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VEINES DU COU

dans la plupart des cas, une veine parfois très volumineuse, qui provient de la région antérieure du thorax.

Plusieurs anastomoses, très variables en nombre, en volume et en direction, la relient d’une part à la jugulaire externe, d’autre part à la jugulaire interne ou à la

Fig. 257.

Veine cave supérieure et ses affluents.

1, veine cave supérieure. — 2, tronc brachio-cépbalique droit. — 2’, tronc brachio-céplialique gauche. — .3, 3, veines sous-clavières. — 4, jugulaire interne. — 5, jugulaire externe. — 6, jugulaire antérieure. — 7, veine faciale. — S, veines thyroïdiennes. — 9, veine mammaire interne.

faciale. Les deux jugulaires antérieures sont, en outre, réunies l’une à l’autre par une branche anastomotique, à direction transversale, qui est située à 1 ou 2 centimètres au-dessus du sternum.

3° Veine jugulaire interne. — La jugulaire interne (fig. 257, 4), la plus volumineuse des veines jugulaires, est profondément située sur les parties latérales du cou.

a. Origine, trajet, ter^ninaison. — Elle prend naissance dans le trou déchiré postérieur, où elle continue directement le sinus latéral (fig. 245, 3). Immédiatement au-dessous du trou déchiré, elle présente un renflement souvent considérable, de forme ovoïde, présentant de 12 à 15 millimètres de largeur sur 15 a 20 millimètres de hauteur : c’est le golfe de la veine jugulaire interne. 11 se loge dans une dépression profonde creusée sur le bord postérieur du rocher, la fosse jugulaire.

Du trou déchiré postérieur, la jugulaire interne descend vers l’orifice supérieur du thorax en suivant un trajet légèrement oblique en bas et en avant.

ANGÉIÜLOGIE

Arrivée au niveau de l’articulation sterno-claviculaire, elle se réunit avec la veine sous-clavière correspondante pour former le tronc veineux brachio-céphalique, que nous avons déjà décrit.

b. Rapports. — Dans ce trajet, la jugulaire interne longe le côté externe de la carotide interne d’abord, de la carotide primitive ensuite. Elle est logée dans la même gaine que l’artère et en partage les rapports (voy. Artères). Tout à fait à sa partie supérieure, cependant, elle est séparée de l’artère, ainsi que nous l’avons vu, par les trois nerfs pneumogastrique, glosso-pharyngien et grand hypoglosse.

c. Affluents. — Un peu au-dessous du trou déchiré, la veine jugulaire interne reçoit le sinns pétreux inférieur (fig. 2b8, 4) et résume alors, grâce à cet affluent,

toute la circulation des sinus crâniens, toute la circulation encéphalique par conséquent.

Elle reçoit en outre, à différentes hauteurs, toute une série de veines tributaires, savoir ; i® la veine linguale et l'à veine faciale, déjà étudiées (p. 31H et 313); 2° la veine pharyngienne, qui naît sur les parties latérales du pharynx d’un riche plexus, dit plexus pharyngien (voy. Pharynx) ; elle vient s’ouvrir dansla veine jugulaire interne à la hauteur de l’os hyoïde; 3° les veines laryngées, qui suivent exactement le trajet des artères homonymes ; 4° la veine thyroïdienne supérieure et la veine thyroïdienne moyenne, que nous retrouverons dans un instant.

d. Valvules. — La veine jugulaire interne présente constamment au niveau de son embouchure deux valvules {valvules ostiales), égales ou inégales, mais ordinairement suffisantes, dont l’abaissement, à l’état normal, s’oppose à tout reflux du sang veineux provenant du tronc brachio-céphalique correspondant.

La veine jugulaire interne, avons-nous dit tout à l’heure, résume toute la circulation encéphalique ; c’est, dès son origine au trou déchiré postérieur, la veine encéphaLique par excellence, la seule veine encéphalique pourrait-on dire. La veine jugulaire externe, elle, ne recueille au niveau de la tête, que le sang des parois crâniennes. Mais cette disposition, si elle est un des traits caractéristiques de l’anatomie de l’homme, n’existe pas chez tous les vertébrés, pas môme chez tous les mammifères.

Primitivement, chez les vertébrés inférieurs, notamment chez les poissons et les oiseaux, la jugulaire externe existe seule.

La veine jugulaire interne ne fait son apparition que plus tard, d’abord toute pelite et à champ fort restreint, puis prenant peu à peu de l’importance au fur et à mesure qu’on s’élève dans la série. Elle est encore, chez tous les mammifères (sauf les singes), fort rudimentaire, chez les uns ne dépassant pas la partie moyenne du cou, chez d autres s’élevant jusqu'à la base du crâne, mais sans pénétrer dans son intérieur ; elle est exclusivement cervicale. Dans ces conditions, le sang de la masse encéphalique s’échappe de la cavité crânienne par un trou spécial, le trou temporal d’OTTo ou foramen fjugulare spurium de Luschk.x, qui se trouve creusé en plein temporal un peu au-dessus de l’articulation ternporo maxillaire. Il arrive ainsi à la partie supérieure et latérale de la face et, là, se jette dans la jugulaire externe.

Plus tard encore, chez les primates inférieurs, la jugulaire interne, qui s'est considérablement développée en même temps que l'encéphale, pénètre dans la cavité crânienne par le trou déchire postérieur, s’unit au sinus latéral, dont elle forme la portion descendante, et, dès lors, dérive à son

Origine de la jugulaire interne (côté gauche, la partie postérieure du trou déchiré postérieur ayant été enlevée).

1, sinus latéral. — 2, golfe de la veine jugulaire interne.

— jugulaire interne. — 4, sinns pétreux inférieur. — 5, anastomose avec le confluent condylien antérieur. — C, veine condylienne postérieure. — 7, trou mastoïdien. — 8, gouttière pétreuse supérieure. — 0, languette fibro cartilagineuse isolant le glosso-pharyngien du pneumogastrique.

a, spinal. — è, pneumogastrique. — c, glosso-pharyngien.

— d, auditif. — e, intermédiaire de Wrisberg. — f. facial.

profit une partie du sang veineux des sinus. La jugulaire externe n’cn persiste pas moins, unie comme précédemment à la partie antérieure du sinus transverse par le foramen jugulare spurium. Mais elle est beaucoup moins volumineuse, et son volume s’atténue graduellement au fur et à mesure qu’augmente celui de la jugulaire interne.

Si, maintenant, nous examinons le plus élevé des primates ; l’homme, nous voyons la jugulaire interne atteindre, chez lui, son maximum de développement : elle reçoit, en effet, tout le sang de l'encéphale. Peu à peu le canal veineux qui. à travers le trou temporal, apportait à la veine jugulaire externe une partie du sang charrié par le sinus transverse, a perdu de son importance, s’est atténué et a même fini par disparaître : la jugulaire externe, de ce fait, ne reçoit plus que des veines superficielles. Tel est Tétat normal.

Au total, la voie eiférente des réseaux veineux cervico-céphaliques, envisagés en général et dans l’ensemble de la série des vertébrés, se dispose suivant des modalités variables que l’on peut ramener aux (juatre types suivants :

-1®'’ type : jugulaire externe veine unique, ramenant naturellement tout le sang veineux de la tête ; pas de veine jugulaire interne (poissons, oiseaux) ;

2® type : jugulaire externe prépondérante, recueillant tout le sang veineux de l’encéphale ; jugulaire interne rudimentaire, s’arrêtant à la région cervicale (rongeurs) ;

3® type : jugulaire externe et jugulaire interne, recueillant l’une et l’autre une partie du sang veineux de l’encéphale, la première par le trou temporal, la seconde par le trou déchiré postérieur (singes inférieurs) ;

4® type : encore les deux jugulaires, mais avec des rôles bien différents ; jugulaire interne prépondérante, recevant à son origine tout le sang du réseau veineux encéphalique ; jugulaire externe plus petite, séparée désormais du réseau intracrânien et ne recueillant à la tête que le sang de la paroi crânienne.

L’embryologie nous apprend que la disposition des veines jugulaires ne varie pas seulement dans la série animale, mais aussi, chez l’homme, aux divers stades de son développement.

Primitivement (fig. 259, 1), il jugulaire, jugulaire unique, qu’il convient de considérer comme une jugulaire externe. Plus tard (II) apparaît la jugulaire interne, simple collatérale de la précédente, d’abord fort grêle et fort courte, s’élevant peu à peu jusqu’à la base du crâne, pénétrant bientôt (III) dans la cavité crânienne elle-même par le trou déchiré postérieur, s’unissant avec le sinus latéral et dérivant alors à son profit une partie du sang veineux de l’encéphale, qui jusque-là aboutissait en totalité à la jugulaire externe par ce canal spécial, trou temporal ou foramen jugulare spurium, que l’on voit encore chez le fœtus à la racine de l’apophyse zygomatique.

Au cours du développement, la jugulaire interne augmente encore de volume en même temps que la jugulaire externe s’atténue, si bien que, chez l’enfant naissant et à fortiori chez l’adulte (IV), la jugulaire interne recueillant tout le sang veineux encéphalique, la jugulaire externe, considérablement déchue, se trouve réduite à une simple veine pariétale recevant seulement les veines superficielles de la tête. Du même coup, sa communication avec le sinus latéral par

Fig. 259.

Schéma montrant les divers stades évolutifs du système veineux jugulaire.

I, pas de jugulaire interne, le système veineux encéphalique se rend, par le trou temporal, à la jugulaire externe.

II, apparition de la jugulaire interne, elle est toute petite et ne pénètre pas encore

dans le crâne. . , + - i t

III, la jugulaire interne pénètre dans le crâne, va se souder au sinus latéral et dérive alors à son profit une partie du sang veineux encéphalique.

IV, le sinus latéral perd toute relation avec la jugulaire externe et, en totalité, le sang qu’il contient se rend à la jugulaire interne.

1, paroi crânienne, coupée en sens frontal au niveau de l’extrémité postérieure du zygoma. — 2, trou temporal. — 3, trou déchiré postérieur. — 4, jugulaire externe.

5, jugulaire interne. — 6, sinus latéral, avec 6’. sa portion horizontale: 6”, sa portion transversale. — 7, tractus conjonctifs (dans la fig. IV) qui, dans les stades précédents, allait du sinus à la jugulaire externe.

n’existe chez lui, comme chez certains vertébrés qu’une seule

ANGEIOLOGIE

le trou temporal, disparaît et il ne se rencontre plus chez l’adulte qu’à l’état d’anomalie, constituant. quand il existe, le sinus pétro-écailleux que nous avons déjà décrit plus haut (voy. p. 300).

Gomme on le voit l'homme, en ce qui concerne ses deux jugulaires interne et externe, nous présente successivement, au cours de son développement individuel, la disposition des vertébrés inférieurs, celle des mammifères intérieurs, celle des différents goupes simiens et, enfin, celle qui lui appartient en propre. Ici, encore, il est vrai de dire que l’ontogénie n'est qu’une répétition rapide de la phylogénie.

4° Veine jugulaire postérieure. — Les veines jugulaires postérieures, situées dans les profondeurs de la nuque, appartiennent en réalité eu système des veines extrarachidiennes. Elles sont au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche.

Chacune d’elles prend naissance entre l’occipital et l’atlas, par la réunion de branches multiples qui sont, d’après Walter [Thèse de Paris, 1885) ; 1*^ la veine mastoïdienne ; 2° la veine condy tienne postérieure ; 3° une ou deux veines occipitales profondes', 4° des branches plexiformes, qui entourent le trou occipital; 5° des branches qui émanent des veines intrarachidiennes, lesquelles forment à ce niveau, à l’angle externe du canal, un volumineux paquet ou plexus, connu sous le nom de confluent occipito-vertébral .

Ainsi constituée, la jugulaire postérieure descend dans les gouttières vertébrales jusqu’à la partie inférieure de la nuque. S’infléchissant alors en bas et en avant, elle s’engage entre la première côte et l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et vient s’ouvrir à la partie postérieure du tronc veineux brachiocéphalique correspondant, un peu en dehors de la veine vertébrale.

Elle recueille, dans son trajet, la yjlus grande partie des veines de la nuque. Les autres aboutissent aux jugulaires externes, aux veines occipitales, aux veines cervicales profondes et aux veines vertébrales.

Une anastomose transversale constante réunit l’une à l’autre les deux veines jugulaires postérieures, au niveau de l’apophyse épineuse de l’axis.

5^^ Veine vertébrale. — La veine vertébrale correspond, non pas à l’artère vertébrale tout entière, mais à sa portion cervicale seulement.

Elle naît au-dessous du trou occipital, en s’échappant comme la jugulaire postérieure du confluent occipito-vertébral, qui la met en relation à la fois avec les veines intrarachidiennes et avec la circulation des sinus crâniens.

Puis, se portant de haut en bas, elle s’engage en compagnie de l’artère homonyme, dans les trous que présentent à leur base les apophyses transverses des vertèbres cervicales et descend ainsi jusqu’à la cinquième ou à la sixième de ces vertèbres. Dans ce trajet, l’artère est située en dedans et en avant de la veine, qui l’entoure dans les deux tiers ou les trois quarts de sa circonférence.

La veine vertébrale reçoit comme affluents trois ordres de veinules, savoir : P des veinules potérieures, qui proviennent des muscles de la nuque ; 2° des veinules antérieures, qui émanent des muscles prévertébraux ; 3® des veinules internes, qui proviennent des plexus intrarachidiens à travers les trous de conjugaison [veines de conjugaison). Elle échange, en outre, avec la jugulaire postérieure de nombreuses anastomoses, à direction transversale ou plus ou moins oblique.

Au sortir dn trou de l’apophyse transverse de la cinquième ou de la sixième cervicale, quelquefois de la septième, la veine vertébrale s’infléchit un peu en avant et en bas, reçoit alors les veines cervicale ascendante et cervicale profonde, qui correspondent exactement aux artères de même nom, et, finalement, vient s’ouvrir à la partie postérieure du tronc veineux hrachio-céphalique, un peu en dedans de la veine jugulaire interne. Son embouchure est constamment pourvue d’une valvule [valvule ostiale), à une ou deux valves.

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