‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 12 sur 166 · cellule nerveuse. — 2, son noyau · texte numérisé non relu

cellule nerveuse. — 2, son noyau

— 3, sa capsule conjonclive. — 4, prolongement cylindraxile (fibre droite).

— 5, G, 7, 8, quatre fibres amyéliniques se portant sur la fibre droite, s'y enroulant en spirale 9, et gagnant le corps cellulaire pour y former une corbeille terminale 10. La partie inférieure de la corbeille, seule, a été imprégnée.

Fig. 61.

Une cellule ganglionnaire bipolaire du cœur de la grenouille (d’après Hoffmann).

1, corps cellulaire. — 2, 3. ses deux prolongements.

— 4, noyau de la cellule.

B. Chez les mammifères. — Chez les mammifères, tous les ganglions du cœur.

ANGEIOLOGIE

Fig. 62.

Divers types de cellules ganglionnaires du cœur chez le chien (d'après Jacques).

A, B, deux cellules nuiltipolaircs du sillon auiicLilo-ventriculaire. — C, cellule unipolaii-e provenant également du sillon auriculo- ventriculaire.

quels que soient leur situation, leur forme et leur volume, nous présentent les deux éléments suivants : 1° des cellules nereeuses, chacune avec ses prolongements nerveux qui sortent du ganglion, fibres efférentes; 2° des fibres nerveuses qui, nées en dehors des ganglions, pénètrent dans l’intérieur de ceux-ci et s’y terminent, fibres afféreyites.

a. Cellules nerveuses et fibres efférentes. — Les cellules nerveuses des ganglions

cardiaques ont les caractères des cellules sympathiques. Elles sont toutes, ou presque toutes, multipolaires : les cellules unipolaires et bipolaires existent bien, mais elles sont très rares. Chacune d’elles nous présente un corps cellulaire finement granuleux, avec une capsule conjonctive d’une extrême minceur, un gros noyau arrondi ou ovalaire et deux ordres de prolongements : prolongements protoplasmiques ou dendrites ; prolongements nerveux ou cylindraxes . D’après la disposition de ces prolongements, Dogiel distingue, parmi ces cellules, trois espèces fondamentales qu’il désigne sous les noms de cellules du premier type, cellules du second type, cellules du troisième type. A ces dénominations nous substituerons, avec Mollaud, celles morphologiquement plus significatives, de cellules à dendrites courtes, cellules à dendrites longues, cellules à dendrites moyennes.

y.) Les cellules du premier type ou cellules ci dendrites courtes (fig. 63) constituent dans chaque ganglion, dans les gros ganglions surtout, l’élément prédominant. Elles sont généralement de petites dimensions. Leurs dendrites, en nombre variable (de 2 à 16), plus ou moins ramitiées, bordées d’épines, ont pour caractéristique d’être très

courtes : elles paraissent se terminer dans le ^ ., J f ganglion lui-même par une touffe de filaments

' - plus ou moins variqueux. — prolongements

. " , A très longs et malgré cela toujours

dépourvus de gaine myélinique, sortent du ganglion, passent dans les plexus intra-myocardiques et se terminent vraisemblablement dans la musculature du cœur : ce sont des fibres motrices sympathiques tenant sous leur dépendance la contractilité des fibres cardiaques.

f) Les cellules du deuxième type ou cellules à dendrites longues se rencontrent de préférence dans les ganglions de petites dimensions. — Les dendrites, dont le nombre varie de 1 à 10, ont pour caractéristique d’être très longues : sous la forme de fibres minces et plus ou moins variqueuses, peu ramifiées, à trajet plus ou moins parallèle, ressemblant beaucoup <à des cylindraxes, elles sortent toutes du ganglion pour passer, à Litre d’éléments constituants, dans le plexus sous-péricardique ou myocardique. — Ouant au prolongement cylindraxile de ces cellules du deuxième type, il naît soit du corps cel-

FiK^ 63.

Cellules ganglionnaires du premier type à dendrites courtes et à cyiindraxe probablement moteur (d’après Dogiel).

1, cellules gnnglionnaires. — 2, rylindraxe. — 3. prolongements protoplasmiques ou dendrites.

COEUR

lulaire, soit de la base d’une des dendrites. Gorrime ces dernières, il est très long, sort du ganglion et se perd dans les troncules des plexus voisins. Quelle est la terminaison réelle des dendrites? Quelle est la terminaison réelle des prolongements cylindraxiles? Nous n’en savons encore rien ou à peu près rien.

y) Les cellules du troisième type ou cellules à dendrites moyennes constituent comme un intermédiaire entre les deux types précédents. — Leurs dendrites, au nombre de 3 à 6, de grosseurs .variées, ressemblent beaucoup, comme celles des cellules précédentes, à des prolongements cylindraxiles.

Elles ((' se résolvent à peu de distance de la cellule et suivant leur importance, soit en une espèce de touffe, soit en deux ou trois branches très longues et affectant la forme de filaments minces plus ou moins variqueux. Ces branches se divisent à leur tour, puis

Cellules ganglionnaires du deuxième type ou à dendrites très longues, oreillette du chat (d’après Dogiel) .

1, 2, deux fascicules nerveux formés par des fibres à myéline." — 3, une cellule nerveuse du deuxième type. — 4, un paquet de dendrites, minces et courant parallèlement comme des cylindraxes pour aller grossir le fascicule nerveux 2. .

se subdivisent un grand nombre de

fois en rameaux et ramuscules pour former enfin des arborisations terminales. Ces ramifications terminales cheminent entre les cellules ganglionnaires et forment un plexus serré qui, naturellement, enlace en même temps quelques cellules des autres types constituant ainsi les nids péricellulaires de Ramon Y Gajal )) (Mollard). — Quant au cylindraxe des cellules du troisième type, il se détache ici encore , soit du corps cellulaire luimême, soit de la portion initiale d’une dendrite. Il est épais, lisse, toujours dépourvu de 'myéline. A sa sortie du ganglion, il se jette dans un troncule nerveux sans qu’on puisse le suivre plus loin.

b. Fibres neroeuses afférentes. — Nous désignerons sous ce nom toutes les fibres, myéliniques ou amyéliniques, qui pénètrent dans les ganglions et s’y terminent. Elles sont de deux ordres : 1® fibres d'origine sympathique; 2° fibres d'origine cérébro-spinale.

a) Les fibres d'origine sympathique, en nombre variable, entrent dans le ganglion par l’un de ses pôles. Les unes sont pourvues de myéline; les autres, amyéliniques. Les premières, une fois entrées dans le ganglion, ne tardent pas à se débarrasser de leur myéline et, à leur tour, deviennent amyéliniques. Quelles soient primitivement amyéliniques ou qu’elles le deviennent, les fibres afférentes sympathiques se résolvent chacune en un nombre de filaments variqueux très fins, les-

Fig. 65.

Cellules nerveuses du troisième type à dendrites moyennes, oreillette du chat (d’après Dogiel).

1, 1, cellules nerveuses ganglionnaires. — 2,2, leurs dendrites, très courtes, mais plus longues que dans les cellules du premier type, se ramifiant ici dans le ganglion lui-même.

ANGEIOLOGIE

Fig. (56.

Fibres sympathiques pénétrant dans un ganglion, oreillette du chat (d’après Dogiel).

1, fibres à myéline. — -2, 2, fibres amyéliniques se ramifiant entre les cellules ganglionnaires et formant autour d'elles des plexus péricapsulaires 3, 3, 3. Ces cellules nerveuses ganglionnaires ne sont pas représentées.

quels se disposent en une sorte de plexus tout autour des éléments cellulaires et

de leurs prolongements. Ce plexus s’applique à la surface externe, non pas du corps cellulaire, mais de sa capsule conjonctive : c’est un plexus péricapsulaire.

Aucune fibrille ne traverse la capsule pour entrer en rapport avec le corps cellulaire proprement dit.

Les fibres d'origine cérébro-spinale diffèrent des précédentes en ce qu’elles se colorent plus difficilement, qu’elles sont très grosses, et qu’elles présentent toujours une gaine de myéline.

Après avoir perdu cette gaine de myéline, soit avant, soit après leur entrée dans le ganglion, elles se divisent en plusieurs filaments d’aspect lisse, légèrement variqueux, qui passent entre les cellules ganglionnaires et se dissocient elles-mêmes en un grand nombre de fibrilles. Chacune de ces dernières transperce la capsule d’une cellule nerveuse, décrit à la surface du corps cellulaire de nombreuses sinuosités qui s’entrecroisent dans différents sens et abandonne en outre, le long de son trajet, de courtes collatérales. Ces dernières s’entrelacent de telle façon que leur ensemble forme une sorte de pelote , pelote terminale [Endknduel des anatomistes allemands), dont le noyau est constitué par le corps de la cellule ganglionnaire et la périphérie par les filaments qui enveloppent la surface cellulaire (Mollard). Il convient d’ajouter que, dans un ganglion donné, les fibres afférentes cérébro-spinales ne fournissent de plexus péricellulaire qu’à un nombre très restreint de cellules de ce ganglion, à celles qui appartiennent au premier type et ’ que caractérisent des dendrites courtes. Il en résulte que si, dans un ganglion, toutes

... . ’ \ , , les cellules nerveuses sont pourvues d’un

rjbres cerebro-spinalcs pénétrant dans un , , . ^ ^

ganglion, oreillette du chat (d’après plexus pericapsulaire , seules les cellules a Dogiel).

1, fibres à myéline et -2 fibres amyéliniques pénétrant dans l’épaisseur d'un ganglion et s’y résolvant tout autour des cellules nerveuses (entre le corps cellulaire et sa capsule; en une série de plexus, plexus péricellulaires, 3, 3, 3. [Terminaisons en pelote).

COEUR

dendrites courtes en présentent deux : l’un péricapsulaire , de nature sympathique; l’autre, péricellulaire, appartenant au système cérébro-spinal.

6° Mode de terminaison des nerfs du myocarde. — Quelles que soient leur provenance et leur destination, les branches nerveuses du myocarde constituent un premier plexus, \q plexus fondamental, formé de fascicules nerveux relativement gros, courant dans les plus fortes cloisons conjonctives, entre les gros faisceaux musculaires et, la plupart du temps, parallèlement à ces faisceaux. Ces fascicules nerveux se divisent çà et là dicbotomiquement en des rameaux de plus en plus petits, qui s’engagent dans les interstices conjonctifs plus fins et qui, en s’anastomosant les uns avec les autres, forment tout autour des faisceaux secondaires, un deuxième plexus, le plexus périmusculaire {réseau préterminal de Renaut). C’est de ce deuxième plexus que naissent les fibres terminales, lesquelles pénètrent dans l’épaisseur même du faisceau secondaire et, là, tout autour des fibres musculaires, constituent un troisième et dernier plexus : le plexus intr a -musculaire de von Eb- NER. Morphologiquement et physiologiquement, les fibres terminales des plexus cardiaques se distinguent en motrices, sensitives et vasculaires :

a. Terminaisons motrices. — Les fibres motrices, issues du plexus périmusculaire, cheminent dans l’épaisseur des faisceaux musculaires secondaires et peuvent être suivies pendant un trajet souvent fort long. Leur calibre est généralement uniforme ; parfois, cependant, elles présentent l’état variqueux ou même deviennent franchement moniliformes . Leur direction (fig. 68) est rectiligne dans leur ensemble, mais avec des sinuosités nombreuses et de très courts rayons (Jacques).

Finalement, elles se résolvent, à la surface des fibres musculaires, en de nombreuses fibrilles terminales, remarquablement fines, ordinairement contournées et variqueuses, richement ramifiées.

Leur mode de terminaison a été longtemps controversé. On a admis tour à tour : avec Schweigger-Seidel, qu’elles se terminaient par des extrémités libres dans les espaces intermusculaires ; avec Krause et VON Openghowsky, qu’elles formaient de véritables plaques motrices ; avec Lângherans et Ranvier , qu’elles pénétraient dans l’épaisseur même des cellules musculaires et s’y terminaient par des extrémités plus ou moins effilées. L’emploi de la méthode de Golgi (imprégnation au chromate d’argent) et de la méthode d’Ehrlich (coloration par le bleu de méthylène), entre les mains de Gajal, d’HEYMANs, de Retzius, de Berkley, de Jacques, a démontré que les fibrilles motrices enlacent les fibres musculaires dans un riche réseau et se terminent réellement à la surface des cellules musculaires (chaque cellule, d’après IIeymans, aurait sa terminaison propre), par de petits renflements de configuration

Plexus intramyocardique, paroi ventriculaire, coupe perpendiculaire au grand axe du cœur (d’après Jacques).

En deu\ points on \oit, sous forme de taches irrégulières, des portions du muscle accidentellement imprégnées ; dans leur voisinage, des cellules conjonctives fusiformes se sont également colorées.

Cellules musculaires cardiaques isolées de la couche interne du ventricule , montrant leurs rapports avec de fines fibrilles intercellulaires.

ANGEIOLOGIE

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