ARTERE AORTE
sont, en allant de droite à gauche : 1° le tronc brachio-céphalique, qui se divise pou après en sous-clavière et carotide primitive du côté droit ; la carotide primitive gauche ; 3° la sousclavière gauche. Or, le nombre de ces troncs peut diminuer ou augmenter et, d’autre part, tout en restant au nombre de trois, les troncs sus-aortiques peuvent se modifier, soit dans leur constitution, soit dans leurs rapports respectifs. Nous pouvons, à cet égard, distinguer les types suivants :
a. H ny a qu’une seule artère. — Cette artère, véritable aorte ascendante, fournit les deux sous-clavières et les carotides primitives.
b. Il y a deux artères. — Cette disposition comprend deux groupes de faits : dans le premier, il existe deux troncs brachio-céphaliques, fournissant chacun la sous-clavière et la carotide correspondantes ; dans le deuxième, le tronc brachio-céphalique fournit à la fois les deux carotides et l’une des sous-clavières, l’autre restant indépendante. Le tronc brachio-céphalique, ainsi transformé, prend le nom de tronc innommé; on peut le rencontrer, soit du côté droit, soit du côté gauche.
1, sous-clavière droite. — 2, carotide primitive droite. — 3, carotide primitive gauche. 4, sous-clavière gauche. — 5, aorte. 6, tronc brachio-céphalique. — 7, tronc innominé. — 8, vertébrale droite. — 9, vertébrale gauche.
c. Il y a trois artères. — Cette variété est constituée par l’existence d’un tronc innominé, d’une sous-clavière et d’une vertébrale. — Il peut être créé encore par l’existence d’un tronc brachiocéphalique gauche, coïncidant avec l’émergence isolée des artères sous-clavière et carotide du côté droit. — Une variété plus intéressante du type à trois artères est celle-ci : les deux sousclavières se détachant isolément de la crosse, les deux carotides naissent sur cette même crosse par un tronc commun. Quant à la situation des sous-clavières dans ce dernier cas, elles peuvent naître l’une à droite, l’autre à gauche du tronc carotidien, ou bien naître toutes les deux à gauche du tronc carotidien, auquel cas la droite (fig. 127, I) sera obligée de croiser la trachée pour se rendre à son champ de distribution.
d. Il y a quatre artères. — Cette disposition peut être créée, tout d’abord, par l’apparition sur la crosse aortique d’une artère qui, dans lés conditions ordinaires, provient d’une autre source : telles sont la vertébrale, la thyroïdienne inférieure, une thyroïdienne de Neubauer, la mammaire interne, une thymique, la coronaire gauche. — Dans un aulre ordre de faits, le type à quatre artères provient de ce que, le tronc brachio-céphalique n’existant pas, les deux sous-clavières et les deux carotides se détachent isolément de la crosse. Ces quatre' vaisseaux présentent, du
ANGEIOLOGIE
reste, dans leurs rapports respectifs des variétés nombreuses. On a observé (Vincent, Th. Genève, 1878) les dispositions suivantes :
l'"' variété : Sous-clavière droite.
2“ variété : Carotide droite.
3û variété : Carotide droite.
4® variété : Carotide droite.
5« variété : Carotide gauche.
Carotide droite.
Sous-claA'ière droite. Carotide gauche.
Carotide gauche.
Carotide droite.
Carotide gauche.
Carotide gauche.
Sous-clavière droite.
Sous-clavière gauche.
Sous-clavière gauche.
Sous-clavière gauche.
Sous-clavière gauche.
Sous-clavière gauche.
Sous-clavière droite.
Sous-clavière droite.
De toutes ces variétés, l’une des plus intéressantes est -celle dans laquelle l’artère sous-clavière droite naît la dernière, c’est-à-dire se détache de l’aorte à gauche de toutes les autres branches. Les dessins C et I de la figure 127 nous otfrent deux exemples de cette disposition singulière. Dans ce cas, la sous-clavière anormale, pour se rendre à sa place ordinaire, est nécessairement obligée de traverser la ligne médiane en se portant de gauche à droite : dans ce trajet, elle peut passer en avant de la trachée ; mais, dans la grande majorité des cas, elle passe en arrière de l’œsophage. Cette anomalie singulière doit être fort rare ; je ne l’ai rencontrée qu’une fois, sur un adulte d’une quarantaine d'années. J’en ai observé un deuxième fait sur une pièce sèche déposée au musée de la Faculté. Dans l'un et dans l’autre cas, la sous-clavière droite, pour gagner la région des scalènes, croisait la face postérieure de l'œsophage.
e. Il y a cinq artères. — Ce type est constitué par deux sous-clavières et deux carotides, auxquelles vient s’ajouter une vertébrale ou une thyroïdienne.
i. Il y a six artères. — Cette anomalie, de même que la précédente, est excessivement rare. Les six vaisseaux sus-aortiques se succèdent (Quain) dans l’ordre suivant ; 1® sous-clavière, vertébrale et carotide du côté droit ; 2® carotide, vertébrale et sous-clavière du côté gauche.
L’histoire du développement, ainsi que nous le verrons plus tard (voy. Embryologie), nous explique nettement la plupart des anomalies que nous venons de décrire. Il est à remarquer
Fig. 128.
Queh|ues variétés d’origine des troncs sus-aorli(jues dans la série animale. A, magot. — B, taupe. — C, cheval. — D, éléphant. — E, cétacés.
encore qu'un grand nombre de ces dispositions anormales chez l’homme, se rencontrent normalement dans la série zoologique. C'est ainsi que nous retrouvons (fig. 128) : l’aorte ascendante ou cervicale chez le cheval ; le type annulaire [par duplicité de V aorte) chez un grand nombre de batraciens, notamment chez les pérennibranches et les urodèles ; le tronc innominé chez plusieurs singes tels que le magot et le gibbon ; le double tronc brachio-céphalique [type à deux artères), chez la chauve-souris et chez la taupe ; l’absence de tronc brachio-céphalique [type à quatre artères) chez les cétacés ; le tronc commun aux deux carotides primitives chez quelques oiseaux et parmi les mammifères, chez l’éléphant, etc.
ARTICLE II