‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 107 sur 176 · ARTICULATIONS DES DEUX OS DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DES DEUX OS DE LA JAMBE

rieur du tibia; puis, s’infléchissant en dedans pour devenir horizontal, il longe ce rebord postérieur et s’y insère. On peut le suivre, dans la plupart des cas, jusqu’au voisinage de la malléole interne. Ce faisceau (fig. 588,6), d’un blanc nacré, remarquable par son épaisseur et sa résistance, constitue le de quelques auteurs (Quain, Morius). 11 agrandit, en arrière, la mortaise tibio-péronière et prend part ainsi à la constitution de l’articulation tibio-tarsienne.

. c. Ligament inlerosseux. — Le ligament inlerosseux (fig. 593), interposé aux deux os comme son nom l’indique, est situé à la partie supérieure de l'articulation. 11 se compose d’un ensemble de faisceaux, à la fois très courts et très résistants, r|ui se portent obliquement du péroné au tibia. Ces faisceaux sont continués, à leur extrémité supérieure, par le ligament interosseux de la jambe.

S'" Synoviale. — La synoviale de l’articulation péronéo-tibiale inférieure est un simple prolongement de la synoviale tibio-tarsienne (comme on peut le voir sur la ligure 593, 2, qui représente une coupe frontale de la jambe et du pied). Ce prolongement s’insinue entre les deux os dans une étendue verticale de 5 ou 6 millimètres seulement.

A la synoviale péronéo-tibiale inférieure se trouve annexée une grosse frange que l’on voit très nettement quand on regarde par en bas la mortaise tibio-péronière (fig. 588, 9). Cette frange synoviale, de coloration jaunâtre ou rougeâtre, plus large en arrière qu’en avant, occupe les trois quarts postérieurs de l’interligne articulaire. D’autre part, elle adhère au péroné, et l’interligne précité se trouve ainsi situé entre elle et le tibia. Très mobile, la frange péronéo-tibiale remonte dans l’articulation toutes les fois que l’on écarte le péroné du tibia et fait de nouveau saillie quand le péroné revient à sa position de repos.

4^ Rapports. — • L’articulation péronéo-tibiale inférieure répond : L à sa partie antérieure, a l’extenseur commun des orteils et plus particulièrement au péronier antérieur; 2° à sa partie postérieure, aux tendons accolés des deux péroniers latéraux et, médiatement, au nerf saphène externe et à la veine de même nom, qui contournent la malléole sur un plan plus superficiel.

5^ Artères et nerfs. — Les artères destinées à l’articulation péronéo-tibiale inférieure sont fournies par la péronière antérieure et par la péronière postérieure. A ces rameaux péroniers vient se joindre assez souvent un petit rameau issu de la tibiale antérieure ou de la malléolaire externe. — ■ Les nerfs proviennent de la même source que ceux qui se rendent à l’articulation du cou-de-pied.

Mouvements. — L’articulation péronéo-tibiale inférieure, comme la supérieure, est peu mobile. Les principaux mouvements qu'elle nous présente, les seu's peut-être, consistent en des déplacements principaux du péroné qui, alternativement, s’écarte du tibia et s’en rapproche. Ces déplacements sont liés aux mouvements de llexion et d’extension du pied et sont déterminés, non pas par des muscles spéciaux, mais par l’astragale lui-même de la façon suivante.

Nous savons que l’astragale est plus large à sa partie antérieure qu’à sa partie postérieure : il en résulte naturellement que, dans les mouvemtmts de flexion du pied, il s'introduit comme lui coin entre les deux malléoles, aatiement dit, apporte dans la mortaise tibio-péronière une partie qui S’élargit graduellement au fur et à mesure que la face dorsale du pied se rapproche de la jambe. Dès lors, si nous supposons (ce qui est vrai, du reste) qu'au début de la llexion la mortaise tibiopéronière est entièrement comblée par son tenon astragalien, il faut de toute nécessité que la mortaise s’élargisse au fur et à mesure que s’accomplit la llexion du pied et que la largeur du tenon augmente. Eh bien, cet élargissement graduel de la mortaise s’obtient par le déplacement en, dehors de l'extrémité inférieure du péroné : cette extrémité' Inférieure s’écarte du tibia sous l’action du tenon astragalien c[ui la repousse; en même temps, les deux ligaments antérieur et postérieur se tendent et la frange adipeuse, décrite plus haut, remonte dans l’articulation pour combler l’espace résultant de récartement des deux surfaces articulaires.

Lorsque ensuite le pied passe de la flexion à l'extension, les phénomènes inverses se produisent:

AIU UROLOGIE

l’astragale, offrant à la mortaise une partie de plus en plus étroite, l'extrémité inférieure du péroné se rapproche peu à peu de sa facette tibiale et, de nouveau, s’applique contre elle: do leur côté, les ligaments, tendus par la üexion, se relâchent et la frange synoviale, chassée en bas par l’application réciproque des deux surfaces articulaires, vient de nouveau faire saillie dans l’articulation tibio-tarsienne. Nous verrons, dans le paragraphe suivant, qu’elle repose alors sur une facette triangulaire, située à la partie postérieure du rebord externe de la poulie astragalienne.

G. — Ligament interosseux de.ua jambe

Gomme les deux os de l’avant-brcTS, les deux os de la jambe, articulés par leurs deux extrémités, sont séparés à leur partie moj'enne par un intervalle de forme ovalaire, appelé espace interosseux. A l’état frais, cet espace se trouve comblé par une membrane fibreuse, à laquelle on donne indistinctement le nom de membrane interosseuse ou celui de ligament inter osseux de la jambe.

Ce ligament s’insère, en dedans, sur le bord externe du tibia, en dehors, à la crête longitudinale {crête interosseuse) que l’on voit sur la face interne du péroné.

Le ligament interosseux de la jambe, comme celui de l’avant-bras, nous offre à considérer deux faces et deux extrémités. — Sur sa face postérieure viennent s’insérer deux muscles : le jambier postérieur et le fléchisseur péronier des orteils. — Sa face antérieure donne, de même, insertion aux muscles jambier antérieur, extenseur commun des orteils et extenseur propre du gros orteil. — Son extrémité supérieure nous présente un large orifice, à travers lequel passe l’artère tibiale antérieure. Cet orifice, comme nous le montre la figure 587, est limité . en dehors, par le péroné ; en bas, par le bord supérieur, falciforme, du ligament interosseux; en dedans et en haut, par un faisceau ascendant de ce même ligament interosseux, qui longe d’abord le bord externe du tibia, puis s’infléchit en dehors pour venir se fixer sur la tête du péroné. — Son extrémité inférieure est également percée d’un trou, mais d’un trou beaucoup plus petit, pour le passage de l’artère péronière antérieure (fig. 587).

Envisagée au point de vue de sa constitution anatomique, la membrane interosseuse de la jambe est formée en majeure partie par des faisceaux fibreux, qui se dirigent obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, du tibia vers le péroné par conséquent. Sur sa face postérieure, se voient, en outre, quelques faisceaux dirigés en sens inverse et croisant les précédents sous des angles divers.

§ V. — Articulation du cou-de-pied ou tibio-tarsienne

L’articulation du cou-de-pied ou articulation tibio-tarsienne (allem. Knôchelgelenk, angl. Ankle-joint), qui réunit le pied à la jambe, appartient au genre des articulations trocliléennes. Trois os contribuent à la former : du côté de la jambe, le tibia et le péroné ; du côté du pied, le premier os du tarse, X astragale .

1° Surfaces articulaires. — Des deux surfaces articulaires de l’articulation tibiotarsienne, l’une appartient aux deux os de la jambe, l’autre au pied :

aj Du côté du pied, la face supérieure de l’astragale, convexe dans le sens antéropostérieur, concave transversalement, nous présente une véritable poulie, avec ses divers éléments : 1° une gorge, se dirigeant, comme l’axe du pied, d’avant en arrière et un peu de dehors en dedans; 2*^ deux versants inégaux, l’un interne plus étroit, l’autre externe plus large, s’inclinant tous les deux vers la gorge ; 3*^ un bord interne, demi circulaire, arrondi et mousse ; ¥ un bord externe, également demi-

ARTICULATION DU COU-DE-PIED

circulaire, 'plus élevé que le précédent, plus tranchant et par conséquent plus accusé, s’élargissant à sa partie postérieure pour former une sorte de facette triangulaire très visible sur la figure 588 (9'). La poulie astragalienne est plus longue que large. D’autre part, sa largeur va en diminuant de sa partie antérieure à sa partie postérieure : cette largeur, qui mesure en avant 28 à 32 millimètres, n’est plus en arrière que de 23 à 26 millimètres. L’arc, décrit par la gorge trochléenne, représente environ le tiers d’une circonférence de 20 à 25 millimètres de rayon.

La surface articulaire de la poulie astragalienne se continue, sur les côtés, avec deux autres facettes, cellesci orientées dans le sens sagittal, qui occupent, l’une la face interne, l’autre la face externe de Taslragale.

De ces deux facettes latérales, l’externe, concave de haut en bas, a la forme d'un triangle à base supérieure ; l’interne, un peu moins élevée que l’externe et allongée surtout d’avant en arrière, revêt la forme d’une virgule dont la tête serait dirigée en avant.

A l’état frais , la poulie astragalienne et les deux facettes latérales qui lui font suite sont revêtues, dans toute leur étendue, par une couche de cartilage hyalin.

Sur la poulie, cette couche cartilagineuse présente sa plus grande épaisseur au niveau de la gorge et sur le versant interne, où elle

Fig. 588.

Les surfaces articulaires de Tarticulation tibio-tarsienne (côté droit), avec leur collerette capsulaire.

(L’articulation, préalablement injectée au suif et desséchée, a été ouverte à sa partie antérieure et débarrassée de la matière à injection : puis, la jambe a été fortement renversée en arrière.)

A, tibia, malléole interne. — B, péroné, malléole extei’ne. — C, astragale, avec sa poulie et ses deux facettes latérales. — D, tète du même os, avec son revêtement cartilagineux.

1, capsule articulaire, avec 1’, sa ligne d'insertion osseuse. — 2, 2’, couche superficielle et couche profonde du ligament latéral interne. — 3, ligament péronéo-astragalien antérieur. — 4, ligament péronéo-calcanéum. — 5, ligament péronéo-astragalien postérieur, avec 5', son faisceau ascendant ou tibial. — 6, ligament postérieur de l’articulation péronéo-tibiale inférieure. — 7, ligament antérieur de cette même articulation, — 8, interligne péronéo-tibial. — 9, grosse frange sjmoviale, avec 9’, la facette ti'iangulaire qui lui correspond sur l’astragale.

mesure deux millimètres ; son épaisseur, sur le versant externe, n’est que de |mm 5 coupe sagittale, passant par la gorge de la poulie (fig. 595), le

revêtement cartilagineux, très épais à sa partie moyenne, puis s’atténuant graduel lerhent vers ses deux extrémités pour finir en une sorte de pointe, revêt dans son ensemble la forme d’un croissant dont la concavité répond au tissu osseux.

P) Du colé de la jambe, le tibia et le péroné, solidement articulés entre eux (voy. p. 638) îovmQwi une sorte de mortaise, dont la paroi supérieure est constituée par

ARTHROLOGIE

le tibia, les deux parois latérales par les malléoles. — La partie supérieure de la yyiortaise représente une surface quadrilatère, un peu plus large à sa partie antérieure qu’à sa partie postérieure, concave d’avant en arrière, convexe au contraire dans le sens transversal. Destinée à s’articuler avec la poulie astragalienne, elle nous présente en effet, comme nous l’avons déjà vu en ostéologie (p. 367) : à sa

partie moyenne, une crête antéro-postérieure mousse, qui répond à la gorge de la poulie; de chaque côté de cette crête, deux surfaces légèrement concaves, qui se moulent exactement sur les versants correspondants de cette même poulie. — Quant aux deux malléoles, elles présentent chacune, sur cette partie de leur pourtour qui regarde l’articulation, une facette articulaire à direction verticale : la facette de la malléole interne, à peu près plane, allongée d’avant en arrière, a la forme d’un triangle à base antérieure; la facette de la malléole externe, beaucoup plus haute que la précédente, convexe de haut en has, revêt, elle aussi, la forme d’un triangle, mais d’un triangle à sommet inférieur. Du reste, les deux facettes malléolaires se continuent, en haut, avec la paroi supérieure de la mortaise, en formant avec cette dernière un angle dièdre, qui est en moyenne de 95*^ pour la facette interne, de pour l’externe (fig. 593). Ces deux facettes, sur le squelette monté, répondent aux deux facettes latérales de l’astragale.

Nous avons vu plus haut que la paroi supérieure de la mortaise tihio-péronière était concave d’avant en arrière pour s’adapter à la poulie astragalienne. Elle appartient, comme cette dernière, à une cii'conférence de 20 à 30 millimètres de rayon et présente environ le quart ou seulement le cinquième de cette circonférence. Si l’on veut bien se rappeler maintenant que l’arc décrit par la poulie astragalienne en représente environ le tiers, on en conclura que la mortaise tibio-péronière est moins étendue dans le sens sagittal que la poulie sous-jacente et, comme corollaire, qu’il y a toujours, quelle que soit l’attitude du pied sur la jambe, une partie de cette poulie qui n’est pas en contact avec le tibia ( voy. fig. 595).

Nous ferons remarquer encore que la surface articulaire supérieure appartient à un cercle dont le rayon est un peu plus grand que celui de la surface inférieure. Il en résulté que, dans la position normale, le sujet étant debout, un petit intervalle angulaire, rempli par la synovie, sépare en avant et en arrière les deux surfaces articulaires ffig. 595, A). Si l’on met le pied dans la flexion (fig. 595, G), les deux courbes tibiale et astragalienne se superposent à leur partie antérieure , tandis qu’à leur partie postérieure, l’intervalle angulaire précité persiste en s’agrandissant. Lorsque au contraire on amène le pied dans l’extension (fig. 595, B), les deux surfaces concordent exactement dans toute leur étendue. Tout cela nous indique nettement que la courbe suivant laquelle se développent les surfaces articulaires, ne représente pas un arc de cercle régulier, mais est réellement constituée par la réunion de plusieurs arcs de cercle de rayons différents.

A l’état frais, une couche de cartilage hyalin recouvre dans toute son étendue la mortaise tibio-péronière. Son épaisseur mesure, en moyenne, 2 millimètres sur le tibia, l millimètre ou l millimètre et demi sur le péroné.

2*^ Moyens d’union. — La mortaise tibio-péronière et le tendon astragalien qui la comble sont maintenus en présence : 1"' par un ligament capsulaire ou capsule; 2*^ par deux ligaments latéraux, l’un interne, l’autre externe.

A. Ligament capsulaire ou capsule. — La capsule fibreuse de l’articulation tibiotarsienne revêt ici, comme dans les autres diarthroses, la forme d’un manchon, dont la circonférence supérieure s’insère sur les deux os de la jambe, la circonfé-

ARTICULATION DU COU-DE-PIED

rence inférieure sur l’astragale. L’insertion supérieure et l’insertion inférieure se font l’une et l’autre sur le pourtour des surfaces articulaires. A la partie antérieure de l’articulation cependant, la ligne d’insertion capsulaire s’éloigne toujours un peu du revêtement cartilagineux : elle en est séparée par un intervalle de 6 à 8 millimètres au niveau du bord antérieur du tibia, par un intervalle de 8 à 10 millimètres au niveau du col de l’astragale.

La capsule articulaire tibiotarsienne, très serrée en dedans et en dehors, sur les points où elle répond aux malléoles, est, au contraire, très lâche à sa partie antérieure et à sa partie postérieure. Cette disposition se voit très nettement sur des articulations injectées au suif (fig. 590 et 591.)

A sa partie postérieure, la capsule est renforcée par un certain nombre de faisceaux fibreux, verticaux ou obliques, qui s’insèrent, en haut sur le rehord postérieur de la mortaise tihio-péronière , en bas sur la face postérieure de l’astragale un peu en arrière de la surface articulaire.

A sa partie antérieure, elle est doublée de même par d’autres faisceaux qui, du rebord antérieur de la mortaise tibiopéronière, descendent sur le col de l’astragale. On rencontre assez fréquemment un faisceau à direction oblique, parfois

Fig. 589.

Articulation tibio-tarsienne du côté droit, vue postérieure (cavité articulaire injectée de suit).

A, tibia, avec A’, malléole interne. — B, péroné, avec B’, malléole externe. — C, calcanéum. — D, astragale.

1, ligament latéral interne. — 2, ligament péronéo-astragalien }>ostérieur, avec 2’, son faisceau ascendant ou tibial. — 3, ligament péronéocalcanéen. — 4, ligament interosseux de la jambe. — 5, ligament postérieur de l’articulation péronéo-tibiale inférieure. — 6, ligament calcanéoastragalieu externe. — 7, ligament calcanéo-astragalien postérieur. — 8, tendons des péroniers. — 9, tendon du jambier postérieur. — iO, tendon du fléchisseur commun des orteils. — 11, tendon du fléchisseur propre du gros orteil. — 12. plantaire grêle. — 13, tendon d’Achille, avec 13’, sa bourse séreuse. — 14, synoviale tibio-tarsienne, injectée au suif.

très fort, plus large en haut qu’en has, qui se détache de la partie antérieure de la malléole interne et, de la, se porte sur la partie externe du col de l’astragale.

Ces faisceaux de renforcement antérieurs et postérieurs sont toujours très variables par

leur nombre, leur direction, leur étendue, leur degré de différenciation : s’ils sont assez développés chez certains sujets, ils sont ordinairement très faibles, réduits même dans bien des cas à de simples tractus conjonctifs grêles et clairsemés. A ce titre, ils méritent bien peu les noms de ligament antérieur et ligament postérieur que leur donnent certains auteurs. La mortaise tibio-péronière et son tenon

ARTHROLOGIE

astragalien se trouvant solidement unis l’une à l’autre par leurs ligaments latéraux, des ligaments antérieur et postérieur ne répondaient à aucun besoin dans le mécanisme de l’articulation : aussi ne se sont-ils pas développés.

B. Ligament latéral externe. — Le ligament latéral externe (fig. 590, i), situé sur le côté externe de l’articulation, comprend trois faisceaux entièrement indépendants, que nous distinguerons, d’après leur situation, en antérieur, moyen et postérieur. On les désigne encore, en raison de leurs insertions, sous les noms de

Fig. 590.

Articulation tibio-tarsienne du côté droit, vue externe (cavité articulaire injectée au suif).

A, tibia. — B, péroné, avec B’, malléole externe. — G, astragale. — D, scaphoïde. — E, troisième cunéiforme. — F, calcanéum. — G, cuboïde. — H, cinquième métatarsien.

1, ligament latéral externe, avec : a, son faisceau péronéo-astragalien antérieur; b, son faisceau péronéo-calcanéen ; c, son faisceau péronéo-astragalien postérieur. — 2, ligament interosseux de la jambe. — 3, 3’, ligament antérieur et ligament postérieur de l’articulation péronéo-tibiale inférieure. — 4, ligament calcanéo-astragalien externe. — 5, ligament calcanéo-astragalien interosseux. — 6. ligament en Y 'pour les autres ligaments de la face dorsale du pied, voyez la figure 600). — 7, plantaire grêle. — 8, tendon d’Achille, avec 8’, sa bourse séreuse. — 9, long péronier latéral. — 10, 10, court péronier latéral. — 11, 11’, synoviale tibio-tarsienne, injectée au suif.

ligaments péronéo-astragalien antérieur, péronéo-calcanéen et péronéo-astragalien postérieur :

a. Faisceau antérieur. — Le faisceau antérieur ou ligament péronéo-astragalien antérieur (fig. 590, a), aplati, quadrilatère, relativement mince, s’insère d’une part sur le bord antérieur de la malléole externe, d’autre part sur la face externe de l’astragale, sur cette partie de la face externe qui est placée en avant de sa facette articulaire.

b. Faisceau postérieur. — Le faisceau postérieur ou ligament péronéo-astraga-

ARTICULATION DU COU-DE-PIED

lien postérieur (fig. 590, c), rubané comme le précédent, mais beaucoup plus fort, occupe la face postérieure de l’articulation, où il est très profondément situé audessous des tendons péroniers. Il prend naissance, en dehors, dans la fossette rugueuse que présente à sa partie interne et postérieure la malléole externe. De là, il se dirige en dedans, en suivant un trajet presque horizontal, et vient se fixer sur la face postérieure de l’astragale, immédiatement au-dessous de la poulie. Ses faisceaux les plus longs s’étendent jusqu’à la lèvre externe de la gouttière qui livre

FiR. 591.

Articulation tibio-tarsienne du côté droit, vue interne (cavité articulaire injectée au suif).

A, tibia, avec A’, malléole interne. — B, péroné. — C, astragale. — D, scaphoïde. — E, premier cunéiforme. — F, calcanéum. — G, premier métatarsien.

1, ligament latéral interne ou delloïdien, avec ses différents faisceaux astragaliens, calcanéens, scaphoïdiens. — 2, ligament calcanéo-astragalien postérieur. — 3, ligament astragalo-scaphoïdien supérieur. — 4, ligament calcanéo-scaphoïdien (pour les autres ligaments de la face dorsale du pied, voyez la figure 59U). — 5, plantaire grêle. — 6, tendon d’Achille, avec 6’, sa bourse séreuse. — 7, tendon du jambier postérieur. — 8, tendon du fléchisseur commun des orteils. — 9. tendon du fléchisseur propre du gros orteil. — 10, tendon du jambier antérieur, avec sa double insertion cunéenne et métatarsienne. — 11, 11’, synoviale tibio-tarsienne, injectée au suif.

passage au tendon du fléchisseur propre du gros orteil. On voit assez fréquemment le ligament péronéo-astragalien postérieur donner naissance, par son bord supérieur et tout près de son origine, à un faisceau obliquement ascendant, qui vient se terminer, d’autre part, sur la face postérieure du tibia, à quelques millimètres en dedans de la malléole interne. Ce faisceau, que l’on voit très nettement sur la ligure 589 (2’), croise en diagonale la partie postérieure de la synoviale articulaire.

c. Faisceau moyen. — Le faisceau moyen ou ligament péronéo-calcanéen (fig. 590, à), situé entre les deux précédents, est représenté par un cordon aplati,

ARÏHROLOGIE

mesurant 3 ou 4 centimètres de long sur 4 ou 5 millimètres de large. Il s’attache en haut, au-devant du sommet de la malléole externe dans une petite échancrure que nous avons signalée en ostéologie. De là, il se porte obliquement en bas et en arrière et vient se fixer sur la face externe du calcanéum, à 13 ou 20 millimètres au-dessus et en arrière du tubercule externe de cet os. Par sa face profonde, le ligament péronéo-calcanéen répond au ligament astragalo-calcanéen externe (fig. 390,4), qui suit la même direction, mais qui le déborde un peu en avant. Superficiellement, il est croisé presque à angle droit par les tendons des deux muscles péroniers latéraux, ainsi que par la veine et le nerf saphènes externes.

C. Ligament latéral interne. — Le ligament latéral interne (fig. 391,1) occupe, comme son nom l’indique, le côté interne de l’articulation. 11 est constitué par deux couches, l’une superficielle, l’autre profonde :

a. Couche superficielle. — La couche superliciellc, désignée quelquefois sous le nom de ligament deltoïdien en raison de sa forme triangulaire (en forme de A grec), s’insère en haut sur tout le rebord inférieur de la malléole interne et tout particulièrement dans la fossette rugueuse que présente ce bord à sa partie moyenne.

De là, les fibres qui les constituent descendent vers le tarse en s’irradiant à la

manière d’un large éventail , dont la base mesure 3 ou 6 centimètres de longueur. Elles se terminent de la façon suivante : 1° les fibres postérieures, obliques en bas et en arrière, viennent s’attacher sur ce gros tubercule qui se dresse à la partie la plus reculée de la face interne de l’astragale, immédiatement en dedans de la gouttière du fléchisseur propre du gros orteil; 2° les fibres antérieures, obliques en bas et en avant, s’insèrent sur la partie interne du col de l’astragale et sur la face supérieure du scaphoïde ; 3® les fibres moyennes, verticalement descendantes, se fixent en grande partie sur la petite apophyse du calcanéum ; les autres, celles qui répondent à l’intervalle compris entre cette dernière apophyse et le scaphoïde, ne trouvant pas de surface osseuse pour y prendre insertion, se fusionnent avec un ligament que nous décrirons plus loin (p. 633), le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.

Le ligament deltoïdien forme un tout continu et sa division, admise par certains auteurs, en trois faisceaux distincts, faisceau antérieur, faisceau moyen et faisceau postérieur, qui seraient homologues des faisceaux homonymes du ligament latéral externe, cette division, dis-je, ne me paraît nullement justifiée parles faits.

b. Couche profonde. — La couche profonde du ligament latéral interne est entièrement masquée par la couche superficielle, sauf à sa partie postérieure, où elle déborde un peu cette dernière. Pour la mettre à découvert et prendre une notion exacte de sa forme et de sa disposition, il convient d’inciser transversalement cette dernière couche ou bien encore d’ouvrir l’articulation en divisant lon-

Fig. 692.

Gouclie profonde du ligament latéral interne de l’articulation tibio-tarsienne.

(Le tibia a été scié dans le sens sagittal et sa moitié interne a été fortement renversée en dedans pour laisser voir le ligament latéral interne par sa face articulaire.)

1, tibia, avec 1’, malléole interne. — 2, astragale, avec 2’, sa tête. — 3, capsule articulaire. — 4, couche supei’ficielle du ligament latéral interne. — 5, sa couche profonde, soulevée sur un stylet.

ARTICULATION DU COU-DE-PIED

gitudiiialement le tibia et, cette divisipn une fois faite, de jeter les yeux au-dessous de la malléole interne (fig. 592, 5). La couche profonde du ligament nous apparait alors sous la forme d’un faisceau très court, mais très volumineux et très résistant, qui va de la malléole à l’astragale. Ce faisceau s’insère, en haut, sur le sommet malléolaire, immédiatement en dedans des fibres correspondantes de la couche superficielle. De là, il se porte obliquement en bas et en dedans et vient se tixer à la face interne de l’astragale, sur toute la portion de cette face interne qui est située au-dessous de la facette articulaire. Vue en coupe horizontale (fig. 588, 2’), la couche profonde du ligament latéral interne revêt la forme d’un ovale à grand diamètre antéro-postérieur : sa longueur est de 12 millimètres, sa largeur de 6 millimètres. Un intervalle linéaire, rempli de tissu conjonctif, très visible dans la figure 593 (6), la sépare des faisceaux superficiels. J’ai vu, dans un cas, un prolongement de la synoviale s’insinuer dans la partie antérieure de cette interstice conjonctif, le parcourir dans toute son étendue et venir faire hernie à la partie postérieure de l’articulation.

3° Synoviale. — La synoviale de l’articulation tibio-tarsienne tapisse régulièrement la surface intérieure de la capsule fibreuse et, arrivée à l’insertion supérieure et inférieure de celle-ci, se réfléchit sur l'os pour se terminer exactement à la limite du revêtement cartilagineux. C’est, comme on le voit , la disposition caractéristique de toutes les synoviales articulaires.

a) En dedans, la synoviale tihio -tarsienne est bridée par le ligament latéral interne, tout particulièrement par sa couche profonde, à laquelle elle forme une gaine demi cylindrique (fig. 592, 5), faisant saillie dans la cavité articulaire.

|î) En dehors, elle est bridée, de même, parles faisceaux constitutifs du ligament latéral externe. Elle tapisse la face articulaire des deux faisceaux péronéoastragalien antérieur et péronéo -astragalien postérieur; mais elle ne présente ordinairement aucun rapport de contiguïté avec le faisceau péronéo-calcanéen, qui, de ce fait, se trouve entièrement en dehors de l’articulation . On rencontre assez fréquemment un petit prolongement de la synoviale (fig. 589) dans l’angle que forment, en s’écartant l’un de l’autre, le ligament péronéo-calcanéen et le ligament péronéo-astragalien postérieur.

y) En avant, la synoviale tibio-tarsienne est très lâche et se laisse facilement distendre. Après une injection au suif de la cavité articulaire, elle se projette en avant sous la forme d’un bourrelet transversal, connu sous le nom de cul-de-sac antérieur de la synoviale (fig. 591, il) : sa surface est irrégulière et plus ou moins bosselée par suite de la présence des brides conjonctives ou fibreuses, signalées cidessus, qui, à ce niveau, descendent du tibia sur l’astragale.

S) En arrière, la synoviale est également très lâche et forme, entre les deux malléoles, un nouveau bourrelet transversal (fig. 589, 14) : c’est le cul-de-sac postérieur. Je l’ai toujours vu moins développé que l’antérieur. Du reste, comme ce dernier, il est irrégulièrement bosselé par suite de la présence, à sa surface, des brides ou lamelles fibreuses qui vont du tibia à la face postérieure de l’astragale. Au voisinage de la malléole externe, le cul-de-sac postérieur de la synoviale envoie presque toujours un certain nombre de petits prolongements, de 5 à 8 millimètres de longueur, qui passent, soit au-dessus, soit au-dessous du ligament péronéoastragalien postérieur, ou bien encore traversent les faisceaux constitutifs de ce ligament. Des prolongements analogues se voient, aussi, mais plus rarement, sur les autres points du cul-de-sac postérieur. Ils communiquent parfois avec les gaines

ARTHROLOGIE

séreuses des différents tendons qui croisent la face postérieure de Tarticulation notamment avec celle des péroniers.

Nous avons déjà vu plus haut (p. 639) à propos de l’articulation péronéo-tibiale inférieure, que la synoviale tibio-tarsienne envoyait un prolongement ascendant entre les deux os qui constituent cette articulation (fig 593,2). Nous rappellerons, à ce sujet, que la fente étroite qui livre passage à ce prolongement nous présente, sur sa lèvre externe ou péronière, une frange synoviale, ordinairement très développée (fig. 593, 2’), qui rentre dans l’interligne péronéo-tibial dans les mouvements de flexion du pied et en sort dans les mouvements d’extension (voy. p. 639). Cette frange, rappelons-le encore, est en rapport, quand le pied est en extension, avec cette petite surface triangulaire qui continue en arrière le bord externe de la poulie astragalienne,

4° Rapports. — L’articulation du cou-de-pied, comme son homologue au membre supérieur, l’articulation du poignet, est en rapport par sa surface extérieure avec une série de tendons qui, de la jambe, descendent vers le pied.

Nous les examinerons séparément sur la face antérieure et sur la face postérieure :

a) Sur la face antérieure, tout d’abord, nous rencontrons , successivement, en allant de dedans en dehors : \Qjam~

hier antérieur, qui, obliquant un peu en dedans, vient s’insérer sur le premier cunéiforme et le premier métatarsien ; 2® V extenseur propre du gros orteil, qui se dirige vers le premier orteil ; 3° Vextenseur commun des orteils, qui vient se terminer sur les quatre derniers orteils; 4° le péronier antérieur, qui, obliquant un peu en dehors, vient se fixer à l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien. Tous ces muscles glissent au-devant de l’articulation à l’aide de bourses séreuses que nous décrirons plus loin (voy. Myologiü: ) . Entre l’extenseur propre et l’extenseur commun cheminent le nerf tibial antérieur et V artère tibiale antérieure, flanquée de ses deux veines. Sur ses différentes formations s’étalent le ligament annulaire antérieur du tarse, le tissu cellulaire sous-cutané et enfin la peau, au-dessous de laquelle cheminent la veine saphène interne et les divisions du nerf musculo-cutané.

(sujet congelé, segment antérieur de la coupe).

A, tibia, avec A’, malléole interne. — B, péroné (malléole externe).

— C, astragale. — D, calcanéum.

1, interligne de l’articulation tibio-tarsienne. — 2, interligne péronéotibial, avec 2', frange synoviale. — 3, articulation calcanéo-astragalienne interne. — 4, articulation calcanéo-astragalienne externe . — é, 5’, couche superficielle et couche profonde du ligament latéral interne.

— 6, paquet ccllulo-adipeux séparant les deux couches. — 7, ligament calcanéo-astragalien interosseux. — 8, court péronier latéral. — 9, long péronier latéral. — 10, jambier antérieur. — 11, fléchisseur commun des orteils. — 12, fléchisseur propre du gros orteil. — 13, 13’, muscles de la région plantaire. — 14, vaisseaux plantaires. — 15, tissu cellulaire sous-cutané du talon. — 16, muscles de la région antérieure de la jambe.

ARTICULATION DU COU-DE-PIED

P) Sur la face postérieure et, en allant, comme précédemment de dedans en dehors, nous trouvons, directement appliqués contre l’articulation ; 1° \q jambier postérieur; le long fléchisseur commun des orteils; 3° V extenseur propre du gros orteil; 4° les péroniers latéaux, accolés l’un à l’autre. De ces cinq muscles, les deux derniers, s’infléchissant en avant et en dehors, se portent sur la face externe du calcanéum ; les trois autres, obliquant en dedans, gagnent la gouttière calcanéenne interne et, de là, la région plantaire. Avec les muscles fléchisseurs cheminent le nerf tibial postérieur,

Y artère tibiale postérieure et ses deux veines satellites. Tous ces muscles rétro-articulaires possèdent, comme les muscles préarticulaires , des bourses séreuses qui favorisent leur glissement ; nous les décrirons plus loin (voy. Myologie). En arrière des muscles précités, nous trouvons successivement ( fig . 594 ) l’aponévrose pro fonde , une couche fort épaisse de tissu cellulo- adipeux, le tendon d’Achille portant sur son côté interne le tendon du plantaire grêle, la veine et le nerf saphènes externes placés un peu en dehors du tendon d’Achille, l’aponévrose superficielle, le tissu cellulaire souscutané et, enfin, la peau.

5° Artères. — Toutes les artères (et elles sont nombreuses) qui cheminent sur le pourtour du cou-de-pied abandonnent des rameaux à l’articulation.

a) En avant, \di tibiale antérieure fournit deux ou trois artérioles, qui se distribuent à la partie antérieure de la capsule. De son côté, la malléo-

Coupe horizontale du cou-de-pied droit, passant par les deux malléoles (sujet congelé, segment inférieur de la coupe).

A, astragale. — B, tibia (malléole interne), avec B’, un fragment de sa partie postérieure intéressé par la coupe. — C, péroné (malléole externe).

1, jambier antérieur. — 2, extenseur propre du gros orteil. — 3, extenseur commun des orteils. — 4, péronier antérieur. — 5. jambier postérieur. — 6, fléchisseur commun des orteils. — 7, fléchisseur propre du gros orteil. — 8, plantaire grêle. — 9, tendon d’Achille. — 10,. long péronirr latéral. — 11, court péronier latéral.

a, vaisseaux et nerf tibiaux antérieui’s. — 6, vaisseaux et nert tibiaux postérieurs. — c, artère et veine malléolaires internes. — d, veine saphène interne. — e, veine saphène externe. — f, nerf saphène externe. — g, g\ branche interne et branche externe du nerf musculo-cutané. — h, aponévrose superficielle. — i, aponévrose profonde.

taire interne envoie de fins rameaux aux faisceaux antérieurs du ligament deltoïdien. La malléolaire externe et la péronière antérieure fournissent, de même, quelques rameaux à la partie antérieure et externe de l’articulation.

(i) En arrière, la tibiale postérieure, en descendant vers la région plantaire, abandonne une ou deux petites branches, qui abordent l’aiTiculation à la partie postérieure et inférieure de la malléole interne, hd. péronière postérieure, à son

ANATOMIE HUMAINE. — T. I, 6® ÉUIT.

ARTHROLOGIE

tour, fournit un rameau, qui pénètre dans l’articulation au voisinage du ligament péronéo-astragalien postérieur.

6° Nerfs. — Les nerfs destinés à l’articulation du cou-de-pied proviennent : L pour le plan antérieur, àxjiSaphène interne et de la branche de bifurcation externe du tibial antérieur; 2® pour le plan postérieur, du tibial postérieur .

Mouvements. — Envisagé au point de vue de sa mobilité sur la jambe, le pied exécute avant tout les deux mouvements fondamentaux des articulations trochléennes, la flexion et l'extension. Il possède, en outre, mais dans des conditions mécaniques toutes spéciales, des mouvements (V adduction, dé abduction, de circumduction et de rotation'.

a. Flexion et extension. — La llexion est le mouvement par lequel la face dorsale du pied se rapproche de la face antérieure delà jambe ; l’extension, celui par lequel elle s’en écarte. L’angle dièdre que forment en avant le pied et la jambe, angle qui est environ de 90» dans la station verticale, diminue dans le premier cas, augmente dans le second.

Ces deux mouvements fondamentaux de l’articulation tibio-tarsienne s’effectuent autour d'un axe transversal qui passe naturellement par le centre de courbure de la poulie astragalienne, c'est-à-dire à 20 ou 25 millimètres au-dessous du point culminant de cette poulie ou, ce qui revient

Fig. 595.

L'arliculatioii tibio-tarsienne, vue sur une coupe sagittale: A, dans la position debout; B, le pied étant dans l’extension ; C, le pied étant la flexion.

l, tibia. — 2, astragale. — 3, 3’, cul-de-sac antérieur et cul-de-sac postérieur de la synoviale tibio-tarsienne. 4, ligament calcanéo-astragalien interosseux.

au même, à 6 ou 8 millimètres au-dessus de la face inférieure de l'astragale. Il est à remarquer, cependant, que l'axe en question n’est pas exactement transversal, mais légèrement oblique de dedans en dehors et d’avant en arrière. Il en résulte que le plan dans lequel se meut le pied n’est pas tout à fait parallèle au plan médian.

Quoi qu’il en soit de cette obliquité, qui est toujours légère, la poulie astragalienne, dans les mouvements de flexion, glisse d’avant en arrière sur la mortaise tibio-péronière; les faisceaux postérieurs des ligaments latér.aux se tendent et limitent la flexion, à moins qu'ils ne soient assez extensibles pour permettre au col de l’astragale de venir heurter le rebord antérieur du tibia, auquel cas le mouvement est naturellement limité par la rencontre des deux surfaces osseuses.

Dans l’extension, la poulie astragalienne glisse encore sur la mortaise tibio-péronière, mais en sens inverse, c’est-à-dire d’arrière en avant : les faisceaux antérieurs des ligaments latéraux se tendent et 'mitent le mouvement, à moins que celui-ci se poursuive jusqu’à ce qu’arrive le contact de ' astragale avec le rebord antérieur du tibia. Nous avons déjà indiqué, à propos de l'articulation péronéo-tibiale inférieure, quel était le jeu de cette articulation dans les mouvements de flexion et d’extension du pied. Nous n’y reviendrons pas ici (voy. p. 639). En passant de la plus grande flexion à l’extension extrême, le pied décrit un arc de cercle de 70 à 8oo.

b. Adduction et abduction. — L’adduction est nn mouvement par lequel la pointe du pied (gros orteil) se porte en dedans et se rapproche de la ligne médiane; l’abduction, un mouvement par lequel elle se porte en dehors, en s’écartant de cette même ligne médiane. Dans ces deux mouvements, le pied tourne autour d’un axe vertical passant par la facette latérale externe de l’astragale. Il est à peine besoin de faire remarquer que le talon se déplace en même temps que la pointe du pied, mais en sens inverse, se portant en dehors dans l'adduction et en dedans dans l’abduction. L’arc que décrit la pointe du gros orteil, en passant de l’abduction à l’adduction, est de 3.J à 43°. L’observation sur le vivant démontre nettement que les mouvements de latéralité du pied ne sont pas isolés, mais se combinent toujours plus ou moins avec les mouvements de

ARTICULATIONS DU PIED

6ol

rotation : c’est ainsi que l’adduction s’accompagne toujours d’un mouvement de rotation en dedans et qu’à l’abduction se trouve constamment lié un mouvement plus ou moins accusé de rotation en dehors.

c. Circumduction. — La circumduction résulte, ici comme dans toutes les articulations ((ui présentent ce genre de mouvement, de l’exécution successive des quatre mouvements précédents ; lléxion, adduction, extension et abduction. Le centre de ces mouvements étant placé au niveau de l’articulation tibio-tarsienne, les deux portions du pied qui se trouvent en avant et en arrière de ce centre [portion-prétibiale et portion rétro-tibiale) engendrent chacune une sorte de cône, dont le sommet commun répond à l’astragale et dont les bases sont représentées par les cercles que décrivent, simultanément et en sens inverse, d’une part la pointe du pied, d’autre part l extrémité postérieure du talon.

d. Rotation. — La rotation du pied se fait en dedans ou en dehors. La rotation en dedans est un mouvement par lequel le bord interne du pied s’élève, dirigeant sa face plantaire vers le plan médian du corps ; la rotation en dehors, un mouvement par lequel le bord externe du pied s’élève, dirigeant en dehors cette même face plantaire. Ces deux mouvements s'elfectuent, comme on le voit, autour d’un axe antéro-postérieur.

Remarques. — Dans la description, qui précède, des mouvements que présente l’articulation tibiotarsienne, nous avons constamment supposé que la jambe restait fixe et que, seul, le pied se déplaçait. Mais il est à remarquer que ces mouvements peuvent s’accomplir suivant une modalité inverse, je veux dire par déplacement de la jambe sur un pied immobile. Le mécanisme est le même, avec cette différence que c’est la mortaise tibio-péronière qui se meut maintenant sur le tenon astragalien. Nous ferons une deu.xième remarque, c’est que, si la flexion et l’extension sont pour l’articulation tibio-tarsienne des mouvements fondamentaux, il n’en est pas de même de l’abduction, de l’adduction et de la rotation. Ces derniers mouvements, il faut bien le reconnaître, sont extrêmement limités dans l’articulation du cou-de-pied, si tant est qu ils y existent dans les conditions normales. Ils se passent surtout dans les articulations du tarse ; c’est ainsi que l’adduction et l’abduction ont pour siège à peu près exclusif l’articulation du calcanéum avec l’astragale, que les mouvements de rotation, soit en dehors, soit en dedans, s’accomplissent à la fois dans cette dernière articulation et dans l’articulation médio-tarsienne. Toutefois, comme l’articulation du cou-de-pied n’est pas complètement étrangère à ces mouvements, nous avons cru devoir dans le présent paragraphe les mentionner et les définir. Pour la même raison, nous allons indiquer pour chacun d’eux, et cela une fois pour toutes, les différents muscles qui les produisent.

Muscles moteurs. — Les muscles moteurs du pied sur la jambe se distinguent, suivant les mouvements qu’ils déterminent, en fléchisseurs, extenseurs, adducteurs et rotateurs en dedans, abducteurs et rotateurs en dehors ;

1° Fléchisseurs : le jambier antérieur, l’extenseur commun des orteils, l’extenseur propre du gros orteil.

2o Extenseurs : les jumeaux, le soléaire, le planteur grêle, le jambier postérieur, le long fléchisseur commun des orteils, le long fléchisseur du gros orteil, les péroniers latéraux.

3° Adducteurs et rotateurs en dedans : le jambier antérieur, le jambier postérieur, l’extenseur propre du gros orteil.

4° Abducteurs et rotateurs en dehors : le long péronier latéral, le court péronier latéral, l'extenseur commun des orteils.

A consulter, au sujet de l'articulation du pied avec la jambe : Aebv, Das Talotarsalgelenk des Menschen und der Primaten., Arch. f. Anat. u. Physiol., 1883: — Meyer, Studien über Mechanismus des Fusses in normalen und abnormen Verhaltnisse, Jena, 1883; — Akbüthnot-Lane, The movements of the ankle-joint, Journ. of Anat. and Physiol., 1888, vol. XXIII, p. 408 ; — Thompsox (A.), The influence O f posture on the forme of the articular surfaces of the tibia and astragalus in the different races of man and higher apes, Journ. of Anat. and Phys., t. XXIII, 1889, et Note additionnelle sur le même sujet, ibid., t. XXIV, 1890; — Donitz, Die Mechanik der Fusswurzel, Diss. Berlin, 1903 ; — Weber et Collin, Signif. d’un faisceau surnuméraire du ligament péronéocalcanéen chez l’homme, C. R. Soc. Biol., Paris, 1904.

§ VI. — Articulations intrinsèques du pied

Les articulations du pied se divisent en sept groupes, savoir : 1° l’articulation des deux os de la première rangée du tarse entre eux on articulation astragalocalcanéenne-, 2" l’articulation de la première rangée du tarse avec la seconde, ou articulation médio-tarsienne; 3^^ les articulations des cinq os de la deuxième rangée du tarse entre eux ; 4^^ les articulations du tarse avec le métatarse ou articulations tarso-métatarsiennes ; 5® les articulations des métatarsiens entre eux ou

ARTHROLOGIE

articulations interynétatarsiennes ; 6° les articulations des métatarsiens avec les phalanges ou articulations métatarso-phalangiennes ; enfin, les articulations des phalanges entre elles ou articulations interphalangiennes .

A. — Articulation astragalo-calc anéenne

L’articulation astragalo-calcanéenne, encore appelée articulation sous-astragalienne, unit la face supérieure du calcanéum à la face inférieure de l’astragale. C’est une double arthrodie.

1° Surfaces articulaires. — Chacun des deux os nous présente, ainsi que nous l’avons vu en ostéologie (p. 367 et 370), deux facettes articulaires, que l’on distingue

en antéro-interne et postéro-externe. — La facette postéro-externe (fig. 396, 1 et i’), examinée sur le calcanéum , revêt une forme ovalaire, à grand axe dirigé obliquement de dedans en dehors et d’arrière en avant : à peu près plane dans le sens antéropostérieur, elle est légèrement convexe dans le sens transversal et représente ainsi un segment de cylindre plein. Sur l’astragale, la facette postéro-externe a une forme à peu près analogue : légèrement excavée suivant son grand axe, elle représente un segment de cylindre creux, se moulant assez exactement sur le segment de cylindre plein que forme la facette calcanéenne correspondante.— hn. facette antéro-interne (fig. 596, 2 et 2’), de même forme pour les deux os, est une facette oblongue, dont le grand axe se dirige obliquement, comme pour la facette précédente, d’arrière en avant et de dedans en dehors : concave sur le calcanéum, elle est, au contraire, légèrement convexe sur l’astragale.

Sur l’astragale, comme sur le calcanéum, la facette antéro-interne et la facette postéro-externe sont séparées l’une de l’autre par une rainure profonde et fortement rugueuse, dirigée obliquement comme les facettes ellesmêmes, relativement étroite à sa partie interne, fort large au contraire à son extrémité externe : c’est la rainure astragalienne pour l’astragale, la rainure calcanéenne pour le calcanéum. Quand les deux os sont en place, la rainure astragalienne et la rainure calcanéenne forment par leur ensemble une excavation profonde, une sorte de tunnel, que l’on désigne sous le nom de creux calcanéo-aslragalien ou de smus du tarse. Grâce à cette disposition, les deux groupes de facettes articulaires précitées sont entièrement séparées l’un de l’autre et il existe réellement, entre l’astragale et le calcanéum, deux articulations distinctes, l’une postérieure, l’autre antérieure. De ces deux

Fig. 596.

L'articulation astragalo-calcanéenne ouverte, pour montrer les surfaces articulaires.

A, astragale, renversé en dehors. — B, calcanéum, en plare, avec : 1. sa facetie antéro-interne, correspondant à la facette: de l'astragale. — 2, sa facette postéro-externe, correspondant à la facette 2' de l’astragale. ^ — 3, sinus du tarse. — 4, tête de l’astragale. avec : 4’. sa zone scapho'idieniie ; 4”, sa zone en rapport avec le ligament scaplioïdien inférieur. — •3, 5”, ligament astragalo-calcanéen postérieur. — 6, ligament astragalo-calcanéen externe. — 7, 7’, ligament interosseux. — 8, ligament péronéo astragalien postérieur. — 9, ligament péronéo-ealcanéen. — 10, facetie pour le cubo'ide. — 11, scaphoïde. — 12. ligament eu Y. — 13, ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.

ARTICULATIONS DU PIED

articulations, la première est indépendante ; la seconde se confond avec l’articnlation astragalo-scaphoïdienne, que nous étudierons plus loin.

A l’état frais, les facettes articulaires de l’astragale et du calcanéum sont recouvertes dans toute leur étendue par une couche de cartilage hyalin, dont l’épaisseur mesure en moyenne 2 millimètres.

La surface articulaire antéro-interne du calcanéum est souvent divisée en deux facettes secondaires, lune postérieure, l’autre antérieure. Ces d^ux facettes, quand elles existent, sont séparées par un espace rugueux, dont les dimensions varient le plus souvent de 1 à 6 millimètres et sur lequel vient s’insérer une partie des fibres du ligament calcanéo-scaphoidien. — Les chiffres suivants nous indiquent quelle est la fréquence d’une pareille disposition : sur 21 calcanéums appartenant au pied droit, je l’ai observée 6 fois, soit une proportion de 28,5 p. 100 ; sur 29 calcanéums gauches, je l’ai notée 14 fois, soit une proportion de 48 p. 100, — La duplicité de la facette antéro-interne est donc beaucoup plus fréquente à gauche qu’à droite. — Au total, cette duplicité se rencontre 20 fois sur 50 cas, soit une proportion de 40 p. 100.

2^ Moyens d’union. — Trois ligaments maintiennent en présence l’astragale et le calcanéum : 1® un ligament inter osseux ; 2° deux ligaments périphériques^ l’un externe, l’autre postérieur.

a. Ligament calcanéo-astragalien interosseux. — Le ligament calcanéo-astragalien interosseux (fig. 593, 7 et 596, 7), le plus fort des trois, le véritable ligament de l’articulation astragalo-calcanéenne, occupe le sinus du tarse. Il se compose de faisceaux aplatis, entremêlés de graisse, qui s’étendent, les uns verticalement, les autres obliquement, de la rainure calcanéenne à la rainure astragalienne. Ces faisceaux, très courts à la partie interne du ligament, là où les deux os sont à peine écartés l’un de l’autre, s'allongent ensuite graduellement au fur et à mesure que la hauteur du sinus augmente. D’autre part, ils se disposent sur deux plans : un plan postérieur, moins développé et plus faible, qui se dresse immédiatement en avant de l’articulation calcanéo-astragalienne postérieure; un plan anté?Heur, beaucoup plus important, qui se trouve situé immédiatement en arrière de l’articulation calcanéo-astragalienne antérieure. L’intervalle qui sépare ces deux plans fibreux est comblé par de la graisse : on y rencontre assez souvent une petite bourse séreuse.

b. Ligameyit calcanéo-astragalien externe. — Le ligament calcanéo-astragalien externe (fig. 590, 4) est représenté par un faisceau, ordinairement très faible, tantôt aplati et rubané, tantôt cylindroïde, qui se porte obliquement de la face externe de l’astragale à la face externe du calcanéum. Comme nous le montre la figure précitée (fig. 590), il suit une direction à peu près parallèle à celle du ligament péronéocalcanéen de l'articulation tibio-tarsienne, lequel toutefois se trouve placé sur un plan un peu plus postérieur.

c. Ligament calcanéo-astragalien postérieur . — Le ligament calcanéo-astragalien postérieur (fig. 589, 7), aplati et mince, de forme quadrilatère, s’insère en haut, sur le tubercule qui limite en dehors la gouttière du long fléchisseur propre du pouce, en bas sur la partie correspondante de la face supérieure du calcanéum.

3® Synoviales. — L’articulation astragalo-calcanéenne possède deux synoviales distinctes ; l’une pour l’arthrodie postéro-externe, l’autre pour l’arthrodie antérointerne. La première, comme l’articulation à laquelle elle appartient, est indépendante; la seconde se confond avec la synoviale de l’articulation astragaloscaphoïdienne.

4® Artères. — Les artères de l’articulation astragalo-calcanéenne sont fournies : 1® par la tibiale postérieure et par ses deux branches de bifurcation, les artères plantaires ; 2® par la dorsale dit tarse; 3® par la péronière.

ARTHROLOGIE

5° Nerfs. — Les nerfs proviennent de deux sources : 1° de la branche externe du tibial antérieur) du tibial postérieur ou de ses branches de bifurcation.

Mouvements. — L’articulation sous-astragalienne est le siège principal des mouvements &'adduciion, d’ abduction et de rotation du pied sur la jambe ou, plus exactement, sur l’astragale intimement uni à la mortaise péronéo-tibiale. Nous avons déjà, à propos de l’articulation du coude-pied, défini ces différents mouvements (voy. p. 650).

Muscles moteurs. — Voy. p. 651.

A consulter, Morestin, Le ligament interosseux de V articulation calcanéo-astragalienne. Bull. Soc. anat., 1894, p. 1017; — Gilis. Des artic. so us-as tragaliennes, Montpellier méd.. 1904.

B. — Articulation médio-tarsienne ou articulation de chopart

L’articulation médio-tarsienne, plus connue en chirurgie sous le nom di articulation de Chopart, unit la première rangée du tarse à la deuxième rangée. Elle

s’étend transversalement du bord externe du pied à son bord interne. Quatre os la constituent :

du côté de la première rangée, V astragale et le calcanéum; du côté de la deuxième rangée, le scaphoïde et le cuboïde. Lorsque ces quatre os sont en place, l’astragale répond à la face postérieure du scaphoïde, le calcanéum à la face postérieure du .3’ euhoïde. L’articulation médio-tarsienne comprend donc deux articulations distinctes (fig. 597 j :

l’une interne ou astragalo-scaphoïdienne ; l’autre externe ou calcanéo-cuboïdienne. La première est une énarthrose ; la seconde appartient au genre des articulations par emboîtement réciproque.

Surfaces articulaires. — Les

surfaces articulaires sont naturellement bien différentes, suivant qu’on envisage l’énarthose ou l’articulation par emboîtement réciproque. Nous les examinerons séparément pour chacune de ces articulations :

Articulation médio-tarsienne du côté droit: les surfaces articulaires, avec leur collerette ligamenteuse.

(L’articulation a été ouverte sur sa face dorsale et les deux rangées osseuses qui la constituent fortement écartées l’une de l’autre).

A, astragale. — B, calcanéum. — C, scaphoïde. — D, cubo'ide.

1, 1’, portion dorsale et portion plantaire de la capsule articulaii e. — 2, ligament calcanéo-cuboïdien supérieur. — 3, 3’, faisceau cuboïdien et faisceau scaplioïdien du ligament en Y. — 4, ligament calcanéo-scaphoïdien intérieur. — 5, ligament astragalo-scaphoïdien supérieur. — 6, tendon du jambier postérieur.

A. Articulation calcanéo-cuboïdienne. — Pour l’articulation calcanéo-ciiboïdienne, la face antérieure du calcanéum nous présente une facette verticale, un peu plus haute que large, concave de haut en has et de dedans en dehors, légèrement convexe dans le sens contraire. A cette facette calcanéenne, le cuboïde oppose une surface inversement configurée, c’est-à-dire convexe de haut en bas et de dedans en dehors, concave dans l’autre sens ; son extrémité inférieure se prolonge en bas

ARTICULATIONS DU PIED

et en dedans, comme nous l’avons vu en ostéologie, sous la forme d’une saillie, plus ou moins prononcée suivant les sujets, que l’on désigne sous le nom à'apo- ■phx^he pyramidale du cuboïde.

B. Articulation astragalo-scaphoïdienne, firro-cartilage d’agrandlssement sca- PHoÏDiEN. — Pour l’articulation astragalo-scaphoïdienne, l’astragale nous présente une tête oblongue, à grand axe dirigé obliquement de haut en bas et de dehors en dedans; elle se continue en bas avec la facette antéro-interne de la face inférieure. Le scaphoïde, à son tour, nous offre sur sa face postérieure une cavité glénoïde, également oblongue et inclinée dans le même sens : cette cavité, moins étendue qu’il ne le faudrait pour recevoir la tête de l’astragale, se trouve agrandie en bas et en arrière par un fibro-cartilage, qui s’étend horizontalement du bord inférieur de la facette articulaire du scaphoïde à la petite apophyse du calcanéum.

Ce fibro-cartilage d’agrandissement, que l’on décrit d’ordinaire sous le nom de ligament calcanéoscaphoïdien inférieur, occupe tout l’intervalle qui sépare le scaphoïde de la petite apophyse du calcanéum. Il sert ainsi de trait d’union entre les deux articulations astragalo-scaphoïdienne et astragalocalcanéenne interne, lesquelles ne constituent en réalité qu’une seule et même articulation, dont les différentes parties portent des noms différents.

Gomme l’espace qu’il remplit, le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur (fig. 598, 6) revêt la forme d’un triangle. Son sommet, dirigé en dehors, répond au côté interne de la grande apophyse du calcanéum. Sa base, encore appelée bord interne, s’épaissit considérablement par suite de l’apparition à son niveau d’une couche de cartilage; rappelons en passant que, sur ce bord interne, vient se fixer un certain nombre des faisceaux moyens du ligament latéral interne de l’articulation du cou-de-pied (voy. p. 646).

Envisagé au point de vue de sa structure, le ligament calcaneo - scaphoïdien se compose de deux parties : l’une, interne, fibro-cartilagineuse ; l’autre, externe, dépourvue de cartilage et formée par des faisceaux ligamenteux d’aspect nacré et très résistants. Ces faisceaux, bien visibles surtout quand on regarde l’articulation par sa face inférieure (fig. 599, 6 et 6’) se détachent de la petite apophyse du calcanéum. De là, ils se portent en avant et en dedans, en rayonnant à la manière d’un large éventail : les antérieurs viennent se fixer à la face inférieure du scaphoïde; les autres, affectant une direction transversale, se portent vers la partie fibro-cartilagineuse du ligament calcanéo- scaphoïdien et remontent ensuite jusqu’à la malléole tibiale, en se confondant avec le ligament latéral du cou-de-pied. J’ai presque toujours rencontré, entre les faisceaux ligamenteux que je viens de décrire, une ou deux fissures, à travers lesquelles s’insinue un peloton adipeux qui va faire saillie sous la séreuse articulaire.

Fig. 598.

Articulation médio -tarsienne, vue par sa face supérieure, l’astragale étant enlevé.

I, facette postéro-externe du calcanéum.

— 2, rainure située en avant de cette facette

et donnant insertion à 3, ligament interosseiix calcanéo-astragalien — 4, facette

antéro-inteme du calcanéum. — 5, cavité glénoïde du scaphoïde. — G, ligament calcanéo-scaphoïdien, avec 6’, sa portion fibrocartilagineuse. — 7, scaphoïde. — 8, cuboïde.

— 9, ligament en Y, avec 9’, son faisceau scaphoïdien et 9 ’. son faisceau cuboïdien. — 10, tubercule externe du calcanéum. — 11, tendon du jambier postérieur, érigné en dedans.

ARTHROLOGIE

2° Moyens d’union. — Gomme moyens d’union de l’articulation médio-tarsienne, nous rencontrons : 1° des ligaments propres àl’énarthrose astragalo-scaphoïdienne; des ligaments propres de l’articulation calcanéo-cuboïdicnne ; 3" un ligament

commun aux deux articulations.

Fig. 599.

Ligaments plantaires.

1, grosse tubérosité du calcanéum. — 1’, sa petite tubérosité. — 2, petite apophyse du calcanéum, — 3^ gouttières des fléchisseurs. — 4, astragale. — 5, ligament calcanéo-cuboïdieu inférieur, avec 5’, fa'sceau profond de ce ligament. — 6, ligament calcaiiéo-scaphoïdien inférieur, avec G’, sa portion fibro-carlilagineuse. — 7, tendon ou jambier postérieur et son sé amoïde, érignés en dedans et en avant ; 7’, ligament reliant ce tendon au troisième cunéiforme. — 8, 8’, coupe d’une lamelle fibreuse allant de la petite apoplnse du calcanéum et de la partie profonde de la gouttière du fléchisseur commun au sésamoVde du jambier postérieur. — 9, tendon du jambier antérieur. — 10, tendon du long peronier latéral. avec 10’, son sésamoïde ; lu”, son insertion au premier métatarsien et au premier cunéiforme. — 11, tendon du court peronier. — 12, tendon d’origine du court fléchisseur du petit orteil. — 12', ten on d’origine de l'abducteur du gros orteil. — 13, ligament allant du scapho'ide au cuboïde. — 14, ligament unissant le scapho'ide au second cunéiforme et au second métatarsien. — 15, ligament unissant le scaphoïde au premier cunéiforme. — IG, ligament reliant le premier cunéiforme au premier métatarsien. — IG', ligament oblique allant du premier cunéiforme au deuxième métalai sien. — 17, ligament uni-sant le premier et le di-uxième cunéiformes. — 18, ligaments intermétatarsiens plantaires.

A. Ligaments propres a l’articulation ASTRAGALO-SCAPHOÏDIENNE. — L’articulatioii

astragalo-scaphoïdienne possède deux ligaments qui lui appartiennent en propre, savoir :

1® Un ligament astragalo-scaphoïdien supériem^ (fig. 600), ruban fibreux large et mince, qui s’étend de la partie supérieure du col de l’astragale au bord supérieur du scaphoïde ;

2® Un ligament calcanéo -scaplioïdien inférieur (fig. 599, 6), qui n’est autre que le fibro-cartilage d’agrandissement ci-dessus décrit (p. 655 j à propos des surfaces articulaires.

B. Ligaments propres a l’articulation CALCANÉO - cuBOÏDiENNE . — L’articulatiou calcanéo - cuboïdienne nous présente de même deux ligaments, l’un supérieur, l’autre inferieur :

a. Ligament calcanéo -cubo'idien supérieur. — Le ligament calcanéo-cuboïdien supérieur ou dorsal (fig. 599, 4), aplati, mince, peu résistant, se porte du bord supérieur de la facette calcanéenne, à la face dorsale du cuboïde. Il est constitué par un ensemble de petits faisceaux à direction parallèle, séparés ça et là par des interstices à travers lesquels se voit la synoviale.

b. Ligament calcanéo-cuhoïdien inférieur. — Le ligament calcanéo-cuboïdien ou. plantaire, bien différent du précédent, est remarquable à la fois par son étendue, son épaisseur et sa résistance, qui lui ont valu le nom, parfaitement justifié du reste, de grand ligament de la plante.

Il prend naissance en arrière sur la face inférieure du calcanéum, en avant des

deux tubérosités. De la, il se porte en avant et se divise en deux feuillets superposés, l’un superficiel ou inférieur, l’autre profond ou supérieur :

a) Le feuillet superficiel (fig, 599, 5) se dirige d’arrière en avant sous la forme d’un long ruban, constitué par des faisceaux nacrés et à peu près parallèles. Arrivé au cuboïde, il se fixe solidement sur la saillie de cet os. Puis, continuant son trajet,

ARTICULATIONS DU PIED

il passe comme un pont sur la gouttière osseuse où glisse le tendon du long péronier latéral et vient se terminer, par trois ou quatre digitations divergentes, sur l’extrémité postérieure des trois ou quatre derniers métatarsiens.

Le feuillet profond (fig. S99, 5’) est moins long que le précédent; mais, par contre, il est plus large et le déborde à la fois en dedans et en dehors. Parti de la face inférieure du calcanéum, il se porte en avant, en s’élargissant à la manière d’un éventail, et vient se fixer sur toute la portion de la face inférieure du cuboïde qui se trouve placée en arrière de la tubérosité.

C. Ligament commun aux deux articulations (ligament en Y). — Indépendamment des quatre ligaments que nous venons de décrire et qui appartiennent en propre, les deux premiers à l’articulation astragalo-scaphoïdienne, les deux autres à l’articulation calcanéo-cuboïdienne, il existe un cinquième ligament, le ligament en Y ou ligafnent en V, qui est commun à ces deux articulations.

Ce ligament (fig. 598,9), qu’on appelle parfois en médecine opératoire la clef de V articulation médio-tarsienne , s’insère en arrière sur la partie la plus antérieure de la face supérieure du calcanéum, dans l’angle dièdre que forme cette face avec le côté externe de la tête de l’astragale.

De là, il se dirige en avant et se bifurque, peu après son origine {type en Y), quelquefois dès son origine {type en V), en deux faisceaux divergents : un faisceau interne (9’), qui se porte à la partie supéro-externe du scaphoïde ; un faisceau externe (9”), qui vient se fixer à la face dorsale du cuboïde. Les noms de ligament en Y, de ligament en Y, sous lesquels on le désigne, sont parfaitement justifiés, comme on le voit, par la disposition anatomique.

3® Synoviales. — 11 existe pour l’articulation médio-tarsienne deux synoviales distinctes : l’une externe, pour l’articulation calcanéo-cuboïdienne ; l’autre interne, pour l’articulation astragalo-scaphoïdienne. La première (fig. 606, 8) est indépendante : la deuxième (fig. 606, 6) se confond, comme nous l’avons déjà vu plus haut, avec la synoviale de l’articulation astragalo-calcanéenne interne.

4° Artères. — Les artères de l’articulation médio-tarsienne proviennent ; 1° pour la face supérieure ou dorsale^ des artères dorsales du tarse et du métatarse, branches de la tibiale antérieure; la tibiale antérieure fournit aussi directement quelques rameaux à l’articulation astragalo-scaphoïdienne; pour la face inférieure ou plantaire, de la plantaire interne et de la plantaire externe, branches de la tibiale postérieure.

5® Nerfs. — Les nerfs émanent, pour la plupart, de la branêhe externe du tibial antérieur. Les autres proviennent du musculo - cutané (branche du sciatique poplité externe) ou din plantaire externe (branche du tibial postérieur).

Mouvements. — L’articulation médio-tarsienne possède tous les mouvements qui caractérisent les diarthroses : la flexion et l’extension, l’adduction et V abduction, la rotation en dedans et la rotation en dehors. Ces dilférents mouvements, que nous avons déjà indiqués à propos de l’articulation tibio-tarsienne (voy. cette articulation, p. 650), sont limités par la résistance des ligaments qui entourent l’articulation. — Voy. Virchow (H.), t/eô. die Gelenke der Fusswürzet, Arcli. f. Anat. U. Physiol., 1899 ; Dônitz, Die Meckanik der Fusswürzet, Dissert. Berlin. 1903.

Muscles moteurs. — Voy. p. 651.

C. — Articulations des os de la deuxième rangée du tarse entre eux

Ce groupe d’articulations comprend : 1° V articulation du scaphoïde avec le cuboïde; 2*^ V articulation du scaphoïde avec les trois cunéiformes ; 3° les articu-

anatomie humaine. — T. I, 6® ÉUIT.

ARTHROLOGIE

lations des trois cunéiformes entre eux; 4° X articulation du cuboïde avec le troisième cunéiforme .

Articulation scaphoïdo-cuboïdienne. — L’articulation du scaphoïde avec le cuboïde, articulation scaphoïdo-cuboïdienne , est une arthrodie.

A. Surfaces articulaires. — Elle a pour surfaces articulaires :

a) Du côté du scaphoïde, une petite facette plane, occupant l’extrémité externe de l’os et se continuant, à sa partie antérieure, avec la facette, beaucoup plus grande, par laquelle le scaphoïde s’unit au troisième cunéiforme ;

P) Du côté du cuboïde^ une facette analogue, située à la partie la plus reculée de la face interne de cet os, se continuant de même, à sa partie antérieure, avec la facette par laquelle ce dernier os s’articule avec le troisième cunéiforme.

Ces deux facettes sont revêtues Tune et l’autre par une couche de cartilage hyalin.

B. Moyens d’union. — Au nombre de trois, les ligaments qui maintiennent en présence le scaphoïde et le cuboïde se* distinguent en dorsal, palmaire et interosseux. — Le ligament dorsal (fig. 600j se porte transversalement de la partie supérieure et externe du scaphoïde à la partie supérieure et interne de la face dorsale du cuboïde . — Le ligament plantaire (fig. 608,13) s’étend, de même, du bord inférieur du scaphoïde à la face plantaire du cuboïde. — Le ligament inter osseux (Tig. 604), très court et très résistant, unit l’une à l’autre, en dehors des facettes articulaires, les surfaces adjacentes des deux os.

Les facettes articulaires ci-dessus décrites peuvent faire défaut. Les trois ligaments scapboïdo-cuboïdiens n.’en existent pas moins, chacun avec la disposition anatomique que nous venons de leur

Fig. 600.

Ligaments de la face dorsale du pied.

A, calcanéum. — B, astragale. — G, scaphoïde. — 1), cuboïde. — E, premier cunéiforme. — I, II, II i, IV, V, premier, deu.\ième, troisième, quatrième et cinquième métatarsiens.

1, ligament latéral interne du cou-de pied, avec : a, sa couche superficielle ; 6, sa couche profonde. — 2, ligament latéral externe du cou-de-pied, avec : a. son faisceau péronéo-astragalieu antérieur ; b, son faisceau péronéo-calcanéen ; c, son faisceau péronéo-astragalien postérieur. — 3, ligament calcanéo-astragalien externe. — 4, ligament calcanéo-cuboïdien supérieur. — 3, ligament en Y. — 6. ligament scaphoïd^'-cunéen interne. — 7, ligament allant du premier cunéiforme au premier métatarsien. — 8, ligament allant du cuboïde au cinquième métatarsien.

- 9, 9, ligament intermétatarsien. — 10, court péronier latéral. - il, jamhier antérieur.

(Pour les autres ligaments dorsaux représentés dans cette figure, voyez le texte).

C. Synoviale. — Une petite synoviale, prolongement ascendant de la synoviale scaphoïdo-ciinéenne (Tig. 604), sépare le scaphoïde du cuboïde.

2° Articulations scaphoïdD-cunéennes. — Le scaphoïde s’articule avec les trois cunéiformes, articulations scaphoïdo-cunéennes , en formant trois artlirodies :

ARTICULATIONS DU PIED

A. Surfaces articulaires. — Chacun des trois cunéiformes nous présente, h sa partie postérieure, une facette verticale de forme triangulaire et à peu près plane. Le scaphoïde, à son tour, nous offre, sur sa face antérieure, une large surface articulaire que deux crêtes verticales, légèrement concaves en dehors, divisent en trois facettes plus petites, toutes les trois planes et triangulaires. De ces trois facettes, l’interne répond au premier cunéiforme, la moyenne au deuxième cunéiforme, l’externe au troisième cunéiforme.

B. Moyens d’union. — Le scaphoïde, et les trois cunéiformes sont maintenus en présence par de nombreux ligaments, que l’on distingue, d’après leur situation, en ligaments dorsaux et ligaments plantaires :

a. Ligaments dorsaux: — Les ligaments dorsaux (üg. 600) sont au nombre de trois. Tous les trois, aplatis et rubanés, prennent leur origine, en arrière, sur le bord supérieur du scaphoïde. De là, ils se portent en avant et viennent se lixer : Vinterne, sur la face interne du premier cunéiforme; le moyen, sur la face dorsale du deuxième cunéiforme ; V externe , sur la face dorsale du troisième.

b. Ligaments plantaires. — Les ligaments plantaires sont, comme les ligaments dorsaux, au nombre de trois :

a) Le premier (fig. 590, 15) est représenté par un faisceau, à la fois très large et très résistant, qui s’insère d’une part sur le tubercule du scaphoïde, d’autre part sur la face inférieure ou base du premier cunéiforme ;

P) Les deux autres sont constitués par des faisceaux irréguliers et ordinairement très faibles, qui, de la face inférieure du scaphoïde, se portent sur les deuxième et troisième cunéiformes.

y) Sur le côté interne du premier ligament plantaire se voit un faisceau accessoire, qui tantôt est indépendant, tantôt est plus ou moins confondu avec le tendon du jambier postérieur : ce faisceau accessoire (fig. 599, 14) se détache du tubercule du scaphoïde ; puis, se portant obliquement en avant et en dehors, il vient se fixer à la fois sur le deuxième cunéiforme et sur l’extrémité postérieure du deuxième métatarsien (fig. 499, 14).

C. Synoviale. — L’articulation du scaphoïde avec les trois cunéiformes ne présente qu’une seule et même synoviale. Cette synoviale (fig. 606, 9) envoie en avant deux prolongements, qui s’insinuent : l’un, entre le premier et le deuxième cunéiformes ; l’autre, entre le deuxième et le troisième. .

3° Articulations intercunéennes. — Le premier et le deuxième cunéiformes s’articulent entre eux par deux facettes planes, ayant chacune la forme d’une éqdQYYQ.hQ deuxième qI\q troisième cunéiformes s’unissent de même à l’aide de deux facettes planes, allongées de haut en bas. Il existe donc deux articulations distinctes : elles appartiennent l’une et l’autre au genre des arthrodies.

A. Facettes articulaires. — Les facettes articulaires précitées sont situées à la partie postérieure des faces par lesquelles les cunéiformes se correspondent. Elles sont encroûtées de cartilage et se continuent, en arrière, avec les facettes destinées à l’articulation scaphoïdo-cunéenne.

B. Moyens d’union. — Les trois cunéiformes sont maintenus en présence par cinq ligaments : deux dorsaux, deux interosseux et un plantaire.

a) Des deux ligaments dorsaux (fig. 600), l’interne s’étend transversalement du premier cunéiforme au deuxième, l’externe du deuxième au troisième.

P) Les deux ligaments interosseux sont formés par des faisceaux très courts, qui se portent d’un cunéiforme au cunéiforme voisin. On les distingue également

ARTHROLOGIE

en interne et en externe : l’interne unit le premier cunéiforme au second; l’externe relie le deuxième au troisième.

y) Le ligament plantaire est représenté par un faisceau très fort qui s’étend de la base du premier cunéiforme au sommet du deuxième. Il n’y a pas de ligament plantaire distinct entre le deuxième cunéiforme et le troisième.

C. Synoviale. — Il existe, pour les articulations intercunéennes, deux petites synoviales, qui ne sont, l’une et l’autre, que de simples prolongements delà synoviale scaphoïdo-cunéenne (fig. 606).

4'^ Articulations cuboïdo-cunéennes. — L’articulation cuboîdo-cunéenne, analogue aux précédentes, appartient aux arthrodies.

A. Surfaces articulaires. — Le cuboïde et le troisième cunéiforme, qui constituent cette articulation, nous présentent chacun une surface plane, de forme triangulaire ou ovalaire, allongée dans le sens antéro-postérieur.

B. Moyens d’union. — Nous trouvons ici pour unir les deux os : 1® un ligament dorsal, qui s’étend transversalement de la face dorsale du troisième cunéiforme à la face dorsale du cuboïde (fig. 600) ; 2® un ligament interosseux, formé de faisceaux fibreux très courts et occupant toute la portion non articulaire des surfaces correspondantes ; 2° un ligament plantaire, également très court, qui s’étend transversalement d’un os à l’autre.

C. Synoviale. — L’articulation cuboîdo-cunéenne possède une synoviale, qui tantôt est indépendante, tantôt n’est qu’un simple diverticulum de la synoviale scaphoïdo-cunéenne.

/>. Artères et nerfs des articulations antérieures du tarse. — Les articulations antérieures du tarse, que nous venons de décrire, reçoivent leurs artères : 1*^ pour la face supérieure ou dorsale, de la dorsale du tarse et de la dorsale du métatarse ou bien des anastomoses qui unissent l’un à l’autre ces deux vaisseaux; 2° pour la face inférieure ou plantaire, de la plantaire interne et de la plantaire externe. — Les nerfs proviennent de la branche externe du tibial antérieur et de l’un ou l’autre des deux nerfs plantaires.

D. — Articulation tarso-métatarsienne

ou ARTICUL.UTION DE LisFRANC

L’articulation tarso-métatarsienne, plus connue en médecine opératoire sous le nom èC articulation de Lisfranc, unit les cinq métatarsiens aux trois cunéiformes et au cuboïde. La ligne suivant laquelle entrent en contact les différentes pièces osseuses (fig. 602) s’étend, comme pour l’articulation de Ghopart, d’un bord du pied à l’autre. Partie du bord interne, au niveau de l’extrémité postérieure du premier métatarsien, elle se dirige obliquement de dedans en dehors et d’avant en arrière pour venir se terminer à l’extrémité supérieure du premier métatarsien. Envisagée dans son ensemble, cette ligne interarticulaire est une ligne courbe à concavité interne et postérieure, inclinée sur le plan transversal d’une façon telle que son extrémité interne est située à 15 ou 20 millimètres en avant de l’externe.

Surfaces articulaires. — Morphologiquement, l’articulation tarso-métatarsienne nous présente, comme son homologue à la main, l’articulation carpo-métacarpienne, une série d’arthrodies dont les facettes, planes et verticales, occupent

ARTICULATION TARSO-METATA RS lENNE

d’une part la partie antérieure des quatre os du tarse ci-dessus mentionnés d’autre part l’extrémité postérieure des cinq métatarsiens (fig. 601).

a) Le premier métatarsien s’articule avec le premier cunéiforme à l’aide d’une facette oblongue, revêtant la forme d’un croissant, dont le grand axe serait vertical et la concavité dirigée en dehors.

A cette facette, qui est légèrement excavée à la fois dans le sens transversal et dans le sens vertical , le premier cunéiforme oppose une facette, de même configuration, légèrement convexe à la fois transversalement et verticalement.

P) Le deuxième métatarsien s’articule avec les trois cunéiformes. Ces trois os, pour le recevoir, se disposent, comme nous le montre la ligure 602 , en une sorte de mortaise dont l’ouverture regarde en avant. De son côté, l’extrémité postérieure, du deuxième métatarsien, qui comble cette mortaise et dont il forme en quelque sorte le tenon, nous présente quatre facettes articulaires : une facette postérieure triangulaire à base supérieure, qui répond au deuxième cunéiforme; une facette latérale interne, toute petite, de forme triangulaire ou ovalaire, pour le premier cunéiforme : deux facettes latérales externes, superposées dans le sens vertical, répondant aux deux facettes similaires que présente, sur sa face interne, le troisième cunéiforme.

y) Le troisième métatarsien s’unit à la face antérieure du troisième cunéiforme à l’aide d’une surface triangulaire à base supérieure ou dorsale.

8) Le quatrième et le cinquième métatarsiens s'articulent l’un et l’autre avec la face antérieure du cuboi'de, le quatrième à l’aide d’une facette quadrangulaire, le* cinquième à l’aide d’une facette triangulaire à sommet dirigé en dehors. Le quatrième métatarsien s’articule, en outre, mais dans certains

cas seulement (fig. 604, c'), avec le troisième cunéiforme, par une petite facette, allongée d’avant en arrière, qui occupe son côté interne et qui se continue direc-

Fig. 601.

Articulation tarso-métatarsienne : les surfaces articulaires, avec leur collerette ligamenteuse (côté droit).

(L'articulation a été ouverte du côté de la face dorsale du pied ; puis les cinq métatarsiens ont été fortement renversés du côté de la région palmaire.)

1, 11, 111, IV, V, premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métatarsiens. — 1, premier cunéiforme. 2, deuxième cunéiforme. — 3, troisième cunéiforme. — 4, cubo'ide, avec a et ô, ses deux facettes pour les quatrième et cinquième métatarsiens. — 5, capsule articulaire, avec 5’, sa portion plditaire. — 6, tendon du jambier antérieur. — 7, tendon du court péronier latéral.

Fig. 602.

L’interligne articulaire tarso-métatarsien, vu sur la face dorsale du pied.

I, 11, III, IV, V, premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métatarsiens. — 1, premier cunéiforme. — 2, deuxième cunéiforme. — 3, troisième cunéiforme. — 4, cubo'ide.

ARTHROLOGIE

tement avec cette autre facette articulaire par laquelle le métatarsien en question répond au troisième métatarsien.

Nous avons dit plus haut que l’interligne articulaire tarso-métatarsien était représenté par une ligne courbe à concavité supéro-interne. Nous voyons maintenant combien cette courbe est irrégulière. Si nous la suivons de dedans en dehors (fig. 602j, nous constatons tout d’abord, au niveau du deuxième métatarsien, que ce métatarsien, dépassant en arrière la ligne que Ibrment les métatarsiens voisins, pénètre dans cette mortaise, ci-dessus décrite, que circonscrivent les trois cunéiformes. Un peu plus loin, au niveau du troisième métatarsien, nous voyons au contraire le troisième cunéiforme, débordant les deux os voisins, s’engager de 2 millimètres environ dans la rangée métatarsienne. Les deux rangées osseuses qui constituent l’articulation de Lisfranc se pénètrent donc réciproquement sur deux points, et il est à remarquer que, si la pénétration du troisième cunéiforme dans le métatarse est ordinairement peu étendue et partant peu importante, la pénétration du deuxième métatarsien dans le tarse est toujours très profonde. Une pareille disposition, qui trouvera plus tard son utilité en médecine opératoire, a naturellement pour effet de consolider l’articulation de Lisfranc. Il s’oppose, notamment, à toute espèce de glissement transversal d’une rangée osseuse sur l’autre.

2° Moyens d’union. — Gomme moyens d’union, l’articulation tarso-métatarsien ne nous présente trois ordres de ligaments : des ligaments inter osseux, des ligaments dorsaux et des ligaments plantaires.

A. Ligaments interosseux. — Les ligaments interosseux sont très variables dans

Fig. 603.

Articulation tarso-métatarsienne : le ligament interosseux interne, vu par la face dorsale du pied.

(Le ligament inlerosseux qui unit le premier et le deuxième cunéiformes a été sectionné, pour permettre l'écartement de ces deux os).

a, premier cunéiforme. — 6, deuxième cunéiforme. — c, premier métatarsien. — d, deuxième métatarsien. — 1, ligament iulercunéen, sectionné à sa partie moyenne. — "2, ligament interosseux interne, allant du premier cunéiforme au deuxième métatarsien. — 3, ligament dorsal, allant du deuxième cunéiforme au deuxième métatarsien.

Fig. 604.

Articulation tarso-métatarsienne : le liga-. ment interosseux externe, vu par son côté externe.

(Le quatrième métatarsien, séparé du troisième métatarsien et du troisième cunéifoimie, a été fortement attiré en haut et renversé en arrière.)

a, troisième cunéiforme. — b, troisième métatarsien. — c, quatrième métatarsien, avec c\ sa facette latérale, par laquelle il s’articule avec la facette a' b' formée par les deux os précédents — 1, ligament interosseux externe, allant du troisième cunéiforme au troisième métatarsien. — 2, autre faisceau inlerosseux, allant du troisième cunéiforme au quatrième métatarsien.

leur disposition, dans leur degré de développement et même dans leur nombre. On en rencontre ordinairement trois que l’on désigne, d’après leur situation, en interne, moyen et externe :

a) Le ligament interosseux interne (fig. 603,2), qui est toujours le plus fort et le

ARTICULATION TARSO-METATARSIENNE

plus important des trois, s’attache, en arrière, sur la face externe du premier cunéiforme. De là-, il se porte en avant et un peu en dehors et vient s’insérer sur la face interne de la base du deuxième métatarsien . Sa hauteur mesure 8 à 10 millimètres ; son épaisseur, S ou 6 millimètres. Il répond, du côté de la région plantaire, au ligament qui unit le deuxième métatarsien au premier cunéiforme et, sur un plan plus profond, au tendon du long péronier latéral.

P) Le ligament interosseux moyen s’insère, en arrière, sur les faces correspondantes des deuxième et troisième cunéiformes, en avant sur le côté externe de la base du deuxième métatarsien, assez souvent sur le deuxième et sur le troisième. Ce ligament est ordinairement peu développé, quelquefois absent.

y) Le ligament interosseux externe (fig. 60-4, 1) prend naissance, en arrière, sur la face externe du troisième cunéiforme et vient s’attacher, en avant, sur le côté externe de la base du troisième métatarsien, immédiatement au-dessous de la facette articulaire par laquelle ce métatarsien s’articule avec le quatrième. Il envoie assei: souvent une expansion plus ou moins développée au quatrième métatarsien. Enfin, dans certains cas, comme dans la figure 604, il existe en même temps un faisceau, plus ou moins indépendant, qui s’étend du troisième cunéiforme au quatrième métatarsien.

B. Ligaments dorsaux. — Les ligaments dorsaux (fig. 600) occupent, comme leur nom Eindique, la face dorsale du pied. Ils ont pour caractères communs d’être courts, aplatis et rubanés, et de s’insérer, d’une part, sur la face dorsale de l’extrémité postérieure des métatarsiens,'d’autre part sur la face dorsale des os de la deuxième rangée du tarse. Ils sont au nombre de sept :

a) IjQ premier métatarsien n’en possède qu’un (fig. 600, 7), qui l’unit au premier cunéiforme.

P) Le deuxième métatarsien, par contre, en a trois, qui vont s’insérer en divergeant : V interne, à l’angle antéro-externe du premier cunéiforme; le moyen, au deuxième cunéiforme ; V externe, à l’angle antéro interne du troisième cunéiforme.

y) Le troisième métatarsien n’en présente qu’un (fig. 600,8), qui lé relie au troisième cunéiforme.

ô) Les quatrième et cinquième métatarsiens, comme le précédent, en possèdent chacun un, qui s’insère d’autre part au cuboïde.

C. Ligaments plantaires. — Les ligaments plantaires (fig. 605), ordinairement peu résistants, diminuent d’importance au fur et à mesure qu’on se rapproche du bord externe du pied. On en compte cinq :

Fig. 605.

Articulations tarso-métatarsiennes et intermétatarsiennes du pied, vues par la face plantaire.

A, cuboïde. — B, scaphoïde. — G, troisième cunéiforme. — D, deuxième cunéiforme. — E, premier cunéiforme. — I, II, III, IV, V, les cinq métatarsiens.

1, 2, 3, premier, deuxième et troisième ligaments tarso-métatarsiens plantaires. — 4, 4’, 4”, les trois ligaments inlermélatarsiens plantaires. — 5, tendon du long péronier latéral.

ARTHROLOGIE

a) Le premier, en allant de dedans en dehors, le plus interne par conséquent (fig. 605, 1), unit la partie inférieure du premier cunéiforme au premier métatarsien.

Le second, très large et très résistant, se détache encore du premier cunéiforme en dehors du précédent et, de là, se porte ohliquement sur l’extrémité postérieure du deuxième et du troisième métatarsiens.

y) Le troisième, ordinairement moins important, s’étend directement du troisième cunéiforme au troisième métatarsien, quelquefois, comme dans la figure 605, au troisième et au quatrième.

S) Le quatrième et le cinquième, enfin, vont du cuhoïde aux deux derniers métatarsiens. Ces deux ligaments, toujours fort minces, sont constitués par quelques faisceaux fihreux à direction antéro-postérieure, qui s’étendent de la gouttière cuhoïdienne à la partie correspondante des deux derniers métatarsiens. Ils se confondent, à leur insertion métatarsienne, avec le feuillet superficiel du grand ligament calcanéo-cuhoïdien.

3® Synoviale. — La synoviale tarso-mélatarsienne (fig. 606) est divisée par les deux ligaments interosseux interne et externe, ci-dessus décrits, en trois synoviales distinctes : une synoviale interne, pour le premier métatarsien ; une synoviale externe, pour le quatrième et le cinquième ; une synoviale moyenne, pour le deuxième et le troisième. Les deux synoviales interne et externe sont indépendantes. La synoviale moyenne communique, à travers les intervalles qui séparent les cunéiformes avec la synoviale des articulations scaphoïdo-cunéennes.

4® Artères. — Les artères des articulations tarso-métatarsiennes sont fournies : 1° pour l’articulation tarso-métatarsienne du gros orteil, par Xv, pédieuse et la plantaire interne ; 2" pour les quatre autres articulations tarso-métatarsiennes, par la dorsale du métatarse et par V arcade plantaire profonde.

5® Nerfs. — Les nerfs proviennent de la branche externe du tibial antérieur et des déux nerfs plantaires.

Mouvements. — Les métatarsiens ne peuvent exécuter sur le tarse que de simples mouvements de glissement. Le quatrième et le cinquième sont les plus mobiles : viennent ensuite, par ordre de mobilité décroissante, le premier, le troisième et, enlin, le second. Ce dernier métatarsien, enclavé, comme nous l’avons vu, dans la mortaise cunéenne et maintenu dans cette mortaise par des ligaments très nombreux et très serrés, se trouve immobilisé d’une façon à peu près complète.

E. — Articulations intermétatarsiennes

Le premier métatarsien, analogue en cela au premier métacarpien, est indépendant des quatre autres; il n’est uni au deuxième que par de simples faisceaux fibreux. Par contre, les deuxième', troisième, quatrième et cinquième métatarsiens, séparés les uns des autres à leur partie moyenne, s’articulent solidement entre eux par leur extrémité postérieure ou tarsienne ; ils sont, en outre, réunis à leur extrémité antérieui e ou digitale par un ligament.

Articulations des extrémités tarsiennes. — Ces articulations, au nombre de trois, constituent autant d’arthrodies.

A. Surfaces articulaires. — Les surfaces articulaires sont constituées par ces facettes irrégulières (p. 384), en partie rugueuses, en partie lisses et recouvertes de cartilage, qui s’étalent sur les côtés de la base de chacun des quatre derniers

ARTICULATIONS INTERMETATARSIENNES

métatarsiens. — Le deuxième et le troisième métatarsiens s’articulent entre eux à l’aide de petites facettes superposées, séparées l’une de l’autre par une gouttière rugueuse à direction antéro-postérieure. — ■ Le troisième et le quatrième métatarsiens s’unissent à l’aide de facettes ovalaires, qui sont situées à la partie toute supérieure des surfaces en présence. — Le quatrième et le cinquième métatarsiens entrent en contact par des facettes triangulaires à base postérieure.

B. Moyens d’union. — Nous rencontrons encore, pour ces articulations, trois ordres de ligaments : interosseux, dorsaux Qi plantaires.

a. Ligaments mterosseux. — Les ligaments interosseux (fig. 574,13j s’étendent d’un métatarsien au métatarsien voisin. On

en compte trois, un pour chaque articulation : le premier , en allant de dedans en dehors, va du second métatarsien au troisième ; le second, du troisième métatarsien au quatrième ; le troisième, du quatrième métatarsien au cinquième. Ils s’insèrent, de part et d’autre, sur les rugosités qui avoisinent les facettes encroûtées de cartilage.

b. Ligarp.ents dorsaux. — Les ligaments dorsaux (fig. 600,9) sont de minces bandelettes fibreuses, de forme quadrilatère, qui s’étendent transversalement ou obliquement d’un métatarsien à l’autre . Ils sont également au nombre de trois et se trouvent situés ; Vinterne, entre le deuxième métatarsien et le troisième; le moyen, entre le troisième et le quatrième ; V externe , entre le quatrième et le cinquième.

c. Ligaments plantaires. — Les ligaments plantaires (fig. 605,4, 4’ et 4”), situés à la région plantaire, comme leur nom l’indique, sont encore au nombre de trois : Vinterne unit le deuxième métatarsien au troisième; le moyen, le troisième métatarsien au quatrième ; V externe, le quatrième métatarsien au cinquième. Ces ligaments plantaires présentent les mêmes dispositions générales que les ligaments dorsaux, avec cette particulal ité cependant qu’ils sont situés sur un plan un peu plus antérieur.

C. Synoviales. — Chacune des articulations intermétatarsiennes possède une petite synoviale. Cette synoviale (fig. 606; est un simple diverticulum de celle de l’articulation tarso-métatarsienne. Elle se prolonge, pour chaque articulation, jusqu’au ligament interosseux.

Fig. 606.

Coupe transversale des articulations du pied, pour montrer les ligaments interosseux et les synoviales (schématique).

I, II, III, IV, V, les cinq métatarsiens. — 1, calcanéum. — 2, cuboïde. — 3, astragale. • — 4, scaphoïde. — 5, synoviale de l’articulation calcanéo-aslragalienne poUéro-externe. — 6, synoviale commune à l’articulation astragalo-scaphoïdienne interne et à l’articulation astragalo-scaphoïdienne. — 7, ligament iiitei'osseux de l’articulation calcanéo-astragalieniie. — 8, synoviale calcanéo-cuboïdienne. — 9, 9, synoviale scaphoïdo-cunéenne, avec ses prolongements. — 10. synoviale de l’articulation du premier cunéiforme avec le premier métatarsien. — 11, ligament interosseux interne, unissant le premier cunéiforme aux deux premiers métatarsiens. — 12, synoviale de l'articulation du cuboïde avec les deux derniers métatarsiens. — 13, 13, ligaments interosseux réunissant entre eux les quatre derniers métatarsiens.

D. Altères et nerfs. — Les artères et les nerfs des articulations intermétatar

.\NATOMIE HUMAINE. T. I, 6® ÉUIT.

AKTHKOLOGIE

siennes supérieures ont la même origine que ceux, précédemment décrits, des articulations tarso-métalarsiennes.

2° Union des extrémités digitales. — Les extrémités digitales des métatarsiens, étant dépourvues de surfaces articulaires, ne présentent pas, à proprement parler, d’articulations.

Elles sont néanmoins reliées Lune à l’autre, sur leur face plantaire, par une bandelette fibreuse à direction transversale, qui s’étend du premier métatarsien au cinquième, en passant au-dessous des articulations métatarso-phalangiennes et en contractant des connexions intimes avec les éléments fibreux de ces articulations.

Ce ligament, appelé ligament transverse du métatarse, n’est ici, comme à la main, qu’une dépendance des articulations du métatarse avec les phalanges. Nous allons le retrouver tout à l’heure.

F. — Articulations métatarso-phalangiennes

Les articulations des métatarsiens avec les premières phalanges des orteils ou articulationsmétatarso-phalangiennesd.^Y'^v^^QmiQnidiW^QmQ des condylarthroses.

Elles sont entièrement analogues aux articulations métacarpo-phalangiennes de la main. Cette analogie nous permettra d’être bref dans leur description.

Surfaces articulaires, fibro-cartilage glénoïdieu. —

Ici, comme à la main, nous avons pour surfaces articulaires : F du côté du métatarsien, une tête aplatie transversalement, avec une facette articulaire lisse et unie, plus étendue du coté de la région plantaire que du côté de la région dorsale : 2*^ du côté de la phalange, une cavité glénoïde, qui se trouve agrandie en bas et en arrière par un fibro-cartilage, le fîbro-cartilage glénoïdien (voy. p. 568).

2° Moyens d’union. — Comme moyens d’union, chaque articulation métatarso-phalangienne nous présente une capsule, deux ligaments latéraux et un ligament transverse.

a) La capsule présente, à peu de chose près, la même disposition qu’à la main. Elle est renforcée, sur la face dorsale de l’articulation, par le tendon extenseur correspondant.

[i) Les ligaments latéraux se distinguent en interne et externe. L’un et l’autre s’insèrent, en arrière, sur les tubercules latéraux des métatarsiens. De là, ils se portent en bas et en avant, en s’élargissant, et viennent se terminer : par leurs fibres supérieures ou phalangiennes, sur les tubercules latéraux de la phalange; 2" par leurs fibres inférieures ou glénoïdiennes, sur les bords latéraux du fibro-cartilage glénoïdien correspondant.

y) Le ligament transverse du métatarse , revêt, comme nous l’avons dit plus haut, la forme d’un long ruban, qui s’étend transversalement du premier métatarsien au cinquième, en passant au-dessous des cinq articulations métatarso-phalangiennes. Libre dans leur intervalle,

Fig. (307.

Tète du métatarsien du gros orteil droit et appareil phalango-sésamoïdien ; t’articulation est ouverte du côté dorsal et les surfaces articulaires sont écartées (d’après Gillette).

1, sésamoide interne. — 2, sésamoïde externe. — 3, tète du métatarsien. — 4, cavité glénoïde de la phalange. — o. ligament interosseux ou métatarsophalangien.

ARTICULATIONS MÉTATARSO-PH ALANC lENNES

il se fusionne au niveau de chacune d’elles, d’une part avec le bord postérieur du cartilage glénoïdien, d’autre part avec les deux ligaments latéraux.

\J articulation métatarso-phalangienne du gros orteil dilTère des quatre autres, en ce (jue son fibro-cartilage glénoïdien possède dans son épaisseur deux os sésatnoïdes, l'un interne et l’autn' externe (voy. Ostéologie, p. 393). Ces deux os, beaucoup plus développés que ceux de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce, se creusent sur la tète du premier métatarsien deux sillons ou gouttières à direction antéro-postérieure. Chacune de ces gouttièî'cs revêt la lormc d’une petite poulie, dans laquelle glisse le sésamoïde correspondant toutes les fois que le poucr se lléchit ou s'étend sur son métatarsien. La gouttière externe est généralement un peu plus large que l’interne. Cette dernière est parfois peu visible, ou même fait complètement défaut.

3° Synoviale. — Chaque articulation métatarso-phalangienne possède une synoviale qui lui appartient en propre. Cette synoviale est très lâche, surtout en haut, du côté de l’extension.

4° Rapports. — Les articulations naétatarso-phalangiennes sont en rapport : 1° en haut, côté de la face dorsale du pied, avec les tendons extenseurs des

Fig. 608.

Coupe sagittale du pied passant par le deuxième orteil (côté droit, segment interne de la coupe,

sujet congelé).

A, deuxième métatarsien. — B, première phalange du deuxième orteil. — C, deuxième phalange. — D, troisième phalange.

1, 1’, 1”, fibro-cartilage glénoïdien. — 2, 2', 2”, capsule articulaire. — 3, tendon fléchisseur. — 4, tendon extenseur. — 3, muscles de la région plantaire. — 6, tissu cellulaire sous-cutané. — 7, ongle. — 8, 8’, téguments.

orteils ; en bas, du côté de la région plantaire, avec les tendons fléchisseurs et, pour les quatre articulations externes, avec les faisceaux d’origine du muscle abducteur transverse du gros orteil ; 3® latéralement, avec les muscles interosseux, les lombricaux, les vaisseaux et les nerfs collatéraux des orteils.

5"^ Artères. — Les artères des articulations métatarso-phalangiennes sont fournies : pour la première, par la dorsale du gros orteil, par la collatérale interne

du gros orteil et par la première interosseuse plantaire ; pour les quatre autres, par les interosseuses, soit dorsales, soit plantaires.

ô'’ Nerfs. — Les nerfs des articulations proviennent : 1° pour la première , du nerf tibial antérieur et du plantaire interne; ^1^ pour les quatre autres, des collatéraux des orteils ou bien des rameaux que le nerf plantaire externe envoie aux muscles interosseux.

Mouvements. — Considérés au point de vue de leur mobilité, les premières phalanges des orteils présentent les mêmes mouvements que les phalanges des doigts : la flexion, V extension ,

ARTHROLOGIE

V inclinais 071 latérale, soit interne, soit externe, la circumduciion et la rotation. Contrairement à ce qui a lieu sur les doigts, les mouvements d’extension sont plus étendus que les mouvements de tlexion. En passant de l'extension extrême à la plus grande flexion, les orteils décrivent un arc de cercle de 90°.

Muscles moteurs. — Voy. plus bas.

G. — Articulations inter ph alangi enne s des orteils

Sur chacun des orteils, la première phalange s’articule avec la seconde, la seconde avec la troisième. Il existe donc, ici comme à la main, deux articulations pour chaque orteil, à l’exception du gros orteil qui, n’ayant que deux phalanges, ne possède naturellement qu’une seule articulation.

i° Disposition générale. — Ces articulations, dites phalangiennes ou interpha- Inngiennes, appartiennent au genre des trochléarthroses. Au double point de vue anatomique et fonctionnel, elles sont toutes constituées d’après le même type. Elles présentent, en outre, une analogie parfaite avec les articulations interphalangiennes des doigts, que nous avons déjà longuement décrites (p. 571). Nous renvoyons donc le lecteur à cette dernière description : nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites.

2° Vaisseaux et nerfs. — Les artères et les nerfs des articulations interphalangiennes des orteils sont fournis, comme pour les doigts : les artères, par les branches collatérales des orteils; les nerfs, par les nerfs collatéraux.

Muscles moteurs des phalanges. — Les muscles moteurs des phalanges des orteils rappellent encore exactement ceux des phalanges digitales. Nous les examinerons successivement pour chacune des trois phalanges ;

A. Pour les premières phalanges :

Fléchisseurs : les interosseux, les lombricaux, le long fléchisseur commun des orteils, le long fléchisseur propre du gros orteil, le court fléchisseur plantaii'e, l’adducteur et le court fléchisseur du gros orteil, l’abducteur et le court fléchisseur du petit orteil.

2° Extenseurs : l'extenseur commun des orteils, l’extenseur propre du gros orteil, le pédieux.

3« Adducteurs (par rapport à l'axe du pied) : les interosseux plantaires.

4“ Abducteurs (par rapport au même axe) : les interosseux dorsaux ; en outre, les muscles abducteur du gros orteil et abducteur du petit orteil écartent de la ligne médiane la première phalange de ces deux orteils.

B. Pour les deuxièmes phalanges :

1° Flécldsseurs : le court fléchisseur plantaire ou fléchisseur perforé, pour les quatre derniers orteils ; pour le gros orteil, le long fléchisseur propre de cet orteil.

2° Exte7iseurs : les interosseux, les lombricaux, le Ion}? extenseur commun des orteils, l’extenseur propre du gros orteil, le pédieux.

G. Pour les troisièmes phalanges :

1° Fléchisseurs : le long fléchisseur commun des orteils ou fléchisseur perforant.

2° Extenseurs : les interosseux, les lombricaux, l’extenseur commun des orteils, le pédieux.

Page 1