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CINQUIÈME SECTION

LYMPHATIQUES

ANATOMIE GÉNÉRALE

Les lymphatiques sont, comme les veines, des canaux membraneux à ramifications convergentes, chargés de recueillir et d’apporter au système veineux deux importants liquides de l’organisme, la lymphe et le chyle. Se basant sur la différence de leur contenu, la plupart des physiologistes divisent ces canaux en deux groupes : les vaisseaux lymphatiques proprement dits, dans lesquels circule la lymphe, et les vaisseaux chylifères, qui renferment le chyle. Une pareille distinction ne saurait être maintenue en anatomie, les lymphatiques et les chylifères présentant le même aspect extérieur et la même structure. Les chylifères, en effet, ne sont que les vaisseaux lymphatiques du tube intestinal.

Au cours de leur trajet, les vaisseaux lymphatiques traversent des masses globuleuses, qui leur sont annexées et que l’on désigne sous le nom de ganglions lymphatiques. C’est là un des traits les plus caractéristiques de leur nature : tout vaisseau lymphatique, avant d’aboutir au système veineux, doit nécessairement, suivant la formule déjà ancienne de Mascagni, traverser un ou plusieurs ganglions.

Le système lymphatique, envisagé d'ans son ensemble, comprend donc deux ordres d’organes :

U Des vaisseaux ;

2° Des ganglions.

Voyez pour l’histoire de la découverte des lymphatiques : Milne-Edwards. Physiologie et Anatomie comparée, t. IV, 1859; — Sappev, Traité d'anatomie, physiologie et pathologie des vaisseaux lymphatiques, gr. in-foL, 1874; — Du mÊxME, Traité d’anatomie descriptive, i. Il; — Caverni, in ■Storia del metodo sper., 111, cap. vi, Firenze, 1893.

§ I. — Vaisseaux lymphatiques

Envisagés au point de vue de l’anatomie générale, les vaisseaux lymphatiques nous offrent à étudier : leur disposition générale, leur configuration extérieure Qi intérieure, leur mode d'origine, leur terminaison, leur structure.

1° Disposition générale des vaisseaux lymphatiques. — Des réseaux où ils prennent naissance, les vaisseaux lymphatiques se dirigent tous vers deux gros troncs collecteurs, le canal thoracique et la grande veine lymphatique, lesquels sont situés dans le thorax et s’ouvrent eux-mêmes dans les veines sous-clavières. Us sont donc convergents comme les canaux veineux. Mais ils diffèrent considéra-

ANGÉIOLOGIE

blement de ces derniers par la façon même dont ils progressent : tandis que les veines ont pour caractéristique de converger les unes vers les autres et de se réunir pour donner naissance à des troncs de plus en plus rares, mais de plus en plus volumineux, les vaisseaux lymphatiques cheminent parallèlement les uns aux autres, échangent entre eux des anastomoses, tout en conservant leur individualité, et présentent pour ainsi dire le même calibre depuis leur origine jusqu’à leur terminaison. Leur accroissement est, en effet, très faible et n’est nullement proportionnel à la longueur de leur trajet, comme cela s’observe pour les veines.

Au point de vue de leur situation, les vaisseaux lymphatiques de la tête, du cou, du tronc et des membres se divisent en mperflcieU et profonds : les premiers cheminent dans le tissu cellulaire sous-cutané, les seconds au-dessous de l’aponévrose superficielle. Les uns et les autres s’accolent ordinairement aux veines correspondantes, dont ils partagent les rapports, occupant les mêmes interstices, traversant les mêmes orifices musculaires ou aponévrotiques, etc.

Les lymphatiques viscéraux (foie, ovaire, testicule) se divisent de même en superficiels et profonds : les superficiels rampent à la surface extérieure de l’organe dont ils émanent; les profonds sont situés dans son épaisseur et s’en échappent, avec les autres vaisseaux, au niveau du hile.

Les lymphatiques, soit superficiels, soit profonds, suivent généralement un trajet rectiligne. On en voit, cependant, qui s’incurvent dans divers sens, se contournent sur eux-mêmes et affectent ainsi une disposition plus ou moins flexueuse. De ce nombre sont (Sappey) : les lymphatiques de la partie externe de la jambe, quand ils arrivent au genou ; ceux de la face postérieure de l’avant-bras, quand ils atteignent le coude ; ceux de la face supérieure du foie, soit qu’ils traversent le diaphragme, soit qu’ils glissent sur la face inférieure de ce muscle pour gagner les ganglions mésentériques.

2° Anastomoses. — Au cours de leur trajet, les vaisseaux lymphatiques s’anastomosent les uns avec les autres, comme le font les artères et les veines. Mais ces anastomoses sont bien moins fréquentes que sur les deux autres systèmes vasculaires. Elles sont aussi bien moins variées et nous ne rencontrons guère ici, en dehors des réseaux d’origine bien entendu, que des anastomoses obliques et des anastomoses longitudinales. Une variété que l’on observe assez fréquemment sur le réseau superficiel est la suivante ; un vaisseau, jusque-là unique, se divise brusquement en deux branches ; ces deux branches s’écartent l’une de l’autre sous un angle plus ou moins aigu et chacune d’elles vient ensuite, après un parcours variable, s’aboucher dans le vaisseau voisin. Cette disposition, que l’on pourrait appeler anastomose par bifurcation divergente ou bien encore anastomose en 7, rappelle de tous points le mode de terminaison de la veine médiane de l’avant-bras, qui se bifurque au coude et dont les deux branches vont en divergeant se jeter, l’une dans la veine radiale, l’autre dans la veine cubitale.

3° Configuration extérieure et intérieure. — Les vaisseaux lymphatiques sont cylindriques comme les vaisseaux sanguins. D’autre part, ils présentent, comme les veines, mais d’une façon à la fois plus prononcée et plus régulière, une série de renflements et d’étranglements alternatifs, qui leur donnent un aspect noueux (fig. 290). Le vaisseau lymphatique se trouve ainsi divisé en une multitude de petits tronçons, qui tous vont en se rétrécissant de la périphérie au centre et dont l’ensemble rappelle assez bien l’aspect que donnerait une série de cornets ou de troncs de cône régulièrement emboîtés les uns dans les autres.

LYMPHATIQUES

Une pareille disposition, essentiellement caracte'ristiqne des lymphatiques, est due aux valvules que l’on trouve dans l’intérieur du vaisseau. Ces valvules présentent dans leur configuration, dans leur mode d’agencement et dans leur r<Me, la plus grande analogie avec celles des veines. Elles affectent une forme semi-lunaire et se disposent régulièrement par paires à la même hauteur et directement en face l’une de l’autre. Chacune d’elles nous présente : 1° un bord adhérent, répondant à l’étranglement précité ; 2® un bord libre, flottant dans la lumière du vaisseau ; 3® une face interne ou axiale, convexe, tournée du côté des capillaires ; 4® une face externe ou pariétale, concave , dirigée vers le cœur et circonscrivant, avec la portion correspondante delà paroi vasculaire, ce qu’on appelle le sinus ou \Vo poche de la valvule. La poche valvulaire, comme nous le montrent nettement les figures 290 et 291, répond à la partie renflée du vaisseau.

Les valvules sont plus multipliées dans les vaisseaux lymphatiques que dans les veines. SAPPEr, qu’il faut toujours faire intervenir quand il s’agit de lymphatiques, en a rencontré de 60 à 80 sur les lymphatiques des membres supérieurs, depuis leur origine à l’extrémité des doigts, jusqu’aux ganglions de l’aisselle; il en a compté de 80 à 100 sur ceux des membres inférieurs.

Quant à la distance qui sépare les appareils valvulaires les uns des autres, elle serait, d’après les recherches du même anatomiste : de 2 à 3 millimètres au voisinage du réseau d’origine ; de 6 à 8 millimètres sur des troncs ; de 12 à 15 millimètres sur quelques gros troncs thoracique, de 6 à 10 millimètres et même davantage.

D’après Vi.^lleton (1902) la présence des valvules est due à la structure compliquée des ganglions. Les vertébrés inférieurs qui ne possèdent pas de ganglions n’ont pas de valvules. Chez les oiseaux, les ganglions apparaissent, mais ils sont très simples et ne gênent pas la progression de la lymphe ; les valvules sont rares ou absentes. Elles existent chez les mammifères où les ganglions font obstacle au cours de la lymphe : en maintenant celle-ci en amont des ganglions, elles lui permettent de s’y accumuler jusqu’au moment où elle atteint la pression nécessaire pour les traverser.

4® Structure des vaisseaux lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques commencent, au sein des organes ou des tissus, par de fins canalicules dont la structure, relativement simple, rappelle celle des capillaires sanguins; ce sont les capillaires lymphatiques. A ces capillaires lymphatiques font suite d’autres canaux, plus volumineux et d’une structure plus complexe, que nous désignerons sous le nom de troncules et de troncs lymphatiques : ce sont les vaisseaux lymphatiques proprement dits de certains anatomistes.

A. Capillaires lymphatiques. — Les capillaires lymphatiques mesurent, en

Fig. 290.

Un vaisseau lymphatique, avec ses renflements et ses étranglements successifs.

• Fig. 291.

Le môme, coupé suivant sa longueur pour montrer la disposition de ses valvules.

*(Les flèches indiquent le cours de la lymphe).

et enfin, sur le canal

ANGEIOLOGIE

moyenne, de 20 à 60 |j- de largeur. îls sont donc beaucoup plus épais que les capil-

laires sanguins, dont le diamètre.

peut descendre jusqu’à

Fig. 2'J2.

Réseau lymphatique de la partie postérieure de la peau de la cuisse (d’après 8appey).

on s en souvient 5 ou 6 a.

Leur forme est variable. Dans le tissu conjonctif lâche, là où rien ne les comprime, ils sont plus ou moins cylindroïdes. Mais, dans le tissu conjonctif modelé (aponévroses, tendons), obligés de prendre place dans les interstices des faisceaux tendineux, ' ils se moulent sur les parois de ces interstices et, de ce fait, revêtent la forme de fentes plus ou moins étroites, les fentes lymphatiques : c’est la disposition, disonsle en passant, qu’affectent les lymphatiques dans le centre phrénique du diaphragme.

Un caractère anatomique bien spécial des capillaires lymphatiques, c’est qu’ils sont toujours très mal calibrés. Si on les suit quelque temps dans leur trajet (fig. 292), on les voit alternativement se renfler et se rétrécir et, cela, d’une façon toujours très irrégulière. Ces dilatations locales peuvent intéresser tout le pourtour du vaisseau ou bien ne porter que sur un de ses côtés, auquel cas elles ressemblent à des bosselures. D’autres fois, on voit partir de la paroi du vaisseau des sortes de diverticulums, longs ou courts, sessiles ou plus ou moins pédiculés, tantôt cylindriques, tantôt ampullaires, mais complètement fermés à leur extrémité libre.

Un autre caractère anatomique des capillaires lymphatiques, c’est de s’unir entre eux par de fréquentes anastomoses, de façon à former des réseaux. Ces réseaux lymphatiques sont toujours très irréguliers, beaucoup plus irréguliers que les réseaux capillaires sanguins.

Histologiquement, les capillaires lymphatiques se composent, comme les capillaires sanguins, de cellules endothéliales, aplaties «m, minces, soudées par leurs bords. Cette soudure s’effectue ici, comme dans la couche endothéliale des vaisseaux sanguins, à l’aide d'un ciment de nature albuminoïde, qui se colore en noir sous l’influence des sels d’argent. Les imprégnations argentiques délimitent ainsi nettement les cellules endothéliales, et ce n’est que sur des capillaires traités par cette méthode qu’on peut bien les voir et les étudier. Elles nous apparaissent alors sous forme de plaques losangiques ou irrégulièrement polygonales, allongées dans le sens du vaisseau : leur longueur oscille d’ordinaire entre 30 et 40 a; leur largeur, entre 10 et 20 g. Les bords de ces cellules, vraiment caractéristiques (fig. 293), sont fortement sinueux, profondément dentelés, rappelant assez bien le contour d’une feuille de chêne ou celui des différentes pièces d’un de ces jeux d’enfants, appelés jeux de patience ; on dit, et c’est là l’expression courante, qu’ils sont découpés en feuilles de chêne ou en jeu de patience. Chaque cellule endothéliale nous présente.

Endothélium lymphatique, découpé en teuille de chêne ou en jeu de patience.

LYMPHATIQUES

à son centre, nn noyau ovalaire, qui se colore sous l’action des réactifs appropriés.

En dehors de l’endothélium, on ne trouve plus rien qui appartienne en propre au capillaire lymphatique. Le vaisseau est donc uniquement constitué par la couche de cellules que nous venons de décrire : c’est un simple tube endothélial.

B. TrONCULES ET TRONCS LYMPH ATHIQUES (VAISSEAUX LYMPHATIQUES PROPREMENT DITS).

Les capillaires donnent naissance à des troncules, ceux-ci à dés troncs. La paroi de ces vaisseaux nous présente, comme celle des artères, trois tuniques concentriques, que nous désignerons sous les noms de tunique interne, tunique moyenne et tunique externe ;

a. Tunique interne. — La tunique interne est essentiellement constituée par un endothélium, découpé en feuilles de chêne ou en jeu de patience, en tout semhlahle à celui des capillaires. Au-dessous de lui, et constituant la couche sousendothéliale, se trouvent des fibres élastiques anastomosées, formant dans leur ensemble un réseau à mailles longitudinales.

b. Tunique moyenne. — La tunique moyenne, de nature musculaire, se compose en grande partie de fibres musculaires lisses. Ces fibres qui, en règle générale, sont d’autant plus abondantes que le vaisseau est plus volumineux, se disposent d’une façon fort irrégulière : la plupart d’entre elles sont circulaires ; les autres sont longitudinales ou obliques.

Dans le canal thoracique, qui est le plus volumineux de tous les troncs lymphatiques , on rencontre assez nettement trois assises de fibres musculaires : D assise interne, plexiforme, c’est-à-dire formée par des fibres qui s’entrecroisent dans tous les sens ; 2° une assise moyenne, composée de fibres dont la disposition générale est annulaire; 3° une assise externe, plexiforme comme l'interne. Tous ces faisceaux de fibres musculaires lisses sont séparés les uns des autres par des éléments conjonctivo-élastiques.

Ranvier a appelé l’attention sur la disposition essentiellement plexiforme (fig. 294) que présente la couche musculaire au niveau des renflements supravalvulaires, disposition qui serait comparable jusqu’à un certain point à celle que l’on rencontre dans le réseau du myocarde. 11 fait remarquer, à ce sujet, que ce renflement supra- valvulaire est, comme le myocarde lui-même, une sorte de poche contractile destinée àchasser la lymphe qui s’est accumulée au-dessus de la valvule.

c. Tunique externe. — La tunique externe ou adventice se compose ici, comme pour les artères, de faisceaux du tissu conjonctif et de fibrilles élastiques anastomosées en réseau. Assez mal délimitée en dedans, où ses éléments constitutifs se continuent avec les éléments similaires de la tunique moyenne, elle est encore très mal circonscrite en dehors, où elle se confond insensiblement avec le tissu conjonctif ambiant.

Structure des valvules. — Les valvules lymphatiques, comme les valvules veineuses, sont de simples replis de la tunique interne. Elles se composent donc d’une lame centrale conjonctivo-

Renüement supra-valvulaire d'un vaisseau lymphatique du mésentère d'un jeune chat (imprégnation au nitrate d'argent, d’après Ranvier).

VI, VI, fibres musculaires lisses.

T, inlricalioii des fibres au niveau du rentleiiienl supra-valvulaire.

ANGÉIOLOGIE

élastique, portant sur cliacune de scs laces un revêtement endothélial. Il convient d’ajouter que. tandis que rendothéliuin de la face interne présente exactement les mêmes caractères que celui du vaisseau, rendothéliuin de la face externe ditfère du précédent en ce que ses cellules sont moins allongées et ont des hords moins sinueux. C’est, on le voit, une disposition analogue à celle que nous avons déjà constatée (p. 278) sur le revêtement endothélial des valvules veineuses.

5° Origine des lymphatiques. — La question de Torigine des lymphatiques a été longtemps controversée et aujourd’hui encore, malgré les nombreuses recherches qui ont été entreprises sur ce sujet, elle est loin d’être complètement élucidée. Deux théories principales ont été émises : l’une, qui veut que les capillaires lymphatiques présentent des orifices à travers lesquels passent les éléments de la lymphe, nous l’appellerons la théorie du réseau ouvert ; l’autre, qui rejette toutes sortes d’orifices sur les radicules lymphatiques, ce sera, par opposition à la précédente, la théorie du réseau fer7né.

A. Théorie du réseau ouvert. — Les orifices que posséderaient les orifices capillaires lymphatiques et qui feraient de l’ensemble du système un réseau ouvert, ont été signalés : 1° au niveau des séreuses ; au niveau du tissu conjo7ictif.

a. Orifices faisaiit coimnuniciuer les lymphatiques avec les séreuses. — C’est surtout sur le centre phrénique du diaphragme que ces orifices ont été décrits. Le centre phrénique, on le sait, se compose essentiellement de petits faisceaux tendineux, disposés parallèlement et présentant, dans leurs interstices, des canalicules lymphatiques qui, en raison de leur étroitesse, ont reçu le nom de fe'utes lyynphaticiues. Le feuillet pariétal du péritoine s’étale sur sa face inférieure, recouvrant alternativement les faisceaux tendineux et les vaisseaux lymphatiques placés dans leur intervalle. Sur les points où elles se correspondent, la séreuse péritonéale et la paroi des vaisseaux lymphatiques sont intimement accolées Tune à l’autre : c’est à ce niveau qu’on a signalé les communications précitées, en se basant à la fois sur des faits expérimentaux et sur des faits histologiques.

Recklixghausen (1862), en déposant du lait ou une émulsion de graisse sur la face abdominale du centre phrénique, a vu les éléments figurés du lait ou les globules adipeux pénétrer peu à peu dans les lymphatiques du centre phrénique. Il a observé le même fait avec les liquides tenant en suspension des particules solides (cinabre, bleu de cobalt, encre de Chine) : quelque temps après les avoir placés sur le centre phrénique, il les retrouvait dans les lymphatiques sous-jacents. Ces expériences de Recklinghausen ont été reprises plus tard et confirmées dans ce qu’elles ont d’essentiel par de nombreux histologistes, notamment par Ludwig et par Schweiggeu-Seidel. Des observations analogues ont été faites par Dybkowski sur la plèvre du chien et par Wagner sur la plèvre du lapin. L’expérimentation démontre donc que les liquides tenant en suspension des particules solides passent dans les lymphatiques sous-jacents, et on en a conclu, non sans raison, qu’il existe des communications entre les deux cavités voisines : celle d’où part le liquide et celle où il se rend.

Voyons maintenant ce que dit l’anatomie. Si on imprègne par le nitrate d’argent la surface péritonéale du centre phrénique, on constate tout d’abord que l’endothélium neformepas une surface régulièrement unie, mais se déprime plus ou moins au niveau des gouttières que limitent çà et là les tendons constitutifs du centre phrénique ; on constate aussi que les cellules endothéliales sont beaucoup plus petites dans les dépressions intertendineuses que sur les parties qui répondent directement aux faisceaux tendineux. Or, la plupart des observateurs, et Recklinghausen le premier, ont remarqué que l’imprégnation argentique délimitait, par des lignes

LYMPHATIQUES

régulières et partout égales, les larges cellules tapissant la surface des tendons, alors qu’on obtenait des résultats beaucoup moins nets pour les petits éléments qui revêtent le fond des gouttières. La, les lignes noires intercelUilaires présentent des renflements irréguliers : de plus, on rencontre, par places, de petits espaces clairs entourés d’une bordure noire et situés généralement aux points de convergence de plusieurs cellules voisines. Ce sont ces figures qui ont été considérées comme répondant à des lacunes intercellulaires, autrement dit à des stomates.

Ranvier, reprenant la question quelques années plus tard, a décrit, lui aussi, au niveau des gouttières intertendineuses, des orifices arrondis ou ovalaires, circonscrits (fig. 295, 2) par un amas plus ou moins considérable de toutes petites cellules. Ces trous donnent accès dans les dépressions, cylindriques ou en entonnoir, qui descendent chacune jusqu’au vaisseau lymphatique sous-jacent : ce sont les puits lymphatiques ou citernes lymphatiques. Si l’on explore les puits lymphatiques en faisant varier l’objectif, on constate que leurs parois et aussi leur fond sont tapissés par des cellules analogues à celles qui délimitent ses bords. Les puits lymphatiques ne sont donc pas des canaux ouverts a leurs deux extrémités, mais de simples dépressions, de véritables trous borgnes. Les cellules qui les ferment doivent être considérées, d’après Ranvier, comme des cellules lymphatiques, susceptibles, grâce à leur amœboïsme, de se déplacer et de pénétrer par diapédèse dans les vaisseaux lymphatiques situés audessous.

Tourneux et Hermann, à leur tour, ont été amenés par de longues et patientes recherches à décrire dans les puits lymphatiques un revêtement cellulaire partout continu. Mais, contrairement à l’opinion de Ranvier, qui fait de ces cellules de simples globules blancs,

Tourneux et Hermann, en se basant surtout sur ce fait que les petites cellules en question se continuent par des gradations insensibles avec les grandes cellules endothéliales qui revêtent les faisceaux tendineux, croient devoir les envisager comme des cellules jeunes destinées à remplacer les lamelles endothéliales enlevées par la desquamation. Chaque puits lymphatique deviendrait ainsi, pour la séreuse péritonéale, un centre de rénovation cellulaire. Quoi qu’il en soit de la valeur d’une pareille interprétation, le puits lymphatique n’est toujours qu’une simple dépression et non un véritable orifice : une double assise de cellules, appartenant, l’une à la séreuse, l’autre au vaisseau sous-jacent, sépare la cavité péritonéale de la fente lymphatique. Renaut partage cette opinion : il n’existe, dit-il, entre les voies lymphatiques et les séreuses d’origine pleuro-péritonéale, aucune communication libre à pleine ouverture et réellement anatomique dans le sens vasculaire du mot ; on ne trouve que des chemins frayés laborieusement et secondairement par les cellules migratrices.

b. Orifices faisant communiquer les vaisseaux lymphatiques avec les tissus

Fig. 295.

Puits lymphatique du diaphragme (d'après Ranvier).

1, cellules contenues dans le puits lymphatique. — 2, puits lympiiatique, au niveau d’une fente lymphatique. — 3, tendon du centre phrénique.

Fig. 296.

Coupe d’un puits lymphatique (d’après Tourneux).

1, infundibulum péritonéal. — 2, petites cellules épithéliales en voie de prolifération. — 3, faisceau tendineux du diaphragme.

— 4, canal lymphatique fermé

ANGEIOLOGIE

conjonctifs. — C’est encore sur un fait expérimental qu’est basée cette hypothèse d’une communication directe entre le système lymphatique et les espaces du tissu conjonctif. Si l’on injecte dans le tissu cellulaire sous-cutané, ou même si l’on dépose sur une incision de la peau un liquide tenant en suspension des particules solides, on constate que ce liquide passe peu à peu dans les lymphatiques de la région ; de là, concluent certains auteurs, l'existence d’orifices creusés dans la paroi des capillaires lymphatiques et faisant communiquer directement les lymphatiques avec les espaces du tissu cellulaire ambiant.

On pourrait objecter tout d’abord que la piqûre ou l’incision faite aux téguments pour introduire le liquide dans le tissu conjonctif a par elle-même ouvert un grand nombre de lymphatiques et qu’il est dès lors très naturel de voir le liquide injecté pénétrer, grâce à ces ouvertures artificielles, dans le système lymphatique.

Mais on peut objecter, avec autant de raison, que l’existence de ces orifices, qui établiraient une communication directe entre les vaisseaux lymphatiques et les espaces conjonctifs, n’a jamais été constatée de visu, mais simplement supposée.

B. Théorie du réseau fermé. — Les canaux de communication décrits entre les séreuses et les lymphatiques sous-séreux n’existant pas, du moins à l’état permanent, d’autre part les orifices de communication signalés entre les capillaires lymphatiques et les espaces conjonctifs n’existant pas d’avantage, force est d’admettre que le système lymphatique prend naissance au sein des tissus par un réseau fermé. C’est là, du reste, ce que nous démontre l’opération directe ; les

capillaires lymphatiques, traités par l’argent, ne nous présentent jamais, dans leurs parois, de solution de continuité et il en est de même de leurs diverticules latéraux : ces diverticules, quelles que soient leur forme et leur longueur, se terminent toujours en cul-de-sac (fig. 297, 1'), je veux dire par des extrémités closes. Ranvier, qui a étudié récemment ( 1895) les diverticules latéraux des capillaires lymphatiques, sur la peau de la grenouille et sur l’oreille du rat, a toujours vu l’injection s'arrêter à leur extrémité, pour l’excellente raison que cette extrémité est une extrémité fermée. Regaud (1894), sur les lymphatiques de la glande mammaire (voy. Mamelles), est arrivé à des conclusions analogues.

L’étude du développement confirme de tous points les données de l’histologie. Comme l’a démontré Ranvieh, les vaisseaux lymphatiques s’accroissent du centre à la périphérie. Sur les lymphatiques déjà existants apparaissent çà et là des bourgeons endothéliaux qui, suivant leur développement ultérieur, forment des canaux nouveaux ou bien de simples

Fig. 297.

Terminaison en ampoule d’un vaisseau lymphatique de l'épiploon du lapin (d’après Renaut).

1, vaisseau lymphatique, terminé par une ampoule close (!’) et dont la paroi est limitée par une simple ligne endotliéliale. — 2. capillaire sanguin. — 3, autre capillaire sanguin directemeiU tributaire d'une veine. — 4, tissu conjonctif. — 5, cellule fusiforme du tissu conjonctif.

diverticulums. Mais, dans l’un et l’autre cas, ils représentent une simple évagination de l’endothélium vasculaire et, à ce titre, sont formés par des cellules plates réunies les unes aux autres en une couche partout continue.

Les réseaux d’origine lymphatique constituent donc, à l’état embryonnaire comme à l’état adulte, un système complètement fermé, ce qui n’empéche pas leurs parois de se laisser traverser, soit par les liquides, soit par des éléments figurés. Le passage des liquides se fait par infiltration et, comme l’a fort bien dit Renaut, les extrémités closes des lymphatiques plongent dans les espaces du tissu conjonctif comme autant de dialyseurs. Quant aux éléments figurés, les globules blancs, par exemple, ils traversent la paroi endothéliale avec la plus grande facilité grâce à leurs mouvements amiboïdes. Il est probable qu’ici, comme pour les capillaires sanguins, les orifices qui leur ont livré passage, orifices non préformés mais accidentels, ne sont que temporaires et doivent, une fois le passage effectué, se refermer d’eux-mêmes, grâce à l’élasticité du protoplasma cellulaire.

D’après Ren.iut (Note sur les capillaires lymphatiques, C. R. Assoc. des anatomistes, Lyon, lüOl), les lymphatiques, terminés en cul-de-sac au sein du tissu conjonctif, ne renferment des globules blancs et un plasma chargé d'albuminoïdes que dès qu’ils commencent à avoir' des valvules sur leur parcours. De ce fait, Ren.^ut incline à penser que les capillaires lymphatiques ne drainent, à l'état normal, que de l’eau chargée de sels minérau.v ou de composés azotés cristalloïdes. Le plasma lymphatique ne devient albuminoïde que lorsque les globules blancs, chargés de ferments divers, ont abordé les voies de la lymphe en pénétrant les lymphatiques valvulés.

7" Vaisseaux et nerfs. — Les vaisseaux lymphatiques, qui font suite aux capillaires et qui possèdent par conséquent leurs deux tuniques moyenne et externe, possèdent des vaisseaux sanguins (véritables vasa vasoruni), qui se ramifient dans ces deux tuniques. Ils possèdent également un certain nombre de filets nerveux. Ces filets nerveux forment, dans la tunique adventice '(Quenu et Darier), un plexus dépourvu de cellules ganglionnaires, d’où s’échappent de fines fibrilles destinées vraisemblablement, les unes [motrices) aux fibres musculaires lisses, les autres (sensitives) à la couche endothéliale.

§ IL — Ganglions lymphatiques

On donne ce nom, depuis Chaüssier, à de petits renflements de consistance molle, de forme et de volume variables, qui s’échelonnent de loin en loin sur le trajet des vaisseaux lymphatiques : ce sont les glandes lymphatiques (Lymphdrüsen) de Bichaï et des anciens anatomistes. Ces ganglions lymphatiques nous offrent à considérer leur disposition générale, leur configuration extérieure, leur structure, leurs vaisseaux.

Disposition générale des ganglions. — Les ganglions lymphatiques s’échelonnent toujours, ainsi que nous l’avons dit plus haut, sur le trajet des canaux vecteurs, soit de la lymphe, soit du chyle. Les rapports des ganglions et des canaux lymphatiques sont intimes : le ganglion reçoit un groupe de vaisseaux par un ou plusieurs points de sa surface et en émet un deuxième groupe par le point opposé. Les premiers sont appelés vaisseaux afférents ; les seconds, misseaux efférents. L’observation nous apprend que, pour un ganglion déterminé, les vaisseaux afférents sont plus nombreux que les vaisseaux efférents ; mais, par contre, ces derniers sont plus volumineux. On désigne généralement sous le nom de hile, le point du ganglion par lequel débouchent les vaisseaux efférents, accompagnés

ANGEIOLOGIE

d’un nombre plus ou moins considérable de vaisseaux sanguins. Le hile est ordinairement représenté, sur la surface du ganglion, par une dépression plus old moins accusée.

Au point de vue topographique, les ganglions lymphatiques se divisent, comme les lymphatiques eux-mêmes, en superficiels et profonds : les premiers occupent le tissu cellulaire sous-cutané ; les autres sont situés au-dessous de l’aponévrose d’enveloppe des membres ou dans les cavités viscérales. Au groupe des ganglions superficiels appartiennent certains ganglions de l’aine et les ganglions sus-épitrochléens. Mais ce sont presque les seuls ; les autres font partie du second groupe.

Les ganglions lymphatiques sont parfois solitaires, comme le ganglion préauriculaire et le ganglion tibial antérieur; mais cette disposition est relativement

rare. Le plus souvent,

ils se réunissent par groupes circonscrits de trois, six, dix, quinze, etc. ; ou même ils forment de longues traînées, irrégulières mais continues, que l'on désigne parfois sous le nom de chapelets ganglionnaires, de “ chaînes ganglionnaires.

Ou’ils soient solitaires ou agminés, les ganglions lymphatiques se placent constamment sur le trajet des gros troncs vasculaires. C’est ainsi que nous les voyons se grouper : au membre inférieur, autour de la poplitée et de la fémorale ; au membre supérieur, autour de l’axillaire et de l’humérale ; au cou, autour de la sous-clavière et des carotides ; dans l’abdomen, autour des iliaques, des mésentériques, de l’aorte, de la veine cave inférieure, etc., etc. On conçoit qu un pareil voisinage soit parfois fort incommode : ces ganglions peuvent, en effet, en augmentant de volume, comprimer les vaisseaux sur les parois desquels ils reposent, les veines surtout, et jeter ainsi dans la circulation sanguine une perturbation plus ou moins grave.

ganglions

Fig. 2J8.

Un ganglion lymphatique avec ses vaisseaux afférents et efférents.

l, ganglion lynipliatique. — 2, 2, 2, vaisseaux afférents. — 3, 3, vaisseaux efférents.

2"" Configuration extérieure. — Les

lymphatiques se présentent sous les formes les plus diverses. La plupart d’entre eux sont globuleux et irrégulièrement sphériques. D’autres sont plus ou moins aplatis, offrant alors, suivant les cas, des contours arrondis, ovalaires, triangulaires, etc. Certains sont manifestement réniformes.

Leur volume n’est pas moins variable ; les plus gros ne dépassent pas d’ordinaire le volume d’une olive. Le plus grand nombre présentent les dimensions d'un pois légèrement allongé. Mais il en existe de bien moins volumineux; il en est même, dans chaque groupe, un certain nombre qui échappent par leur petitesse aux investigations du scalpel et qui ne se révèlent à l’œil que lorsqu’ils ont été grossis par le processus morbide ou bien par une injection mercurielle poussée dans ses vaisseaux afférents. Ce dernier fait, on le conçoit, enlève une grande partie de leur valeur aux différentes recherches, que l’on a entreprises dans le but d’évaluer le nombre des ganglions. Ce nombre paraît osciller entre 400 et 000.

LYMPHATIQUES

La couleur des ganglions est, en général, d’un gris rougeâtre. Mais cette coloration varie en passant d’un groupe à l’autre ; c’est ainsi que les ganglions souscutanés sont d’un rouge vif ; ceux du mésentère sont d’un rose pâle dans les intervalles de la digestion et presque blancs au moment où se fait l’absorption du chyle ; ceux qui reçoivent les lymphatiques du foie présentent un aspect jaunâtre ; ceux de la rate sont bruns, ceux de la racine du poumon plus ou moins noirâtres.

Les ganglions lymphatiques sont toujours moins développés chez l’adulte que chez l’enfant. Ils s’atténuent encore chez le vieillard, mais sans disparaître entièrement, comme l’ont enseigné à tortMASCAONi, Ruysgh et Haller.

3° Structure des ganglions lymphatiques, — Si l’on sectionne un ganglion lymphatique en faisant passer le couteau par le hile et en suivant la direction de son grand axe (fig. 299), on constate tout d’abord que l’organe est entouré par une membrane conjonctive qui, en raison de sa situation, prend le nom de capsule. On constate ensuite que la masse ganglionnaire sous-jacente à la capsule est constituée par deux substances d’aspect différent : 1° une substance périphérique, d’un blanc rosé ou rougeâtre, molle, comme granuleuse, c’est la substance corticale ; 2° une substance centrale, d’une coloration gris jaunâtre, comme spongieuse, c’est la substance médullaire. La substance corticale est délimitée, en dehors, par une ligne régulièrement festonnée ou, si l’on veut, par une série de lignes courbes, â convexité externe, formant à leurs points d’union, des angles rentrants. La limite séparative de la substance corticale et de la substance médullaire est indiquée par une ligne sinueuse, assez peu nette. La substance corticale et la substance médullaire, disons-le tout de suite, ne diffèrent que par leur aspect extérieur : elles ont exactement comme nous le verrons tout à l’heure, la même constitution histologique. Dans les pages qui suivent, nous étudierons tout d’abord ces trois parties constituantes du ganglion lymphatique et décrirons ensuite les vaisseaux et les nerfs.

A. Capsule. — La capsule entoure le ganglion sur tout son pourtour. Arrivée au hile, elle s’engage dans la dépression de ce dernier, en se fronçant comme une cicatrice (Renaut). Elle forme là, à l’entrée du ganglion et tout autour des vaisseaux qui entrent ou qui sortent, une masse conjonctive plus ou moins volumineuse et plus ou moins étendue en profondeur, à laquelle His a donné le nom de stroma du hile. C’est le noyau du hile de certains auteurs.

Histologiquement, la capsule du ganglion lymphatique se compose essentiellement de faisceaux du tissu conjonctif entrecroisés dans tous les sens, auxquels se mêlent en proportions variables des cellules conjonctives et des fibres élastiques.

Coupe verticale, au travers d’un ganglion lymphatique, dont les lymphatiques ont été injectés (Klein).

c, la capsule externe avec les vaisseaux lymphatiques en coupe. — a, les follicules lymphatiques ; autour d’eux sont les sinus lymphatiques corticaux. — 6, la substance médullaire ; on y voit les sinus lymphatiques injectés entre les masses du tissu adénoïde.

ANGEIOLOGIE

A ces éléments conjonctivo-élastiques s’ajoutent, chez certains animaux, notamment chez le bœuf et le cheval, des fibres musculaires lisses, disposées de préférence dans les couches profondes de la membrane. Chez l’homme, ces fibres musculaires lisses ont entièrement disparu. On en rencontre, cependant de temps à autre, comme l’ont établi depuis longtemps les recherches de Heyfelder, confirmées depuis par celles de Brücke, de His et de Recklinghausen : mais, quand elles existent, elles sont relativement rares, infiniment moins développées que chez les animaux précités.

Par sa surface externe, la capsule ganglionnaire se confond peu à peu avec le tissu conjonctif lâche des régions avoisinantes. Quant à sa surface interne, elle émet un système de prolongements qui, sous forme de cloisons, traversent successivement la substance corticale et la substance médullaire et viennent ensuite, au niveau du hile, se fusionner avec le stroma ci-dessus décrit. Ces prolongements ont exactement la même structure que la membrane dont elles émanent, mais ils diffèrent beaucoup d’aspect suivant qu’on les examine dans la substance corticale ou dans la substance médullaire : dans la substance corticale, ils sont disposés en sens radiaire et, sans être équidistants, sont séparés lés uns des autres par des intervalles assez réguliers ; dans la substance médullaire, ils sont d’abord beaucoup plus minces, puis ils se dirigent dans tous les sens, s’anastomosant les uns avec les autres de façon à former dans leur ensemble une sorte de réticulum. Quoi qu’il en soit de ces différences portant sur leur épaisseur et sur leur orientation, toutes les lames cloisonnantes, aussi bien celles de la

substance médullaire que celles de la substance corticale, divisent l’espace circonscrit par la capsule en une multitude de loges, de forme et de dimensions variables : c’est dans ces loges que se dispose la substance ganglionnaire proprement dite.

Fi". 300.

Schéma, représentant, sur une coupe transversale, la constitution anatomique d’un ganglion lymphatique.

1, capsule fibreuse {en rose). — 2, 2, substance corticale. — 3, substance médullaire. — 4, 4’, travées et trabécules, émanant de la capsule. — 5, follicules lymphatiques [en jaune). — 6, cordons folliculaires (en jaune). — 7, 7’. sinus lymphatiques, occupés par un fin réticulum entre les mailles duquel circule la lymphe. — 8, 8, lymphatiques afférents. — 9, stroma du hile. — 10, hile, avec : a, une artère; b, une veine; c, un lymphatique efférent.

B. Substance corticale. — Dans la couche corticale (fig. 300, la substance ganglionnaire forme de petites masses sphériques, ovoïdes ou piriformes, que l’on désigne, en raison de leur analogie avec les follicules clos de l’intestin, sous le nom de follicules. Chacun de ces follicules prend place dans l’une des loges que circonscrivent les cloisons émanées de la capsule, mais il ne la remplit pas entièrement : entre sa surfaee extérieure et la paroi de la loge, se trouve un espace important dans lequel circule la lymphe et qui constitue le sinus du follicule. Nous décrirons tout d’abord le sinus du follicule, puis le follicule lui-même :

LYMPHATIQUES

a. Sinus lymphatique. — Le sinus lymphatique (fig.301, 4) est une cavité entourant le follicule sur tout son pourtour. Il reçoit au niveau de la capsule, les vaisseaux lymphatiques afférents et, de ce fait, est rempli de lymphe. On lui distingue deux parois : une paroi interne, qui n’est autre que la surface extérieure du follicule lui-même ; une paroi externe, qui est formée à la fois par la capsule du ganglion et par les cloisons qui en émanent. Les deux parois externe et interne sont unies l’une à l’autre par un système de travées conjonctives, verticales ou obliques, de dimensions fort variables, irrégulièrement anastomosées et formant dans leur ensemble une sorte de réticulum, le réticulum du sinus. Ces travées se détachent, à leur extrémité externe, de la capsule ou de ses prolongements ; puis, elles traversent le sinus, arrivent au follicule et, là, se continuent, comme nous le verrons tout à l’heure, avec le tissu réticulé de cette dernière formation. Le réticulum du sinus n’est donc pas un tissu spécial, mais une simple dépendance de la charpente conjonctive du ganglion. Les fibres qui le constituent se composent en réalité « de fibrilles conjonctives ou de petits faisceaux de fibrilles qui s’unissent ou se séparent au niveau des anastomoses » (Ranvier), disposition rappelant exactement celle que nous présentent les faisceaux fibrillaires des travées du grand épiploon. Il convient d’ajouter que les deux parois du sinus, ainsi que les travées qui les unissent, sont revêtues, dans toute leur étendue, par un endothélium (fig. 302, f) qui se continue, au niveau de la capsule, avec les vaisseaux lymphatiques afférents. Le sinus est donc une cavité fermée, au même titre que les lymphatiques auxquels il fait suite.

b. Follicule. — Au premier abord (fig. 301, 3), le follicule nous apparaît comme constitué exclusivement par des amas de cellules arrondies, plus ou moins tassées les unes contre les autres : c’est, en effet, le seul élément que l’on observe à sa surface quand on examine une coupe du ganglion. Mais, si l’on chasse au pinceau les cellules en question, on aperçoit au-dessous d’elles un riche réticulum, formant pour ainsi dire le squelette du follicule. Les follicules se composent donc de deux éléments : un réticulum et des cellules.

a) Le réticulum se continue, à la périphérie du follicule, avec celui du sinus. Ses trabécules, cependant, sont plus fines, plus délicates, plus richement anastomosées ; ses mailles, à leur tour, sont a la fois plus étroites et plus régulières. Aux points de croisement des trabécules, se voient des noyaux, en général très volu-

Fiff. 301.

Un follicule de la figure précédente, isolé et grossi.

A, substance corticale. — B, substance médullaire. — ææ, limite séparative des deux substances.

1, capsule fibreuse. — 2, 2’, travées issues de cette capsule et circonscrivant une loge ovoïde. — 3, follicule lymphatique. — 4, 4, sinus du follicule, avec son réticulum. — 5, trabécules de la substance médullaire, provenant des travées de la substance corticale. — 6, 6, cordons folliculaires, provenant des follicules de la substance corticale. — 7, 7, sinus de la substance médullaire (système caverneux) continuant les sinus de la substance corticale. — 8, uu lymphatique afférent, s'ouvrant, après bifurcation, dans le sinus du follicule.

ANGÉIOLÔGÏE

Fig. 302.

Endothélium des sinus lymphatiques, après injection interslitielle de nitrate d argent (d’après RAxviEn).

F, travée conjonctive. — L, lignes intercellulaires de l’endothélium dessinées par le nitrate d'argent.

ff. réticulum de la substance médullaire, dont les travées montrent des lignes intercellulaires imprégnées d’argent. — c, cordons folliculaires coupés en travers. — m, limites des cordons folliculaires.

mineux (fig. 303, 2) de forme arrondie ou ovalaire. La valeur du réticulum folliculaire a été longtemps controversée. Pour certains histologistes, notamment pour Kôlliker, llis, Frey, il serait formé par des cellules étoilées, anastomosées entre elles ; les noyaux que nous avons signalés tout à l’heure aux points nodaux du réticulum représenteraient le corps cellulaire et, quant aux trabécules elles-mêmes, elles ne seraient autres que les prolongements de ces corps cellulaires. Le tout constituerait ainsi une sorte du tissu spécial que Kôlliker a désigné sous le nom de tissu cylogène : c’est le tissu réticulé de Frey, le tissu adénoïde de Ilis. Contrairement à cette opinion, Ranvier et IIenaut, en France, considèrent les trabécules du réticulum folliculaire comme étant la continuation, dans le follicule, des travées du réticulum du sinus et ayant, par conséquent, la même signification que ces dernières : ce sont de simples faisceaux de fibrilles conjonctives provenant indirectement de la capsule et, à ce titre, faisant partie du système de charpente ou de soutien du ganglion. Quant aux noyaux que l’on rencontre aux points de croisement des trabécules, ce sont les noyaux de larges comme dans le sinus, revêtent les trabécules du réticulum.

(^) Les cellules libres des follicules (nous employons ce mot de pour les distinguer des cellules endothéliales qui sont fixes), celles précisément que nous avons chassées par le pinceau pour mettre à nu le réticulum, ont la signification de cellules lymphatiques. Bien que présentant tous les caractères généraux des cellules lymphatiques en circulation dans la lymphe et dans le sang, elles diffèrent de ces dernières en ce qu’elles sont plus petites, que leur protoplasma est relativement fort réduit, que leur noyau est souvent double et que la plupart d’entre elles, comme l’a constaté Ranvier, jouissent de mouvements amiboïdes très actifs. Ce fournit déjà une forte préqui fait du follicule

cellules endothéliales

qui, ICI

Fig. 3J3.

Tissu conjonctif réticulé d’un follicule du ganglion lymphatique du chien, dégagé au pinceau sur des coupes faites après injection interstitielle d’une solution d'acide osmique (d’après Raxviek).

ca, capillaire sanguin. — o, coupe transversale d’un autre capillaire anastomosé avec le précédent. — tr, travée du réticulum conjoriclif. — c, noyau de ce réticulum. — p, noyau des cellules endothéliales appliquées sur le cai)illaire.

sont des cellules lymphatiques jeunes et ce fait nous somption en faveur de l'opinion, assez généralement admise

LYMPHATIQUES

un lien de production de cellules lymphatiques. Nous y reviendrons plus loin.

Outre le réticulum conjonctif et les cellules lymphatiques qui remplissent ses mailles, le follicule nous présente encore des vaisseaux sanguins. Nous nous contenterons ici de les signaler, nous réservant de les décrire à propos des vaisseaux des ganglions (voy. p. 39:2).

C. Substance médullaire. — La substance médullaire du ganglion (fig. 300, 2 et 301, B) est la continuation, avec quelques modifications peu importantes, de la substance corticale. Pour avoir une notion exacte de sa constitution anatomique, il nous suffira de prendre, à la limite des deux couches périphérique et centrale, les trois parties constitutives de la substance corticale et de voir comment elles se comportent en passant d’une couche à l’autre :

a) Les cloisons fibreuses tout d’abord (fig. 298,3), en arrivant dans la couche médullaire, se divisent, s’amincissent et se dirigent dans tous les sens. Elles continuent, du reste, à s’anastomoser les unes avec les autres et, de ce fait, circonscrivent des loges très irrégulières, mal fermées, communiquant largement entre elles.

P) Les follicules lymphatiques, à leur tour, au lieu de conserver leur forme sphéroïdale, se décomposent chacun en deux ou trois prolongements qui, en raison de leur forme cylindroïde, ont reçu le nom de cordons folliculaires. Ces cordons (fig. 300, 6), qui continuent directement les follicules, qui ne sont que les follicules eux-mêmes sous une autre forme, s’engagent, plus ou moins contournés et plus ou moins flexueux, dans les intervalles des cloisons fibreuses sus-indiquées, se bifurquant et s’anastomosant les uns avec les autres, de façon à former dans leur ensemble un vaste réseau, le réseau folliculaire, dont chaque maille (fig. 304) nous présente à sa partie moyenne une cloison fibreuse.

Du reste, les cordons folliculaires ont exactement la même structure et la même signification que les follicules eux-mêmes : ce sont des amas de cellules lymphatiques jeunes occupant les mailles d’un fin réticulm conjonctif.

y) Chaque cordon folliculaire, ici comme dans la couche corticale du ganglion, se trouve séparé des cloisons fibreuses voisines par un espace cloisonné, entièrement analogue, comme disposition et comme structure, au sinus des follicules : c’est le sinus du cordon folliculaire (fig. 304, b). Tous les sinus de la substance médullaire, il est à peine besoin de le faire remarquer, communiquent les uns avec les autres, formant ainsi, dans leur ensemble, un système de cavités anfractueuses, un vrai labyrinthe dans lequel circule la lymphe. En amont, je veux dire à l’union de la substance corticale avec la substance médullaire, les sinus des cordons folliculaires se continuent directement avec les sinus des follicules. En aval, du côté du

Fig. 304.

Coupe en travers de la substance médullaire d’un ganglion lymphatique (d’après Klein).

a, passage des follicules de la substance corticale dans les cordons médullaires. — b, sinus lymphatiques avec leur réticulum. — c, trabécules conjonctives. — d, d, cordons médullaires.

ANGEIOLOGIE

hile, ils s’ouvrent dans un réseau lymphatique, qui occupe le stroma conjonctif du hile et qui donne naissance aux vaisseaux efférents.

Comme on le voit, la substance médullaire n’est nullement une substance spéciale, mais la continuation directe, dans la zone centrale du ganglion, de la substance corticale. Les deux substances corticale et médullaire possèdent des éléments semblables et semblablement disposés. La seule différence qui existe entre les deux (et encore cette différence est-elle de médiocre importance), c’est que la substance folliculaire, qui dans la couche corticale forme des masses relativement volumineuses et de forme plus ou moins sphérique, se dispose, dans la couche centrale, sous forme de cordons irréguliers, courant dans toutes les directions et fréquemment anastomosés entre eux.

D. Résumé : système folliculaire et système caverneux. — En résumé, si nous faisons abstraction de la capsule fibreuse et de ses prolongements, nous pouvons dire que le ganglion lymphatique, tant dans sa portion médullaire que dans sa portion corticale, se compose de deux systèmes : le système folliculaire et le système caverneux.

a) Le système folliculaire, disposé en masse globuleuse dans la couche corticale (follicules), en cordons anastomosés dans la couche médullaire (cordons folliculaires), est essentiellement constitué par un réticulum conjonctif d’une extrême délicatesse, renfermant dans ses mailles des amas de cellules lymphatiques.

^) Le système caverneux est représenté par ces espaces cloisonnés qui séparent la substance folliculaire, soit de la capsule fibreuse, soit de ses prolongements. Ces espaces, relativement simples autour des follicules de la couche corticale, beaucoup plus irréguliers autour des cordons folliculaires de la couche médullaire, sont tapissés intérieurement d’un revêtement endothélial continu, qui les sépare, d’une part des cloisons fibreuses, d’autre part des cellules lymphatiques du follicule. Ils communiquent tous entre eux. Ils reçoivent, au niveau de la capsule fibreuse, les lymphatiques afférents du ganglion et aboutissent, du côté du hile, aux lymphatiques efférents. Le système caverneux du ganglion peut donc être considéré comme une vaste cavité anfractueuse, intermédiaire aux lymphatiques afférents et aux lymphatiques efférents.

4® Vaisseaux sanguins.

Les vaisseaux sanguins

des ganglions sont fort nombreux :

aj Les artères, tout d’abord, abordent ceux-ci au niveau du hile. Elles s’engagent immédiatement dans le stroma conjonctif du hile, s’y ramifient et pénètrent alors dans les cloisons fibreuses du ganglion, dans les cloisons de la substance médullaire d’abord, puis dans celles de la substance corticale.

P) Au cours de leur trajet, elles émettent latéralement une multitude de fines artérioles qui, après avoir traversé les sinus lymphatiques, atteignent la substance folliculaire et s’y résolvent, tant dans les cordons folliculaires que dans les follicules, en un riche réseau capillaire. Ce réseau capillaire terminal présente cette disposition caractéristique (fig. 305), que les capillaires qui le forment se dirigent pour la plupart en sens radiaire, c’est-

Fig. 305.

Vaisseau.^ des ganglions lymphatiques (substance médullaire d’un ganglion inguinal de bœuf, d’après Frey).

a, cordon folliculaire, avec ses vaisseaux sanguins entrecroisés. — h, sinus lymphatiques, avec leur réticulum. — c, cordon folliculaire, coupé en travers. — d, trabécule, conjonctive.

LYMPHATIQUES

à-dire de la périphérie au centre. Dans la substance folliculaire, on voit constamment un certain nombre de trabécules du réticulum qui semblent venir se fixer sur la face externe du vaisseau (fig. 300) : en réalité, comme l’a démontré Ranvier, elles ne s’y fixent pas, mais elles s’y infléchissent et s’y anastomosent pour former là, comme à la limite du follicule, une sorte de natte enveloppante. Il en résulte que chaque vaisseau possède pour ainsi dire deux tuniques ; une tunique endothéliale qui lui appartient en propre et une sorte d’adventice qui est une dépendance du réticulum folliculaire.

y) Les veinules qui naissent des réseaux capillaires précités suivent exactement, mais en sens inverse, le même trajet que les artérioles. Après avoir traversé de dedans en dehors les sinus périfolliculaires, elles se jettent dans les cloisons fibreuses, gagnent avec elles le noyau du hile et, finalement, s’échappent du ganglion en même temps que les lymphatiques efférents.

5° Voies lymphatiques. — Les voies lymphatiques du ganglion comprennent : 1° les lymphatiques afférents; 2® les voies lymphatiques intraganglionnaires ; 3° les lymphatiques efférents.

a) Les lymphatiques afférents (fig. 298, 2), en nombre variable, abordent le ganglion par les points les plus divers de la périphérie, mais jamais au niveau du hile. Ils pénètrent dans l’épaisseur de la capsule, s’y ramifient plus ou moins et, finalement (fig. 301, 8), se jettent- dans les sinus périfolliculaires. Dans leur traversée capsulaire, les lymphatiques afférents perdent leurs tuniques externe et moyenne, qui se fusionnent avec les éléments conjonctivo-élastiques de la capsule, de telle sorte que, au moment où ils viennent s’ouvrir dans le sinus, ils sont réduits à leur seule couche endothéliale.

P) Les voies lymphatiques intraganglionnaires sont constituées par les espaces cloisonnés, ci-dessus décrits, qui entourent les follicules et les cordons folliculaires. Ces voies lymphatiques sont constamment placées en dehors de la substance folliculaire elle-même : ni dans les follicules, ni dans les cordons folliculaires, on ne trouve de traces d’un canal lymphatique quelconque.

y) Les lymphatiques efférents., nous l’avons dit encore plus haut, émanent d’un réseau lymphatique qui occupe le stroma du hile (fig. 300, h). Ils s’échappent du ganglion au niveau du hile, en même temps que les veines.

Envisagés au point de vue biologique, les ganglions lymphatiques sont, tout d'abord, des organes essentiellement lympliopcïétiques, je veux dire des lieux de production des globules blancs ou leucocytes. Nous en avons la preuve dans ce simple fait d’observation que les globules blancs sont beaucoup moins nombreux dans la lymphe qui va aux ganglions que dans celle qui en sort.

La lymphe amenée aux ganglions par les lymphatiques afférents s’engage dans les sinus des follicules et les cordons folliculaires, où son cours, par suite de la disposition anfractueuse de ces derniers, se trouve naturellement ralenti. Les globules blancs qu’elle contient en certain nombre, grâce à leur amœboïsme, traversent la paroi interne du sinus (barrière bien faible puisqu’elle est constituée par une simple couche endothéliale) et pénètrent dans l’épaisseur même de la substance folliculaire. Là, au contact du riche réseau capillaire que nous avons décrit plus haut, sous l’action viviliante d’un oxygène que leur apporte un sang sans cesse renouvelé, ces globules blancs voient renaître leurs propriétés amiboïdes et, aussi, lear aptitude à la multiplication. Aussi, se multiplient-ils avec une extrême activité, et voilà pourquoi les mailles du réticulum folliculaire sont remplies d’élements tout nouvellement formés. Ces cellules jeunes, grâce toujours à leurs mouvements amiboïdes, repassent ensuite dans les voies lymphatiques intraganglionnaires, qui les amènent finalement dans les lymphatiques efférents.

Mais les globules blancs., arrivés dans la substance folliculaire, ne se contentent pas de se multiplier. Ils se débarrassent aussi des parties étrangères, des globules de graisse, voire même de certains microbes pathogènes, qu’ils ont recueillis au cours de leurs pérégrinations et qu’ils charrient avec eux dans leur protoplasma. Le ganglion n’est donc pas seulement, pour les leucocytes, un lieu de multiplication, c’est encore un lieu d’épuration et de rénovation. Renaut com-

ANGÉIOLOGIE

pare cette épuration des j?lobules blancs au sein des follicules à ce qui se passe dans le lobule pulmonaire, où les globules rouges viennent, de même, se débarrasser de leur acide carbonique et prendre une nouvelle charge d’oxygène. Les formations folliculaires du ganglion deviennent ainsi des « sortes d'homologues de la surface respiratoire » interposés sur le cours de la. lymphe.

Au total, le ganglion lymphatique est, pour la lymphe qui le traverse, un organe à la fois producteur et épuratoire. La lymphe qui sort du ganglion est beaucoup plus riche en globules blancs que celle qui y arrive et, d’autre part, ces globules blancs, comme revivifiés à leur passage dans les follicules par une sorte d'hématose, s’en vont maintenant, plus jeunes, plus actifs, plus aptes à remplir au sein des tissus et des organes les importantes fonctions qui leur sont dévolues.

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