‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 72 sur 166 · VEINES DU THORAX · texte numérisé non relu

VEINES DU THORAX

encore quelques veinules sans nom provenant des corps vertébraux et se terminent de la façon suivante (voy. fig. 263).

Il existe vingt-quatre veines intercostales, douze pour chaque côté du corps, mne pour chaque espace intercostal. On les désigne comme les artères, sous les noms de 1*’®, 2®, 3®, etc., en procédant de haut en bas. — Des douze veines intercostales droites, les deux ou trois premières aboutissent à un tronc unique, le tronc commun des reines intercostales supérieures droites; les neuf ou dix dernières se jettent dans la grande reine azygos. — De même, des douze veines intercostales gauches, les six ou sept premières se jettent dans un tronc commun, le tronc commun des reines intercostales supérieures gauches, les cinq ou six dernières viennent s’ouvrir dans la petite reine azygos.

Étudions maintenant chacun de ces quatre troncs :

a. Tronc commun des reines intercostales supérieures droites. — Le tronc commun des intercostales supérieures droites (fig. 260, 8), est formé par la réunion des veines intercostales qui cheminent dans les deux ou trois premiers espaces intercostaux du côté droit. Il se porte obliquement en bas et en dedans et vient se terminer, selon les cas, soit dans la sous-clavière ou le tronc brachio-céphalique du côté correspondant, soit dans la veine cave supérieure, ou bien encore dans la grande veine azygos. Ce tronc est inconstant et il n’est pas rare de voir les premières veines intercostales droites s’ouvrir isolément dans l’un ou l’autre des quatre troncs veineux précités.

b. Grande reine azygos. — La grande veine azygos (fig. 260, 6) prend naissance ordinairement dans la cavité abdominale, où elle fait suite à la lombaire ascendante (p. 3ol) du côté droit.

Suivant, comme ce dernier vaisseau, un trajet verticalement ascendant, elle pénètre dans le thorax par le même orifice diaphragmatique qui livre passage au grand sympathique droit (souvent par l’orifice du grand nerf splanchnique) et longe ensuite de bas en haut la partie latérale droite du corps des vertèbres (très souvent sa partie antérieure) jusqu’à la hauteur du troisième espace intercostal. Là, elle s’infléchit en avant, en décrivant un crochet [crosse de Vazygos)^ dont la concavité, dirigée en bas, embrasse la bronche droite (fig. 261,5) et vient s’ouvrir à la partie postérieure de la veine cave supérieure, au moment où ce tronc veineux va s’engager dans le péricarde, à sa partie inférieure par conséquent.

Au cours de son trajet, la grande veine azygos reçoit par son côté postéroexterne les veines intercostales, que nous avons indiquées ci-dessus comme étant ses affluents, je veux dire les neuf ou dix dernières intercostales droites. Chacune d’elles présente ordinairement une valvule au niveau de son embouchure.

La grande veine azygos mesure de 20 à 25 centimètres de longueur. Son diamètre, à la partie inférieure du thorax, est de 3 à 4 millimètres en moyenne. Ce diamètre va croissant de bas en haut et peut atteindre, à l’embouchure du vaisseau, jusqu’à 10 et 12 millimètres. S’ouvrant en haut dans la veine cave supérieure,

s ? t zii

Fig. 261.

La crosse de l’azygos contournant la bronche droite.

1, trachée-artère. — 2, bronche droite, coupée à 2 centimètres au dehors de la trachée. — 3, œsophage. — 4, veine cave supérieure. — 5, grande veine azygos. — 6, artère pulmonaire. — 7, veines pulmonaires.

— 8, 8’, artères et veines bronchiques. — 9, pneumogastrique droit. — 10, deux rameaux du plexus bronchique. — 11, ganglions lymphatiques. — 12, tissu cellulograisseux. — 13, nerf phrénique.

communiquant en bas avec plusieurs affluents de la veine cave inférieure (notamment avec les veines lombaires, les diaphragmatiques, la rénale droite, etc.), la grande ayygos peut être considérée comme une large anastomose jetée entre les deux veines caves. De ce fait, elle peut suppléer la veine cave inférieure dans le cas d’oblitération de cette dernière et transporter au cœur, par une voie détournée, le sang de la cavité abdomino-pelvienne et des membres inférieurs.

C’est à tort, selon moi, qu’on a nié l’existence de valvules dans la grande veine azygos. J’ai toujours rencontré, pour ma part, une valvule, ordinairement suffisante , non pas à l’embouchure même de cette veine, mais à 3 ou 4 centimètres en amont.

Au point de vue de ses rapports, la grande azygos nous offre à considérer deux portions : une portion ascendante et une portion horizontale. — Dans sa portion ascendante, elle chemine dans la grande majorité des cas sur la face antérieure des corps vertébraux, un peu à droite de la ligne mé-

diane; plus rarement, . elleoccupeleplan latéral droit de la colonne.

Elle est située en arrière et un peu en dehors de l’œsophage, à droite de l’aorte et du canal thoracique.

Sa face postérieure est en rapport immédiat

Fir. 262.

Coupe horizontale du thorax passant par la crosse de la grande azygos (segment inférieur de la coupe).

1, disque intervertébral entre Div et Dv. — 2, œso])bag-e. — .3, canal thoracique.

— 4, trachée, coupée immédiatement au dessus de !a bifurcation. — 5, 5’, bronche gauche et bronche droite. — 6, crosse aortique. — 7, veine cave supérieure. — 8, grande azygos, avec 8’, son abouchement dans la veine cave. — 9, petite azygos.

— 10, ganglions lymphatiques. — 11, plèvre viscérale. — 12, plèvre médiastine. — 13, poumon droit. — 14, poumon gauche.

avec les artères intercostales droites, qu’elle croise à angle droit. Sa face externe répond à la plèvre pariétale, qui la sépare du poumon droit. — ■ Dans sa portion horizontale, la grande azygos contourne la bronche droite, de même que, du coté opposé, la crosse de l’aorte contourne la bronche gauche. Au-dessous d’elle se trouvent à la fois, la bronche droite avec ses vaisseaux, les veines pulmonaires droites, la branche droite de l’artère pulmonaire, tout le pédicule du poumon en un mot. Sa face externe, convexe, est en rapport avec la face interne du poumon droit. Sa face interne, concave comme le montrent nettement les coupes horizontales passant à son niveau (fig. 262, 8j, répond successivement au côté droit de l’œsophage, au pneumogastrique droit, au flanc latéral droit de la trachée.

Dans certains cas, la crosse de l’azygos, plus externe que d’iiabitude, contourne le poumon, au lieu de contourner son pédicule. Elle déprime, à son niveau, le lobe supérieur et prorluif

VEINES üü THORAX

ainsi un sillon, dirigé en sens sagittal, qui divise le lobe en question en deux parties ; une partie externe, plus volumineuse, représentant le lobe proprement dit ; une partie interne, plus petite, constituant comme un petit lobe surnuméraire, appliqué contre le médiastin, c’est le lobule de Wrisherg. Tout récemment, Devé [Bull. Soc. Anal., 1889). en a rapporté et analysé 17 cas. dont 3 personnels.

c. Tronc commun des veines intercostales supérieures gauches. — Le tronc commun des veines intercostales supérieures gauches (fig. 260, 9), auquel aboutissent les premières (de 2 à 8) veines intercostales du côté gauche, se porte obliquement en bas et en dedans le long de la face latérale gauche de la colonne vertébrale, augmente de volume au fur et à mesure qu’il descend et vient s’ouvrir, tantôt dans la grande veine azygos (fig. 260), tantôt dans la petite azygos. Il est plus rare de le voir se terminer dans la sous-clavière ou dans le tronc veineux brachiocéphalique.

d. Petite veine azygos. — La petite veine azygos (fig. 260, 7) diffère de la grande azygos en ce qu’elle est moins volumineuse et qu’elle ne va pas, comme cette dernière, jusqu’à la veine cave supérieure. On l’appelle encore la demi-azygos.

Comme la grande azygos, elle prend le plus souvent naissance dans la partie postéro-supérieure de l’abdomen, où elle continue en haut la lombaire ascendante du côté gauche.

Immédiatement après son origine, elle traverse la partie correspondante du diaphragme, en compagnie, soit du sympathique, soit du grand splanchnique et arrive ainsi dans le thorax.

Parvenue dans le thorax, elle chemine de bas en haut sur la partie latérale gauche de la colonne vertébrale, reçoit successivement par son côté externe les quatre, cinq ou six dernières veines intercostales gauches et vient s’ouvrir dans la grande veine azygos, en formant un crochet transversal, dont la concavité est dirigée en bas. Le point d’abouchement de la petite azygos dans la grande varie, on le conçoit, avec sa longueur ou, ce qui est identique, avec le nombre d’intercostales qu’elle a pour affluents. Ce point correspond habituellement au corps vertébral de la septième dorsale.

C. Résumé. — Il résulte des descriptions précédentes que la grande veine azygos, à laquelle aboutissent directement ou indirectement la petite veine azygos, le tronc commun des intercostales supérieures droites et le tronc commun des intercostales supérieures gauches, résume, en définitive, la circulation veineuse de tous les espaces intercostaux et de la portion correspondante du rachis.

Voyez, au sujet des variations anatomiques des veines intercostales et azygos. Gruber, Ueber die valvulæ der Venu azygos und ihrer Aesfe, Arch. f. Anat. u. PhysioL. 1866; — Cruveilhier, Anal, descript., t. IH, p. 256; — Quain’s, ^wa(fo??2.. t. 1, p. 514: — \V. Kuause, Anat. des Menschen, t. III, p. 186 ; — Morrison, The arrangement of the azigos and superior intercostal veins in thorax, Journ. of Anat., 1879. vol. XIII, p. 346; — Fenwik. Ueber die subculaneen Venender vorderen Rumpfgegend, Arch. f. klin. Chirurgie, 1881; — Braune, Ueber die Intercostalvenen des

Fig. 263.

Schéma représentant le système des azygos.

I. Il, Ht... XII, les douze velues intercostales. — 1, grande azygos, avec 1’, sa crosse. — 2, petite azygos, avec 2’, son abouchement dans la grande azygos. — 3, tronc commun des veines intercostales supérieures droites. — 4, tronc commun des veines intercostales supérieures gauches. — 5, 5’. les deux veines lombaires ascendantes droite et gauche, constituant l'origine : la première, de la grande azygos ; la seconde, de la petite azygos. — 6, veine cave supérieure. — 7, diaphragme.

menschl. Kôrpevs, Ber. d. Kgl. Sachs. Gesellseli. d. Wiss., 1883 ; — Chiaucgi, Appunti da servire alla storia del sistema delle vene azigos nei mammifevi, Soc. tosc. «li Sc. iiat., Pisa , 1887.

3'^ Veines diaphragmatiques supérieures. — Au nombre de deux, l’ime droite, l’autre gauche (elles sont plus rarement au nombre de quatre, deux de chaque côté), les veines diaphragmatiques supérieures prennent naissance sur la face supérieure du diaphragme, en arrière du sternum.

Elles se portent ensuite verticalement en haut, en suivant de chaque coté le neri phrénique correspondant, et se terminent de la façon suivante : VA veine diaphragmatique droite, dans l’angle de réunion des deux troncs veineux brachio céphaliques; la eeine diaphragmatique gauche, dans le tronc veineux brachio-céphalique du même côté.

J’ai vu plusieurs fois une ou deux veines diaphragmatiques, provenant des faisceaux antérieurs du diaphragme, s’ouvrir dans la portion thoracique de la veine cave inférieure, au moment où ce vaisseau va s’engager dans le péricarde.

B . — V E INES VISCÉRAL E S

Nous désignerons sous ce nom générique de veines viscérales les veines thy- )niques, péricardiques, médiastines et œsophagiennes, dont le nom seul indique nettement la provenance.

Ces veines ordinairement très grêles, mais toujours très variables en nombre, se divisent généralement en deux groupes, l’un droit, l’autre gauche. Ils viennent se terminer : le groupe du côté droit, dans l’angle de réunion des deux troncs veineux brachio-céphaliques ; le groupe du côté gauche, dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche.

Plusieurs branches œsophagiennes, les plus volumineuses d’après Theile, viennent encore s’ouvrir dans la petite azygos et dans le tronc commun des intercostales supérieures gauches.

Parmi les branches viscérales du thorax, il convient de décrire encore les veines bronchiques. Au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, les veines bronchiques accompagnent les artères de même nom et se terminent, dans la majorité des cas, la bronchique droite dans la grande veine azygos, la bronchique gauche dans la petite azygos.

§ VU. — Veines de rachis

Les veines du rachis (fig. 264, 265, 266 et 267) répondent a la série des rameaux artériels dorso-spinaux, que nous avons déjà étudiés en angéiologie et qui se détachent successivement de la vertébrale, des intercostales, des lombaires et de la sacrée latérale. Elles ramènent au système des veines caves le sang veineux de la colonne vertébrale, des muscles spinaux, de la moelle épinière et de ses enveloppes. Nous les diviserons, d’après leur situation et leur provenance, en quatre groupes, savoir : 1® les reines intrarachidiennes, contenues dans le canal vertébral; 2° les reines des corps rertébaux ; 3° les reines de la moelle ; 4° les reines extrarachidiennes, situées en dehors du canal vertébral.

Veines intrarachidiennes. — Considérées dans leur ensemble, les veines intrarachidiennes sont essentiellement constituées par quatre veines, dites reines longitudinales , qui descendent verticalement du trou occipital, où elles s’anastomosent avec les veines de la base du crâne, jusqu’à la base du coccyx.

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