‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 38 sur 166 · LA CERVICALE PROFONDE · texte numérisé non relu

LA CERVICALE PROFONDE

. . I R. spinaux.

( R. ascendant.

‘ ( R. descendant.

Variétés. — L’origine de la cervicale profonde est très variable : on l’a vue naître de la scapulaire postérieure, delà scapulaire supérieure, de la vertébrale, de l’intercostale supérieure. — Elle peut être très grêle ou même faire défaut, remplacée dans ce cas par l’une des artères voisines, de préférence par la scapulaire postérieure ou la cervicale ascendante. — Elle peut donner une vertébrale accessoire (Krause). — On l’a vue passer entre l’apophyse transverse de la 7® cervicale et celle de la 6® (Meckel), entre la 6® cervicale et la 5®, entre la première et la seconde côte (Theile), entre la deuxième et la troisième vertèbre dorsale (Quain).

§ VIL— Artère axillaire

ET SES BRANCHES

L’artère axillaire (fig. 162, 7) commence à la partie moyenne de la clavicule, où elle continue V artère sous-clavière . Descendant alors dans le creux de l’aisselle, elle traverse cette région à la manière d’une diagonale et se termine au niveau du bord inférieur du grand pectoral, où elle change de nom pour devenir X artère humérale.

Direction. — Sa direction varie, on le conçoit, avec la position du membre

ANGÉIOLOGIE

supérieur. Lorsque le bras est pendant le long du corps, l’artère, oblique en bas et en dehors, décrit une légère courbure à concavité dirigée en bas et en dedans. Lorsque le bras est étendu horizontalement, l’artère axillaire prend elle-même une direction rectiligne et horizontale. Lorsque, enfin, le bras est élevé plus haut encore et forme avec la paroi latérale du thorax un angle de plus de OO'’, l’artère décrit de nouveau une courbe, mais, cette fois, une courbe à concavité dirigée en haut.

2° Rapports. — Peu après son entrée dans l’aisselle, l’artère axillaire croise la face postérieure du muscle petit pectoral, qu’elle abandonne ensuite avant de pénétrer

dans la région brachiale. Nous pouvons donc , au point de vue de ses rapports, lui considérer trois portions (fig. 161) :

une première portion, s’étendant de la clavicule au bord supérieur du petit pectoral ; une deuxième portion, répondant au petit pectoral luimême ; une troisième portion, s’étendant du bord inférieur du petit pectoral au bord inférieur du grand pectoral, limite inférieure du creux axillaire.

a) Dans sa première portion, l’artère axillaire, recouverte en avant par le sous-clavier, par l’aponévrose clavipectorale (t. I. p. 33:2) et par les faisceaux claviculaires du grand pectoral, repose en bas et en dedans sur le premier espace intercostal et sur la première digitation du grand dentelé. Elle répond, en avant et en dedans, h la veine axillaire et à deux affluents de ce tronc veineux, les veines céphalique et acromio-thoracique; en arrière et en dehors, aux cordons nerveux du plexus brachial.

fi) Dans sa deuxième portion, elle répond : en avant, au muscle petit pectoral, recouvert lui-même par le grand pectoral ; en arrière, au muscle sous-scapulaire, dont elle est séparée par une partie du plexus brachial ; en dedans, avec le cordon nerveux qui constitue la racine interne du médian ; en dehors, à la racine externe de ce même nerf médian.

•J Dans sa troisième portion, l’artère axillaire est en rapport : en avant, avec le grand pectoral ; en arrière, avec les tendons des muscles grand rond et grand dorsal, ainsi qu’avec les nerfs radial et circonOexe, deux branches terminales du plexus brachial ; en dedans, avec le nerf cubital, le nerf brachial cutané interne et son accessoire ; en dehors, avec le nerf médian, le nerf musculo-cutané et le muscle coraco-hrachial.

3^ Distribution. — L’artère axillaire, au cours de son trajet, fournit cinq branches collatérales, qui sont, en allant de haut en bas ; V acromio-thoracique, \v. thoracique inférieure ou mammaire externe, la scapulaire inférieure^ la circon-

Fi^. 161.

Coupe schématique de la paroi antérieure de l’aisselle, pratiquée suivant l’axe de l’artère axillaire (côté droit, segment externe de la coupe).

I, clavicule. — 2, deuxième côte. — 3, grand pectoral. — 4, petit pectoral. — 5, sous-clavier. — ü, digitation su|)érieure du grand dentelé. — 7, artère sous-clavière. — 8, artère axillaire, avec : a, sa première portion ; è, sa deuxième portion ; c, sa troisième portion, — 9, artère acromio-tlioracique. — 11), aj)onévrose superlicielle. — 11, tissu ce lulaire sous-cutané. — 12, tissu cellulaire sous-pectoral. — 13, aponévrose clavi-coraco-axillaire. — 14, tissu cellulaire du creux de l'aisselle.

ARTÈRE AXILLAIRE

flexe antérieure eÇa circonflexe postérieure. Ces branches collatérales, disons-le tout de suite, sont extrêmement variables par leur volume, par leur trajet, voire même par leur nombre, naissant tantôt isolément, tantôt par un tronc commun avec une ou plusieurs autres collatérales, si bien qu’on ne rencontre que très rarement sur le sujet la disposition typique que l’on trouve dans les classiques. Ici,

Artères sous-clavière et axillaire, vue antérieure.

i, carotide interne, — 2, sous-clavière. — 3, tronc thyro-cervical, avec : 3’ thyroïdienne inférieure; 3”, rameau cervical ascendant; 3”’, scapulaire postérieure. — 4, vertébrale. — 5, sus-scapulaire. — 6, intercostale supérieure. -— 7, axillaire. — 8, acromio-thoracique. — 9, mammaire externe. — 10, scapulaire inférieure. — 11, circonflexe postérieure. — 12, circonflexe antérieure. — 13, humérale. — 14, 14, rameaux antérieurs de la mammaire interne.

comme ailleurs, la description classique n’est et ne peut être qu’une moyenne basée sur l’examen d’un nombre plus ou moins considérable de faits.

1° Artère .\cromio-thoracique. — L’artère acromio thoracique naît sur le côté antérieur de l’axillaire, immédiatement au-dessus du petit pectoral. Elle traverse, d’arrière en avant, l’aponévrose clavi-pectorale et se divise aussitôt après en deux branches ; l’une interne, l’autre externe :

a) La branche interne, appelée encore artère thoracique supérieure, se porte en dedans, entre le grand pectoral et le petit pectoral, auxquels elle se distribue. Chemin faisant, elle s’anastomose, d’une part avec la première intercostale, d’autre part avec les rameaux antérieurs de la mammaire interne.

La branche externe ou acromiale se porte en dehors au-dessous du deltoïde, et se distribue plus particulièrement à ce muscle. Avant de s’engager sous la face profonde du deltoïde, elle émet un rameau inférieur qui descend, parallèlement à

ANGÉIOLOGIE

la veine céphalique, dans l’interstice celluleux formé par le deltoïde et le grand pectoral, et se termine dans l’un et l’autre de ces deux muscles.

2*^ Artèue thoracique inférieure. — L’artère thoracique inférieure, que l’on désigne encore sous le nom de mammaire externe, se sépare de l’axillaire en arrière du petit pectoral.

Oblique en bas, en dedans et en avant, elle chemine sur la partie latérale du thorax entre le grand pectoral et le grand dentelé. Elle s’étend ainsi jusqu’au cinquième, sixième ou septième espace intercostal, où elle se termine en s’anastomosant avec les divisions antérieures des artères intercostales.

Chemin faisant, la thoracique inférieure abandonne de nombreux rameaux collatéraux aux ganglions de l’aisselle, aux muscles sous-scapulaire, grand dentelé, grand et petit pectoral, intercostaux, ainsi qu’à la glande mammaire et à la peau de la région an téro- latérale du thorax.

3° Artère scapulaire inférieure. — La scapulaire inférieure ou sous-scapulaire, (fig. 162, 10), la plus volumineuse des branches collatérales de l’axillaire, prend naissance au niveau du point où ce dernier vaisseau croise le bord inférieur du muscle sous-scapulaire. De là, elle se porte obliquement en bas et en dehors (croisant successivement le nerf du grand rond et le nerf du grand dorsal), fournit, dès son origine, quelques rameaux au muscle sous-scapulaire et se divise ensuite en deux branches terminales, l’une interne, l’autre externe :

a) La branche interne ou thoracique se porte sur la partie latérale du thorax, où elle descend entre le grand dentelé et le grand dorsal. Elle abandonne, dans son trajet, de nombreux rameaux à ces deux muscles. Quelques-unes de ses divisions se portent constamment au muscle grand rond, aux intercostaux externes et à la peau de la paroi antéro-latérale du thorax.

P) La branche externe ou scapulaire, oblique en bas et en arrièi e, s'engage dans le triangle que limitent le petit rond, le grand rond et la longue portion du triceps (fig. 160, 3) et se partage immédiatement après, sur le bord axillaire de l’omoplate, en trois rameaux : 1° un rameau antérieur, qui se dirige vers le sous-scapulaire et se distribue à ce muscle ; 2° un rameau postérieur , qui se porte en arrière et se ramifie à la face profonde du muscle sous-épineux, en s’anastomosant avec les branches sous-épineuses de la scapulaire supérieure ; 3° un rameau descendant, qui longe de haut en bas le bord axillaire de l’omoplate jusqu’à l’angle inférieur de cet os, où il s’anastomose à la fois avec la branche interne que nous venons de décrire et avec les divisions terminales de la scapulaire postérieure (p. 176).

4° Artère circonflexe antérieure. — L’artère circonflexe antérieure, souvent très grêle, mais toujours plus petite que la postérieure, naît sur le côté externe de l’axillaire, au niveau du bord inférieur du muscle sous-scapulaire. Se portant horizontalement en dehors, elle se jette sur la partie antérieure du col chirurgical de l’humérus, au-dessous du coraco-brachial et de la courte portion du biceps. Elle abandonne quelques rameaux à l’un et à l’autre de ces deux muscles et se divise elle-même, en atteignant la coulisse bicipitale, en deux rameaux terminaux, l’un ascendant, l’autre externe :

a) Le rameau ascendant remonte dans la coulisse bicipitale, avec le tendon de la longue portion du biceps et s’épuise, après un trajet naturellement très court, dans la tête de l’humérus et dans la capsule articulaire.

&) Le rameau externe, continuant le trajet de la circonflexe antérieure, s’engage profondément au-dessous du deltoïde et se perd dans ce muscle. 11 s’anastomose

ARTERE HUMERALE

constamment avec l’artère suivante, constituant ainsi, avec cette dernière, une sorte de cercle qui entoure le col chirurgical de l’humérus.

5° Artère circonflexe postérieure. — L’artère circonflexe postérieure se détache du côté postérieur de l’axillaire, au même niveau que la précédente. Se portant obliquement en dehors et en arrière avec le nerf circonflexe, elle traverse l’espace quadrilatère (fîg. 160, 7) que forme la longue portion du triceps en dedans, l’humérus en dehors, le petit rond en haut, le grand rond en bas. Elle arrive ainsi à la face profonde du deltoïde et se ramifie dans ce muscle, en s’anastomosant, comme nous l’avons vu plus haut, avec le rameau externe de la circonflexe antérieure.

Dans ce trajet, l’artère circonflexe postérieure est directement appliquée contre le col chirurgical de l’humérus, autour duquel elle décrit environ les trois quarts d’un cercle.

Avant de se terminer dans la masse deltoïdienne, elle fournit de nombreux rameaux collatéraux pour les muscles qui l’avoisinent, le grand rond, le petit rond et la longue portion du triceps. Quelques-unes de ses divisions, enfin, se rendent à l’articulation de l’épaule et aux téguments.

RÉSUMÉ DE l’axillaire

5 branches collatérales.

1“ Acromio-thoracique

2° Thoracique inférieure ou mammaire externe . .

f Br. collatérales . .

3° Scapulaire inférieure. . . l

[ Br. terminales :f . .

f Br. collatérales . .

4» Circonflexe antérieure . . \

( Br, terminales . . .

( Br. collatérales . .

O» Circonflexe postérieure. . l

[ Br. tei^minales. . .

( R. externe ou acromial.

( R. interne ou thoracique.

( R. musculaires.

I R. mammaires.

( R. cutanés.

I R. musculaires.

( R. interne ou thoracique.

( R. externe ou scapulaire.

1 R. musculaires.

( R. ascendant.

[ R. externe.

f R. musculaires.

) R. articulaires.

[ R. cutané.

I R. deltoïdiens.

Variétés. — Assez fréquemment, l’artère axillaire abandonne une grosse branche, espèce de tronc commun d’où partent ses branches collatérales ou un nombre plus ou moins considérable de ces branches ; on observe, à ce sujet, les combinaisons les plus variées. — De Taxillaire se détache parfois une des branches destinées à l’avant-bras, la radiale le plus souvent, plus rarement la cubitale, exceptionnellement une interosseuse, une artère du nerf médian ou un vas aberrans (voy. p. 186). — Anormalement, on a vu naître de l’axillaire des branches qui émanent d’ordinaire des troncs voisins; telles sont : la mammaire interne, la scapulaire supérieure, la scapulaire postérieure, l’humérale profonde.

La circonflexe antérieure peut être double. — Il en est de même de la circonflexe postérieure. — L’une et l’autre naissent parfois d’un tronc commun. — Il n’est pas très rare de voir la circonflexe postérieure fournir l’humérale profonde ou quelques-unes des branches de la sousscapulaire.

La mammaire externe peut être accompagnée d’une artère accessoire. — Dans un cas de Henle, elle donnait naissance à la cubitale.

La scapulaire inférieure est souvent double. — Elle fournit assez fréquemment la mammaire externe, la circonflexe postérieure, l’humérale profonde.

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