C. Portion abdominale de l’aorte
La portion abdominale de l’aorte est en rapport : en arrière, avec la colonne lombaire ; en avant, avec le pancréas et la troisième portion du duodénum, qui la croisent perpendiculairement, ainsi qu’avec le bord postérieur du mésentère, qui rattache à la colonne vertébrale la masse flottante de l’intestin grêle ; à gauche, avec le feuillet gauche de ce même mésentère; à droite, avec la veine cave inférieure.
L’aorte thoracique et l’aorte abdominale baignent l’une et l’autre dans une atmosphère de tissu cellulo - graisseux, au milieu duquel sont irrégulièrement disséminés de nombreux ganglions lymphatiques.
c. BoüLmz Fig, 126.
Aorte thoracique et ses branches.
1, crosse de l’aorle. — 2, aorte descendante. — .3. artères cardiaques. — 4, tronc brachio-céphalique. — 5, artère sous-clavière gauclie et ses branches. — 5’, artèi'e sous-clavièi’e droite et ses branches. — 6, 6, carotides primitives. — 7, artères bronchiques.
— 8, artères intercostales. — 9, artères œsophagiennes moyennes.
— 10, veine cave supérieure. — 11, grande azygos.
5° Distribution . — Durant son long parcours de l’oreillette gauche à la quatrième vertèbre lombaire, le tronc aortique abandonne dans tous les sens un nombre considérable d’artères, que l’on regarde ajuste titre comme ses branches collatérales.
ANGEIOLOGIE
Nous décrirons successivement :
Les branches qui naissent de la crosse ;
Les branches qui naissent de la portion thoracique ;
3° Les branches qui naissent de la portion abdominale .
Nous étudierons en dernier lieu les branches qui résultent de la bifurcation de l’aorte et que l’on considère, par opposition aux précédentes {branches collatérales), comme les branches terminales de cet important vaisseau.
RÉSUMÉ DE l’aorte
( a) Br. naissant de la crosse.
a) . Branches collatérales . . . . . | |3) Br. naissant de la portion thoracique.
( y) Br. naissant de la portion abdominale.
( 1® Art. sacrée moyenne.
b) . Branches terminales . . . . . , | 2® Art. iliaque primitive droite.
( 3“ Art. iliaque primitive gauche.
Variétés. — Les variations anatomiques de l’aorte sont fort nombreuses, quoique relativement rares. Elles portent sur Voi'igine, sur le nombre^ sur le trajet, sur le mode de distribution :
A. Variétés d’origine. — L’aorte peut naître du ventricule droit (Dügés, Tiedemann, Fabre, Baillie) ; dans ce cas, l’artère pulmonaire naît du ventricule gauche ou du ventricule droit ; il y a ordinairement persistance du trou de Botal et du canal artériel. — L’aorte peut naître à la fois des deux ventricules, soit par deux troncs différents., soit par un tronc unique, s’ouvrant simultanément dans les deux ventricules par suite d’une perforation de la cloison interventriculaire. — Gi- BERT a vu, chez un enfant qui a vécu douze jours, l’aorte ascendante naître du ventricule gauche, l’aorte descendante se séparer de l’artère pulmonaire. Il y avait' persistance du trou de Botal. Il existait, en outre, un long canal artériel unissant la crosse pulmonaire au côté gauche de l’aorte descendante.
B. Variétés de nombre. — Nous avons déjà noté (p. 15) l’augmentation numérique des valvules sigmoïdes de l’aorte, indiquant la duplicité originelle de ce vaisseau. — Un cloisonnement partiel du tronc aortique a été observé par Vbolick, par Allen Thompson et par quelques autres anatomistes. — A un degré plus avancé de l’anomalie, on a vu l’aorte se diviser peu après son origine en deux branches, lesquelles se réunissaient de nouveau sur le côté gauche de la colonne vertébrale, pour constituer l’aorte descendante. Ces deux branches de division circonscrivaient ainsi un espace elliptique ou annulaire, une sorte de collier à travers lequel passait la trachée et même l’œsophage (faits de Macalister, de Homel, de Gruveilhier, de Gurnow). — Klinz a vu l’aorte former, à sa sortie du cœur, deux troncs isolés, l’un ascendant et l’autre descendant. — Dans un cas, jusqu’ici unique, de Gruveilhier {Anat., III, p. 52), il existait également deux aortes distinctes, l’une antérieure, l’autre postérieure. Elles s’échappaient isolément du cœur et se portaient l’une et l’autre vers l’orifice postérieur du thorax. Là. l’aorte antérieure s’incurvait en arrière, descendait le long de la colonne vertébrale et se terminait par l’artère iliaque primitive droite. Quant à l’aorte postérieure, elle fournissait le tronc brachio-céphalique et les artères carotide primitive et sous-clavière gauche ; puis, elle descendait à son tour le long de la colonne vertébrale, en restant accolée à la précédente, et finalement venait constituer l’iliaque primitive gauche.
C. Variétés de trajet et de rapports. — La crosse aortique peut se recourber à droite au lieu de se diriger à gauche. Une pareille disposition coïncide généralement avec une transposition des viscères. Mais elle peut aussi être indépendante et se présenter sur un sujet dont tous les viscères sont normalement situés. Panas en a observé un exemple. — Après s’êlre recourbée à droite, l’aorte peut gagner le côté gauche de la colonne vertébrale, en passant en arrière de l’œsophage. — Tout en effectuant son incurvation du côté gauche, l’aorte peut anormalement contourner la bronche droite (Dubrueil), passer entre la trachée et l’œsophage (Ph. Bérard) ou même en arrière de ce dernier conduit (Gruveilhier).
Relativement à son extension du côté du cou, la crosse aortique peut remonter jusqu’au niveau de la fourchette sternale ou s’arrêter à la hauteur de la cinquième dorsale. Entre ces deux points extrêmes, elle peut occuper toutes les situations intermédiaires.
D. Variétés de terminaison. — L’aorte, descendant plus bas que d’habitude, peut se bifurquer au devant de la cinquième lombaire. — Par contre, on l’a vue se diviser au-dessus de la quatrième ; elle se terminait au niveau de la deuxième dans un cas de Gruveilhier. — Anormalement, l’aorte peut fournir isolément les deux iliaques interne et externe ; le nombre de ses branches terminales se trouve ainsi augmenté.
E. Variétés de distribution, troncs sus-aortiques. — Le mode d’émergence des nombreuses branches fournies par l’aorte s’écarte souvent de la description classique. Ges variétés seront indiquées plus tard à propos de chacune de ces branches. Nous ne nous occuperons ici que des troncs, qui naissent de la crosse et dont les anomalies présentent à la fois plus d’intérêt et plus d’importance.
Ainsi que nous le verrons bientôt, la crosse aortique, chez l’homme, fournit trois troncs, qui