‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 118 sur 166 · C . — Bords · texte numérisé non relu

C . — Bords

Les bords du quatrième ventricule, au nombre de quatre, se distinguent en antérieurs et postérieurs :

1° Bords antérieurs. — Les bords antérieurs se portent obliquement en haut et en dedans, vers les tubercules quadrijumeaux. Ils correspondent, non pas (comme on l’écrit quelquefois) au bord interne des pédoncules cérébelleux supérieurs, mais, comme on le voit nettement sur la figure 610, à la ligne d’union de ces pédoncules avec la protubérance annulaire.

2° Bords postérieurs. — Les bords postérieurs, obliquement dirigés en bas et en dedans, répondent à la ligne d’insertion de la ligula sur la pyramide postérieure et le corps restiforme. C’est le long de ces bords que la membrana tectoria, qui forme la voûte du ventricule, se continue avec la couche épithéliale qui revêt le plancher.

I) . — Angles

Au nombre de quatre également, les angles du quatrième ventricule se distinguent, d’après leur situation, en supérieur, inférieur et latéraux :

Angle antérieur. — L’angle supérieur ou antérieur, situé à l’union des deux bords antérieurs, est fortement aigu. Il répond à l’orifice postérieur de l’aqueduc de Sylvius (fig. 603, p. 698).

2° Angle inférieur. — L’angle inférieur ou postérieur, un peu plus ouvert, se continue, en avant de l’obex, avec le canal de l’épendyme.

3° Angles latéraux. — Les angles latéraux du quatrième ventricule se trouvent situés, non pas au point de convergence des trois pédoncules cérébelleux, mais un peu plus bas, au niveau du point où l’axe transversal du ventricule rencontre le

Moule en plâtre du quatrième ventricule, vue postérieure.

1, ventricule moyen (extrémité postérieure). — 2, aqueduc de Sylvius. — 3, quatrième ventricule, avec : 3’, 3’ recessus latérales ; 3”, son angle inférieur. — 4, canal de l’épendyme. ^

ISTHME DE L’ENCÉPHALE

pédoncule cérébelleux inférieur. Toutefois, le ventricule ne s’arrête pas là. Comme nous l’avons déjà dit plus haut, il se prolonge latéralement en deux sortes de couloirs transversaux (fig. 619, 9), auxquels Reichert a donné le nom de recessus latérales.

Ces prolongements qui contournent de dedans en dehors et d’arrière en avant la face postérieure des pédoncules cérébelleux inférieurs sont délimités comme suit : en avant, parla face postérieure de ces pédoncules cérébelleux inférieurs ; en haut, par le lohule du pneumogastrique ou flocculus ; en arrière et en has, par la toile choroïdienne et la portion transversale de la ligula. Ils s’étendent jusqu’à l’origine des nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique et s’ouvrent là, en plein espace sous-arachnoïdien, par un orifice sur lequel nous reviendrons plus loin, le trou de Luschka.

Rappelons en passant que c’est sur le plancher du recessus lateralis que se voit le tubercule acoustique et que cheminent les harhes du calamus se rendant à ce tubercule.

§ JII. — Formations ghoroïdiennes du quatrième ventricule

A la paroi postérieure du ventricule bulbo-cérébelleux se rattachent deux formations choroïdiennes, dépendant l’une et l’autre de la pie-mère. Ce sont : 1° la toile choroïdienne inférieure ; 2° les 4

plexus choroïdes du quatrième ventricule.

1° Toile choroïdienne inférieure. —

Dans l’espace angulaire que forment le cervelet et la membrana tectoria (fig. 616), s’insinue un prolongement membraneux de la pie-mère, auquel on donne le nom de toile choroïdienne inférieure , pour la distinguer de la toile choroïdienne supérieure , qui recouvre le ventricule moyen du cerveau et que nous étudierons plus tard.

Se modelant exactement sur l’espace qu’elle est destinée à combler, la toile choroïdienne inférieure prend la forme d’une membrane triangulaire, dont la base dirigée en avant répond au bord libre des valvules de Tarin, le sommet au bec du calamus, les côtés aux parties latérales du bulbe. On la décrit généralement comme ne présentant qu’un seul feuillet. Mais, en réalité, elle en possède deux; l’un, postérieur (fig. 617, 9), qui tapisse la face inférieure du verniis et des amygdales; l’autre, antérieur (fig. 617, 9’), qui recouvre exactement la membrana tectoria. La couche épithéliale qui constitue cette dernière membrane adhère intimement à la toile choroïdienne , de sorte qu’on ne peut

Fig. 619.

Toile choroïdienne du quatrième ventricule.

1, pédoncule cérébelleux supérieur. — 2, pédoncule cérébelleux moyen. — 3, pédoncule cérébelleux inlerieur. — 4, tubercules quadi’ijumeaux postérieurs. — 5, valvule de Vieusseni. — 6, plancher du quatrième ventricule. — 7, toile choroïdienne du quatrième venti’icule, avec : 7’, partie moyenne de son bord supérieur, répondant à la luette ; 7”, 7”, partie latérale de ce même bord, répondant aux valvules de Tarin. — 8, trou de Magendie. — 9, recessus latérales. — 10, portion transversale et 10’ portion longitudinale des plexus choroïdes. — IV. pathétique. — Vill, auditif. —IX, glosso- }iharyngien. — X, pneumogastrique. — XI, spinal.

SYSTEME xNERVEUX CENTRAL

enlever celle-ci sans enlever en même temps celle-là et, du même coup, ouvrir la cavité ventriculaire .

Les deux feuillets de la toile choroïdienne sont reliés l’un à l’autre par de fines trabécules conjonctives, à direction verticale plus ou moins oblique (tig. 616, 10).

Les espaces que circonscrivent ces trabécules font partie des espaces sous-arachnoïdiens : leur ensemble (fig. 615, 10) constitue à la face inférieure du cervelet,

entre celui-ci et le ventricule,

: un vaste confluent où s’amasse

le liquide céphalo-rachidien, c’est le lac cérébelleux inférieur (voy. Méninges).

2° Plexus choroïdes du quatrième ventricule. — Les deux feuillets précités de la toile choroïdienne, comme nous le montre nettement la ligure 615, se continuent directement l’un avec l’autre à leur partie antérieure, je veux dire au sommet de la luette et au niveau du bord libre des valvules de Tarin. Il existe là, suivant la ligne de jonction des deux feuillets, une série de touffes cellulo- vasculaires, dont l’ensemble forme un petit cordon transversal (fig. 6T9, 10), qui s’étend, à droite et à gauche, jusqu’à la partie moyenne du lobule du pneumogastrique.

De la portion médiane de ce cordon partent deux prolongements longitudinaux (lO’j, qui occupent le feuillet inférieur de la toile choroïdienne et se portent en bas et en arrière, en suivant la ligne médiane, jusqu’au voisinage de l’angle inférieur du ventricule.

Ces traînées de touffes ou de pelotons vasculaires constituent ce qu’on appelle les plexus choroïdes du quatrième ventricule. On peut les diviser, d’après leur situation et leur direction, en plexus transverses (c’est la portion transversale des plexus) et plexus longitudinaux ou médians (c’est la portion longitudinale des plexus).

Pris dans leur ensemble, les plexus transverses et les plexus longitudinaux rappellent assez bien, suivant la remarque de Schwalbe, un T majuscule dont la barre verticale serait double.

Fig. 620.

Coupe transversale du cervelet et du bulbe passant par la partie antiirieure du trou de Magendie [demi-schématique).

1. vermis inféricui-. — 2. h(^misplières céréliclleux. — 3. (locculiis. — 4, bulbe cacliidien. — 5, ligula. — G, (|uattièmo ventricule. — 7’, 7”. feuillet antérieur et feuillet posiérieur de la pie-mère. — 8, espaces sous-arachnoïdiens. — 9, trou de Magendie. — 10, épendyme.

§ IV. — Communication du quatrième ventricule avec les espaces

SOUS-ARACIIDNOÏDIENS : TROU DE .MaGENDIE ET TROUS DE LuSCHKA

11 résulte de la description qui précède que le quatrième ventricule est une cavité close de toutes parts, abstraction faite, bien entendu, de l’aqueduc de Sylvius qui la relie aux ventricules cérébraux et de sa libre communication avec le canal de l’épendyme ou ventricule de la moelle. Il n’en est rien, cependant. La cavité ventriculaire communique avec les espaces sous-arachnoïdiens par trois orifices : un orifice médian, c’est le trou de Magendie ; deux orifices latéraux, ce sont les trous de Luschka.

ISTHME DE L’ENCÉPHALE

1° Trou de Magendie. — Lorsqu’on soulève la partie postérieure du cervelet pour découvrir la toile choroïdienne (fig. 621), on aperçoit constamment au niveau du bec du calamus, ou plus exactement au-dessus du bec, un orifice arrondi ou ovalaire, à bords irréguliers et comme déchiquetés. Cet orifice, signalé pour la première fois par Magendie en 1842, a conservé depuis lors le nom de l’illustre physiologiste : ce^i le trou de Magendie.

Le trou de Magendie est situé sur la ligne médiane et mesure 7 à 8 millimètres de longueur, sur 5 à 6 millimètres de largeur.

Il intéresse à la fois la toile choroïdienne et la membrana tectoria et établit, par conséquent, une communication directe entre le quatrième ventricule et la cavité sous-arachnoïdienne . Il en résulte que le liquide céphalo-rachidien peut passer librement de la cavité ventriculaire dans la cavité sousarachnoïdienne ou, vice versa, de la cavité sous-arachnoïdienne dans le ventricule.

2° Trous de Luschka. — Indépendamment du trou de Magendie, le quatrième ventricule présente deux orifices latéraux , qui le mettent encore en communication avec les espaces sous- arachnoïdiens . Ces deux orifices, signalés depuis déjà longtemps par Luschka {trous de Luschka), ainsi que par Key et Retzius, ont été décrits à nouveau, en 1878 et en 1885, par Marc Sée et par G. Hess. Ce dernier anatomiste les a rencontrés 51 fois sur 54 sujets examinés; ils sont donc à peu près constants.

Les trous de Luschka occupent, à droite et à gauche, l’extrémité externe du diverticulum {recessus lateralis) que la cavité ventriculaire envoie jusqu’à l’origine des nerfs mixtes (fig. 615, A, 10). Ils sont exactement situés entre les faisceaux radiculaires de ces deux nerfs, qui sont en avant et en dedans, et le lobule du pneumogastrique, qui est en arrière et en dehors.

A travers les trous de Luschka passent les plexus choroïdes du quatrième ventricule, lesquels s’échappent à ce niveau, comme nous l’avons déjà vu (fig. 615, A et B), de l’espèce de cornet (corne d' abondance) que lui forme la ligula.

L’existence du trou de Magendie a été longtemps controversée et l'accord n'est pas encore parfait sur cette question. A côté des anatomistes qui, comme Luschka, Key et Retzius, Sa.ppey, ScHWALBE, considèrent son existence comme constante et normale, il en est d'autres pour lesquels cet orilice est purement accidentel et n'est que le résultat des manœuvres auxquelles on a eu recours pour le mettre en évidence. De ce nombre sont Gruveilhier, Reichert et Kôlliker,

Marc Sée, en 1878 {Revue mensuelle), a repris la question et, s'adressant à la Amie expérimentale, il a enlevé la calotte crânienne, dénudé le cerveau et mis à découvert, par une série de coupes appropriées, le troisième ventricule. Poussant alors dans l’espace sus-arachno'idien de la moelle, au niveau de la région lombaire, un liquide tenant en suspension du bleu de Prusse non dissous.

Fig. 621.

Trou de Magendie.

(Le bulbe est vuparsa face postérieure, levermis étant fortement érig'ué en haut et les hémisphères cérébelleux en dehors.)

1, trou de Magendie. — 2, 2, toile choroïdienne du quatrième ventricule. — 3, sillon médian postérieur du bulbe. —4, 4, protubérance. — 5, vermis inférieur, avec 5’, laluette. — G, amygdale.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

il a vu sortir ce liquide par le ventricule précité. Il en a conclu que le trou de Magendie existait réellement et que c’est grâce à lui que le liquide injecté pénétrait, des espaces sous-arachnoïdiens, dans le quatrième ventricule et de là, dans les ventricules cérébraux. Voici maintenant la description, fort exacte du reste, qu'il nous donne de cet orifice : « Quand on a déchiré le feuillet arachnoïdien qui va du cervelet au huloe, on trouve d'abord, au-dessous de l'arachnoïde, une foule de trabécules conjonctives qui s'étendent irrégulièrement entre les deux organes ; puis, plus profondément, une lamelle mince, de forme triangulaire et d'apparence celluleuse, qui, des bords du quatrième ventricule, va jusqu'aux lobules amygdaliens du cervelet. Cette lamelle, généralement assez résistante à son insertion cérébelleuse, devient de plus en plus ténue à

mesure qu’on s’approche du bec du calamus, où se voit d'ordinaire un orifice de dimensions fort variables et ne paraissant être qu'une des lacunes que laissent erdre eux les faisceaux conjonctifs de la lamelle. Les bords de cet orifice n’ont lien de régulier et, quand on les examine à la loupe, on reçonnaît que, fréquemment , ils se .continuent avec de petites trabécules ou de petits vaisseaux sanguins, ce qui donne lieu aux dilférences de forme signalées par les auteurs. »

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