‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 136 sur 166 · Y E I N E s PROFONDES OU VEINES DE G A L 1 E N · texte numérisé non relu

Y E I N E s PROFONDES OU VEINES DE G A L 1 E N

Les veines qui proviennent des noyaux centraux, des parois ventriculaires et d’une grande partie du centre ovale, empruntent, pour se porter dans le système

CERVEAU

veineux général, les prolongements intra-cérébraux de la pie-mère, c’est-à-dire les plexus choroïdes et la toile choroïdienne supérieure. Elles se condensent sur cette dernière membrane, en deux troncs volumineux, l’un droit, l’autre gauche, connus sous le nom de veines de Galien (fig. 830, 2).

Branches d’origine. — Les veines de Galien naissent au sommet de la toile choroïdienne par la réunion des trois veines suivantes : la veine du septum lucidum, la veine du corps strié, la veine des plexus choroïdes :

a) La veine du septum lucidum (fig. 830,5) provient du septum lucidum, de la portion réfléchie du corps calleux et de l’extrémité antérieure du ventricule latéral.

P) La veine du corps strié (fig.

830, 3) chemine d’arrière en avant dans le sillon de séparation de la couche optique et du noyau caudé.

Dans son trajet, elle reçoit successivement : sur son côté interne, quelques fins rameaux provenant de la couche optique; sur son côté externe, des rameaux à la fois plus nombreux et plus volumineux, qui tirent leur origine du noyau caudé, du noyau lenticulaire, de la capsule interne et du centre ovale. Arrivée à l’extrémité antérieure de la couche

Fig. 83U.

Les veines de Galien et leurs affluents.

1, tronc commun ou ampoule des veines de Galien. — 2, veines de Galien. — 3, veine du corps stiié. — 4, veines des plexus choroïdes. — 3, veine du septum. — 6, veine de la couche optique et du trigone. — 7, veines de la corne d’Ammon. — 8, veines de l’ergot de Morand. — 9, veines cunéo-limbiques. — 10, veines du centre ovale. — il, veines des tubercules quadrijumeaux.

optique, la veine du corps strié s’infléchit en dedans, passe au-dessous du trigone, immédiatement au-dessus du trou de Monro, et se jette alors dans l’origine de la veine de Galien.

y) La veine des plexus choroïdes

(fig. 830, 4), suivant la même direction que la précédente, longe d’arrière en avant les plexus choroïdes des ventricules latéraux, en occupant tantôt leur bord externe, tantôt leur bord interne.

2^^ Trajet. — Ainsi constituées, les deux veines de Galien (fig. 830,2) se portent d’avant en arrière, de chaque côté de la ligne médiane, accolées ensemble ou bien séparées l’une de l’autre par un tout petit intervalle. Elles sont exactement situées entre le feuillet supérieur et le feuillet inférieur de la toile choroïdienne.

Affluents. — Dans leur trajet, elles reçoivent de nombreux affluents dont les principaux sont : la veine de la couche optique et du trigone, la veine de la corne d’Ammon et \di veine de Vergot de Morand (fig. 831, iO et 11), dont les noms seuls indiquent nettement la provenance.

4® Mode de terminaison, ampoule de Galien. — Arrivées au niveau de la base de la toile choroïdienne, les deux veines de Galien, jusque-là indépendantes, s’unis-

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sent l’une à l’autre pour former un tronc commun, impair et médian (fig. 830, 1), lequel vient se jeter dans l’extrémité antérieure du sinus droit.

Ce mode de terminaison n’est pourtant pas constant. Il n’est pas rare, en effet, de voir les deux veines de Galien se jeter isolément dans le sinus. Dans un cas qui est peut-être unique, j’ai vu ces deux veines s’écarter l’une de l’autre au niveau du l)ourrelet du corps calleux, gagner alors la face interne des hémisphères et venir

se perdre isolément dans le sinus longitudinal supérieur.

Le tronc commun qui résulte de la fusion des deux veines de Galien est très court : il mesure à peine 8 ou 10 millimètres. Il constitue là, à la partie moyenne de la fente cérébrale de Bichat, entre le hourrelet du corps calleux et les tubercules quadrijumeaux, une espèce de réservoir en forme d’ampoule, c’est Vampoule de Galien.

5o Affluents de l’ampoule de Galien. — A l’ampoule de Galien viennent aboutir, comme de nouveaux affluents du système des veines profondes :

D des veinules ascendantes, émanant des tubercules quadrijumeaux; une ou deux veines cérébelleuses, provenant de la face supérieure du cervelet et, en parliculier, du vermis; 3*^ deux des veines cérébrales internes, les veines cunéo-limbiques (üg. 8:25, oj, l’une droite, l’autre gaucho, qui, comme leur nom l’indique, tirent leur origine de la circonvolution du corps calleux et du cunéus (voy. p. 938).

Ces divers affluents, quand l’ampoule de Galien n’existe pas, viennent se jeter, à droite et à gauche, dans la veine de Galien correspondante.

L’ampoule de Galien reç^mit encore les deux veines basilaires, veines volumineuses qui proviennent de la base du cerveau et que nous allons maintenant déciâre.

Fig. 83t.

Coupe yertico-lalérale de la partie inférieure de riiéiiiisphère gauche, pour montrer les veines ventriculaires (segment interne de la coupe).

1, j)rolong('menl l'ronlal du ventricule laléral, avec: 1 , son prolongement spliénoïdat ; 1”, son protongenienl occi|iital. — 2, carrel'onr ventriculaire. — 3, noyau caudé. — 4, noyau lenticulaire. — 5, capsule interne. — 6, commissure blanche antérieure. — 7, ergot de Morand. — 8. corne d'Ammon. — 1*. plexus clioroïdes des ventricules latéraux. — 10, veine de la corne d’Ammon. — 11, veine de l’ergot de Morand. — 12, scissure de Sylvius. — 13, noyau amygdalien. — a, circonvolutions orbitaires. — b, circonvolutions de l'iiippocampe.

G. — Vi:iNES UE LA BASE ET POLYGONE VEINEUX S O U S - E N G É P H A L I Q U E

La base du cerveau nous présente deux veines, souvent très volumineuses, l’une droite, l’autre gauche, qui s’étendent de l’espace perforé antérieur à l’ampoule de Galien. Ce sont les veines basilaires (üg. 829,7).

1*^ Mode d’origine. — Chacune d’elles fait suite à une veine, dite veine cérébrale antérieure (fig. 832, 1), qui présente le même trajet que l’artère homonyme, mais qui est toute petite et dont le territoire ne dépasse généralement pas le genou du corps calleux.

Cette veine cérébrale antérieure (fig. 825, 4) prend naissance à la face interne de

CERVEAU

l’hémisphère, sur le tiers antérieur de la circonvolution du corps calleux. Elle se porte tout d’abord d’arrière en avant, cheminant sur la face interne du corps calleux. Puis, contournant le genou, elle se dirige obliquement en bas et en arrière vers le commencement de la scissure interhémisphérique. Elle arrive ainsi a la pointe de la circonvolution frontale interne, la contourne de dedans en dehors et arrive ainsi sur le lobe orbitaire, où elle prend le nom de veine basilaire.

Ainsi formée, la veine basilaire, continuant le trajet de la cérébrale antérieure, se porte en arrière, croise l’espace perforé antérieur et gagne la fente cérébrale de Bichat avec la bandelette optique, au-dessous de laquelle elle est située. Puis, elle croise obliquement la face inférieure du pédoncule cérébral et remonte sur les côtés de l’isthme de l’encéphale pour aboutir, suivant les cas, soit à l’ampoule de Galien, soit au sinus droit.

2^ Affluents. — Dans ce long trajet, les veines basilaires reçoivent de nombreux affluents, que l’on peut distinguer en internes et externes :

a. Affluents internes. — Les affluents internes se réduisent à quelques veinules, qui proviennent du chiasma des nerfs optiques du tuber cinereum, des tubercules mamillaires, des pédoncules cérébraux.

b. Affluents externes. — Les affluents externes sont beaucoup plus importants. Ce, sont, d’abord, les veines postérieures du lobe orbitaire : l’une d’elles, la veine olfactive, chemine dans le fond du sillon olfactif, dissimulée au-dessus de la bandelette olfactive (fig. 832,2). Plus loin, c’est la veine sylvienne profonde on'peine insulaire, qui débouche de la vallée sylvienne (fig. 832, 3) : cette veine suit le même trajet que l’artère cérébrale moyenne ou sylvienne, mais elle est beaucoup moins étendue ; elle tire son origine des circonvolutions de l’insula et reçoit constamment, au niveau de l’espace perforé antérieur, un certain nombre de rameaux qui descendent des deux noyaux du corps strié {veines striées inférieures de Hédon).

Au delà de la vallée sylvienne, les veines basilaires sont encore grossies par de nombreuses veinules, qui proviennent des deux lèvres de la fente de Bichat, des plexus choroïdes du ventricule latéral, de la circonvolution de l’bippocampe, de l’isthme de l’encéphale, des corps genouillés de la couche optique. Je les ai vues plusieurs fois recevoir, au niveau de leur terminaison, une ou deux veines cérébelleuses.

3° Anastomoses des veines basilaires :

veines communicantes et polygone veineux de la base. — Les deux veines basilaires ne sont pas indépendantes : elles s’anastomosent, d’une part avec la, partie inférieure de la grande veine anastomotique de Trolard (fig. 832,6), d’autre part avec les veines des deux plexus choroïdes.

Origines de la veine basilaire

a, circonvolution olfactive interne. — b, chiasma optique. — c, pédoncule cérébral. — d, d. ex'rémité antérieure du lobe sphénoïdal, érignée en arrière pour mettre à découvert l’espace perforé antérieur.

1, veine cérébrale antérieure. — 2, veine olfactive. — 3, veine insulaire. — 4, veine basilaire. — 5, grande veine anastomotique de Trolard. — 6, son anastomose avec la veine insulaire. — 7, 7, 7, trois veines striées inférieures, sortant des trous de l’espace perforé.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

Elles sont, en outre, reliées Tune à l’autre, au cours de leur trajet, par deux veines transversales, dont l’une, la communicante antérieure, est placée en avant du chiasma optique, dont l’autre, la communicante postérieure, répond au bord antérieur de la protubérance.

Ces deux anastomoses transversales solidarisent ainsi la circulation des deux veines basilaires. Elles ont en même temps pour résultat anatomique d’établir, à la base de l’encéphale, un polygone veineux qui, en dépit des assertions contraires, répond exactement au po/yp'Oîie artériel de Willis.

Les analogies du polygone veineux avec le polygone arténel me paraissent manifestes. Je les

résume dans le tableau synoptique suivant :

POLVGONE ARTERIEL I Artère cérébrale antérieure . . .

Artère communicante antérieure .

Artère cérébrale postérieure . . .

Artère communicante postérieure .

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