‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 83 sur 166 · GRANDE VEINE LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

GRANDE VEINE LYMPHATIQUE

B. Affluents collatéraux. — Au-dessus de la citerne de Pecquet, le canal thoracique reçoit encore un certain nombre d’affluents, dits collatéraux. — Dans son passage à travers le thorax, il ne reçoit que deux ou trois vaisseaux lymphatiques, ordinairement peu importants, provenant du foie, des premiers espaces intercostaux et des ganglions du médiastin postérieur. — Enfin, à sa terminaison, il reçoit : 1° les lymphatiques de la moitié gauche de la tête et du cou; les lymphatiques du membre supérieur gauche ; 3° les lymphatiques du poumon gauche et du cœur ; 4° les lymphatiques de la moitié gauche des parois thoraciques, à l’exception des lymphatiques intercostaux, qui se jettent, comme nous l’avons déjà vu, dans la citerne de Pecquet.

Variétés. — Le canal thoracique se bifurque parfois en deux branches, qui peuvent s’ouvrir isolément dans les troncs veineux du cou; mais le plus souvent ces deux branches se réunissent de nouveau, interceptant entre elles un espace ovalaire plus ou moins étendu {insula de IIalleu), Ces insulæ ou espaces circonscrits par les deux branches de bifurcation du canal thoracique qui se réunissent plus loin, sont très fréquentes sur la portion thoracique du canal ; mais elles sont aussi très variables dans leur forme, leurs dimensions, leur nombre. — Breschet a signalé l’existence, entre les deux branches du canal thoracique bifurqué, de une ou plusieurs anastomoses transversales. — Il se résolvait en un vrai plexus au niveau de la 6® vertèbre dorsale, dans un cas de Theilê. — Il a été vu double dans toute son étendue par Soemmering et Otto. triple par Gruikshank. — Albinus et Wurtzer [Milliers Arch., 1884, p. 311) l’ont vu s’ouvrir dans la veine azygos. — On l’a vu : 1° s’ouvrir à la fois, après bifurcation, dans la sous-clavière du côté gauche et dans la sous-clavière du côté droit ; 2® s’ouvrir à la fois, après bifurcation, dans la sous-clavière et dans la jugulaire interne du côté gauche ; 3® s’ouvrir à la fois, après bifurcation, dans la sous-clavière, dans la jugulaire et dans la vertébrale du côté gauche. Dans un cas de Verneuil, le canal thoracique se divisait, à sa terminaison, en cinq branches, dont deux se rendaient à la sous-clavière, deux à la jugulaire, la cinquième à la vertébrale. — Par suite d’une inversion, on a rencontré le canal thoracique à droite et la grande veine à gauche. — Dans ce cas, il peut y avoir, suivant les sujets, transposition concomitante des viscères, transposition de la crosse aortique seulement, ou bien disposition normale de l’aorte et des troncs sus-aortiques. — Dans un cas signalé par Galori [Mem. délia Accad. di Bologna, 1890), cette inversion du canal thoracique coexistait avec une anomalie d’origine de l’artère sous-clavière droite, qui se détachait de l’aorte à gauche de la ligne médiane et passait ensuite en arrière de l’œsophage pour se porter dans la région sus-claviculaire du côté droit — Trois fois Sappey a vu le canal thoracique entièrement dépourvu de valvules ; la valvule ostiale elle-même se trouvait réduite à quelques filaments allant d’une paroi à l’autre.

La plupart des anomalies ci-dessus indiquées se retrouvent normalement chez quelques mammifères. G’est ainsi que la duplicité du canal thoracique s’observe le plus souvent chez le cheval ; les deux canaux ne se réunissent ordinairement qu’à la base du cœur (Golin). — Ghez le dauphin, Guvier a vu le canal thoracique se bifurquer en avant, pour déboucher dans la veine jugulaire par deux orifices distincts. — Ghez le bœuf (Golin), le canal thoracique est rarement simple dans toute son étendue ; il se bifurque généralement vers la base du cœur et, quelquefois même, son extrémité antérieure se dispose en un véritable plexus. — Hodgkin signale de même la disposition plexiforme du canal thoracique chez le Macropus Parryi de l’ordre des Marsupiaux. — Ghez le porc (Panizza), le canal thoracique s’ouvre quelquefois dans la veine azygos.

Gonsulter, au sujet des variations du canal thoracique chez l’homme et chez les animaux : Haller, Elemenla phy.siologiæ, t. VU; — Breschet, Le système lymphatique, etc., Paris, 1836; — Todd, Art. Lymphatic System de la Gyclopædia ol Anat. and PhysioL, t. 111; — Golin, Physiologie comparée des animaux domestiques, t. II, Paris, 1871 ; — Pensa. Osserv. sulla morfol. délia cisterna chili e del ductus thoncicus, nelVuomo ed in altri mammiferi, Boll. d. Soc. med. chir. di Pavia, 1908.

§ II. — Grande veine lymphathique

La grande veine lymphatique (fig. 307, 13 et 321, 2), située du côté droit, est le rendez-vous de tous les vaisseaux lymphatiques, qui ne sont pas tributaires du canal thoracique. Elle est située à la partie antéro-latérale de la base du cou, entre la jugulaire interne et la sous-clavière. Sur ce point convergent pour la former : l"* Le tronc ou les troncs sous-claviers, résumant la circulation lympha-

ANGEIOLOGIE

tique, tant superficielle que profonde du membre supérieur droit (voy. p. 411).

Le tronc ou les troncs jugulaires, provenant des ganglions cervicaux profonds et résumant la circulation de la moitié droite de la tête et du cou (voy. p. 402 et 405).

3° Le tronc ou les troncs broncho-médiastinaux, provenant de la chaîne ganglionnaire mammaire interne, des différentes viscères thoraciques et des premiers espaces intercostaux du côté droit, résumant en un mot toute la circulation lymphatique de la moitié droite du thorax, à l’exception des lymphatiques intercos-

Quelques variétés d'abouchement de la veine lymphatique.

1, tronc brachio-céphalique droit. — 2, veine sous-clavière. — .3, veine jugulaire interne. — 4, tronc lymphatique jugulaire. — 5, tronc sous clavier. — G, tronc broncho-médiastinal — 7, grande veine lympliatique.

(On voit que, dans la figure A seulement, la veine lymphati(iue est régulièrement constituée ; dans la lig. B elle reçoit seulement les deux troncs jugulaire et sous-clavier, le tronc broncl.o-médiaslinal s’ouvrant isolément; dans la tig. C, la veine n'existe pas, les li’ois troncs constitutifs s’abouchant individuellement dans la veine sous-clavière.)

taux inférieurs qui aboutissent, par un tronc descendant, à la citerne de Pecquet (voy. p. 383).

Ainsi constituée, la grande veine lymphatique se dirige obliquement en bas et en dedans et vient s’ouvrir dans l’angle de réunion des veinesjugulaires internes et sous-clavière du coté droit (fig. 321, 2). Elle représente assez exactement, comme on le voit, le crochet terminal du canal thoracique. Sa longueur est, en moyenne, de 8 à 15 millimètres.

Variétés. — Les troncs d’origine de la grande veine lymphatique sont très variables en nombre. Mais ils le sont aussi par leur mode de terminaison (fig. 310) : au lieu de se réunir en un tronc commun pour former la veine lymphatique, comme l'indique notre description (disposition qui est relativement fort rare), ils peuvent s’ouvrir isolément dans la veine sous-clavière, dans la veine jugulaire interne ou même dans le tronc veineux brachio-céphalique. Il existe sur ce point des particularités individuelles, variant pour ainsi dire sur chaque sujet. Ces observations s'appliquent encore, bien entendu, aux troncs lymphatiques similaires du côté gauche, qui se jettent d’ordinaire dans le crochet du canal lymphatique.

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