VEINES DU THORAX
Par suite des adhérences qu’elle contracte, soit avec le périoste pour sa portion intratransversaire, soit avec les aponévroses du cou pour la portion libre, la veine vertébrale est toujours béante et, de ce fait, peut, comme toutes les grosses veines de la base du cou, permettre l’entrée de l’air après une ouverture accidentelle.
Contrairement à la description classique, Walther [loc. dit.) admet, à la suite d’injections nombreuses, que les veines vertébrales sont toujours multiples : « On trouve presque toujours, dit-il, au lieu d’une veine régulière, plusieurs branches, ordinairement trois ou quatre, fréquemment reliées entre elles par des anastomoses et formant un véritable plexus, qui, bien injecté, remplit complètement le canal qui le contient. Ce plexus se divise, au niveau de chaque espace intertransversaire, en deux groupes ; l’un antérieur, qui entoure l’artère vertébrale, l’autre postérieur, séparé du précédent par le nerf qui sort du trou de conjugaison. » Ce ne serait qu’à la partie inférieure de la région que les différentes veines vertébrales se fusionneraient en un tronc commun, que l’on pourrait appeler le tronc vertébral.
6° Veines thyroïdiennes. — Le sang, apporté au corps thyroïde par les artères thyroïdiennes, s’échappe de cette glande par trois ordres de veines. On les distingue, comme les artères, en thyroïdiennes supérieures, moyennes et inférieures :
a. Veines thyroïdiennes supérieures. — Les veines thyroïdiennes supérieures, nées de la partie supérieure du corps thyroïde, se portent en haut et en dehors, en suivant l’artère thyroïdienne supérieure. Elles recueillent, chemin faisant, quelques veinules laryngées et viennent se terminer dans la jugulaire interne par un ou plusieurs troncs. Gomme nous l’avons déjà vu plus haut, leur abouchement dans la jugulaire se fait, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un tronc qui leur est commun avec la faciale et la linguale, le tronc thyro-lingito- facial.
b. Veines thyroïdiennes moyennes. — Les veines thyroïdiennes moyennes tirent leur origine de la partie latérale du corps thyroïde. Elles aboutissent également à la jugulaire interne, après avoir croisé transversalement ou obliquement la face antérieure de la carotide primitive.
c. Veines thyroïdiennes inférieures. — Les veines thyroïdiennes inférieures correspondent à l’artère thyroïdienne de Neubauer (p. 171), quand cette artère existe. Elles émergent du corps thyroïde au niveau de son bord inférieur. Toujours très nombreuses à leur origine’, elles descendent à la face postérieure des muscles sterno-thyroïdiens, en s’anastomosant fréquemment entre elles et en formant parfois, au-devant de la trachée, un véritable plexus, assez important sur bien des sujets pour contrarier le chirurgien dans l’opération de la trachéotomie. Toutes ces veines se condensent ordinairement en deux troncs, l’un gauche, l’autre droit : le tronc du côté droit (veine thyroïdienne inférieure droite) aboutit à l’angle de réunion des deux troncs veineux brachio-céphaliques ou même directement à la veine cave supérieure ; celui du côté gauche (veine thyroïdienne inférieure gauche) vient s’ouvrir dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche.
Voyez au sujet des veines du cou, Foucher, Étude sur les veines du cou et de la tête., Tb. Paris, 1834; — Luschka, Zeitschr. f. rat. Medicin, t. lit, R. VII, p. 78; — Dr même, Die Venen des Halses Denkschr. der K. Acad. math, naturw. Class., t. XX; — Chabert, Mémoires sur les veines de la face et du cou, Paris, 1876 ; — Sébileau et De.moülin, Comment il faut comprendre le système des veines jugulaires antérieures, Bull. Soc. anat., 1892 ; — Launay, Veines jugulaires et artères carotides, Th- Paris, 1896.