau qui a été signalé par Luys [Soc. biol., 1895) sous le nom de faisceau céréhro-olivaire . Le
Fig. 508.
Schéma indiquant les connexions de l’olive bulbaire.
XX, ligne médiane. — 1, olive du côté gauche. — 2. moelle cervicale — 3, cervelet (hémisphère droit). — 4, faisceau allant à la moelle. — 5, faisceau central de la calotte. — 6, faisceau cérébello-olivaire.
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
faisceau central de la calotte, comme le faisceau olivaire de la moelle cervicale, ne prend sa myéline qu’après la naissance : de ce fait, Beghterew incline à penser que ces deux faisceaux appartiennent à un même système de fibres, interrompues par l’olive.
c. Avec le cervelet. — L’olive est reliée au cervelet par un système de fibres, fort nombreuses, qui cheminent dans l’épaisseur du pédoncule cérébelleux inférieur (fig. 508, 6) et dont l’ensemble constitue le faisceau cérébelleux olivaire de certains auteurs : elles font partie des fibres arciformes qui, en raison de leur importance, méritent une description à part. Nous les étudierons tout à l’heure. Nous nous contenterons de rappeler ici que ces fibres céréhello-olivaires sont croisées ; je veux dire que, suivies à partir du cervelet, elles traversent la ligne médiane du raphé bulbaire pour aboutir à l’olive du côté opposé. Ces connexions croisées nous expliquent ce fait que, après la destruction de l’hémisphère droit du cervelet, on observe l’atrophie de l’olive bulbaire gauche et, vice versa, que la destruction de l’hémisphère cérébelleux gauche entraîne comme conséquence l’atrophie de l’olive bulbaire du côté droit.
3° Noyaux accessoires de l’olive ou parolives. — Sur les deux côtés interne et externe de l’olive se voient des formations grises, que l’on désigne indistinctement sous les noms de noyaux accessoires de f olive, déolives accessoires, de
noyaux juxta- olivâtres , de parolives.
A. Situation, forme et rapports. — Les parolives sont au nombre de deux, que l’on distingue, d’après leur situation, en externe ou interne.
a. Parolive externe. — La parolive externe [noyau juxtaolivaire postéro- externe de Sappey, àussere Nebenolive de Schwalbe) est située, comme son nom l’indique, sur le côté externe de l’olive, entre cette dernière et la tête de la corne antérieure, représentée ici par le noyau ambigu. Sur des coupes horizontales du bulbe (fig. 506, 4), elle revêt l’aspect dune mince lame de substance grise, légèrement incurvée en arc, se terminant en pointe à l’une et à l’autre de ses deux extrémités. De ces deux extrémités, l’interne répond au faisceau radiculaire de l’hypoglosse; l’externe vient s’interposer entre l’olive et le noyau ambigu.
b. Parolive interne. — La parolive interne [noyau juxta-olivaire antéro-interne de Sappey, innere Nebenolive de Schwalbe), plus importante que la précédente, se trouve située sur le côté interne de l’olive, entre ce dernier organe et la pyramide antérieure. Vue sur des coupes horizontales passant par la moitié inférieure de l’olive (fig. 506, 5), elle nous apparaît comme formée par deux lamelles, toutes les deux fort minces, qui se portent, en s’effilant, l’une en avant, l’autre en dehors. Ces
Fig. 509.
L'olive et les parolives, vues sur une coupe transversale du bulbe.
1, sillon médian antérieur. — 2, raplié. — 3, olive. — 4, parolive externe. — 5, parolive interne. — 6, noyau ambigu. — 7, faisceau pyramidal. — 8, noyaux prépyramidaux — 9, ruban de Reil. — 10, pneumogastrique. — II, grand hypoglosse.
BULBE RACHIDIEN
deux lamelles, du reste, se réunissent par leur base, en formant dans leur ensemble une sorte d’équerre, dans l’ouverture de laquelle s’avance la partie antéro-interne de l’olive. Sur des coupes passant plus haut, la parolive interne a perdu cette disposition en équerre et revêt alors (fig. 512), comme la parolive interne, la forme d’une lamelle unique plus ou moins incurvée en arc.
B. Structure et valeur morphologique des parolives. ■ — Les deux parolives interne et externe se composent, comme l’olive, de cellules nerveuses irrégulièrement disséminées le long des travées d’un riche réticulum. Otto Klinke, qui a étudié récemment (1897) ces cellules nerveuses à l’aide de la méthode de Nissl, n’admet aucune différence essentielle entre elles et celles de l’olive. Les parolives ayant exactement la même structure que l’olive, il est rationnel de penser qu’elles ont la même valeur et les mêmes connexions.
4° Corps restiformes. — Les corps restiformes sont absolument distincts des faisceaux postérieurs de la moelle. Par contre, ils se continuent directement en haut avec les pédoncules cérébelleux inférieurs. Pédoncules cérébelleux inférieurs et corps restiformes ne sont qu’une seule et même formation qui porte deux noms différents. Les fibres qui la constituent, quoique de valeur fort différente, peuvent être ramenées à l’un des deux groupes suivants : 1® fibres reliant la moelle au cervelet; 2° fibres allant du bulbe au cervelet.
a) Les premières, fibres spino-cérébelleuses, ne sont autres que les fibres du faisceau cérébelleux direct qui, comme nous l’avons vu plus haut, se rendent au vermis supérieur, en suivant pour la plupart le pédoncule cérébelleux inférieur. A ces fibres, vraisemblablement sensitives, il convient d’ajouter les fibres cérébelleuses descendantes décrites par Marchi, qui sont très probablement motrices (voy. Moelle, p. 536 et Cervelet, p. 652).
P) Les secondes, fibres bulbo-cérébelleuses, vont du bulbe au cervelet ou du cervelet au bulbe. Si nous les suivons de haut en bas, nous les voyons, au sortir du cervelet, s’infléchir en bas et arrière, passer dans le pédoncule cérébelleux inférieur et descendre avec lui sur les parties postéro-latérales du bulbe. En atteignant ce dernier organe, elles s’écartent les unes des autres et se déploient en un large éventail, dont les différents faisceaux se portent vers la ligne médiane en décrivant une courbe dont la concavité est dirigée en dedans et en haut : ce sont les fibres arciformes, que nous avons déjà eu l’occasion de signaler maintes fois dans les pages qui précèdent et que nous allons maintenant décrire.
5° Fibres arciformes. — Les fibres arciformes (fig. 510, 7, 7' et 7") tirent donc leur origine des pédoncules cérébelleux inférieurs. Pour gagner la ligne médiane, que presque toutes doivent franchir, les unes suivent la surface extérieure du bulbe, les autres cheminent dans son épaisseur, d’où leur division toute naturelle en deux groupes : les fibres arciformes externes et les fibres arciformes internes.
A. Fibres arciformes internes. — Les fibres arciformes internes ou profondes (fig. 5M,il) se portent vers la ligne médiane et s’y entrecroisent avec les fibres similaires venues du côté opposé, en contribuant à former le raphé.
On les voit, sur de bonnes coupes (fig. 511), suivre les chemins les plus divers et occuper en général tout l’espace qui sépare les corps restiformes des pyramides antérieures. Elles se divisent et s’entremêlent d’une façon aussi complexe que variée. Ne respectant rien sur leur passage, elles traversent, les unes l’olive et les
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
noyaux juxtaolivaires, les autres les colonnes grises provenant des cornes antérieures ou postérieures, quelques-unes la racine ascendante du trijumeau. Le vaste réseau que forment dans le bulbe les fibres arciformes internes constitue Tun des principaux éléments de la formation réticulaire (voy. plus loin).
Après entrecroisement sur la ligne médiane, les fibres arciformes internes se terminent les unes dans Eolive {pédoncule de Volive, fig. 512, 7'), les autres dans les noyaux de Burdach et de Goll. Celles qui vont à l’olive pénètrent dans cette dernière au niveau du hile : elles constituent, par leur ensemble, le faisceau céréhello-oli- Caire de certains auteurs et nous voyons ^ que ce faisceau est un faisceau croisé.
B. Fibres arciformes externes. — Les fibres arciformes externes, ainsi appelées parce qu’elles cheminent à la surface extérieure de la moelle, se subdivisent, à leur tour, en postérieures et antérieures :
a. Fibres arciformes externes postérieures . — Ces fibres , décrites par Edinger (fig. 51 1,9), contournent de dehors en dedans le cordon postérieur du bulbe, pénètrent dans ce cordon un peu en dehors du bec de calamus et, finalement, se perdent dans les noyaux de Burdach et de Goll du côté correspondant.
b. Fibres arciformes externes antérieures, noyaux arciformes. — Les fibres arciformes externes antérieures (fig. 510 et 511) naissent principalement de la partie externe et superficielle du corps restiforme. Se portant de là en dehors et en avant, elles passent entre les filets radiculaires des nerfs glosso-pharyngien , pneumogastrique et spinal, contournent successivement le faisceau latéral, l’extrémité inférieure de l’olive ou l’olive elle-même, la pyramide antérieure et arrivent ainsi au sillon médian antérieur. Là, elles s’enfoncent dans ce sillon et disparaissent dans la profondeur du bulbe, en s’entrecroisant, dans le raphé médian, avec les fibres similaires du côté opposé. Il n’est pas rare de voir un certain nombre d’entre elles s’arrêter au sillon qui sépare la pyramide de l’olive (sillon préolivaire) et pénétrer alors, à travers ce sillon, dans la profondeur du bulbe. On voit encore, sur quelques sujets, les fibres arciformes les plus élevées se condenser en un faisceau distinct, lequel se dispose au-devant de la base des pyramides en une espèce d’arcade : ce faisceau, qui longe le bord inférieur de la protubérance ou pont de Varole et qui lui est parallèle, est connu sous le nom avant-pont ou de ponticule.
Rien n’est plus variable que le développement des fibres arciformes externes antérieures : elles forment parfois une couche continue qui recouvre l’olive et descend même à plusieurs millimètres au-dessous de ce dernier organe. Par contre, il est des sujets où ces fibres sont très rares et peu visibles. C’est qu’il existe entre les fibres internes ou profondes et les fibres externes ou superficielles
Fig. 510.
Le bulbe, vue antéro-latérale, pour montrer les fibi-es arciformes.
1, protubérance. — 2, pédonculecérébrlleux moyen. — 3, bulbe rscliidieti, vue autéro-laterale g:auclie. — 4, sillon médian antérieur, avec 4’ décussation des pyramides. — olive. — 6, tubercule cendré de Rolando. — 7, 7’, 7”, fibres arcildrmes externes. — 8, moteur oculaire externe. — 9. acoustique. — 10, facial. — 11, intermédiaire de Wrisberg.
une sorte de balancement numérique, en vertu duquel le développement de cellesci est en raison inverse du développement de celles-là.
Le long des fibres arciformes externes antérieures se disposent de petits amas de substance grise, que l’on désigne, quels que soient leur volume et leur situation, sous le nom générique de noyaux arciformes. Cette substance grise périphérique se développe de préférence à la partie antérieure et à la partie interne de la pyramide antérieure, où elle forme, dans la plupart des cas, une masse compacte très visible sur les coupes transversales (fig. 511, 13) : ce sont les noyaux pyramidaux ou prépyramidaux.
Envisagés au point de vue de leur développement longitudinal, ces noyaux pyramidaux commencent , en bas, au niveau ou un peu au-dessous de l’extrémité inférieure de l’olive. De là, ils se prolongent jusqu’à la protubérance et pénètrent même dans cette dernière, où ils se fusionnent avec les noyaux gris protubérantiels. Cette continuité des deux formations grises nous fixe, du même coup, sur la signification du noyau pyramidal et de tous les noyaux arciformes en général : ils sont une dépendance de la substance grise protubérantielle et ont la même valeur morphologique. Ils présentent, du reste, la même structure et nous trouvons dans les noyaux arciformes, comme dans les noyaux de la protubérance, des cellules de petites dimensions, habituellement fusiformes, plus rarement globuleuses (Kôlliker).
Après être entrées dans le bulbe, soit par le sillon médian antérieur, soit par le sillon préolivaire, les fibres arciformes externes antérieures s’entrecroisent dans le raphé, avec les fibres similaires du côté opposé. Puis, continuant leur trajet en dehors et en arrière, elles traversent l’olive, gagnent les cordons postérieurs et s’y terminent, soit dans le noyau de Goll, soit dans le noyau de Burdach. Ces fibres constituent donc, par leur ensemble, un faisceau d’association entre l’un des hémisphères cérébelleux et les noyaux postérieurs du bulbe du côté opposé.
C. Valeur morphologique des fibres arciformes. — Les fibres arciformes que nous venons de décrire sont de valeur fort différente et nous pouvons, à cet effet, distinguer les trois groupes suivants :
a) Le premier groupe est constitué par les fibres du faisceau olivaire cérébelleux.
ANATOMIE HUMAINE. — T. Il, 6® ÉDIT.
Fig. 511.
Schéma montrant le trajet des fibres arciformes.
1, bulbe rachidien, vue antérieure. — 2. sillon médian antérieur. — 3, quatrième ventricule. — 4, olive, avec ses noyaux accessoires. — 5, noyau de Goll. — 6, noyau de Burdach. — 7, trijumeau. — 8, pédoncule cérébelleux inférieur, vu par sa face antérieure. — 9, fibres arciformes externes postérieures ou dorsales. — 10, fibres arciformes externes antérieures ou ventrales. — 11, fibres arciformes internes. — 12, pédoncule de l’olive. — 13, 13, noyaux prépyramidaux. — 14, pneumogastrique. — 15, grand hypoglosse.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
Ces fibres, parties de l’une des olives, remontent, après entrecroisement, dans l’hémisphère cérébelleux opposé et s’y terminent, comme nous le verrons plus tard, en partie dans le corps dentelé, en partie dans fécorce.
P) Le deuxième groupe zovLVÇtYQTvdi les fibres qui unissent le cervelet aux noyaux de Burdach et de Goll. Ces fibres ne sont autre chose que les cylindraxes des cellules externes des noyaux précités et, à ce titre, elles continuent pour ainsi dire les fibres sensitives des cordons postérieurs de la moelle, dont les arborisations terminales enlacent leurs cellules d’origine. Des noyaux postérieurs, elles gagnent le corps restiforme correspondant, remontent avec lui dans le cervelet et se terminent vraisemblablement dans le vermis supérieur. 11 est bon de rappeler que, de ces fibres bulbo-cérébelleuses, les unes, les fibres arciformes externes postérieures, sont directes, je veux dire ne s’entrecroisent pas sur la ligne médiane ; les autres sont croisées.
y) Le troisième groupe est représenté par des fibres qui, naissant des noyaux terminaux des nerfs sensitifs bulbaires, vont de là au cervelet, probablement au noyau du toit : c’est le faisceau sensoriel cérébelleux d’ËDiNGER. Ces fibres, en partie directes, en partie croisées, sont aux nerfs sensitifs bulbaires ce que les fibres du deuxième groupe sont aux nerfs sensitifs spinaux : chaque nerf sensitif, quelque rang qu’il occupe dans la série, se trouve donc relié au cervelet par des conducteurs, dont les uns sont croisés, les autres directs. Les connexions entre le cervelet et les noyaux sensitifs du bulbe, parfaitement démontrées pour l’auditif et le trijumeau, sont moins nettes en ce qui concerne le pneumogastrique et le glossopharyngien ; mais leur existence ne paraît pas douteuse.
Outre les trois groupes de libres précités, groupes qui sont admis par la grande majorité des neurologistes, le système des libres arciformes renferme probablejnent encore des libres qui, après interruption dans un noyau et entrecroisement dans le raphé, se rendent au cerveau. A cette catégorie appartiennent sans doute celles des fibres arciformes externes antérieures, qui entrent en relation avec les noyaux arciformes. Elles ont ainsi la même signification que les libres transversales de la protubérance : ce sont des fibres proluhérantielles aberrantes.
6° Formation réticulaire du bulbe, noyau de Roller et noyau latéral. — La
formation réticulaire, ainsi appelée parce qu’elle revêt, sur les coupes, l’aspect d’un riche réseau ou réticulum, occupe toute la partie centrale du bulbe (fig. 512,3';. Cette formation réticulaire existe déjà, quoique très peu développée, à la partie supérieure de la moelle cervicale, où nous l’avons déjà signalée (p. 506; en arrière de la corne latérale. Elle ne constitue donc pas en réalité, pour le bulbe, une formation nouvelle ; mais elle y acquiert un développement tellement considérable qu’elle mérite une mention spéciale et c’est à ce titre que nous la décrivons ici.
A. Limites. — Dans le sens sagittal, la formation réticulaire du bulbe s’étend depuis la face postérieure de la pyramide jusqu’aux noyaux de substance grise qui forment le plancher du quatrième ventricule. Dans le sens transversal, elle va, f)Our chaque moitié de la moelle, depuis le raphé jusqu’au cordon postérieur ou au corps restiforme.
B. Division. — Le faisceau radiculaire de l’hypoglosse, obliquement dirigé d’arrière en avant et de dedans en dehors, divise ce vaste champ réticulé en deux parties inégales : une partie interne (3’), plus petite, de forme triangulaire ; une partie externe (3”;, plus grande, de forme quadrangulaire ou trapézoïdale. La première, presque exclusivement constituée par de la substance blanche, est
BULBE RiVGHIDIEN
appelée formation réticulaire blanche ; la seconde, beaucoup plus riche en cellules nerveuses, a reçu le nom de formation réticulaire grise.
C. Constitution anatomique. — Histologiquement, la formation réticulaire, outre la névroglie qui ne présente aucune particularité importante, comprend deux ordres d’éléments : des fibres et des cellules.
a. Fibres nerveuses. — Les fibres nerveuses se distinguent en transversales et longitudinales :
a) Les fibres transversales se dirigent obliquement de dehors en dedans et d’arrière en avant, en décrivant une légère courbe à concavité postéro-interne. Elles appartiennent, pour la plupart, au système des fibres arciformes ci-dessus décrites.
[3) Les fibres longitudinales cheminent parallèlement à l’axe du bulbe. Elles se disposent en tout petits fascicules , irrégulièrement disséminés dans les mailles du réticulum que forment les fibres transversales. La formation réticulaire nous présente , cependant : 1® le faisceau central de la calotte de Bechterew , que nous avons déjà décrit plus haut, à propos des connexions de l’olive ; 2® la bandelette longitudinale postérieure (fig. 567,
5), que nous retrouverons dans la protubérance ; 3° le faisceau solitaire (fig. 512,15), qui est une dépendance des nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique et que nous décrirons plus loin (voy. Ch. vi) à propos des origines réelles de ces deux nerfs.
b. Cellules nerveuses, noyau de Roller et noyau latéral. — Les cellules nerveuses diffèrent • par leur forme et leurs dimensions : les unes, de forte taille (de 80 à 90 [x), étoilées, rappellent les cellules motrices des cornes antérieures delà moelle ; les autres, de moyennes ou de petites dimensions, sont arrondies ou fusiformes. Les unes et les autres se disséminent irrégulièrement dans le champ réticulaire, sans jamais former de noyau nettement distinct : c’est, pour employer une expression de Kôlliker, un noyau diffus. Quelques auteurs, cependant, décrivent, dans la formation réticulaire du bulbe, deux noyaux : le noyau de Roller et le noyau latéral. Le noyau de Roller ou noyau central inférieur de Bechterew (fig. 492, 5) est situé un peu en arrière du hile de l’olive; il entre en relation avec les fibres du faisceau fondamental antéro-latéral de la moelle. Le noyau latéral (fig. 512,17), beau-
coupe horizontale passant par la partie moyenne de l’olive (demi-schématique).
1, sillon médian antérieur. — 2, quatrième ventricule. — 3, formation réticulaire, avec ; 3, sa partie interne {substance réticulaire blanche) ; 3”, sa partie externe {substance réticulaire grise). — 4, raphé. — 5, pyramide antérieure. — 6, ruban de Reil. — 7, olive inférieure, avec ses deux noyaux accessoires.
— 7’, pédoncule de l’olive. — 8, grand hypoglosse, avec 8’, son noyau d'origine. — 9, pneumogastrique, avec 9’, son noyau terminal.— 10, noyau dorsal externe de l’auditif. — 11, noyau ambigu (noyau d’origine des fibres motrices des nerfs mixtes et dunerf spinal), — l2, noyau de Goll. — 13. noyau de Burdach.
— 14, tète de la corne postérieure, avec 14’, racine inférieure du trijumeau. — 15, faisceau solitaire. — 16, fibres arciformes externes antérieures, avec 16’, noyau prépyramidal. — 17, noyau latéral. — 18, noyau du fasciculus teres. — 19, ligula.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
coup plus superficiel, se trouve situé entre l’extrémité externe de l’olive, qui est en avant, et la racine inférieure du trijumeau, qui est en arrière ; ce serait, d’après Bechterew, un noyau d’interruption pour les fibres constitutives du faisceau de Gowers.
§ V. — Étude du bulbe a l’aide de coupes transversales
Nous venons, dans les pages qui précèdent, d’étudier le bulbe par une méthode
que l’on pourrait appeler analytique, en disséquant pour ainsi dire une à une ses parties constituantes. Ces parties nous étant maintenant bien connues au point de vue de leur situation, de leur forme, de leur trajet et de leur signification morphologique, nous possédons toutes les notions nécessaires pour examiner fructueusement les coupes transversales du bulbe. Ces coupes transversales sont ordinairement les seules que l’on utilise dans la pratique et il est indispensable de bien se familiariser avec elles à l’état normal, si l’on veut plus tard, en anatomie pathologique, reconnaître et interpréter sainement les modifications que pourra leur faire subir le processus morbide. Nous passerons successivement en revue, en allant de bas en haut, les six coupes suivantes : 1° coupe passant par la partie inférieure de l’entrecroisement des pyramides ; 2° coupe portant sur la partie moyenne de l’entrecroisement des pyramides (entrecroisement moteur) ; 3° coupe passant par la partie supérieure de ce même entrecroisement (entrecroisement sensitif; ; 4° coupe portant sur la partie inférieure des olives; 5° coupe répondant à la partie moyenne des olives; 6° coupe passant par la partie toute supérieure des olives.
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Fig. 513.
Le bulbe, vue antérieure, avec indication des niveaux par lesquels passent les six coupes ci-dessous décrites.
Les axes aa, bb, cc, dtl, ee, ff, indiquent les points par lesquels passent les six coupes transversales qui sont décrites plus bas.
l"" Coupe passant par la partie toute inférieure de l’entrecroisement des pyramides. — Cette coupe (fig. 514) répond exactement à la limite de la moelle et du bulbe. Les deux sillons médians antérieur et postérieur, ainsi que les trois cordons de la moelle, ne sont pas modifiés. Le cordon postérieur, cependant, est beaucoup plus développé en largeur, ce qui tient à l’accroissement des faisceaux qui représentent les voies longues.
Les cornes postérieures, elles aussi, sont peu modifiées, soit dans leur forme, soit dans leur constitution anatomique. Toutefois, elles sont plus inclinées en dehors, et ce déplacement, qui est encore léger, mais qui va s’accuser dans les coupes sus-jacentes, est naturellement la conséquence de l’accroissement volumétrique des cordons postérieurs, qui, pour pouvoir se loger, sont obligés de repousser en avant la colonne grise centrale.
En ce qui concerne les cornes antérieures, leur tête devient plus volumineuse et s’étale principalement en avant et en dehors. Les cornes latérales sont très marquées, mais fusionnées avec les cornes antérieures. En revanche, la partie de la corne qui rattache la tête à la base s’amincit considérablement par suite d’un cmpié-
BULBE RACHIDIEN
tement des cordons latéraux sur son côté externe. Gela tient à ce que les fibres du
faisceau pyramidal croisé (fig. 514,5 et 5’) ont commencé à se porter en dedans : elles occupent déjà la partie externe de la corne, se disposant à la traverser ou, pour employer l’expression classique, à la décapiter, ce qu’elles feront plus haut.
2"" Coupe portant sur la partie moyenne de l’entrecroisement des pyramides (entrecroisement moteur). — Cette deuxième coupe (fig. 515) nous fait assister à l’entrecroisement des deux faisceaux pyramidaux [Pyramidenkreuzung des anatomistes allemands). Nous voyons chacun de ces faisceaux, suivant le trajet de la flèche indicatrice aa' de la figure précédente, se porter obliquement en avant et en dedans, s’entrecroiser sur la ligne médiane avec celui du côté opposé et venir se placer alors sur le côté du sillon médian antérieur, où, en se redressant en haut, il constitue ce gros faisceau longitudinal, que nous avons appelé la pyramide antérieure.
En exécutant ce mouvement de translation, le faisceau pyramidal croisé traverse nécessairement la corne antérieure au niveau de son col : il la
Coupe du bulbe rachidien à la partie inférieure de l’entrecroisement des pyramides [aa de la figure 51 3) .
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur. — 3, cornes antérieures [en rouge)., avec 3’, racines antérieures. — 4, cornes postérieures [en ôZew), avec 4’, racines postérieures. — 5, faisceau pyramidal croisé, avec 5’, ses faisceaux les plus internes, s’inclinant vers la corne antérieure qu’ils se disposent à franchir et à décapiter. — 6, faisceau de Burdach.
(La flèche rouge aa' indique le trajet que suivent les fibres du faisceau pyramidal croisé au niveau de l’entrecroisement des pyramides ; la flèche bleue hh indique, de même, le trajet que suivront plus haut les fibres sensitives pour s’entrecroiser sur la ligne médiane).
décapite, c’est-à-dire sépare sa tête de sa base indivise, se trouve séparée maintenant en deux tronçons : l’un , interne (5’), représentant la hase et conservant ses rapports avec le canal central ; l’autre, externe (5), représentant la tête et situé en dehors et un peu en arrière de la pyramide antérieure . Ces deux tronçons, comme nous l’avons déjà vu, ne se réuniront plus désormais ; ils formeront, dans toute la hauteur du bulbe et de la protubérance, deux colonnes distinctes, toutes les deux motrices (voy. fig. 500). Ces colonnes se divisant à leur tour en un certain nombre de segments superposés , formeront des noyaux d’origine des nerfs moteurs bulbo-protubérantiels .
Sur cette même coupe, nous constatons que la corne postérieure a accentué son mouve-
Gette corne antérieure, jusque-là
Fig. 515.
Coupe transversale du bulbe portant sur la partie moyenne de l’entrecroisement des pyramides, entrecroisement moteur (66 de la figure 513, d’après Mathias Düval).
ment de translation en avant et en dehors. Par suite de ce déplacement, elle affecte maintenant une direction presque transversale. En même temps, de la commissure postérieure se sont détachés deux prolongements de substance grise, l’un droit, l’autre gauche, qui se dirigent d’avant en arrière dans l’épaisseur des faisceaux de Goll : ce sont les noyaux
1, sillon médian antéi'ieur. — 2, sillon médian postérieur. — 3, racines motrices. — 4, racines sensitives. — 5, base des cornes antérieures, dont la tête 5’ a été détachée par le passage du faisceau pyramidal croisé. — 6, entrecroisement des deux faisceaux pyramidaux croisés, allantformer lespyi-amides antérieures. — 7, c ernes postérieures [en bleu). — 8, noyaux de Goll, se reliant, en avant, à la base des cornes postérieures.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
de Goll, encore appelés noyaux des cordons grêles ou noyaux postpyramidaux. Le noyau de Biirdach n’existe pas encore, mais nous le trouverons sur la coupe suivante. Sur celle-ci, il est à peine indiqué par une toute petite saillie en forme d’épine qui se détache de la partie postérieure de la corne, à peu près à égale distance de la tête de cette corne et du noyau de Goll.
3° Coupe passant par la partie supérieure de l’entrecroisement des pyramides (entrecroisement sensitif). — Sur cette coupe (fig. 516), l’entrecroisement moteur
est terminé. Toutes les fibres des faisceaux pyramidaux croisés ont passé de droite à gauche et vice versa : ils se trouvent maintenant, dans la pyramide antérieure, du côté opposé à celui qu’elles occupaient dans la moelle. Le faisceau pyramidal direct, qui ne s’est pas entrecroisé, est entièrement fusionné avec lui et occupe son côté externe.
Les cornes antérieures sont toujours décomposées en deux tronçons : l’un postérieur , qui représente sa base ; l’autre antérieur, qui représente sa tête. Ces deux tronçons occupent la même situation que dans la coupe précédente.
La corne postérieure, de plus en plus repoussée en avant par le cordon postérieur, qui s’accroît sans cesse, affecte maintenant une direction nettement transversale. Le noyau de Goll existe encore, avec la forme et les dimensions qu’il avait tout à l’heure, mais il n’est plus seul : en dehors de lui et partant de la base de la corne, s’est développé un nouveau prolongement, moins considérable, mais de même nature : c’est le noyau de Burdach ou noyau cunéiforme, ainsi appelé parce qu’il occupe l’épaisseur du faisceau de même nom.
En avant du canal de l’épendyme, sur le point où s’est effectué tout à l’heure l’entrecroisement des fibres motrices, nous voyons de nouveaux faisceaux, qui s’entrecroisent de la même façon avec leurs homologues du côté opposé : ce sont les faisceaux sensitifs du ruban de Reil {Schleif enkreuzung des anatomistes allemands). Nous savons déjà que ces faisceaux proviennent, en partie du noyau de Goll, en partie du noyau de Burdach ; et nous savons aussi qu’ils vont tous, après entrecroisement, se placer en arrière de la pyramide antérieure pour devenir ascendants et remonter de là jusqu’au cerveau.
Pour effectuer leur entrecroisement, les faisceaux constitutifs du ruban de Reil, qu’ils proviennent du noyau de Goll ou du noyau de Burdach, passent tous, suivant la flèche indicatrice bV de la figure 514, au travers de la corne postérieure correspondante et la décapitent. Désormais, cette corne postérieure sera divisée, comme la corne antérieure , en deux tronçons : l’un interne, représentant la base ; l’autre, externe, représentant la tête. Ces deux tronçons formeront de même, dans toute la hauteur du bulbe et de la protubérance, deux colonnes distinctes, toutes les deux sensitives: elles deviendront, après segmentation en
8 1 10 Fig. 516.
Coupe transversale du bulbe, passant par l’entrecroisement sensitif (cc de la ligure 513).
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur. — 3 et 3’, tète et base delà corne antérieure (en rouge). — 4, grand hypoglosse. — 5 et 5', tète et base de la corne postéi’ieure. — 6, noyau de Goll. — 7, noyau de Burdach. — 8, 8, ruban de Reil ou faisceau sensitif. — 9, entrecroisement sensitif. — 10, faisceau pyramidal.
BULBE RACHIDIEN
sens transversal, les noyaux terminaux des nerfs sensitifs bulbo-protubérantiels (voy. fig. 500).
4° Coupe portant sur la partie inférieure des olives. — Les deux entrecroisements moteur et sensitif sont l’un et l’autre terminés et nous voyons nettement, sur cette coupe (fig. 517), la situation nouvelle occupée par les faisceaux médullaires qui se sont déplacés. Ces faisceaux se succèdent, en allant d’avant en arrière, dans l’ordre suivant ; sur le plan superficiel, en constituant la pyramide proprement dite, se trouvent les fibres motrices; en arrière des fibres motrices, se disposent les fibres sensitives formant le ruban de Reil ; plus en arrière encore, sont venues se placer, mais celles-ci sans avoir subi d’entrecroisement, les fibres du faisceau fondamental antéro-latéral de la moelle, formant maintenant le faisceau fondamental du bulbe.
Sur la ligne médiane, tout l’espace compris entre le ruban de Reil et le canal de l’épendyme est constitué par des fibres entrecroisées : leur ensemble constitue le raphé du bulbe. De chaque côté du raphé, se voit un vaste réticulum , la formation réticulaire, à la constitution de laquelle concourent à la fois les fibres arciformes, à direction transversale, et les fibres longitudinales du faisceau fondamental bulbaire.
En ce qui concerne les colonnes grises centrales, nous reconnaissons facilement les deux colonnes motrices et les deux colonnes sensitives , occupant à peu de chose près la même situation que dans la figure précédente. La tête de la corne postérieure s’est pourtant enrichie d’un élément nouveau : elle se trouve coiffée maintenant par un faisceau de fibres longitudinales, qui revêt sur notre coupe la forme d’un croissant à concavité interne. Les fibres qui forment ce faisceau naissent de la corne elle-même et constituent, par leur ensemble, la racine inférieure ou bulbaire du trijumeau. Les noyaux de Goll et de Burdach persistent, chacun dans la position qui lui est propre. Ils sont même beaucoup plus développés que dans la coupe précédente.
Nous rencontrons, enfin, sur notre coupe, une formation nouvelle, Volive inférieure ou olive bulbaire. Elle nous apparaît sous la forme d’une lame de substance grise, irrégulièrement plissée, située dans l’intervalle qui sépare la pyramide de la tête des cornes antérieures. En dedans d’elle, se trouve le noyau juxta- oliv aire antér O -interne om parolive interne , lame grise en forme d’équerre dont la partie transversale limite en arrière la portion sensitive de la pyramide.-
Des deux nerfs que nous présente la figure 517, et que nous retrouvons dans la coupe suivante, l’un, marqué XII, est le grand hypoglosse, l’autre, marqué X, est le faisceau sensitif du pneumogastrique. Le premier, nerf moteur, prend nais-
Fig! 517.
Coupe du bulbe rachidien au niveau de Textrémité inférieure des olives {dd de la ligure 513, d’après M. Duval) .
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur.
— 3, base des cornes antérieures. — 3’ leur tète. — 4, base des cornes postérieures. — 4’ leur tête, avec 4”, racine bulbaire du trijumeau. — 5, noyaux de Goll. — 6, noyaux de Burdach. — 7, raphé. — 8, faisceau pyramidal [enrouge).
— 9, faisceau sensitif ou ruban de Reil. — 10, olive. — 11, noyau juxta-olivaire antéro-interne ou parolive interne.
— X. nerf pneumogastrique (racine sensitive). — Xll, nerf grand hypoglosse.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
sance dans la colonne grise qui représente la base des cornes antérieures (aile blanche interne) ; le second^ nerf sensitif, aboutit a la colonne grise qui représente la base des cornes postérieures (partie inférieure de l’aile grise).
5° Coupe répondant à la partie moyenne des olives. — La modification la plus importante que nous présente le bulbe à ce niveau (fig. 518) est la disposition du canal central qui, en s’élargissant et en rejetant sur les côtés les formations
nerveuses qui le fermaient en arrière, est devenu le quatrième ventricule.
Sur son plancher, se trouvent deux colonnes de substance grise : l’une, motrice, se rattachant morphologiquement à la base des cornes antérieures et longeant de chaque côté la ligne médiane, c’est Vaile blanche interne ; l’autre, sensitive, représentant la base des cornes postérieures et située, non plus en arrière, mais en dehors de la précédente, ce sont les deux ailes grise et blanche externe.
La tête des cornes antérieures se voit un peu en arrière de l’olive, constituant en 5' le noyau accessoire de l’hypoglosse, en 6 le noyau ambigu ou noyau moteur des nerfs mixtes. On voit, en effet, deux petits faisceaux à trajet récurrent s’échapper de ces deux noyaux et aller grossir les faisceaux principaux du grand hypoglosse (XII) et du pneumogastrique (X).
Quant à la tête des cornes postérieures, elle se voit, en 9, coiffée par la racine bulbaire du trijumeau (iO).
L’olive, à peine modifiée dans son contour, occupe la situation qu’elle avait dans la coupe précédente. Elle est flanquée maintenant, en dedans et en dehors du hile, de ses deux noyaux accessoires : sur le côté interne du hile, le noyau juxtaolivaire antéro-interne ou parolive interne ; sur le côté externe du hile, entre l’olive et le noyau accessoire de l’hypoglosse, le noyau juxta-olivaire postéroexterne ou parolive externe.
La formation réticulaire s’est agrandie : elle s’étend, en largeur, depuis le raphé jusqu’à la tête de la corne postérieure ; dans le sens antéro-postérieur, depuis le plancher du quatrième ventricule jusqu’à la pyramide. Le grand hypoglosse, dans son trajet intra-bulbaire, la traverse obliquement et la partage ainsi en deux parties : l’une interne, plus petite, qui est la formation réticulaire blanche; l’autre externe, plus grande, qui est la formation réticulaire grise. Dans la formation réticulaire se trouvent le noyau de Roller et le noyau latéral ; ces deux noyaux ne sont pas représentés dans la figure 518, mais ils se voient très nettement, le noyau de Roller dans la figure 492 (p. 585j, le noyau latéral dans la figure 512 tp. 603j.
Les pyramides possèdent encore la même situation, la même forme et la même
Fig. 518.
Coupe du bulbe racbidien au niveau de la partie moyenne des olives [ee de la ligure 513 d’après Mathias Duval).
1, sillon médian antérieur. — 2, plancher du quatrième ventricule. — 3, pyramides antérieures [en rouge). — 3’ faisceau sensitif ou ruban de Reil ien bleu). — 4, noyaux arciformes ou prépyramidaux. — 5, noyau principal de l’iiypoglosse, avec 5’, son noyau accessoire. — 6, noyau ambigu ou noyau moteur des nerfs mixtes. — 7, leur noyau sensitif. — 8, noyau de Burdach. — 9, tête de la corne postérieure, coiffée par 10, la racine bulbaire du trijumeaau. — 11, olive. — 12, noyau juxta-olivaire anléro-interne. — 13, noyau juxta-olivaire postéro-externe. — 14, raphé. — 15, faisceau solitaire. — X, nerf pneumogastrique. — XII, nerf grand hypoglosse.
BULBE RACHIDIEN
constitution que précédemment. Nous devons noter cependant l’apparition, sur leur côté antérieur et sur leur côté interne, d’une couche de substance grise f4j : cette couche de substance grise, située à la surface extérieure du bulbe, constitue à droite et à gauche les noyaux arciformes ou prépyramidaux, lesquels se disposent sur le trajet des fibres arciformes.
Nous appellerons enfin l’attention du lecteur sur l’apparition d’un faisceau longitudinal, à coupe ovalaire (15), qui se trouve situé, sur notre figure, immédiatement au-dessous de la colonne sensitive du plancher ventriculaire, entre cette colonne et le noyau de Burdach : c’est le faisceaic solitaire de Stilling, sur la signification duquel nous aurons à revenir à propos de l’origine réelle des nerfs mixtes.
6° Coupe passant par la partie toute supérieure de l’olive. — Cette coupe (fig. 519) diffère peu de la précédente. A droite et à gauche de la ligne médiane, nous avons toujours, se succédant régulièrement d’avant en arrière, le faisceau pyramidal, le ruban de Reil et le faisceau fondamental du bulbe, ce dernier disséminé par petits paquets dans la formation réticulaire.
En avant, le sillon médian persiste et il est même plus profond : nous approchons du trou borgne. De chaque côté de ce sillon, nous retrouvons les noyaux pré-pyramidaux ou arciformes, plus développés encore que dans la couche précédente.
En arrière, le quatrième ventricule s’est considérablement élargi et nous reconnaissons nettement, à droite et à gauche du calamus, nos trois ailes : blanche interne, grise et blanche externe.
Les colonnes résultant de la dislocation de la substance grise centrale existent encore et leur situation a à peine changé.
C’est ainsi que nous voyons : i°la colonne motrice, représentant la base de la corne antérieure, occuper la partie juxta- médiane du plancher ventriculaire, où elle forme l’aile blanche interne; 2® la colonne sensitive, représentant la base de la corne postérieure se placer en dehors de la précédente, toujours sur le plancher ventriculaire, où elle constitue à la fois l’aile grise et l’aile blanche externe ; 3° la colonne motrice, représentant la tête de la corne antérieure, se montrer sur le côté externe de l’olive ; elle forme à ce niveau le noyau ambigu, d’où s’échappent les fibres radiculaires motrices des nerfs mixtes ; 4° la colonne sensitive, représentant la tête de la corne postérieure, occuper la partie interne du corps restiforrne; elle est, comme sur la coupe précédente, en rapport avec la racine inférieure du trijumeau,
Fig. 519.
Coupe du bulbe rachidien, au niveau de la partie supérieure de l’olive (//de la figure 513, en partie d’après van Gehuchten).
1, glosso-pharyngien, avec : 2, son noyau moteur ou noyau ambigu ; 3, son noyau sensitif ou noyau de l’aile grise ; 4, faisceau solitaire. — 5, grand hypoglosse, avec 5’, son noyau d’origine. — 6, noyau dorsal et racine descendante de l’auditif. — 7, pédoncule cérébelleux inférieur. — 8, racine descendante du trijumeau, — 9, olive et parolives. — 10, pyramide antérieure. — 11, noyaux prépyramidaux ou arciformes. — 12, raphé. — 13, ruban de Reil. — 14, quatrième ventricule. — 15, ligula
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
Dans le cordon postérieur, le noyau de Goll a disparu et il en est de même du noyau de Burdach. Les fibres longues d’origine spinale se sont toutes terminées au-dessous de la coupe et, de ce fait, le cordon postérieur, devenu corps restiforme ou pédoncule cérébelleux inférieur, ne renferme plus que des fibres d’origine cérébelleuse. On voit ces fibres, fibres arciformes pour la plupart, s’échapper du corps restiforme pour parcourir de dehors en dedans le champ réticulaire, gagner la ligne médiane et s’y entrecroiser avec leurs similaires du côté opposé.
En ce qui concerne l’olive, elle persiste avec sa forme caractéristique et ses grandes dimensions. La parolive externe et la parolive interne persistent, elles aussi, mais elles sont représentées par des lames beaucoup moins étendues que sur la coupe précédente. C’est qu’elles sont intéressées ici sur un point qui est tout voisin de leur extrémité supérieure. Sur une coupe passant à 2 ou 3 millimètres plus haut, olives et parolives auront entièrement disparu.
Y]. — Vaisseaux du bulbe
1° Artères. — Les artères du bulbe rachidien, parfaitement étudiées par Duret (Artères nourricières du bulbe rachidien, Arch. de Physiol., 1873), proviennent
toutes de l’artère vertébrale ou de ses branches. Nous les diviserons, comme celles de la moelle, en trois groupes : artères médianes, artères radiculaires, artères périphériques.
A. Artères médianes. — Les artères médianes se distinguent, d’après leur situation, en antérieures et postérieures :
a. Artères médianes antérieures. — Les artères médianes antérieures (fig. 520,1’) proviennent, les unes des vertébrales, les autres (et c’est le plus grand nombre) des artères spinales antérieures.
Immédiatement après leur origine, elles descendent dans le sillon médian antérieur, pénètrent dans l’épaisseur du bulbe et se portent vers le plancher du quatrième ventricule, en suivant toujours la ligne médiane. Elles ont pour caractères d’être rectilignes ou horizontales, formant ainsi dans le plan antéro-postérieur « une échelle à lignes parallèles très remarquable » (Duret).
Dans leur trajet, ces artères abandonnent aux parties centrales du bulbe quelques rameaux collatéraux.
Arrivées au plancher du ventricule, elles s’épanouissent en de véritables arborisations, que l’on voit surgir du fond du calamus et courir au-dessous de la membrane épendymaire. Leurs divisions terminales se perdent autour des noyaux d’origine des nerfs (artères des noyaux de Duret). On ren-
protubérance (d’après Duret).
artère vertébrale gauche. — B, tronc basilaire.— C, cérébelleuse inférieure et antérieure.
— D, cérébelleuse supérieure. — E, cérébrale postérieure.
1, artère spinale antérieure. — 1’ U, ses branches médianes. — 2. artères sous-protubérantielles. — 3, 4, artères médio-protubérantielles.
— O, artère spinale postérieure, avec ses branches médianes.
BULBE RACHIDIEN
1 ,Jy
contre parfois une ou plusieurs artérioles le long des barbes du calamus. Au nombre des artères médianes antérieures, nous devons ranger trois ou quatre troncules (2), qui, émanant du tronc basilaire, pénètrent dans le trou borgne {artères sous-protubérantielles de üuret) et partagent ensuite la distribution des artères précédentes.
b. Artères médianes postérieures. — Les artères médianes postérieures (fig. 520, 5), beaucoup moins importantes que les antérieures, sont fournies par les spinales postérieures. Elles s’engagent, comme l’indique leur nom, dans le sillon médian postérieur. Il est à remarquer qu’elles diminuent de volume en allant de bas en haut ; les plus élevées, qui sont aussi les plus grêles, répondent au bec du 'calamus.
B . Artères radiculaires . — Les artères radiculaires (fig. 521,2), ainsi appelées parce qu’elles se portent vers les racines des nerfs, ont pour caractères communs d’atteindre cette racine à quelques millimètres seulement en dehors de leur émergence et de se diviser immédiatement après en deux rameaux : l’un externe ou descendant^ qui accompagne le nerf vers la périphérie; l’autre interne ou ascendant, qui remonte, avec le nerf, jusqu’à son noyau d’origine et se capillarise autour de ce noyau.
Il résulte d’une pareille disposition que chaque noyau d’origine, placé sur le plancher du quatrième ventricule, reçoit du sang de deux sources différentes : des artères radiculaires et des artères médianes.
Voici maintenant, sous forme de tableau, quelle est la provenance des artères radiculaires pour chacun des nerfs qui émergent du bulbe. On verra, par ce tableau, que ces artères radiculaires naissent ordinairement (voy. fig. 522) des plus voisins.
Fig. 521.
Schéma représentant le mode de distribution d’une artère radiculaire.
a, nerf grand hypoglosse.
— b, son noyau d’origine. — b' son noyau accessoire .
1 , artère ventriculaire pour le noyau b. — 2, artère radiculaire, avec : 3, sou rameau ascendant, s'anastomosant avec 1, tout autour du noyau. — 4, son rameau descendant, se jetant sur le nerf.
troncs artériels les
1“ Moteur oculaire externe. .
2» Facial
3" Auditif
4® Intermédiaire de Wrisberg
5“ Glosso-pharyngien
6“ Pneumogastrique
7“ Spinal
8“ Grand hypoglosse
[ tronc basilaire.
r 1® tronc basilaire ou artère vertébrale ;
; 2° tronc basilaire ou artère cérébelleuse inférieure et ( postérieure.
I artère vertébrale.
I artère vertébrale,
^ 1® en bas, artère vertébrale ;
i 2“ en haut, artère cérébelleuse inférieure et postérieure.
, 1® artère spinale antérieure;
\ 2° artère vertébrale.
C. Artères périphériques. — Nous désignons sous ce titre, comme nous l’avons fait pour la moelle, toutes les artères qui ne peuvent trouver place dans l’un ou l’autre des deux groupes précédents. Elles sont très grêles et varient beaucoup par leur nombre, leur origine et leurs terminaisons. Elles se distribuent à la pyramide antérieure, à l’olive, au cordon latéral, au corps restiforme, à la pyramide postérieure et au plancher du quatrième ventricule ;
a. Artères des pyramides antérieures. — Les artères des pyramides antérieures et des olives proviennent, soit de la vertébrale directement, soit des spinales antérieures. En ce qui concerne les olives, on voit généralement (Duret) deux ou trois artérioles suivre le trajet des racines de l’hypoglosse et pénétrer dans cet organe par son hile.
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
b. Artères des cordons latéraux et postérieurs. — Le cordon latéral, le corps restiforme et la pyramide postérieure reçoivent leurs artères, en partie de la cérébelleuse inférieure et postérieure, en partie des spinales postérieures.
c. Artères du plancher ventriculaire. — La circulation du plancher du quatrième ventricule est un peu plus complexe. Indépendamment des artères médianes, qui irriguent la région du calamus. et du rameau ascendant de la spinale postérieure,
qui se porte vers l’angle inférieur, le quatrième ventricule reçoit encore un certain nombre de branches, transversales ou obliques, qui proviennent de la cérébelleuse inférieure et postérieure et qui se distribuent à ses parties latérales. Il est h remarquer que ces dernières branches , avant d’aborder le plancher ventriculaire, cheminent pour la plupart, soit dans les plexus choroïdes, soit dans la toile choroïdienne.
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