CHAPITRE II
BULBE RACHIDIEN
Le bulbe rachidien (allem. Verlangerte Mark, angl. spinal bulbe) fait suite à la moelle épinière, d’où le nom de moelle allongée (medulla oblungata) que lui donnent encore, après Haller, quelques anatomistes modernes. Le bulbe est, sans conteste, l’une des parties les plus intéressantes du névraxe, non pas seulement à cause des importantes fonctions qui lui sont dévolues, mais aussi à cause de sa constitution complexe. C’est, comme nous le verrons plus loin, une sorte de carrefour où se donnent rendez-vous, pour entrer en relation les uns avec les autres, les éléments constitutifs de la moelle, du cervelet, du cerveau et d’un grand nombre de nerfs dits bulbaires. Plusieurs travaux de date récente sont venus heureusement faire la lumière sur les relations réciproques de ces divers éléments, de telle sorte que la constitution anatomique du bulbe, qui est restée si longtemps à l’état d’inconnue, nous apparaît aujourd’hui tout aussi nette et tout aussi précise que celle de la moelle épinière.
§ I. — Considérations générales
Les considérations générales auxquelles se prête le bulbe sont relatives à ses limites, sa forme, ses dimensions, son poids, sa direction et ses rapports.
1° Limites. — Le bulbe rachi(lien se trouve limité : 1° en haut, par la protubérance annulaire ; en bas, par un plan horizontal, qui passerait immédiatement au-dessous de l’entrecroisement des pyramides (voy. p. 494 et p. 574;, au-dessus du premier nerf cervical.
Ces deux limites, rapportées aux parois du canal osseux cranio-rachidien, correspondent : la supérieure, à la partie moyenne de la gouttière basilaire; l’inférieure, à l’articulation qui unit les condyles de l’occipital aux masses latérales de l’atlas.
L’examen d’une coupe sagittale de la région nous apprend que le plan séparatif du bulbe et de la moelle passe : 1° en arrière, par le bord supérieur de Tare postérieur de l’atlas ; 2° en avant, par la partie moyenne de l’apophyse odontoïde et par la partie moyenne de l’arc antérieur de l’atlas.
2® Forme. — Le bulbe, comme la moelle qu’il continue, revêt la forme d’un cylindroïde aplati d’avant en arrière.
Il convient d’ajo-uter, cependant, qu’il va en s’élargissant au fur et à mesure qu’il s’élève, de telle sorte que le diamètre transversal de son extrémité supérieure l’emporte d’un bon tiers sur celui de son extrémité inférieure.
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Nous pouvons donc considérer le bulbe comme une sorte de tronc de cône, qui serait aplati d’avant en arrière et dont la grande hase serait située en haut, du côté de la protubérance. Sa petite hase, représentée par le plan horizontal suivant lequel le bulbe s’unit à la moelle épinière, répond à l’extrémité inférieure de l’organe. Cette extrémité inférieure est souvent désignée, en raison de son étroitesse relative, sous le nom de collet du hulhe.
Dimensions. — La longueur du bulbe est de 27 à 30 millimètres. Son diamètre antéro-postérieur ne dépasse guère 12 à 13 millimètres. Son diamètre transversal,
qui est de 10 à 12 millimètres au niveau de son extrémité inférieure, s’accroît graduellement de bas en haut, comme nous venons de le voir : il atteint successivement 20, 22 et même 25 millimètres.
G DEVŸ
Fig. 482.
Le bulbe et la protubérance , vue latérale ; leurs rapports avec le canal cranio-racliidien.
1, selle turcique, avec 1’, corps pituitaire. — 2, coupe de l'apophyse basilaire, avec 2’, légère saillie eu rapport avec le sillon bulboprotubérantiel. — 3, apophyse odonto'ide. — 4, 4’, arcs antéiieur et postérieur de l’atlas. — 5, rebord postérieur du trou occipital.
— 6, protubérance. — 7, coupe du pédoncule cérébelleux moyen. — 8, corps restiforme. — 9, sillon latéral du bulbe. — 10, faisceau latéral du bulbe. — 11, olive, avec 11’, fossette sus-olivaire. — 12, cordon antérieur de la moelle. — 13, tubercule cendré de Rolande. — 14, cervelet, avec 14’, son amygdale. — 15, quatrième ventricule, dont le toit est légèrement èrigné. — 16, fibres arciformes.
— V, trijumeau. — VIII, racine postérieure de l’auditif.
la portion verticale et la portion oblique est
4'^ Poids. — Le poids du bulbe rachidien est de 6 à 7 grammes : Manouvrier donne, comme moyennes, chez l’homme,
6^*',36 chez la femme. Il représente le 1/226, environ, de la masse encéphalique.
5® Direction. — Le bulbe, suivi de bas en haut, a tout d’abord une direction verticale, comme la moelle à laquelle il fait suite; puis, il s’infléchit légèrement en avant pour venir se coucher dans la gouttière basilaire de l’occipital. Le bulbe décrit donc dans son ensemble une courbure à concavité dirigée en avant et en bas (fig. 482) . Toutefois cette courbure est toujours peu accusée :
l’angle que forment entre elles de 135^ environ.
6® Rapports. — Envisagé dans ses rapports généraux, le bulbe est pour ainsi dire à cheval entre le crâne et le rachis : il occupe la cavité crânienne par son extrémité supérieure, la cavité rachidienne par son extrémité inférieure.
a) En avant, il est successivement en rapport, en allant de haut en bas, avec la gouttière basilaire de l’occipital et avec la moitié supérieure de l’apophyse odontoïde. — Il est bon de rappeler ici que ses rapports avec ces deux formations osseuses ne sont pas immédiats (fig. 483) : dans le crâne, le bulbe est séparé de l’occipital parla dure-mère et par des veines plus ou moins volumineuses, à direction transversale ou oblique ; dans le canal rachidien, il est séparé de l’apophyse odontoïde par le ligament transverse de l’articulation atloïdo-odontoïdienne et par les nombreux ligaments (voy. t. I) qui, de l’occipital, descendent dans le canal
BULBE RACHIDIEN
rachidien. — En avant de l’apophyse odontoïde, le bulbe est en rapport avec le ligament occipito-atloïdien antérieur et avec la portion toute supérieure du pharynx.
P) En arrière (fîg. 482), le bulbe rachidien est recouvert dans la plus grande partie de son étendue par le cervelet, dont il est séparé par le quatrième ventricule ou ventricule bulbo-cérébelleux. Au-dessous du cervelet et hors de la cavité crânienne, il répond à l’espace, relativement large, qui se trouve compris entre le trou occipital et l’arc postérieur de l’atlas : c’est sur ce point qu’il peut être facilement atteint par un instrument pointu ou tranchant , glissant d’arrière en avant le long de l’écaille occipitale et traversant successivement les masses musculaires de la nuque, le ligament occipito-atloïdien postérieur et les méninges. Chacun sait qu’une blessure du bulbe à ce niveau est presque toujours foudroyante.
y) Sur les côtés, le bulbe rachidien est croisé par l’artère vertébrale qui, comme on le sait, se dirige obliquement de bas en haut, d’arrière en avant et de dehors en dedans. Il répond successivement, en allant de haut en bas : 1® au cervelet et, pour spécifier, à ce lobule de l’hémisphère cérébelleux appelé amygdale, qui se moule sur lui et qui, pour cette raison, prend encore le nom de lobule rachidien ; 2° à la face
interne des condyles de l’occipital ; 3® à l’articulation qui, à droite et à gauche, unit ces condyles aux masses latérales de l’atlas.
Fig. 483.
Coupe horizontale du bulbe passant par le trou occipital (sujet congelé, segment inférieur de la coupe).
1, rebord postérieur du trou occipital. — 2, condyle de l’occipital. — 3, masses latérabs de l’atlas. — 4. sommet de l’apophyse odonto'ide, rasé, mais u'^n intéressé par la coupe. - 5, ligament occipitoatloïdien antérieur, sectionné un peu au-dessus de l’arc antérieur de l’atlas. — 6, ligament transverse. — 7, bulbe rachidien. — 8, tonsilles. — 9, 9, artères vertébrales. — 10, veines rachidiennes.
§ II. — Conformation extérieure
Le bulbe rachidien, avons-nous dit plus haut, affecte la forme d’un tronc de cône, légèrement aplati d’avant en arrière. Nous pouvons, en conséquence, lui considérer une face antérieure, une face postérieure, deux faces latérales, une base et un sommet :
1° Face antérieure. — Vu en avant (fig. 484), le bulbe nous présente un sillon longitudinal : c’est le sillon médian antérieur du bulbe, occupant exactement la même situation que le sillon homonyme de la moelle épinière.
Ce sillon se termine en haut, du côté de la protubérance, par une petite fossette triangulaire, plus ou moins profonde : c’est le foramen cæcum ou trou borgne de Yicq-d’Azyr. En bas, du côté de la moelle, il est interrompu par une série de faisceaux, fort variables en nombre et en volume, qui passent obliquement de droite à gauche et de gauche à droite, en s’entrecroisant sur la ligne médiane à 'angle
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très aigu. Cet entrecroisement, que l’on désigne sous le nom à' entrecroisemenl ovi décussation des pyramides (nous verrons pourquoi tout à l’heure), commence d’ordinaire à 20 ou 22 millimètres au-dessous du trou borgne et se poursuit, par conséquent, sur une étendue verticale de 6 à 8 millimètres. Si, maintenant, nous écartons les deux lèvres du sillon antérieur pour juger de ses dimensions, nous constatons tout d’abord que, sauf à la partie inférieure où s’effectue l’entrecroisement précité, il est presque aussi profond que sur la moelle épinière. Nous constatons aussi que son fond est constitué encore, ici, par une lame de substance blanche, qui unit l’une à l’autre les deux moitiés du bulbe et que l’on désigne
ordinairement sous le nom de raphé (pa^'é, couture, de l’infinitif pà-rcTetv, qui veut dire coudre).
De chaque côté du sillon médian, se voient deux cordons blancs, longitudinaux et parallèles : ce sont les pyramides antérieures. Ces pyramides paraissent continuer en haut les cordons antérieurs de la moelle.
Mais cette continuité n’est qu’apparente : les pyramides, comme nous le verrons plus tard , possèdent des éléments tout autres que ceux qui entrent
1, sillon médian antérieur. — 2, décussation des pyramides marquant la limite de t-r
la moelle et du bulbe. — 3, trou borgne. — 4, pyramides antérieures. — 5, olive. danS la COnstltUtlOU — b, sillon préolivaire. — 7, faisceau défibrés arciformes. — 8, sillon bulbo-pro- , i n t
tubérantiel. — 9, protubérance annulaire. — 10, pédoncules cérébelleux moyens. — CleS COrClOnS anie- 11, cervelet, avec : 12, lobules rachidiens ou amygdales. — 13, flocculus. —14, pre- ripiirc \ «sipt' Âtrnitps; mière paire cervicale. — 15, grand hypoglosse. — 16, moteur oculaire externe. — IlCUib. xV.SSb/. ebiu i 17, facial, avec 17, intermédiaire de Wridberg. — I8, auditif. — 19, spinal. — aunivcaudu COllct ICS 20, pneumogastrique. — 21, glosso-pliaryngien. ’
deux pyramides augmentent graduellement de largeur au fur et à mesure qu'elles s’élèvent. Tout à fait en haut, elles subissent comme une sorte d’étranglement et disparaissent alors sous les fibres transversales de la protubérance annulaire. Du sillon transversal qui sépare la pyramide de la protubérance s’échappe un nerf volumineux (fig. 484, 16 , le nerf moteur oculaire externe.
En dehors, les pyramides sont séparées de la face latérale du bulbe par un sillon vertical, généralement bien marqué. Nous lui donnerons le nom de sillon collatéral antérieur du bulbe : on l’appelle encore, en raison (Te sa situation en avant de l’olive, sillon pré-olivaire. Ce sillon collatéral antérieur répond exactement a la ligne d’émergence des racines antérieurs des nerfs- rachidiens ; il donne lui-mèrne naissance à dix ou douze filets radiculaires, lesquels convergent les uns vers les autres et s’unissent bientôt en un tronc unique, qui n’est autre que le nerf grand hypoglosse.
O Dupret 2 ^ .7 'J2 H
Fig. 484.
Le bulbe rachidien, vu par sa face antérieure.
BULBE RACHIDIEN
2^ Face postérieure. — Vu en arrière (fig. 485), le bulbe est très différent suivant qu’on l’examine dans sa moitié inférieure ou dans sa moitié supérieure :
A. Moitié inféiueure. — Dans sa moitié inférieure, il ne diffère pas de la moelle cervicale, à laquelle il fait suite, et nous présente comme cette dernière : 1° un sillon médian postérieur, tout superficiel, continué en avant, comme pour la moelle, par le médian vostérieur, lequel se prolonge jusqu’à commissure
grise; 2° un sillon collatéral postérieur, d’où émergent les filets radiculaires du spinal, du pneumogastrique et du glosso-pharyngien ; 3° un cordon de substance blanche , le cordon postérieur du bulbe, compris entre les deux sillons précédents et divisé lui-même par le sillon intermédiaire ou paramédian postérieur en deux faisceaux secondaires, l’un interne, faisceau de Go U on faisceau grêle, l’autre externe , , faisceau de Burdach ou faisceau cunéiforme.
Tous ces détails nous sont déjà connus, pour les avoir vus à propos de la moelle (voy. p.
590). Nous n’insistons pas et nous passons immédiatement à la moitié supérieure.
Fig. 485.
Le bulbe rachidien, vu par sa face postérieure.
1, sillon médian postérieur. — 2, sillon paramédian. — 3, sillon collatéral postérieur. — 4, faisceau de Goll. — 5, faisceau de Burdach. — G, pyramide postérieure (clava), — 7, corps rectiforme. — 8, quati’ième ventricule (triangle bulbaire). — 9, tige du calamus — - 10, bec du calamus. — 11, barbes du calamus. — 12, aile blanche interne. — 13, aile blanche externe. — 14, aile grise (correspondant à la fovea inferior). — 15, obex. — 16, recessus lateralis. — 17, eminenlia teres. — 18, coupe de la protubérance. — 19, coupe du pédoncule cérébelleux moyen. —
20, dure-mère rachidienne, incisée sur la ligne médiane et réclinée en dehors (sur la face interne se voient les insertions supérieures du ligament grand dentelé). —
21, premier nerf cervical. — 22, spinal. — 23, pneumogastrique. — 24, glossopharyngien. — 25, groupe acustico-facial. — 26, grand hypoglosse. — 27, ti’ou déchiré postérieur. — 28, artère vèg-tébrale, avec 28’, spinale postérieure. — 29, tronc basilaire. — 30, portion transversale du sinus latéral.
— Les cordons postérieurs (faisceau de Goll et faisceau de Burdach), jusque-là verticalement ascendants, se portent obliquement en dehors, à la manière des deux branches d’un V (fig. 483). Ils s’écartent ainsi de 'leurs similaires du côté opposé et délimitent, sur la ligne médiane, un espace angulaire à sinus dirigé en haut.
Par suite de cet écartement, la partie de la commissure grise qui constitue le fond du sillon médian postérieur s’amincit, se rupture et disparaît. Du même coup, le canal de l’épendyme, ouvert en arrière, perd sa forme tubulaire et, suivant les cordons postérieurs dans leur mouvement de projection en dehors, il s’étale en
R. Moitié supérieure.
— Dans sa moitié supérieure, le bulbe nous présente un tout autre aspect, dû à l’apparition d’une cavité spéciale , constituant le quatrième ventricule.
a . Formation du quatrième ventricule.
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surface de façon à former la face inférieure om plancher du quatrième ventricule.
Le quatrième ventricule n’est, comme on le voit, que le canal de Vépendyme, fortement agrandi, ouvert à sa partie supérieure et étalé en surface.
Il est bon de faire remarquer, cependant, que cette expression de canal ouvert à sa partie postérieure, appliquée au quatrième ventricule, expression que l’on trouve à peu près partout dans les classiques, n’est pas rigoureusement exacte : le quatrième ventricule, après la disparition de la commissure grise, est encore fermé en arrière, comme nous le verrons plus tard lorsque nous en ferons l’étude par une couche épithéliale dépendant de l’épendyme, la membrana tectoria.
b. Formations placées sur le plancher ventriculaire. — Nous décrirons plus loin (voy. p. 697, le quatrième ventricule avec tous les détails que comporte son étude. Qu’il nous suffise de dire pour l’instant (fig. 485) ;
1° Qu’il a la forme d’un losange à grand axe dirigé de bas en haut;
2® Qu’il se continue, eji bas avec le canal de l’épendyme, en haut avec l’aqueduc de Sylvius ;
3*^ Que samo^7^e inférieure seulement fait partie du bulbe, sa moitié supérieure appartenant à la protubérance.
4° Qu’on rencontre, enfin, dans cette moitié inférieure ou bulbaire, la seule dont nous ayons à nous occuper ici, les particularités suivantes. — Sur la ligne médiane, se voit un sillon longitudinal, plus ou moins profond : ce sillon, désigné sous le nom de tige du calamus scriplorius, aboutit en bas au canal de l’épendyme, dont il n’est que la continuation. L’espace angulaireen forme de V, qui existe à ce niveau et qui résulte de l’écartement des deux cordons de Goll, est appelé bec du calamus; en arrière et au-dessus de lui s’étale une lame de substance grise à direction transversale, le verrou ou obex^ qui va d’un cordon de Goll à l’autre et qui représente l’extrémité toute supérieure de la commissure grise postérieure. — Sur la tige du calamus viennent s’implanter, comme les barbes d'une plume sur leur tige, une série de filaments blanchâtres excessivement ténus. Ces filaments, connus sous le nom de barbes du calamus ou de stries acoustiques, se dirigent transversalement en dehors, sortent du ventricule en contournant ses bords latéraux et, bientôt après, se réunissent en un seul faisceau qui se jette dans le nerf auditif (voy. l’origine réelle de ce nerfj. — Enfin, de chaque côté du sillon médian, se trouvent trois régions oblongues, affectant chacune la forme d’un triangle allongé de bas en haut. Ces trois régions, quelquefois peu distinctes, mais ordinairement très accusées, ont reçu le nom à'ailes. On les distingue, en allant de dedans en dehors, en : 1° aile blanche interne, saillie triangulaire à base supérieure; 2° aile grise, surface également triangulaire (mais à base inférieure), de coloration grisâtre, déprimée en une sorte d’excavation plus ou moins accusée que l’on désigne sous le nom de fovea inferior ou fossette inférieure ; 3° aile blanche externe, située en dehors de la précédente, revêtant comme l’aile blanche interne la forme d’une saillie triangulaire à base dirigée en haut.
Ces trois ailes sont essentiellement formées par de la substance grise d’origine spinale et donnent naissance : l’aile blanche interne, au nerf grand hypoglosse ; l’aile grise, à la racine sensitive de deux nerfs mixtes, le glosso-pharyngien et le pneumogastrique ainsi qu’à l’intermédiaire de Wrisberg ; l’aile blanche externe, à la racine antérieure ou vestibulaire de l’auditif.
Ajoutons que sur le côté supéro-externe de l’aile blanche externe se voit une nouvelle saillie plus ou moins marquée suivant les sujets, c’est le tubercule acousticiue, où prend origine la racine postérieure ou cochléaire du nerf auditif. (Voy.,
BULBE RACHIDIEN
pour plus de détails, dans V Isthme de V encéphale, l’article spécial consacré au quatrième ventricule).
b. Formations placées en dehors du plancher ventriculaire. — La portion bulbaire du quatrième ventricule est limitée, latéralement, par deux cordons de substance blanche, qui paraissent être les prolongements des faisceaux de Goll et de Burdach. Rien ne les différencie, en effet, de ces derniers, à l’extérieur tout au moins. Mais en passant de la moitié inférieure du bulbe dans sa moitié supérieure, ils changent de nom : les faisceaux de Goll deviennent \qs, pyramides postérieures; à leur tour, les faisceaux de Burdach prennent le nom de corps restiformes (de restis, corde, parce qu’ils sont arrondis en forme de corde).
a) Les pyramides postérieures, à leur origine, je veux dire au niveau du bec du calamus, nous présentent un renflement de forme ovalaire ; c’est le renflement mamelonné du bulbe ou clava (de clava, massue). Au-dessus de ce renflement, elles s’amincissent peu à peu et se terminent, par une extrémité plus ou moins effilée, sur le côté interne des corps restiformes.
P) Les corps restiformes, situés en dehors des pyramides postérieures, suivent, comme elles, une direction oblique en haut et en dehors. Arrondis en forme de cordons, ils semblent continuer les faisceaux de Burdach et se confondent en haut, sans ligne de démarcation aucune, avec les pédoncules cérébelleux inférieurs, qui descendent du cervelet vers le bulbe. De ce fait, le terme de corps restiforme devient synonyme de pédoncule cérébelleux inférieur.
Limité en dedans par le sillon intermédiaire ou paramédian, le corps restiforme ou pédoncule cérébelleux inférieur a pour limite externe un deuxième sillon, qui n’est autre que le sillon collatéral postérieur^ déjà signalé a propos de la moitié inférieure du bulbe, et qui laisse échapper les trois nerfs spinal, pneumogastrique et glosso-pharyngien.
Le long du bord antérieur du corps restiforme, un peu au-dessous de sa partie moyenne, se voit une petite saillie de couleur grisâtre, connue sous le nomade tubercule cendré de Rolando (fig. 486, 6). Cette saillie, plus accusée chez l’enfant que chez l’adulte, a une forme oblongue à grand axe vertical. Son extrémité supérieure, arrondie, se trouve située à o ou 6 millimètres au-dessous d’une autre saillie, celle-ci beaucoup plus volumineuse, qui occupe la face latérale du bulbe et que nous décrirons tout à l’heure sous le nom à'olwe. Son extrémité inférieure, plus mince, s’effile en une sorte de queue qui longe le sillon collatéral postérieur. La tubercule cendré, nous le disons par anticipation, est constitué par la tête de la corne postérieure qui, à ce niveau, s’est fortement déjetée en dehors et fait pour ainsi dire hernie à la surface extérieure du bulbe. Elle n’est recouverte, en effet, que par une couche extrêmement mince de substance blanche.
Le sillon collatéral postérieur et les nerfs qui en naissent servent délimité à la face postérieure du bulbe. Au delà, se trouve la face latérale.
3*^ Faces latérales, fibres arciformes. — Comprise entre la face antérieure et la face postérieure, la face latérale du bulbe (fig. 486) a naturellement pour limites ; en avant, le sillon collatéral antérieur; en arrière, le sillon collatéral postérieur.
Elle est essentiellement constituée par un cordon de substance blanche, que nous désignerons sous le nom de cordon latéral du bulbe. Ce cordon, qui semble être le prolongement direct du cordon homonyme de la moelle épinière, est en partie recouvert, dans sa moitié supérieure, par une saillie volumineuse, à contour bien accusé, qui appartient en propre au bulbe et qui porte le nom déolive.
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Volwe bulbaire, encore appelée olive inférieure pour la distinguer d’une autre formation que nous décrirons dans la protubérance sous le nom éi olive supérieure se présente (fig. 486, 5) sous la forme d’une saillie oblongue, à grand axe vertical, de couleur blanchâtre, à surface ordinairement lisse et unie, située sur le plan latéral du bulbe immédiatement en dehors de la pyramide antérieure. Sa hauteur varie ordinairement de 12 à 15 millimètres ; sa largeur est de 4 ou 5 millimètres. — En avant, l’olive est séparée de lapyramide antérieure par un sillon longitudinal : c’est le sillon pré-olivaire, déjà mentionné, d’où émergent les filets radiculaires de
l’hypoglosse. — En arrière, elle est limitée également par un sillon de même direction, le sillon rétro-olivaire . — Son extrémité supérieure, quoique très voisine de la protubérance, n’atteint pas tout à fait ce dernier organe: elle en est séparée par une petite dépression, plus ou moins profonde, la fossette sus-olivaire. Dans cette fossette prennent naissance le nerf facial et, en arrière de lui, l’intermédiaire de Wrisberg. — Son extrémité inférieure, située à 5 ou 6 millimètres au-dessus et en avant du tubercule cendré de Rolando, est habituellement contournée et parfois même plus ou moins masquée par des fibres à trajet arciforme, que nous décrirons dans un instant.
L’olive, comme nous l’avons déjà dit plus haut, n’occupe que la partie antérieure du cordon latéral. En arrière d’elle, se trouve ce cordon latéral, réduit à une bandelette fort mince, mais toujours très visible (fig. 482, 10;. A l’extrémité toute supérieure de cette bandelette, entre elle et la protubérance, se voit une dépression, qui continue en arrière la fossette sus-olivaire et que l’on désigne sous le nom de fossette latérale du bulbe : c’est dans cette fossette, immédiatement en arrière du facial et de l’intermédiaire, qu’émerge le nerf auditif.
Pour en finir avec les faces du bulbe, nous signalerons la présence, sur ces différentes faces, d’un système de fibres en anse, qui se détachent des corps resti formes et se portent ensuite vers le sillon médian antérieur, en décrivant une longue courbe, dont la cavité, dirigée en dedans, embrasse successivement le cordon latéral, l’olive et la pyramide antérieure (fig. 486, 7, T et 7”; : ce sont les fibres arciformes, dont l’ensemble constitue \q stratum zonale de quelques auteurs. Nous ne faisons que mentionner ici ce système des fibres arciformes du bulbe. Nous reviendrons sur elles à propos de la constitution anatomique du bulbe et nous indiquerons alors, avec quelques détails, leur origine, leur trajet et leur mode de terminaison.
Fig. 4S().
Le bulbe, vue autéro-iatérale, pour montrer les libres arciformes.
1 , protubérance . — 2, pédoncule cérébelleux moyen. — 3. bulbe rachidien, vue antéro-lalérale gauche". —
4, sillon médian antérieur, avec 4’ décussation des pyramides. — 5, olive. — G, tubercule cendré de Rolando. — 7, 7’, 7” fibres arciformes externes. —
5, moteur oculaire externe. — 9. acoustique. — 10, facial. — 11, intermédiaire de Wrisberg.
4° Base. — La base du bulbe, dirigée en haut, se continue directement et dans toute son étendue avec la protubérance annulaire :
a; En avant et sur les côtés, les deux organes sont nettement séparés par le trajet différent de leurs fibres d’abord, ces fibres étant longitudinales pour le bulbe et
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transversales pour la protubérance, puis par un sillon horizontal, toujours très marqué, le sillon bulho-protubéranliel. Ce sillon, nous le savons déjà, nous présente successivement, en allant de dedans en dehors ; 1° le foramen cæcum, dans lequel s’engagent des vaisseaux ; 2° l’émergence du nerf moteur oculaire externe ; 3^ la fossette sus-olivaire et la fossette latérale, d’où émergent les trois nerfs facial, intermédiaire de Wrisberg et auditif.
P) Au delà de la fossette latérale, surtout le plan dorsal par conséquent, aucune ligne de démarcation n’existe entre le bulbe et la protubérance. La limite séparative des deux organes, toute conventionnelle, est représentée par un plan à peu près horizontal, passant à la fois par les fossettes latérales du bulbe et par les angles latéraux du quatrième ventricule.
5*^ Sommet. — Le sommet, tronqué, se continue de même avec la moelle cervicale. Le point où se fait la jonction des deux organes a reçu, comme nous l’aVons déjà dit plus haut, le nom de collet du bulbe. C’est là, disons-le tout de suite, une expression inexacte, car le cylindre bulbo-médullaire, dans la grande majorité des cas, ne nous présente à ce niveau aucune espèce de rétrécissement brusque, ainsi que le laisserait supposer la dénomination précitée. Rappelons, en passant, que la limite réciproque entre le bulbe et la moelle est un plan horizontal mené par la partie inférieure de l’entrecroisement des pyramides, immédiatement au-dessus du premier nerf cervical.
§ III. — Conformation intérieure
Pour prendre une notion exacte de la conformation intérieure du bulbe rachidien, il convient, comme nous l’avons fait pour la moelle épinière, d’examiner des coupes pratiquées sur cet organe.
Si nous jetons les yeux sur une coupe horizontale passant par la partie inférieure du bulbe (f]g. 487) , nous reconnaissons tout d’abord les sillons médians antérieur et postérieur, chacun avec ses caractères propres, et nous constatons, d’autre part, qu’un plan sagittal, mené par les deux sillons, divise l’organe en deux moitiés parfaitement symétriques. Chacune de ces moitiés nous présente deux substances, une substance grise et une substance blanche, et ces deux substances, dans leur configuration générale comme dans leurs rapports réciproques, rappellent assez bien les formations homologues de la moelle cervicale. La substance grise, notamment, se dispose de chaque côté sous la forme d’un croissant et, ici encore, les deux croissants sont unis l’un à l’autre par une commissure grise au centre de laquelle se trouve creusé un canal longitudinal, qui n’est autre que le canal de l’épendyme.
Si maintenant nous examinons une deuxième coupe, horizontale comme la première, mais passant par le tiers supérieur du bulbe (fig. 488), cette coupe nous présente un aspect tout nouveau. L’organe est encore divisible en deux moitiés
Coupe du bulbe, au niveau de sa partie inférieure (d'après Mathias Duval) .
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur. — 8, commissure grise.
— 4, commissure blanche antérieure. — 3, corne antérieure. — 6, corne postérieure.
— 7, corne latéral. — 8, faisceau pyramidal croisé, se dirigeant vers la ligne médiane pour s’y entrecroiser avec celui du côté opposé en décapitant les cornes antérieures.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
symétriques, mais ces deux moitiés ne sont plus séparées l’une de l’autre que par le sillon médian antérieur. Le sillon médian postérieur a disparu et il en est de même du septum médian postérieur. Quant au canal de l’épendyme, il s’est élargi et ouvert en arrière pour former le quatrième ventricule. De leur côté, les
deux moitiés latérales, si elles nous présentent encore de la substance grise et de la substance blanche, sont bien différentes de ce qu’elles étaient tout à l’heure, tellement differentes qu’il est absolument impossible, au premier abord, de reconnaître dans celles-ci les éléments de celles-là. C’est que, dans l’intervalle compris entre les deux coupes, la substance blanche et la substance grise spinales ont subi des transformations profondes. D’autre part, des formations nouvelles ont apparu, s’ajoutant aux formations déjà existantes, se mêlant à elles, les masquant plus ou moins, les rendant parfois méconnaissables.
Nous allons tout d’abord, dans le paragraphe suivant (| IV), décrire méthodiquement, une à une, les modifications diverses que présente le bulbe en s’élevant de la moelle vers la protubérance. Puis, ces modifications une fois connues, nous étudierons dans le paragraphe V, en manière de synthèse, une série de coupes horizontales de l’organe pratiquées à différentes hauteurs.
§ IV. — Constitution anatomique et connexions
Envisagé au point de vue de sa constitution anatomique, le bulbe rachidien, qui est la continuation de la moelle épinière, possède tous les éléments, substance blanche et substance grise, que renferme ce dernier organe. Mais il présente, en outre, des éléments nouveaux, qui lui appartiennent en propre et dont on chercherait vainement les analogues dans la moelle. Nous avons donc à examiner, à propos de la constitution anatomique du bulbe, les trois groupes d’éléments suivants :
D Les parties blanches transmises au bulbe par la moelle ;
2° Les parties grises transmises au bulbe par la moelle ;
3° parties surajoutées ou parties propres au bulbe.
Dans les descriptions qui vont suivre, nous nous occuperons essentiellement des éléments nerceux. Les éléments de soutien {névroglie) présentent à peu de chose près, dans le bulbe, la même disposition que dans la moelle (voir p. 355) et nous ne saurions les décrire à nouveau sans tomber dans des redites.
A. —Parties blanches transmises "au bulbe par la moelle
La substance blanche se répartit dans la moelle, ainsi que nous l’avons vu (p. 550) en sept faisceaux principaux, savoir.:
Fig. 488.
Coupe du bulbe rachidien au niveau de la partie moyenne des olives (d’après M.vthias Duvai.).
1, tige du calamus. — 2, 2, noyau des hypoglosses. — .3, 3, liypoglosses. — 4, noyau des pneumogaslri(;|ues. — 5, pneumogastriques. — 6, noyaux restirormes. — 7, 7, tète des cornes postérieures. — 8, sillon médian antérieur. — 9, faisceau pyramidal. — 10, faisceau sensitif. — 11, noyaux prépyramidaux. — 12, 13, petit amas de substance grise. — 14, formation réticulaire. — 15, fibres arciformes. — 16, raplié. — 17, olive. — 18, parolive interne. — 19, parolive externe.
BULBE RACHIDIEN
a) Pour le cordon anléro -latéral, les deux faisceaux pyramidaux, le faisceau cére'belleux direct, le faisceau de Gowers et le faisceau restant ou faisceau fondamental du cordon antéro-latéral ;
j3) Pour le cordon postérieur, le faisceau de Goll ou faisceau grêle et le faisceau de Burdach ou faisceau cunéiforme.
Ces différents faisceaux possèdent exactement dans le bulbe la même structure et la même signification fonctionnelle que dans la ^
moelle. Mais tous n’y occupent pas la même situation. En passant de la moelle dans le bulbe, ils se comportent de la façon suivante (voy. fig. 489) :
Faisceaux pyramidaux. — Les faisceaux pyramidaux, on le sait, sont au nombre de deux : U le faisceau pyramidal direct, qui se trouve situé à la partie interne du cordon antérieur; 2° le faisceau pyramidal croisé, qui, lui, occupe la partie postérieure du cordon latéral.
a. Faisceau pyramidal direct. — Le faisceau pyramidal direct (fig. 489, 1), dont les fibres se sont déjà entrecroisées à des hauteurs diverses à travers la commissure antérieure, passe directement (d’où son nom) de la moelle dans le bulbe, sans s’entrecroiser de nouveau. Il Tient se placer dans la pyramide antérieure du côté correspondant. Il y occupe la partie externe.
b. Faisceau pyramidal croisé. — Au niveau du collet du bulbe, le faisceau pyramidal croisé (fig.
489, 2) s’infléchit en avant, en dedans et en haut. Il atteint ainsi la ligne médiane, s’y entrecroise (d’où son nom) avec celui du côté opposé et, se redressant alors, il passe dans la pyramide antérieure, qu’il constitue en grande partie. Il y rencontre le faisceau pyramidal direct et se confond avec lui.
c. Remarques sur la voie pyramidale ou voie motrice. — Constatons avant d’aller plus loin que, pour un côté quelconque du bulbe, la pyramide antérieure est formée à la fois : 1° par le faisceau pyramidal direct du côté correspondant; 2® par le faisceau pyramidal croisé du côté opposé , qui est venu le rejoindre en traversant la ligne médiane.
Cette pyramide antérieure est naturellement en rapport avec la motilité volontaire, les fibres constitutives du faisceau pyramidal direct et du faisceau pyramidal croisé ayant pour fonction commune,
comme nous l’avons déjà dit maintes fois, de transporter de l’encéphale aux cornes antérieures et de là aux muscles les incitations de la volonté.
Il résulte de la disposition ci-dessus indiquée que, si l’on ne considère que l’extrémité supérieure de la moelle épinière, l’entrecroisement du faisceau pyramidal (nous donnerons désormais ce nom au faisceau moteur volontaire) est seulement
Fig. 489.
Entrecroisement des pyramides ; schéma représentant le passage des différents faisceaux de la moelle dans le bulbe.
a, protubérance annulaire. — è, bulbe, vu par sa face antérieure. — c, entrecroisement des pyramides. — d, tronçon de moelle cervicale.
1 , faisceau pyramidal direct {en rouge), — 2, faisceau pyramidal croisé [en rouge). — 3, faisceau sensitif {en bleu). — 4, faisceau fondamental antérolatéral (en pom^i'/Zé noir). — 5, faisceau pyramidal. — 6, faisceau sensitif ou ruban de Reil. — 7, faisceau fondamental du bulbe . — 8, faisceau de Gowers {en bleu). — 9, faisceau cérébelleux direct {en jaune).
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
partiel Qi q\xQ les incitations motrices parties de Tun quelconque des deux hémisphères cérébraux se partagent, à l’extrémité inférieure du bulbe, en deux courants ; les unes, qui restent du côté où se trouve Thémisphère dont elles émanent et suivent le faisceau pyramidal direct; les autres, qui passent du côté opposé en suivant le faisceau pyramidal croisé.
Mais, comme les fibres du faisceau p^u’amidal direct s’entrecroisent, elles aussi, successivement, paquets par paquets, dans toute la hauteur de la moelle épinière, avec les fibres similaires du côté opposé (p. ÙdO). nous devons conclure : 1" qu’en définitive, toutes les fibres du faisceau pyramidal passent de gauche à droite et vice versa, avant de se terminer dans les cornes antérieures ; 2'^ que l’entrecroisement de ces fibres est réellement totaf et qu’en conséquence toutes les incitations volontaires, parties de l’un quelconque des hémisphères cérébraux, aboutissent aux masses musculaires du côté opposé. Les processus anatomo-pathologiques, qui intéresseront la continuité du faisceau pyramidal au-dessus du bulbe auront donc pour effet immédiat de déterminer une paralysie motrice du côté opposé à la lésion ou, plus simplement et pour emprunter le langage de la pathologie, une hémiplégie croisée.
ISous venons de voir que le faisceau pyramidal, en passant du bulbe dans la moelle, se divise en deux parties ; l une, beaucoup plus volumineuse, qui passe, après entrecroisement, dans le cordon latéral du côté opposé {faisceau pyramidal croisé) ; l'autre, toute petite, représentant environ le vingtième de la précédente, qui descend dans le cordon antérieur du côté correspondant^ (/'awcefa/ pyramidal direct). C'est là la disposition classique, c’est-à-dire celle qu’on rencontre le plus souvent. Mais cet entrecroisement des pyramides est sujet à des variations fort nombreuses, qu'il est important de connaître pour se rendre compte d'un certain nombre de faits d'ordre pathologique. Nous pouvons, à cet égard, admettre les quatre variétés suivantes :
Première variété. — il y a inversion de volume entre le faisceau croisé et le faisceau direct, celui-ci étant maintenant six, sept et même huit fois plus volumineux [que celui-là. Cette variabilité dans le développeuient respectif des deux faisceaux pyramidaux indue naturellement (PiEKRET) sur la conliguration extérieure de la moelle, qui prend, suivant les cas, la forme plate ou la forme ronde : la forme plate, quand le faisceau pyramidal direct est tout petit ou même absent; la l'ornie ronde, quand ce même faisceau direct se trouve grossi aux dépens du laisceau croisé.
Deuxième variété. — Les deux faisceaux pyramidaux s’entrecroisent en totalité au niveau du collet du bulbe : la moelle, dans ce cas, ne possède pas de faisceau direct.
Troisième variété. — Les deux faisceaux pyramidaux ne s’entrecroisent pas du tout : chacun d'eux occupe dans la moelle le même côté quj dans le bulbe et l’encépliale. Il n'existe pas, dans ce cas, de faisceau croisé.
Quatrième variété. — L’un des deux faisceaux pyramidaux se partageant comme à l’ordinaire en faisceau croisé et en faisceau direct, le deuxième passe en totalité dans le cordon latéral du côté opposé ; la moelle épinière, dans ce cas, ne possède qu’un seul faisceau pyramidal direct. Elle est naturellement alors asymétrique, comme le fait remarquer Charcot, et il importe d’être bien lixé sur l’origine de cette asymétrie pour ne pas s’exposer, le cas échéant, à la considérer comme pathologique. (.\u sujet des fibres homolatérales du faisceau pyramydal croisé, voy. dans le chapitre Y (§ Vj la Voie descendante ou motrice.)
2“ Faisceau de Goll et faisceau de Burdach, origine du ruban de Reil. — Le
cordon postérieur de la moelle, abstraction faite de ses fibres endogènes reliant les uns aux autres les étages successifs de la corne postérieure, renferme des fibres radiculaires, qui, comme leur nom l’indique, proviennent des racines sensitives des nerfs rachidiens. Ces fibres radiculaires sont de deux ordres : les unes, après un trajet relativement court dans le faisceau de Bardacb, se terminent dans la corne postérieure, ce sont des voies courtes; les autres, beaucoup plus étendues, remontent sans interruption jusqu’au bulbe, ce sont des voies longues, et nous savons, pour l’avoir déjà vu plus haut, qu’elles se disposent systématiquement d’une façon telle qu’elles sont d’autant plus internes qu’elles proviennent de plus bas fvoy. fig. 458,.
BULBE RACHIDIEN
Au niveau du collet du bulbe, les deux faisceaux de Goll et de Burdach sont formés, celui-là en totalité, celui-ci en majeure partie, par des fibres appartenant aux voies longues. Ces fibres constituent donc un faisceau compacte et volumineux, que nous appellerons faisceau sensitif postérieur de la moelle : sensitif, parce qu’il transporte aux centres les impressions recueillies à la périphérie ; postérieur, parce qu’il est situé dans le cordon postérieur de la moelle, contrairement à un autre faisceau sensitif, le faisceau de Gowers qui, lui, chemine dans le cordon antérolatéral.
Les fibres constitutives du faisceau sensitif postérieur de la moelle (ensemble des fibres radiculaires longues), arrivées à la partie moyenne du bulbe, y rencontrent deux masses de substance grise, de formation locale, que nous décrirons plus loin ; fune interne, située dans l’épaisseur du faisceau de Goll, c'est le noyau de Goll ou noyau grêle; l’autre, externe, occupant l’épaisseur du faisceau de Burdach, c’est le noyau de Burdach ou noyau cunéiforme. Nos fibres sensitives se terminent dans ces deux masses grises (fig. 490), et elles s’y terminent comme se terminent toutes les fibres sensitives dans leurs noyaux terminaux, je veux dire par des arborisations libres qui enlacent les cellules nerveuses du noyau. Les noyaux de • Goll et de Burdach deviennent ainsi les noyaux terminaux intra-bulbaires du faisceau sensitif postérieur.
Mais le faisceau sensitif ne finit pas là, il ne fait qu’y relayer.
En effet, des cellules nerveuses des noyaux précités partent de nouvelles fibres (fig. 490, 6,6’), qui physiologiquement continuent les précédentes et se rendent ensuite, les unes au cervelet, les autres (et ce sont, incomparablement les plus nombreuses) à l’écorce cérébrale. Ces fibres bulbo-cérébrales, véritables conducteurs sensitifs, forment par leur ensemble un faisceau compacte aussi volumineux qu’important ; c’est le ruban de Reil ou, plus exactement, la portion initiale du ruban de Reil, car nous verrons plus tard que, à ce faisceau issu des noyaux de Goll et de Burflach, viennent se joindre, pour former le ruban de Reil, d’autres fibres provenant des noyaux terminaux des nerfs sensitifs bulbo-protubérantiels. Si maintenant nous suivons dans leur trajet ascendant (fig. 491) les fibres constitutives du ruban de Reil, nous les voyons, peu après leur origine, se porter obliquement en avant et en dedans, en décrivant une courbe à concavité interne, atteindre la ligne médiane en avant du canal de i’épendyme, s’y entrecroiser avec leurs homologues du coté opposé et, se redressant alors, venir s’appliquer à la face profonde du faisceau pyramidal, pour gagner avec lui les hémisphères.
Le' faisceau sensitif postérieur de la moelle, abstraction faite de son interruption dans les noyaux de Goll et de Burdach, se comporte donc exactement, à la partie inférieure du bulbe^ comme le faisceau pyramidal croisé : celui de droite passe à
Fig. 490.
Terminaison supérieure des cordons postérieurs de la moelle.
1, sillon médian postérieur. — 2, faisceau de Goll. — 3, faisceau de Burdach. — 4, noyau de Goll. — O, novaude Burdach. — 6, 6’, fibres sensitives constituant le ruban de Reil '6”). — 7, leur entrecroisement dans le raphé. — 8, fibres cérébelleuses à trajet direct {en noir). — 9, fibres cérébelleuses à trajet croisé (en nob') .
584 ' SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
gauche et, vice versa, celui du côté gauche passe du côté droit. Dans sa nouvelle situation, il occupe la zone qui est placée immédiatement en arrière du faisceau
pyramidal ou faisceau moteur volontaire.
Il s’élève ainsi, en conservant la situation précitée, jusqu’à la hase du bulbe et passe alors dans la protubérance annulaire, où nous le retrouverons.
En s’entrecroisant ainsi sur la ligne médiane avec leurs homologues du côté opposé, les fibres motrices du faisceau pyramidal et les fibres sensitives du ruban de Reil contribuent à former ce qu’on appelle le raphé médian du bulbe. Mais à la constitution de ce raphé concourent encore d’autres fibres, notamment les fibres arciformes, que nous étudierons ultérieurement (voy. p. 599).
A quel niveau se fait exactement l'entrecroisemeiit sensitif? Sappey et Du val, en 1876 [C. R. Acad, des Sciences), ont établi que les faisceaux sensitifs ne commencent à s'entrecroiser que lors(]ue les faisceaux moteurs ont déjà etfectué leui' entrecj'oisement. Quelques années plus tard. Delove et GoxMbaul'I' [Arch. de Neurologie, 1881), ayant eu roccasion d’examiner le bulbe d’un sujet (|ui avait suc(mmbé à une sclérose latérale amyoti'opbiiiue, ont l’encontré des fibres sensitives restées saines au milieu de libres motrices dégénérées. Ils en ont conclu que les libres sensitives se mêlaient, en s’entrecroisant aux libres motrices et qu'en conséquence l’entrecroisement des deux faisceaux sensitif et moteur n’était pas successif, mais simultané. Cette observation mérite d’être enregisti'ée, mais il convient d'attendre de nouveaux faits pour se prononcer définitivement sur la valeur des conclusions qu'elle renferme. Il poui'rait se faire, en effet, que les prétendues libres sensitives, observées par Debove et Gombault au niilieu des libres dégénérées, fussent tout autre chose que des conducteurs sensitifs, des libres arciforiïies par exemple.
3° Faisceau fondamental ou faisceau-restant du cordon antéro -latéral. — Le
faisceau fondamental ou faisceau-restant du cordon antéro-latéral (fig. 489, 4) se compose de fibres longitudinales à court trajet (ce sont des voies courtes), qui relient les uns aux autres les étages successifs de la colonne grise centrale. Ces fibres, on le sait, naissent des cellules cordonales de la corne antérieure ou postérieure, passent dans la substance blanche, y suivent pendant quelque temps une direction longitudinale et, de nouveau, entrent dans la substance grise pour s’y terminer par des arborisations libres.
Les deux faisceaux fondamentaux antéro-latéraux, celui de droite et celui de gauche, suivent dans la moelle un trajet verticalement ascendant et sont par conséquent parallèles. En atteignant le collet du bulbe, ils s’écartent l’un et l’autre de la ligne médiane pour se portera la fois en dehors, en arrière et en haut (fig. 489, 4). Puis, ils s’infléchissent en dedans et s’accolent sur la ligne médiane, mais sans
Schéma montrant l’origine et l’entrecroisement (lu ruban de Reil.
A, coupe du bulbe i)assant par reiiLrecroisenienl sensitif. — B, coupe du bulbe passant par la partie inovenne de l’olive (la partie postérieure de la coupe a été enlevée).
1, sillon médian antérieur. — 1’, sillon médian postérieur. — 2, 2, faisceau pyramidal. — 3, tète de la corne postérieure. — 4, noyau de Goll. — 5, noyau de Burdach. — G, ruban de Reil, portion liorizontale — G’ sou entrecroisement sur la li^ne médiane. — G” sa portion ascendante. — 7, olive bulbaire. — 8, nerf grand hypoglosse.
BULBE RACHIDIEN
s’entrecroiser : celui de gauche reste du côté gauche, celui de droite reste du côté droit. Ce déplacement une fois effectué, les deux faisceaux fondamentaux, de superficiels qu’ils étaient, sont devenus profonds : ils sont situés maintenant immédiatement en arrière du ruban de Reil (fig. 489 et 492). Ils conservent cette situation, du reste, jusque dans la protubérance et dans le pédoncule cérébral.
En changeant ainsi de position et en s’écartant momentanément de la ligne médiane pour gagner de nouveau cette ligne , les deux faisceaux fondamentaux antéro- latéraux circonscrivent dans leur ensemble un espace elliptique, en forme de bout07inière : c’est dans cette boutonnière (fig. 489) que passent le faisceau pyramidal croisé et le ruban de Reil, pour se porter l’im et l’autre vers la ligne médiane et s’y entrecroiser, comme nous l’avons vu, avec leurs homologues du côté opposé.
Les fibres constitutives du faisceau fondamental antéro-latéral sont en rapport, les unes avec la motilité, les autres avec la sensibilité. Mais, quelle que soit leur signification physiologique, elles appartiennent toutes, comme nous l’avons dit plus haut, à la catégorie des voies comptes et, comme telles, rentrent dans la substance grise à un niveau qui est peu différent de celui où elles prennent origine. C’est dire que les fibres de provenance spinale se terminent dans la partie inférieure du bulbe. Et pourtant le faisceau en question, au lieu de s’épuiser, persiste dans toute la hauteur du bulbe et même de la protubérance. C’est que, au fur et à mesure qu’il perd ses fibres spinales, il en reçoit de nouvelles, morphologiquement identiques aux premières , qui émanent des noyaux gris du bulbe et relient ces noyaux bulbaires aux autres noyaux sus- ou sous-jacents.
Envisagées au point de vue de leur disposition, les fibres du faisceau fondamental bulbaire ne forment plus, comme dans la moelle, de colonnes compactes. La grande majorité d’entre elles se disposent en de tout petits fascicules, irrégulièrement disséminés dans ce que nous appellerons tout à l'heure la substance réticulaire. Un certain nombre d’entre elles, cependant, se groupent en un cordon . assez volumineux, qui chemine à gauche et à droite de la ligne médiane, un peu au-dessous du plancher ventriculaire : c’est la bandelette longitudinale postérieure {hinteres Langsbündel des anatomistes allemands) Nous ne faisons que mentionner ici cette bandelette postérieure. Nous la retrouverons à propos de la protubérance et nous verrons alors, d’une part qu’elle est en grande partie motrice, d’autre part qu’elle relie les uns aux autres les différents noyaux d’origine des nerfs bulbo-protubérantiels. De ce fait, elle acquiert la même signification que le faisceau fondamental du cordon antérieur et peut être considérée comme la continuation de ce dernier.
Fig. 492.
Les différents faisceaux de la moelle épinière, vus sur une coupe transversale du bulbe (schématisé d’après un dessin de Brghtekew).
1, noyau de l'hypoglosse. — 2, faisceau pyramidal. 3, ruban de Reil. — 4, formation réticnlure. — 5, noyau de Roller. — 6, noyau latéral. — 7, olive — 8, faisceau de Gowers. — 9, racine inférieure du tr'jumeau. — 10, faisceau cérébelleux direct. — 11, corps restiforme, faisant suite au faisceau de Burdacli, avec 11’ noyau de Burdacli. — 12, pyramide postérieure, faisant suite au faisceau de Goll, avec 12’ noyau de Goll. — 13, base des cornes postérieures. — 14, sillon mé dan antérieur. — t5,rai)hé, avec les fibres du faisceau fondamental antéro-latéral.
.4NATOiMIE HUMAINE. — T. II, 6® ÉDIT.
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
4° Faisceau de Gowers. — Le faisceau de Gowers comprend des fibres sensitives à long parcours (voies longues), qui se sont déjà entrecroisées, paquets par paquets, dans toute la hauteur de la commissure antérieure (p. 534). C’est le faisceau sensitif latéral delà moelle, par opposition au faisceau sensitif postérieur que nous avons décrit plus haut. Ce faisceau, continuant son trajet ascendant, gagne directement, je veux dire sans s’entrecroiser de nouveau, le faisceau latéral du bulbe. A la hauteur de la partie inférieure de l’olive, il rencontre un noyau, le noyau latéral du bulbe de Beghterew (voy. plus loin, p. 603), qui est une dépendance des cornes postérieures de la moelle. Après s’être interrompu, partiellement ou en totalité, entre les éléments cellulaires de ce noyau, le faisceau de Gowers se rapproche du ruban de Reil et se fusionne avec ce dernier, pour remonter ensuite avec lui jusqu’à Técorce cérébrale.
Le ruban de Reil, la fubion des deux faisceaux une fois effectuée, comprend maintenant toutes les libres sensitives d’origine spinale, et il est bon de faire remarquer que ces fibres sont toutes entrecroisées, mais à des niveaux différents : celles qui émanent des noyaux de Burdach et de Goll (portion initiale du ruban de Reil) s’entrecroisent en bloc à la partie inférieure du bulbe : celles qui proviennent du faisceau de Gowers se sont entrecroisées successivement, paquet par paquet, fibre par fibre, dans toute la hauteur de la moelle.
Il existe ainsi une analogie évidente entre le faisceau sensitif ou ruban de Reil et le faisceau moteur ou faisceau pyramidal. Ce dernier en effet comprend, comme le faisceau sensitif, deux ordres de fibres spinales : des libres qui proviennent du faisceau pyramidal latéral (faisceau .pyramidal croisé) et qui s’entrecroisent en bloc à la partie inférieure du bulbe ; des fibres qui proviennent du faisceau pyramidal antérieur (faisceau pyramidal direct ou faiscéau de Türck) et qui s’entrecroisent successivement dans toute la hauteur de la commissure antérieure de la moelle. En définitive, toutes les fibres, soit du faisceau pyramidal, soit du ruban de Reil, sont des fibres croisées.
Il s’en faut de beaucoup que la description qui précède du mode de terminaison du faisceau de Gowers soit admise par tous les auteurs.
Van Gehuchten, à la suite de nombreuses recherches expérimentales sur le chien et le lapin, lui assigne un trajet tout dilïérent. Pour lui, le faisceau de Gowers, arrivé dans la protubérance, s’incline en arrière, en passant au-dessus des fibi-es radiculaires du nerf de la cinquième paire, longe la face e.xterne du pédoncule cérébelleux supérieur, puis se recourbe en dedans, pénètre dans la valvule de Vieussens et, finalement, gagne l’e.Ktrémité antérieure du vermis supérieur. Tout le faisceau, cependant, ne suit pas cette voie. Un certain nombre de fibres, au lieu de remonter vers le pédoncule cérébelleux supérieur, se jettent dans le pédoncule cérébelleux moyen et, par cette autre voie, aboutissent à l’écorce cérébelleuse. Le cervelet serait, en définitive, l’aboutissant de toutes les fibres constitutives du faisceau de Gowers.
Il ne faut pas oublier, toutefois, que Thomas, chez le chat, a vu des fibres se terminer dans le tubercule quadrijumeau supérieur, que Walembekg chez le lapin a vu des fibres se rendre aux tubercules quadrijumeaux supérieurs et inférieurs, que Morx chez le singe a pu poursuivre des fibres jusque dans la couche optique. Ces fibres à destinée cérébrale (couche optique) ont été signalées par beaucoup d’autres auteurs, notamment par Amabilino (1900), par Bianchini (1900), par Henneberg (1901), par Collier et Büzard (1903).
Cette simple énumération nous indique nettem-mt que l’accord n’est pas encore fait sur le trajet supérieur du faisceau de Gowers, autrement dit sur les relations de ses fibres constitutives avec l’isthme, le cervelet et le cerveau.
5° Faisceau cérébelleux direct. — Comme le faisceau de Gowers, le faisceau cérébelleux direct ne subit, dans le bulbe, aucun entrecroisement. En quittant la moelle ,(fig. 493,2), il s’infléchit en arrière, croise obliquement la ligne d’insertion du nerf spinal, se jette sur le corps restiforme et gagne avec lui le cervelet : il se termine probablement dans la partie dorsale du vermis supérieur.
BULBE RACHIDIEN
Mais toutes les fibres du faisceau voie. Un certain nombre d’entre elles protubérance, en même temps que le faisceau de Gowers (fig. 493, 3) et suivent momentanément le même trajet que les faisceaux sensitifs du ruban deReil. Arrivées au-dessous des tubercules quadrijumeaux postérieurs, elles se séparent de ce ruban de Reil, contournent d’avant en arrière et de dehors en dedans le pédoncule cérébelleux supérieur et disparaissent alors dans la valvule de Vieussens. Là, elles s’entrecroisent sur la ligne médiane avec leurs homologues du côté opposé et aboutissent, finalement, à la partie antérieure ou ventrale du vermis supérieur.
Toutes les fibres constitutives du faisceau cérébelleux direct, qu’elles suivent la voie du pédoncule cérébelleux inférieur ou celle de la protubérance annulaire, se terminent donc dans la même région du cervelet, la région du vermis supérieur. 11 y a, cependant, une différence importante dans le trajet de ces deux ordres de fibres, c’est que les premières sont d: de Monakow) sont croisées.
cérébelleux direct ne suivent pas cette (Monakow, Lôwenthal) pénètrent dans la
Fig. 493.
Figure schématique montrant le mode de terminaison du faisceau cérébelleux direct.
a, cervelet. — b, tubercules quadrijumeaux postérieurs. — c, pédoncule cérébral. — d, protubérance annulaire. — e, bulbe rachidien.
1, faisceau cérébelleux direct (en bleu), avec : 2, son faisceau postérieur ou dorsal, allant directement au cervelet ; 3, son faiscau antérieur ou ventral, passant sous la protubérance. — 4, partie latérale du ruban de Reil, avec ; 4’, ses fibres (continuation des fibres 3) se rendant à la valvule de Vieussens ; 4”, ses fibres (faisceau acoustique) se dirigeant vers les tubercules quadrijumeaux. — 5, vermis supérieur.
., tandis que les secondes {faisceau
Le faisceau cérébelleux direct et le faisceau de Gowers présentent au bulbe les mêmes rapports respectifs qu’à la moelle épinière ; le faisceau cérébelleux direct est en arrière ; le faisceau de Gowers, en avant. A la partie tout inférieure du bulbe, ces deux faisceaux sont encore contigus et, pour ainsi dire, confondus l’un avec l’autre. Mais, au fur et à mesure qu’ils s'élèvent, ils se
Coupes transversales du bulbe rachidien d’un singe, sur lequel on avait pratiqué une hémisection de la moelle entre la 7e et la 8® cervicales (d’après Tooth).
1, faisceau de Gowers. — 2, faisceau cérébelleux direct. — (On voit que ces deux faisceaux encore contigus dans la coupe A, passant par la partie inférieure du bulbe, tendent à se séparer dans la coupe B. qui passe plus haut, et sont entièrement séparés l’un de l’autre dans la coupe C, qui est pratiquée au niveau du quatrième ventricule].
séparent, comme le démontrent nettement les recherches expérimentales de Tooth sur le singe (fig. 494) ; tandis que le faisceau cérébelleux direct se trouve en regard du bord e.xterne du quatrième ventricule, le faisceau de Gowers, beaucoup plus antérieur, est placé immédiatement en arrière de l’olive. Tooth a encore observé cette séparation des deux faisceaux en question sur le
588 SYSTEME NERVEUX CENTRAL
bulbe de l’homme, dans un cas d’écrasement de la moelle s’étant produit entre la huitième cervicale et la première dorsale.
6° Résumé. — En résumé, des sept faisceaux, constitutifs de la moelle épinière, un seul, en passant de la moelle dans le bulbe, s’entrecroise sur la ligne médiane avec le faisceau homonyme du côté opposé : c’est \q faisceau pyramidal croisé. Tous les autres, le faisceau pyramidal direct, le faisceau cérébelleux direct, le faisceau de Goioers, le faisceau fondamental antéro-latéral, le faisceau de Bur-
dach et le faisceau de Goll ne changent nullement de côté. Il convient d’ajouter, cependant, que ces deux derniers faisceaux, les faisceaux de Burdach et de Goll, qui se terminent dans les noyaux postérieurs du bulbe (noyaux de Burdach et de Goll), renaissent pour ainsi dire au delà de ces noyaux pour constituer le ruban de Reil, lequel ruban de Reil, presque immédiatement après son origine, s’entrecroise sur la ligne médiane avec celui du côté opposé.
Il existe donc, dans la partie inférieure du bulbe, deux entrecroisements superposés : 1° un entrecroisement inférieur, entrecroisement moteur, formé par les fibres du faisceau pyramidal croisé (Pyramidenkreuzung des anatomistes allemands) ; 2° un entrecroisement supérieur, entrecroisement sensitif, situé immédiatement au-dessus du précédent, formé par les fibres du ruban de Reil (Schleifenkreuzung des anatomistes allemands).
Il découle encore des lignes qui précèdent que, dans la région du bulbe occupée par les pyramides antérieures, depuis ces pyramides jusqu’au voisinage du plancher du quatrième ventricule, se disposent à droite et à gauche (fig. 489) trois plans successifs de fibres longitudinales, dont l’origine et la valeur anatomo-physiologiques se trouvent résumées dans le tableau suivant :
Fig. 49.5.
Les dilféreiits faisceaii.x; de la moelle épinière, vus sur une coupe transversale du bulbe (schématisé d'après un dessin de Bechtehew).
1, noyau de l’hypoglosse. — 2, faisceau pyramidal.
— 3, ruban de Reil. — 4, formation réticulaire. — 5, noyau de Roller. — 6, noyau latéral. — 7, olive.
— 8, faisceau de Gowers. — 0, racine inférieure du trijumeau. — 10, faisceau cérébelleux direct. — 11, corps restiforme, faisant suite au faisceau de Burdach, avec 11’, noyau de Burdach. — 12, pyramide postérieure, faisant suite au faisceau de Goll, avec i2’ noyau de Goll. — 13, base des cornes postérieures. — 14, sillon médian antérieur. — 15, raphé. avec les fibres du faisceau fondamental aiUéro-laléral.
1“ Plan superficiel.
2® Plan moyen.
3® Plan profond
Faisceau moteur volontaire, formé par.
Faisceau sensitif, formé par.
Faisceau d’association, formé par .
I faisceau pyramidal direct de la moelle du côté , correspondant et faisceau pyramidal croisé du côté opposé.
ruban de Reil du côté opposé (continuation des faisceaux de Goll et de Burdach) et faisceau de Gowers du côté correspondant.
faisceau fondamental antéro-latéral du coté correspondant, grossi de fibres homologues d’origine bulbaire.
B. — Parties grises transmises au bulbe par la moelle
La substance grise de la moelle se prolonge aussi dans le bulbe. Mais, comme la substance blanche, elle subit, dans ce passage, des transformations tellement
BULBE BAGHIDIEN
profondes, qu’il est tout à fait impossible de la retrouver et de la reconnaître d’emblée sur une coupe transversale passant par la partie supérieure du bulbe ou seulement par sa partie moyenne. Il faut, pour cela, examiner méthodiquement une série de coupes sériées, pratiquées de bas en haut, et assister pour ainsi dire à chacune des phases de ces transformations. On arrive alors à reconnaître assez facilement, dans les différentes régions du bulbe, ce qui se rapporte aux cornes antérieures et aux cornes postérieures.
Les conditions anatomiques nouvelles, les éléments perturbateurs (qu’on me permette cette expression) qui viennent ainsi bouleverser la colonne grise centrale de la moelle, peuvent être ramenés à quatre, savoir :
1° V entrecroisement du faisceau pyramidal croisé ;
2° V entrecroisement des fibres sensitives du ruban de Reil ;
3° La formation du quatrième ventricule ;
4° L' apparition des fibres arciformes.
1° Action de l’entrecroisement moteur : décapitation des cornes antérieures. —
L’entrecroisement du faisceau pyramidal croisé ou entrecroisement moteur midalkreuzung des anatomistes allemands) a pour résultat de diviser la corne antérieure, jusqu’ici compacte, en deux parties distinctes. Voici comment s’opère
Fig. 496. Fig. 497.
Fig. 496. — Coupe du bulbe rachidien à la partie inférieure de rentrecroisenient des pyramides.
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur avec, à droite et à gauche de ce sillon, les fibres d’origine du ruban de Red faisant suite aux noyaux de Goll et de Burdach. — 3, cornes antérieures [en rouge), avec 3’, racines antérieures. — 4, cornes postérieures {en bleu), avee 4’, racines postérieures. — 5, faisceau pyramidal croisé, avec 5’, ses faisceaux les plus internes s’inclinant vers la corne antérieure, , qu’ils se disposent à franchir et à décapiter. — 6, faisceau de Burdach.
(La flèche rouge aa’ indique le trajet que suivent les fibres du faisceau pyramidal croisé au niveau de l’entrecroisement des pyramides ; la flèche bleue bb' indique, de même, le trajet que suivent les fibres sensitives.)
Fig. 497. — Coupe du bulbe rachidien au niveau de l’entrecroisement des pyramides, partie
motrice (d’après Mathias Duval).
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur. — 3, racines mol rices. — 4, racines sensitives. — 5, base des cornes antérieures, dont la tête (5’) a été détachée par le passage du faisceau pyramidal croisé. — 6, entrecroisement des deux faisceaux pyramidaux croisés, allant former îes pyramides antérieures. — 7, cornes postérieures {en bleu). — 8, noyaux de Burdach ou postpyramidaux.
cette division. Le faisceau pyramidal croisé est situé, dans la moelle (voy. fig. 442, 2), à la partie postérieure du cordon antéro-latéral ; d’autre part, il doit occuper, après entrecroisement (fig. 489,2), la pyramide bulbaire du côté opposé. Pour effectuer le trajet de sa position initiale a à sa position nouvelle a' (fig. 496), le faisceau en question traverse en plein les cornes antérieures : il sépare ainsi la tête de la base ; autrement dit, \\ décapite les cornes antérieures, expression qui est aujourd’hui classique. Or, les deux parties, ainsi séparées, ne se réuniront pas à nouveau, même quand le faisceau pyramidal croisé aura terminé son entrecroise-
ment, c’est-à-dire aura passé tout entier du cordon latéral dans le cordon antérieur du côté opposé. Il en résulte que chacune des cornes antérieures nous apparaîtra désormais sous la forme de deux noyaux ou bien de deux colonnes, suivant qu’on les considère en coupe ou en hauteur (fig. 497) : un noyau postérieur (5), représentant la bme; un noyau antérieur (5’), représentant la tête.
2° Action de l’entrecroisement sensitif : décapitation des cornes postérieures. —
L’entrecroisement du ruban de Reil (Schleife des anatomistes allemands) ou entrecroisement sensitif {Schleifenkreuzung des anatomistes allemands) a exactement, sur la corne postérieure, la même action que l’entrecroisement moteur sur la corne antérieure. Le ruban de Reil (fig. 496), au sortir des noyaux de Burdach et de Goll, où il prend naissance, se trouve situé en arrière des cornes postérieures au point b. Or, pour aller de ce point b au point b’ , qu’il devra occuper après son entrecroisement sur la ligne médiane, il est obligé de traverser d’arrière en avant le col des cornes postérieures suivant la flèche indicatrice de la figure 496 : il les décapite et les décompose, comme cela a été fait pour les cornes antérieures, en deux parties : une externe (5), représentant la tête\ une interne (6’), représentant la base. Ici, encore, les deux parties ne se rejoindront pas, de telle sorte que, sur toutes les coupes transversales du bulbe passant au-dessus de l’entrecroisement sensitif, la corne postérieure nous apparaîtra sous la forme de deux noyaux ou colonnes, qui seront la continuation, l’une de la tête, l’autre de la base.
3^ Action de la formation ventriculaire : déplacement latéral des deux colonnes sensitives. — Nous venons de voir que le déplacement du faisceau pyramidal croisé et du ruban de Reil avait pour résultat de diviser chacune des cornes de la moelle en deux parties. Ces parties conservent pendant quelque temps encore leur situation respective. Mais la formation du quatrième ventricule, qui n’est, comme nous l’avons dit plus haut (p. 575) que l’agrandissement et l’étalement en surface du canal de l’épendyme, vient bientôt modifier cette situation.
La tête de la corne antérieure, qui, dans la moelle, est située en avant et en dehors du canal épendymaire, conserve ses rapports avec la ligne médiane : elle s’étale sur le plancher du quatrième ventricule, immédiatement en dehors de la tige du calamus. Sa tête, naturellement plus profonde, se trouve rejetée en avant et un peu en dehors.
En ce qui concerne la corne postérieure, sa base qui, au niveau de la moelle, est placée en arrière du canal de l’épendyme, se renverse en dehors et en avant (fig. 499, c), lorsque ce dernier commence à s’ouvrir et que les cordons postérieurs s’écartent de la ligne médiane pour venir occuper une position latérale : tout en restant à découvert sur le plancher du quatrième ventricule, elle vient se placer immédiatement en dehors de la base des cornes antérieures et sur le même plan
Coupe transversale passant par l'entrecroisement sensitif (schématique).
1, sillon médian antérieur. — 2, sillon médian postérieur. — 3, et 3’ tête et base de la corne antérieure (en rouge). — 4, ^rand hypoglosse. — 5 et 5’ tête et base de la corne postérieure. — 6, noyau de Goll. — 7, noyau de Burdacb. — 8, 8, ruban de Reil ou faisceau sensitif. — 9, entrecroisement sensitif. — 10, faisceau pyramidal.
BULBE RACHIDIEN
qu’elles. Quant à sa tête, suivant elle aussi le mouvement général par lequel les parties postérieures du bulbe se portent en dehors et en avant, elle se déjette vers les parties latérales du bulbe : c’est elle qui, sous le nom de tubercule cendré de
Fig. 499.
Schéma représentant les modifications que subit la colonne grise centrale en passant de la
moelle dans le bulbe.
A, la colonne grise au-dessous de l’entrecroisement des pyramides. — B, décapitation des cornes antérieures et des cornes postérieures (d’où quatre colonnes grises). — C, les cordons postérieurs et les deux colonnes sensitives se déjettent en dehors au moment où le canal de l’épendyme va s’élargir et s’étaler pour former le quatrième ventricule. — D, la situation nouvelle qu’occupent les quatre colonnes grises, lorsque la formation ventriculaire est complètement effectuée.
1. base des cornes antérieures. — 2, tête des cornes antérieures. — 3, base des cornes postérieures. — 4, tète des cornes postérieures.
(La teinte rouge représente les colonnes motrices ; la teinte bleue, les colonnes sensitives).
Rolando (p. 578), vient faire hernie pour ainsi dire sur la partie externe du corps restiforme, un peu au-dessous et en arrière de l’olive.
Action des fibres arciformes : fragmentation des colonnes sensitives et motrices en tronçons superposés; formation des noyaux d’origine des nerfs crâniens. — Chaque moitié du hulbe nous présente donc maintenant, au lieu et place de la colonne grise centrale que possède la moelle, quatre colonnes distinctes, deux motrices et deux sensitives, suivant chacune, sur le point que nous venons d’indiquer, un trajet vertical et parallèle (fig. 500) ; les deux colonnes dérivées de la base des cornes sont superficiellement placées, nous avons dit pourquoi, sur le plancher ventriculaire ; les deux colonnes représentant la tête, sont situées en avant des précédentes dans l’épaisseur du névraxe. Alors entrent en scène les fibres arciformes (voy. plus loin, p. 599), lesquelles descendent en groupes serrés du corps restiforme, en se portant vers l’olive et de là vers la ligne médiane. Ces fibres ne se contentent pas de passer à côté des colonnes en question : elles les traversent, les interrompent dans leur continuité et les divisent ainsi en un certain nombre de tronçons régulièrement superposés dans le sens vertical (fig. 500). Ces différents tronçons, indépendants les uns des autres, deviennent autant de noyaux de substance grise, où la plupart des nerfs crâniens trouvent leur origine ou leur terminaison, et chacun de ces noyaux en raison même de sa situation, peut toujours être rattaché morphologiquement, comme nous le montre nettement la figure ci-dessus, à l’une des quatre colonnes précitées, c’est-à-dire : à la tête ou à la base des cornes antérieures, s’ils sont moteurs ; à la tête ou à la base des cornes postérieures, s’ils sont sensitifs :
a. Noyaux dérivés de la base de la corne antérieure . — C’est ainsi que la base de la corne antérieure {colonne motrice postérieure) forme, sur le plancher du quatrième ventricule et de chaque côté de la ligne médiane (fig. 501, en rouge plein) : le noyau de l’hypoglosse d’abord (aile blanche interne), puis le noyau du moteur oculaire externe (eminentia teres). Plus haut, au delà des limites du qua-
trième ventricule et un peu au-dessous de l’aqueduc de Sylvius, elle forme un nouveau noyau, d’où émergent à la fois, à la partie postérieure, le pathétique, à la partie antérieure, le moteur oculaire commun.
b. Noyaux dérivés de la tête de la corne antérieure . — La tête de la corne antérieure {colonne motrice antérieure) constitue tout d’abord (fig. 501, en rouge quadrillé) le noyau ambigu {nucléus ambiguus ou noyau antéro-latéral de Stil-
^ ling), colonne mince et
allongée, où prennent successivement naissance, le spinal d’abord, puis les fibres motrices des deux nerfs mixtes pneumogastrique et glosso-pharyngien ; cette même colonne forme, par ses parties les plus internes, un noyau accessoire pour l'hypoglosse (Duval), le plus souvent fragmenté par le passage des fibres arciformes. Audessus du noyau ambigu, mais dans la même direction, la tête des cornes antérieures forme deux autres noyaux : le premier, noyau du facial, répond au plan de séparation du bulbe et de la protubérance ; le second, noyau masticateur, est situé en pleine protubérance, un peu en arrière du point d’émergence du trijumeau.
c. Noyaux dérivés de la base de la corne postérieure. — La base de la corne postérieure {colonne sensitive posté rieure) forme tout d’a-
Fig. 500.
Les noyaux bulbo-protubérantiels, vus en long, avec leur correspondance avec les formations grises homologues de la moelle épinière.
Les noyaux teintés en rouge dérivent de la corne antérieure et sont moteurs. Les noyaux teintés en bleu proviennent de la corne postérieure et sont sensitifs. Ceux figurés en lemte 'oncée représentent la base des cornes, soit antérieures, soit postérieures, et sont supeidicieileinent placés sur le plancher du quatrième ventricule. Ceux figurés en teinte p/ws cZ«fre, représentent les têtes et sont profondément placés au-dessOus du plancher ventriculaire dans l’épaisseur môme du bulbe ; ils ne sont visibles que sur les coupes Ivoy . fig. 499).
bord (fig. 502, en bleu plein) l’aile grise et l’aile blanche externe du quatrième ventricule, véritables noyaux sensitifs où viennent se terminer : 1° dans l’aile grise et successivement, en allant de bas en haut, les filets sensitifs du pneumogastriq'ue (nerf mixte; , les filets sensitifs du glosso- pharyngien (autre nerf mixte) et l’intermédiaire de Wrisberg fnerf sensitif; ; 2° dans l’aile blanche externe, la racine vestibulaire de l’auditif. En avant et en dehors de l’aile blanche externe
BULBE RACHIDIEN
la colonne grise postérieure forme encore le tubercule acoustique (voy. quatrième ventricule) où aboutit la racine cochléaire de l’auditif.
Plus haut, à la partie supérieure du ventricule, elle se termine en formant une nappe grisâtre, le locus cœruleus,o\x aboutissent peut-être (nous y reviendrons plus
Schéma des noyaux d’origine des nerfs bulboprotubérantiels [noyaux moteurs).
(Les noyaux teintés en rouge plein dérivent delà base des cornes antérieures ; les noyaux figurés en rouge quo.drillé, de la tête de ces mêmes cornes.)
111, nerf moteur oculaire commun. — IV, nerf pathétique. — Vm, petite racine du trijumeau ou nerf masticateur. — VI, noyau du moteur oculaire externe (eminentia teres). — Vil, noyau du facial. — IX, X, noyaux moteurs des deux nerfs mixtes glosso-pharyngien et pneumo-gas trique. — XI, nerf spinal. — Xll, nerf grand hypoglosse, (noyau principal; son noyau accessoire n’est pas représenté).
Schéma des noyaux d’origine des nerfs hulboproLubérantiels [noyaux sensitifs).
(Les noyaux teintés en bleu plein dérivent de la base des cornes postérieures ; les noyaux figurés en teinte quadrillée, de la tête de ces mêmes cornes.)
V, racine postérieure ou ventriculaire du trijumeau [locus cœruleus). — V’ racine inférieure ou bulbaire de ce même nerf. — VIII. nerf auditif (sa branche vestibulaire; le noyau où aboutit la branche cochléaire, tubercule acoustique., n’est pas représenté). — IX, X, noyaux sensitifs des deux nerfs mixtes glosso-pharyngien et pneumogastrique (à sa partie toute supérieure, l’aile grise donne naissance à l’intermédiaire).
tard à propos des origines et terminaisons réelles des nerfs crâniens) un certain nombre de faisceaux radiculaires du trijumeau.
d. Noyaux déricés de la tête de la corne postérieure. — Quant à la tête de cette même corne postérieure {colonne sensitive antérieure) , elle constitue une longue colonne (fig. 502, en bleu quadrillé), qui s’étend depuis l’entrecroisement du faisceau sensitif jusque dans la protubérance. Sur le côté externe de cette colonne, naissent successivement un grand nombre de fibres nerveuses, qui remontent avec elle jusque dans la partie moyenne de la protubérance, puis s’infléchissent en avant et en dehors pour se jeter dans le trijumeau. L’ensemble de ces fibres constitue l’une des plus importantes racines de ce nerf, sa racine inférieure ou bulbaire.
Examinons maintenant les parties propres au bulbe.