‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 11 sur 166 · VENTRICULE DROIT · texte numérisé non relu

VENTRICULE DROIT

1“ Silaation.

Situé à gauche; n’oecupe qu’une faible partie de la face antérieure du cœur; descend un peu plus bas que le droit.

Situé à droite; occupe la plus grande partie de la face antérieure du cœur; descend un peu moins bas que le gauche.

2® Direction.

Presque parallèle à l’axe médian.

Fortement incliné sur l’axe médian.

3® Forme.

Conoïde à base supérieure.

Prismatique triangulaire à base supérieure.

4® Épaisseur.

Parois beaucoup plus épaisses (= 15 mill. ) : : 3 : 1.

Parois beaucoup moins épaisses (= 5 mill.) : ; 1 : 3.

5® Orifice auriculoventriculaire .

Un peu moins grand que le droit (= 11Ü mill. de circonférence).

Un peu plus grand que le gauche (= 72 mill. de circonférence.

6® Valvule auriculoventriculaire .

Plus épaisse; n’a que deux valves (bicuspide ou rnitrale).

Moins épaisse ; présente trois valves {tricuspide ou triglochine).

7® Orifice artériel.

Un peu moins grand que le droit (= 70 mill. de circonférence).

Un peu plus grand que le gauche {zzz 72 mill. de circonférence).

8® Valvules sigmoides.

Un peu plus épaisses ; se distinguent en une postérieure et deux anterieures.

Un peu moins épaisses : se ditinguent en une antérieure et deux postérieures.

9® Capacité.

Plus petite (— 176 c. c.).

Plus grande (= 190 c. c.).

10® Piliers.

N’en possède que deux, l’un antérieur, l’autre postérieur.

En possède quatre ou cinq, disséminés sur ses trois parois.

Il® Rapports respectifs de Vorifice artériel avec Vorifice auriculo-ventriculaire.

Les deux orifices auriculo-ventriculaire et aortique, sont situés sur le même plan horizontal.

L’orifice pulmonaire est placé un peu au-dessus de l'orilice auriculo-ventriculaire.

E.— Cloison interventriculaire

La cloison interventriculaire, qui forme à la fois la paroi interne du ventricule gauche et la paroi interne du ventricule droit, a naturellement la forme d’une lame triangulaire dont la base répond aux oreillettes et le sommet à la pointe du

ANGÉIOLOGIE

cœur. Elle est, le cœur étant en place, orientée d’une façon telle que sa face gauche regarde en bas et en arrière ; par contre, sa face droite regarde en haut et en avant. Nous avons déjà vu, en étudiant les ventricules, qu’elle est fortement convexe du

coté du ventricule droit, fortement concave, au contraire, du côté du ventricule gauche.

L’épaisseur de la cloison interventriculaire est considérable, mais elle n’est pas uniforme. Si on examine cette cloison sur une coupe vertico-transversale passant par sa partie moyenne (fig. 23), on constate tout d’abord qu’elle présente son maximum d’épaisseur à son extrémité inférieure : elle mesure, à ce niveau, de 10 à 15 millimètres ; elle s’atténue graduellement au fur et à mesure qu’elle s’élève et se termine, tout en haut, au moment de se continuer avec la cloison interauriculaire, par une partie extrêmement mince et plus ou moins transparente, qui présente à peine 1 millimètre et demi à 2 millimètres d’épaisseur, quelquefois beaucoup moins. Elle se compose donc de deux portions très dissemblables : une portion inférieure (6), épaisse et musculeuse (pars musciilosa des anatomistes allemands), qui représente la presque totalité de la cloison; une portion mince et membraneuse (pars membranacea des anatomistes allemands), toute petite (7), qui constitue sa partie supérieure. Cette dernière portion est dépourvue de tibrcs musculaires : elle est formée par une simple lame de tissu conjonctif, tapissée à droite et à gauche par l’endocarde correspondant. C’est le undefended space des auteurs anglais.

La portion membraneuse de la cloison interventriculaire (fig. 24,6’) est située immédiatement au-dessous des sigmoïdes aortiques, tantôt sous la valvule postérieure, tantôt et le plus souvent entre la valvule postérieure et la valvule droite. Sa forme varie beaucoup suivant les sujets : elle est, dans la plupart des cas, arrondie ou ovalaire à grand axe antéro-postérieur. Je l’ai vue, plusieurs fois, revêtir la forme d’un triangle, dont la base, dirigée en bas, se continuait avec la portion musculeuse de la cloison et dont le sommet, dirigé en haut, répondait à l’angle d’écartement des deux valvules précitées. Ouant à ses dimensions, elles sont aussi très variables : elle mesure en moyenne iO ou 12 millimètres de largeur, sur 6 ou 8 millimètres de hauteur; soit, en surface, 60 à 90 millimètres carrés. Sa face droite est lisse et unie : sur elle s’attache, h sa partie antérieure, la valve interne de la tricuspide. Sa face gauche, également unie et lisse, répond à une dépression plus ou moins prononcée, mais constante, de la paroi ventriculaire : on pourrait l’appeler la facette sous-sigmoïdale du ventricule gauche.

Fig. 2;'..

La cloison interventriculaire vue .sur une coupe vertico-transversale ou frontale passant par l'orifice aorti([ue (segment postérieur de la coupe).

1. ventriciiie gauche. — i’, veiilriciile droit. — 3, oreillelle droi'e. — 4, aorte, avec 4’, sa valvide postérieure. — 5, artère pulmonaire. — ts eloison interventriculaire, portion musculeuse, avec 7, sa portion membraneuse (on voit (pi'unc llcclie traversant tiorizontalement cette portion membraneuse va du ventricule gauclie dans l'oreillette droite). — 8, valve interne de la tricus[)ide. — 9, valve interne de la mitrale. — 10, canal aortique.

COEUR

Du côté du ventricule gauche (fig. 24), la portion membraneuse de la cloison est

tout entière située sur la paroi interne de ce du côté opposé : là, sa partie inférieure seulement répond au ventricule droit et elle, est placée, comme nous le montre nettement la figure 23, au-dessous de la valve interne de la tricuspide ; sa partie supérieure (par suite de ce fait que le ventricule droit est un peu plus court que le ventricule gauche) répond, non pas à la cavité ventriculaire, mais à l’oreillette située au-dessus. Il en résulte que si, à ce niveau, on enfonce une aiguille dans la partie la plus inférieure de l’oreillette droite et si on lui fait suivre de droite à gauche un trajet horizontal (voy. la flèche de la figure 23), cette aiguille pénètre, non pas dans l’oreillette gauche, mais bien dans le ventricule sous-jacent, dans la portion de ce ventricule qui se trouve immédiatement en dedans de la valvule

ventricule. Mais il n’en est pas de même

Fig. 24.

Pars membranacea de la cloison interventriculaire, vue de face par le ventricule gauche.

1, ventricule gauche. — 2. aorte, avec : 3, sa valvule postérieure ; 4, sa valvule uroile ; 5, sa valvule gauche. — (3, cloison interventriculaire, avec 0’, sa portion membraneuse. — 7, valve interne de la miirale. — 8, artère pulmonaire. — 9, artère coronaire droite. — 10, artère coi’onaire gauche.

mitrolp ligne pointillée qui se trouve au-desous de la

^ ^ valvule sigmoïde postérieure indique la ligne d’insertion,

dans le ventricule opposé, de la valve interne dé la Einbryologiquement (voy. Embryologie).\‘à cloi- tricuspide.) son interventriculaire de ra'dulle dérive de deux;

formations bien dilTérentes : le septum inferius de Ilis et le septum aorticum. Le septum inferius ou cloison interventriculaire priniilive apparaît sur la partie inférieure et postérieure des parois ventriculaires et. de là, se porte en haut vers le bulbe aortique ; elle est complètement achevée au début de la huitième semaine. Le septum aorticum ou cloison du bulbe aortique, qui divise en deu.v parties [aorte et artère pulmonaire) la cavité artérielle primitive, débute à la partie supérieure du bulbe aortique : de là, il progresse de haut en bas, marchant à la rencontre de la cloison interventriculaire ; il atteint celte dernière cloison et, en se fusionnant avec elle, il intercepte toute communication entre le ventricule droit et le ventricule gauche. De ces deu.v cloisons, l’une ascendante, l'autre descendante, la première est représentée, sur le cceur de l’adulte, par la portion musculeuse de la cloison interventriculaire ; la seconde forme la portion membraneuse de cette mênie cloison. Un peu avant la soudure de la cloison interventriculaire primitive avec la cloison aortique, les deux ventricules communiquent encore, à leur partie toute supérieure, à l’aide d’un ])Clit orifice, que l’on désigne ordinairement sous le nom de pertuis ou foramen de Panizza. Le trou de Panizza persiste durant toute la vie chez un grand nombre de reptiles, notamment chez les Grocodiliens. On le rencontre parfois chez l’homme à l’état d’anomalie et il occupe naturellement la partie inférieure de la portion membraneuse de la cloison interventriculaire, le point où cette portion membraneuse vient s’unir à la portion musculeuse. Du reste, l'ouverture anormale, < st tantôt triangulaire, tantôt arrondie ou ovalaire Elle est le plus souvent unique : mais on rencontre parfois, à côté d’un orifice principal, un ou deux orifices accessoires.

§ II. — Oreillettes

Les oreilletles nous présente, comme les ventricules, des caractères communs et des caractères particuliers :

A. — Caractères communs aux deux oreillettes

Les oreillettes surmontent les ventricules. Comparées à ces derniers, elles en diffèrent tout d’abord par leur capacité, qui est moindre, par la minceur relative de leurs parois et par l’absence des colonnes charnues du premier ordre.

ANGEIOLOGIE

Elles en diffèrent ensuite par le nombre plus considérable d’orifices qui s’ouvrent dans leur cavité. Ces orifices sont de deux ordres : l’un, orifice auriculo-ventriculaire, fait communiquer l’oreillette avec le ventricule sous-jacent, il a été déjà décrit à propos des ventricules ; les autres, orifices veineux, répondent à l’abouchement, dans la cavité auriculaire, d’un certain nombre de canaux veineux, dont la disposition, comme le nombre, varie pour chacune des deux oreillettes.

Au point de vue de leur forme, les oreillettes sont fort irrégulières et, de ce fait, sont difficilement comparables à un volume géométrique quelconque. On peut, cependant, les considérer comme étant cuboïdes et leur considérer par conséquent six parois ou faces. Nous ajouterons que chacune des oreillettes présente, à sa partie antéro-externe, une sorte de prolongement ou diverticulum qui répond à l’auricule.

B. — Caracïèrks particuliers a l’oreillette droite

De forme irrégulièrement cuboïde, comme nous venons de le voir, l’oreillette droite nous offre à considérer six parois que nous distinguerons, d’après leur situation, en inférieure, supérieure, antérieure, postérieure, externe et interne. De ces six parois, disons-le tout de suite, l’antérieure et l’externe possèdent un grand nombre de colonnes charnues, qui leur donnent un aspect plus ou moins réticulé. Les autres parois sont unies et lisses. Examinons-les séparément :

1° Paroi inférieure. — La paroi inférieure (fig. 28j répond au ventricule sousjacent; nous y trouvons l’orifice auriculo-ventriculaire droit, avec sa valvule tricuspide (voy. Ventricule droit).

2° Paroi supérieure. — La paroi supérieure nous présente l’embouchure de la veine cave supérieure. Cet orifice, situé tout à coté de la cloison interauriculaire, est arrondi comme le vaisseau qui lui fait suite : il mesure, en moyenne, de 20 à 22 millimètres de diamètre. H ne présente aucune trace de valvule, disposition anatomique qui nous explique le reflux possible du sang veineux dans la veine cave supérieure au moment de la systole auriculaire.

3° Paroi antérieure. — La paroi antérieure de l’oreillette droite (fig. 28j est concave. Elle nous présente à sa partie moyenne un orifice ovalaire (7), à grand axe vertical, qui conduit dans l’auricule. Cet orifice est ordinairement limité en haut par une petite colonne charnue, à direction transversale», au-dessus de laquelle se voit une fossette plus ou moins profonde.

L’auricule droite, envisagée ici au point de vue de sa configuration intérieure, a la forme d’un entonnoir aplati d’avant en arrière, dont la base s’ouvre dans l’oreillette par l’orifice précité et dont le sommet répond au côté antérieur de l’aorte. Se^ parois, fort irrégulières, sont recouvertes de colonnes charnues du deuxième et du troisième ordre.

En dedans et au-dessous de l’orifice qui conduit dans l’auricule, la paroi antérieure de l’oreillette est lisse et unie. Au-dessus et en dehors de ce même orifice, elle est formée par un système de colonnettes charnues, d’une disposition très élégante, qui se détachent, en haut, du rebord antérieur de l’orifice de la veine cave supérieure et qui, de là, se portent obliquement en bas et en dehors en décrivant une légère courbe à concavité interne.

4'^ Paroi postérieure. — La paroi postérieure de l’oreillette droite nous offre à

COEUR

considérer deux orifices importants, celui de la veine cave inférieure et celui de la grande veine coronaire :

-Orifice de la veine cave inférieure. — L’orifice de la veine cave inférieure (fig. 26, 9’) est situé à la partie moyenne de la paroi, tout près de la cloison ; il est circulaire et possède à sa partie inférieure, à titre d’annexe, un repli membraneux, valvule d’Eustache. Cette valvule revêt la forme d’un croissant, à con-

cavité dirigée en haut. Ses deux extrémités ou cornes se continuent : la postérieure, avec la paroi externe de la veine cave ; l’antérieure, avec la partie antéro-inférieure de l’anneau de Vieussens.

Examinée sur des cœurs d’adultes, la valvule d’Eustache nous présente des dimensions fort variables : elle est le plus souvent peu développée, quelquefois à peine visible. Dans tous les cas, elle est insuffisante pour fermer entièrement l’orifice de la veine cave inférieure et justifier cette assertion, que l’on trouve pourtant écrite partout, que la valvule d’Eustache a pour rôle d’empêcher le reflux du sang veineux de l’oreillette dans la veine cave inférieure.

La signification anatomique de ce petit appareil est tout autre. Chez le fœtus (fig. 25), la valvule d’Eustache, beaucoup plus développée que chez l’adulte, se confond, d’une part avec la paroi externe de la veine cave inférieure, d’autre part avec le rebord antérieur du trou de Botal ; elle n’est pour ainsi dire que la paroi de la veine elle-même se prolongeant jusqu’à l’oreillette gauche et a manifestement alors pour fonction de diriger le courant sanguin vers cette dernière cavité. Après la naissance, le trou de Botal étant oblitéré et la veine cave inférieure déversant désormais la totalité de son contenu dans l’oreillette droite, la valvule en question n’a plus aucun rôle à remplir. Aussi, elle s’atrophie graduellement comme s’atrophie tout organe devenu inutile, et voilà pourquoi elle présente, chez l’adulte, ces dimensions très réduites qui la font descendre au rang d’un simple organe rudimentaire.

Sous le nom de tendon de la valvule d’Eustache, Todaro a décrit, en 186o, une formation tendineuse qui se détache d’un nodule de tissu conjonctif situé en regard de l’orifice auriculo-ventriculaire droit. De là, le tendon en question gagne la valvule d’Eustache, dont elle suit le bord libre. Chemin faisant, il jette dans l’épaisseur de la valvule de nombreuses, ramifications, sur lesquelles viennent se terminer des faisceaux musculaires qui appartiennent en propre à cette valvule.

E. Bouiem«

Fig. i>5.

Oreillette et ventricule droits du cœur du fœtus, ouverts par leur côté externe.

1, cavité de l’oreillette droite. — 1’, auricule droite. -- 2, trou du Botal et sa valvule. — 3, orifice de la veine cave inféi’ieure, avec 3’, valvule d’Eustaclie. — 4, veine cave supérieure, avec 4’, son abouchement dans l’oreillette. — 5, orifice de la grande veine coronaire et valvule de Thébésius. — 6, valvule tricuspide, avec 6’, ses cordages tendineux. — 7, orifice de l’artère pulmonaire. — 7’, branches de cette artère. — 8, cavité du ventricule 'droit. — 9, aorte. — 10, tronc brachio-céphalique artériel. — H, carotide gauche. — 11’, sous-clavière gauche. — 12, veines pulmonaires.

ANGEIOLOGIE

b. Orifice de la veine coronaire. — L’orifice de la veine coronaire (fig. 26, 11) est situé au-dessous et un peu en dedans de l’orifice de la veine cave inférieure, dont il est séparé par la valvule d’Eustache. Il est pourvu, lui aussi, d’une valvule mince et transparente : c’est la valvule de Thébésius (12), affectant tantôt la forme d’un croissant à concavité supéro-interne, tantôt la forme d’un diaphragme percé d’un ou de plusieurs trous. Comme la valvule d’Eustache, la valvule de Thébésius est insuffisante , c’est-à-dire qu’elle n’occupe qu’une partie de f orifice auquel elle est annexée et ne peut, en conséquence, s’opposer qu’imparfaitement au reflux du sang veineux dans la veine coronaire.

5° Paroi externe. — La paroi externe de l’oreillette droite, concave et fort étroite, peut être considérée comme un simple bord. Très irrégulière, elle nous présente

dans toute son étendue un système de colonnettes dirigées obliquement de haut en bas et d’arrière en avant : ce sont les muscles pectinés de l’oreillette (fig. 28, 6), que nous retrouverons tout à l’heure sur la paroi antérieure. En arrière, ces faisceaux musculaire se détachent d’une saillie verticale, à laquelle Ilis a donné le nom de crista terminalis : elle répond, sur la surface extérieure du cœur, au sulciis terminalis déjà décrit (p. 11).

6^ Paroi interne. — La paroi interne (fig. 26j, beaucoup plus importante , répond à la cloison interauriculaire. Elle nous présente tout d’abord, à sa partie moyenne, une dépression (6j appelée fosse ovale.

Au niveau de cette dépression, la paroi, fortement amincie et demi transparente, n’est pour ainsi dire formée que par l’adossement des deux membranes séreuses qui tapissent les oreillettes : nous l’appellerons' la membrane de la fosse ovale.

La fosse ovale se trouve circonscrite sur la plus grande partie de son pourtour par un relief musculaire, connu sous le nom d'anneau de Vieussens (limbe de Vieussens de certains auteurs). Ce relief, très marqué en avant et en haut, s’atténue et s’efface graduellement au fur et à mesure qu’on se rapproche de son extrémité postéro-inférieure ; il en résulte que la membrane de la fosse ovale n’a pas, en arrière, de limites bien nettes, se confondant insensiblement avec la

Fig. 2»j.

Oreillette droite, vue antéro-c.vterne.

La paroi antérieure et la paroi externe de l’oreillette ont été réséquées (»our laisser voir la paroi i)ostérieure et la cloison iuterauriculaire.)

1, veine cave supérieure, avec 1’, son aboucliement dans la paroi supérieure de l’oreillette. — 2, aorte. — 'A. artère coronaire droite. — 4. artère pulmonaire. — 5, tissu réticulé de l'auricule droite. — 6, fosse ovale, encadrée par l’anneau do Vieussens 7 et 7’, — 8. point où se trouve (quand il existe) le tubercule de Louer. — 9, veine cave inférieure, avec 9’. son abouchement a la partie supérieure de l’oreillette.

— lü, valvule d Eustacbe. — 11, orifice de la grande veine coronaire.

— 12, valvule de Thébésius. — lo, valve interne de la tricus|)ide. — i3‘. bord de l’orifice auriculo-ventriculaire. — H, orifices de canaux veineux. — 1.5, cavité ventriculaire droite.

COEUR

paroi auriculaire et, par elle, avec la paroi interne de la veine cave inférieure.

Par contre, elle possède, en avant et en haut, des limites bien distinctes. Nous la voyons, en effet, sur ce point, glisser sur le côté gauche de l’anneau qui l’encadre et former avec ce dernier une espèce de cul-de-sac de plusieurs millimètres de profondeur. Il est même extrêmement fréquent de voir ce cul-de-sac se transformer en un véritable canal qui s’ouvre, d’autre part, dans l’oreillette opposée. Ce perluis interauriculaire (fig. 28, 13), reliquat du trou de Botal (voy. plus bas), se rencontre environ dans le tiers des cas. D’après Walmann, il serait plus fréquent chez la femme que chez l'homme.

Nous signalerons, enfin, sur la paroi interne de l’oreillette droite et à sa partie toute postérieure, une petite saillie, que l’on appelle le tubercule de Loiver, du nom du médecin qui fa signalée le premier en 1669. C’est un renflement de la paroi auriculaire elle-même, qui se trouve situé (fig. 26,8) entre la fosse ovale et l’embouchure de la veine cave supérieure ou, plus exactement, entre les orifices des deux veines caves. Il affecte tantôt la forme d’une petite éminence, tantôt celle d’une crête mousse à direction transversale. Le tubercule de Lower, qui est assez développé chez quelques animaux, est, chez l’homme, peu visible ou même complètement absent. Haller, Cruveilhier, Hyrtl, Romiti déclarent ne l’avoir jamais vu. Quand il existe, il semble avoir pour effet (Retzius) de dévier les colonnes sanguines qui débouchent par les deux veines caves et de les empêcher ainsi de se heurter l’une contre l’autre. Grâce à lui, le courant sanguin de la veine cave supérieure se porterait vers la partie postérieure et inférieure de l’oreillette, tandis que le courant sanguin de la veine cave inférieure se trouverait dirigé en avant et à droite du côté de l’auricule.

Pour Lien comprendre la signification morphologique des différentes parties qui constituent la paroi interne de l’oreillette droite, notamment de Vanneau de Vieussens, de la fosse ovale et delà membrane de la fosse ovale, il convient de se reporter à la période embryonnait e du cœur.

Primitivement, on le sait (voy. Embuyologie), les deux; oreillettes ne forment qu’une seule et même cavité. Au cours de la quatrième semaine, chez l'embryon humain, on voit apparaître sur la surface extérieure de cette cavité unique un léger étranglement, qui occupe sa paroi supérieure et sa paroi postérieure. A 1 intérieur même de la cavité, cet étranglement se traduit, naturellement, par une saillie ou lame, qui occupe la même situation, je veux dire qui se détache à la fois et de la paroi supérieure et de la paroi postérieure.

Celte lame, encore fort mince, premier rudiment de la cloison interauriculaire, est connue sous le nom de cloison primaire [septum primum de Born) ; tout ce qui se trouve à sa droite deviendra l’oreillette droite ; tout ce qui se trouve à sa gauche sera l’oreillette gauche.

fee développant en bas et en avant, la cloison primaire s’avance peu à peu vers une autre cloison, située au-dessous d’elle , qui occupe le canal auriculaire et qui n'est autre que le septum irdermedium de His (voy. t. IV).

Entre le septum primum et le septum intermedium existe un espace libre qui fait communiquer les deux oreillettes, c’est V ostium primum de Born. Cet orifice, d'abord fort large, diminue peu à peu au fur et à mesure que le septum primum se rapproche du septum intermedium, si bien que, au moment où les deux cloisons se seraient rejointes et fusionnées, les deux oreillettes seraient complètement séparées l’une de l’autre, s’il ne s’établissait entre elles un nouveau mode de communication.

C’est justement ce qui a lieu.

Avant même que le septum primum ait pris contact avec le septum intermedium, il se produit dans le septum primum lui-même, probablement par une résorption locale de sa propre substance, un nouvel orifice, qui remplace le premier et assure, pendant quelque temps encore, la libre communication entre les deux oreillettes. Ce deuxième orifice, ostium secundum de Born, n’est autre que le trou de Botal du fœtus. 11 se trouve situé à la partie postérieure et supérieure de la cloison primaire.

Si, maintenant, nous jetons les yeux sur la paroi postérieure de l'oreillette droite, un peu en dehors de la cloison primaire, nous rencontrons là l’orihce terminal du sinus veineux (voy. Embryologie) , sinus veineux qui est placé en arrière de l’oreillette et dans lequel s’abouchent, à ce mornent-là, les veines vitellines, les veines ombilicales et les veines de Cuvier. Cet orifice, fort large et assez régulièrement arrondi, est bordé du côté de l’oreillette par deux valvules, l’une

ANGEIOLOGIE

droite, l’autre gauche, toutes les deux en forme de croissant se regardant par leur concavité, ce sont les vaLvules veineuses : elles s’unissent réciproquement l’une à l’autre à leur extrémité supérieure et à leur extrémité inférieure.

Quoique très rapprochée du septum primum, la valvule veineuse gauche en est constamment

séparée par un étroit intervalle que nous désignerons, avec Hüse, sous le nom à' espace intersepto-valvulaire (tig. 27,11).

Au cours du développement, deux modifications importantes vont se produire dans l’oreillette droite : V occlusion du trou de Botal et la fusion du sinus veineux avec la cavité auriculaire. Voici comment :

Sur la paroi supérieure et sur la paroi antérieure de l’oreillette, immédiatement en dehors et à droite de la cloison primaire, qui. à ce niveau, est peu étendue, naît une deuxième cloison, cloison secondaire [seplum secundum de Boun), qui peu à peu se développe en arrière et en bas, en marchant à la rencontre de la cloison primaire. Les deux cloisons, dis]>osées lune et l’autre en sens frontal. r('ssemblent assez bien à deux croissants, l’un postérieur, l'autre antérieui' , qui se regardent par leur concavité ; le trou de Botal, qui n’est autre juaintenant que l'intervalle c(jin])ris entre ces deux croissants, se trouve ainsi circonscrit ])ar deux bords concaves.

La cloison secondaire, continuant à se dévelop])er. autrement dit à se rapprocher de la cloison ])rimaire, ariive au contact de cette dernièi'e, la dépasse en s'appliquant sur sa fact' droite et, finalement, se soude à elle, non ]jas bord contre t>ord, mais face contre face. Ainsi se trouve intercepté désormais t(jut(' conimunication eidre l’or(“illette droih' (d l’oreillette gauclie. Le trou de Botal n’existe plus l't la cloison interauricidaire est maintenajd, complète.

Pendant (jne se dévelo[)p(> la cloisoji secondaire et ({ue s’atténue peu à peu b' trou d(> Botal, hï sinus v(dneux, perdant son indi vid nalit(!, se fusionne avec l’oreillette : il s’incorpore graduellement à elle, en constituant cette ])orlion de sa paroi postéri('ui'e (pii, clu'z l’adulte, est dépourvue d(‘ e.oloniH's cliarnui'S ou muscles p('ctinés. Du même coup, les ti'ones veineux (]ui y a|)portaient primitivement leur sang et ([ui se sont transformées en veine cave supérieure, veine cave inférieure et veine coronah-e, s’ouvrent maintenant en pleine oreilletti* et s’y ouvrent par des orifices distincts : la veine cave sui>érieure, tout en haut, sur la jiaroi supérieure ; la veine cave inférieure, en bas et en arrière, sur la iiaroi postéiieuro. tout contre la cloison ; la veine coronaire, un ]jeii au-dessous de la précédente, entre elle et l’orifice auriculo-ventriculaire.

Au cours de toutes ces transformations, (jue deviennent les deux valvules veineuses? Elles suivent l’une et l’autre une évolution bien ditférente. — La valvule veineuse droite persistante, se divise en deux parties : l’une supéiaeure,l)lus grande, ({iii occupe la partie inféro-externe de l’orifice de la veine cave inférieure, c’est la valvule d'EustacUe . l’autre inférieure, beaucoup plus petite, ([ui s’ouvre à la partie externe de l’orifice de la coronaire, c’est la valvule de Thébésius. — La valvule veineuse gauche, elle, s’appliquant contre la partie postérieure de la cloison primaire, s’atrophie peu à peu et finit par disparaître en tant que lormation distincte. Car on en trouve pres({ue toujours des débris sur le C(jté interne de l’orifice de la veine cave

’, septum primum. avec, ;i sa ])artie antérieure

Les différents stades de la cloison interauriculaire, vus sur une coupe liorizontale du cœur passant par les oreillettes : A, premier stade ; B, deuxième stade ; G, troisième stade.

1. paroi des oreillettes. — 2. oreillette droite. — 3. oreillette gauche.

rou percé dans la membrane elle-même

secundum’ (dans la fig. B et la flg. C). naissant de la paroi antérieure des oreillettes et s’avançant à la rencontre du septum primum. — 6. trou de Botal (dans la fig. B) délimité par les bords libres des deux membranes 4 et a; dans la figure C. le seplum secundum a pris contact avec la face «Iroite du septum primum. lermant ainsi le trou de Botal : la flèche indi([ue la situaUon et la direction de ce trou ([uand il persiste. — 7, sinus veineux (dans la fig. A) avec ses divers affluents (canaux d(î (mvier. veines vitellines, veines ombilicales) s'ouvrant dans l'oreillette droite. — 8, veine cave inferieure (dans les fig. B et Cl s’ouvrant, comme le sinus dont elle dérive, dans l'oreillette droite. — 9 et 9 , valvule droite et valvule gauche de l'orifice du sinus (fig. A). — lu et 10'. les mêmes devenant les valvules droite et gauche de la veine cave inf(lrieure : on voit nettement qut;. tandis que la valvule droite persiste pour former la valvule d'Eustactie et 1a valvule de Thébésius, la valvule gauche s’apophie peu à peu et disparait presque complètement, appliquée qu'elle est contre la face droite du septum primum. — 11. espace intersepto-valvulaire de BbsK.

COEUR

inférieure, à la partie postérieure de la fosse ovale. Ces débris qui, je le répète, sont à peu près eonstants, mais extrêmement variables, revêtent ordinairement la forme d’une mince membrane, quelquefois lisse, mais le plus souvent plus ou moins trouée, fenêtrée, d’aspect réticulé. Réduite dans certains cas à un simple épaisissement de l’endocarde, elle persiste parfois dans toute son étendue (comme l’a vu Webeh, 1904), adhérant seulement par ses bords et circonscrivant en arrière d’elle un espace libre, qui n’est autre que le reliquat de Y espace inievsepto-valvulaire de Rose, dont il a été question plus haut.

Ces quelques données embryologiques, en nous faisant assister pour ainsi dire à la formation de la cloison interauriculaire, nous fixe d’une façon très nette sur la constitution anatomique de cette cloison. Si nous la suivons d’avant en arrière (fig. 27, C), nous voyons qu’elle est formée successivement ; 1“ à sa partie antérieure, par la cloison secondaire, doublée sur sa face gauche par le rebord antérieur (très court, du reste) de la cloison primaire ; 2° à sa partie moyenne, par la partie antérieure de la cloison primaire; 3° à partie postérieure, enfin, par la partie la plus reculée de cette même cloison primaire, sur laquelle se sont appliqués les débris plus ou moins nets de la valvule veineuse gauche.

Nous constatons, d’autre part, que la partie moyenne de la cloison primaire répond à la fosse ovale de la cloison de l’adulte; que le bord antérieur de la cloison secondaire, libre et plus ou moins saillant, forme Vanneau de Vieussens ; et, enfin, que la partie postérieure de cette même cloison primaire se continue nettement avec la veine cave inférieure, fusionnée qu’elle est avec la valvule gauche de ce dernier vaisseau. •

Nous avons vu tout à l’heure que le trou de Botal disparaissait par le fait de la soudure du bord libre de la cloison primaire avec la face latérale gauche de la cloison secondaire. Cette soudure, qui répond au point de la figure 27, G où se trouve la flèche en pointillé, est effectuée, ordinaii ement, chez l’enfant naissant, au moment où la circulation cardio-pulmonaire se substitue à la circulation cardio-placentaire. Toutefois la soudure en question est très souvent incomplète et ainsi s’explique la présence du petit canal oblique, mentionné ci-dessus et représenté dans la figure 28, qui se trouve à la partie antéro-supérieure de la fosse ovale : il peut être double ou même triple, suivant que le bord libre de la cloison primaire contracte adhérence avec trois ou quatre points de la cloison secondaire.

Il convient d’ajouter que la persistance chez l’adulte du petit pertuis interauriculaire n’entraîne pas nécessairement le mélange du sang artériel, contenu dans l’preillette gauche, avec le sang veineux de l'oreillette droite. En effet, le bord libre de la cloison primaire dépassant le bord libre de la cloison secondaire pour venir s’appliquer contre la face gauche de cette dernière, il s’ensuit que, par le seul fait de la pression sanguine dans les deux oreilles (pression s’exerçant en sens inverse sur les deux côtés de la paroi interauriculaire), les deux cloisons précitées sont, dans leurs parties contiguës, fortement appliquées Vune contre Vautre, au point que tout passage du sang d’une oreillette à l’autre est impossible : la communication, physiologiquement, est simplement virtuelle.

G. — Caractères particuliers a l'oreillette gauche

On considère encore à l’oreillette gauche (fig. 19) six. parois, présentant la même orientation et portant les mêmes noms que celles de l’oreillette droite. Ces parois sont presque partout lisses et unies. On ne rencontre de colonnes charnues bien caractérisées qu’à l’entrée et dans la profondeur de l’auricule.

1° Paroi inférieure. — La paroi inférieure répond au ventricule et nous présente l’orifice auriculo-ventriculaire gauche, avec sa valvule mitrale (voy. Ventricule gauche).

2^ Paroi supérieure. — La paroi supérieure est le point d’abouchement des quatre veines pulmonaires. Nous y rencontrons, par conséquent, quatre orifices : les deux premiers, situés tout près de la cloison, pour les deux veines pulmonaires droites; les deux autres, situés à la partie externe de cette paroi, pour les deux veines pulmonaires gauches. Tous ces orifices sont circulaires et dépourvus de valvules.

Paroi antérieure. — La paroi antérieure est légèrement convexe, déprimée qu’elle est par les troncs artériels qui sont placés en avant d’elle.

4° Paroi postérieure. — La paroi postérieure est à peu près plane.

5° Paroi externe. — La paroi externe nous présente, à sa partie antérieure, l’orifice (fig. 28, 9) qui conduit dans Tauricule gauche. Rappelons que l’auricule gauche, à son entrée et dans sa profondeur, possède de nombreuses colonnes charnues. Elles y sont parfois tellement abondantes et tellement enchevêtrées qu’elles forment.

ANGEIOLOGIE

dans leur ensemble, comme une sorte de tissu caverneux, le tissu caverneux de Vauricule gauche.

6° Paroi interne. — La paroi interne, enfin, répond à la cloison interauriculaire. Elle est fort mince à sa partie moyenne, suivant une zone (fig. 19, 8) qui correspond directement à la fosse ovale. A sa partie antérieure et supérieure, se voit un petit repli en forme de croissant, dont la concavité regarde en avant et en haut ; ce repli, adhérent par ses deux extrémités et libre par sa partie moyenne, n’est autre que le bord antérieur et supérieur de la cloison primitive, ci-dessus décrite (p. 33), qui, en s’appliquant contre la cloison secondaire, a fermé le trou de Dotal. C’est à son niveau qu’aboutit, quand il existe, le petit pertuis, signalé encore cidessus, qui fait communiquer les deux oreillettes {pertuis interauriculaire).

La cloison interauriculaire (Tig. 11 et 1:2) est une lame irrégulièrement quadrilatère, séparant l’une de l’autre les deux oreillettes et formant à la fois la face interne

1 de l’oreillette droite

et la face interne de l’oreillette gauche. Sur le cœur en place, son orientation est telle que, de ses deux faces, l’iine regarde à droite et en avant, l’autre à gauche et en arrière.

Elle répond, sur la face extérieure du cœur, à ce sillon, vertical et légèrement curviligne, que nous présente la face postérieure de l’organe et que nous avons déjà étudié sous le nom de sillon interauriculaire.

L’épaisseur de la cloison interauiiculaire, très variable suivant les points que l’on considère, oscille d’ordinaire entre 1 millimètre et demi et 4 millimètres. E^lle est

Cloison interauriculaire et paroi antérieure des deux oreillettes., vue postéro-supérieiire.

(La moitié postérieure des deux oreillettes a été enlevée.)

l, aorte. — 2, veine cave supérieure. — 3, artère pulmonaire droite. — 4, artère pulmonaire gauche. — o. oreillette droite. — 6, muscles pectinés de 1 oreillette droite. — 7, orilice d’entrée de l'auricule droite. — 8, oreillette gauche. — 9, orifice d entrée de l'auricule gauche. — 10, artère pulmonaire droite. — 11, cloison interauriculaire .portion mince), érignée à gauche. — 12, anneau de \ieussens. 13, orifice interauriculaire. — 14, orifice auriculo-ventriculaire droit, avec sa valvule tricuspide. — l.a, orifice auriculo-ventriculaire gauche, avec sa valvule mitrale.

10, sillon intcrventricnlaire postérieur, avec ses vaisseaux.

minima au niveau de

la fosse ovale (fig. 28, 1 1), maxima au niveau de l’anneau musculaire qui circonscrit cette fosse (fig. 28, 12).

Les détails morphologiques que nous présentent les deux faces de la cloison interauriculaire et, aussi, ceux relatifs à sa constitution anatomique ont été déjà décrits à propos des oreillettes, notamment à propos de l’oreillette droite (voy. p.32j.Noiis

COEUR

ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites. Nous rappellerons, cependant (voy. p. 33), que cette cloison est très souvent percée d’un trou, le pertuis interauriculaire, qui met en communication les deux oreillettes. Nous rappellerons aussi (p. 29) qu’elle descend dans l’oreillette droite, un peu plus bas que dans l’oreillette gauche, de telle sorte que si l’on enfonce une aiguille à la partie la plus déclive de l’oreillette droite (fig. 23, 7), cette aiguille pénètre, non pas dans l’oreillette opposée, mais dans le ventricule gauche.

ARTICLE IV

STRUCTURE DU MYOCARDE

Envisagé au point de vue de sa constitution anatomique, le myocarde comprend les trois éléments suivants : 1® des formations fibreuses, disposés en forme d’anneau, qui donnent insertion aux fibres musculaires et que l’on désigne sous le nom de zones fibreuses du cœur ; 2® des éléments contractiles, qui constituent les fibres musculaires du cœur du tissu conjonctif, tissu conjonctif du myocarde, unissant les uns aux autres les éléments contractiles. Nous étudierons séparément chacun d« ses éléments.

§L— Zones fibreuses du coeur

On donne ce nom à des anneaux fibreux {cercles tendineux de Lower) qui entourent les différents orifices que nous avons décrits plus haut à la hase des ventricules. Ces anneaux sont donc au nombre de quatre ; deux pour les orifices auriculo- ventriculaires, l’undroit, l’autre gauche; deux pour les orifices artériels, le premier pour l’orifice aortique, le second pour l’orifice de l’artère pulmonaire.

1° Disposition générale. — Les zones fibreuses du cœur présentent naturellement la même situation, la même forme, les mêmes rapports et les mêmes dimensions que les orifices qu’elles circonscrivent. Si nous parcourons la base des ventricules en allant d’avant en arrière (fig. 29), nous rencontrons succes-

Fig. 29.

Base des ventricules, vue d’en haut, pour montrer les zones fibreuses auriculo-ventriculaires et les zones fibreuses artérielles.

1. péricarde, érigné en deltors. — 2, orifice aorfiqne, avec ses valvules sigmoïdes. — 2’, nodule d’Aranüus. — .S, orifice de l’artère coronaire gauche. — 3’, orifice de l'artère coronaire droite. — 4, orifice de l'artère pulmonaire, avec ses valvules sigmoïdes. — 4’, nodules de Morgagni. — .4, oreillette droite. — 6, orifice auriculo-ventriculaire droit, avec 6’, valves de la valvule tricuspide ; 6”, langueltes valvulaires accessoires. - 7. orifice de la grande veine coronaire, avec la valvule de Tliébésius. — 8, oreillette gauche. — 9. orifice auriculoventriculaire gauche, avec : 9’, 9’, les deux valves de la mitrale ; 9”, 9”, languettes valvulaires accessoires. — 10, grande veine coronaire. — 1 1. petites veines cardiaques. — 12, veine de Galien. — 13. coupe de la cloison interauriculaire. — 14. ventricule gauche. — 13, ventricule droit. — 1(3, branche antérieure de l’artère coronaire gauche. — 17, branche postérieure de la même artère. — 18, artère coronaire droite.

ANGEIOLOGIE

sivement : sur un premier plan, la zone pulmonaire ; 2® sur un deuxième plan, en

arrière et un peu à droite de la zone pulmonaire, la zone aortique ; 3° sur un dernier plan, les deux zones auriculo-ventriculaires, Tune à droite, l’autre à gauche.

La zone pulmonaire couronne, ainsique nous l’avons vu, l’infundibulum du ventricule droit et, de ce fait, se trouve située un peu au-dessus des trois autres. La zone aortique et les deux zones auriculo-ventriculaires occupent toutes les trois le même plan horizontal; elles sont, en outre, juxtaposées et parfois même continues. Au

point de contact de ces trois zones, on voit se développer parfois, chez l’homme, un dépôt calcaire, qui embrasse, à la manière d’un arc , la partie antérieure de l’aorte et que l’on appelle improprement l’os du cœur. Ce dépôt calcaire est constant chez quelques mammifères, notamment chez le bœuf.

Fig. 30.

Zone fibreuse artérielle, vue sur la lace interne (le l’artère pulmonaire.

1, ai'Lère pulmonaire, incisée et étalée. — 2, 2, coupe (le la zone fibreuse artérielle. — 3, cavité ventriculaire. — 4, l’un des trois arcs de celle zone fibreuse, avec : 4’, sa partie moyenne : 4’’, 4”, ses parties extrêmes, réunies auv arcs voisins par des Iraclus conjonctifs. — o, 5, points d'union des trois arcs.

la pulmonaire, chaque zone fibreuse

moins circulaire, mesurant 1

2° Forme. — Les zones fibreuses du cœur ont une forme différente suivant qu’on les examine au niveau des orifices artériels ou au niveau des orifices auriculo-ventriculaires.

a. Zones fibreuses artérielles. — Au niveau des orifices de l’artère aorte et de evêt la forme d’un anneau à coupe plus ou millimètre à l millimètre et demi d’épaisseur et présentant trois festons à concavité supérieure. Autrement dit, il est constitué par trois arcs (fig. 30j qui se continuent réciproquement par leurs extrémités et dont chacun d’eux répond à l’insertion d’une des valvules sigmoïdes.

En haut, par leur bord concave, ces arcs fibreux répondent h la tunique moyenne de l’artère.

En bas, leur bord convexe donne attache, par sa partie moyenne tout au moins, aux faisceaux correspondants du myocarde : les parties extrêmes de ce bord donnent insertion à des tractus conjonctifs horizontaux , qui vont s’attacher d’autre part sur l’extrémité correspondante de l’arc voisin ; ces tractus conjonctifs, dans leur ensemble, constituent une petite lamelle triangulaire, qui comble exactement l’angle curviligne formé par deux arcs contigus.

En dedans, je veux dire sur le côté qui regarde l’axe du vaisseau, ils donnent naissance h des lames fibreuses qui pénètrent dans l’épaisseur des sigmoïdes et forment comme le squelette de ces valvules.

b. Zones fibrineuses auriculo-ventriculaires. — Les zones auriculo-ventriculaires se présentent à nous sous la forme d’une lame fibreuse, disposée en cercle

Fig. 31.

Coupe transversale d’une zone fibreuse auriculo-ventriculaire passant par la paroi externe du ventricule gauche.

1, zone fibreuse auriculo-ventriculaire. — 2, oreilleUe gauclie, avec 2\ sa paroi musculaire. — 3, ventricule gauche, avec 3’, sa jiaroi musculaire. — 4, valve externe de la mitrale. — sillon auriculo-ventriculaire, avec son tissu adipeux. — 6, 6’, vaisseaux.

COEUR

et entourant sur tout son pourtour l’orifice correspondant. Cette lame, dont l’épaisseur varie de 1 millimètre et demi à 2 millimètres, est le plus souvent aplatie de dehors en dedans, de telle sorte qu’on peut lui considérer (fig. 34, i) deux faces et deux bords.

Les deux faces se distinguent en interne et externe : la face interne laisse échapper des prolongements membraneux qui, en pénétrant dans l’épaisseur des valvules auriculo-ventriculaires, deviennent la charpente de ces valvules (voy. Structure des valvules) ; la face externe répond, dans la plus grande partie de son étendue, au tissu cellulo-adipeux du sillon auriculo-ventriculaire.

Des deux bords, l’un est supérieur, l’autre inférieur : le premier, tourné du côté de l’oreillette, donne insertion aux faisceaux musculaires de cette cavité; le second donne insertion aux fibres ventriculaires.

3° Structure. — Au point de vue histologique, les zones fibreuses du cœur appartiennent, comme leur nom l’indique, au tissu fibreux. Elles se composent essentiellement de faisceaux fibreux très denses, auxquels viennent se joindre, à titre d’éléments accessoires, des fibres élastiques extrêmement fines.

§11. — Fibres musculaires du coeur

Les fibres musculaires sont les éléments essentiels, les éléments nobles du myocarde : c’est à elles, en effet, que le cœur doit de remplir ces fonctions mécaniques importantes qui lui ont fait assigner un rang si élevé dans l’appareil circulatoire. Nous étudierons, tout d’abord, les fibres cardiaques à l’état d’isolement et à un point de vue purement histologique. Nous essaierons ensuite de faire connaître leur mode de groupement, c’està-dire la façon dont elles se comportent pour former les parois des quatre cavités auriculaires et ventriculaires.

A. — Caragtèes histologiques des fibres cardiaques

l"* Caractères distinctifs. — Les fibres cardiaques, qu’on les envisage sur les oreillettes ou sur les ventricules, appartiennent toutes à la catégorie des fibres musculaires striées. Elles diffèrent cependant des fibres striées des muscles de la vie animale par les trois caractères suivants : 1° elles sont dépourvues de myolemme ; 2° leurs noyaux sont toujours axiaux; 3° au lieu de conserver dans toute leur étendue une forme régulièrement cylindroïde, elles se bifurquent au cours de leur trajet et s’anastomosent réciproquement les unes avec les autres (fig. 32), de façon à former, dans leur ensemble, un vaste réseau.

2° Décomposition des fibres cardiaques en segments superposés (segments de Weissmann). — Si, comme l’a fait Eberth, on traite les fibres cardiaques par le nitrate “det d’argent, on voit apparaître à leur surface, de distance transversales et plus ou moins

° ’ regulieres, qui ne sont autres

en distance , des lignes noires qui s’étendent transver- traits scalariformes

salement d un bord à l’autre de l’élément. Ces lignes,

essentiellement irrégulières, toujours plusieurs fois brisées, montent ou descendent comme le ferait le profil d’un escalier : ce sont les traits scalariformes (de

Fig. .32.

Réseau musculaire du cœur.

On voit que ce réseau est

ANGEIOLOGIE

scala, escalier) (I’Eberth. Si, d’autre part, on fait agir sur les fibres cardiaques une solution de potasse à 40 p. 100, ces fibres se fragmentent, en sens transversal, en une série de segments qui s’isolent et acquièrent ainsi une individualité propre : ce sont les segments de Weissmann, ainsi appelés du nom de celui qui, le premier,

en 1861, a fait cette constatation. Or, il est à remarquer que les plans transversaux suivant lesquels se fait cette segmentation correspondent exactement aux traits scalariformes signalés tout à l’heure.

Ces deux expériences, aujourd’hui classiques, nous permettent de conclure que la fibre cardiaque ne doit pas être considérée comme un élément anatomique primordial, mais qu’elle est formée, en réalité, par une série de segments cylindroïdes, ajoutés bout à bout et unis les uns aux autres par un ciment spécial, que dissout la potasse (dans l'expérience de Weissmann) et que décèle l’argent (dans l’expérience d’EaEirni).

l.e segment de Weissmann est tlonc V élément primordial ou, si l’on veut, V unité anatomique du myocarde. Voyons maintenanl quelle est sa structure et quelle est

Fig. 33.

Deux segments musculaires du cœur de l’homme (d'après Szv-

MOXOWICZ).

1, noyaux dos segnienls. — 2, limites transversales des serments. — Le segment gauche présente une bifurcation a sa partie movenne.

sa signification.

Structure des segments de Weissmann. — Chez les batraciens, les segmenls cardiaques sont allongés, fusiformes, lappelant assez bien par leur aspect extérieur les éléments contractiles appelés fibres lisses. Chez les mammifères, et en particulier chez l’iiomme, ils affectent la forme d’éléments cylindroïdes, dont la longueur serait quatre ou cinq fois supérieure à leur diamètre ; chacun d’eux rappelle assez l)ien (fig. 3t) un fragment de colonne cassée à ses deux bouts. Leur surface extérieure est convexe, arrondie, assez régulièrement lisse. Leurs deux bases, répondant aux traits scalariformes d’EiiEUTH, sont naturellement fort irrégulières ; elles sont, comme ces derniers, délimitées par des surfaces brisées, disposées en escalier. Enfin, de leur surface latérale ou de leurs bases s’échappent des prolongements anastomotiques plus ou moins nombreux, plus ou moins longs et plus ou moins larges, qui se fusionnent, après un trajet variable avec les segments voisins. Quelle que soit leur forme, les segments de Weismann nous offrent à considérer, chacun, les trois parties suivantes : 1° sa masse contractile ; 2^ son noyau; 3° son protoplasma. Nous avons déjà dit plus haut, et nous croyons devoir le rappeler ici, que la fibre cardiaque n’a pas de myolemme.

a. Masse contractile . — La masse contractile occupe la presque totalité de l’élé-

Fig. 34.

Segments de Weissmann ou cellules musculaires du cœur, à l'état d'isolement.

A, chez les batraciens : B. cliez les mammifères (isolement par la potasse à 40 p. 100.)

COEUR

ment. Elle est formée, ici comme dans la fibre d’un muscle de la vie animale, par une multitude de fibrilles, disposées en sens longitudinal et intimement accolées les unes aux autres. Ici encore ces fibrilles se groupent systématiquement en de petites colonnettes qui rappellent exactement les cylindres primitifs de Leydig (voy. t. p. 686). Chacune des fibrilles, prise à part, nous présente la même succession des parties claires et des parties obscures, que nous avons décrites sur la fibrille des muscles striés ordinaires, c’est-à-dire un disque mince, un disque clair, un disque épais, un disque clair, un disque mince, et ainsi de suite. 11 est même à remarquer que le disque épais se trouve décomposé, par une double strie de Hensen, en trois disques superposés, un disque principal et deux disques accessoires. Nous retrouvons donc, dans le segment cardiaque, le même mode d’agencement fibrillaire que dans la fibre musculaire ordinaire. 11 est, dès lors, tout naturel que ce segment nous présente le même mode de striation : une striation transversale , indice de la présence, dans les fibrilles, de disques clairs et de disques sombres alternant régulièrement ; une striation longitudinale ^ indice de l’accolement en sens axial des colonnettes primitives.

b. Noyaux. — Chaque segment cardiaque possède un noyau, quelquefois deux, rarement trois. Ces noyaux sont axiaux, c’est-à-dire placés dans l’axe du segment, ce que l’on voit très nettement (fig. 47, 1) sur des coupes transversales du myocarde. Ils ont, du reste, une forme ovalaire ou en fuseau à grand axe longitudinal. Camme le fait remarquer Renaut, quand le noyau est unique, il occupe le plus souvent, mais pas toujours, le milieu de la hauteur du segment cardiaque ; quand il y a deux noyaux, ils sont ou rapprochés jusqu’au contact ou très peu distants l’un de l’autre.

c. Protoplasma. — Les noyaux baignent au sein d’un protoplasma granuleux, qui occupe, comme lui, l’axe du segment cardiaque (fig. 34, B), où il se dispose en une sorte de fuseau à grand axe dirigé suivant la longueur du segment. Cette masse protoplasmique ne se contente pas d’entourer le noyau ou les noyaux. De sa périphérie se détachent de minces prolongements lamelleux, qui se portent en dehors en sens radiaire et forment des gaines aux cylindres primitifs : ce sont ces gaines, disons-le en passant, qui, sur les coupes transversales desfihres cardiaques (fig. 47, 2), dessinent ces innombrables champs polygonaux, appelés champs de Cohnheim. Chez le vieillard, le protoplasma axial est semé ordinairement de granulations ambrées, réfringentes comme des gouttes de graisse. Mais l’acide osmique ne les tein*^ pas en noir, comme il le fait des graisses neutres (Renaut). Ce ne sont donc pas des granulations graisseuses, mais simplement des granulations protoplasmiques.

4° Signification morphologique des segments de Weismann. — Nous avons vu précédemment, à propos des muscles de la vie animale (voy. Myologie, p. 691) que chaque fibre musculaire, quelle que soit sa longueur chez l’adulte, dérive d’une cellule myoblaste. Les segments de Weismann ont exactement la même

origine : chacun d’eux est le représentant d’une cellule mésoblastique, dont le protoplasma a été envahi dans la presque totalité de son étendue par des éléments contractiles. Voilà pourquoi les segments de Weismann ont pour synonymes, dans la description de bon nombre d’histologistes, la dénomination, parfaitement justifiée du reste, de cellules cardiaques.

Les segments cardiaques ont donc, en morphologie générale, la même signification que les fibres musculaires striées des muscles de la vie animale : les uns et les

ANATOMIE HUMAINE. — T. If, 6® ÉDIT.

autres sont des cellules chargées d’éléments contractiles. La seule différence qui existe entre elles, c’est que, tandis que dans le muscle ordinaire la cellule primitive s’est considérablement allongée, que son noyau s’est multiplié dans des proportions en rapport avec la longueur des fibres {fibres striées muUinueléé&s de certains auteurs), cette même cellule, dans le myocarde, a conservé, à peu de chose près, ses mêmes dimensions et son noyau est resté unique ou, s’il a proliféré, ne s’est divisé qu’une ou deux fois {fibre striée uninucléée de certains auteurs).

Il convient d’ajouter que les noyaux sont restés axiaux dans la cellule cardiaque, tandis que, dans la fibre musculaire ordinaire, ils ont émigré vers la périphérie do l’élément pour devenir marginaux. Mais, si on veut bien se rappeler que chez certains poissons, notamment chez les cyclostomes, les noyaux des fibres musculaires de la vie animale sont également axiaux, on conviendra que cette dernière différence est sans importance aucune.

Nous avons vu plus haut que les cellules cardiaques étaient unies les unes avec les autres, au niveau de leurs laces contiguës, par une substance ciinentaire qui, en réduisant le nitrate d'argent, forme les traits scalariformes d’EuERTH. Con- Iraiiement à cette opinion classi([ue, Puzewoski admet l’e.vistence. entre les deux cellules voisines, de prolongements proloplasmitiues, ((ui s'éteinlraient de rune à l’autre et (jui présenteraient la disposition suivante (voy. lig. 35). Gha(iue fibrille musculaire, au lieu de se terminer en poijite, présenterait à chacune tte ses exti'émités un petit renllement en tonne de grain. L'ensemble de ces grains forme, à la limite de chaque cellule cardia(jue, une couche transversale, à la- (pielle IhizEWOSKi a dojiné le mnn da .siralum rjrcuiulosum terminale. 11 existe' ainsi, à la ligne <lc contact de deux cellules cardiaques cojitiguës, deux stratum granulosum, l'un appartenant à la cellules située au-dessus, l'autre appartenant à la cellule située au-dessous. Or, cha<[uo grain du stratum supérieur donne naissance à un petit cordon de substaiice protoplasmique, (|ui vient, apres un ti'ajet très court, se fusionner avec le grain corres[jojidant du stratum inférieur. Ces cordons protoplasiniijues forment donc comme des esj)èces de ponts jetés enti/e les cellules dont ils émanent et les cellules auxfjuelles ils se rendent : du reste, ils sont beaucoup plus petits • lue les grains, plus petits aussi que les fibrilles musculaii'es et, de ce fait, laissent entre eux des interstices plus ou moins considérables, dans Icsiiuels circulent les sucs nutritifs.

Mode d'union de doux cellules musculaires du cœur de l’homme (d'après Pkzesvosio).

'. stratum granulosum terminale de la ifllule supérieure. — 2. stratum granulosuiii terminale de la cellule inférieure. — a. espace intercellulaire re|)ondant au trait Scalariforme d'l-]bertli, occupé par des imnls protoplasmi(|ues allant îles grains supérieurs aux grains inférieurs.

5^ Fibres de Purkinje. — Puxlxje a décrit pour la première fois, en 1845, à la surface intérieure des ventricules, de petits cordons grisâtres, translucides, gélatini-

formes, que l’on désigne depuis lors sous le nom de Fibres de Purkinje (fig. 3Gj. Ces fibres, de longueur et de largeur variables, s’anastomosent les unes avec les autres de façon à former dans leur ensemble un vaste réseau à mailles fort irrégulières. Le réseau de Purkinje n’existe pas chez l’homme ; mais on le rencontre

■Î.BiNAUDOI

Fig. 36. cdmmt.

Portion du réseau de Purkinje du cœur de mouton, prise sous Pcndocarde ventriculaire (d’après Rexal’t;.

1, 1, travées du réseau, formées par les cellules de Purkinje, (ju’on ne distingue pas individuellement. — 2, mailles du réseau comprises entre les points de concours des travées. — 3, 3, tramées adipeuses accompagnant les travées.

COE UH

chez un grand nombre de mammifères, notamment chez le mouton (qui est un excellent sujet d’étude), le bœuf, le cochon, la chèvre, etc.

Soumises à l’analyse histologique, les fibres de Purkinje sont constituées par des cellules polyédriques fortement tassées les unes contre les autres comme le sont les cellules d’un épithélium. Les fibres les plus fines sont formées par une seule rangée de cellules ; les autres, par des rangées multiples, dont le nombre varie naturellement suivant la largeur de la fibre examinée.

Chacune de ces cellules, prise à part, nous présente les quatre parties suivantes (fig. 37) : i°au centre, un ou deux noyaux ovalaires, avec nucléoles; 2® fout autour du noyau ou des noyaux, une première masse de protoplasma granuleux; 3° autour de ce protoplasma granuleux, une deuxième masse de protoplasma clair; 4° tout a la périphérie de la cellule, une couche plus ou moins importante de fibrilles musculaires striées, en tout semblables à celles que l’on rencontre dans les cellules cardiaques. Les cellules constitutives des fibres de Purkinje sont si intimement unies ,les unes aux autres que la couche fibrillaire en question paraît être placée, non dans les cellules, mais entre les cellules. 11 n’en est rien : ces fibrilles sont bel et bien des formations endocellulaires, constituant la partie corticale des cellules auxquelles elles appartiennent.

L'interprétaLiôn des cellules du réseau de Purkinje est des plus simples. Si Pou veut bien se rappeler que les cellules cardiaques de l’adulte n’étaient primitivement que de simples cellules, qui ont élaboré plus tard leurs éléments contractiles, tout d'abord à leur partie j^ériphéiique, puis à leur partie centrale, on sera amené à conclure que les cellules de Purkinje représentent, elles aussi, des éléments oellulaires qui, au lieu d’élaborer des fibrilles musculaires dans toute fétendue de leur protoplasma, n’en ont produit que dans leur partie périphérique ou corticale. Les cellules de Purkinje ont donc la même valeur morphologique que les cellules cardiaques : ce sont des cellules cardiaques , arrêtées à fun des stades de leur développement, autrement dit des cellules cardiaques embryonnaires. Gela est si vrai que l’on voit des fibres de Purkinje se continuer directement, à l'une ou l’autre de leurs extrémités, avec des fibres cardiaques. On voit même dans certains cas, des fibres cardiaques présenter , sur un point queleonque de leur longueur, des parties restées à l’état de fibres de Purkinje. L’interprétation précitée, établissant une communauté d’origine entre les cellules des fibres cardiaques et celles des fibres de Purkinje, n’ést donc pas douteuse.

B. — Mode de groupement des fibres cardiaques

Les fibres cardiaques, ci-dessus décrites, constituées chacune par une série de segments cylindroïdes ajoutés bout à bout {faisceaux prùnüifs de certains auteurs), s’accolent les unes aux autres par groupes de deux on trois, on en pins grand nombre, ponr former des faisceaux dits secondaires. Ces faisceaux secondaires se réunissent à leur tonr ponr constituer des faisceaux plus importants, que l’on

Cellules de Purkinje, vues en place [schématique] .

1, protoplasma. —2, noyau. — 3. couches périphériques [en rouge)., formées par des fibril'es musculaires striées.

ANGEIOLOGIE

désigne parfois, comme dans les muscles de la vie animale, sons les noms de faisceaux tertiaires, faisceaux cjuaternaires . En ce qui concerne le mode de groupement systématique de ces fibres et faisceaux de fibres dans les parois du cœur, la question est une des plus ardues de l’anatomie de texture. Malgré les longues et minutieuses recherches de Stéxon, de Wixslow, de Gerdy, il existe encore à ce sujet beaucoup de points obscurs et les descriptions si nettes et si précises que l’on trouve dans les classiques, la description que nous allons donner nous-même, n’ont guère d’autre valeur, il faut bien le reconnaître, que celle qu’on accorde aux descriptions plus ou moins schématiques. Un fait paraît acquis, c’est que les fibres des ventricules et celles des oreillettes sont à peu près indépendantes les unes des autres. Nous les étudierons donc séparément.

1° Fibres des ventricules. — Les fibres constitutives des ventricules ont toutes pour caractère de s’insérer, par une de leurs extrémités, sur les zones fibreuses ci-dessus décrites et de xœnir s’y terminer après avoir effectué dans la paroi ventriculaire un trajet plus ou moins long. On les divise en deux groupes : 1® les fibres propres à chacun des deux ventricules; les fibres communes aux deux ventricules.

A. Fibres propres. — Les fibres propres forment, dans leur ensemble, deux sacs juxtaposés comme les canons d’un fusil double et correspondant, fun au ventricule droit, l’autre au ventricule gauche.

Ces deux sacs sont ouverts l’un et Fautre à leur extrémité supérieure, au niveau des orifices artériel et auriculo-ventriculaire ; ils sont ouverts aussi à leur extrémité inférieure, au niveau de la pointe du cœur. Cette dernière ouverture est toutefois beaucoup plus étroite que celles de la base ; il en résulte (fig. 38) que les sacs ventriculaires n’ont pas une tonne exactement cylindrique, mais plutôt une

forme conoide, à sommet tronqué et dirigé en bas.

Dans chacun des deux sacs, nous voyons les fibres musculaires se détacher des zones fibreuses de la base, puis descendre plus ou moins bas vers la pointe du cœur et remonter ensuite vers ces mêmes zones en décrivant des anses. Les anses ainsi formées varient dans leur étendue; il y en a de longues, il y en a de courtes. Celles-ci s’emboîtent dans celles-là, rappelant jusqu’à un certain point, comme le fait l'emarquer Gerdy, des cornets de papier d’inégales dimensions , dont les plus petits seraient régulièrement emboîtés dans les plus grands, et qu'on aurait aplatis de façon à donner à chacun d’eux la forme d’une lame triangulaire.

B. Fibres communes. — Les fibres communes aux deux ventricules (fibres unitives de Gerdy) réunissent l’un à l’autre les deux sacs formés par les fibres propres. Elles font plus : elles revêtent ces sacs dans toute leur étendue; elles les cnvelop-

Fig. 38.

Schéma représentant ]e trajet «h'S libres communes sur la face antérieure des ventricules.

D, ventricule «Iroit. — G, ventricule gauche. — a, b, c, d, e. f, r/, h, j, neuf fibres communes se lerminant toulcs en huit de chiffre dans le ventricule gauche.

COEUR

Fi^^. 39.

Pointe du cœur (d’après Boürgery).

face anlérieure du cœur. — P, face postérieure. — 1, pointe du cœur (tourbillon). — 2, auricule gauche. — 3, bord droit.

pent tous les deux dans un sac commun, d’où cette définition de Winslow, aussi simple qu’expressive : le cœur est composé de deux sacs musculeux renfermés dans un troisième également mus- ^

culeux.

a. Leur trajet en dehors des ventricules. — Au point de vue de leur trajet, les fibres communes se distinguent en antérieures et postérieures ;

а) Les fibres antérieures (fig. 38) revêtent la face sternale des ventricules. Elles prennent naissance en haut, sur les deux zones auriculoventriculaires. Puis elles, se portent obliquement en bas et à gauche, vers la pointe du cœur. Arrivées là, elles se contournent sur elles-mêmes en un élégant tourbillon (fig. 38 et 39) et pénètrent dans l’intérieur du ventricule gauche, où nous les retrouverons tout à l’heure. En traversant ainsi l’orifice inférieur du

ventricule, elles l’oblitèrent : à peine aperçoit-on, au centre du tourbillon, un petit pertuis vertical qui fait communiquer la cavité ventriculaire avec l’extérieur ; encore est-il nécessaire d’ajouter que ce pertuis n’intéresse que la portion du musculeuse du cœur et qu’il est fermé à ses deux extrémités, d’une part par l’endocarde, d’autre part par le péricarde.

б) Les fibres postérieures (fig. 40) recouvrent toute la face postérieure des ventricules. Parties du segment postérieur des zones fibreuses auriculo -ventriculaires, elles se dirigent obliquement en bas et à droite. Le plus grand nombre d’entre elles arrivent à la pointe du cœur et, se réfléchissant alors sur elles-mêmes, elles s’engagent dans l’orifice inférieur du ventricule droit. Un certain nombre, cependant, ne descendent pas jusqu’à cet orifice : en atteignant le bord droit du cœur, elles se réfléchissent le long de ce bord et pénètrent par une nouvelle voie dans la cavité ventriculaire.

Abstraction faite de ce dernier groupe de fibres, toutes les fibres communes se

portent donc dans les deux ventricules, à travers les orifices que présentent ces cavités à leur extrémité inférieure. Il nous reste à indiquer : 1® la façon dont elles

Fig-. 40.

Schéma représentant le trajet des fibres communes sur la face postérieure des ventricules.

D, ventricule droit. — G, ventricule gauche. — a, h, c, d, e, /’, g, h, i, j, k, onze fibres communes se rendant : les deux premières au ventricule gauche, les autres au ventricule droit.

ANGEIÜLOGIE

traversent ces orifices ; 2° quel est leur trajet et leur mode de terminaison dans le ventricule lui-même.

b. Leur mode de pénétration dans les ventricules. — Les fibres pénètrent dans les ventricules suivant deux modalités différentes: en formant des anses ou bien en se contournant en huit de chiffre. — Dans le premier cas (fig. 41), une fibre quelconque, arrivée à l’orifice inférieur du ventricule, se réfléchit en haut, entre dans la cavité ventriculaire et vient se placer sur la paroi opposée à celle dont elle émane : sur la paroi postérieure, si elle appartient au groupe des fibres anté-

Eig. 41.

Schéma représentant une cuupe verticale cl antéro-postérieure du ventricule droit, pour montrer le trajet des libres communes.

Fig. 42.

Schéma représentant une coupe verticale cl antéi-o-postérieure du ventricule gauche, poui- montrer le tiajet des libres communes.

Fig-. 41. — A. faco anU-fieiiic du veulriculc. — I’. sa face iioslérii-ure. — 1, 2, 3, /oiio (ibreusc, valvule el oiifiee auriculo-vcntriculairos. — 4, coidages lendineu\. — b, o, muscles [tapillaiies. — ü, sac l'ormé par l’ensemlde des fibres propres. — 7, sommet du vculricule. — aa el bb, deux fibres communes de la jmroi anlérieicre du \eiilricule, se réflécbissant en anse, en 7, pour se terminer, l'une sur la face interne du ventricule [paroi poslérieure), l'autre dans le muscle papillaire. — xx et zz. deux fibres communes de la paroi pofUrrieure du ventricule, allant se terminer. Tune sur la face interne de la paroi poslerieurc , 1 autre dans le muscle i)apillaire.

Fig. 42. — A, F, 1, 2, 3, 4, o, 0, 7, comme dans les figures ])récédentes. — aa el bb, deux fibres communes de la 'paroi antérieure du ventricule, se réfléchissant en huit de chijj're, en 7, pour se terminer, l'un sur la face interne de la paroi antérieure, l'autre dans le muscle papillaire. — xx et zz, deux fibres communes de la paroi ]>oslérieure, se réfléchissant de même en huit de chijf're, en 7, pour se terminer, l'une sur la face interne de la 'paroi postérieure, l'autre dans le muscle papillaire.

rieures ; sur la paroi antérieure, si elle fait partie des fibres postérieures. En d’autres termes, une fibre qui appartient par sa portion superficielle ou extraventriculaire à la paroi antérieure du cœur, appartient à la paroi postérieure par sa portion profonde ou intra-ventriculaire et vice versa. — Dans le second cas (tig. 42;, les fibres cardiaques, au lieu de décrire des anses simples comme précédemment, se contournent sur elles-mêmes en huit de chiffre, pour venir s’appliquer, une fois arrivées dans l’intérieur du ventricule, sur la paroi à laquelle elles appartiennent par leur portion extra-ventriculaire.

11 résulte d’une pareille disposition : que les fibres en anse, se rendant a la

paroi opposée, croisent toutes, par leur partie moyenne, l’axe de l’oritice qui leur livre passage (tig. 41 ; 2® que les fibres en huit de chiffre, se rendant à la même

COEUR

paroi, ne croisent pas cet axe ; elles le respectent et opèrent leur réflexion un peu en dehors de lui (fig. 42). Ceci nous explique comment il se fait que Uorifice inférieur du ventricule droit, qui est traversé par des libres en anse, est complètement fermé par elles, tandis que l’orifice inférieur du ventricule gauche, qui ne comprend que des fibres en huit de chiffre, nous présente le long de son axe ce petit pertuis, à direction verticale, que nous avons mentionné ci-dessus.

c. Leur trajet et leur mode de terminaisoyi dans les ventricules. — Quel que soit leur mode de réflexion, en anse ou en huit de chiffre, les fibres communes, arrivées dans leur ventricule respectif, s’y terminent de deux façons : les unes, fibres pariétales, s’appliquent à la face interne des sacs ventriculaires formés par les fibres propres et , se portant en haut, viennent se terminer sur les zones fibreuses de la base ; les autres, fibres papillaires, forment par leur ensemble les colonnes charnues du premier ordre ou muscles papillaires et aboutissent par conséquent aux valvules auriculo-ventriculaires.

d. Résumé. — En résumé, les fibres communes des ventricules affectent, comme les fibres propres, la forme d’une anse : d’une anse qui répond à la pointe du cœur par sa partie moyenne et, par ses deux extrémités, aux zones fibreuses de la base. Chacune d’elles comprend ainsi deux parties; une partie descendante et superficielle, située en dehors des ventricules ; une partie ascendante et profonde, située dans l’intérieur même de ces cavités.

Une dernière conclusion qui découle de ce que nous venons de dire, c’est que les parois ventriculaires, quel que soit le point où on les considère (abstraction faite de la cloison et de la pointe), se composent de trois plans de fibres, savoir : 1° un plan superficiel, formé par la partie descendante des fibres communes; 2° Mnplan profond, formé par la proportion ascendante de ces mêmes fibres; 3° plan moyen ou intermédiaire, enfin, constitué parles fibres propres (fig. 41, 42 et 43).

Quant a la cloison, elle est formée simplement par les deux sacs ventriculaires adossés l’un à l’autre et tapissés sur leur face interne par la partie profonde des fibres communes.

Passons maintenant aux oreillettes.

2^ Fibres des oreillettes. — Les fibres des oreillettes se distinguent, coilime celles des ventricules, en deux groupes : 1“ fibres propres à chacune des oreillettes ; 2^ fibres communes à ces deux cavités :

A. Fibres propres. — Les fibres propres des oreillettes affectent pour la plupart la forme d’anneaux (fig. 44), disposés autour des- orifices qui s’ouvrent dans ces

Fig. 43.

Coupe schématique des deux ventricules, pour montrer la situation respective des fibres propres et des fibres communes.

V. G., ca'filé du ventricule gauche, — V. D., cavité du ventricule droit — A, lace antérieure. — P, face postérieure.

1, 1’, feuillet viscéral du péricarde. — 2, 2’, première couche, formée par la portion superficielle des fibres communes aux deux ventricules. — 3, 3’, deuxième couche, formée par les fibres propres à chaque ventricule. — 4, 4’, troisième couche, formée par la portion profonde des fibres communes aux deux ventricules. — 5, 3’, endocarde. — 6, vaisseaux interventriculaires antérieurs. — G’, vaisseaux interventriculaires postérieurs.

ANGEIOLOGIE

cavités : veines pulmonaires pour l’oreillette gauche ; veine coronaire, veines caves supérieure et inférieure pour l'oreillette droite.

A côté de ces fibres, que l’on pourrait appeler fibres annulaires, se trouve un s}"stème de fibres en anse, qui s’étendent du segment antérieur des zones auriculoventriculaires au segment postérieur de ces mêmes zones, en parcourant successivement les différentes parois de l’oreillette.

Les fibres en anse reposent immédiatement au-dessous de l’endocarde, qu’elles soulèvent parfois en formant des colonnettes plus ou moins volumineuses et plus ou moins étendues. Ces colonnes charnues sont surtout abondantes, comme nous l’avons déjà vu, dans l’intérieur des auricules. On les rencontre aussi, avec une direction verticalement ascendante, sur les parois antérieure et externe de l’oreillette droite, où elles prennent le nom de muscles pectinés.

B. Fibres communes. — Les fibres communes aux deux oreillettes sont peu nombreuses et superficiellement placées par rapport aux fibres propres. Elles sont

représentées par deux faisceaux aplatis et minces, qui s'étende n t transversalement d’une oreillette à l'autre. Ces deux faisceaux se distinguent en antérieur et postérieur r a) Le faisceau antérieur, le plus volumineux des deux, se porte de l’auricule droite à l’auricule gauche. 11 voile complètement, en passant, toute trace de séparation entre les deux oreillettes. Sa face antérieure, fortement concave, répond aux artères aorte et pulmonaire et embrasse, dans sa concavité, la partie postérieure de ces deux vaisseaux.

f) Le faisceau postérieur , beaucoup plus grêle, part de la face postérieure de l’oreillette droite, passe au-dessus de la veine coronaire et vient se terminer à la face postérieure de l’oreillette gauche, immédiatement au-dessus du sillon auriculo-ventriculaire.

Les fibres musculaires de la cloison des oreillettes sont difficilement séparables en deux couches, comme cela se voit sur la cloison interventriculaire. Le plus grand nombre de ces fibres contribuent à former l’anneau de Vieussens, que l’on peut, jusqu’à un certain point, considérer comme un sphincter incomplet du trou de Botal.

Fibres des oreillettes,

Fig. 44.

vue post(‘i icure (d'après ItoxAsiv)

l, oreillelte droite. — 2, oroillctlo gauche. — 3. veines pulmonaires. — 4, veine cave supérieure. — 5, veine cave iulérienre. — 6, veine coronaire. — 7, fibres entourant rembouchure des veines pulmonaires. — 8, fibres entourant celle de la veine cave suiiérieure. — 0, fibres entourant celle de la veine cave infi>rieure. — 10, 1Û‘. faisceaux circonscrivant les orifices auriculo-ventriculaire gauche et droit.

3° Connexions anatomiques entre les fibres des oreillettes et les fibres des ventricules, faisceaude His. — On a cru pendant longtemps que les fibres des oreillettes et les fibres des ventricules étaient complètement indépendantes les unes des autres, constituant ainsi deux systèmes anatomiques entièrement distincts.

Une pareille formule n’est que partiellement exacte.

S’il existe entre les oreillettes et les ventricules une couche fibreuse, plus ou moins épaisse mais continue (voy. fig. 31), qui les isole manifestement dans la plus

COEUR

grande partie de leur étendue, il est un point où oreillettes et ventricules sont seulement unis par un faisceau musculaire intermédiaire : c’est au niveau des cloisons sagittales qui séparent les cavités gauches des cavités droites.

Nous trouvons là, en effet, un faisceau descendant (fig. 45), long de 35 à 45 millimètres, large de 2 à 3 millimètres, qui, partant de la partie postéro-inférieure de la cloison interauriculaire , passe dans la couche de tissu conjonctif qui sépare cette cloison de la cloison interventriculaire, la traverse et s’engage alors dans la cloison interventriculaire , où il se termine. Ce faisceau d’union jeté entre les deux cloisons interauriculaire et interventriculaire, auquel on fait jouer aujourd’hui un rôle important en physiologie et en clinique, est connu sous les noms divers de faisceau auriculo-ventriculaire , de faisceau atrio-ventricutaire , de faisceau de llis. C’est V Atrioventrikularbündel des anatomistes allemands.

C’est en 1895, au Ht» Congrès international de physiologie tenu à Lausanne que IJis Junior affirma pour la première fois l’existence, entre la musculature de l’oreillette et celle du ventricule, du faisceau unilif qui porte son nom.

Ce faisceau, depuis la communication de His, a été décrit à nouveau, avec force détails, tant chez l’homme que chez les animaux, par Retzer (1904), par Brxunkt (1904), par Tawarx (1905), par Môngkererg ( 1908 ) , par Firket (1908). On ne peut guère, à cause de ses faibles dimensioils, le mettre à découvert par la dissection. Far contre, on le voit très nettement sur des coupes sériées perpendiculaires à la cloison interauriculaire [coupes frontales, par conséquent), et il est facile alors de le suivre pas à pas et dans ses transformations diverses, depuis son origine jusqu’à sa terminaison.

11 prend naissance, à la partie postérieure et inférieure de la cloison interauriculaire fig. 46, sur un point qui est plus rapproché de l’oreillette droite que de l’oreillette gauche . De là , se portant obliquement d’arrière en avant et un peu de droite à gauche, il glisse au-dessous de la fosse ovale, gagne l’espace conjonctif qui sépare l'oreillette du ventricule, chemine quelque temps sur le bord supérieur de la cloison interventriculaire, passe alors sur la face gauche même de cette cloison interventriculaire et, finalement, se partage en deux branches : l’une droite, relativement étroite ; l’autre gauche, s’élargissant progressivement à la manière d'un éventail. Ces deux branches, divergeant dès leur origine, s’appliquent chacune sur la face correspondante de la cloison. Finalement, elles se résolvent en un nombre plus ou moins considérable de fascicules qui se perdent, en partie dans la musculature même de la cloison, en partie dans les muscles papillaires du voisinage.

Les quatre coupes ci-dessous fig. 46, que j’emprunte à Retzer, en les schématisant, nous montrent nettement le faisceau de Dis. tel que je viens de le décrire. — La coupe A nous le montre peu après son origine, appliqué contre la face droite de la cloison interauriculaire, immédiatement au-dessus de la couché conjonctive qui sépare l’oreillette du ventricule. — La coupe B, faite un peu en avant de la précédente, nous montre ce même faisceau descendu au-dessous de la couche conjonctive précitée, longeant maintenant le bord supérieur ae la cloison interventriculaire : il est cylindroïde, légèrement aplati dans le sens vertical. — Dans la coupe C, faite également un peu en avant de la coupe B, nous le voyons se partager en deux branches, l’une droite, l'autre gauche, qui, divergeant à la manière de deux branches d'un V renversé (a), s’appliquent contre les faces correspondantes de la cloison interventriculaire, la droite sur la face di'oite, la gauche sur la face gauche. Ces deux branches se portent en bas et en avant en cheminant au-dessous de l’endocarde. — Dans la coupe D, enfin, qui est faite à un niveau encore plus antérieur, les

anatomie humaine. — T. Il, 6® ÉDIT. 7

Fig. 45.

La cloison interventriculaire, vue par sa face gauche, après ouverture du ventricule gauche (même préparation que dans la fig. 24).

1, 2, paroi antérieure et paroi postérieure du ventricule gauche, érignées. — 3, paroi interne. — 4, valve interne de la mitrale. — 3, aorte, avec 5’, 3”. 5”’, ses valvules postérieure, droite et gauclie. — 6, artère coronaire droite. — 7, artère coronaire gauche. — 8, artère pulmonaire. — 9, faisceau de His [tn rose), avec 9’ et 9”, ses deux branches de bifurcation.

aa, bb, ec, dd, plans suivant lesquels sont faites les quatre coupes représentées dans la ligure suivante (tig. 46j.

ANGEIOLOGIE

deux faisceaux en question, nettement indépendants l'un de l'autre maintenant, se terminent cliacun de son côté, dans la musculature interventriculaire.

Au total le faisceau de His, envisagé dans son ensemble, ressemble assez bien à un Y renversé (a) : le pied de l'Y répondant à la partie postérieure du faisceau ; ses deux branches divergentes représentant les deux branches de bifurcation droite et gauche. 11 convient d’ajouter que

le faisceau de His, tant dans sa partie indivise que dans ses deux branches, est entouré d’une gaine conjonctive, qui l’isole des faisceaux musculaires voisins en lui assurant ainsi une sorte d’individualité.

Histologiquement les fibres du faisceau de His se distinguent des fibres constitutives des deux cloisons auriculaire ou interventriculaire en ce qu’elles sont plus étroites, très riches en noyaux, présentant une dilférenciation fibrillaire insignifiante et seulement sur les points périphériques. D’autre part, leur proloplasma se colore toujours en un ton différent de celui que prennent les autres fibres musculaires du cœur (Tawara). Elles se rapprochent ainsi, par plusieurs de leurs caractères, des fibres musculmres embryonnaires .

Les recherches les plus récentes ont établi que le faisceau de His ne contient pas que des fibres musculaires, mais que, aux éléments contractiles s'ajoutent toujours un nombre plus ou moins considérable de filets nerveux et même de cellules ganglionnaires (Asghoff, Tawara). De ce fait, le faisceau atrio-ventriculaire devient une formation mi.xte : ce n’est plus un faisceau musculaire, c’est un faisceau musculo-nerveux.

On sait que, dans le jeu rythmique du cœur, on a admis, pour expli(iuer celte succession régulière des contractions auriculaires et ventriculaires, une excitation qui, parlant de remboucburc des gros vaisseaux veineux , descend successivement : 1° d’abord sur les oreillettes, ((ui alors entrent en contraction ; 2» puis sur les ventricules, qui se contractent à leur tour.

Mais, si les phy?iologistes sont généralement d’accord sur le fait même de l’existence d’une excitation contractile, l’accord cesse quand il s’agit d’expliquer le mode de proi)agation intra-cardiaque de cette excitation ; pour les uns, la transruission de l’excitation de l’oreillelle au ventricule se fait par les fibres musculaires, grâce à la continuité de celles-ci, c'est la théorie myogène', pour d’auires, elle se ferait ]>ar l’intermédiaire des filets nerveux qui vont des oreillettes aux ventricules, c’est la théorie neurogène.

On pouvait objecter, et avec raison, aux myogénistes la présence entre les oreillettes et les ventricules d’une couche conjonctive continue iyai, en séparant conqdètement les deux musculatures, rendait en même temps impossible le passage de l’une à l’autre de l’excitation précitée. Avec la découverte par His d’un faisceau d’union jeté entre la cloison auriculaire et la cloison ventriculaire, l’objection tombait d’elle-même et c’est par ce faisceau d'union, faisceau fort précieux, que l’excitation contractile passait des oreillettes aux ventricules.

Des expériences, aussi nombreuses que variées, faites sur le faisceau de llis (section, compression, ligature, amenant des troubles divers dans le fonctionnement du cœur) semblent confirmer toute l'importance que lui accordent les myogénistes. Mais il ne faut pourtant pas oublier que le faisceau en question est un faisceau mixte, renfermant à la fois des fibres musculaires et des fibres nerveuses, si bien que, dans les expériences en question, on ne sait jamais quel est celui des deux éléments (est-ce aux fibres musculaires, est-ce aux nerfs?] auxquels il convient de rattacher les phénomènes observés.

J estime, pour ma part, qu’il me paraît peu rationnel d’attribuer le rôle important que lui accordent les myogénistes à un faisceau mus-

Fig. 46. — Coupes frontales des cloisons médianes du cœur pour montrer le faisceau de His (stiématisées d’après les coupes de Retzer) : A, coupe passant par la partie postérieure du faisceau (par aa de la fig. 45' ; B, coupe passant un peu en avant de la précédente (par bb de la fig. 45 ; C. coupe passant un peu en avant de la coupe B (par cc de là fig. 45) ; D, coupe passant un peu en avant de la coupe D (par dd de la fig. 45).

O. D., oreillette droite. — O. G., oreillette gauche. — V. D., ventricule droit. — V. G., ventricule gauche.

, cloison interauriculaire. — 2. cloison interventriculaire, avec 2’, sa portion membraneuse. —.3, valvule tricuspide. — y val- “ "'i*— i- ^ couche de tissu conjonctif séparant les fibres musculaires de l’oreillette et fibres musculaires du

vule mitrale. — , -

— 6, faisceau de His, avec : V, sa branche droite ; 4’’,

ventricule.

branche gauche. — 7, endocarde.

COEUR

culaire minuscule, qui ne réunit oreillettes et ventricules que sur une toute petite partie de leur étendue et qui, d’un autre côté, a les caractères d’un faisceau embryonnaire, autrement dit non développé : l’arrêt à un stade embryonnaire n’est précisément pas le caractère distinctif d’un organe ou d'une formation auquel est dévolue une fonction importante.

Quoi qu’il en soit, la découverte de His ne saurait porter atteinte à la théorie neurogène ou théorie de la transmission par voie nerveuse. Nous savons, en effet, que les différents troubles que l’on provoque dans la contraction des ventricules, en agissant expérimentalement sur le faisceau de His, on les obtient de même en agissant sur les nerfs du cœur. Nous savons aussi que, en clinique, « les troubles de conductibilité intra-card laques sont presque toujours la traduction de lésions nerveuses du vague » et que, dans certains cas de blocage complet du cœur (l’excitation contractile ne passant plus des oreillettes dans les ventricules, restant pour ainsi dire bloquée dans l’oreillette sans pouvoir descendre dans le ventricule), on a pu constatera l’autopsie que le faisceau de His était « indemne de toute lésion » (Dumas).

Voy. au sujet du faisceau de His : His (W. Jun.), Ueb. die Rythmik der Uer:.thâtigkeit, Centr. f. Physiol., Bd IX, 1895; — Retzer, Ueb. die musculose Verbindung zw. Vorhof u. Ventrikel d. Sügetierherzens, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1904 ; — Braunig, Ueb. musculose Verbindung zw. Vorkarnmer u. Kammer bei versch. Werbellierherzens, kreh. f. Anat. u. Physiol. , Supplt, physiol., 1904 ; — Humblet, Le faisceau inter auriculo -ventriculaire constitue le lien physiologique entre les oreillettes et les ventricules du cœur du chien, Arch. intern. de physiol., 1904 ; — Tawara, Anat. histol. Nachprufung d. Schnittfuhrung an d. Prof. Hering ubersandten Hundeherzen, Arch. f. Physiol., 1900; — Pahr, Ueb. d. muskuiàre Verbindung zw. Vorhof u. Ventrikel im norm. Herzen, etc., Virchow’s Arch., 1907; — Dogiel, Ein. Daten d. Anat. d. Frosch- u. Schüdkrôtenherzens., Arch. f. mikr. Anat., 1907; — Dumas, Bradycardie et faisceau de His, Th. Lyon, 1908; — Monckeberit, Untersuchungen über das Atrioventrikularhiindel in menschl. Herzen, léna, 1908; — Firket, De la présence du faisceau interauriculo-ventriculaire chez Vhomme, G. R. Assoc. Anat., 1908,

G.— Tissu CONJONCTIF DU MYOCARDE

Nous avons vu plus haut que les fibres cardiaques, ou faisceaux primilifs^ s’accolaient les unes aux autres en nombre plus ou moins considérable pour former des faisceaux secondaires, lesquels, à leur tour, se réunissaient pour former des faisceaux tertiaires et des faisceaux quaternaires.

Chaque faisceau secondaire est entouré par une gaine conjonctive qui l’enveloppe de toutes parts. Cette gaine, qui constitue la formation fasciculante de Renaut, est formée par des lames de tissu conjonctif, disposées concentriquement et simplement accolées les unes aux autres. De sa face interne se détachent de minces prolongements, qui s’insinuent entre les fibres cardiaques ou faisceaux primitifs et les séparent ainsi les unes des autres. « Sur une coupe pratiquée en travers de la marche des fibres musculaires, il est aisé de voir que les coupes de ces fibres sont séparées les unes des autres par des espaces plus ou moins grands. Ces espaces sont occupés par des faisceaux conjonctifs entrecroisés dans toutes les directions, bien que leur marche générale soit sensiblement parallèle à celle des fibres musculaires. De plus, on y voit des cellules fixes du tissu conjonctif, avec leurs prolongements protoplasmiques. Ceux-ci vont rejoindre d’autres prolongements protoplasmiques similaires, et interceptent, dans les intervalles des fibres musculaires cardiaques, un réseau plus ou moins régulier, o (Renaut.)

Au point de contact de deux, trois ou quatre faisceaux secondaires, les gaines

Coupe transversale du myocarde.

1, coupe transversale d’une fibre, noyau entouré de protoplasma granuleux. — 2, coupe des cylindres primitifs. — 3, une fente de Henle. — 3’, autre fente de Henle, avec vaisseaux longitudinaux. — 4, coupe d’un capillaire mêlé aux fibres musculaires. — 5, fibres vues dans le sens de leur longueur.

ANGEIOLOGIE

fascicLilantes de ces faisceaux s’adossent naturellement les unes aux autres, en formant ainsi, dans l’intervalle des faisceaux précités, des espaces triangulaires ou étoilés que l’on désigne sous le nom àç. fentes de Henle. Si, à l’exemple deScnwEiGGEu- Seidel et de Raxvier, on pique le myocarde avec la canule-trocart d’une seringue de Pravaz, et si on pousse avec ménagement une injection colorée, on remplit du même coup les fentes de Ilenle et les canaux lymphatiques sous-péricardiques. De ce fait, on pourrait être tenté de conclure que les fentes de Henle ne sont qu’une dépendance du système lymphatique. Ce serait une erreur: il est démontré, en effet, que les fentes en question ne présentent nullement le revêtement endothélial continu caractéristique des voies lymphatiques. Les fentes de Henle ne sont donc pas des voies lymphatiques au sens précis du mot. Ce sont de simples interstices conjonctifs, à travers lesquels passent les vaisseaux de distribution, à travers lesquels aussi circule la lymphe, laquelle pénètre ensuite dans des canaux lymphatiques vrais.

Dans le tissu conjonctif que nous venons de décrire et que l’on pourrait appeler tissu conjonctif interstitiel, le myocarde nous présente à sa surface deux lames conjonctives, qui revêtent : l’une sa surface extérieure, c’est la couche sous-péricardique ; l’autre, sa surface intérieure, c’est la sous-endocardique. Nous

retrouverons naturellement ces deux couches à propos du péricarde (voy. p. 85) et de l’endocarde (voy. p. 91).

ARTICLE V

VAISSEAUX ET NERFS I. — A UT ÈRE s

Les artères destinées au cœur proviennent des artères coronaires, branches de l’aorte. Au nombre de deux, l’une antérieure, l’autre postérieure, les artères coronaires cheminent dans les différents sillons de la surface extérieui-e du cœur, jetant à droite et à gauche de nombreuses divisions secondaires que nous décrirons ultérieurement (voy. Artères du cœur, p. 129p Ces divisions, de plus en plus nombreuses et de plus en plus ténues, pénètrent dans la substance musculaire.

Dans l’épaisseur du myocarde, les artères cardiaques cheminent dans les cloisons conjonctives qui séparent les uns des autres les faisceaux musculaires. De nouveau, elles s’y divisent et s’y subdivisent et, finalement, se résolvent en un riche réseau capillaire, dont les mailles, rectangulaires ou trapézoïdales, sont allongées parallèlement à la direction des fibres. Ce réseau enlace étroitement et dans toute son étendue les faisceaux primitifs; comme le fait remarquer Rexaut, chaque cellule cardiaque est enfermée individuellement, pour ainsi dire, dans un panier de capillaires sanguins.

Le réseau du muscle cardiaque, on le voit, présente la plus grande analogie avec celui des muscles striés ordinaires. 11 en diffère, cependant, par les caractères suivants : tout d’abord, ses mailles sont plus petites ; en second lieu, les capillaires cardiaques sont plus délicats, plus fragiles, se rompant facilement sous la pression seule des liquides injectés; enfin, on ne rencontre jamais, sur le réseau sanguin du myocarde, ces dilatations sinueuses ou arnpullaires, qui caractérisent celui des muscles ordinaires.

COEUR

Nous ajouterons qu’à la surface des vaisseaux sanguins du myocarde on observe

Fig, 48. Fig. 49.

Artères du cœur, vue antérieure. Artères du cœur, vue postérieure.

A, oreillette droite. — B, ventricule droit. — C, oreillette gauche. — D, ventricule gauche. — 1, artère aorte. — 2, artère pulmonaire. — 3, veines pulmonaires droites. — 4, veines pulmonaires gauches. — 5, veine cave supérieure, avec : 5’, orifice de la grande azygos. — 6, orifice de la veine cave supérieure. — 7. 7, 7, artère coronaire droite. — 8, 8, artère coronaire gauche. — 9, 9, artère auriculo-ventriculaire gauche et ses branches. — 10, 10’, branche antérieure et branche postérieure de l’artère interauriculaire. — 11, H’, artères destinées aux parois de l’aorte et de la pulmonaire.

une couche de cellules plates, qui peut être considérée (Ranvier) comme une portion de l’endothélium des espaces lymphatiques.

Le mode d’irrigation sanguine que nous venons de décrire dans le cœur de l’homme se retrouve, sans variantes importantes, dans le cœur des mammifères et dans le cœur des oiseaux. — Chez les batraciens, notamment chez la grenouille, le cœur ne possède ni vaisseaux sanguins, ni vaisseaux lymphatiques. Son ventricule, au lieu de nous présenter une cavité et des parois nettement différenciées, se compose d’un ensemble de travées musculaires orientées dans toutes les directions et s’entrecroisant dans tous les sens. Ces travées, recouvertes d’un endothélium, délimitent entre elles des interstices anfractueux et communiquant tous les uns avec les autres, dans lesquels circule en toute liberté le liquide sanguin. Le cœur des batraciens devient ainsi une sorte de bloc caverneux, une sorte à'éponge toujours imbibée de sang. — Les poissons nous offrent, à ce sujet, une disposition intermédiaire entre les mammifères et les batraciens. Le cœur se compose en effet, chez eux, de deux parties concentriques ; une partie externe ou superficielle, compacte et renfermant un réseau capillaire ; une partie interne ou profonde, spongieuse et dépourvue de vaisseaux. — Il n’est pas sans intérêt de rappeler que le cœur de V homme, dans les premiers stades de son développement, est, comme chez les batraciens, réticulé et invasculaire et que ce n’est que plus tard, quand se différencient ses parois et ses cavités, que les vaisseaux font leur apparition. Sur ce point, comme sur bien d’autres, le développement ontogénique reproduit, en le résumapt, le développement phylogénique.

§ II . — Veines

Issues des réseaux capillaires précités, les veines cardiaques se portent vers la surface extérieure du cœur, en cheminant, comme les artères, mais en sens inverse, dans les interstices des faisceaux musculaires.

La plupart d’entre elles, notamment celles qui proviennent du ventricule gauche et de la partie postérieure du ventricule droit, se rendent à un tronc volu-

ANGÉIOLOGÎE

inineux, la grande veine coronaire , laquelle, après un trajet relativement long dans le sillon interventriculaire antérieur et dans le sillon auriculo-ventriculaire gauche, vient se jeter à la partie postéro-inférieure de l’oreillette droite. La grande veine coronaire, au moment de s’ouvrir dans l’oreillette, présente un renflement de 25 à 30 millimètres de longueur, que l’on désigne sous le nom de sinus coronaire.

D’autres, appelées veines cardiaques accessoires ou petites veines cardiaques [venæ minores de quelques auteurs), s’ouvrent isolément dans l’oreillette droite. Elles occupent la face antérieure et le bord externe du ventricule droit.

Indépendamment de ces deux ordres de veines, qui cheminent toutes à la surface extérieure du cœur et qui sont superficielles par conséquent, Tiiébésius, d’abord, puis Lannelongue et Langer ont signalé l’existence, dans les parois du cœur, de canaux veineux tout petits qui, au lieu de se porter en dehors, se portent en dedans et s’ouvrent directement dans les différentes cavités cardiaques, tant dans les ventricules que dans les oreillettes : ce sont les veines de Thebésius, les venæ minimæ de quelques auteurs. Nous nous contentons ici de signaler ces trois groupes de veines cardiaques. Nous les décrirons plus loin, avec quelques détails, à propos du système veineux (voy. Veines).

ni Lymphatiques

La question des lymphatiques du cœur n’est pas encore complètement résolue. Les anatomistes, en effet, tout en étant d’accord sur leur existence, diffèrent d’opinion au sujet de leur disposition et surtout de leur origine. Nous les examinerons successivement ; l® dans le myocarde lui-même; 2® sur sa face interne, au-dessous de r endocarde ; 3® sur sa face externe, au-dessous du péricarde.

1® Voies lymphatiques ou myocardiques. — Dans l’épaisseur du myocarde, la lymphe chemine dans l’intervalle des fibres musculaires, notamment dans les fentes de tienle (voy.p. 52). Tous les interstices qui séparent les uns des autres les faisceaux musculaires ou les vaisseaux sont remplis de lymphe, et Ranvier a pu dire, avec raison, que le cœur des mammifères est une éponge lymphatique, de même que le cœur des batraciens est une éponge sanguine.

La signification histologique des voies lymphatiques du myocarde n’est pas encore nettement établie. Pour Saevioli, ce seraient de vrais vaisseaux lymphatiques, avec revêtement endothélial caractéristique. Pour d’autres, au contraire (Henee, Sciiweigger-Seidee), ce seraient de simples espaces conjonctifs, communiquant, en dehors du myocarde et suivant une modalité encore inconnue, avec les canaux lymphatiques vrais. Ranvier et Renaud, en France, Bianchi, en Italie, se sont rangés à cette dernière opinion. Tout récemment, NystrÔxM, reprenant la question des lymphatiques du myocarde, soit à l’aide des injections, soit à l’aide de la méthode de Golgi, est arrivé à formuler une opinion mixte. Pour lui, il existe à la fois, dans l’épaisseur du myocarde, et des voies interstitielles et des vaisseaux véritables à paroi propre. Les premières, situées dans les interstices des faisceaux musculaires, constituent des espaces diffus, irréguliers, anostomosés les uns avec les autres, envoyant dans l’épaisseur du fnisceau d’innombrables radicules, que l’auteur compare aux capillaires de sécrétion branchés sur les canaux excréteurs des glandes. Les seconds, les vaisseaux lymphatiques proprement dits, cheminent dans le tissu cellulaire lâche interposé aux faisceaux musculaires secondaires ; ils accompagnent le plus souvent les vaisseaux sanguins,

COEUR

Quoi qu’il en soit de leur nature, qu’elles aient ou non une paroi propre, les voies lymphatiques du myocarde s’ouvrent, d’une part dans le réseau profond ou sousendocar clique, d’autre part dans le réseau superficiel ou sous- péricardique. Voyons maintenant ces deux réseaux.

2° Réseau sous-endocardique. — Ce réseau, qui occupe la couche sous-séreuse (voy. Endocarde), a été signalé par Pappenhkim, en 1861. Il a été décrit à nouveau par Belaïeff et par Robin, et tout récemment par Mouchet (1909) qui, comme ce dernier, a constaté son existence sur toute l’étendue de l’endocarde. Belaïef a pu le suivre jusque sur les valvules auriculo-ventriculaires et sigmoïdes ; Mouchet, jusque sur les cordages tendineux.

Le réseau lymphatique de la surface intérieure des ventricules est d’une extrême richesse. A la pointe du cœur, là où les colonnes charnues du deuxième et du troisième ordre forment comme une sorte de tissu caverneux, les lymphatiques a affectent une disposition étoilée ou rayonnante ; en se continuant entre elles, toutes ces étoiles donnent naissance à un réseau d’une forme spéciale et caractéristique. A mesure qu’on se rapproche de la hase des ventricules, la disposition étoilée disparaît ; les mailles deviennent plus petites, plus serrées, de telle sorte que, sur la partie lisse des cavités, toutes les radicules lymphatiques se touchent et arrivent même à se superposer. Sur les cordages tendineux, enfin, le réseau affecte également une disposition qui lui est propre : il se compose de mailles longitudinales, occupant la surface de ces cordages, tous les points de leur épaisseur, et pénétrant jusqu’à leur centre )) (Sappey).

Envisagé au point de vue de ses origines, le réseau lymphatique sous-endocardique est constitué, en partie par des lymphatiques issus de l’endocarde, en partie par des lymphatiques provenant du myocarde.

Les troncs et troncules qui en partent se divisent en supérieurs et inférieurs (Sappey). — Les lymphatiques inférieurs se portent en has vers la pointe du cœur, traversent de part en part le myocarde et, arrivés à la surface externe de l’organe, se mêlent aux lymphatiques du réseau sous-péricardique. — Les lymphatiques supérieurs se dirigent en haut. Ils traversent le myocarde sur des points divers, les uns au niveau de la paroi antérieure des ventricules, les autres au niveau de la paroi postérieure, et se jettent, comme les précédents, dans le réseau sous-péricardique.

3° Réseau sou s -péricardique. — Les lymphatiques superficiels ou sous-péricardiques sont situés dans la couche cellulaire qui sépare le cœur du péricarde viscéral. Us forment un vaste réseau à mailles irrégulièrement quadrilatères, partout continu, mais beaucoup moins riche sur les oreillettes que sur les ventricules : Sappey nous apprend que, dans la classe des mammifères, le cheval et le bœuf sont les seuls chez lesquels il ait pu réussir à injecter les lymphatiques auriculaires. A ce réseau sous-péricardique aboutissent à la fois les lymphatiques du péricarde et les lymphatiques du réseau sous-endocardique. La lymphe du réseau sous péricardique se collecte d’ordinaire dans deux troncs principaux ; l’un antérieur, qui répond assez bien à l’artère coronaire antérieure ; l’autre, postérieur, qui répond de même à l’artère postérieure.

a. Tronc lymphatique antérieur. — Le tronc lymphatique antérieur {tronc gauche de certains auteurs, fig. 50, 5), tantôt simple, tantôt double, prend naissance dans la région du sommet du cœur, où il résulte de la réunion d’un nombre plus ou moins considérable de troncules émanés du réseau sous-péricardique. De là, il se porte en haut en suivant le sillon qui sépare les deux ventricules. Arrivé

ANGÉIOLOGIE

au sillon auriculo-ventriculaire, il passe entre l’auricule droit et le côté droit de l’artère pulmonaire, contourne en spirale le côté postérieur de ce vaisseau, s’en dégage au niveau de son bord droit, s’élève alors sur le côté interne de la crosse aortique et, finalement, vient se jeter dans l’un des ganglions placés au-dessous de la bifurcation de la trachée. Rainer (1908) conclut de ses recherches qu’il aboutit « à des ganglions péritrachéo-bronchiques, souvent au groupe prétrachéo-bronchique gauche, mais aussi au groupe correspondant droit, ou au groupe intertrachéo-bronchique ou même aux trois groupes à la fois. »

Le tronc lymphatique antérieur, comme nous l’avons dit plus haut, est souvent

Fig. 50.

Yaisseau.x lymphatiques de la lace antérieure du cœur de riiomme (d’après 8.\iu>ey).

A, oreilletle droite. — B, veine cave inférieure. — C, oreillette gauche. — Ü, veines pulmonaires gauches.

— E, artère pulmonaire et ses deux branches. — F, origine de l’aorte. — G, G, artère coronaire gauche. — II, H, veine coronaire correspondante. — I, artère et veine coronaires droites.

1, 1, réseau lymphatique de la paroi antérieure du ventricule droit. — 2, troncules partant de ce réseau.

— 3, tronc lymphatique postérieur. — 4. 4, 4, réseau lymphati({ue de la paroi antérieure du ventricule gauclie.

— 5, tronc lymphatique antérieur (il est double i. — G, tronc auriculo-ventriculaire gauche. — 7, tronc collecteur de tous les vaisseaux émanés du ventricule gauche, s’engageant à la partie postérieure de l'artère pulmonaire.

Fig. ol.

Vaisseaux lymphatiques de la face postérieure du cœur de l’homme (d’après Sappey).

A, oreillette droite. — B, veine cave inférieure. — C, veine cave supérieure. — D, oreillette gauche. — E, veines pulmonaires gauches. — F, veines pulmonaires droites. — G, aorte. — H, branche gauche de l’artère pulmonaire. — I, artère coronaire gauche et grande veine coronaire. — Iv, artère coronaire droite et petite veine coronaire. — L, abouchement du sinus coronaire dans Forcillctte droite.

1, 1, réseau lymphalifjue de la face postérieure du ventricule droit. — 2, troncules qui parlent de ce réseau.

— 3, tronc lynq)hati<|ue postérieur. — 4, 4, réseau lymphatique de la face postérieure du ventricule gauche.

— 3, tronc lymphatique gauche. — 6, troncules qui vont se jeter dans 7, le tronc auriculo-ventriculaire gauche.

double, du moins à sa partie inférieure. Lorsque cette disposition existe, les deux troncs se fusionnent, habituellement (fig. oOj, au niveau du point où ils prennent contact avec l’artère pulmonaire.

Au cours de son trajet, le tronc lymphatique antérieur reçoit de nombreux affluents. — Dans sa portion ventriculaire, tout d’abord, il reçoit un grand nombre de troncules, pour la plupart assez volumineux, qui proviennent de la moitié antérieure du ventricule gauche. 11 reçoit aussi, par son côté droit, de nombreux troncules (mais ceux-ci relativement petits; qui émanent de la partie avoisinante du ventricule droit. — Au niveau du sillon auriculo-ventriculaire, il est grossi par un tronc volumineux, à direction horizontale, qui chemine d’arrière en avant dans la moitié droite du sillon auriculo-ventriculaire. Ce tronc, tronc auriculo-ventriculaire droit ol, 7j, prend naissance à la partie supérieure ou h la partie

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moyenne du sillon interventriculaire postérieur et reçoit, au cours de son trajet, 7 et 8 troncules ascendants, qui proviennent pour la plupart de la face postérieure du ventricule gauche. Quelques-uns seulement, comme nous le montre la figure 46, émanent de la surface antérieure de ce ventricule.

h. Tronc lyynphatique postérieur. — Le tronc lymphatique postérieur {tronc droit de certains auteurs, fig. 51, 3) naît sur la face postérieure du cœur, au voisinage de sa pointe. De là, il se porte en haut dans le sillon interventriculaire postérieur, qu’il parcourt dans toute son étendue. Parvenu au sillon auriculo-ventriculaire, il s’infléchit à droite et s’engage dans ce dernier sillon. Il contourne bientôt le bord droit du cœur, passe au-dessous de l’auricule droite, arrive à l’origine de l’aorte et, s’élevant alors sur la face antérieure de ce vaisseau, il vient se terminer, comme le tronc lymphatique antérieur, dans l’un des ganglions soustrachéens. Rainer le fait aboutir à un ganglion qui se trouve dans le médiastin antérieur au-devant et au-dessus de la crosse aortique.

Le tronc lymphatique postérieur, deux fois coudé sur lui-mêmcÿ nous présente trois portions : une première portion, ascendante, qui répond au sillon interventriculaire postérieur ; une deuxième portion, transversale, qui embrasse, à la manière d’un fer à cheval, la moitié droite du sillon auriculo-ventriculaire ; une troisième portion, de nouveau ascendante, qui longe la face antérieure de l’aorte.

Dans sa première et dans sa seconde portion, il reçoit de très nombreux affluents, à direction oblique ou ascendante, qui proviennent tous de la face postérieure ou de la face antérieure du ventricule droit.

c. Territoires respectifs des deux zones lymphatiques. — Comme on le voit par notre description et par les deux figures 50 et 51, la surface extérieure des ventricules nous présente deux territoires lymphatiques, qui répondent pour ainsi dire aux deux moitiés latérales de la masse ventriculaire. Le territoire gauche comprend toute la surface extérieure du ventricule gauche et, en plus, la portion de la face antérieure du ventricule droit qui longe le sillon interventriculaire antérieur. Le territoire droit, à son tour, comprend toute la surface extérieure du ventricule droit, sauf la petite bande précitée qui fait partie du territoire précédent. Il est à peine besoin de faire remarquer que ces deux territoires ne sont nullement indépendants, mais, au contraire, communiquent largement entre eux sur les deux faces du cœur, principalement au niveau de la pointe où un réseau extrêmement riche sert d’origine commune au tronc lymphatique antérieur et au tronc lymphatique postérieur.

§ IV. — Nerfs

Les nerfs du cœur proviennent du qui s’étale au-dessous de

la crosse aortique et à la constitution duquel concourent à la fois, comme nous le verrons plus tard (voy. t. III, Système nerveux périphérique), des branches du pneugastrique et des branches du sympathique cervical.

1° Plexus coronaires. — Les innombrables filets nerveux qui émanent du plexus cardiaque se jettent sur les gros troncs artériels (artères aorte et pulmonaire) et gagnent avec eux la base des ventricules.

Là, quelques-uns d’entre eux, dits rameaux ancricidaires, se portent directement sur les oreillettes.

Les autres, et c’est le plus grand nombre, se jettent sur les deux artères coro-

ANGÉIOLOGIE

naires droite et gauche, en formant autour d’elles des plexus secondaires, que Ton désigne sous le nom de plexus coronaire droit et de plexus coronaire gauche. Ces plexus accompagnent les artères homonymes et leurs principales collatérales jusqu’à leur terminaison.

2° Mode de distribution des plexus coronaires. — Au cours de leur trajet, les plexus coronaires fournissent deux ordres de rameaux, les uns superficiels, les autres profonds ;

a. Rameaux superficiels : plexus sous-péricardiques. — Les rameaux superficiels naissent, pour la plupart, au niveau de la ligne de partage des ventricules

sales ou obliques, si bien que la surface tout entière des deux ventricules se trouve enserrée dans une sorte- de filet dont les mailles sont limitées par des faisceaux nerveux (Jacques) : c’est \q plexus sous-péricardique venlriculaire.

Un plexus analogue, quoique à mailles plus irrégulières et plus serrées, existe à la surface des oreillettes : c’est le plexus sous-péricardique auriculaire . Il est formé à la fois : 1® par les rameaux auriculaires, ci-dessus décrits, qui proviennent directement du plexus cardiaque; 2® par quelques rameaux ascendants, issus des plexus coronaires droit et gauche.

Comme leur nom l’indique, les plexus nerveux sous-péricardiques ventriculaire et auriculaire se trouvent situés immédiatement au-dessous du péricarde, dans la couche celluleuse qui sépare le myocarde de sa séreuse.

Au point de vue de son mode de distribution, le plexus sous-péricardique émet des filets externes et des filets internes : des filets externes, qui sont destinés au péricarde et que nous décrirons plus loin (voy. Péricarde) ; des filets internes, qui pénètrent dans le myocarde et qui se distribuent à la paroi des oreillettes et à la couche superficielle des ventricules, autrement dit à la partie externe ou superficielle des fibres communes.

b. Rameaux profonds : filets nerveux du myocarde et plexus sous-endocardique. — Les rameaux profonds des plexus coronaires pénètrent dans le myocarde, comme leur nom l’indique. Les uns s’y terminent dans la couche moyenne des

et des oreillettes, et, de là, descendent vers la pointe du cœur (fig. 52), en suivant un trajet sensiblement rectiligne et indépendant des vaisseaux.

Cœur de chien injecté au bleu de méthylène pour mettre en évidence les nerfs superficiels [demi-schématique, d’après J.vcques);

A, le cœur, vue antérieure. — B, le môme, vue postérieure.

Ces filets descendants, de longueur et de largeur variables, se composent principalement de fibres amyéliniques. Ils se bifurquent plus ou moins au cours de leur trajet et, d’autre part, ils s’envoient mutuellement de nombreuses anastomoses transver-

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ventricules ou plus exactement dans les fibres propres (p. 44). Les autres le traversent de part en part, arrivent à la surface interne, et là, immédiatement au-dessous de l’endocarde, forment un riche, plexus, le plexus sous-endocardique.

Ce plexus, à mailles fort irrégulières et sans orientation aucune, s’étale dans la couche celluleuse qui sépare le myocarde de sa membrane de revêtement interne ; il est totalement dépourvu de cellules ganglionnaires.

Il donne naissance, comme le plexus sous-péricardique, à des filets internes et à des filets externes : des fllels internes, qui se distribuent à l’endocarde lui-même (voy. Endocarde, p. 91) ; des filets externes, qui de nouveau pénètrent dans le myocarde et se

terminent dans sa couche interne, laquelle est formée, ne l’oublions pas (p. 47j, par la portion réfléchie des fibres communes aux deux ventricules.

Portion du plexus sous-endocardique du, ventricule du chien (d’après Jacques).

3° Répartition systématique des nerfs du myocarde. — Il résulte des descriptions qui précèdent que le mode d’innervation du myocarde n’est pas quelconque, mais soumis à une règle que l’on peut formuler de la façon suivante

a) En ce qui concerne les oreillettes, tous les nerfs destinés à sa musculature paraissent provenir des rameaux superficiels, autrement dit du plexus sous-péricardique,

P) En ce qui concerne les ventricules, nous savons, pour l’avoir vu plus haut (voy. p. 47 et fig. 43) que leurs parois se composent de trois pians de fibres : un plan superficiel formé par la partie descendante des fibres communes; un plan profo7id, formé par la partie réfléchie ou ascendante de ces mêmes fibres communes ; wii plan moyen ou intermédiaire, constitué par l’ensemble des fibres propres. Eh bien, le plan moyen (fig. 54) reçoit directement ses nerfs des plexus coronaires; le plan superficiel et le plan profond reçoivent les leurs, le premier duplexas sous - péricardique , le second du plexus sous-endocardique. 11 convient d’ajouter qu’une pareille formule est un peu schématique, et que les trois systèmes nerveux précités, comme fait remarquer Jacques, s’enchevêtrent plus ou moins aux confins de leurs territoires respectifs.

Fig. 54.

Schéma montrant, sur une coupe de la paroi ventriculaire, le mode de distribution systématique des nerfs du cœur.

1, myocarde, coupé en travers, avec : a, sa couche externe, formée parla partie superficielle des fibres communes ; b, sa couche interne, formée par la partie profonde ou réfléchie de ces mêmes fibres communes ; c, sa couche moyenne formée par les fibres propres. — 2, péricarde, avec ; 2’, sa couche sous-séreuse renfermant le plexus nerveux sous-péricardique. — 3, endocarde, avec : 3’, la couche sous-séreuse renfermant le plexus nerveux sous-endocardique. — 4, 4’, un rameau du plexus coronaire, réséqué à sa partie moyenne.

ANGEIOLOGÏE

4° Ganglions du cœur. — Aux nerfs du cœur, se trouvent annexés, sur des points divers, des cellules nerveuses, soit isolées, soit réunies en groupes, formant dans ce dernier cas de véritables ganglions, les ganglions du cœur. Ces ganglions, découverts par Remak en 1844 sur le cœur du veau, ont été signalés à nouveau chez les batraciens par Ludwig en 1848 et par Biddeu en 1852. Dans ces derniers temps, leur étude a été reprise par de nombreux histologistes, parmi lesquels je citerai Vignal (1881), Kasem-Beck (1887), Eisenlohr (1886), Jacques (1894), IIey- MANS et Demoor (1895), Schmidt (1897), Dogiel (1899), Schwartz (1899), Smirnow (1904), Valedinsky (1904), Michaïlow (1907-1908), etc. Malgré tous ces travaux, la question des ganglions cardiaques n’est pas encore complètement élucidée. Gela tient assurément aux difficultés du sujet ; mais cela tient aussi à ce que les ganglions en question varient beaucoup dans leur disposition, comme dans leur structure, suivant les espèces animales où on les considère. A cet effet, il convient de les étudier tout d’abord chez les batraciens, puis chez les mammifères.

a. Ganglions des batraciens. — Chez les batraciens anoures, Ludwig et Bidder

et, après eux, Banvier, décrivent deux nerfs cardiaques, l’un antérieur, V diWivQ postérieur . Tous les deux (fig. 55,2 et 1) se portent vers le sinus veineux, et là, pénètrent dans la cloison interauriculaire. Le postérieur, poursuivant son trajet descendant, parcourt de haut en bas toute la hauteur de l’oreillette et arrive au sillon auriculo - ventriculaire, oii il se termine. L’antérieur, parvenu dans la cloison inter- auriculaire, s’inlléchit en avant, puis en bas, et gagne, lui aussi, la base du ventricule, auquel il envoie ses branches terminales.

Chemin faisant, les deux nerfs cardiaques s’anastomosent sur deux points : D au niveau du sinus veineux, au moment où ils vont disparaître dans la cloison interauriculaire; 2® à la partie tout inférieure de cette même cloison.

Le long des nerfs cardiaques se disposent trois amas ganglionnaires : ce sont, du nom des anatomistes qui les ont découverts, le ganglion de Remak, le ganglion de Ludivig et le ganglion de Bidder. Le ganglion de Bemack (fig. 55, 5) se trouve situé au niveau du sinus veineux. Le ganglion de Ludwig (fig. 55, 6), encore appelé ganglion inter aur iculair e , occupe, comme son nom l’indique, la partie inférieure de la cloison interauriculaire. Quant au ganglion de Bidder (fig. 55, 7), il se trouve situé, un peu au-dessous du précédent, au niveau de la base du ventricule.

b. Ganglions des mammifères. — Les formations ganglionnaires du cœur nous présentent, chez les mammifères et notamment chez l’homme, une disposition toute différente. Nous avons vu que, chez eux, les nerfs cardiaques formaient à la surface extérieure du cœur, tant sur les oreillettes que sur les ventricules, un vaste plexus, le plexus sous-péricardique, que l’on peut diviser en auriculaire et ventriculaire. Les deux plexus auriculaire et

Fig. .^5.

Ganglions du cœur chez la grenouille [schéma).

1, nerf cardiaque droit. — 2, nerf cardiaque gauche. — 3, anastomose de ces deux nerfs au niveau de l'oreillette droite.

— 4, anastomose des mêmes nerfs au niveau de la cloison interauriculaire. — 5, 5, masses ganglionnaires formant le (janf/lion de liemak. — 6, ganglions de la cloison interauriculaire ou (janrjlion de LudwHj. — 7, 7, (janrjlions de Bidder. — 8, oreillette droite, ouverte pour montrer la disposition des nerfs et des ganglions cardiaques. — 9, orifice auriculo-ventriculaire. — 10, oreillette gauche.

— Il, bulbe artériel. — li. sinus de la veine cave inférieure. — 13, veine cave inférieure.

COEUR

Fig. 56.

inglioniic une travée du plexus sous-péricardique (d’après Jacques).

ventriculaire, le premier dans toute son étendue, le second dans son tiers supérieur,, sont comme parsemés de ganglions microscopiques, comprenant chacun de 1 à oO ou 100 cellules ou même plus. Et ces petits amas cellulaires sont à la fois tellement nombreux et tellement rapprochés que Dogiel a pu dire qu’ils forment par leur ensemble un ganglion unique et non interrompu.

Les ganglions cardiaques de l’homme et des primates diffèrent donc de ceux des batraciens en ce que, au lieu de se grouper en trois amas relativement volumineux, ils s’étalent et se disséminent en une vaste nappe, qui recouvre toute la surface des oreillettes et le tiers supérieur de la surface des ventricules. Quoique partout continue, cette nappe ganglionnaire semble se condenser sur les trois régions suivantes : 1° pour l’oreillette droite {zone auriculaire droite), au niveau des orifices des veines caves; 2° pour

l’oreillette gauche {zone auriculaire gauche), au niveau également des orifices des veines pulmonaires : 3° pour les ventricules {zone ventriculaire) , au niveau du sillon auriculo-ventriculaire. Il convient d’ajouter que la zone ventriculaire, qui se délimite, dans la plus grande partie de son étendue, au tiers supérieur de la masse ventriculaire, se prolonge au niveau des sillons interventriculaires (fig. 58j jusqu’à la partie moyenne des ventricules.

Si maintenant on veut, mettre en parallèle la disposition des batraciens et celle des mammifères supérieurs, on peut, ce semble, établir les homologies de la façon suivante : le ganglion de

Remak et le ganglion de Ludwig, ensemble, ont pour homologues les amas ganglionnaires qui se disséminent tout autour des oreillettes; quant au ganglion de Bidder, il est représenté par les ganglions de la zone ventriculaire.

La plus grande partie des ganglions cardiaques

de l’homme, tant sur les oreillettes que sur les ventricules, paraissent être super ficieU , veux dire placés à la surface extérieure du myocarde. Mais on

en rencontre aussi un certain nombre dans l’épaisseur même des parois cardiaques. Ces ganglions profonds, toutefois, sont beaucoup plus rares et, aussi, beaucoup

Schéma montrant les différentes zones ganglionnaires du cœur chez les mammifères.

A. Face antérieure du cœuR. — 1, zone auriculo-ventriculaire, répondant au ganglion de Bidder des batraciens. — 2, partie antérieure de la zone ganglionnaire qui se trouve située au voisinage des orifices des veines pulmonaires. — 3, artère coronaire gauche. — 4, artère coronaire droite.

B. Face postérieure du coeur. — 1, partie postérieure de la zone ganglionnaire située au voisinage des orifices des veines pulmonaires. — 2, zone ganglionnaire de l’orifice de la veine cave inférieure, répondant au ganglion de liemak des batraciens. — 3, partie postérieure de la zone auriculo-ventriculaire, répondant au ganglion de Bidder. — 4, artère coronaire droite. — 5, artère auriculo-ventriculaire gauche.

ANGEIOLOGIE

plus petits, réduits parfois à quelques cellules ou

Un ganglion nerveii.x; situé dans le tiers supérieur de la face antérieure du ventricule, chez le veau (d’après Valedinsky).

1, 2, 3, amas de cellules nerveuses, chacune avec son noyau et ses prolongements. — 4, enveloppe conjonctive. — 5, cloison conjoucti\e émanant de 4 et s’engageant entre les cellules nerveuses. — 6, ü, l’aisce uix de fibres nerveuses sortant du ganglion à l’un et à l’autre de ses deux pôles et Cormant de petits troncs nerveux, qui se divisent et se subdivisent. Le ganglion représenté mesure 0,52 mm. sur 0,45 mm.

voisinage et, d’autre part, envoie entre les cellules ments plus ou moins importants.

même à une cellule unique.

Lesganglionsducœuront, suivant les cas, une forme allongée, ovoïde, à contours plus ou moins irréguliers (fig. 58). Un ou plusieurs pédicules les relient aux travées des plexus voisins. Leurs cellules varient ordinairement de 10 à 200, tantôt plus ou moins pressées les unes contre les autres, tantôt séparées par des intervalles que comblent des fibres nerveuses ou simplement du tissu conjonctif.

Tout autour du ganglion se dispose une couche plus ou moins épaisse de tissu conjonctif, sorte d’enveloppe qui se continue, d’une part, avec le tissu conjonctif du ganglionnaires des prolonge-

5° Structure des ganglions cardiaques. — Les ganglions cardiaques se composent essentiellement, comme toutes les masses ganglionnaires, de cellules nerveuses, dont les prolongements se rendent aux (ilets nerveux, soit voisins, soit plus ou

moins éloignés. Ces cellules, considérées isolémentaprès dissociation du ganglion, mesurent, en moyenne, 25 à 40 p de longueur sur 20 à 25 p de largeur. Ellessont, suivant lecas, globuleuses, allongées en forme de fuseau, piriformes, en raquettes, aplaties et discoïdales, etc. Elles diffèrent, du reste, suivant les espèces animales où on les considère et, ici encore, il convient de les examiner successivement : 1° chez les batraciens ; 2"^ chez les mammifères.

A. Chez les batraciens. — PIoffmann (1902), utilisant tour à tour la méthode de Golgi et la méthode d’Ehrlich, a décrit, dans les ganglions cardiaques des batraciens, trois sortes de cellules : des cellules unipolaires, des cellules bipolaires et des cellules multipolaires. a) Les cellules unipolaires, de beaucoup les plus nombreuses, mesurent de 25 [r à 65 U. de diamètre . Leur forme est très variable : on en voit de sphériques, d’ovoïdes, de piriformes. I^e corps cellulaire est enveloppé par une capsule conjonctive qui se continue sur le prolongement cylindraxile. Celui-ci, lisse ou plus ou moins variqueux, sort du ganglion et, se dirigeant vers la périphérie, vient

Une cellule sympathique du cœur de la grenouille avec sa corbeille terminale, imprégnation par la méthode de Golgi (d’après 11off.mann).

1, corps cellulaire, avec : 2, sou noyau ; 3, sa capsule conjonctive. — 4, prolongement cylinclraxile ou fibre droite. — 5, fibre afférente, a\ ec o’, 5’, corbeille terminale.

COEUR

se terminer clans le plexus nerveux intra-musculaire. Ce qui caractérise essentiellement ces cellules, c’est la présence, tout autour de son cylindraxe, qui est la fibre droite, d’une deuxième fibre nerveuse enroulée à la manière d'une spirale. La cellule nerveuse devient ainsi la cellule à fibre spirale des anciens auteurs. Nous verrous plus tard, en étudiant la structure des ganglions sympathiques (voy. t, Illj, que cette fibre spirale, que l’on a considérée longtemps comme émanant de la cellule nerveuse au même titre que la fibre droite, est, au contraire, une fibre afférente, une fibre venue d’ailleurs, qui se résout entre la cellule et sa capsule

nucléée, en une arborisation de fines fibres terminales {Endkôrbe, corbeilles terminales, des histologistes allemands). Notons bien ce fait que ces corbeilles terminales se trouvent situées tout autour du corps cellulaire entre celui-ci et sa capsule : les corbeilles sont des plexus péricellulaires . On tend aujourd’hui à admettre que les fibres spirales, dont les plexus péricellulaires ne sont que l’épanouissement, représentent la terminaison des fibres du vague.

Il convient d’ajouter que si, dans la plupart des cas, les corbeillesterminales sont constituées chacune par une seule fibre spirale, il en est un certain nombre qui en reçoivent deux ou même un plus grand nombre (fig. 59), ces fibres spirales multiples pouvant provenir, soit d’une même fibre mère, soit de deux fibres entièrement distinctes.

P) Les cellules bipolaires, signalées par Ludwig dès 1848, ont été revues depuis par Fiuedlander (1867), par Gerlach (1876) et, tout récemment, par Hoffmann (1907). Elles sont très rares. Ce sont des cellules fusiformes, des deux extrémités desquelles partent des prolongements nerveux. On ne sait, du reste, quel est le trajet ultérieur de ces prolongements.

y) Les cellules multipolaires, également très rares, ont été signalées par Smir- Now (1900) dans le cœur de la grenouille, dans les oreillettes, dans la cloison interauriculaire, particulièrement dans les petits ganglions situés à la limite des oreillettes et des ventricules. Les dendrites, ordinairement très courtes, se terminent dans le voisinage de la cellule dont elles émanent. Le prolongement cylindraxile sort de la cellule et se dirige vers la périphérie. Le corps cellulaire, enfin, possède, comme la cellule unipolaire, une fibre spirale, fibre spirale qui se termine par un plexus unicellulaire.

Fig. 60.

Une cellule sympathique du cœur de la grenouille, dont les fibres spirales sont multiples, méthode de Golgi (d’après Hoffmann).

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