‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 24 sur 166 · ARTÈRES CARDIAQUES OU CORONAIRES · texte numérisé non relu

ARTÈRES CARDIAQUES OU CORONAIRES

'P le tronc brachio-céphalique , d’où émanent les artères carotide primitive et sous-clavière du côté droit; 2^ l’artère carotide prirnitive gauche; S*" l’artère sous-clavière gauche.

§ 1.— Artères cardiaques ou coronaires

Les artères cardiaques, encore appelées coronaires, probablement à cause de leur trajet (elles entourent le cœur en manière de couronne) , se détachent de l’aorte un peu au-dessus du bord libre des valvules sigmoïdes. Elles se distribuent au cœur et ne sont ainsi que des vasa vasorum géants, comme les appelle Hyrtl. Au nombre de deux, elles se distinguent, d’après la situation respective de leur point d’émergence, en coronaire gauche et coronaire droite.

1° Artère coronaire gauche. — L’artère coronaire gauche, qu’on désigne encore sous le nom de coronaire antérieure , naît sur le côté gauche de l’aorte, un peu au-dessus de son origine.

A. Trajet. — Se portant obliquement de haut en bas, de droite à gauche et d’arrière en avant, elle contourne en demi-cercle le côté postéro-externe de l’artère pulmonaire et arrive bientôt à l’extrémité supérieure du sillon interventricu-

Fig. 129. Fig. 130.

Artères du cœur, vue antérieure. Artères du cœur, vue postérieure.

A, oreillette droite. — B, ventricule droit. — C, oreillette gauche. — D, Aentricule gauche. — 1, artère aorte. — 2, artère pulmonaire. — 3, veines pulmonaires droites. — 4, veines pulmonaires gauches. — 5, veine cave supérieure, avec : 5’ orifice de la grande azygos. — rt, orifice de la veine cave supérieure. — 7. 7, 7, artère coronaire droite. — 8. 8, artère coronaire gauche. — 9. 9, artère aunculo-veninculaire gauche et ses branches. — 10, 10', branche antérieure et branche postérieure de l’artère interauriculaire. — 11, 11, arières destinées aux parois de Taorle et de la pulmonaire.

iaire antérieur. S’infléchissant alors en bas et en avant, elle s'engage dans ce sillon, qu’elle parcourt dans toute son étendue. Arrivée au sommet du cœur, elle le contourne d’avant en arrière et vient se terminer sur la face postérieure de l’organe à i ou 2 centimètres au-dessus de la pointe. Suivant Dragneff, elle se terminerait

ANGÉIOLOGIE

sui\^ant deux modalités : tantôt, et c’est le cas le plus commun, elle s’épuise sur la partie postéro-inférieure du ventricule gauche par quelques ramifications superficielles et grêles; tantôt, au contraire, elle conserve un calibre plus considérable et disparaît dans la cloison interventriculaire.

B. Rapports. — Dans sa portion initiale, la coronaire gauche chemine dans un étroit sillon curviligne, qui est formé, en avant, par l’artère pulmonaire, en arrière par l’oreillette gauche et son auricule. Dans tout le reste de son étendue, l’artère est placée au-dessous du feuillet séreux du péricarde, au milieu de la graisse qui s’amasse ordinairement dans le sillon interventriculaire antérieur.

C. Distribution. — Au cours de son trajet, l’artère coronaire gauche fournit quatre ordres de collatérales, savoir :

D Des artérioles peu importantes, qui se détachent de sa portion initiale ou sus-ventriculaire et qui vont se ramifier, les unes {branches auriculaires) sur la face interne de l’auricule gauche, les autres {branches vasculaires) sur le flanc gauche de l’aorte et de la pulmonaire. Parmi ces artéiioles destinées à l’aorte et à la pulmonaire, il en est une, plus volumineuse que les autres, qui se perd dans la couche graisseuse périvasculaire (au-devant de l’artère pulmonaire généralement) et que l’on désigne pour cette raison sous le nom éé artère graisseuse.

La plupart des auteurs, en décrivant cette artère graisseuse, ajoutent à son appellation le nom de ViEUssENs ; artère fjraisseuse de Yieussens. C’est une erreur. Car, comme l’a établi Dkagneff, la branche artérielle à laquelle Vieussens a donné le nom à'artère yraisseuse, se détachait, non pas d’une des coronaires, mais de l’aorte elle-même, à côté de la coronaire droite. La véritable artère de Vieussens n’est donc pas une collatérale des coronaires, mais une collatérale de l’aorte et, si l’on veut, une coronaire supplémentaire ou accessoire.

Vartère auriculo-ventriculaire : elle se détache du tronc de la coronaire, au

moment où celui-ci s’engage dans le sillon interventriculaire antérieur. De là, elle se porte transversalement en dehors, en suivant, comme son nom l’indique, le sillon auriculo-ventriculaire. Arrivée au bord gauche du cœur, elle le contourne d’avant en arrière et descend alors obliquement sur la face postérieure du ventricule gauche, où elle se termine à 2 ou 3 centimètres au-dessus de la pointe. Chemin faisant, l’auriculoventriculaire abandonne de nombreux rameaux, que l’on distingue en ascendants ou descendants ; les rameaux ascendants vcmoïïiQni sur l’oreillette et l’auricule gauches ; les rameaux descendants recouvrent de leurs ramifications la partie du ventricule gauche qui forme ou avoisine le bord gauche du cœur.

3° Les artères ventriculaires : ces branches, très variables, en nombre et en volume, se détachent, à droite et à gauche, de la partie descendante de la coronaire. Elles se ramifient, après un parcours plus ou moins long, sur la partie des deux ventricules qui avoisine le sillon interventriculaire antérieur.

4® Les artères antérieures de la cloison interventriculaire : ces artères, au nombre de sept ou huit, se détachent à des hauteurs variables de la partie descen-

Fig. 131.

Portion supérieure de l’artère interventriculaire antérieure (portion descendante de la coronaire gauche) ouverte en avant, pour laisser voir, sur la partie postérieure, les artères qui y naissent et disparaissent immédiatement après dans la cloison interventriculaire.

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