‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 120 sur 166 · PÉDONCULES CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

PÉDONCULES CÉRÉBRAUX

Les pédoncules cérébraux (allem. Grosshirnstiele ou Grosshirnschenkel), situés à la partie la plus antérieure de l’isthme de l’encéphale, vont de la protubérance annulaire au cerveau : ce sont les entra cerebri des anciens anatomistes, dénomination encore employée par certains auteurs anglais et allemands. Ils amènent au cerveau des faisceaux de fibres, provenant de la moelle, du bulbe, du cervelet, de la protubérance annulaire. Ils relient ainsi la partie la plus noble de l’encéphale à tous les autres départements du névraxe et acquièrent, de ce fait, une importance considérable en anatomie, en physiologie et en clinique. Nous étudierons successivement : 1° leur conformation extérieure et leurs rapports ; 2° leur conformation intérieure ; 3® leur constitution anatomique et leurs connexions ; 4° leurs vaisseaux.

§ I. — Conformation extérieure et rapports

Vus extérieurement, sur un cerveau reposant sur un plan horizontal par sa face convexe (fig. 623, 1), les pédoncules cérébraux se présentent sous la forme de deux colonnes blanches cylindroïdes, à trajet légèrement divergent. Ils s’échappent, en arrière, de la face supérieure de la protubérance. De là, ils se portent obliquement en haut, en avant et en dehors, en s’élargissant légèrement et en s’écartant progressivement l’un de l’autre. Finalement, ils pénètrent dans le cerveau au-dessous des noyaux opto-striés. Leur longueur varie de 15 à 18 millimètres :Jeur largeur est, en moyenne, de 14 millimètres à leur origine, de 18 millimètres à leur terminaison ; leur épaisseur mesure de 20 à 22 millimètres. On considère à chacun des pédoncules cérébraux ; quatre faces, que l’on distingue, d’après leur orientation, en inférieure, supérieure, externe et interne ; 2° deux extrémiléSy l’une postérieure, l’autre antérieure.

1° Face inférieure. — La face inférieure (ou antérieure) est tout entière visible à la base de l’encéphale, lorsqu’on a réséqué ou simplement écarté en dehors la circonvolution de l’hippocampe, qui la recouvre en grande partie. Au sortir de la protubérance, dont les fibres les plus antérieures l’entourent à la manière d’un demi-collier, elle est comme étranglée; mais à peine s’est-elle dégagée de ce

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

dernier organe, qu’on la voit s’épanouir et s’étaler transversalement' de façon à augmenter graduellement de largeur au fur et à mesure qu’elle se rapproche du

cerveau.

la

Cette face, fortement convexe de dehors en dedans, nous présente dans toute son étendue une série de petits sillons longitudi- ^ naux, indice manifeste de la cons-

titution fasciculée du pédoncule

...4 cérébral.

Les sillons en question sont

wg généralement parallèles à l’axe

du pédoncule et les faisceaux

qu’ils délimitent présentent natu-

«sj rellement la même direction.

Dans certains cas, cependant, les faisceaux nerveux obliquent en masse d’arrière en avant et de Eig. 623. dedans en dehors, comme si le

Les pédoncules céi'ébraux, vus jiar leur face jiiférieure. pédoncule était tordu SUr SOU

Du côté droit (côté gauclie de la figure), I hémisphère cérébral a aXe. DuilS d autieS CaS , OU VOit

du iSntile' dégager la face iuférieure |gg pj^^g

1, pédoncule cérébral. — 2, protubérance. — 3, espace inlerpé- dounei hl UïsqUemeilt leui* si-

donculaire. — 4, tubercules mamillaires. — 5, fuber cinereum et fliation mumîtivp prnisiPr h In

tige pduitaire. — G. cliiasina optiipie. — 7, bandelette optiipie. — L c L O pillllllive, ClOlSeï a la

8, bandelette olfactive - ü. tronc basilaire - 10, cérébr^^^ manière d’uneécharpe la face

terieure. — 1 1, cérebelleuse supérieure. — 12, communicante poste- ^

rieure. — 13, carotide interne. — 1*, nerf moteur oculaire commun. inférieure du pédoilCUle POUl' — 15, espace perforé antérieur. — 16, circonvolution de l'iiippo- . ^ ^

campe, avec 16', son crocbet. VCUir OCCUper SOU Cüté exteme

(fig. 0:24, 3j : ce faisceau oblique, auquel E"éré a donné le nom de faisceau en écharpe, est rarement symétrique. Entin, sur certains sujets (lig. 024 i»«s, 3), on rencontre, immédiatement en avant

Faisceau en écharpe du pédoncule cérébral.

1, protubérance. — 2.2' pédoncules cérébraux. — 3, faisceau eu écharpe. — 4, espace inler|)édonculaire. — 5, 5, bandelettes optiques.

— 6, chiasma.

Fig. 624 bis.

Tænia pontis du pédoncule cérébral.

1, protubérance. — 2. 2’ jiédoncules cérébraux. — 3, tænia pontis.

— 4. espace interpédonculaire. — 5, 5'. bandelettes optiques. — 6, cbiasma.

Faisceau transverse du ])édoncule cérébral.

1. protubérance. — 2, 2' pédoncules cérébraux. — 3, faisceau transverse. — 4, espace interpédonculaire. — 5, 5' bandeleltes optiques.

— 6, cbiasma.

de la protubérance, un faisceau transversal qui s’étend du bord interne du pédoncule jusqu’au sillon latéral de l’isthme et auquel on donne les noms divers de

ISTHME DE L’ENCÉPHALE

tæniapontis, bandelette de la protubérance de Henle : ce dernier faisceau paraît être une dépendance des fibres transversales de la protubérance.

Le faisceau en écharpe et le tænia pontis ne doivent pas être confondus avec une troisième formation que Ton rencontre parfois à la face inférieure du pédoncule cérébral et que Gudden a décrite, en 1870, sous le nom de tracius pedunciUaris transversus. Ce faisceau pédonculaire transverse (fig. 624^er,3) prend naissance, en dehors, dans la région du tubercule quadrijumeau antérieur. De là, il se porte en basset en dedans, croise transversalement la partie moyenne du pédoncule cérébral à égale distance de la bandelette optique et de la protubérance, arrive au bord interne de ce pédoncule et disparaît dans le sillon de l’oculo-moteur commun. Il se perd vraisemblablement, à ce niveau, dans la substance réticulaire de la calotte. Anormal chez l’homme (il existerait 1 fois sur 2, d’après Lenhossék), le tractus peduncularis transversus est constant chez un grand nombre de mammifères, notamment chez le mouton, le lapin, le chien et le chat. Sa signification fonctionnelle n’est pas encore nettement élucidée. On sait, cependant, qu’il reste intact dans les cas où les fibres du pédoncule cérébral dégénèrent en conséquence d’une lésion cérébrale. On sait aussi qu’il dégénère (Gudden) à la suite de l’énucléation du globe de l’œil, ce qui permet de supposer qu’il est en rapport avec la fonction visuelle.

Envisagée au point de vue de ses rapports, la face inférieure du pédoncule cérébral répond, dans la plus grande partie de son étendue, à la circonvolution de l’hippocampe, qui, comme nous le montre nettement la figure 623, recouvre tout le pédoncule, sauf sa partie postéro-interne. A sa partie postérieure, la face inférieure du pédoncule cérébral est croisée transversalement de dedans en dehors par l’artère cérébelleuse supérieure d’abord, puis par la cérébrale postérieure. A sa partie la plus antérieure, elle est croisée obliquement par la bandelette optique correspondante, qui se porte du chiasma vers les corps genouillés.

Le pédoncule cérébral présente avec la base du crâne les rapports suivants : il répond, tout d’abord, à la partie toute supérieure de la lame quadrilatère du sphénoïde ; plus loin, il repose sur la selle turcique ou plus exactement, sur les parties latérales d’un repli de la dure-mère (voy. Méninges) qui, sous le nom de diaphragme de l’hypophyse, s’étale au-dessus de cette dépression osseuse.

2° Face supérieure. — La face supérieure (ou postérieure) du pédoncule cérébral sert de base aux tubercules quadrijumeaux et fait corps avec eux. Elle est donc simplement artificielle : elle répond assez exactement à un plan transversal passant par l’aqueduc de Sylvius (fig. 626).

3® Face externe. — La face externe, que certains anatomistes considèrent à tort comme un simple bord, mesure en hauteur de 18 à 20 millimètres. Elle est masquée, comme la face inférieure, par la circonvolution de l’hippocampe et concourt à former avec cette dernière la partie latérale de la fente cérébrale de Bichat, que nous décrirons plus loin à propos du cerveau. En parcourant cette face de bas en haut (fig. 625), on rencontre tout d’abord une partie convexe, qui se continue sans ligne de démarcation aucune avec la face inférieure du pédoncule. On rencontre ensuite un sillon antéro-postérieur, appelé sillon latéral de Visthme : ce sillon, qui commence, en arrière, entre le pédoncule cérébelleux moyen et le pédoncule cérébelleux supérieur, se prolonge en avant jusqu’au corps genouillé interne de la couche optique. Enfin, au-dessus du sillon précité, se voit une deuxième partie convexe, sur laquelle s’applique, formant un relief plus ou moins accusé, le faisceau latéral de Visthme OM portion externe du ruban de Reil : nous avons déjà vu, dans l’un des para-

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

graphes précédents (p. 687), que ce faisceau, de forme triangulaire, s’échappait de la protubérance immédiatement au-dessus du sillon latéral de Tisthme et remontait

de là jusqu’à la partie externe du tubercule quadrijumeau postérieur.

¥ Face interne. — La face interne répond au raphé médian dans la plus grande partie de son étendue et, de ce fait, ne peut être vue que sur les coupes (fig. 626). Ce n’est qu’à sa partie tout inférieure qu’elle devient libi’e et alors à la base de l’encéphale.

Cette partie libre est relativement petite, d’où le nom de bord interne du pédoncule que lui donnent, à tort selon nous, certains auteurs ; nous y remarquons un sillon longitudinal, le sillon de Voculo- moteur commun, du fond duquel émergent un certain nombre de filets radiculaires, qui ne tardent pas à se réunir pour former le tronc du nerf moteur oculaire commun (fig. 627).

11 résulte de l’écartement réciproque des deux pédoncules cérébraux, que ces organes se trouvent séparés l’un de l’autre, sur la ligne médiane, par un espace triangulaire, dont le sommet, dirigé en arrière, répond à la protubérance (fig. 623,3). Cet espace, connu sous le nom d'espace inter-pédonculaire, appartient au cerveau et sera décrit plus tard. Disons seulement ici qu’il est comblé par une lame de substance grise, à direction transversale, qui fait partie du troisième ventricule et de laquelle se détache, à droite et à gauche, tout contre le pédoncule cérébral, deux saillies blanches régulièrement sphériques, les tubercules mamillaires.

5" Extrémité postérieure. — L’extrémité postérieure ou protubérantielle se confond avec la face supérieure de la protubérance. Nous avons déjà vu, à propos de ce dernier organe, que les deux formations, nettement délimitées du côté antérieur ou ventral, étaient entièrement fusionnées du côté postérieur ou dorsal.

6"^ Extrémité antérieure. — L’extrémité antérieure ou cérébrale répond à la partie inférieure des noyaux opto-striés. Le pédoncule se confond là, comme nous le verrons plus tard, d’une part avec les diverses formations de la région sous-thalamique, d’autre part avec la capsule interne.

^ II. — Conformation intérieure

Lorsqu’on pratique, sur le milieu du pédoncule cérébi-al, une coupe transversale et perpendiculaire à son axe (fig. 626), on aperçoit tout d’abord, à la partie moyenne

Fig. 625.

L’istlmie de Fencéphale, vu par sa face latérale gauche.

1, protubérance annulaire. — 2, pédoncule cérébelleux moyen. — 3, pédoncule cérébelleux supérieur. — 4, pédoncule cérébral. — 5, o’, tubercules quadrijumeaux antérieur et postérieur. — 6, 6’, partie antérieure et [>artie postérieure du sillon latéral de l’istlune. — 7 .faisceau latéral de risllime, avec 7’, petit faisceau se rendant à la valvule de Vieussens. — 8. corps fçenouillé interne. — 1», corps genouillé externe. — 10. tractus peduncularis transversus. — 11, faisceau longeant la protubérance et se rendant à la calotte. — 12, glande pinéale. — 13, pulvinar (fortement érigné en haut). — 14, pathétique. — 15, valvule de Vieussens. — 10, bandelette optique.

ISTHME DE L’ENCEPHALE

de la coupe, une traînée de substance noirâtre, à laquelle Soemmering a donné le nom de locus niger (3). En s’étendant transversalement d’un côté à l’autre du pédoncule cérébral , le locus niger divise celui-ci en deux étages : un étage supérieur (4), qui se trouve situé audessus du locus niger; un étage inférieur, qui se trouve placé au-dessous. L’étage supérieur a reçu le nom de calotte; l’étage inférieur, celui de pied du pédoncule ou, tout simplement, de pied. Examinons rapidement chacune de ces régions.

1° Locus niger de Sœmmering. — Le locus niger de Soemmering {substantia nigra de certains anatomistes), toujours très visible, se présente, sur les coupes (fig. 627, 3), sous la forme d’un croissant à concavité

Coupe transversale du pédoncule cérébral (schématique).

dirigée en haut et en dedans.

1, espace inlerpédonculaire.

2, pied du pédoncule. — .3, locus niger. — 4, calotte. — 5, tubercules quadrijumeaux. — 6, aqueduc de Sylvius. — 7, sillon latéral de l’isthme.

Il est généralement plus épais à son extrémité interne qu’à son extrémité externe. En dehors, il s’étend jusqu’au voisinage du sillon latéral de l’isthme, sans toutefois l’atteindre. En dedans, au contraire, il se prolonge jusqu’à la surface extérieure du pédoncule et vient faire saillie dans le fond du sillon

de l’ocLilo-moteur commun.

Dans le sens longitudinal, le locus niger de Soemmering commence dans la partie la plus élevée de la protubérance et, de là, s’étend sans interruption jusqu’au corps de Luys, que nous décrirons plus tard dans la région sous-thalamique .

2° Étage supérieur ou calotte. — L’étage supérieur ou calotte {Hauhe des anatomistes allemands) comprend toute la portion du pédoncule qui se trouve située au-dessus du locus niger. De forme quadrilatère, elle est délimitée : i"* en bas, par le bord concave du locus niger; 2“ en haut, par un plan transversal et tout conventionnel , qui passe par l’aqueduc de Sylvius et la sépare des tubercules quadrijumeaux ; 3° en dehors, par une surface convexe sur laquelle s’applique le faisceau latéral de l’isthme; 4« en dedans, par le raphé et, au-dessous du raphé, par la partie libre de la face interne du pédoncule. L’étage supérieur du pédoncule a une teinte grisâtre, tranchant assez nettement sur la coloration blanche du pied.

ANATOMIE HUMAINE. — T. Il, 6® ÉDIT. 91

Fig. 627.

Coupe vertico-transversale du pédoncule cérébral, pratiquée au niveau des tubercules quadrijumeaux antérieurs (schématisée d’après une planche de Stilling).

1, pied du pédoncule. — 2, stratum intermedium. — 3, locus niger. — 4, région de la calotte. — 5, sillon latéral de l’isthme. — 6, tubercules quadrijumeaux antérieurs. — 7, aqueduc de Sylvius. — 8, substance grise de l’aqueduc. — 9, noyau du moteur oculaire commun. — ■ 10, bandelette longitudinale postérieure. — 11. noyau rouge de la calotte. — 12, filets radiculaires du moteur oculaire commun.

3° Étage inférieur ou pied. — L’étage inférieur ou pied {pédoncule proprement dit de certains auteurs) comprend toute la portion du pédoncule qui est située au-dessous du locus niger. 11 présente une coloration blanche, partout homogène. Vue en coupe vertico transversale (fig. 627, i), il revêt l’aspect d’un croissant, dont la concavité, orientée comme celle du locus niger, regarde en haut et en dedans. Son extrémité externe ou corne externe forme la lèvre inférieure du sillon latéral de l’isthme. Son extrémité interne ou corne interne répond au sillon de l’oculomoteur commun.

Le pied se compose de faisceaux longitudinaux, aplatis de dehors en dedans et adossés les uns aux autres, comme le sont les feuillets d’un livre. Des deux bords de ces faisceaux, l’un est inférieur et répond à la face inférieure du pédoncule ; l’autre, supérieur, regarde le locus niger.

Au voisinage du locus niger, les faisceaux pédonculaires, tout en conservant leur direction longitudinale, sont plus petits, séparés par des cloisons plus nombreuses et, d’autre part, reçoivent dans leurs interstices comme des infiltrations irrégulières de la substance grise sus-jacente. Ils forment là une couche mince d’un aspect tout spécial (fig. 627, 2), connue sous le nom de stratum intermedium.

§ II[. — Constitution anatomique et connexions

Les trois régions pédonculaires que nous venons de décrire présentent chacune une constitution anatomique qui leur est propre et il convient, à cet égard, de les examiner séparément.

Structure et connexions du locus niger. — Le locus niger nous présente, comme éléments essentiels, des cellules nerveuses de dimensions moyennes, irrégulièrement disséminées dans toute l’étendue de la région.

Très variables dans leur configuration, ces cellules sont fusiformes, arrondies, triangulaires, pyramidales, etc. Un des traits caractéristiques de leur nature, c’est qu’elles renferment, pour la plupart, au sein de leur protoplasma, des granulations de couleur sombre, simplement brunes chez l’enfant, franchement noires chez l’adulte, qui occupent tout ou partie du corps cellulaire. Ces granulations se déposent à la fois et sur les éléments chromatophyles et sur les interstices qui les séparent les uns des autres. Il est à peine besoin de faire remarquer que c’est à leur présence que le locus niger doit la coloration noirâtre qui le caractérise.

Aux éléments cellulaires se joignent, dans le locus niger, un nombre considérable de fibres, orientées dans tous les sens et diversement entremêlées. Ces fibres sont en grande partie des collatérales, qui proviennent, soit des prolongements cylindraxiles des cellules du locus niger, soit des fibres de la région du pied.

La signification anatomique du locus niger est encore fort obscure. — Tout autour de ses cellules se voient les arborisations terminales de fibres dites afferentes : mais l’origine de ces fibres nous est inconnue. — Quant aux prolongements cylindriques de ces mêmes cellules, qui constituent les fibres efférentes, les neurologistes s’accordent assez généralement pour admettre qu’ils se dirigent vers le pied, qu’ils y pénètrent en sens radiaire et qu’ils se redressent ensuite pour suivre vers le cerveau une direction longitudinale. Mais le désaccord commence quand il s’agit d’indiquer la région où ils se terminent : pour les uns, c’est la couche optique ; pour d’autres, le corps strié ; pour quelques autres, comme pour Mevnert. la couronne rayonnante et par suite l’écorce cérébrale. Edixger, en se basant sur certains faits de dégénérescence observés chez le chien à la suite de l'ablation du corps strié, conclut à son tour en faveur d'une connexion du locus niger avec le corps strié par l’intermédiaire de l’anse pédonculaire (voy. plus loinj.

2° Structure et connexions de la calotte. — Envisagée au point de vue de sa

ISTHME DE L’ENCÉPHALE

constitution anatomique, la calotte pédonculaire nous offre à considérer : 1° la formation réticulaire ; 2® de la substance grise; 3*^ de la substance blanche.

A. Formation réticulaire du pédoncule. — La formation réticulaire du pédoncule cérébral continue celle de la protubérance. Elle s’étend sans interruption dans toute la longueur du pédoncule, mais elle diminue d’importance au fur et à mesure qu’elle se rapproche du cerveau. De forme très irrégulièrement quadrilatère, elle est délimitée : en haut, par la substance grise de l’aqueduc ; en bas, par le ruban de Heil ; en dedans, parle raphé; en dehors, par le pédoncule cérébelleux supérieur. La formation réticulaire a ici exactement la même signification et la même structure qu’au niveau de la protubérance : elle se compose de cellules de forme et de dimensions variables, irrégulièrement disséminées dans un lacis fibrillaire, à la constitution duquel concourent à la fois des fibres transversales ou arciformes et des fibres longitudinales.

B. Substance grise. — La substance grise du pédoncule cérébral comprend deux formations, dont l’une est d’origine bulbo-spinale, tandis que l’autre lui appartient en propre :

a. Foî^mation grise cC origine bulbo-spinale. —

Elle est constituée par le noyau du moteur oculaire commun (fig. 627, 9), petite colonne à direction longitudinale, située cà droite et à gauche de la ligne médiane, un peu au-dessous de l’aqueduc de Sylvius. Nous la décrirons plus loin à propos des origines des nerfs crâniens.

h. Formation grise propre au pédoncule, noyau rouge de la calotte. — Ce noyau {noyau rouge de Stilling, nucléus tegmenti), occupe la partie la plus antérieure de la calotte pédonculaire. On le voit très distinctement sur des coupes frontales passant par les tubercules quadrijumeaux antérieurs (fig. 627, li). Il nous apparaît alors sous la forme d’un noyau arrondi, de 6 ou 7 millimètres de diamètre, situé un peu en dehors du raphé, au-dessous du noyau oculo-moteur commun, audessus des faisceaux les plus internes du ruban de Reil. Il est traversé de haut en bas et un peu de dedans en dehors par les faisceaux radiculaires du nerf moteur oculaire commun.

Histologiquement, le noyau rouge se compose de cellules multipolaires, plus ou moins fortement pigmentées. Les unes, petites, mesurent de 20 à 40 de diamètre; les autres, de dimensions moyennes, 40 à 50 u ; d’autres enfin, beaucoup plus volumineuses, de 50 à 60 a (Kôllïker).

Les connexions du noyau rouge ne sont pas encore nettement élucidées. Nous savons, cependant, qu’il est l’aboutissant des fibres du pédoncule cérébelleux supérieur, qui, après entrecroisement, le pénètrent par son pôle postérieur. Nous savons aussi que de son pôle antérieur partent un nombre considérable de petits faisceaux, qui se portent ensuite dans la région sous-thalamique ; mais nous nesommes pas encore definitivement fixés sur le trajet ultérieur de ces fibres effé-

Fig. 628.

Coupe vertico-transversale de l’isthme, passant par le noyau d’origine du pathétique (d’après M. Duval).

1, noyau d’origine du pathétique. — 2, tubercules quadrijumeaux postérieurs 3, pédoncules cérébelleux supérieurs. — 4, couche du ruban de Reil. — o, bandelette longitudinale postérieure. — IV, IV’, nerf pathétique. — V, racine supérieure du trijumeau.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

rentes du noyau rouge. Hosel, en se basant sur des faits de dégénérescence, estime qu’elles se rendent directement à l’écorce des circonvolutions rolandiques, en passant par le segment postérieur de la capsule interne. Contraii ement à cette opinion, la plupart des neurologistes les conduisent dans la couche optique, laquelle, à son tour, donne naissance à de nouvelles fibres qui se rendent à la capsule interne et à l’écorce cérébrale. Si ce dernier mode de terminaison était nettement dtabli, les connexions du cervelet avec l’écorce cérébrale par 1(' pédoncule cérébelleux supérieur comprendraient trois neurones disposés en cbaîne, savoir (fig. 629) : 1° un neurone cérébello-nucléaire , allant de l’écorce cérébelleuse ou du corps dentelé au noyau rouge; 2° un neurone nucléo-lhalamique, allant du noyau rouge à la couche optique; 3° un neurone Ihalamo-cortical, unissant la couche optique à l’écorce des circonvolutions rolandiques.

Nous rappellerons, en ce qui concerne les relations du noyau rouge avec le cervelet, qu’un grand nombre de leurs cellules, celles qui occupent sa partie postérieure, d’après Mahaim, envoient leurs cylindraxes dans le pédoncule cérébelleux supérieur du côté opposé (fibres ascendantes) et de là, dans le cervelet. Il existerait donc, enti'e le cervelet et le noyau rouge, une double voie, l’une descendante, l’autre ascendante (voy. p. 653).

Nous avons déjà vu (]). 534) que le noyau roufj;e, outre ses libres cér-éhelleuses et ses fibres Ibalainiiiues. émet un faisceau moteur qui. sous le nom de faisceau ru Oro-spinal, descend dans le cordon latéral de la moelle épinière et se termine dans la coi ne antéiâciire. En connexion d’une part avec le cervelet, ([ui lui apporte des impressions recueillies à la péripln'rie sensible, en connexion d'aulre part avec les cornes antérieures de la moelle auxquelles il envoie des excitations motrices, le noyau rouge devient le centre d'une voie réllexc inqiortanle, dont les éléments anatomiijues sont les suivants: 1° les nerfs sensitifs ])éripliéri(iucs ; 2« les noyaux récepteurs des cornes postérieures (colonnes de Clarke) ; 3“ le faisceau cérébelleux direct: 4° le cervelet; 5° le pédoncule cérébelleux supérieur ; le noyau rouge : 7° le faisceau rubro-si)inal : les cornes antérieures de la

moelle épinière ; 9° entin, les racines antérieui-es des nerfs rachidiens. Si on atlmet, avec Becmiehkw. (juc le pédoncule cérébelleux supérieur représente la voie centripète par laquelle est ap])ortée au noyau rouge la sensation de ])osition que notre cor|>s occupe dans fesi)ace (sensation fondamentale du sens de l'équilibre), on sera lenlé de conclure, comme l'a fait l^AVLow, ({ue ce même noyau rouge, par l'intermédiaire du faisceau rubro- S|)inal. tient les muscles dans un certain degré de conti'action peimianente, la(|uelle concourt à l'équilibre du corps sans l'intermédiaire de la volonté.

C. Substance blanche. — La substance blanche de la calotte pédonciilaire nous présente, outre les fibres arciformes de la formation réticulaire, un système de faisceaux longitudinaux qui nous sont en grande partie connus. Ce sont : le pédoncule cérébelleux supérieur, le faisceau sensitif ou ruban de lleil, le faisceau d’association longitudinal, la bandelette longitudinale postérieure.

a. Pédoncule cérébelleux supérieur. — Ce faisceau pédonculaire nous est déjà connu : nous l’avons décrit à propos du cervelet d’abord (p. 633), puis à propos de l’isthme de l'encéphale (p. 677). Il se jette, après entrecroisement presque total, dans le noyau rouge de la calotte. Un petit faisceau, qui ne représente du reste qu’une minime partie du pédoncule (Mahaim;, ne franchit pas la ligne médiane et aboutit au noyau rouge du côté correspondant.

Fig. 629.

Schéma de la voie céi'ébello-cérébrale })ar le p)édoncule cérébelleux supérieur.

1, écorce cérébelleuse,

— 2. noyau dentelé. — 3, no\ au rouge. — 4, llialamus. — 7, écorce cérébrale. — a, neurone corlico-nucléaire. — è, neurone nucléo-lhalamique.

— c, neurone thalainocortical.

ISTHME DE L’ENCÉPHALE

b. Portion interne du ruban de Reil ou faisceau sensitif. — Lo ruban de Reil, en raison même de son importance, a été déjà décrit plus haut, dans un article à part (voy. p. 687).

c. Faisceau d’association longitudinal. — Il est la continuation du faisceau homonyme de la protubérance (voy p. 668) ; ici, comme à la protubérance, il est représenté par de tous petits fascicules, à trajet longitudinal, irrégulièrement disséminés dans la formation réticulaire. Sa signification anatomique est exactement la même.

d. Bandelette longitudinale postérieure. — La bandelette longitudinale postérieure, qui appartient au même système que le faisceau précédent, continue de même la formation homonyme déjà décrite (p. 669) à propos de la protubérance : elle a ici la même situation, la même forme, la même valeur. Nous ne saurions y revenir sans tomber dans des redites.

3° Structure et connexions du pied. — Le pied du pédoncule est exclusivement formé par de la substance blanche, autrement dit par des fibres à myéline. Ces fibres, toutes dirigées en sens longitudinal, lui sont transmises par la protubérance et, d’autre part, ne font que traverser le pédoncule pour gagner le cerveau. Elles sont de deux ordres : les unes proviennent de l’étage inférieur de la protubérance ; les autres émanent de son étage inférieur ou calotte.

A. Fibres provenant de l’éi age inférieur de la protubérance. — Les fibres provenant de l’étage inférieur de la protubérance sont les fibres du faisceau pyramidal ou fibres pyramidales, et les fibres cortico-protubérantielles. Ces deux ordres de fibres, plus ou moins mélangées dans la protubérance, se séparent à leur entrée dans le pédoncule pour former des faisceaux plus ou moins distincts :

a. Fibres pyramidales (faisceau pyramidal proprement dit et faisceau géniculé). — Les fibres pyramidales, de beaucoup les plus nombreuses, occupent les parties moyenne et interne du pied du pédoncule (fig. 630, f). Le faisceau pyramidal est constitué, on le sait, par des fibres motrices (neurones moteurs cérébrospinaux), qui descendent de l’écorce cérébrale vers les noyaux d’origine des nerfs moteurs protubérantiels, bulbaires et rachidiens. C’est le faisceau moteur volontaire, chargé de transporter aux muscles de la vie animale les incitations voulues par le cerveau. Ici, comme dans la protubérance, ce faisceau doit être subdivisé en deux faisceaux secondaires : 1° un faisceau externe, plus volumineux, le faisceau pyramidal proprement dit {f), qui se rend aux cornes antérieures de la moelle et de là, par l’intermédiaire des nerfs rachidiens, aux muscles du cou, du tronc et des membres; 2° un faisceau interne, beaucoup plus petit, le faisceau g éniculé {g), qui s’arrête au bulbe dans les noyaux d’origine du nerf masticateur, du facial et de l’hypoglosse et tient ainsi sous sa dépendance la motilité volontaire des muscles de la langue et des muscles de la face. D’après Déjehine, le faisceau géniculé occupe le cinquième interne du pied du pédoncule ; le faisceau pyramidal proprement dit en occupe les trois cinquièmes moyens.

b. Fibres cortico-protubérantielles. — Les fibres cortico-protubérantielles (voy. p. 664 et 672) unissent l’écorce cérébrale aux noyaux du pont, lesquels, à leur tour, sont mis en relation par des fibres nouvelles avec l’hémisphère cérébelleux du côté opposé. Ces fibres nouvelles, en passant de la protubérance dans le pédoncule, se divisent en deux groupes, l’un antérieur, l’autre postérieur.

a) Les fibres cortico-protubérantielles postérieures se condensent en un faisceau compacte, que l’on appelle indistinctement faisceau cortico-protuberantiel postérieur ou faisceau de Meynerl. On le désigne encore quelquefois sous le nom

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

de faisceau de Türck; mais cette dernière dénomination, qui a été déjà attribuée à un faisceau de la moelle épinière, doit être abandonnée. Le faisceau cortico-protubérantiel postérieur occupe le cinquième externe (fig. 630, d) du pédoncule cérébral. Il suit le pédoncule dans toute son étendue et passe ensuite dans le cerveau, où nous le retrouverons. Nous indiquerons alors quelles sont ses relations

avec l’écorce cérébrale.

6) Les fibres cortico-protubérantielles antérieures sont situées, dans le pédoncule, en dedans des fibres précédentes. On a cru pendant longtemps que ces fibres se condensaient, elles aussi, en un faisceau compacte qui, sous le nom de faisceau cortico-protubérantiel antérieur ou frontal, longeait d’arrière en avant le coté interne du pédoncule et se rendait, à travers le segment antérieur de la capsule interne, à toute l’écorce du lobe frontal. Mais des observations récentes, que nous devons à Z.\GHER et à Dé.ieuixe, nous ont appris que la destruction de l’écorce dans la partie antérieure du lobe frontal ne déterminait nullement la dégénérescence des faisceaux internes du pédoncule cérébral.

Il convient donc de faire disparaître de la nomenclature anatomique le faisceau cortico-protubérantiel antérieur, en tant que faisceau compacte et nettement individualisé. Est-ce à dire que les fibres cortico-protubérantielles antérieures n’existent pas? Non. Ces fibres existent réellement; mais, au lieu de se grouper, de se condenser en un faisceau unique, elles restent éparses : elles sont vraisemblablement mélangées, dans les quatre cinquièmes internes du pédoncule, aux fibres motrices qui constituent les deux faisceaux pyramidal et géniculé, et c’est pour cela que nous ne les avons pas figurées par une teinte spéciale dans notre figure 630. Nous verrons plus tard qu’elles se rendent, à travers la capsule interne, à la zone motrice de l’écorce.

/i. Fibres provenant de la calotte. — La région de la calotte envoie à celle du pied deux petits faisceaux. Ces deux faisceaux, qui sont l’un et l’autre des dépendances du ruban de Reil, ont été déjà décrits à propos de cette dernière formation. Nous ne ferons ici que les rappeler brièvement.

a) Le premier de ces faisceaux n’est autre que la portion la plus interne du ruban de Reil ou ruban médial ; il vient se mêler à la partie interne du faisceau pyramidal, et il n’est vraisemblablement (voy. p. 691) qu’une portion du faisceau géniculé, peut-être le faisceau géniculé lui-même.

Systéniatisation fonctionnelle du pédoncule cérébral, vue sur une coupe vertico-lransversale.

1, lubercules qiiadrijumeauv. — 2, a(]ucduc de Sylvius, —3, substance grise de l’aqueduc. — 4, espace inU‘rp(''donculaire. — 5, sillon latéral de l’istlime. — 6, locus niger. — 7, noyau rouge de la calotte. — 8, nerf moteur oculaire commun, avec 8’ son noyau d’origine. — «, ruban de Reil (en 6/eM),avec : a, sa portion interne ou faisceau sensitif: a”, sa portion latérale on faisceau acousti(|ue. — h. bandelette longitudinale postérieure [en rose). — c, faisceau d’association longitudinal (en jaune). — il, faisceau cortico-protubérantiel postérieur (en violet). — e, faisceau provenant du ruban de Reil (en bleu). — f, faisceau pyramidal, avec fibres cortico-protubérautielles antérieures (en rouye). — g, faisceau géniculé. avec fibres cortico-protubérantielles antérieures (en vert).

ISTHME DE L’ENCÉPHALE

Le second, appelé ruban du pied (Fussschleife de Hôsel), provient de la face antérieure du ruban de Reil et, arrivé dans la région du pied, vient se placer sur le côté postéro-externe du faisceau pyramidal, immédiatement au-dessus du faisceau cortico-protubérantiel postérieur. Nous avons déjà vu plus haut, en étudiant le ruban de Reil (voy. p. 693), qu’il se rend à l’écorce de l’insula.

4° Résumé. — Au total, le pédoncule cérébral amène au cerveau, recueillis un peu partout dans les autres portions du névraxe, de nombreux faisceaux de fibres, d’origine et de valeur très différentes, qui occupent, soit la région de la calotte, soit la région du pied :

a) La calotte renferme trois faisceaux principaux, savoir ; 1° le faisceau d'association longitudinal, auquel il convient de rattacher la bandelette longitudinale postérieure ; 2° la portion interne du ruban de Reil ou faisceau sensitif ; 3® le pédoncule cérébelleux supérieur, grossi peut-être par un certain nombre de fibres efférentes du noyau rouge.

P) Le pied du pédoncule, à son tour, abstraction faite des fibres que lui envoie la calotte, nous présente trois faisceaux, fonctionnellement distincts, qui sont en allant de dehors en dedans \q faisceau cortico-protubérantiel postérieur ou faisceau de Meynert, occupant le cinquième externe du pied du pédoncule ; 2® le faisceau géniculé, occupant le cinquième interne ; faisceau pyramidal, enfin, occupant les trois cinquièmes moyens. Les fibres cortico-protubérantielles antérieures, au lieu de former un faisceau distinct, comme on le croyait autrefois, restent éparses et sont intimement mélangées aux fibres constitutives de ces deux derniers faisceaux.

Telle est la systématisation du pédoncule cérébral, telle que nous l’ont fait connaître les recherches anatomo-pathologiques les plus récentes. Nous laisserons là pour l’instant les nombreux faisceaux que nous venons d’énumérer, pour passer à l’étude du cerveau. Quand ce dernier organe nous sera connu dans ses diverses parties constituantes, nous reprendrons un à un ces différents faisceaux et nous les suivrons alors, à travers la capsule interne et la couronne rayonnante, jusqu’à leur terminaison ultérieure, soit dans la région sous-thalamique, soit dans les noyaux opto-striés, soit dans la substance corticale.

§ IV. — Vaisseaux

Artères. — Les pédoncules cérébraux reçoivent un grand nombre d’artérioles, qui les pénètrent presque immédiatement après leur origine ou après avoir effectué à leur surface un trajet plus ou moins long. Nous les diviserons, comme celles de la protubérance, en artères internes ou médianes et artères externes ou latérales :

a. Artères pédonculaires internes ou médianes. — Les artères pédonculaires internes ou médianes {artères sus-protubérantielles de Duret) continuent la série des artères médianes de la protubérance. Elles naissent, en partie de l’extrémité antérieure du tronc basilaire, en partie de la portion initiale de la cérébrale postérieure ; quelques-unes proviennent encore de la communicante postérieure.

Suivant un trajet ascendant, elles pénètrent pour la plupart dans les trous que l’on voit à la partie postérieure de l’espace interpédonculaire ; d’autres {artères radiculaires) disparaissent dans le sillon de l’oculo-moteur commun et suivent de bas en haut le même trajet que les faisceaux d’origine de ce tronc nerveux.

Arrivées dans la calotte pédonculaire, les artères pédonculaires internes se distribuent aux différentes formations de cette région : au ruban de Reil, au pédon-

728 SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

cule cérébelleux supérieur, au noyau rouge, aux noyaux d'origine des nerfs oculo-moteur commun et pathétique. D’après Shimamura, auquel nous devons une bonne étude des artères pédonculaires, entreprise sous l’inspiration du professeur

Mendel , toutes ces artères appartiendraient à la catégorie des artères dites terminales, c’est-à-dire ne s’anastomoseraient entre elles, ni dans leur trajet, ni à leur terminaison . Le noyau de l’oculo-moteur commun en particulier aurait une circulation complètement indépendante, ne communiquant, ni avec celle des tubercules quadrijumeaux, ni avec celle du noyau opposé.

Alezais et d’Astrüs avaient déjà, en 1892, deux ans avant Shimamura, formulé cette indépendance vasculaire du noyau de l’oculo- moteur commun.

b. Artères pédonculaires externes ou latérales. — Les artères pédonculaires externes ou latérales, très variables dans leur volume et dans leur trajet, proviennent à la fois de la cérébrale postérieure, de la communicante postérieure, de la choroïdienne antérieure et de la cérébelleuse supérieure.

Elles pénètrent dans le pédoncule par sa face inférieure et par sa face externe et se distribuent à la région du pied ainsi qu’à la partie externe de la calotte.

2° Veines. — Les veines du pédoncule cérébral sont do tout petit calibre, à trajet fort irrégulier. Elles s’abouchent, en partie dans les veines basilaires, en parti(' dans la veine communicante postérieure.

3° Lymphatiques. — Les voies lymphatiques du pédoncule cérébral ne présentent aucune particularité digne d’être notée (voy. Anatomie générale, p. 485).

Voyez, au sujet de la consULution anatomique du i)édoncule cérébral, parmi les publications les plus récentes : Pavlow, Le faisceau de von Monakow, Le Névraxe. vol. 1, ii“ ii. IbOÜ ; — Jour- MAX, Recherches anatomo-physiologiques sur le locus niger, Vratcb, 1900 ; — Puoiisr, Zur Kenntniss des Bindearmes, der HaubenstraJdung und der Regio subthalamica. Monatsscbr. Psycb. u. Neurol., Bd. IX, 1901 ; — Fuoriep, Ueb. ein f. die Lagebestivmnung des Hirnslammes im Schadel ve^hcinynisvolles Artefakt beim Gefrieren des menschl. Kadavers, Anat. Anz., Bd. 19, ri“ 17, 1901 ; — Bikeles, Zur Kenntniss der Lagerung der rnotorischen lïirnnerven im Jlirnschenkel/uss, Neurol. Centralbl.. n° 20, 1901 ; — Elliot, Ôn the nature of the faisceau en écharpe of Féré, Rev. Neurol, a. Psycli., 1907; — Dorello. Cojitrib. allô studio dello sviluppo del nucleo rosso, Atti R. Accad. Lincei, 1907 ; — Hatschek, Zur vergl. Anat. d. Nucléus rub. tegrnenti, Arb. Neurol. Instit. Wien. Univers , 1907 ; — Monakow, Der rote Kern, die Haube u. d. Regio subtlialamica bei einigen Saugethieren u. beim Menscheu , Arb. birnanat. Instit. Zuricb, 1909.

Fig. 631.

Artères du piMloncule célébrai.

(L’artère cérébrale postérieure gauclie et la partie correspondante du tronc basilaire ont été fortement érignés à droite).

1, tronc basilaire. — 2, cérébrale postérieure. — 3, cérébelleuse supérieure. — 4, carotide interne. — o, communicante postérieure. — 6, choroïdienne antérieure ou inférieure, — 7, artères pédonculaires médianes ou sous-protnbéranlielles. — lu, moteur oculaire commun. — 11, bandelette oi)ti(iue. — 12, corps genouillé.

CHAPIÏUE V

CERVEAU

Le cerveau constitue la partie antérieure et supérieure de l’encéphale. Des diffé- ' rents segments qui entrent dans la constitution du névraxe, c’est à la fois le plus volumineux, le plus important, le plus noble : c’est à lui qu’arrivent, en définitive, toutes les impressions, dites conscientes, recueillies à la périphérie par les nerfs sensitifs et sensoriels ; c’est de lui que partent toutes les incitations motrices volontaires, transportées ensuite aux appareils musculaires par les nerfs moteurs; le cerveau est, enfin, le siège des facultés intellectuelles, avec lesquelles il présente des relations intimes, qui, pour être encore mal connues, n’en sont pas moins indéniables.

Adoptant pour l’étude du cerveau la même méthode que celle que nous avons déjà suivie pour la moelle, pour le bulbe et pour le cervelet, nous examinerons tout d’abord, dans quelques comidérations générales, sa situation, sa forme, ses dimensions, son volume, son poids, sa densité. Nous décrirons ensuite sa conformation extérieure et son mode de segmentation périphérique, autrement dit, ses circonvolutions. Nous étudierons, enfin, sous le titre de conformation intérieure et constitution anatomique, les différentes parties qui le constituent, en faisant connaître à la fois, pour chacune d’elles, sa morphologie et sa structure microscopique.

Nous consacrerons un dernier paragraphe à la circulation du cerceau, qui a acquis, dans ces derniers temps, une importance toute particulière.

ARTICLE I

Page 1