‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 78 sur 166 · VEINES DU BASSIN · texte numérisé non relu

VEINES DU BASSIN

veines qui. ne présentent avec les plexus veineux du rectum que des anastomoses indirectes (voy. Rectum).

c. Ÿeine.s utérines. — Les veines utérines, au nombre de deux de chaque côté, naissent de la partie inférieure du plexus utérin (voy. Utérus) et gagnent jl’hypogastrique, en passant entre les deux feuillets des ligaments larges. Elles présen-

Les veines du bassin (chez l’homme).

A, auricule du sacrum. — B, sympbj'se pubienne. — C, verge, dont le corps caverneux droit a été réséqué à sa partie postérieure. — D, sphincter externe de l'anus. — E, releveur de l’anus. — F, ischio-coccygien. — G, section des ligaments sacro-sciatiques. — H, "vessie, avec H’, l’ouraque. — 1, uretère. — K, côlon ilio-pelvien. — L, rectum. — M, vésicule séminale et canal déférent.

1, veine cave inférieure. — 2, veine iliaque externe du côté droit. — 3, veine hypogastrique. — 4, veines fessières. — 5, veine obturatrice, — 6, é’, 6”, veines vésicales. — 7, veine honteuse interne. — 8, plexus hémorrhoïdal. — 9, plexus vésico-prostatique. — 10, plexus séminal.

tent à leur origine, des connexions intimes avec les veines utéro-ovariennes et avec le plexus vaginal.

d. Veines vaginales. — Les veines vaginales naissent du plexus vaginal (voy. Vagin), lacis vasculaire qui embrasse la totalité du vagin, mais qui est surtout développé à son extrémité inférieure.

Remarque. — Parmi les nombreuses veines pelviennes que nous venons de signaler, nous n’avons fait aucune mention de vaisseaux veineux correspondant à l’artère ombilicale du fœtus. Aux deux artères ombilicales fait suite, cependant,

ANGÉIOLOGIE

une veine volumineuse, la veine ombilicale ; mais cette veine n’a aucun rapport avec le bassin. En débouchant de l’ombilic, en effet, la veine ombilicale, au lieu de descendre vers le pubis comme le font les artères homonymes, traverse d’avant en arrière la cavité abdominale et vient s’ouvrir, en partie dans la veine cave inférieure, en partie dans la veine porte. Nous comprendrons donc la veine ombilicale au nombre des affluents de la veine cave inférieure et la décrirons dans le paragraphe suivant.

§ Y. — Veines de l’abdomen

A la circulation veineuse de l’abdomen se rapportent tout d’abord, deux groupes importants : les veines pariétales, qui proviennent des parois abdominales; les veines viscérales, qui émanent des viscères contenus dans cette cavité.

Les premières sont formées par les veines diaphragmatiques inférieures et par les veines lombaires, auxquelles nous pouvons ajouter les veines sous-cutanées abdominales, les veines épigastriques et circonflexes iliaques, déjà décrites à propos de la saphène interne (p. 344) et de l’iliaque externe (p. 338).

Les secondes comprennent les veines capsulaires, les veines rénales, la veine porte, les veines portes accessoires, les veines sus-hépatiques.

Enfin, nous rattacherons aux veines de l’abdomen la veine ombilicale et les veines spermatiques, qui prennent naissance sans doute en dehors de la cavité abdominale, mais qui entrent dans cette cavité et l’occupent dans une grande partie de leur trajet.

Toutes les veines précitées sont, en définitive, tributaires de la veine cave inférieure.

4® Veines diaphragmatiques inférieures. — Les veines diaphragmatiques inférieures correspondent exactement aux artères de même nom, branches de l’aorte abdominale.

Au nombre de deux pour chaque artère, elles prennent naissance sur la face inférieure ou concave du diaphragme et viennent s’ouvrir à la partie antérieure de la veine cave inférieure, au moment où celle-ci va franchir l’orifice diaphragmatique qui lui est propre.

Les veines diaphragmatiques reçoivent ordinairement les veines capsulaires supérieures, provenant des capsules surrénales.

2'^ Veines lombaires. — Les veines lombaires, au nombre de trois ou quatre pour chaque côté, accompagnent dans toute l’étendue de leur trajet les artères homonymes. Analogues aux veines intercostales, elles prennent naissance dans les muscles larges de l’abdomen et dans les téguments qui les recouvrent. Elles se dirigent ensuite transversalement vers la colonne vertébrale, recueillent au niveau des trous de conjugaison des branches dorso-spinales, qui proviennent des réseaux intra et extrarachidiens, passent au-dessous des arcades du psoas et viennent s’ouvrir isolément à la partie postérieure de la veine cave inférieure.

En raison de la situation de la veine cave inférieure sur le coté droit de la colonne vertébrale, les veines lombaires gauches sont naturellement un peu plus longues que leurs homologues du côté droit. Elles croisent la ligne médiane en passant en arrière de l’aorte.

Au niveau de la base des apophyses transverses, les veines lombaires sont reliées entre elles par une série d’anastomoses dirigées verticalement. Ces anas-

VEINES DE L’ABDOMEN

tomoses sont, suivant les cas, rectilignes ou arciformes. Souvent aussi, elles se bifurquent et sont doubles dans une certaine partie de leur étendue, formant ainsi une espèce d’anneau ou de boutonnière, à travers laquelle s’échappe le nerf rachidien à sortie du trou de conjugaison. Il n’est pas rare de les voir plus ou moins plexiformes. En tout cas, l’ensemble de ces anastomoses longitudinales jetées entre les différentes veines lombaires constitue, de chaque côté de la colonne vertébrale.

un petit tronc vertical plus ou moins l’on désigne, en raison de sa direction, sous le nom de veine lombaire ascendante.

Les veines lombaires ascendantes communiquent largement en bas avec les veines ilio-lombaires, branches tributaires de l’iliaque interne ou de l’iliaque primitive. En haut, elles forment ordinairement les origines des azygos (voy. p. 326) , branches tributaires de la veine cave supérieure. 11 existe donc, entre la veine cave supérieure et le système des veines iliaques, une longue anastomose, voie collatérale importante, susceptible de suppléer, le cas échéant, la veine cave inférieure.

3° Veines capsulaires principales.

— Les veines capsulaires principales ou veines centrales de la capsule surrénale s’échappent de la face antérieure de cet organe et, se portant transversalement en dedans, viennent s’ouvrir dans la veine cave inférieure, un peu au-dessous du point de débouchement des veines diaphragmatiques. La veine capsulaire du côté gauche se jette très fréquemment dans la veine rénale correspondante (voy. Capsules surrénales).

nettement différencié suivant les sujets, que

Fig. 278.

Les veines lombaires, vue antérieure.

4° Veines rénales. — Les veines rénales répondent aux artères de même nom. Elles ramènent à la veine cave le sang veineux du rein.

a. Origine, trajet et terminaison. — Au nombre de deux, l’une pour le côté droit, l’autre pour le côté gauche, les veines rénales, remarquables par leur volume et par la brièveté de leur trajet, prennent naissance au hile du rein où elles sont constituées par la réunion de cinq ou six branches émergeant du parenchyme rénal (voy. Reins).

(Les muscles grand et petit psoas ont été enlevés du côté gauche ; la veine cave inférieure et la partie supérieure des iliaques primitives sont représentées en pointillé.)

1, psoas. — 2, petit psoas. — 3, diaphragme. — 4, carré des lombes. — 3, o, o, veines lombaires. — 6, 6’, lombaire ascendante. — 7, grande azygos. — 8, petite azygos. — 9, veine iliaque primitive. — 10, veine iliaque interne. — 11, veine iliaque externe. — 12, canal réno-azygo-lombaire, unissant les veines lombaires et la petite azygos à la veine rénale gauche. — 13, aorte abdominale

ANGEIOLOGIE

là, elles se portent transversalement de dehors en dedans et un peu obliquement de bas en haut et viennent s’ouvrir sur les côtés de la veine cave inférieure. Elles cheminent en avant de l’artère homonyme et en arrière du péritoine, qui les recouvre sur toute leur longueur.

b. RappoiHs. — Nous avons déjà dit plusieurs fois que la veine cave inférieure était située non pas sur la ligne médiane, mais un peu à droite de cette ligne ; d’autre part, le rein du côté droit, refoulé, par le foie, est placé un peu plus bas que le rein du côté gauche. De cette double disposition anatomique résultent, pour les deux veines rénales, quelques légères différences, portant sur leur longueur et leur direction : la veine rénale gauche est un peu moins oblique que la droite ; de plus, elle est un peu plus longue, obligée qu’elle est d’aller chercher la veine cave

à droite de la ligne médiane; pour l’atteindre, elle passe en avant de l’aorte et en arrière de l’artère mésentérique supérieure (fig. 268, 4’ et 279, 3’).

c. Affluents. — Dans leur trajet, les veines rénales reçoivent quelques affluents, notamment ;

Les veines capsulaires inférieures, qui descendent des capsules surrénales ;

2® Les veines adipeuses, ordinairement très

i, aorte abdominale. — 2, veine cave inférieure. — 3, 3’, artère et veine grêleS , qui proviennent rénales. — 4, tronc cœliaque avec ses trois branches (hépatique, splénique et ~ > ^ i >

coronaire stomachique). — 5, mésentérique supérieure. — G. artère spcrma- de 1 atmosphère graiStique. — 7, veine spermatique gauche. — 8. piliers du diaphragme. — 9, psoas. , . / \

— 10, rein. — 11, bassinet et uretère. — 12, capsule surrénale. SeUSe dU rein (^VOy. lietn),

d. Anastomoses. — La

veine rénale présente dans son court trajet plusieurs anastomoses, qui peuvent au besoin devenir des voies dérivatives et recevoir le sang veineux du rein, lorsqu’une circonstance quelconque d’ordre pathologique vient s’opposer à son libre déversement dans la veine cave inférieure.

Ces anastomoses, véritables canaux de sûreté dans le sens que nous avons attribué à ce mot (p. 271)^ ont été parfaitement étudiées par Lejars {Bull. Soc. anatomique., 1888). La plus importante d’entre elles bien certainement est un canal veineux (^réno-azy go-lombaire de Lejars), qui se détache de la partie postéro-inférieure de la veine rénale et qui vient s’ouvrir d’autre part, après s’être bifurqué, à la fois dans la petite azygos et dans une grosse veine lombaire. Ce tronc existerait 88 fois sur 100 sujets et, d’autre part, se rencontrerait beaucoup plus souvent à gauche qu’à droite : Lejars, sur 88 sujets, l’a observé 62 fois à gauche 6 fois à droite seulement.

Nous devons signaler encore, comme susceptible de suppléer la veine rénale, un groupe de veinules, décrites depuis longtemps par Verneuil, qui s’échappent du rein en dehors du hile, pour aller s’ouvrir dans les troncs voisins, veine cave inférieure, veines lombaires, veines du plexus spermatique.

lO ^ ^ 1 s 1*2

Fig. 27'J.

Les veines et artères rénales, vue antérieure.

(Les lignes poiutillées indiquent le contour de l’estomac et du duodénum.)

VEINES DE L’ABDOMEN

5° Veine porte. — La veine porte, veine impaire, que l’on désigne encore quelquefois sous le nom de système porte, en raison delà disposition particulière qu’elle présente, est un des vaisseaux collecteurs les plus importants de l’économie : il recueille, en effet, le sang veineux de tous les viscères abdominaux, à l’exception du foie et du rein. Formée par la réunion de trois veines volumineuses, la splénique, la mésentérique supérieure et la mésentérique inférieure^ la veine porte se dirige vers le foie et se capillarise dans cet organe à la manière d’une artère, justifiant ainsi la comparaison ancienne qui faisait du système porte une sorte ééarbre^ dont les racines plongent dans toute l’étendue du tube gastro-intestinal et dont les branches se ramifient dans lé foie. Nous diviserons la veine porte en trois portions : 1° une première portion, comprenant ses branches d'origine ; 2® une deuxième portion, formée par le tronc même de la veine porte; 3® une troisième portion, comprenant ses branches terminales.

A. Branches d’origine. — Comme nous l’avons déjà dit, trois grosses veines, la splénique, \di mésentérique inférieure k la mésentérique supérieure , se réunissent dans le voisinage de la tête du pancréas, pour former le tronc de la veine porte.

a. Veine splénique. — La veine splénique correspond exactement à l’artère de même nom. Elle tire son origine de la face interne de la rate par 6 ou 8 branches distinctes, qui se réunissent presque immédiatement après leur sortie de cet organe.

Ainsi constituée, elle se porte horizontalement de gauche à droite, le long du bord supérieur du pancréas, au-dessous et en arrière de l’artère splénique. Contrairement à cette artère, qui est flexueuse, la veine est sensiblement rectiligne.

Chemin faisant, elle reçoit comme affluents :

La üeine gastro-épiploïque gauche, qui provient delà grande courbure de l’estomac (voy. Estomox);

2° Les veines gastriques, correspondant aux vaisseaux courts ;

3® Les veines pancréatiques et plusieurs veines duodénales, dont le nom seul indique l’origine (voy. Pancréas et Duodénum).

b. Veine mésentérique inférieure ou petite mésaraïque. — La veine mésentérique inférieure, que l’on désigne encore sous le nom de petite mésaraïque, répond à l’artère mésentérique inférieure, branche de l’aorte.

Impaire comme cette artère, elle s’étend du rectum, où elle fait suite aux plexus hémorrhoïdaux (voy.

Rectum), jusqu’à la face postérieure de la tête du pancréas, où elle se réunit avec la veine splénique.

Elle décrit ainsi, dans son ensemble, une longue arcade à concavité dirigée à droite.

Dans ce trajet, la veine mésentérique inférieure reçoit par sa convexité les trois veines coliques gauches (voy. Gros intestin), qui correspondent aux branches artérielles du même nom et lui apportent le sang veineux de la plus grande partie du rectum, du côlon ilio-pelvien, du côlon descendant et de la moitié gauche du côlon transverse.

1, tronc de la veine porte. — 2, 3, 4, ses trois branches radiculaires (grande mésaraïque, petite mésaraïque, splénique). — 5, 6, ses deux branches terminales droite et gauche, se ramifiant dans le foie 7, à la manière des artères.

ANGEIOLOGIE

c. Yeine mésentérique supérieure ou grande mésaraïque. — La veine mésentérique supérieure, encore appelée grande mésaraïque, correspond, elle aussi, par son origine et par son trajet à l’artère homonyme.

Fi^. 281.

Veine porte et ses branches d’origine.

A, l'oie. — B, vésicule biliaire. — C, raie. — D, estomac. — E, masse de l’iuteslin grêle érignce en bas et à droite. 1, tronc de la veine porte. — 2, grande mésaraïque. — 3, petite mésara'ique. — 4, veines hémorrlioïdales supérieures. — 5, b\ veines hémorrhoïdales moyennes et inférieures. — 6, veine gastro-épiploïque droite. — 7, veine gastroépiploïque gauche. — 8, veine splénique. — 9, veine coronaire stomachique (cheminant anormalement du cardia vers le pylore au lieu de se porter du pylore vers le cardia et. de là, dans la veine porte ou dans le tronc commun de la splénique et de la mésentérique inférieure (vo\ . dans le t. IV, la figure i-elative à l’arrière-cavité des épiploons). — 10, veine pylorique. — 11, veine cystique.

Comme elle, elle est impaire et située à droite de la ligne médiane. Gomme elle, elle décrit une longue courbe à concavité dirigée à droite, répondant par son extrf^mité inférieure à la terminaison de l’intestin grêle et par son extrémité

VEINES DE L’ABDOMEN

supérieure à la partie postérieure du pancréas. Comme elle, enfin, elle chemine tout d’abord le long du bord postérieur du mésentère et croise ensuite de bas en haut la face antérieure de la troisième portion du duodénum, pour disparaître immédiatement après au-dessous du pancréas.

La veine mésentérique supérieure reçoit par sa concavité les trois veines coliques droites (voy. Gros intestin) et par sa convexité toutes les veines de l'intestin grêle (voy. Intestin grêle). Ces différentes veines intestinales, comme nous le verrons plus loin en étudiant la circulation du tube intestinal; s’anastomosent plusieurs fois entre elles au sortir de l’intestin et forment ainsi deux ou trois séries d’arcades, rappelant assez bien les arcades artérielles que nous avons déjà rencontrées sur le trajet des artères mésentériques.

B. TaoNG DE LA VEINE pouTE. — Intermédiaire à ses branches d’origine et à ses branches terminales, le tronc de la veine porte s’étend de la tête du pancréas au hile du foie. Sa longueur est, en moyenne, de 8 à 10 centimètres; son diamètre, de 8 à 10 millimètres.

a. Mode d'origine. — Des trois branches d’origine que nous venons de lui décrire, la veine mésentérique inférieure et la veine splénique se réunissent l’une à l’autre à la face postérieure du pancréas; sur la ligne médiane ou à peu de distance de cette ligne. 11 en résulte un tronc unique, le tronc commun de la splénique et de la mésentérique inférieure .

Ce tronc continue de gauche à droite le trajet de la veine splénique et se réunit à son tour, après un parcours de 2 ou 3 centimètres seulement, avec la veine mésentérique supérieure. Le nouveau tronc qui résulte de cette union est le tronc de la veine porte ou veine porte proprement dite.

La veine splénique étant presque horizontale et la veine mésentérique supérieure presque verticale, on voit que l’angle de réunion de ces deux vaisseaux diffère peu de l’angle droit : il mesure 80° environ. Cet angle regarde en bas et à gauche. Son sommet répond ordinairement à la partie la plus élevée de la tête du pancréas.

b. Trajet. — Ainsi constitué le tronc de la veine porte se dirige obliquement de bas en haut et un peu de gauche à droite vers le sillon transverse du foie, ou il se termine en se bifurquant. Comme son origine est placée un peu à droite de la ligne médiane, le tronc tout entier se trouve situé dans la moitié droite de l’abdomen.

c. Rapports. — Dans ce trajet, le tronc de la veine porte chemine, dans la plus grande partie de son étendue, entre les deux feuillets de l’épiploon

gastro-hépatique. Ce n’efet qu’à sa partie tout inférieure qu’il se trouve situé en dehors de l’épiploon. Ses rapports sont les suivants :

Fig. 282.

Les rapports de la veine porte, vus sur une coupe transversale du tronc.

1, corps vertébral. — 2, épiploon gastro-hépatique, avec a, canal cholédoque ; 6, veine porte; c, artère iiépatique. — 3, lobule de Spigel, recouvert en avant par l’épiploon gastro-hépatique — 3’, le même, coupé en travers et entouré par le péritoine. — 4, rein droit. — 4’, sa coupe. — fi, capsule surrénale droite. — 5’, sa coupe. — 6, veine cave iniérieure. — 7, aorte. — 8, capsule surrénale gauche. — 9, rein gauche. — 10, arrière-cavité des épiploons. — 11, hiatus de Winslow. — 12, leuillet pariétal du péritoine, tapissant la paroi abdominale postérieure.

356 ANGÉIOLOGIE

a) En avant , elle répond tout d’abord au bord supérieur de la tête du pancréas. — En quittant le pancréas, elle entre en relation avec la première portion du duodénum. — Au-dessus du duodénum, enfin, elle s’engage entre les deux feuillets de l’épiploon gastro- hépatique, situation qu’elle conserve jusqu’à sa terminaison : elle est en rapport, alors, avec le canal cholédoque, l’artère hépatique et les lymphatiques du foie. Rappelons, à ce sujet : R que le vaisseau veineux longe le bord externe de l’épiploon ; 2° que le cholédoque chemine sur son côté externe ; 3° que l’artère hépatique, d’abord placée sur le bord interne de la veine, contourne ce bord interne, passe sur la face antérieure et s’élève ainsi vers le hile du foie.

P) En arrière, le tronc de la veine porte répond tout d’abord à l’arrière-cavité

des épiploons. Puis, quand il s’est engagé dans l’épiploon {portion épiploïque de la veine porte), il répond à l’hiatus de Winslow, dont il constitue la lèvre antérieure. Par l’intermédiaire de l’hiatus de Winslow, il répond à la veine cave inférieure qui, elle, forme la lèvre postérieure de l’hiatus. Le doigt introduit dans f hiatus de Winslow se trouve donc compris entre deux veines : en arrière, la veine cave inférieure, qu’il comprime contre la colonne lombaire; en avant, la veine porte, qu’il soulève du côté des intestins.

d. Affluents. — La veine porte reçoit, à des hauteurs variables , quelques aflluents collatéraux, notamment : la veine gastro-épiploïque droite, la veine py torique, la veine coronaire stomachique, veines qui correspondent aux artères de même nom (voy. Estoinac).

Elle reçoit aussi dans la plupart des cas la veine cystique qui, comme son nom l’indique, provient de la vésicule biliaire; cette dernière veine cependant s’ouvre, sur bien des sujets, dans la branche droite de la veine porte.

e. Structure. — Le tronc de la veine porte est remarquable par l’épaisseur et la résistance de ses parois. Il serait, d’après Haller, plus résistant que la veine cave inférieure et même que l’aorte. Il peut supporter jusqu’à 3 et 4 atmosphères.

Histologiquement, la veine porte appartient au troisième groupe des veines musculaires d’EBERTH. Elle possède, dans sa tunique externe, deux plans de fibres : un plan interne, formé par des fibres circulaires un plan externe, constitué par des fibres longitudinales. Ces deux ordres de filires, on le conçoit, s’associent pour favoriser la circulation du sang porte, les premières en diminuant le calibre du vaisseau, les secondes en diminuant sa longueur. Tout récemment, Süciiard {C. R. Soc. Biol., 1901 j a signalé l’existence, dans la tunique externe de la veine porte des oiseaux fpoulet et pigeon), de fibres musculaires lisses obliquement dirigées par rapport à l’axe du vaisseau. 11 est à peine besoin de faire remarquer que ces fibres obliques ont exactement la même action que les fibres circulaires et les fibres longitudinales : elles diminuent à la fois la longueur et le calibre du vaisseau.

Fi^. 283.

La veine porte, vue antérieure, dans ses rapports avec l’artère hépatique et le canal cholédoque.

1, estomac. — 2, duodénum (première portion). — 3, 3, foie, avec 3’, lobule de Spigel ; 3”, vésicule biliaire. — 4, pancréas. — 5, aorte abdominale. — 6, tronc cœliaque. — 7, artère hépatique, avec : a, sa portion horizontale ; b, sa portion verticale. — 8, gastro-épiploïque droite. — 9, pylorique. — 10, cystique. — 11, veine porte. — 12, cholédoque.

VEINES DE L’ABDOMEN

Le système porte est entièrement dépourvu de valvules, du moins dans ses grosses branches et chez l’adulte ; car, chez le fœtus et le nouveau-né, on rencontre sur les veines et veinules tributaires de la veine porte, notamment au niveau de la grande courbure de l’estomac et du bord mésentérique de l’intestin grêle, un certain nombre de valvules, qui disparaissent dans la suite par atrophie régressive. L’absence de valvules dans le système porte nous explique la facilité avec laquelle s’injectent ses différents territoires par une injection poussée du tronc vers les capillaires d’origine.

C. Branches terminales. — Arrivé au hile du foie, le tronc de la veine porte se divise, ainsi que nous l’avons dit, en deux grosses branches terminales. Ces deux branches, dont l’une se dirige à droite et l'autre à gauche, sont couchées dans le sillon transverse du foie. Elles semblent former là un vaisseau unique, presque horizontal, sur lequel vient se brancher perpendiculairement le tronc même de la veine porte. Quelques anatomistes désignent ce vaisseau transversal, occupant toute l’étendue du hile, sous le nom de sinus de la veine porte, dénomination qui ne répond à rien et qui doit être abandonnée.

a) La branche droite de bifurcation de la veine porte, remarquable par son volume, pénètre dans le lobe droit du foie.

P) La branche gauche, plus longue, mais moins volumineuse que la précédente, disparaît dans le lobe gauche.

L’une et l’autre, parvenues dans l’épaisseur du foie, s’y ramifient et s’y résolvent en réseaux capillaires, suivant une modalité, aujourd’hui bien connue, que nous •étudierons ultérieurement (voy. Foie). Finalement, le sang veineux charrié par le système porte aboutit toujours à la veine cave inférieure, par l’intermédiaire des veines sus-hépatiques (p. 360). — Au sujet des communications du système porte avec le système veineux général, voy. plus loin, p. 358 et 359.

Variétés. — Le tronc de la veine porte s’éloigne fort rarement de la disposition classique : on l’a vu cependant (Serres, Lawrence, Abernéthy) déboucher directement dans la veine cave inférieure sans traverser le foie. — Dans une observation jusqu’ici unique de Mende, la veine porte, chez un anencéphale, ne traversait nullement le foie, comme dans le cas précédent, et venait s’ouvrir dans l’oreillette droite. — Quant aux branches d’origine de la veine porte, elles ne présentent également que des variations très rares et, du reste, peu importantes.

6° "Veines portes accessoires. — Indépendamment du sang veineux que lui apporte la veine porte, le foie en reçoit encore de plusieurs autres veines plus petites, qui se ramifient dans son intérieur comme la veine porte elle-même et qui deviennent ainsi de véritables veines portes accessoires.

A. Disposition anatomique des veines portes accessoires. — {Mémoires de la

Soc. de Biol., 1859, p. 2), qui les a étudiées avec le plus grand soin, les rattache à cinq groupes (voy. fig. 284) ;

a) Le premier groupe {groupe gastro-hépatique) , situé dans l’épiploon gastrohépatique, comprend plusieurs veinules, qui proviennent, soit de la petite courbure de l’estomac, soit de l’épiploon lui-même. Elles viennent se jeter dans les lobules qui limitent en avant et en arrière le sillon transverse du foie. La veine pylorique fait quelquefois partie de ce groupe.

^) Le deuxième groupe {groupe cystique), plus considérable que le précédent, est formé par douze ou quinze veinules qui, de la moitié inférieure de la vésicule biliaire, se rendent aux lobules hépatiques voisins de cette vésicule.

y) Le troisième groupe {groupe des veinules nourricières) comprend tout un en-

ANGEIOLOGIE

semble de veinules fort petites, qui, naissant des parois mêmes de la veine porte, de l’artère hépatique et des conduits biliaires, viennent se ramifier, après avoir traversé la capsule de Glisson, dans les lobules du voisinage.

ô) Le quatrième groupe {groupe du ligament suspenseur) se compose de veinules également très grêles, qui prennent naissance à la face inférieure du diaphragme et descendent vers le foie en suivant le ligament suspenseur de cet organe. Nous

ferons remarquer, en passant, que toutes les veines (elles sont parfois fort nombreuses) qui cheminent entre les deux feuillets séreux du ligament suspenseur ne se rendent pas au foie.

Un grand nombre d’entre elles, suivant un trajet ascendant, se jettent dans les veines diaphragmatiques inférieures. Galori, en 1888, a signalé, dans l’épaisseur du ligament coronaire, principalement dans le ligament triangulaire gauche, la présence de veinules qui rappellent exactement celles qui cheminent entre les deux feuillets du ligament suspenseur : les unes se jettent dans les diaphragmatiques ; les autres se rendent au foie, constituant ainsi un nouveau groupe de veines portes accessoires.

Sclicma montrant, sur une coupe sagittale du foie, les veines portes accessoires.

1, foie. — 2, vésicule biliaire. — .3, ligament sus])enseur du foie. — 4, ligamcut coronaire. — 6, paroi abdominale, avec 6’, ombilic. — 7, diaphragme. — 8, 8, 8, veines portes accessoires du ligament suspenseur [quaLrième groupe). — 9, veines portes accessoires du cinquième groupe {groupe par ombilical).

10, veines portes accessoires du deqxième groupe {groupe cystique). — il, veines portes accessoires du troisième groupe. — 12, une veine porte accessoire du ligament coronaire. — 13, veine porte. — 14, paroi thoracique. — 15, colonne vei tébrale.

s) Le cinquième groupe {groupe par ombilical) enfin, le plus intéressant de

tous, est constitué par toute une série de veinules, plus ou moins anastomosées entre elles, qui prennent naissance dans la paroi antérieure de l’abdomen au voisinage de l’ombilic et, de là, se portent vers le sillon longitudinal du foie, en suivant le bord inférieur du ligament suspenseur. Voici la description qu’en donne Sappev: (( Les plus importantes viennent se terminer sur le bord tranchant du foie, à l’entrée du sillon longitudinal. D’autres, beaucoup plus ténues et qui ne sont le plus souvent visibles qu’après avoir été injectées, entrent dans le sillon et se distribuent dans les lobules de sa partie la plus profonde. D’autres, très déliées aussi, suivent le contour de la veine ombilicale, qu’elles enlacent de leurs anastomoses; une ou deux de ces dernières s’ouvrent constamment, soit dans la branche gauche de la veine porte, au niveau même de l’insertion du cordon de la veine ombilicale, soit, plus souvent encore, dans la portion de ce cordon qui est restée perméable. A leur origine, les veines de ce groupe communiquent, d’une part avec les veines épigastriques et mammaires internes, de l’autre avec les veines tégumenteuses de l’abdomen. » Ici, comme pour le quatrième groupe, toutes les veines parombilicales ne se portent pas vers le foie : il y en a toujours un certain nombre dont les valvules sont tournées vers le cœur tHENLE, Galori), indiquant

VEINES DE L’ABDOMEN 359

nettement que le sang y circule d’arrière en avants c’est-à-dire du foie vers la paroi abdominale.

B. Leur importance en pathologie. — De ces cinq groupes de veines portes accessoires, les trois premiers naissent directement du tube digestif ou de ses annexes, comme la veine porte elle-même. Ils n’ont, en pathologie, qu’une bien faible importance. Mais il n’en est pas de même des deux autres. Le quatrième et le cinquième groupes proviennent des parois abdominales, où elles entrent en relation : 1° d’une part, avec les radicules des veines thoraciques et mammaires internes, tributaires de la veine cave supérieure; 2° d’autre part, avec les veines épigastriques et les veines sous-cutanées abdominales, tributaires de la veine cave inférieure. Ces deux groupes constituent de véritables anastomoses faisant communiquer la veine porte avec l’une et l’autre des deux veines caves.

On conçoit, dès lors, toute l’importance qu’acquièrent ces veines anastomotiques dans les cas où, par suite d’une lésion du foie (cirrhose), le sang de la veine porte ne s’écoule plus librement à travers cet organe. Cédant alors à une exagération de la pression intravasculaire, elles se dilatent progressivement et, de minuscules qu’elles étaient, acquièrent parfois un volume très considérable. Elles forment ainsi autant de chemins détournés ou, si l’on veut, autant de courants déiHvatifs, grâce auxquels le sang, recueilli dans les viscères abdominaux et emprisonné dans le tronc de la veine porte devenue imperméable, s’écoule dans l’une ou l’autre des deux veines caves et arrive quand même à l’oreillette droite.

L’une de ces veines surtout participe à cette augmentation de calibre ; c’est celle {veine parombilicale principale) qui, naissant de la paroi abdominale, dans le voisinage de l’ombilic, s’engage dans le ligament suspenseur et vient déboucher dans la branche terminale gauche de la veine porte. Elle prend parfois des proportions véritablement insolites et, comme elle longe le bord inférieur du ligament suspenseur, elle peut en imposer pour des cas de persistance delà veine ombilicale, qui suit absolument le même trajet (voy. plus loin. Veine ombilicale).

C. Autres communications du système porte avec le système veineux général. — Les vaisseaux que nous venons d’indiquer ne sont pas les seuls à favoriser la circulation dérivative, qui s’établit le plus souvent lorsque le courant normal de la veine porte à la veine cave inférieure à travers le foie est gêné ou interrompu. Le système porte communique, par un bon nombre de ses radicules, avec des réseaux veineux qui sont tributaires du système des veines caves : il y a là, aux confins des deux systèmes, des anastomoses qui les unissent l’un à l’autre et qui augmentent de calibre à l’état pathologique, pour permettre au sang emprisonné dans le système porte de s’écouler, par un trajet rétrograde, dans la veine cave ou dans l’azygos.

La plus importante peut-être de ces anastamoses se trouve au niveau du rectum (voy. Rectum), où la veine hémorrhoïdale supérieure, branche d’origine de la veine porte, s’unit avec les hémorrhoïdales moyennes et les hémorrhoïdales inférieures, qui se jettent dans l’hypogastrique, soit directement, soit par l’intermédiaire de la veine honteuse interne.

Il eo existe une autre au niveau du cardia, où les radicules de la coronaire stomachique entrent en relation avec les veines œsophagiennes, lesquelles vont se déverser, soit dans les intercostales, soit dans les azygos. Mariau a signalé, de même, l’existence de nombreuses veinules qui, partant de la face postérieure d,e l’estomac, gagnent la région du cardia, puis passent sur le diaphragme pour gagner, finalement, les capsulaires et, de là, les rénales.

ANGEÏOLOGIE

Un troisième groupe d’anastomoses existe dans les parois elles-mêmes dn tube intestinal, où les radicules des veines mésentériques communiquent avec les radicules de plusieurs petits troncs qui, au lieu de se diriger vers le foie, se rendent soit à la veine cave inférieure, soit à l’un de ses affluents.

L’ensemble de ces veines anastomotiques qui relient ainsi le territoire porte à celui de la veine cave inférieure constitue ce qu’on appelle le système de Retzius. Elles sont extrêmement fréquentes et sont surtout développées sur les points où le tube intestinal est rapproché de la paroi abdominale. Nous les rencontrons tout d’abord au niveau du duodénum, où elles communiquent avec les veines capsulaires. Nous les rencontrons encore au niveau de l’intestin grêle, où l’on voit assez fréquemment quelques veines ou veinules, issues du réseau d’origine de la grande mésaraïque, gagner la paroi abdominale postérieure et là, à droite et à gauche du mésentère, s’anastomoser avec les veines tributaires des spermatiques (Mariau). Mais nous les rencontrons surtout au niveau des colons ascendant et descendant : on voit constamment, à la face postérieure de ces deux organes, des veines issues du réseau intestinal et communiquant par conséquent avec les radicules du système porte aboutir, d’une façon plus ou moins directe, soit aux veines des parois abdominales (veines épigastriques et mammaires internes), soit à la rénale. Tuffier et Lejars ont même signalé l’existence d’anastomoses porto-rénales directes, c’est-à-dire de canaux veineux qui se rendent directement d’une veine colique à la veine rénale.

Ce sont là des anastomoses bien connues et qui sont signalées aujourd’hui dans la plupart des traités classiques, mais il doit y en avoir bien d'autres et je n'en veux pour preuve que cette observation intéressante de Rindfleisch (Histologie pathologique^ trad. franç. de Gross, p. 477), dans laquelle, la veine porte étant oblitérée, le sang contenu dans ce vaisseau s’écoulait par les veines très dilatées du plexus spermatique. Je signalerai encore, à ce sujet, un fait de Hvrïl, qui a vu une veine de l’uretère se jeter dans la veine colique gauche ; un deuxième fait du même anatomiste, qui a pu, par une injection poussée dans la mésentérique, remplir les plexus veineux du vagin et de l’utérus ; et aussi les recherches anatomiques du professeur Luschka [Die Lage d. Baucliorgane des Menseken), desquelles il résulte que la veine splénique entre normalement en relation, dans le voisinage de la queue du pancréas, avec les branches radiculaires de l'azygos. Je rappellerai enfin, mais pour mémoire seulement, ces anastomoses directes qui. chez certains animaux, unissent le tronc même de la veine porte avec la veine cave inférieure, anastomoses qui ont été si bien étudiées par Cl. Bernard et sur l’existence desquelles l’illustre prolesseur du Collège de France avait édifié sa théorie, si séduisante au premier abord, de la veine porte rénale.

A consulter, au sujet des communications de la veine porte avec le système veineux général : Lejars, Un fait de suppléance de la circulation porte par la veine rénale gauche et la veine cave, Progrès médical, 1888 ; — Calort, Mem. délia Accad. di Bologna, 1889; — Tischdr, Medic. News. 1890 ; — Baumgarten, Ueber die Nabelvene des Meuse tien und ihre Bedeutung fur d. Circulationslôrung bei Lebercirrhose, Tübingen. 1890 ; — Salaghi, Il circulo délia vena porta nei suoi rapporti colla circolazione generale, Gazz. med. lombarda, 1891 ; — Mariau, Bech. anat. sur la veine porte et particulièrement sur ses anastomoses avec le système veineux général, Th. de Lyon, 1893.

7° Veines sus-hépatiques. — Le sang apporté au foie par la veine porte et par l’artère hépatique est recueilli par les veines sus-hépatiques, dont nous étudierons plus tard le mode d’origine dans l’intérieur du foie (voy. Foie). Ces veines se dirigent toutes en arrière vers la gouttière profonde que présente le bord postérieur du foie pour loger la veine cave inférieure, la gouttière rétro-hépatique . Elles sortent du foie au niveau de cette gouttière et s’ouvrent immédiatement dans la veine cave inférieure. On divise généralement les veines sus-hépatiques en deux groupes : un groupe inférieur et un groupe supérieur (fig. 285).

a. Groupe supérieur. — Il est constitué par deux grosses veines, les grandes veines sus-hépatiques, qui occupent la partie la plus élevée de la gouttière préci-

VEINES DE L'ABDOMEN

tée et se jettent dans la veine cave inférieure, immédiatement au-dessous de l’orifice diaphragmatique qui lui livre passage. De ces deux veines, l’une, la droite provient du lobe droit; l’autre, la gauche, un peu moins volumineuse, émane à la fois du lobe droit et du lobe gauche.

b. Groupe inférieur. — Le groupe inférieur comprend un nombre variable de petites branches, les petites veines sus-hépatiques , qui débouchent dans les trois quarts inférieurs de la gouttière rétro - hépatique. Elles proviénnent, en partie du lobe droit, en par tie du lobe de Spigel.

Variétés. — Dans les cas où la veine cave inférieure ne s’est pas développée et que ses affluents ordinaires se jettent dans le système des azygos, les veines sus hépatiques, faisant exception à cette règle, viennent s’ouvrir directement dans l’oreillette droite. —

Même dans les cas où la veine cave est normale, on peut voir les veines sus-hépatiques se porter isolément vers le cœur, Rothe et Hyrtl en ont rapporté des exemples. — A un degré moins avancé de l’anomalie, Huber et Mop.gagni ont vu les veines sus-hépatiques s’aboucher dans la veine cave inférieure audessus et non au-dessous du diaphragme.

8° Veines génitales : spermatiques et utéro-ovariennes. — Ces veines, que nous désignons sous le nom de génitales parce qu’elles répondent plus ou moins aux artères homonymes, sont toujours très volumineuses. Elles tirent leur origine : l*" chez l’homme, du testicule et de l’épididyme, ce sont les veines spermatiques ; 2° chez la femme, de l’ovaire et d’une partie de Tutérus, ce sont les veines utéro-ovariennes.

A. Chez l’homme ; veines spermatiques. — Les veines spermatiques, parfaitement décrites par Ch. Périer (Consid. sur Vanat. et la phys. des veines spermatiques, Thèse de Paris, 1864), prennent naissance dans le testicule et l’épididyme (voy. Testicules).

Leurs branches d’origine, toujours fort nombreuses, convergent vers le corps d’Highmore et, après avoir traversé la tunique albuginée, se disposent en un riche plexus, le plexus spermatique .

De ce plexus s’échappent huit à dix veines, qui remontent vers l’abdomen, en embrassant le canal déférent et en constituant ainsi un des éléments importants du cordon. Du reste, ces veines se partagent constamment en deux groupes, un groupe antérieur et un groupe postérieur : le groupe anterieur, de beaucoup le plus important, comprend cinq ou six veines volumineuses, situées en avant du canal déférent et de l’artère spermatique ; le groupe postérieur est formé par deux ou trois veines seulement, qui cheminent en arrière du canal déférent, tout à côté de l’artère déférentielle.

Ces différentes veines spermatiques, que viennent constamment grossir dans leur trajet quelques veinules funiculaires, s’engagent avec le cordon dans le canal

Fig. 283.

La veine cave inférieure dans sa gouttière hépatique, ouverle en arrière pour montrer les orifices des veines sus-hépatiques.

1, lobule de Spigel. — 1’, sou prolongement postérieur érigné à gauche. — 2, orifice de la veine hépaiique gauche. — 3, orifice de la veine hépatique droite. — 4, 4’, orifices" des veines du lobule de Spigel. — 5, 5’, orifices des veines hépatiques inférieures. — 6, 6, orifices de deux veines diaphragmatiques inférieures. — 7, lobe droit du foie. — 8, son bord postérieur.

ANGEIOLOGIE

inguinal, le parcourent dans toute son étendue, débouchent dans l’abdomen et se terminent de la façon suivante. — Les veines du groupe postérieur se réunissent ordinairement en un seul tronc et viennent s’ouvrir dans les veines épigastriques. — Les veines du groupe antérieur accompagnent l’artère spermatique. Elles forment tout d’abord, en traversant la fosse iliaque Interne, un plexus impor-

Fig. 286.

Veines spermati(|ues et veines du cordon (d’après Ch. Périer).

a. testicule. — b, tôle de l’épididyme. — c, tunique vaginale ouverte. — d, canal déférent. — c, coupe de la verge.

— f, coupe du muscle grand droit de l’abdomen.

1, faisceau de veines émergeant du corps d’Highmore. — 2, faisceau émergeant de la tête de l’épididymc. — 3, faisceau de veines funiculaires, émergeant de la queue de l’épididyme. — 4, réseau veineux des tuniques du scrotum. — 5, veines de la paroi externe du scrotum. — 6, veines de la cloison du scrotum ; 6’, une de ses branches terminales pour les veines du cordon ; 6”, autre branche terminale pour les honteuses externes. — 7, 7, veines lionteuses externes.

— 8, veine dorsale de la verge. ■ — 9, crosse de la saphène interne. — 10, anastomose des veines du scrotum avec le paquet veineux du corps d'Highmore. — 11, anastomose de la veine de la cloison du scrotum avec le paquet des veines funiculaires. — 12, anastomose prépubienne des veines du cordon. — 13, anastomose rétro-pubienne de ces mômes veines.

— 14, veines du cordon à leur entrée dans le canal inguinal. — lo, veines spermatiques, remontant à la veine cave.

— l6, vaisseaux épigastriques. — 17, 17, embouchure commune des veines épigastriques et du faisceau des veines funiculaires, venant de la queue de l’épididyme. ■ — 18, artère iliaque externe.

tant, plexus pampinif orme . De ce plexus partent le plus souvent deux veines,

lesquelles ne tardent pas à se réunir pour former un seul tronc, la veine spermatique. Cette veine, fidèle satellite de l’artère spermatique, remonte avec elle dans la région lombaire, reçoit chemin faisant quelques veinules provenant de l’uretère,

VEINES DE L’ABDOMEN

du péritoine et de l’atmosphère graisseuse du rein et vient enfin s’ouvrir ; à droite, dans la veine cave inférieure; à gauche, dans la veine rénale correspondante.

Le testicule gauche descendant un peu plus bas que le testicule droit, la veine spermatique gauche est nécessairement un peu plus longue que son homonyme du côté opposé. De plus, elle se trouve comprimée, à son passage à travers le bassin, par la portion iliaque du côlon. Enfin, à sa terminaison, le sang qu’elle charrie rencontre à angle droit le courant toujours rapide de la veine rénale. Cette triple disposition anatomique, que ne présente pas la veine spermatique droite, apporte un trouble grave et permanent à la circulation de retour dans ce vaisseau et nous explique surabondamment pourquoi le varicocèle se développe de préférence du côté gauche.

Notons encore, comme une condition nouvelle essentiellement favorable au développement des varices du cordon, que les veines spermatiques ne possèdent, malgré leur longueur et leur direction verticalement ascendante, que des valvules fort rares et souvent incomplètes.

B. Chez la femme : veines utéro-ovariennes. — Chez la femme, les veines spermatiques de l’homme ont pour homologues les veines utéro-ovariennes.

Elles naissent à la fois : de Vutérus, où elles s’anastomosent, ainsi que nous

l’avons déjà vu, avec les veines utérines, tributaires de l’hypogastrique ; 2° des trompes de Fallope; 3° du ligament rond; 4® de Vovaire ; 5° du ligament large (voy., dans le tome IV, ces différents organes).

Situées tout d’abord dans l’épaisseur de ce dernier ligament, les veines utéroovariennes s’en dégagent bientôt pour remonter dans le bassin, forment, elles aussi, leur plexus pampinif orme , se fusionnent de chaque côté en un tronc commun et se terminent exactement comme les veines spermatiques : l’utéro-ovarienne

du côté gauche, dans la veine rénale correspondante ; l’utéro - ovarienne du côté droit, dans la veine cave inférieure.

9*^ Veine ombilicale. — La veine ombilicale a pour fonction de ramener au foie et à la veine cave inférieure le sang que les artères ombilicales apportent aux réseaux placentaires. Primitivement, dans les premiers stades de la vie embryonnaire, il existe deux veines, comme deux artères, l’une droite, l’autre gauche. Mais bientôt, dès le début du premier mois, la veine ombilicale droite s’atrophie et disparaît; la veine ombilicale gauche, au contraire, persiste, et continue à se développer pour devenir la veine ombilicale unique du foetus.

Comme les artères de même nom.

Fig. 287.

La veine ombilicale du nouveau-né, vue sur la paroi postérieure de l’abdomen à sa sortie deTombilic (T. et J.).

1, ombilic. — 2, veine ombilicale. — 3, 3’, artères ombilicales droite et gauche. — 4, ouraque. — 5, vaisseaux épigastriques. — 6, repli du péritoine, représentant la portion initiale du ligament suspenseur du foie. — 7, tissu graisseux sous-péritonéal. — 8, paroi abdominale.

ANGÉIOLOGIE

la veine ombilicale est un organe fœtal qui, sans disparaître entièrement après la naissance, subit tout au moins une transformation complète. Nous l’examinerons successivement ; 1° chez le fœtus ; 2° après la naissance.

a. La veine ombilicale chez le fœtus. — Chez le fœtus, la veine ombilicale, organe à fonction importante, s’étend du placenta à la face inférieure du foie.

Née de la face libre du placenta, où elle est formée par la réunion de nombreuses branches radiculaires, elle suit le cordon, pénètre dans l’abdomen par l’anneau ombilical et gagne la face inférieure du foie en longeant le bord inférieur du ligament suspenseur.

Au foie, elle se loge dans le sillonlongitudinal, qu’elle parcourt d’avant en arrière entre le lobe gauche et le lobe carré. Elle abandonne, chemin faisant, une vingtaine de petites branches (Theile), qui se ramifient pour la plupart dans le lobe gauche, et se partage, en atteignant le sillon transverse , en deux branches terminales : l’une, le canal de communication de la veine ombilicale avec la veine porte, se continue avec la branche de bifurcation gauche de la veine porte ; l’autre, sous le nom de canal veineux, continue pour ainsi dire la direction de la veine ombilicale, parcourt la partie postérieure du sillon longitudinal et, finalement, vient s’ouvrir dans la veine cave inférieure (voy. Foie).

Chemin faisant, la veine ombilicale, dans sa portion intra-abdominale, reçoit comme affluents : 1° une ou plusieurs veines pariétales, notamment la veine de Burow (voy. plus bas), qui proviennent de la paroi antérieure de l’abdomen ; 2° un certain nombre de veinules, provenant du ligament falciforme.

b. Après la naissance. — Après la naissance, la veine ombilicale, n’ayant plus aucun rôle à jouer, s’oblitère d’abord à son extrémité antérieure. Puis, l’oblitération, gagnant de proche en proche, s’étend progressivement jusqu’à la veine porte : elle est ordinairement complète quinze ou dix-huit mois après le passage du fœtus à la vie aérienne.

Finalement, la portion abdominale de la veine ombilicale se transforme en un véritable cordon fibreux, qui s’étend de l’ombilic au sillon transverse du foie, en longeant, comme précédemment, le bord inférieur du ligament suspenseur. Sous cette forme nouvelle, il prend le nom de ligament rond du foie.

Fig. 288.

Foie d’un nouveau-né, vu par sa face inférieure, pour montrer la veine ombilicale et le canal veineux.

A, lobe droit. — B, lobe gauche. — C, lobe carré. — D, lobe de Spigel, érigné à droite pour découvrir le canal veineux.

1, canal veineux. — 2, veine ombilicale, avec 2’, son renflement. — 3, segment de la paroi antérieure de l’abdomen, vu par sa face postérieure.

— 4, bord antérieur du foie. — 5, veine porte. — 6, veine cave inférieure.

— 7, vésicule biliaire. — 8, pont de substance hépatique, reliant le lobe cari’é au lobe gauche et transformant, à son niveau, le sillon longitudinal en un canal complet.

VEINES DE L’ABDOMEN

Le canal veineux s’oblitère à son tour et revêt, lui aussi, tous les caractères extérieurs d’un cordon fibreux, couché dans la partie postérieure du sillon longitudinal, entre la branche gauche de la veine porte et la face antérieure de la veine cave inférieure.

Variétés : veine de Burow, veines parombilicales et centro-ombilicale. — Burow a signalé depuis déjà longtemps [Millier’ s Archiv., 1838) l’existence d’un petit tronc veineux, veine de Burow, qui naît, un peu au-dessous de l’ombilic, des ramifications initiales des deux veines épigastriques (principalement de l’épigastrique gauche) et qui. après avoir cheminé quelque temps sur la paroi abdominale, vient s’ouvrir sur le côté gauche de la veine ombilicale.

Pendant les premiers mois de la vie embryonnaire, il existe un riche réseau veineux qui s’étend de la paroi abdominale antérieure à la veine ombilicale; mais ce réseau, que j’appellerai paneïoombilical, s’atténue graduellement pendant les derniers mois de la vie intra-utérine et finit même par disparaître d’une façon à peu près complète après la naissance, quand la ligature et la chute du cordon ont mis fin à la circulation des vaisseaux ombilicaux. La veine de Burow n’est qu’un reliquat de ce réseau veineux, qui est essentiellement transitoire chez l’homme, mais qui existe à l’état permanent chez les batraciens et chez les reptiles.

Il semble résulter de quelques observations anciennes rapportées par Monro, Krause, Gru- VEILHIER, Pégot, Menière, Kler, Maneg, qu6 la veine ombilicale peut rester perméable chez l’adulte et continuer ainsi à charrier du sang de la paroi abdominale vers le foie. Nous savons ce que pensait Sappey de cette prétendue perméabilité. Pour lui, le vaisseau qu’on a considéré comme une veine ombilicale non oblitérée ne serait autre que l'une des veines portes accessoires qui longent la veine ombilicale [veines parombilicales) et qui, pour une cause quelconque (cirrhose) , se serait anormalement dilatée.

Une pareille opinion avait déjà rallié le plus grand nombre des anatomistes, quand un mémoire relativement récent, publié par Bau- MGARTEN daus le Ceniralblait de 1877, est venu tout remettre en question. Baumgarten a constaté . en effet, dans le cordon de la veine ombilicale, 54 fois sur 60, la présence d’un canal occupant le centre du cordon, possédant un véritable revêtement endothélial et contenant même du sang à l’état frais.

11 n’a pas hésité à en conclure que la veine ombilicale restait perméable dans la grande majorité des cas. Wertheimer, quelques années plus tard (1886) a constaté lui aussi, comme une disposition à peu près constante, l’existence d’un canal central dans le cordon fibreux de la veine ombilicale Mais, contrai-rement à l’opinion du médecin allemand, il a cru devoir considérer ce canal , non pas comme un reste de la veine ombilicale ellemême, mais comme une veine de formation nouvelle, qui se serait développée après la naissance au centre de la veine oblitérée et dans l’épaisseur même du caillot oblitérateur.

La question a été reprise dans ces derniers temps par Mériel et par Joris.

Mériel [Bull. Soc. anat., 1902), sur 60 parois abdominales disséquées par lui, a pu constater à la fois et d'une façon constante l’existence de deux veines parombilicales et d’une veine centroombilicale, celle-ci ayant une paroi propre et contenant du sang frais. 11 a constaté, en outre, que cette veine centro-ombilicale recevait deux petits affluents, l'un droit, l’autre gauche, lesquels provenaient de chacune des deux veines parombilicales. Il a trouvé, enfin, 55 fois sur 60 (dans les

la veine de Burow

Fig. 289.

La veine ombilicale de l’adulte, avec [schématique).

I, paroi abdominale supposée transparente pour bien montrer les vaisseaux qui cheminent sur la face profonde. — 2, coupe horizontale de cette paroi, avec 2’. muscle grand droit de l’abdomen. — 3, ombilic. — 4, cordon fibreux, reliquat (chez l’adulte) de la veine ombilicale. — 3, 5’, veines épigastriques gauches et droites. — 6, veine porte, avec 6’ et 6”, ses deux branches de bifurcation constituant le sinus de la veine porte. — 7, veine parombilicale droite. — 8, veine de Burow pénétrant dans l’axe du cordon fibreux ombilical pour aboutir à la branche de bifurcation gauche de la veine porte. — 9, canal veineux.

ANGEIOLOGIE

neuf dixièmes des cas par conséquent) quai existe un plexus mettant en communication, sur les côtés de l’ombilic, les radicules des veines parombilicales avec celles des veines épigastriques et, aussi, avec le bouquet terminal de ces veines qui, sous le nom de veines ombilic o-vésicales, forment un riche réseau dans Taire du triangle ombiliro-vésical.

De son côté. Joris {Bull, de V Acad. roy. de médec.ine de Belgique, 1903), sans citer les recherches de Mériel, qui lui auront certainement échappé, a constaté, lui aussi, la présence, au centre du ligament rond du foie, d'une petite veine, qu’il considère, non pas comme un canal de néo formation, comme le pensait Wertheimer, mais comme un reliquat de la veine ombilicale, disons mieux, comme la veine ombilicale elle-même considérablement réduite, fortement atrophiée. De fait, elle mesure de 1 à o millimètres de diamètre seulement. Quant à sa fréquence, Joris Ta rencontrée, avec des dimensions variables, 34 fois sur 41 sujets examinés. Outre ce vaisseau veineux qui occupe Taxe du ligament rond, Joris en a observé deux autres, savoir : 1° à droite du ligament rond, une petite veine qui tire son origine à la fois des ramifications de la veine épigastrique droite et du réseau ombilico-vésical, chemine le long du bord droit du ligament et va se jeter dans le sinus de la veine porte ; c'est la veine y ar ombilicale droite, que Joris considère comme étant le représentant de la veine ombilicale droite de Tembryon (voy. p. 362) ; 2» à gauche de ce même ligament, une autre veine, également toute petite, naissant comme la précédente des rameaux de la veine épigastrique et des veinules ombilico-vésicales, longeant quelque temps le bord gauche du ligament et. finalement, pénétrant dans le ligament lui-même pour s’ouvrir dans la veine ombilicale ou du moins dans la veine qui la représente, c’est la veine de Burow. Il convient d'ajouter que, sur certains sujets, cette veine de Burow, au lieu de s’ouvrir dans la veine ombilicale, vient se jeter directement dans le sinus porte, constituant alors une veine parombilicale gauche: veine de Burow et veine parombilicale gauche se rapportent Tune et Tautre à une même veine, qui aboutit à la veine ombilicale dans le premier cas, au sinus porte dans le second.

Comme on le voit, les résultats des recherches précitées, sans être absolument identiques, sont suffisamment concordants pour nous permettre de retenir les faits suivants : a) La veine ombilicale, après la naissance, ne s’oblitère pas entièrement ; elle reste perméable dans une partie de son étendue, pour spécifier, depuis le point où elle reçoit sa première collatérale jusqu’à son abouchement dans le sinus porte ;

[i) Il existe, à droite et à gauche du cordon fibreux qui remplace l’ombilicale chez l’adulte (ligament rond du foie), deux petites veines qui Tune et Tautre prennent naissance dans la paroi abdominale, de chaque côté de Tombilic; ce sont : 1» jiour le côté droit, la veine parombilicale droite, qui vient se jeter dans le sinus de la veine porte ; 2° pour le côté gauche, la veine de Burow, qui. elle, vient s’ouvrir dans la veine ombilicale, à 5 ou 6 centimètres en arrière du sinus porte ; cette veine peut quelquefois se prolonger, comme la précédente, jusqu’au sinus porte, changeant alors de nom pour devenir la veine parombilicale gauche ; grâce à ces veines, une partie du sang veineux de la paroi abdominale antérieure et même de la vessie se rend, directement ou indirectement, au sinus de la veine porte et, de là, au foie ;

y) Les radicules de s deux veines- en (question, parombilicale droite et veine de Burow, s'anastomosent largement, sur la paroi abdominale, d’une part avec les rameaux d’origine des veines épigastriques, d’autre part, avec le réseau veineux qui s’étend depuis Tombilic jusqu’à la vessie. On comprend, sans que nous ayons besoin d’insister, tout l’intérêt de pareilles anastomoses jetées entre la veine porte d’une part et, d'autre part, le réseau de l'épigastrique et le réseau vésical, anastomoses toutes petites, insignifiantes peut-être à l’état normal, mais pouvant, à l'état pathologique (cirrhose du foie, thromboses de la veine cave inférieure) et suivant les besoins, se développer et devenir alors une voie collatérale importante.

Page 1