POLYGONE VEINEUX
Veine cérébrale antérieure.
Veine communicante antérieure.
Chaque moitié de la veine communicante postérieure .
Tronc commun résultant de l'union de la veine cérébrale antérieure avec la veine sijlvienne profonde.
Il serait donc logique de substituer à la description classique, qui précède la description suivante:
Il existe à la base de l’encéphale un polygone veineux construit, au point de vue géométrique, sur le meme type que le polygone artériel.
En etfet. nous avons tout d’abord deux veines cérébrales postérieures, l’une droite, l’autre gauche, qui s'unissent l’une à l’autre sur la ligne médiane et qui, se portant en dehors et en arrière, comme les artères homonymes, contournent successivement le pédoncule cérébral et l’isthme de l’encéphale pour venir se jeter dans l’ampoule de Galien.
Nous avons ensuite, comme répondant au système carotidien : 1“ une veine cérébrale antérieure, répondant à l'artère de même nom et reliée à celle du côté opposé par une anastomose transversale, appelée veine conimunicanle antérieure', 2® une veine sylvienne profonde, provenant de la scissure de Sylvius et répondant à l’artère cérébrale moyenne ou sylvienne. Ces deux dernières veines se réunissent l’une à l’autre au niveau de l’espace perforé antérieur. De cette réunion résulte un tronc commun (jui se dirige en arrière, en suivant le même trajet que l’artère communicante postérieure, et qui, finalement, vient s’aboucher dans la veine cérélirale postérieure (tig. 833).
Nous retrouvons ainsi, dans la description, l’analogie qui existe dans la disposition anatomique entre le polygone artériel et le polygone veineux de la base de l’encéphale. La seule différence que présentent les deux systèmes consiste en une atténuation considérable subie par les vaisseaux veineux, par suite de cette tendance, encore inexpliquée, (ju’a le sang veineux à se porter presque en totalité vers la convexité des hémisphères.
Fig. 833.
Parallélisme du polygone veineux et du polygone artériel à la base de l'encépliale.
1, veine cérébrale antérieure. — 1’, artère cérébrale antérieure. — 2, veine insulaire. — 2’ artère sylvienne. — 3, veine basilaire. — 3’, artère communicante postérieure. — 4. artère communicante antérieure. — 4’ veine communicante antérieure. — 5, veine communicante postérieure. — 5’ artère cérébrale postérieure. — 6, ampoule <ie (jalien. — 7, tronc basilaire.
J) . — Anasto.moses diverses des veines cérébrales
Contrairement aux artères qui, malgré les nombreuses anastomoses qu’elles présentent, conservent encore dans leur distribution une indépendance relative, les veines cérébrales ont pour caractère essentiel une tendance générale à s’anastomoser les unes avec les autres et à se suppléer ainsi mutuellement dans le cas d’oblitération de l’une d’entre elles.
Nous avons déjà décrit, en angéiologie, les communications des sinus de la dure-mère entre eux, et, tout à l’heure, à propos des veines externes du cerveau, nous avons signalé l’existence de deux veines, la veine anastomotique Trolard, et la veine anastomotique de Labbé, qui relient les sinus de la convexité aux sinus de la base.
CERVEAU
Nous avons décrit, d'autre part(t. ü, p. 311), les nombreuses anastomoses jetées entre le système veineux intracrânien et le système veineux extracranien, anastomoses tellement multipliées, que les sinus de la dure-mère, pour se débarrasser de leur contenu dans le système veineux général, trouvent facilement des voies suppléantes, lorsque les voies de dégagement habituelles viennent à se rétrécir ou même à s’oblitérer entièrement.
Il nous reste à signaler ici quatre nouveaux modes d’anastomoses, savoir : anastomoses des veines des circonvolutions entre elles; 2® anastomoses des veines d'un hémisphère avec celles de V hémisphère du côté opposé; 3^ anastomoses des veines de Galien, d’une part avec les veines de la hase, d’autre part avec les veines des circonvolutions ; 4*^ anastomoses des veines avec les artères ou anastomoses artério-veineuses .
Anastomoses des veines des circonvolutions entre elles. — Les veines des circonvolutions, disséminées dans la pie-mère, présentent entre elles de nombreuses et larges anastomoses. Ces voies anastomotiques unissent, non pas seulement les veinules, mais encore les grosses branches. Elles sont de deux ordres : les unes occupent la face libre des circonvolutions, où elles présentent d’ordinaire une direction transversale ou oblique; les autres, à la fois plus nombreuses et plus importantes, se dissimulent dans les sillons et font communiquer de préférence les veines qui occupent le fond de ces sillons avec celles qui cheminent à la surface libre de l’écorce.
2^ Anastomoses d’un hémisphère à l’autre. — Ces anastomoses s’observent sur deux points, à la base du cerveau et au-dessus du corps calleux :
a) A la base du cerveau, tout d’abord, nous avons la veine communicante antérieure et la veine communicante postérieure, deux veines à direction transversale, qui unissent l’une à l’autre, comme nous l’avons déjà vu, la veine basilaire d’un côté à la veine basilaire du côté opposé. Il existe en outre, dans le losange optopédonculaire, notamment sur le tuber cinereum, de toutes petites veinules, à direction transversale ou plus ou moins oblique, qui communiquent par leurs deux extrémités avec l’une et l’autre des deux veines basilaires.
Au-dessus du corps calleux, chemine d’avant en arrière une veine impaire et médiane, ôHq veine interhémisphérique . Cette veine, qui s’abouche en arrière dans le sinus longitudinal inférieur, se bifurque en avant en deux branches latérales, lesquelles se ramifient l’une et l’autre sur la face interne des deux hémisphères, de chaque côté du genou du corps calleux. Dans cette même région, on voit encore (L.\bbé) de toutes petites véines se porter transversalement d’un hémisphère à l’autre en même temps que le feuillet viscéral de l’arachnoïde, qui passe, comme on le sait, sur le bord inférieur de la faux du cerveau. L’arachnoïde et le tissu cellulaire sous-jacent servent de support à ce nouveau groupe de veinules interhémisphériques.
3^ Anastomoses du système de Galien avec les deux autres systèmes. — L’existence d’anastomoses entre les radicules des veines de Galien et les veines basilaires a été nett^-ment établie par Hédon. Les deux noyaux du corps strié donnent naissance, comme nous l'avons vu, à deux ordres de veines ; les unes, veines striées supérieures, cheminent à la face supérieure du noyau caudé et viennent aboutir à la veine du corps strié ; les autres, veines striées inférieures, s’échappent du cerveau par les trous de l’espace perforé antérieur et se jettent dans la
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
veine sylvienne profonde, Tnn des afflaents latéraux des veines basilaires. Or, les veines striées supérieures et les veines striées inférieures s’anastomosent à plein canal dans l’épaisseur du noyau lenticulaire et, probablement aussi, dans le noyau caudé.
Dans le même ordre de laits, j’ai vu, sur plusieurs sujets, des rameaux de la veine de Galien traverser de bas en haut le corps calleux et venir s’anastomoser, sur la face interne de l'hémisphère, soit avec les veines tributaires du sinus longitudinal supérieur, soit avec la veine cunéo-limbique (p. 944), ou bien encore avec les radicules de la veine cérébrale antérieure.
Les veines de Galien s’anastomosent-elles de même, en plein centre ovale^ avec
les veinules des circonvolutions? Ces anastomoses ont été considérées comme probables par Duret et par Labre; mais aucun fait n’était venu jusqu’ici démontrer leur existence. Plus heureux que mes devanciers, j’ai pu, pendant l’hiver 1889, les mettre en évidence sur deux cerveaux parfaitement injectés et appartenant, le premier à un adulte, le second à un enfant d’un an : j’ai vu, en effet, sur chacun de ces deux sujets, une veine ventriculaire issue de la veine du corps strié s’enfoncer dans le centre ovale et venir s’anastomoser à plein canal, par deux de ses branches, avec deux veinules qui aboutissaient d’autre part aux veines des circonvolutions. Depuis lors, j’ai retrouvé bien des fois ces longues anastomoses jetées entre les diverses branches du système de Galien et les veines corticales, et je possède actuellement, au laboratoire de la faculté, un hémisphère droit où l’on voit, sur une même coupe horizontale passant par la portion frontale du ventricule latéral, cinq branches volumineuses partir de la veine de Galien du côté correspondant, traverser en rayonnant toute l’épaisseur du centre ovale et venir s’aboucher, sur dilférents points de la face externe de l’hémisphère, dans des veines pie-mériennes (üg. 83 'i, '2, 3, 4, 5 et 6). L’une de ces veines anastomotiques a plus de \ millimètre de diamètre. Mais c’est là une exception ; la plus grande partie des anastomoses veineuses que j’ai rencontrées dans le centre ovale, sont moins volumineuses et mesurent d’ordinaire de 3 à G dixièmes de millimètre.
Les communications des veines de Galien avec les veines corticales à travers le centre ovale existent donc réellement. Ces communications sont établies, non pas par des capillaires, mais par des vaisseaux relativement volumineux, suivant dans le centre ovale un trajet rectiligne et conservant pour ainsi dire, dans toute leur étendue, un calibre invariable. Il suffit, pour mettre en évidence ces vaisseaux anastomotiques, d’avoir à sa disposition une injection très pénétrante et de la pousser avec méthode et lenteur, soit dans les veines de Galien, soit dans ses affluents.
Anastomoses artério-veineuses. — Existe-t-il entre les veines et les artères de la pie-mère des communications directes, s’effectuant en dehors des réseaux capil-
Fi^. 834.
Anastomoses des veines de Galien avec les veines corticales à travers le centre ovale (côté droit) .
a, couclie opliqiie. — 6, noyau caudé.
— c, corps calleux. — 1, veine de Galien. — 2, 3, 4, 5, quatre rameaux de celte veine, pénétraul dans le cenlreovale el venant s’anastomoser avec les veines corlir ales 2’, 3’,4’.o’. — G, autre rameau <le la veine de Galien, disparaissant dans le centre ovale et venant s'anastomoser également, sur un plan plus intérieur, avec les veines de l’écorce.
laires ? Nous avons déjà, vu, à propos des artères (t. II, p. 103), que des communications de cette nature avaient été observées sur différentes régions du corps par SucQUET d’abord et plus tard par Hoyer. En ce qui concerne la pie-mère cérébrale, ces anastomoses artério-veineuses, signalées depuis longtemps par Egker, ont été admises en Allemagne par Heubner et en France par Cadiat. Elles ont été rejetées, au contraire, par Vulpian, par Sappey et par Duret, qui les ont vainement cherchées dans leurs expériences. Charles Labbé, qui les avait, lui aussi, rejetées tout d’ahord, est revenu sur son opinion après des recherches nouvelles et, sans se prononcer d’une façon catégorique, il regarde leur existence comme prohahle.
Désireux de me faire une opinion personnelle au milieu de toutes ces dissidences, j’ai cherché moi-même sur un grand nombre de cerveaux, durant le semestre d’hiver 1888-89, les canaux anastomotiques décrits par Sucquet entre les artères et les veines. Je me suis adressé tour à tour aux deux méthodes suivantes : 1*^ injection alternative ou simultanée de deux liquides diversement colorés, poussés l’un dans les veines, l’autre dans les artères; 2® remplissage des capillaires et des veines par une injection très pénétrante poussée par les artères, suivie d’une deuxième injection artérielle différemment colorée et suffisamment grossière pour s’arrêter aux capillaires.
L’une et l’autre de ces deux méthodes m’ont donné de très belles injections du réseau pie-mérien, et j’ai pu alors, en examinant des lambeaux de pie-mère, soit à l’œil nu, soit à la loupe, et en me mettant soigneusement à l’abri de toutes les causes d’erreur, constater l’existence d’un certain nombre de canaux, qui se terminaient manifestement, d’une part dans une artère, d’autre part dans une veine. J’ai rencontré ces canaux artério-veineux un peu sur tous les points de la surface cérébrale, mais je dois ajouter qu’ils m’ont paru plus fréquents dans le fond des scissures qu’à la surface libre des circonvolutions.
L’existence de communications directes entre les artères et les veines de la pie-mère cérébrale est donc pour moi, aujourd’hui, absolument certaine. Mais j’ajoute immédiatement que ces communications m’ont toujours paru excessivement rares ; il faut chercher et chercher longtemps, même sur un cerveau parfaitement injecté, pour en rencontrer une seule, assez nette pour ne soulever aucune objection. Elles sont, en outre, fort variables dans leur volume et d'ans leur longueur, les unes étant fort courtes, les autres unissant entre eux deux vaisseaux relativement fort éloignés. D’autre part, toutes celles que j’ai observées appartiennent à des cerveaux d’adultes et à des cerveaux de vieillards ; je les ai vainement cherchées jusqu’ici sur les cerveaux de fœtus ou de jeunes enfants. Pour toutes ces raisons, j’estime pour l’instant (des recherches ultérieures modifieront peut-être ces conclusions) qu’il est sage de ne considérer ces canaux artérioveineux que comme de simples accidents morphologiques, plutôt que de les rattacher à un système général uniformément répandu sur toute la surface de la piemère et jouant un rôle important dans la mécanique circulatoire des centres encéphaliques.
§ II.— Voies lymphatiques
On ne trouve nulle part dans le cerveau de vaisseaux lympathiques vrais, c’est-àdire de canaux à parois propres tapissés intérieurement par l’endothélium caractéristique. La lymphe y circule, comme dans les autres portions du névraxe, d’une
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
part dans les interstices qui séparent les éléments histologiques, d’autre part dans les gaines péri-vasculaires. Ces différentes voies lymphatiques ont été déjà décrites en anatomie générale (p. 485). Nous y renvoyons le lecteur.