CHAPITRE III
CERVELET
Le cervelet {petit cerveau, allem. Kleinhirn, angl. cerehellum ou little brain) est cette portion de la masse encéphalique qui occupe la partie postérieure et inférieure de la cavité crânienne. Il existe chez tous les animaux pourvus de cerveau et de moelle, dans les cinq classes de vertébrés par conséquent; mais il y existe à des degrés de développement fort différents. Envisagé d’une façon générale et dans l’ensemble de la série, le cervelet, organe impair et symétrique, se compose essentiellement de trois parties : une partie médiane, qui forme le lobe médian ou lobe moyen ; deux parties latérales, qui constituent les lobes latéraux ou hémisphères cérébelleux. Or, le lobe médian se rencontre chez tous l€s vertébrés. Mais il n’en est pas de même des hémisphères : ceux-ci font défaut chez les poissons, les batraciens, les reptiles et les oiseaux, où le cervelet se trouve réduit à sa partie médiane. Les hémisphères font leur première apparition chez les mammifères inférieurs et acquièrent graduellement de l’importance au fur et à mesure qu’on s’élève dans la série. C’est dans l’ordre des primates, et en particulier chez l’homme, qu’ils atteignent leur plus haut degré de développement.
Après quelques considérations générales sur le cervelet, nous étudierons successivement : l°sa conformation extérieure et ses rapports; son mode de segmentation périphérique; 3® sa conformation intérieure ; 4° sa structure; 5° ses connexions avec les autres parties du névraxe ; 6° enfin, ses vaisseaux.
§ 1. — Considérations générales
L Situation. — Le cervelet est situé dans l’étage inférieur de la base du crâne, en arrière de la protubérance et des tubercules quadrijumeaux, au-dessus du bulbe, au-dessous du cerveau.
Richard Owen avait émis l’assertion que le cervelet, qui est débordé en arrière par le lobe occipital chez l’homme, déborde ce dernier chez les singes. Huxley n’eut pas de peine à démontrer qu’une pareille assertion, basée du reste sur l’examen de figures inexactes, est complètement erronée : chez les singes, comme chez l’homme, le cervelet est entièrement recouvert par la partie la plus reculée de la masse cérébrale.
Une ligne à peu près horizontale, continuant le bord supérieur de l’arcade zygomatique et aboutissant à la protubérance occipitale externe, indique assez bien, sur la surface exocranienne, la limite séparative du cervelet et du cerveau.
2° Dimensions. — Les dimensions du cervelet sont les suivantes : son diamètre transversal, le plus long des trois, est de 8 à 10 centimètres ; son diamètre antéropostérieur, de 5 centimètres et demi à 6 centimètres et demi ; son diamètre vertical, autrement dit son épaisseur, mesure en moyenne 5 centimètres.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
3® Poids. — Le cervelet pèse 140 grammes en moyenne, soit la huitième partie du poids du cerveau. Mais ce chiffre varie beaucoup suivant les individus, suivant les âges et suivant les sexes.
a. Variations individuelles. — Il varie, d’abord, suivant les individus. En dehors de toute influence pathologique, on observe des cervelets qui ne pèsent que 130 ou même 125 grammes et, d’autre part, des cervelets qui dépassent la moyenne de 15, de 20 et de 25 grammes.
b. Variations suivant les âges. — Il varie aussi, et dans des proportions encore plus grandes, suivant les âges. Il est universellement admis que, chez les enfants, le cervelet est relativement beaucoup moins développé que chez l’adulte. Chaussier a vu, en effet, le cervelet fœtal représenter seulement la 17®, la 21®, la 26® et même
Fig. 523.
Coupe frontale du crâne, intéressant le cerveau et le cervelet.
1, crâne. — 2, dure-mère. — 3, cerveau. — 4, cervelet. — 5, faux du cervelet. — 6, tente du cervelet. 7, sinus latéral, — 8, sinus droit. — 9, sinus longitudinal inférieur.
la 43® partie du poids du cerveau, tandis que chez l’adulte, nous venons de le voir tout à l’heur^e, il en représente la 8® partie.
c. Variations sexuelles. — Le poids du cervelet varie-t-il aussi suivant \les sexes? G.\LLet Cuvier ont écrit depuis longtemps que le cervelet est plus volumineux chez la femme que chez l’homme. Mais les recherches de Parghapce, confirmées plus tard par de nombreuses pesées de Broca, seraient plutôt favorables à l’opinion contraire. Reprenant à son tour la question, Sappey est arrivé aux résultats sui-
vants :