‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 82 sur 166 · CANAL THORACIQUE · texte numérisé non relu

CANAL THORACIQUE

autres que celles qui sont établies par le canal thoracique et la grande veine lymphatique.

Le canal thoracique, vu sur une coupe transversale passant entre la quatrième et la cinquième dorsale.

1, disque intervertébral séparant la quatrième dorsale de la cinquième. — 2, canal thoracique. — 3, œsophage. — 4, trachée, coupée au niveau de sa bifurcation. — 5, aorte. — 6, crosse de la grande azygos. — 7, petite azygos. — 8, poumon droit. — 9, poumon gauche. — 10, tissu cellulaire du médiastin postérieur.

3“ Rapports. — Le canal thoracique occupe successivement l’abdomen, le thorax et le cou. Nous pouvons donc au point de vue rapports, lui distinguer trois portions : portion abdominale, une

portion thoracique et une portion cereicale.

a. Portion abdominale . — La portion abdominale, représentée pour ainsi dire par le réservoir de Pecquet, est fort courte ; elle s’étend ordinairement depuis le bord supérieur de la deuxième lombaire jusqu’à la onzième vertèbre dorsale.

Elle répond : 1° en arrière, aux corps vertébraux de la première lombaire et de la douzième dorsale ;

2° en avant, à l’aorte abdominale, le plus souvent au côté droit de cette artère ; 3"^ à droite , au pilier droit du diaphragme, qui le sépare du grand sympathique droit et de la veine lombaire ascendante (origine de la grande azygos) ; 4° à gauche, au tissu cellulaire rétro-aortique et au pilier gauche du diaphragme.

b. Portion thoracique. — Dans le thorax, le canal thoracique occupe dans toute son étendue le médiastin postérieur. — En arrière, il repose sur les corps vertébraux , ayant à sa gauche l’aorte descendant^ et, à sa droite, la grande veine azygos d’abord, puis le tronc commun des veines intercostales supérieures droites : rappelons, en passant, que Wendel (1898) a signalé des voies dérivatrices allant du canal thoracique aux veines azygos. Sur la colonne vertébrale, il croise successivement les artères intercostales droites; il croise aussi, au niveau de la cinquième ou de la sixième dorsale (fig. 307, 12), le crochet terminal de la petite azygos et, au-dessus de lui, le tronc commun des veines intercostales supérieures gauches (dans les cas du moins où ce tronc vient s'ouvrir directement dans la grande azygos). — En avant, le canal thoracique est en rapport avec l’œsophage. Dans sa partie inférieure, jusqu’à la quatrième dor-

Fig. 309.

La crosse du canal thoracique, vue antérieure.

1, artère sous-clavière gauche. — 2, carotide primitive gauche. — 3, veine sous-clavière. — 4, jugulaire interne. — 4’. jugulaire externe. — 5, crosse du canal thoracique. — 6, première côte. — 7, scalène antérieur. — 8 , trachée-artère. — 9, œsophage.—10, pneumogastrique.— 11, ganglion cervical inférieur du grand sympathique. — 12, poumon gauche. — 13, nerf phrénique. — 14, artère vertébrale. — 13, thyroïdienne inférieure.— 16. scapulaire postérieur. — 17, scapulaire supérieure.

ANGEIOLOGIE

sale environ, il répond à la face postérieure de ce dernier conduit ; autrement dit il est recouvert par lui. Au niveau de la quatrième dorsale, il s’en dégage pour s’infléchir à gauche, et croise alors successivement la partie la plus reculée de la crosse aortique et la portion initiale de l’artère sous-clavière gauche. C’est en longeant le côté interne de ce dernier vaisseau, qu’il arrive à la région du cou.

c. Portion cervicale. — Dans sa portion cervicale, le canal thoracique, ainsi que nous l’avons dit plus haut, a la forme d’une crosse à concavité inférieure. — Par sa concavité, elle embrasse l’artère sous-clavière au moment où cette artère, d’ascendante qu’elle était, devient transversale. — Par sa convexité, elle est en rapport avec le tissu cellulo-graisseuK de la région sus-claviculaire. — Son côté externe, ou m\Q\xn postéro-externe , est successivement en rapport, en allant d’avant en arrière, avec le col de la première côte, le ganglion cervical inférieur du grand sympathique, l’origine de l’artère vertébrale et la veine de même nom, le nerf phrénique. — Son côté interne enfin, ou mieux antéro-interne, croise transversalement le paquet vasculo-nerveux du cou, c’est-à-dire la carotide primitive, la jugulaire interne et le pneumogastrique, qui chemine entre les deux.

4° Valvules du canal thoracique. — Le canal thoracique, différant en cela des autres troncs lymphatiques, ne présente que des valvules fort rares et presque toujours incomplètes. Il en existe constamment deux au niveau de son abouchement dans la sous-clavière. Ces deux valvules, valvules ostiales, s’ouvrent naturellement dans le sens de la direction suivie par la lymphe et, comme elles sont complètes, elles s’opposent à tout reflux du sang veineux de la sous-clavière dans le canal thoracique.

5® Affluents. — Nous les diviserons en deux groupes: 1° affluents d'origine-,

affluents collatéraux.

A. Affluents d’origine. — Cinq troncs lymphatiques se donnent rendez-vous audevant des premières vertèbres lombaires pour former par leur réunion le canal thoracique savoir :

1° Deux troncs ascendants, l’un droit, l’autre gauthe, résumant, chacun pour la moitié qui lui correspond, la circulation lymphatique des membres inférieurs, du bassin, des testicules, des reins et du gros intestin ;

2° Deux troncs descendants, l’un droit, l’autre gauche, résumant la circulation lymphatique des huit ou neuf derniers espaces intercostaux et de la partie postérieure du diaphragme ;

3° Un tronc antérieur, enfin, résumant la circulation lymphatique (y compris les chylifères) de l’intestin grêle, de l’estomac, du foie et de la rate (voy. Appareil digestif).

Ces cinq troncs d’origine du canal thoracique, convergeant vers la partie supérieure de la colonne lombaire, viennent s’ouvrir dans la citerne de Pecquet ou tout au moins dans son voisinage. Le mode d’abouchement des cinq troncs précités dans la citerne de Pecquet est extrêmement variable. La disposition la plus commune me paraît être celle-ci : les deux troncs descendants s’ouvrent à la base du réservoir du chyle, l’un à droite, l’autre à gauche ; le tronc antérieur s’ouvre également à la base du réservoir, mais à sa partie moyenne, entre les deux troncs précédents; quant aux deux troncs descendants, ils aboutissent, après avoir traversé le diaphragme, à la partie supérieure du réservoir, parfois au canal thoracique proprement dit.

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