ARTICULATION C O X O -F É M O R A L E
externe, située entre le tendon de ce muscle et la face postérieure du col du fémur; > la bourse du carré crural, comprise entre la face antérieure de ce muscle et le petit trochanter (Moums).
y) En cZe/io?’s, nous trouvons trois autres bourses : la bourse du petit fessier, la bourse du moyen fessier et la bourse du grand fessier, situées entre ces muscles et le grand trochanter (voy. Mvolo- Giç). Au-dessous de la bourse trochantéricnne du grand fessier, qui existe 11 fois sur 15 d’après ZojA, s’en trouve ordinairement une seconde qui sépare le muscle grand fessier du vaste externe.
Mouvements. — Le fémur, envisagé au point de vue de sa mobilité sur le cotyle coxal, se fléchit et s’étend, se rapproche de la ligne médiane ou s’en écarte. 11 offre, en outre, des mouvements de circumduction et de rotation.
a. Flexion et extension. — La flexion est le mouvement par lequel la face antérieure de la cuisse se relève et se rapproche de la paroi abdominale antérieure. L’extension est le mouvement opposé, celui par lequel la face postérieure de la cuisse se relève et s’incline du côté de la région fessière. Dans l’un et l’autre de ces mouvements, le fémur se meut autour d’un axe transversal, qui passerait à la fois par la fossette du ligament rond et par le sommet du grand trochanter : la tête du fémur roule dans sa cavité de réception, tandis que son extrémité inférieure, entraînant avec elle la jambe, décrit un arc de cercle, d’arrière en avant pour la llexion, d’avant en arrière pour l’extension.
Dans la llexion, la partie antérieure de la capsule, y compris le ligament de Bertin, se relâche.: la partie postérieure se tend. C'est le contraire dans l’extension : la partie postérieure de la capsule se relâche, tandis que le ligament de Bertin se tend et limite le mouvement.
Chacun sait que la llexion est beaucoup plus étendue que l’extension. L’étendue de ces deux mouvements est environ de 130 degrés.
b. Adduction et abduction. — L’abduction est le mouvement par lequel la cuisse s’écarte de la ligne médiane ; l’adduction, le mouvement par lequel elle s'en rapproche. Dans cet ordre de mouvements, le fémur tourne autour d’un axe antéro-postérieur passant par le centre de la tête : celle-ci glisse dans la cavité cotyloïde, de haut en bas pour le mouvement d’abduction, de bas en haut pour le mouvement d’adduction. Le premier de ces mouvements, qui amène la cuisse dans une position à peu près horizontale, paraît être limité par la rencontre du col avec la partie supérieure du sourcil cotyloïdien. Le second est beaucoup plus restreint ; dans l’exlension normale, le sujet étant debout, ce mouvement est naturellement limité par la rencontre des deux membres sur le plan médian ; mais, si la cuisse est placée en flexion légère, l’adduction peut être portée beaucoup plus loin ;-le membre, alors, dépasse la ligne médiane et vient croiser la face antérieure de celui du côté opposé. L’étendue des mouvements d’abduction et d’adduction est environ de 85 à 90 degrés.
c. Circumduction. — La circumduction résulte de l’exécution successive des quatre mouvements précédents : flexion, abduction, extension et adduction. La tête du fémur roulant dans la cavité cotyloïde, l’extrémité inférieure de cet os décrit un cercle, tandis que son corps engendre un cône.
d. Rotation. — La rotation du fémur s’effectue, soit en dehors, soit en dedans. — Dans le mouvement de rotation en dehors, le fémur touj-ne autour d’un axe vertical, passant par le centre de la tête fémorale ; la tête du fémur glisse d’arrière en avant dans la cavité cotyloïde ; le grand trochanter se meut d’avant en arrière : la pointe du pied se porte en dehors. — Le mouvement de rotation en dedans, un peu moins étendu que le précédent, s’effectue suivant le même mécanisme, mais en sens contraire : l’axe de rotation restant toujours le même, la tête fémorale glisse d’avant en arrière dans le cotyle coxal ; le grand trochanter se porte en avant et la pointe du pied en dedans.
Action de la pression atmosphérique sur le maintien des surfaces articulaires. — Dans les différents mouvements qu'exécute la cuisse sur le bassin, la têfe du fémur, sphère pleine, reste constamment enfermée, comme nous venons de le voir, dans la sphère creuse que représente la cavité cotyloïde. Parmi les causes qui maintiennent ainsi les deux surfaces articulaires solidement appliquées l’une contre l’autre, la plus puissante, d’après les frères ’V\’’eber, serait la pression atmosphérique, s’exerçant à la fois sur la face externe du bourrelet cotyloïdien et sur la partie extra-cotyloïdienne du fémur. Cette influence paraît démontrée par les expériences suivantes : 1° sur un sujet disposé d’une façon telle que les jambes pendent librement, on peut inciser toutes les parties molles qui entourent l’articulation de la cuisse, y compris la capsule fibreuse et ses faisceaux de renforcement, sans que la tête fémorale sorte pour cela de sa cavité ; 2° si l’on pratique alors à travers le bassin et à l’aide d’un foret un petit orifice à la paroi de la cavité cotyloïde, la tête s’échappe aussitôt de la cavité, chassée par l’air atmosphérique qui y a pénétré avec l’instrument; 3° si on replace alors la tète fémorale dans la cavité cotyloïde et si on bouche hermétiquement le trou avec la pulpe du doigt, le membre inférieur reste en place, comme s’il avait encore tous scs muscles et tous ses ligaments ; mais il tombe de nouveau si le doigt se retire du trou, permettant ainsi à l’air atmosphérique de pénétrer dans la cavité cotyloïde. On ne saurait, ce semble, demander des expériences plus eoncluantes ; aussi la théorie des frères Webeu a-t-elle été généralement admise.
Dans un mémoire relativement récent (1894), Gebken s’est élevé contre elle, en disant que l'on ne peut raisonnablement conclure d’expériences cadavériques à ce qui se passe sur le vivant. D’un
ARTHKOLOGIE
côté, le sourcil cotyloïdiim et les ligaments sont plus ou moins durcis, plus ou moins rigides ; de l'autre, ils sont plus mous, plus souples, très vasculaires et, par suite, susceptibles de changer de volume. D’autre part, la synovie, dont la pression oscille chez le chien entre 4 et 10 millimètres de mercure se trouve probablement en plus grande abondance sur le vivant que sur le cadavre. 11 paraît rationnel, à priori, d’admettre que des conditions anatomiques aussi différentes doivent entraîner pour l’articulation co.vo-fémorale, des conditions mécaniques également différentes. En fait, sur des chiens curarisés, Gerkex a montré qu’il suffit de sectionner les muscles péri-articulaires pour pouvoir ensuite extraire facilement la tête fémorale de son cotyle. Cette expérience établit nettement, et c’est là la conclusion de Gerken, que ce sont surtout les masses musculai-es, avec leur élasticité et leur tonicité, qui interviennent, dans l’articulation de la hanche comme dans les autres, pour maintenir en contact les surfaces articulaires.
Plus récemment encore (1903) W. Allen, de Boston, à la suite d’expériences entreprises comparativement sur sept sujets, est arrivé à cette conclusion que, dans l’articulation coxo-fémorale, les surfaces articulaires sont maintenues en présence en prenjier lieu parle bourrelet cotyloïdien, en second lieu par le ligament capsulaire. La pression atmosphérique n’y serait pour rien. La question, on le voit, n’est pas encore résolue et appelle de nouvelles recherches.
Muscles moteurs. — Les muscles moteurs de l’articulation de la hanche se distinguent, d’après leur action sur le fémur, en lléchisseurs, extenseurs, abducteurs et adducteurs, rotateurs en dedans et rotateurs en dehors :
1° Fléchisseurs : le psoas-iliaque principalement ; accessoirement, le couturier et le droit antérieur.
S'» Extenseurs : le grand fessier, les faisceaux postérieurs du moyen fessier, le biceps crural, le demi-tendineux et le demi-membraneux.
3® Abducieurs : les trois muscles fessiers, le pyramidal, le tenseur du fascia lata.
4® Adducteurs : le pectiné ; les petit, moyen et grand adducteurs ; le droit interne.
5® Rolaleurs en dedans : les faisceaux antérieurs du petit fessier et du moyen fessier.
6® Rotateurs en dehors : le grand fessier, les faisceaux postérieurs du moyen et du petit fessier, le pyramidal, les deux obturateurs interne et externe, les deux jumeaux supérieurs et inférieur, le carré crural.
A consulter, au sujet de l’articulation de la hanche, parmi les travaux relativement récents : Rose, Zur Mechanik des Hüf'tgelenlcs, Arcii. f. Anat. und Physiol., 1865 ; — Koenig, Studien über der Mechanik des Ilüf'tgelenks, etc., Deutsche Zeitschr. f. Chirurgie, 1873; — Scrmid, Ueber Form U. Mechanik des Ilüf'tgelenkes, Diss. Berne, 1874 ; — S.wcrv, On llie liganienturn teres, Journ. of Anat. and. Physiol., vol. YllI, 1874 ; — Welcker, Ueber das HUftgelenk, Zeitschr. f. Anat. u. Entwick., 1873 ; — Du .mè.me, Zur Anatomie des Ligamenturn teres Femoris, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1877 ; — Fick, Zur Frage der Ilüftgelenksfixationl Arch. f. Anat., 1878 ; — Sutton, The ligamenturn teres, Journ. of. Anat. and Pliysiol., vol. XVII ; — Morris, The ligamenturn teres and his uses in rnan and animais, Brit. med. journ., 1882; — A.m.ljitini, Di una ripiegatura sinoviale delt’articolazione del anca, Istit. Anat. di Perugia, 1890 ; — Bellini, Sur un ligament non décrit de l'articul. coxo-fémorale, Bull. Soc. Anat., 1891 ; — Gilis, Rôle du ligament rond dans l’art, coxo-fémorale, Montpellier méd., 1892 ; — Moser, Ueber das Ligamenturn teres des Hüf tgelenks, in Schwalbe’s Morpli. Arbeiten, 1892 ; — Str.vsser u. G.\ss.m.\nn, Iliftmittel u. Normen zur Bestihimung. ecc. der Stellungen, Rewegungen u. Kraf'twirkungen am Kugelgelenk, im besondere cnn llüf't. u. Schultergelenk des Menschen, in Merkel’s, Anat. Hefte, 1893 ; — Gerken, Das Hüftgelenk und der Lugtdriick, Anat. Anzeiger, 1895 : — G.\ssmann, Reilrag zur Mechanik u. Geomtrie des Hüftgelenks, Bonn, 1893 ; — PEYfJOT,. Rech. sur les ligaments antérieurs actifs et passifs de l’articulation coxo-fémorale, Th. Bordeaux, 1902 ; — Seabury W. Allen, The rôle of atmospheric pressure in lhe hip joint, Boston med. and surg. Journ., 1903 ; — Kohler, Die norm. u. pathol. mat. d. Hüftgelenks, etc., Fortschr. a. d. Gcb. d. Rôngenstr., Ergànszungsb., 1903 ; — Jenkiers, The Morphol. of the Hip. joint, Brit. méd. Journ., 1906 ; — Clermont, Les lymphatiques de Vart. de la nanche, C. R, Assoc. des Anat., 1908.
§ III. — Articulation du genou
L’articulation du genou (allem. Kniegelenk, angl. Knee-joint) réunit la cuisse à la jambe. Chez les vertébrés inférieurs, les deux os de la jambe, à peu près d’égale valeur, entrent en rapport l’un et l’autre avec l’extrémité inférieure de l’os de la cuisse. Chez l'homme, par suite du développement considérable qu’a pris le tibia, cet os seul s’articule avec le fémur; le péroné, fortement réduit, devenu pièce squelettique secondaire, se trouve complètement exclu de l’articulation. L’articulation du genou est donc une arliculalion fémoro-tibiale et elle est ainsi très différente.
ARTICULATION DU GENOU
morphologiquement, de son homologue, l’articulation du coude, où nous avons vu l’extrémité inférienre de l’humérus s’unir à la fois avec les deux os de l'avantbras. Du reste, au point de vue mécanique, elle appartient au même groupe que cette dernière : c’est une articulation trochléenne, une trochléarthrose.
1° Surfaces articulaires. — Trois os concourent à former les surfaces articulaires du genou : du côté de la cuisse, V exlrémilé inférieure du fémur ; du côté de la jambe, V extrémité supérieure du tibia, complétée en avant et en haut par la face postérieure de la rotule.
a. Extrémité inférieure du fémur. — L’extrémité inférieure du fémur, vue par sa face antérieure, nous présente tout d’abord une surface articulaire disposée en forme de poulie, la trochlée fémorale : elle est constituée, comme toutes les poulies, par deux facettes latérales, qui, en s’inclinant l’une vers l’autre, aboutissent à un sillon arrondi et mousse, constituant la gorge de la trochlée. Ce sillon, disposé dans le plan sagittal, se dirige obliquement, comme la poulie elle-même, de haut en bas et d’avant en arrière. Arrivées à la partie tout inférieure de l’os, les deux facettes trochléennes, jusque-là contiguës, se séparent : elles s’écartent ainsi l’une de l’autre et, de ce fait, la gorge de la trochlée se trouve remplacée par une large échancrure. Cette échancrure divise, à son niveau, l’extrémité inférieure du fémur en deux saillies volumineuses, qui sont appelées condyles; elle porte elle-même, en raison de sa situation, le nom éé échancrure intercondy tienne.
Nous avons déjà décrit les condyles en ostéologie (p. 342) : il est inutile d’y revenir ici. Nous nous contenterons de rappeler que le condyle interne et le condyle externe sont divergents d’avant en arrière, d’où il résulte que le diamètre transversal de l’extrémité inférieure du fémur est plus grand à sa partie postérieure qu’à sa partie antérieure . Nous rappellerons encore que la partie inféro-postérieure des condyles possède seule une surface articulaire, que cette surface articulaire, suivie d’avant en arrière, appartient tout d’abord à un cercle de très grand rayon, puis à un cercle de rayon beaucoup plus court, qu’elle s’enroule par conséquent à la manière d’une volute, autrement dit qu’elle décrit une courbe spirale, dont les rayons vont en décroissant de la partie antérieure à la partie postérieure (fig. 570) : d’après les mensurations de Weber, ce rayon de courbure, qui est de 43 millimètres au début, descend, en arrière, jusqu’à 16"’“, 85. Nous ajouterons, enfin, que les surfaces articulaires des condyles sont un peu plus larges à leur partie
Fig. 570.
Coupe sagittale du condyle interne du fémur (d’après Bugmon).
(La coupe suit approximativement la ligue de contact ; la surface est divisée en centimètres, comptés d’arrière en avant : le double contour figure l’épaisseur du cartilage; les différents centres de courbure sont indiqués par des points ; les chiffres, placés à côté des rayons, indiquent en millimètres la longueur de ces rayons.)
a, condyle. — b, trochlée.' — c, limite condylo-trochléenne.
ARTHROLOGIE
antérieure qu’à leur partie postérieure, d’où il résulte que la surface de contact fémoro-tibiale est plus étendue dans l’extension (position dans laquelle les condyles reposent sur le tibia par leur partie antérieure) que dans la flexion (position dans laquelle les condyles reposent sur ce même tibia par leur partie postérieure).
Comparés l’un à l’autre, les deux condyles fémoraux, quoique constitués sur le même type, ne sont pas exactement identiques Tout d’abord, le condyle interne est fortement déjeté en dedans, le condyle externe plus faiblement déjeté en dehors. Puis, la surface articulaire du condyle interne est plus longue que celle de l’externe : la première mesure 9 ou 10 millimètres ; la seconde à 8 millimètres seu-
lement. Enfin, comme l’établissent les mensurations de Bügnion, le rayon de courbure du condyle externe, considéré d’arrière en avant, augmente un peu plus rapidement que celui du condyle interne. Toutes ces dispositions, on le conçoit, ont une influence énorme sur le mécanisme de l’articulation du genou : ce sont elles, en grande partie, qui nous expliquent l’association constante des mouvements de rotation aux mouvements de flexion et d’extension.
A sa partie antérieure, la surface articulaire du condyle se continue avec la facette correspondante de la trochlée. 11 existe le plus souvent, à la limite
respective des deux surfaces condylienne et trochléenne, une ligne séparative représentée par une crête mousse, en arrière de laquelle se trouve un sillon plus ou moins accusé. Cette ligne, ligne condylo-trochléenne^ très visible sur la figure o7i (4 et 4’), commence sur le bord latéral de chaque condyle, au niveau d’une échancrure qui est plus marquée sur le condyle interne que sur l’externe. De là, elle se dirige obliquement en arrière et en dedans vers l’échancrure intercondylienne : la ligne interne se porte vers le sommet de cette échancrure : quant à la ligne externe, elle se termine à 8 ou 10 millimètres plus loin, sur le bord interne du condyle correspondant. L’observation démontre que la ligne condylo-trochléenne est ordinairement plus marquée sur le condyle interne que sur le condyle externe : sur oO fémurs, Mikulicz a trouvé les deux lignes à peu près égales sur 31, l’interne plus accusée que l’externe sur 16, l’externe au contraire plus marquée que l’interne sur 3. Depuis longtemps déjà (1879), Teruillon a établi que les lignes condylotrochléennes répondent, dans la station debout, au bord supérieur des fibro-
Fig. o71.
E.Ytrémité inférieure du fémur droit, avec sa collerelle capsulaire.
1, coadyle interne. — 2, condyle externe. — 3, trochlée. — 4, 4’, lignes condylo-trocldéennes interne et externe. — 5, échancrure intercondylienne. — 6. capsule articulaire. — 7, ligament latéral interne. — 8, ligament latéral externe. — 9, ligament croisé postérieur. — 10, ligament croisé antérieur. — 11, ligament adipeux. — 12, tendon du poplité.
ARTICULATION DU GENOU
cartilages semi-lunaires et, de ce fait, ne sont que les empreintes laissées sur les surfaces articulaires par ces fibro-cartilages (voy. fig. 596). Dès lors, il n’est rien d’étonnant qu’elles s’accentuent au fur et à mesure que le sujet avance en âge.
A l’état frais, la surface trochléenne et les deux surfaces condylieunes sont revêtues d’une couche de cartilage hyalin, dont l’épaisseur est, en moyenne, de 2““*, 5 à 3 millimètres. Cette couche, si elle est partout continue, n’est pas uniforme. Au niveau de la trochlée, elle est plus épaisse sur la gorge et sur le versant externe que sur le versant interne. Au niveau des condyles, elle est également beaucoup plus développée sur la partie moyenne que sur les bords : vu sur des coupes frontales (fig.
573), le revêtement cartilagineux des condyles revêt la forme d’un croissant dont la concavité, dirigée en haut, embrasse la surface osseuse correspondante.
b. Extrémité supé^ rieur e du tibia. — L’extrémité supérieure du tibia (voy. Ostéologie,
(p. 355) offre à l’articulation du genou ses deux cavités glénoïdes : l’une, interne, à la fois plus longue et plus profon dément excavée; l’autre, externe, plus large, légèrement concave dans le sens transversal, plane ou légèrement convexe dans
Extrémité supérieure du tibia droit, vue d'en haut avec sa collerette capsulaire.
1, cavité gléiioïde interne. — 2, cavité giénoïde externe. — 3, face postérieure de l’os. — 4, épine du tibia, avec se deux tubercules et les deux sui’faces préspinale et rétro- spinale. — o, capsule articulaire. — G, ligament rolulicn. — 7, ligament latéral interne. — 8, ligament latéral externe. — 9, tendon du poplité. — 10, tendon du biceps. — 11, cul-de-sac synovial, descendant jusqu’à la tète du péroné. — 12, tèndon du demi-membraneux, avec sa bourse séreuse.
Les parties teintées indiquent les territoires d’insertion des faisceaux fibreux suivants : a [en rouge)^ ligament croisé antérieur ; b [en rouge), ligament croisé postérieur; c [en jaune), ligament antérieur du fîbro-cartilage interne; d [en jaune), ligament postérieur du libro cartilage semi-lunaire interne ; e [en bleu.) ligament antérieur du fibro-cartilage externe
du fibro-cartilage externe, fibreux, à la figure 574.
f [en bleu), ligament postérieur Se reporter, pour la disposition de ces faisceaux
le sens antéro-postérieur, se prolongeant de 5 ou 6 millimètres sur la face postérieure de l’os.
Les deux cavités glénoïdes sont séparées l’une de l’autre, par Vépine du tibia, sorte de massif osseux quadrilatère, qui se résout en haut en deux tubercules, l’un interne, l’autre externe. Nous rappellerons, à ce sujet, que l’épine du tibia est un peu plus rapprochée du plan postérieur de l’os que du plan antérieur et, d’autre part, que chaque surface gléno'ide se relève au niveau de l’épine, pour se prolonger jusque sur le tubercule correspondant (fig. 573). En avant et en arrière de l’épine tibiale, toujours entre les deux cavités gléno'ides, s’étalent deux surfaces triangulaires et rugueuses, très irrégulières, la surface pré-spinale et la surface rétro-spinale.
A l’état frais, les deux surfaces articulaires du tibia sont revêtues, comme celles du fémur, par une couche de cartilage hyalin, dont l’épaisseur maxima répond toujours à la partie moyenne des cavités glénoïdes, juste sur le point où s’exerce, dans la station debout, la pression la plus considérable (fig. 573). Sur la glène interne.
AKTHROLOGIE
le revêtement cartilagineux mesure en moyenne 3 ou 4 millimètres d’épaisseur; la forme de la surface articulaire n’est pas sensiblement modifiée par lui. Mais il n’en est pas de même pour la glène externe et, cela, parce que la couche cartilagineuse qui s’étale sur elle est beaucoup plus épaisse à sa partie moyenne qu’rà ses deux extrémités antérieure et postérieure. Il en résulte que la surface articulaire, qui,
sur l’os sec, est à peu près plane dans le sens antéro-postérieur, est maintenant nettement convexe dans le même sens (fig. 580). Le revêtement cartilagineux, sur la glène externe, atteint jusqu’à 6 et 7 millimètres d’épaisseur.
c. Face postérieure de la rotule.
— La rotule nous présente, sur sa face postérieure, une surface articulaire allongée dans le sens transversal et occupant les trois quarts ou même les quatre cinquièmes supérieurs de cette face.
Une crête mousse, dirigée verticalement, divise cette surface articulaire en deux facettes latérales :
une facette externe, plus grande, nettement excavée à son centre; une facette interne, un peu plus petite, légèrement concave ou même plane, , subdivisée parfois elle-même, par une ligne oblique en bas et en dedans, en deux facettes secondaires (vo^^ Ostéologie, p. 351).
A l’état frais, la surface articulaire de la rotule nous présente un revêtement cartilagineux d’une épaisseur remarquable. Vue sur une coupe horizontale, cette couche cartilagineuse est à peu près uniforme ; à peine s’atténue-t-elle au niveau de ses bords. Elle mesure de 3 à 4 millimètres.
d. Mode de correspondance des surfaces articulaires précitées. — Pour constituer l’articulation du genou, les trois surfaces articulaires que nous venons de décrire, surface fémorale, surface tibiale et surface rotulienne , se disposent de la façon suivante. — La surface rotulienne tout d’abord s’applique contre la trochlée fémorale : la gorge de la trochlée répond à la crête verticale de la rotule; d’autre part, les deux facettes latérales ou versants de la trochlée, légèrement convexes, répondent aux deux facettes latérales de la rotule, lesquelles, comme nous l’avons vu, sont légèrement concaves. — De leur côté, les deux surfaces cond}diennes, convexes à la fois dans le sens transversal et dans le sens antéropostérieur, reposent sur les deux cavités glénoïdes du tibia. Nous ferons remarquer, à ce sujet, que, par sa partie la plus interne, par cette partie qui se relève le long de l’épine, chaque surface glénoïdienne se met en rapport, dans une étendue de plusieurs millimètres, avec la face interne ou axiale du condyle correspondant. Cette disposition se voit très nettement sur la figure 573, qui représente une coupe frontale de l’articnlation. — Enfin, à l’espace inl^ercondylien du fémur répond, du côté du tibia, ce que j’appellerai V espace inter glénoïdien, espace formé par l’épine
Fig. 573.
Coupe fVontale du genou droit, pour montrer les rapports respectifs des surfaces articulaires et l'épaisseur variable du revêtement cartilagineux (sujet congelé, segment postérieur de la coupe).
1, condyle interne. — 2, condyle externe. — 3, cartilage semi-lunaire interne. — 4, cartilage semi-lunaire externe. — 5, ligament croisé antérieur. — 6, ligament croisé postérieur. — 7, épine du tibia. — 8, capsule articulaire.
ARTICULATION DU GENOU
du tibia et par les deux surfaces rugueuses pré-spinale et rétro-spinale, qui sont placées, l’une en avant, l’autre en arrière de l’épine.
Si maintenant nous envisageons d’une façon plus générale les surfaces articulaires du genou, nous pouvons dire : du côté du fémur, en réunissant la trochlée proprement dite aux surfaces condyliennes qui lui font suite, nous avons une véritable poulie, dont la gorge, très nettement marquée à la partie antérieure et supérieure de l’os, est remplacée à la partie inférieure et postérieure par l’échancrure intercondylienne. En correspondance avec cette poulie, nous trouvons, du côté de la jambe, une surface inversement configurée, constituée par la réunion de la surface rotulienne avec les deux cavités glénoïdes du tibia : à la gorge de la poulie, répond la crête verticale de la rotule, laquelle est remplacée en bas et en arrière, comme la gorge trochléenne elle-même, par l’espace interglénoïdien ; aux versants de la poulie répondent les deux facettes latérales de la rotule, continuées, du côté du tibia, chacune par la cavité glénoïde correspondante.
L’articulation du genou présente donc tous les éléments morphologiques qui caractérisent les articulations trochléennes et ainsi se trouve justifiée la place que nous lui avons assignée plus haut dans la nomenclature.
2° Fibro- cartilages ou ménisques interarticulaires. — La concordance n’est pourtant pas parfaite entre les deux surfaces articulaires fémorale et tibiorotulienne : la concavité peu marquée des cavités glénoïdes du tibia s’adapte mal à la convexité beaucoup plus prononcée des condyles fémoraux. En d'autres termes, les condyles sont trop convexes, ou bien les cavités glénoïdes, sur lesquelles ils sont destinés à se mouvoir, ne sont pas suffisamment excavées. Pour rétablir l’harmonie, nous voyons se développer, sur chacune des cavités glénoïdes, un fibro-cartilage en forme d’anneau ou plutôt de demi-anneau (fig. 574, 1 et H), dont l’épaisseur va en diminuant de la périphérie au centre, disposition qui a nécessairement pour conséquence de relever les bords de la cavité sous-jacente et, du même coup, d’en augmenter la profondeur.
a. Caractères communs aux deux fibro-cartilages. — Ces fibro-cartilages d’agrandissement ou ménisques inter articulaires sont encore appelés, en raison de leur forme, cartilages semi-lunaires ou falciformes du genou.
Ils nous présentent chacun, outre deux extrémités que nous décrirons tout à l’heure : 1° deux faces, l’une supérieure, l’autre inférieure; 2° deux circonférences, que l’on distingue en externe et interne. — La face supérieure, concave, se moule sur le condyle correspondant du fémur. — La face inférieure , à peu près plane, repose sur la cavité glénoïde du tibia. — La circonférence externe ou grande circonférence, très épaisse (fig. 573,3 et 4), répond à la périphérie de l’articulation. Elle adhère intimement à la capsule fibreuse et aussi aux ligaments latéraux, sur tous les points où elle se trouve en contact avec eux. — La circonférence interne ovl petite circonférence, concave, fort mince, presque, tranchante, regarde le centre de la cavité glénoïde, mais elle ne l’atteint pas : elle en reste séparée, d’ordinaire, par un intervalle de 6 à 8 millimètres.
La coupe vertico-transversale des fibro-cartilages semi-lunaires représente un triangle très allongé (fig. 573, 3 et 4), dont la base répond à la grande circonférence, le sommet à la petite. Le cartilage s’avance à la manière d’un coin dans l’angle dièdre {sinus condylo-cubitaï) que forment, en se juxtaposant, le condyle fémoral et le plateau du tibia.
b. Caractères propres à chaque fibro-cartilage. — Les cartilages semi-lunaires
ARTHROLOGIE
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se distinguent, comme les cavités glénoïdes, auxquelles ils sont annexés, en externe et interne. — externe décrit un cercle à peu près complet : il est interrompu seulement en dedans, au niveau de l’épine, dans une toute petite étendue. On l’a comparé à un O. — Vinterne est également interrompu du côté de l’épine, mais sur une étendue beaucoup plus grande : il ne décrit, en effet, que les trois quarts ou même les deux tiers d’une circonférence. On l’a comparé à un C. (Comme moyen mnémotechnique de la forme respective de chacun des deux cartilages semi-lunaires, on pourra retenir le mot de OeCi : Oe, l’externe en forme d’O ; Ci, l’interne en forme de C).
c. Mode d'insertion. — Somme toute, les deux cartilages semi-lunaires revêtent
l’un et l’autre la forme d’un croissant et chacun d’eux nous présente deux extrémités ou cornes, l’une antérieure, l’autre postérieure, qui se dirigent toutes les deux vers l’espace interglénoïdien.
C’est par ces deux extrémités que les ühro-cartilages se fixent au tibia, au moyen de trousseaux fibreux qui leur appartiennent en propre.
a) Le fibro- cartilage externe s’attache, par sa corne antérieure, sur la surface triangulaire préspinale, immédiatement en avant de l’épine et sur le côté externe du ligament croisé antérieur; par sa corne postérieure, sur le tubercule interne de l’épine du tibia et dans l’espèce de fossette qui sépare ce tubercule interne de l’externe. De cette dernière corne part un faisceau fibreux, ordinairement très développé (fig. 574, 8), qui, se redressant en haut, vient se placer sur la face antérieure du ligament croisé postérieur et remonte, avec ce dernier, jusqu’au condyle interne : nous y reviendrons plus loin à propos des ligaments croisés. Je n’ai jamais rencontré, pas plus que Moup.et, le faisceau de renforcement, décrit par certains auteurs, que la corne antérieure de notre fibro-cartilage externe enverrait au ligament croisé antérieur.
’p) Le fibro-cartüage interne se fixe, par sa corne antérieure, au rebord antérieur du plateau tibial, immédiatement en avant du ligament croisé antérieur ; sa corne postérieure s’attache sur la surface rétro-spinale, dans l’espace compris entre le ligament croisé postérieur et finsertion postérieure, ci-dessus décrite, du fibro-cartilage extei'ne. Nous ferons remarquer, en passant, que les ligaments du libro-cartilage interne sont beaucoup plus faibles que ceux de l’externe.
'(jhQ^deux fibro-car Litages ^oni enfin reliés l’un à l’autre, à leur partie antérieure
Les deux cavités glénoïdes du tibia avec leurs libro-cartilages semi-lunaires, vues d’en haut.
1, fibro-carlilage semi-lunaire interne avec : 1’, son ligament antérieur ; 1”, son ligament postérieur. — 2, fibro-cartilage semi-lunaire externe, avec : 2’, son ligament antérieur ; 2”, son ligament postérieur. — 3, ligament jugal. — 4, cavité glénoïde intei’ue. — 3, cavité glénoïde externe. — 6, capsule articulaire. — 7, ligament croisé antérieur. — 8, ligament croisé postérieur, avec 8', un faisceau de renforcement provenant de la corne postérieure du fibro-cartilage externe. — 9, tendon rotulien — 10, ligament latéral interne. — 11, ligament latéral externe. — 12, tendon du poplité.
ARTICULATION DU GENOU
à l’aide d’une petite bandelette à direction transversale (tig. 574, 3j que l’on désigne indistinctement sous le nom de ligament transverse ou ligament jugal. Cotte bandelette fibreuse, large de 3 ou 4 millimètres, longue de 4 ou o centimètres, est recouverte par une masse cellulo-graisseuse, que nous décrirons plus loin sous le nom de paquet adipeux antérieur du genou.
d. Dimensions. — Les dimensions . des cartilages semi-lunaires sont très variables. Ils présentent, en moyenne, de 10 à 12 millimètres de largeur; l’interne est ordinairement un peu plus large que l’externe. Leur hauteur, mesurée au niveau de la grande circonférence, est de 8 millimètres pour l’externe, de 6 millimètres seulement pour l’interne.
3° Moyens d’union. — Les différentes pièces squelettiques qui entrent dans la constitution du genou sont maintenues en présence : 1° par un ligament capsulaire ou capsule ; 2° par six ligaments périphériques, qui renfoncent la capsule et que nous distinguerons en ligament antérieur, ligament postérieur, liga^nents latéraux et ligaments croisés.
A. Ligament capsulaire ou capsule. — La capsule fibreuse du genou revêt ici, comme ailleurs, la forme d’un manchon, dont la circonférence supérieure embrasserait le fémur, la circonférence inférieure l’extrémité supérieure du tibia.
a. Ses insertions. — Voyons d’abord ses insertions :
a) LHnsertion fémorale (fig. 571) est très irrégulière. A la partie antérieure de l’articulation, tout d’abord, la capsule s’insère dans le creux sus-trochléal, à 10 ou 15 millimètres au-dessus de la gorge de la poulie. Sa ligne d’insertion, se portant ensuite au dehors et en arrière, rase l’extrémité antérieure des deux bords de la poulie et descend ensuite sur la face externe de chaque condyle jusqu’au-dessous de la tubérosité. Remontant alors en haut et en arrière, elle gagne la face postérieure des condyles, contourne cette face postérieure à la manière d’un demi-cercle et arrive ainsi à l’espace intercondylien. Là, au lieu de passer comme un pont d’un condyle à l’autre, elle se réfléchit sur la face profonde de chacun des condyles et se confond bientôt avec l’extrémité supérieure du ligament croisé correspondant. Dans ce long trajet, notre ligne d’insertion capsulaire est constamment située à une certaine distance du revêtement cartilagineux. Cette distance, très variable du reste suivant les points que l’on considère, est de 15 à 18 millimètres à la partie antérieure de la face externe des condyles, de 5 ou 6 millimètres au niveau des tubérosités, de quelques millimètres seulement à la partie postérieure des condyles.
P) h'insertion tibiale (fig. 572) de la capsule articulaire du genou se fait, en avant, sur le bord antérieur de la surface rugueuse pré-spinale. De là, la ligne d’insertion contourne, à la manière d'un demi-cercle, chacune des deux cavités glénoïdes et, arrivée à l’espace interglénoïdien, se termine sur les ligaments croisés. Au cours de ce trajet péritibial, la capsule ne s’éloigne guère que de 2 ou 3 millimètres du revêtement cartilagineux. A la partie postérieure de la tubérosité externe, cependant, l’insertion capsulaire, située beaucoup plus bas, se fait suivant une ligne oblique qui, de l’espace interglénoïdien, descend jusqu’à la tête du péroné.
b. Ses solutions de continuité . — Nous avons, précédemment, comparé la capsule articulaire du genou à un manchon. Tout en conservant cette comparaison, qui est exacte, il convient d’ajouter que le manchon fibreux est interrompu sur deux points : a sa partie antérieure et à sa partie postérieure. — A sa partie antérieure, tout d’abord, il présente une large fenêtre dans laquelle vient se placer la rotule. Sur le pourtour de cette fenêtre, la capsule s’insère sur la circonférence de la
ARÏHROLOGIE
rotule, immédiatement en dehors du revêtement cartilagineux. — A sa partie postérieure, en regard de l’échancrure intercondylienne, la capsule est interrompue dans toute sa hauteur. Les deux bords qui résultent de cette interruption verticale, le bord interne et le bord externe, se réfléchissent tous les deux en avant, pénètrent dans l’échancrure intercondylienne, y rencontrent bientôt les ligaments croisés et se perdent chacun sur le côté externe du ligament croisé correspondant. — La capsule fibreuse nous présente encore quelques autres solutions de continuité, mais moins importantes, pour le passage d’un certain nombre de bourses séreuses, que nous étudierons plus loin.
c. Son adhérence aux ménisques. — Au niveau de l’interligne articulaire fémoro-
tibial, la capsule du genou adhère inti-
Fig. ü7ü.
Articulation du genou, vue antérieure (synoviale injectée au suif).
A, fémur. -- B, tibia, avec B’, sa tubérosité antérieure. — C, rotule. — D, péroné.
1, ligament latéral interne. — 2, ligament latéral externe. — 3, ligament rotuliên. — 4, 4’, ailerons rotuliens interne et externe. — 3, 5’, fibro-cartilages interne et externe. — 6, quadriceps, avec 6’, expansion quadricipitale. — 7, ligament péroiiéo-tibial antérieur. — 8, synoviale articulaire (portion sus-méniscale), avec : 8’, sa portion sous-niéniscale ; 8 ’, son prolongement sous-quadricipital. — ,9, muscle tenseur de la synoviale. — 10, tendon du biceps, avec 10’, sa bourse séreuse. — 11, tendon du poplité, avec U’, sa bourse séreuse. — 12, les trois tendons de la patte d’oie, avec 12’, leur bourse séreuse. — 13, paquet adipeux antérieur du genou. — 14, bourse prétibiale. — 13, ligament mterosseux de la jambe. — 16, artère tibiale antérieure. — 17, grande anastomotique, — 18, 18’, articulaires supérieures interne et externe. — 19 et 19’, articulaires inférieures interne et externe. — 20, récurrente tibiale antérieure.
mement à la circonférence externe des fibro-cartilages ou ménisques interarticulaires, qui la divisent ainsi en deux parties : l’une inférieure ou sousméniscale relativement peu étendue; l’autre supérieure ou sus-méniscale, beaucoup plus considérable. 11 est à noter que la portion située au-dessous des ménisques est plus épaisse que celle située au-dessus.
d. Sa structure. — Histologiquement, la capsule fibreuse du genou est constituée en grande partie par des faisceaux de fibres longitudinales, qui descendent directement du fémur sur le tibia ou bien vont du fémur à la rotule et de celle-ci à la partie antérieure du tibia. A ces fibres longitudinales s’ajoutent, en s’entremêlant avec elles, des fibres obliques ou transversales de provenances fort diverses.
B. Ligament antérieur. — Le ligament antérieur (fig. 575, 2j, plus connu sous le nom de liga^nent rotuliên, est représenté par un ruban fibreux, à la fois très large, très épais, très résistant, qui s’étend du sommet de la rotule à la tubérosité antérieure du tibia. Sa direction, toutefois, n’est pas exactement verticale, mais un peu oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Il forme avec l’axe du fémur un angle fortement obtus, dont le sinus regarde le côté externe de l’articulation.
Aplati d’avant en arrière et plus large en haut qu’en bas, le ligament rotuliên nous offre à considérer deux faces, deux bords, une base et un sommet. — Sa face antérieure ou cutanée répond à
ARTICULATION DU GENOU
l’aponévrose fémorale et à la peau. — Sa face postérieure ou articulaire regarde l’articulation. Elle répond, à sa partie inférieure, à une bourse séreuse qui la sépare du tibia : c’est la bourse prétibiale, laquelle facilite le glissement du tendon sur la surface osseuse. Au-dessus de la bourse prétibiale, la face postérieure du ligament rotulien est en rapport avec un paquet cellulo-adipeux, que nous désignerons sous le nom de paquet adipeux antérieur du genou. Destiné à combler l’intervalle qui sépare le ligament de la ligne de contact des condyles avec le tibia, le paquet adipeux antérieur prend naturellement la forme même de cet intervalle : c’est une sorte de cône, qui répond par sa base au ligament rotulien et à la partie la plus inférieure de la rotule, et par son sommet plus ou moins effilé à la partie antérieure de l’espace intercondylien. 11 se voit très nettement sur les coupes sagittales du genou (fig. 580, li). — Les deux bords du ligament rotulien, minces et arrondis, répondent à l’aponévrose fémorale. — Sa base s’insère sur le sommet de la rotule. A ce niveau, on constate très nettement la continuité des fibres superficielles du tendon avec des fibres de même direction, qui proviennent de la face antérieure de la rotule et qui se continuent d’autre part, à la base de cet os, avec le tendon du quadriceps. — Son sommet, tronqué, se fixe sur les parties moyenne et inférieure de la tubérosité antérieure du tibia.
Le ligament antérieur du genou mesure, en moyenne, 5 ou 6 centimètres de longueur. Sa largeur est de 3 centimètres au niveau de sa base, de 2 centimètres à son sommet. Son épaisseur varie de 5 à 6 millimètres.
Morphologiquement, le ligament rotulien doit être considéré comme le tendon terminal du muscle quadriceps, qui a été interrompu, à la face antérieure du genou, par le développement de la rotule.
A la partie antérieure de l’articulation du genou, la capsule fibreuse se trouve renforcée par une série de plans fibreux, qui sont, en allant des parties superficielles vers les parties profondes, l'aponévrose fémorale, l’expansion quadricipitale, les ailerons de la rotule :
a. Aponévrose fémorale. — L’aponévrose fémorale recouvre tout le pourtour de l’arliculation du genou. — En dedans de la rotule, elle est relativement mince, formée en grande partie par des fibres longitudinales, qui viennent se confondre inférieurement avec l'expansion fibreuse du muscle couturier. — En dehors de la rotule, elle forme une lame fibreuse beaucoup plus épaisse, représentant en grande partie le tendon du muscle tenseur du fascia lata. Ici encore elle se compose de fibres longitudinales, qui se fixent, en bas, sur la tête du péroné et sur la tubérosité externe du tibia, principalement sur le tubercule de Gerdy. — En avant de la rotule, l’aponévrose fémorale, extrêmement mince, est représentée par un système de fibres transversales ou arciformes, qui sont surtout très accusées au niveau du tendon rotulien. Ces fibres, en passant en avant du tendon, le refoulent en arrière et, de ce fait, lui font prendre une forme légèrement concave en avant : si l’on vient à les sectionner, le tendon se redresse et, du même coup, sa concavité antérieure disparaît (Mouret).
b. Expansion quadricipitale. — Située au-dessous de l'aponévrose fémorale, l’expansion quadricipitale est une lame aponévrotique, qui se détache, à sa partie supérieure, du tendon du droit antérieur et des deux vastes (voy. Myocogie) et qui, de là, descend au-devant du genou jusqu’aux tubérosités du tibia. — Sur le côté externe de la rotule, l'expansion quadricipitale est peu distincte. Elle se confond, en effet, à 10 ou 12 millimètres en dehors de la rotule, avec l’aponévrose fémorale. Elle vient se fixer, comme cette dernière, sur la tubérosité externe du tibia. — Sur le côté interne de la rotule, l’expansion quadricipitale est beaucoup plus distincte. Elle présente bien encore des connexions avec l’aponévrose fémorale ; mais ces connexions sont plus faibles, et l'on peut ordinairement isoler les deux lames en question jusqu'à 3 centimètres du bord interne de la rotule. — Au-devant de la rotule, enfin, l'expansion quadricipitale passe devant cet os sans lui adliérer ; entre elle et la surface osseuse se trouve même une bourse séreuse, soit uniloculaire, soit cloisonnée; nous y reviendrons plus loin. Arrivée au sommet de la rotule, l’expansion fibreuse se confond avec les fibres arciformes, ci-dessus mentionnées, de l’aponévrose fémorale.
c. Ailerons de la rotule. — On désigne sous ce nom deux lamelles fibreuses, qui sont situées immédiatement au-dessous de l’expansion quadricipitale et qui se portent des bords latéraux de la rotule vers les condyles fémoraux. Ils se distinguent en externe et interne. — Uaileron externe (fig. 378,3), très court, difficile à isoler, se détache du bord externe de la rotule. De là, les fibres qui le constituent se portent transversalement en dehors et se confondent plus ou
ARÏHROLOGIE
moins, après un trajet do 8 à 10 millimètres, avec l’aponévrose fémorale. — Vaileron interne (fig. 577,3), beaucoup plus distinct et par conséquent beaucoup plus long, prend naissance sur le bord interne de la rotule. Puis, se dirigeant en dehors, vers la face latérale du condyle interne, il vient se fixer à la fois sur le tubercule du grand adducteur, sur la tubérosité du condyle et sur le ligament interne.
Au sujet des ailerons de la rotule et des divers plans fibreux qui s’étalent au-devant de l’articulation du genou, voyez ; Bize, Recherches sur les bourses muqueuses prérot iiliennes, Journ. de l’anat., 1896: — Brut et Gaule, Les ailerons de la rolule, Journ. de l'anat., 1901 ; — Dieulafé, Les ailerons rotuliens et les ligaments propres de la rolule, Bibliogr. anat., 1902.
C. Ligament postérieur. — Le ligament postérieur du genou s’étale sur toute
la face postérieure de l’articulation. Il
Fig. 576.
Articulation du genou droit, vue postérieure (cavité articulaire injectée au suif).
A, fémur. — B, tibia. — C, péroné. — 1, U, coques fibreuses interne et externe du ligament postérieur. — 2, ligament latéral interne. — 3, ligament latéral externe. — 4, 4’, ligament iiojilité arqué. — 5, 5, pa(|uet adipeux postérieur, remplissant l'espace intercondylien. — C, grand adducteur. — 7, jumeau interne, avec 7’, sa bourse séreuse.
— 8, demi-membraneux, avec : a, son tendon direct ; b, son tendon antérieur; c, son tendon récurrent (ligament jioplité oblique'. — 9, plantaire grêle. — 10, jumeau externe. — 11, tendon du biceps. — 12, poplité, reposant sur sa bourse séreuse. — 13, ligament péronéo-tibial postérieur. — 14, prolongement sous-quadricipital de la synoviale. — 15, artère ])Oplilée. — 16, 16, articulaires supérieures interne et externe.
— 17, 17, aiticulaires inférieures interne et externe. — 18, articulaire moyenne — 10, tronc tibio-péronier . — 20, tibiale antérieure. — 21, articulaire de la tête du péroné.
se compose de trois parties : une parlie moyenne et deux parties latérales.
a. Parties latérales. — ■ Les deux parties latérales, entièrement confondues avec la capsule fibreuse ci-dessus décrite, forment en arrière des condyles deux coques fibreuses, représentant chacune une sorte de segment de sphère à concavité dirigée en avant :
leur face antérieure, excavée et lisse, se moule exactement sur la partie postérieure arrondie des condyles fémoraux ; leur face postérieure, convexe, répond aux muscles jumeaux, qui prennent sur elle une parlie de leurs insertions. — La coque fibreuse interne est relativement mince. Elle nous présente d’ordinaire une ouverture circulaire, au niveau de laquelle le jumeau interne repose immédiatement sur le condyle sous-jacent. — La coque fibreuse externe est beaucoup plus épaisse que la précédente. A sa partie centrale se voit assez souvent un noyau fibro-cartilagineux ou osseux (fig. 59o. 9’), qui donne insertion à quelques faisceaux du jumeau externe et qui, pour cette raison, est appelé sésamoïde du jumeau externe.
b . Partie moyenne . — La partie moyenne comprise entre les deux coques précitées, répond aux espaces intercondylien et interglénoïdien. Elle est formée par un ensemble fort irrégulier de fibres verticales ou obliques, de longueur variable et s’entrecroi-
sant un peu dans tous les sens. Ces fibres sont de deux ordres : les unes sont des expansions des muscles voisins; les autres sont des flbi'es propres. — Parmi les premières, nous signalerons avant tout le tendon récurrent du demi-membraneux (fig. 576, c,), large expansion triangulaire qui se détache du tendon de ce dernier
ARTICULATION DU GENOU
muscle et, de là, se porte obliquement en haut et en dehors pour venir se terminer, en partie sur la coque fibreuse du condyle externe, en partie sur le fémur lui-même dans l’espace compris entre les deux condyles : c’est le ligament poplité oblique des anatomistes allemands. — Les fibres propres vont du fémur ou de la capsule à l’un ou l’autre des deux os de la jambe. Nous signalerons, comme appartenant aux fibres propres, deux faisceaux, ordinairement assez distincts, qui se détachent, l’un de la tête du péroné, l’autre, de la tubérosité externe du tibia. De là, ils se portent en haut, en convergeant l’un vers l’autre, et viennent se terminer ensemble sur la partie inférieure de la coque fibreuse externe. Ces deux faisceaux, faisceau tibial et faisceau péronier, sont l’un et l’autre légèrement concaves. En se réunissant par leur extrémité supérieure et en se regardant par leur concavité, ils forment dans leur ensemble une sorte d’arcade à concavité inférieure (fig. 576,4 et 4’) : c’est le ligament poplité arqué anatomistes allemands. Audessous de lui passe le muscle poplité. — Oooi qu’il en soit de leur provenance, les fibres constitutives de la partie moyenne du ligament postérieur ménagent entre elles de nombreux orifices, qui livrent passage à quelques filets nerveux et à des vaisseaux, notamment à l’artère articulaire moyenne ou à ses branches.
D . Ligaments latéraux . — Au nombre de deux, les ligaments latéraux de l’articulation du genou se distinguent en interne et externe :
a. Ligament latéral interne. — Le ligament latéral interne (fig. 577,1), aplati et rubané, s’insère en haut sur la tubérosité du condyle interne, immédiatement au-dessous du tubercule du troisième adducteur. De là, il se porte en bas et un peu en avant et vient se terminer sur la partie la plus élevée de la face interne du tibia, ainsi que sur le bord interne de cet os.
Assez étroit à son extrémité supérieure, il s’élargit en descendant, atteint son maximum de largeur au niveau du ménisque, puis se rétrécit graduellement jusqu’à son insertion tibiale. Il revêt ainsi dans son ensemble la forme d’un triangle, dont la base serait représentée par le bord antérieur. Sa longueur atteint 9 ou 10 centimètres; sa largeur est de 20 à 25 millimètres à sa partie moyenne, de 12 à 15 millimètres à son extrémité inférieure. Il est constitué par trois ordres de libres.
Fig. 577.
Articulation du genou droit, vu par sa face interne (cavité articulaire injectée au suifj.
A, fémur. — B, tibia. — C, rotule. — D, fibro-cartilage semilunaire interne. — 1 , ligament latéral interne. — 2, tendon rotulien, avec 2’, bourse prétibiale. — 3, aileron interne de la rotule. — 4, paquet adipeux antérieur. — o, muscle quadriceps. — 6, grand adducteur. — • 7, demi-membraneux, avec 7’, son tendon antérieur. — 8, jumeau interne. — 9, tendon de la patte d’oie, avec 9’, sa bourse séreuse. — 10, cul-de-sac sous-quadricipital de la synoviale, avec 10’, son muscle tenseur. — 11, artère articulaire supéi’O-interne. — 12, artère articulaire iuféroin terne.
ARTHROLOGIE
savoir : 1° des fibres verticales, qui descendent directement du fémur sur le tibia; elles répondent au bord antérieur du ligament ; 2° des fibres obliques descendantes, qui, partant du fémur, s’éparpillent en éventail, pour se terminer à la fois sur la capsule et sur le ménisque; 3*^ des fibres obliques ascendantes, qui, du tibia, remontent vers la capsule et s’y terminent en même temps que sur le ménisque.
Envisagé au point de vue de ses rapports, le ligament latéral interne nous offre à considérer deux bords et deux faces. — Son bord postérieur se continue avec la coque condylienne interne du ligament postérieur. — Son bord antérieur, assez
nettement délimité, regarde le liga- 10' ment rotulien , dont il- est séparé par un intervalle de 3 centimètres à 3 centimètres et demi. — Sa face superficielle est recouverte : 1° en haut, par l’aponévrose fémorale et la peau ; en bas, par les tendons des muscles de la patte d’oie , qui le croisent obliquement et glissent sur elle à l’aide d’une bourse séreuse. — Sa face profonde, enfin, répond successivement, en allant de haut en bas : 1® au condyle interne du fémur, dont il est séparé par la synoviale articulaire; 2° au fibro-' cartilage semi-lunaire interne, auquel il adhère intimement; 3° à la lubérosité interne du tibia, au tendon horizontal du muscle demimembraneux et à l’artère articulaire interne inférieure.
b. Ligament latéral externe. — Le ligament latéral externe (fig. 578, 1) revêt la forme d’un cordon arrondi ou très légèrement aplati, long de 5 ou 6 centimètres, épais de 4 ou 5 millimètres.
Comme on le voit, il diffère beaucoup du précédent et par sa forme et par sa longueur. 11 s’attache, en haut, sur la tubérosité du condyle externe du fémur. De là, il se porte en bas et un peu en arrière et vient se fixer à la partie antérieure et externe de la tête du péroné, à 8 à 10 millimètres en avant de l’apophyse styloïde de cet os.
On peut considérer au ligament latéral externe, comme à l’interne, deux bords et deux faces. — Son bord antérieur donne naissance à une expansion fibreuse, qui descend obliquement sur le bord externe du fibro-cartilage semi-lunaire correspondant. — Son bord postérieur est en rapport, dans toute son étendue, avec le tendon du biceps, qui, en bas, l’enveloppe dans une gaine demi cylindrique : une bourse
Fig. 578.
Articulation du genou droit, vu par sa face externe icavité articulaire injectée au suif).
A, fémur. — B, tibia. — C, rotule. — D, péroné. — E, fibrocartilage semi-lunaire externe. — 1, ligament latéi'al externe. — 2, tendon rolulien, avec 2’, bourse prétibiale. — 3, aileron externe de la rotule. — 4, pacpiet adipeux antérieur. — 3, muscle quadriceps. — 6, jumeau externe. — 7, biceps, avec 7’, sa bourse séreuse. — 8, tendon du poplité, avec : 8’, sa bourse séreuse ; 8”, bourse séreuse séparant ce tendon du ligament latéral externe. — 9, ligament péronéo-tibial antérieur. — 10, cul-de-sac sous quadrici[)ital de la synoviale, avec 10’, son muscle tenseur. — H, artère articulaire supéro-externe. - 12, artère articulaire inléro-externe. — 13, artère tibiale antérieure. — 14, artère récurrente tibiale antérieure. — 13, artère articulaire de la tête du péroné. — 16, artères périostiques.
ARTICULATION DU GENOU
séreuse plus ou moins développée (fig. 578, 7’) sépare ordinairement, à leur partie inférieure, le tendon et le ligament — Sa face superficielle répond à l’aponévrose fémorale. — Sa face profonde recouvre successivement, en allant de haut en bas : le tendon du poplité, dont il est séparé par une bourse séreuse ; 2° le übrocartilage interarticulaire externe; 3° l’artère articulaire inféro-externe ; 4° enfin, la tubérosité externe du tibia.
E. Ligaments croisés. — Les ligaments croisés, improprement appelés ligaments intra-articulaires ou ligaments interosseux, sont profondément situés dans l’échancrure intercondylienne. On ne peut les apercevoir et bien les étudier qu’à la condition de sectionner préalablement le ligament antérieur (fig. 559, 5 et 6) ou le ligament postérieur. Au nombre de deux, ces ligaments se distinguent, d’après leur situation respective au niveau de leur insertion tibiale, en antérieur et postérieur :
a. Ligament croisé antérieur. -- Le ligament croisé antérieur (fig.
579, 5j prend naissance, en bas, sur la partie antéro -interne de l’épine du tibia et sur la surface rugueuse qui est placée en avant de l’épine.
Parti de ce point, il se dirige obliquement en haut., en arrière et en dehors et vient se fixer, par son extrémité supérieure, sur la partie toute postérieure de la face profonde du condyle externe. Cette insertion fémorale se fait suivant une ligne verticale de 1 centimètre de hauteur.
b. Ligament croisé postérieur. —
Le ligament croisé postérieur (fig. 579, 6) s’insère, en bas, sur la surface plus ou moins rugueuse, excavée en forme d’échancrure, qui
,, 1 iw • -1 • , P<^roné. — 5, ligament croisé autérieur. — 6, ligament croisé
se voit en arrière de 1 épine tibiale postérieur. — 7, ligament ncUpeux. érigné en haut. — 8, ligament
et qui sépare a ce niveau les deux bourse prétibiale. — lO, ligament latéral externe, coupé en
cavités glénoïdes. De là, il se porte anVéSurT obliquement en haut, en avant et en
dedans, et vient s’attacher, par son extrémité supérieure, sur la partie antérieure de la face profonde du condyle interne. Cette insertion fémorale mesure environ 2 centimètres d’étendue; mais, contrairement à celle du ligament croisé antérieur, elle se fait suivant une ligne horizontale. — Nous avons déjà dit plus haut, et nous croyons devoir le rappeler ici, que le ligament croisé postérieur est renforcé dans la grande majorité des cas par un faisceau accessoire (fig. 576, 8'i, qui prend naissance sur l’extrémité postérieure du fibro-cartilage interarticulaire externe, gagne ensuite la face antérieure du ligament croisé et, finalement, vient se fixer, avec ce dernier, sur la face externe du condyle interne. Ce faisceau accessoire, parfaitement distinct à son origine, se confond ordinairement, au cours de son trajet, avec les faisceanx
Fig. 579.
Ligaments croisés, vue antérieure.
(L’articulation a été ouverte en avant, la rotule enlevée et le fémur fortement fléchi sur les os de la jambe).
1, condyle interne. — 2, condyle externe. — 3, tibia. —
ARTHROLOGIE
correspondants du ligament croisé; dans certains cas, cependant, il conserve son indépendance jusqu’à son insertion fémorale. Outre ce faisceau accessoire, qui se porte en avant du ligament croisé postérieur et que l’on peut, pour cette raison, appeler faisceau accessoire antérieur, on rencontre parfois un faisceau accessoire postérieur, qui se détache, comme le précédent, de la corne postérieure du fibro-cartilage interarticuiaire externe et d’autre part gagne le condyle externe, en passant, non plus sur la face antérieure du ligament croisé postérieur, mais sur sa face postérieure (fig. 593, 5'). Ce faisceau accessoire postérieur, bien décrit tout récemment par Kazzander, peut remplacer le faisceau accessoire antérieur, mais le plus souvent il coexiste avec lui. Dans ce dernier cas, on le voit, notre ligament croisé postérieur chemine entre deux faisceaux de renforcement, l’un postérieur, l’autre antérieur, qui s'étendent obliquement de la corne postérieure du libro-cartilage externe à la face externe du condyle interne.
c. Caractères communs aux deux ligaments croisés. — Il résulte de ce que nous venons de dire touchant la disposition des deux ligaments croisés : 1® que ces deux ligaments présentent chacun une double obliquité ; 2® que la direction de l’un est exactement l’inverse de celle de l’autre; 3® que les deux ligaments, enfin, s’entrecroisent doublement, dans le sens antéro-postérieur d’abord, puis dans le sens transversal. Le nom de ligaments croisés, sous lequel on les désigne, ne saurait donc être mieux justifié.
Comme moyen mnémotechnique des insertions respectives des ligaments croisés, l’élève pourra se rappeler les quatre majuscules AEPI, qui sont chacune la première lettre d’un adjectif et que l’on doit lire comme suit : ligament Antérieur allant au condyle Externe; ligament Postérieur allant au condyle Interne.
Envisagés au point de vue de leurs rapports, les deux ligaments croisés entrent réciproquement en contact par leur bord axial, je veux dire par celui de leurs bords qui regarde le centre de farticulation. Leur bord externe donne insertion, comme nous l’avons vu plus haut (p. 6l9j, à la capsule fibreuse. Leur face antérieure ou articulaire est revêtue par la synoviale. Leur face postérieure, extraarticulaire, répond à un paquet cellulo-graisseux, simple tissu de remplissage sur lequel nous reviendrons plus loin, à propos de la synoviale.
Les ligaments croisés de l’articulation du genou sont l’un et l’autre très forts et très résistants. Ils constituent, sans conteste, les plus importants de tous les moyens d’union qui relient le fémur aux os de la jambe.
4® Synoviale. — La synoviale du genou est à la fois la plus étendue et la plus complexe des séreuses articulaires. Pour en faciliter la description, nous la considérerons successivement en avant, en arrière et sur les côtés :
a. Partie antérieure. — En avant (fig. 580), la synoviale prend naissance sur le rebord supérieur de la trochlée fémorale, à la limite du revêtement cartilagineux. De là, elle se porte en haut et tapisse le creux sus-trochléal et la face antérieure du fémur dans une étendue verticale de 2, 3, 4, 5 ou 6 centimètres, suivant les sujets. Puis, se réllécbissant en avant et en bas, elle descend le long de la face profonde du quadriceps et arrive bientôt au bord supérieur de la rotule, où elle s’interrompt. La synoviale du genou envoie donc au-dessous du quadriceps, entre ce muscle et le fémur, un long diverticulum en forme de cul-de-sac : il est connu sous le nom de cul-de-sac sous-quadricipital ou sous-crural. Sur sa partie antéro-supérieure viennent s’attacher un ou deux faisceaux musculaire? plus ou moins nettement différenciés, qui jouent à son égard le rôle d’un muscle
ARTICULATION DU GENOU
tenseur et qui ont pour effet de l’attirer en haut toutes les fois que la jambe s’étend sur la cuisse : c’est le muscle sous-crural ou muscle tenseur de la synoviale du genou (fig. 580, 9^').
Envisagée au point de vue de ses relations avec la séreuse articulaire proprement dite, le cul-de-feac sous-quadricipital présente, suivant les cas, les trois modalités anatomiques suivantes : 1® Il se confond avec la séreuse articulaire, sans ligne de démarcation aucune; 2° il en est séparé par une cloison transversale incomplète et communique encore avec elle par un orifice plus ou moins considérable ; 3® il en est séparé par une cloison transversale complète et constitue, dans ce cas, une bourse séreuse indépendante, destinée à favoriser les glissements du muscle quadriceps ou muscle extenseur de la jambe.
La fréquence relative de ces différentes modalités nous est fournie par les statistiques suivantes. Tillaux, sur 15 genoux examinés à ce sujet, a rencontré 1 fois l’indépendance complète de la bourse séreuse sous-quadricipitale; dans 7 cas, elle en était séparée seulement par une cloison incomplète en forme de diaphragme ; dans les 7 autres, toute trace de cloisonnement avait disparu et la fusion était complète entre les deux cavités. Ce chiffre de 1/15, représentant la fréquence relative de l’indépendance de la bourse sous-crurale, me paraît un peu trop élevé : sur 26 articulations que j’ai actuellement sous les yeux, une seule présente cette disposition. Les recherches de Schwartz nous apprennent d’autre part, fait qui avait été déjà énoncé par Zoja, que l’indépendance de la bourse sous-quadricipitale est beaucoup plus fréquente chez le foetus et chez l’enfant. Dès lors, il est tout naturel d’admettre que la bourse en question, analogue en cela à la plupart des bourses sous-musculaires, est primitivement indépendante sur tous les sujets et que ce n’est que plus tard, au cours du développement et sous l’influence des contractions du quadriceps, qu’elle entre en communication avec la séreuse de l’articulation. Ces conclusions à priori sont confirmées par les récentes recherches de Moser : cet anatomiste a toujours vu la bourse sous-quadricipitale se développer isolément chez l’embryon et rester ainsi isolée jusqu’au dernier temps de la vie intra-utérine, époque à laquelle la cloison
Fig. 580.
Articulation du genou (coupe sagittale passant par la partie interne du condyle externe, segment interne de la coupe).
(La capsule a été distendue par une injection préalable, puis débarrassée de la matière à injection.)
A, fémur. — B, tibia. — C. rotule.
1, quadriceps fémoral. — 2, ligament rotulien. — 3. 4, ligaments croisés externe et interne. — 5, fibro-cartilage externe. — 6, ligament antérieur de ce fibro-cartilage. — 7, coque du condyle externe. — 8, portion sus-méniscale de la synoviale. — 8’, sa portion sous-méniscale. — 9, cul-de-sac sous-quadricipital, avec : 9’, cloison transversale, marquant la limite du cul-de-sac et de la synoviale articulaire; 9”, tenseur de la synoviale. — 10, ligament adipeux. — 11, paquet adipeux antérieur — 12, bourse séreuse prétibiale. — 13, ligament transverse. — 14, 14’, 14”, bourses séreuses prérotuliennes. — 15, expansion quadricipitale. — 16. aponévrose superficielle. — 17, peau.
ARÏHROLOGIE
intermédiaire se perfore à son centre et établit ainsi une communication entre les deux cavités séreuses.
Nous avons dit plus haut que la synoviale du genou s’interrompait, à la base de la rotule, sur le rebord supérieur du cartilage qui revêt la facette articulaire de cet os. Elle reprend au niveau du rebord inférieur de cette même facette et immédiatement après , elle rencontre le paquet adipeux antérieur^ ci-dessus mentionné (p. 621), qui s’avance à la manière d’un coin entre les surfaces articulaires supérieure et inférieure.
La séreuse s’étale alors (lig. 580) sur la face supérieure de cette masse cellulo-graisseuse et arrive ainsi sur le tibia, au-devant de l’insertion inférieure du ligament croisé antérieur.
Dans ce trajet, elle jette une gaine complète sur ce cordon grêle, souvent filiforme, qui prolonge le paquet adipeux jusqu’à la partie antérieure de l’échancrure intercondylienne : c’est à ce prolongement celluleux, entouré par la séreuse articulaire, qu’on donne le nom, bien impropre du reste, de ligament adipeux (fig. 582,5). Nous ajouterons, pour en finir avec la partie antérieure de la synoviale du genou, que cette synoviale forme, de chaque côté de la rotule, deux replis falciformes, saillants dans la cavité articulaire, que Moruis a décrits sous le nom de ligaments alaires . Ils sont très visibles quand, après avoir ouvert l’articulation par sa face antérieure , on renverse en bas la rotule, et qu’on fléchit fortement le tibia sur le fémur (fig. 582, 7) : partis des bords latéraux de la rotule, les ligaments alaires se dirigent obliquement en bas, en arrière et en dedans, pour venir se terminer sur la partie moyenne du ligament adipeux.
Le ligament adipeux présente des variations individuelles fort étendues. Sur certains sujets, il l'ait complètement défaut. Sur d’autres, au contraire, il prend des dimensions insolites et, se développant surtout d’avant en arrière, il forme une cloison sagittale qui s’étend depuis la rotule jusqu’aux ligaments croisés. Dans ce dernier cas, on le conçoit, la cavité articulaire se trouve divisée en deux cavités latérales, qui ne communiquent Tune avec l’autre qu’à leur partie antéro-supérieure, entre la rotule et la poulie fémorale. Comme la fait remarquer depuis longtemps Gegenbxük, ce serait là la disposition primitive. Ce n’est que plus tard, au cours du développement, que la cloison en question se résorbe peu à peu et disparaît presque en entier : seule, sa partie antérieure persiste, et c’est elle qui constitue le ligament adipeux. Cette formation, on le voit, n’est donc pas un ligament, mais un simple reliquat de la cloison embryonnaire qui sépare à leur partie antérieure les deux condyles fémoraux.
b. Partie postérieure. — En arrière, la synoviale articulaire du genou s’applique contre la face antérieure des ligaments croisés. Puis, se réfléchissant en
La synoviale du genou injectée au suif, vue latérale externe.
1, prolongement sous-quadricipilal. — 2, élranglemeiil au niveau duquel ce prolongement communl(|ue ou se continue avec la synoviale aniculaire proprement < ite. — 3, fibrocartilage semi-lunaire externe — 4, portion sous-meniscale de la synoviale. — 5, ligament latéral externe. — fi, tendon du poplité. — 7, prolongement qui accompagne ce muscle. — 8, fente par laquelle ce prolongement communique avec l’articulation péronéo-tibiale supérieure.
ARTICULATION DU GENOU
arrière (fig. 583), elle revêt les deux faces latérales de ces ligaments et atteint bientôt le ligament postérieur de l’articulation. Elle forme ainsi, dans ce trajet antéro-postérieur, deux feuillets, qui occupent, l’un le coté interne, l’autre le côté externe des ligaments croisés. Ces deux feuillets, arrivés sur le ligament postérieur, se réfléchissent l’un et l’autre en dehors (par rapport à Taxe du genou), pour tapisser les parties latérales ou condyliennes de ce dernier ligament et se continuer, sur les côtés, avec les portions latérales de la synoviale.
11 résulte de cette disposition (fig.
583) : 1® que la portion médiane ou intercondylienne du ligament postérieur n’est pas revêtue par la synoviale; 2° que la synoviale ne s’interpose nullement entre les ligaments croisés mais les applique l’un contre l’autre ;
3"" que ces ligaments croisés, quelque profonds qu’ils soient, n’en sont pas moins situés en dehors de l’articulation et, comme .tels, appartiennent réellement aux ligaments périphériques ; on peut arriver sur eux, en effet, à la partie postérieure et médiane de l’articulation, sans intéresser la synoviale.*
L’espace, irrégulier et anfractueux, qui se trouve compris entre les ligaments croisés, la synoviale et la portion médiane du ligament postérieur est comblé par une masse celluloadipeuse (fig. 576,5), que nous désignerons sous le nom de paquet adipeux postérieur du genou. C’est comme le paquet adipeux antérieur, un simple tissu de remplissage.
c. Parties latérales. — Sur les côtés,
la synoviale, prenant naissance, comme toujours, à la limite de la surface cartilagineuse, remonte sur les faces latérales des condyles jusqu’à l’insertion supérieure de la capsule fibreuse. Là, elle se réfléchit en bas et tapisse régulièrement la face interne de cette capsule jusqu’au rebord supérieur des fibro-cartilages semilunaires, sur lequel elle s’insère et où elle- s’interrompt. Elle reprend de nouveau sur le rebord inférieur des fibro-cartilages, descend jusqu’à l’insertion tibiale de la capsule et remonte ensuite le long du tibia, pour venir se terminer sur le pourtour du revêtement cartilagineux des cavités glénoïdes.
Comme on le voit, la synoviale du genou, interrompue au niveau de la circonférence externe des ménisques interarticulaires, est divisée par ces derniers en deux portions: une portion supérieure ou sus meniscale, représentant la presque totalité de la séreuse; une portion inférieure ou sous-méniscale, beaucoup moins considérable. Cette dernière, 'sur une articulation injectée au suif, nous appat aît sous la forme d’un bourrelet semi-annulaire de 8 ou 10 millimètres de hauteur (fig. 581,4).
Fig. 582.
Ligament adipeux et ligaments alaires.
(L’arLir:iilation ayant été ouverte à sa partie antérieure par une incision transversale passant un peu au-dessus de la rotule, celle-ci a été fortement érignée en bas, en même temps que la cuisse a été fléchie sur la jambe.)
1, trocblée. — 2, cond.vle interne. — 3, capsule articulaire. — 4, ligramenl latéral e\terne — 5, ligament adipeux, en arrière duquel on a passé un stylet. — 6, 6, ligaments croisés. — 7, 7’, ligaments alaires droit et gauche. — 8, tendon du quadriceps, érigné eu bas. — 9, péroné.
ARTHROLOGIE
d. Prolongements synoviaux. — Outre le prolongement antérieur que nous avons signalé au-dessous du quadriceps, la synoviale du genou envoie, à sa partie postérieure, deux autres prolongements : l’un, qui est constant mais très variable dans son étendue, descend plus ou moins bas au-dessous du muscle poplité
(fig. 581,7); l’autre s’étale audessous du jumeau interne. Ce dernier prolongement de la synoviale (fig. 576, 7'j s’échappe par l’ouverture, signalée ci-dessus, qui occupe la partie centrale de la coque condylienne interne; on le rencontre dans la moitié des cas environ, d’après Grüber. Enlin, la synoviale du genou communique, 1 fois sur 10 d’après Lenoir, 1 fois sur 7 d’après Zoja, 1 fois sur il d’après mes propres recherches, avec la synoviale de l’articulation péronéo-tibiale supérieure.
Le prolongement synovial destiné au tendon du poplité se détache de la synoviale sus-iuéniscale à la partie postéro-e.xterne du condyle externe. De là, il se porte en bas et en arrière, croise obli(|uement la eircont'érerice externe du ménis(iue correspondant et, au-dessous de lui, entre en communication avec la synoviale sous-niéniscale. Continuant alors st)n trajet descendant, il longe le côté interne de l’articulation péronéo-tibiale supérieure et s’arrête d’ordinaire à la hauteur de la partie moyenne de la tête du péroné. C’est à ce niveau que se trouve, quand elle existe, la communication de ce prolongement avec l’articulation péronéo-tibiale supérieure. La hauteur du prolongement synovial du poplité est, en moyenne, de 3b à 49 millimètres.
e. Franges synoviales. — La synoviale du genou est remarquable par le nombre et par les dimensions de ces replis ou appendices qui, sous le nom générique de franges synoviales, ont pour attribution de combler tous les intervalles que ménagent entre elles, dans certaines attitudes, les surfaces articulaires. Aucune autre articulation ne lui est comparable à cet égard.
En arrière et sur les côtés, nous rencontrons quelques replis transversaux, ordinairement peu accusés, qui s’insinuent entre les condyles fémoraux et les fibro-cartilages interarticulaires. Mais c’est en avant, à droite et à gauche de la rotule et au-dessus du ligament adipeux antérieur, que les franges synoviales sont les plus nombreuses et les plus développées.
Mous avons déjà signalé plus haut les ligaments alaires ; mais, en dehors d’eux, se dressent presque toujours d'autres replis moins importants. Ces replis, très variables aussi par leur orientation et par leur étendue, très variables aussi par leur constitution anatomique, les uns étant formés exclusivement par deux feuillets séreux adossés, d’autres par un revêtement séreux recouvrant des masses adipeuses plus ou moins considérables, nous présentent ce caractère commun qu’ils font saillie dans la cavité articulaire et se trouvent situés entre la
Fig. 583.
Coupe transversale de l’arLiculaLioi] du genou, rasant la surface cartilagineuse du fémur (genou droit, segment inférieur de la coupe demi-schématique).
1, condyle externe. — 1’, condyle interne. — 2, rotule. — 3, cartilage d’encroùlenient. — 4, 4’, ligaments croisés. — 5. ligament latéral interne. - - 6, tendon du poplité. — 0’, ligament latéral externe.
— 7, 7’, ligament postérieur. — 8, 8’, ailerons de la rotule. — 9, paquet cellulo-graisseux antérieur. — lU. ligament adipeux, avec 10’, son insertion au fémur. — 11, synoviale, avec 1 1’, intérieur de la cavité séreuse.
— 12. repli de ta synoviale derrière les lisjanients croisés. — 13, artère poplitée. — 14, veine iioplitée. — 15, nerf sciatique poplité interne.
ARÏICULAÏION DU GENOU
rotule et la partie correspondante dn fe'mur. J’ai vu dans un cas, un peu en dehors du bord latéral interne de la rotule, un vaste repli semi-lunaire, long de 4 centimètres, haut de 2 centimètres et demi, qui s’interposait entre le condyle interne et la partie correspondante de la rotule. A son centre se voyait un orifice circulaire de 5 ou 6 millimètres de diamètre.
5"" Rapports. — L’ensemble des parties molles qui entourent l’articulation du genou forme deux importantes régions de l’anatomie topographique : en avant, la région fémoro-tibiale antérieure ou rotulienne : en arrière, la région fémoro-tibiale postérieure, plus connue sous le nom de région poplitée.
a. En avant, l’articulation du genou est relativement très superficielle. Outre l’extrémité inférieure du quadriceps crural, qui s’insère sur la base et sur les bords de la rotule, nous ne rencontrons au-devant d’elle que l’aponévrose superficielle, le tissu cellulaire sous-cutané et la peau.
b. En arrière, l’articulation est, au contraire, fortement matelassée par les parties molles. Nous y rencontrons, tout d’abord, les quatre groupes musculaires qui circonscrivent le creux poplité, savoir ; 1° en haut et en dehors, les deux portions du biceps crural; en haut et en dedans, le demi-tendineux, le demi-membraneux, le droit interne et le couturier; 3° en bas et en dehors, le jumeau externe, le plantaire grêle et le poplité ; 4® en bas et en dedans, le jumeau interne. — L’espace losangique que délimitent ces différents muscles est comblé par une masse cellulo-adipeuse, qui repose directement sur la face postérieure de l’articulation. Dans ce tissu cellulo-adipeux cheminent de haut en bas des organes importants :
à la partie la plus profonde de la région, Y artère poplitée ) 2*" en arrière et en dehors de l’artère, \Qü veine poplitée ; 3® en dehors et en arrière de la veine, le nerf sciatique poplité interne; 4® en dehors de ce nerf et sur le même plan, le nerf sciatique poplité externe. Le long de ce paquet vasculo-nerveux se disposent, sur des points divers, trois ou quatre ganglions lymphatiques. — Enfin, sur les différents organes, muscles, vaisseaux et nerfs que nous venons d’énumérer, s’étalent l’aponévrose superficielle, le tissu cellulaire sous-cutané et la peau, lesquels se continuent, sur les limites latérales de la région poplitée, avec les plans homonymes de la région fémoro-tibiale antérieure.
6° Artères. — Le sang est apporté à l’articulation du genou :
a) Par la grande anastomotique , branche de la fémorale, qui descend entre le vaste interne et le grand adducteur et vient se terminer sur le côté supéro-interne de l’articulation ;
fl) Par Y articulaire supéro-interne et Y articulaire supéro-externe , branches de la poplitée, qui contournent d’arrière en avant l’extrémité inférieure du fémur pour venir se ramifier au-devant de la rotule;
Villosités synoviales de l’articulation du genou sur un supplicié ; l’axe conjonctif se détache en clair (Tour-
NEUX).
ARÏHROLOGIE
y) Par V articulaire moyenne, autre branche de la poplitée, qui s’engage, immédiatement après son origine dans l’échancrüre intercondylienne et se distribue en grande partie aux ligaments croisés ;
ô) Par V articulaire inf ero-interne et V articulaire inféro-externe, autres branches de la poplitée, qui contournent d’arrière en avant les tubérosités correspondantes du tibia et, comme les articulaires supérieures, viennent se terminer sur la face antérieure de la rotule ;
z) Par la récurrente tibiale antérieure (fig. 585, 20), branche de la tibiale anté-
Coupe horizontale du genou droit, passant par la partie inférieure du fémur (sujet congelé,
segment inférieur de la coupe).
A, condyle interne. — B, condyle externe.
I, tendon rotulien. — 2, ligament latéral externe. — R, tendon du poplité, avec 3’, la bourse séreuse qui le sépare du ligament latéral externe. — 4, ligament croisé antérieur, avec 4’, bourse séreuse. — 5, ligament croisé postérieur, avec 5’, son faisceau de renforcement postérieur, provenant de la corne postérieure du cartilage semi-lunaire externe. — 6, paquet adipeux antérieur. — 7, paquet adipeux postérieur. — 8, plantaire grêle. — 9, jumeau externe, avec 9’, son sésamoïde — 10, biceps crural. — 11, tenseur du i'ascia lata. — 12, jumeau interne. — 13, demi-tendineux. — 14, demi-membraneux. — 15, droit interne. — 10, couturier.
a, artère poplitée. — ù, veine poplitée. — c, artères jumelles. — d, veine saphène externe. — d', racine interne du nerf saphène externe — e, nerf sciatique poplité interne. — /', nerf sciatique poplité externe. — /", tronc commun du nerf cutané péronier et de la racine externe du nerf saphène externe. — g, veine saphène externe. — h, tissu cellulo-graisseux du creux poplité. — i, aponévrose. — /, tissu cellulaire sous-cutané. — k, peau.
rieure, qui, suivant un trajet récurrent, remonte au-devant de l’articulation jusque sur la rotule.
Toutes ces artères, l’articulaire moyenne exceptée, contribuent à former à la face antérieure de la rotule un riche réseau, le réseau prérotulien ou cercle anterieur du genou, d’où s’échappent une foule de rameaux et de ramuscules, qui se distribuent aux parties antérieure et latérales de l’articulation (voy. axgéiologie).
7° Nerfs. — Les nerfs, destinés à l'articulation du genou, proviennent de quatre
AKTICULATION DU GENOU
sources différentes : du sciatique poplité interne, du sciatique poplité externe, de V obturateur et du crural.
a) Le sciatique poplité interne fournit ordinairement trois rameaux articulaires : l’un suit le trajet de l’artère articulaire moyenne ; les deux autres accompagnent les deux artères articulaires internes, la supérieure et l’inférieure.
ji) Le sciatique poplité externe fournit également trois rameaux articulaires, qui accompagnent : les deux premiers, les artères articulaires supéro-externe et inféroexterne ; le troisième, la récurrente tibiale antérieure.
y) \J obturateur, à la partie inférieure de la cuisse, abandonne un petit filet, qui s’engage avec la fémorale dans l’anneau du troisième adducteur et, arrivé au creux poplité, se perd dans le ligament postérieur de l’articulation.
ô) Le crural envoie à l’articulation du genou deux rameaux : l’un, fourni par le nerf du vaste interne, se distribue au côté interne de l’articulation ; l’autre, fourni par le nerf du vaste interne, se rend à son côté externe. 11 existe fréquemment un troisième rameau, qui provient du nerf du crural.
Bourses séreuses du genou. — L’articulation du genou nous présente autour d’elle ou dans son voisinage un certain nombre de bourses séreuses, les unes annexées aux muscles, les autres indépendantes de toute formation musculaire. Nous les désignerons en deux groupes, bourses antérieures et bourses postérieures :
a. Bourses antérieures. — En avant de l’articulation, outre la bourse sous-quadricipitale , dont il a été question plus haut (p. 630) et sur laquelle il est inutile de revenir, nous rencontrons les bourses prérotuliennes, la bourse prétibiale et la bourse de la patte d’oie.
a) Les bourses prérotuliennes (fig. 580) se développent comme leur nom l’indique, en avant de la rotule. On les distingue, d'après leur situation, en superficielle, moyenne et profonde. — La bourse prérotulienne superfLcielle (14), ordinairement toute petite, est située au-dessous de la peau dans un dédoublement de fascia superficialis ; on la rencontre environ 8 fois sur 10. — La bourse prérotulienne moyenne (14’) se développe au-dessous de l'aponévrose superficielle, entre celle-ci et l’expansion quadricipitale : c’est la plus volumineuse des trois; elle est à peu près constante, presque toûjours uniloculaire, de forme arrondie ou ovalaire à grand axe vertical. — La bourse prérotulienne profonde (14”), beaucoup moins importante, occupe l’espace celluleux compris entre l’expansion quadricipitale et la rotule ; on la rencontre, comme la superficielle, 7 ou 8 fois sur 10 ; elle est habituellement de petites dimensions, tantôt uniloculaire, tantôt plus ou moins cloisonnée. — Les trois bourses prérotuliennes peuvent communiquer entre elles. Toutes les trois peuvent devenir le siège d’un épanchement liquide et constituer ainsi l’hygroma du genou.
P) La bourse prétibiale (fig. 580,12) est située en avant du tibia. Limitée en arrière par l’extrémité supérieure de cet os, elle répond, en avant au tendon rotulien, en haut au paquet adipeux antérieur du genou.
y) La bourse de la patte d'oie (fig. 578, 9’) se développe sur la face interne du tibia, entre cette face interne et les tendons réunis des trois muscles couturier, droit interne et demi-tendineux. Cette dernière bourse ne présente que des' rapports éloignés avec l'articulation du genou.
b. Bourses postérieures. — Dans la région poplitée, nous n’avon sque des bourses musculaires. Elles se distinguent, comme les muscles eux-mêmes, en internes et externes. Il n’existe pas de bourses médianes.
a) Les bourses internes sont ordinairement au nombre de trois : 1® la bourse du jumeau interne (fig. 576,7’) située entre l'insertion supérieure de ce muscle et le condyle interne; elle communique ordinairement avec la synoviale articulaire (voy. p. 630) ; 2“ la bourse commune du jumeau interne et du demi-membraneux, située, comme son nom l’indique, entre le jumeau interne et le tendon du demi-membraneux; indépendante chez les jeunes sujets; elle communique avec l’articulation 1 fois sur 10 chez l’adulte de vingt à quarante ans, 1 fois sur 5 sur les sujets de plus de quarant ans (Poirier) ; 3° la bourse propre du demi-membraneux, située un peu au-dessous de la précédente, entre le tendon du demi-membraneux et la partie correspondante de la tubérosité interne du tibia; elle est, dans la grande majorité des cas, entièrement indépendante.
[3) Les bourses externes, abstraction faite du prolongement, décrit plus haut, que la synoviale du genou envoie au-dessous du muscle poplité, sont également au nombre de trois. Ce sont : 1" la bourse du biceps (fig. ^18,1'), qui se développe entre le tendon de ce muscle et le ligament latéral externe; 2“ la bourse du ligament externe (fig. 578, 8”), située entre la partie supérieure de ce ligament et le tendon du muscle poplité; 3» la bourse du jumeau externe, qui se développe audessous du tendon de ce muscle. Ces trois dernières bourses sont loin d’être constantes et, quand elles existent, elles présentent, dans leur forme et dans leurs dimensions, des variations individuelles fort étendues.
Mouvements. — L’articulation du genou jouit, tout d’abord, des deux mouvements fondamen-
ARTHROLOGIE
taux qui caractérisent les articulations trochléennes : la /lea’ion et Vextension. Elle nous présente en outre, des inouveinents de rotation et (ïinclinaison latérale.
a. Flexion et extension. — La dexion est un mouvement par lequel la face postérieure de la Jambe se rapproche de la face postérieure de la cuisse ; l’extension, un mouvement en sens inverse, par lequel les deux surfaces précitées s’écartent l'une de l’autre. Ces deux mouvements, du reste, peuvent s’exécuter suivant une triple modalité ; so’it par le déplacement du tibia sur le fémur: soit par le déplacement du fémur sur le tibia; soit encore par un déplacement simultané des deux os l’un sur l’autre.
D’autre part, les deux mouvements de lîexion et d’extension ne sont jamais isolés. L’observation directe déjuontre nettement : l°que la llexion est constamment liée à une rotation du tibia en dedans ou, ce qui revient au mémo, à une rotation du fémur en dehors ; 2» que l’extension est liée, de même, à une rotation du tibia en dehors ou du fémur en dedans.
La llexion et l’extension s’effectuent autour d’un axe transversal qui passerait à peu près par
les deux tubérosités cond y lionnes, autrement dit par les insertions fémorales des ligaments latéraux et des ligaments croisés ; si nous supposons te cas où la cuisse se meut sur la jambe immobile, les condyles tournent autour de l’axe précité, d’avant en arrière pour la flexion, d’arrière en avant pour l’extension. Il convient d’ajouter, cependant, que l’axe de rotation n'est pas lixe, mais se déplace au fur et à mesure que s’accomplit le mouvement : c’est là une conséquence de la forme même des surfaces condyliennes, qui, comme nous l’avons dit plus haut, ne sont pas régulièrement spliériques, leur rayon de courbure augmentant graduellement d’arrière en avant.
Mais ce n’est pas tout. Los deux condyles ne se contentent pas de rouler sur leurs glènes respectives comme les deux roues d’un chariot sur le sol. Gomme l’ont établi depuis longtemps les frères Weber, ils glissent sur leurs glènes au fur et à mesure que s’effectue le mouvement de roulement. Ces deux mouvements, glissement et roulement, sont simultanés et il est à nofer que les condyles glissent bien plus qu'ils ne roulent.
Le mouvement do glissement des condyles a sa raison d’être dans la disproportion qui existe entre la surface condylienne, qui est relativement très longue et la glèno tibiale, qui est beaucoup plus courte. Du reste, il est mis en évidence par l’expérience suivante des frères Weber (lïg. 386). Ouvrons un genou en extension et niarquons deux points a (sur le fémur) et b (sur le tibia), par lequel les deux os entrent en contact. Ceci fait, fléchissons le fémur sur le tibia: nous constatons alors (trait rouge de la figure 386) que le point de contact des surfaces articulaires a reculé en 6’ et, d’autre part, que le point fémoral a est remonté en a'. Or, si nous mesurons la distance qui sépare b de à’ et celle qui sépare a de a\ nous obtenons des chiffres qui sont bien différents Si le condylo s’était contenté de rouler comme le fait la roue d’un chariot sur le plan horizontal qui le supporte, les deux distances seraient exactement égales et, si elles sont inégales, c’est que le condvle, tout en roulant, a glissé d'arrière en avant sur la surface tibiale.
Au total, dans la flexion de la cuisse sur la jambe immobile, les condyles roulent d’avant on arrière, en même temps qu’ils glissent d’arrière en avant, sur les cavités glénoïdes du tibia. De même, dans l’extension de la cuisse sur la jambe, les condyles, se mouvant on sens inverse, roulent d’arrière en avant en même temps qu’ils glissent d’avant en arrière.
Les mouvements de flexion et d'extension sont très étendus : le chemin parcouru par la jambe, en passant de l’extension à la flexion, varie, suivant les cas, de 130 à 160°. « L’amplitude du mouvement de ginglyme, dit Bügnion, est de 130° environ (d'après mes mesures), (juand nous l’effectuons lentement par l’action des muscles, nos fléchisseurs, spécialement le demimembraneux et le biceps fémoral, étant insérés d'une façon trop défavorable pour qu’ils puissent pousser la flexion plus loin. Mais, si nous contractons brusquement ces muscles de manière à donner à la jambe une impulsion subite, l’étendue de la flexion augmente, au point que le talon vient frapper la tubérosité de l’ischion. La même chose peut se produire passivement.
Coupe sagiltale du condyle interne et de sa glène pour nioulrcr le mode de locomotion du fémur dans la flexion cl dans l'extension (modifiée d’après Bugnjon).
Le trait noir indique le fémur eu état d’extension; le Irait rouge, le fémur à l'état de flexion.)
a et h, deux points par lesquels le fémur et le tibia entrent en contact dans l’extension. — «’ et h\ les positions nouvelles que prennent les points précités dans la flexion. — c, empreinte condylo-trocliléenne. — d, d, cartilage semi-lunaire.
ARTICLLATION DU GENOU
si l’on saisit le pied avec la main pour fléchir complètement le genou, et cela d'autant plus facilement que l’on agit dans ce cas sur un bras de levier très long. Il en est de même lorsque nous nous accroupissons à genou sur le sol jusqu'à la rencontre du talon avec l’ischion. L’angle de llexion peut être évalué à ce moment à 150®. Sur le cadavre, on obtient une amplitiidi; de 135® et même 160® ».
Voyons maintenant ce que deviennent, dans les mouvements de flexion et d'extension, la rotule, les fibro-cartilages semi-lunaires et les ligaments. — La rotule, intimement reliée au tibia par le ligament rotulien, accompagne ce dernier os dans ses déplacements ; glissant le long de la troclüée fémorale, elle s’abaisse dans la flexion et se relève dans l’extension. Dans l’extension normale, le sujet étant debout, la base de la rotule se trouve située au niveau ou un peu au-dessus de la trochlée ; dans la flexion extrême, elle répond aux condyles par sa partie supérieure et, par sa partie inférieure, au pac[uet adipeux antérieur du genou qui la sépare du tibia. — Les fibro-cartilages semi-lunaires, quand la jambe se met en flexion, glissent sur le tibia d'avant en arrière : il en résulte que la partie antérieure des cavités glénoïdes se dégage du fibro-cartilage correspondant au fur et à mesure que le mouvement s'accomplit. Ce recul des ménisques sur leurs glènes est beaucoup plus prononcé pour l'externe que pour l'interne : Bügnion a constaté que, dans la llexion extrême, la portion du plateau tibial qui déborde le. ménisque est de 10 à 13 millimètres pour le ménisque externe, de 5 millimètres seulement pour le ménisque interne. Lorsque la jambe, après s’être fléchie, revient à sa position d'e.x tension, les ménisques glissent d'arrière en avant sur les cavités glénoïdes et, de nouveau, viennent affleurer le bord antérieur de ces cavités. — Quant aux ligaments, les latéraux se tendent tous les deux dans l’extension et limitent le mouvement ; leur action, il faut le reconnaître, est grandement favorisée par la forme même des ménisques qui, en s’intci'posant entre les condyles et leurs glènes, font l’office de ces cales en forme de coin (Terrillon) que l’on glisse au-dessous d'un corps cylindrique pour l’empêcher de tourner. Dans les mouvements de flexion, le ligament latéral externe se relâche. L’interne, par quelques-uns de ses faisceaux tout au moins, reste toujours tendu ; mais cette tension n’est pas suffisante pour arrêter le mouvement: la flexion est limitée principalement par la tension du muscle quadriceps. En ce qui concerne les deux ligaments croisés, l'antérieur se tend dans la llexion; le postérieur, tendu dans f’extension, reste encore tendu dans la flexion. Ces deux ligaments ont surtout pour attributions de limiter les mouvements de rotation.
b. Rotation. — La jambe tourne sur la cuisse (ou la cuisse sur la jambe), soit en dedans, soit en dehors ; dans la rotation en dedans, la pointe du pied se rapproche du plan médian ; elle s'en éloigne, au contraire, dans la rotation en dehors. Ces mouvements de rotation sont ordinairement liés, comme nous l’avons dit plus haut, aux deux mouvements de flexion et d'extension. Mais, outre cette rotation dite combinée, le genou nous présente une rotation indépendante, je veux dire une rotation qui s'accomplit en dehors des mouvements de flexion et d’extension.
Ces mouvements de rotation s’exécutent autour d’un axe vertical, qui passe, non pas par la partie moyenne de l’articulation, mais un peu en dedans de cette partie moyenne, par le tubercule interne de l’épine tibiale. Il en résulte que les deux tubérosités du tibia (les deux condyles quand c’est le fémur qui se meut) se déplacent toutes les deux, mais en sens inverse, l’une se portant en avant, tandis que l’autre se porto en arrière, et vice versa. Il en résulte aussi que la tubérosité externe, par suite de la longueur plus considérable de son bras de levier, se déplace davantage que la tubérosité interne.
L’amplitude des mouvements de rotation présente des variations individuelles fort étendues, et, à ce sujet, il y a lieu de distinguer la rotation volontaire et la rotation passive. La rotation volonta'ire est celle qu’on imprime soi-même à la jambe par la contraction des muscles rotateui'S : elle est ordinairement de 15 à 25°. La rotation passive, c'est-à-dire celle que l’on imprime à la jambe d’un autre en la prenant avec les mains et en la faisant tourner autour de la cuisse préalablement lixée, est beaucoup plus étendue que la rotation produite exclusivement par l'action des muscles : elle varie de 35 à 4Ü®.
Les e.xpériences de Bugnion nous apprennent, à ce sujet, que l'amplitude de la rolation indépendante varie beaucoup suivant la position qu’occupe la jambe ; nulle dans l'extension, elle grandit rapidement dès le début de la llexion, atteint son maximum entre 40 et 60® de flexion et diminue de nouveau vers la fin de ce mouvement. Dans la llexion complète, elle n’est plus que de 2 à 6®.
Dans la rotation du tibia en dedans, les deux ligaments croisés tendent à exagérer leur croisement et, en pressant ainsi réciproquement l'un sur l’autre, ils arrêtent le mouvement. Dans la rotation en dehors, les ligaments croisés tendent à se décroiser ; mais le ligament croisé postérieur se tend en même temps que le ligament latéral exteine, et ces deux ligaments, ainsi tendus, limitent le mouvement.
c. Inclinaison latérale. — Lorsque le fémur est fixé dans un étau et la jambe demi fléchie, on peut faire exécuter au tibia de légers mouvements d’inclinaison latérale, soit en dedans [inclinaison latérale interne), soit en dehors [inclinaison latérale externe). Ces mouvements de latéralité sont encore bien plus bornés que les mouvements de rotation : les oscillations que l’on peut ainsi imprimer à l’extrémité inférieure du tibia ne dépassent pas en amplitude, dans les conditions ordinaires, 2 centimètres à 2 centimètres et demi. Les mouvements latéraux du tibia sont limités par la tension des ligaments latéraux et des ligaments croisés. Ils diminuent, du reste, au fur et
ARTIÎROLOGIE
à mesure qu’on s’éloigne de la demi-flexion : à peine appréciables dans la flexion extrême, ils sont nuis dans l’extension complète.
Muscles moteurs. — Les muscles moteurs du genou se divisent naturellement, d’après le mouvement qu’ils déterminent, en fléchisseurs, extenseurs, rotateurs en dehors et rotateurs en dedans :
1® Sont fléchisseurs : principalement, le biceps et le demi-membraneux ; accessoirement, le demi-tendineux, les jumeaux, le poplité, le plantaire grêle, le couturier et le droit interne.
2® Sont extenseurs : le quadriceps (principalement ses trois portions à insertion fémorale) et le tenseur du fascia lata.
3® Sont rotateurs en dehors : le long chef et le court chef du biceps.
4® Sont rotateurs en dedans : le demi-membraneux, le poplité et les trois muscles de la patte d'oie (demi-tendineux, droit interne et couturier).
Comparés entre eux, au point de vue de leur volume et de leur force, les groupes musculaires réciproquement antagonistes sont loin d’être équivalents. Les pesées des frères Weber nous apprennent, à cet égard, que le poids des fléchisseurs (sans les jumeaux, le plantaire grêle et le poplité) est de 818 grammes, tandis que les extenseurs pèsent 1 291 grammes ; elles nous apprennent, d’autre part, que les rotateurs en dedans pèsent 566 grammes, les rotateurs en dehors 275 grammes seulement. Les extenseurs l’emportent donc sur les fléchisseurs, les rotateurs en dedans sur les rotateurs en dehors.
La prédominance des extenseurs sur les fléchisseurs s’explique par ce fait que les extenseurs, quand ils se contractent pour redresser la cuisse sur la jambe, ont à lutter contre le poids du corps, obstacle additionnel qui n’existe pas dans les mouvements de flexion. Quant à la prédominance des rotateurs en dedans et des rotateurs en dehors, elle provient, comme le fait remarquer Bugnion, de ce que la flexion combinée à la rotation en dedans est vraiment le mouvement typique, mouvement habituel, tandis que la rotation en dehors est un mouvement exceptionnel.
A consulter, au sujet de l’articulation du genou, outre les mémoires indiqués, p. 622 : Meyer, Mechanik des Kniegelenkes, Müller’s Arch., 1853 ; — Robert, Ueber die Anatomie u. Mechanik des Kniegelenkes, Giessen, 1885 ; — Foucher, Arch. gén. de méd., 1856 ; — Grubeu, Die Knieschleimbeutel, Prag., 1857 ; — Langer, Dus Kniegelenk des Menschen, Sitz. d. K. K. Akad. Wien, 1858 ; — Hueter, Virchow's Arch., XXVI, p. 484 ; — Delitzsch, Zur Physiol. u. Pathol, des Kniegelenkes, Diss. Leipzig, 1870; — Albrecht. Zur Anatomie des Kniegelenkes, Deutsch. Zeitschr. f. Chirurg., 1876 ; — Fick, Zur Mechanik des Kniegelenkes, Arch. f. Anat., 1877 ; — Mikulicz, Ueber individuelle Formdifferenz am Fémur u. an der Tibia des Menschen mit Perücksichtigung der Statik des Kniegelenkes, Arch. f, Anat., 1878 ; — Terrillqn, Nouveaux détails sur Variai, et la physiol. de Vart. du genou. Journ. de l’Anat. et de la Physiol., 1879 ; — von Meyer, Der Mechanismiis der Kniescheibe, Arch. f. Anat., 1880 ; — Ghabry, Le mécanisme du saut, Journ. de l’Anat. et de la Physiol., 1883. — Poirier, Contrib. à l’anatomie du genou, Progr. méd., 1886; — Du même, Bourses séreuses du genou, Arch. de méd., 1886 ; — Braune u. Fischer, Die Bewegungen des Kniegelenkes nach eiuer neuer Méthode an libenden Menschen gemessen, Abh. der sachs. Ges. d. Wiss., 1891 : — Des mêmes, Nachlr. Notiz über das Kniegelenk, Anat. Anz., 1891 ; — Solger, Zur Kenntniss des Kniegelenkes, Arch. f. Anat., 1891 ; — Moser, Beitrag zur Kenntniss der Entwick. der Knieschleimbeutel beiin Menschen, Schwalbe’s Morphol. Arbeitcn, 1891 ; — Mouret, Articulation du genou, Th. Montpellier, 1892 ; — Bugnion, Le mécanisme du genou. Recueil inaug. de l’université de Lausanne, 1892 ; — Kazzander, Ueber die Entwick. des Gniegelenkes, Arch. f. Anat. u. Entwick., 1894 ; — Du même, Osserwazioni sull’anatornia delV articolazione del ginocchio nelVuomo, Anat. Anzeiger, 1895 ; — Bernays, Die Entwick, des Kniegelenkes des Menschen, Morphol. Jahrb., Bd. IV ; — Higgins, The sernilunar fibro-cartilagines and transverse ligament of the knee-joint . Journ. of Anat. and Physiol., 1895, vol. XXIX ; — Du même, The geniculate articular surfaces of fémur and tibia, ibid., 1898. — Wilmart, Contribution à l'étude de V organisation et du mécanisme de V articulation fémoro-tibiale, Soc. roy. des Sc. méd. et nat. de Bruxelles, 1895 ; — Lafite-Dupont, Morphol. génér. de l’artic. du genou, Th. Bordeaux, 1899 ; — Bianchi, Contrib. alla Morphol. délia articulatio genu, Monit. Zool. ital., 1900 ; — Lucien, Dévelop, de V articulation du genou et formation du lig. adipeux, Bibliogr. anat., t. XIII, 1904 ; — Grynfectt, Note sur le dévelop, de Vartic. du genou chez l'homme, Montp. méd., 1904; — Dupuy, Note sur les rapports de Vextrém. inf. du fémur avec le cul-de-sac synovial sous-bicipital de l'art, du genou. Bull. Soc. anat., Paris, 1905; — Retterer, De la strucc. des ménisques interart. du genou, G. R. Soc. Biol., 1905 ; — Westrienen (Anna v.\.'A),Das Kniegelenk der Primaten, Petrus Gamper, 4® deel. 1906; — Wollenberg, Die norm. Anatomie d. Kniegeleiikes im Rôntgenbilde, etc., Zeitschr. f. orthopiid. Ghir., 1908.
§ 1 V. — Articulation des deux os de la jambe entre eux
Le tibia et le péroné s’articulent entre eux sur deux points : 1® par leur extrémité supérieure, arliculalion péronéo-tibiale supérieure ; 2° par leur extrémité inférieure, articulation périnéo-libiale inférieure. Ils s’unissent, en outre, par
ARTICULATIONS DES DEUX OS DE LA JAxMBE
leur partie moyenne, à l’aide d’un ligament, en forme de membrane, la membrane interosseuse ou ligament interosseux de la jambe.
A. — Articulation péronéo-tibiale supérieure
L’articulation péronéo-tibiale supérieure, bien différente de son homologue au membre supérieur, l’articulation radio-cubitale supérieure, appartient au genre des arthrodies.
Surfaces articulaires. — Gomme surfaces articulaires nous rencontrons :
a) Du côté du tibia, une facette arrondie, à peu près plane, occupant la partie supérieure de la tubérosité externe et regardant obliquement en bas, en dehors et en arrière;
P) Du côté du péroné., une facette similaire, surmontant l’extrémité supérieure de cet os et regardant en sens inverse.
Ces deux facettes sont revêtues l’une et l’autre d’une couche de cartilage hyalin, dont l’épaisseur mesure, en moyenne, de 1 millimètre et demi à 2 millimètres.
2° Moyens d’union. — Les deux surfaces articulaires précitées sont maintenues en présence par une capsule fibreuse, que renforcent deux ligaments, l’un antérieur, l’autre postérieur :
a) Le ligament antérieur (fig. b87,4), remarquable par sa résistance, est représenté par un ensemble de trousseaux fibreux, qui se dirigent obliquement de haut en bas et de dedans en dehors et qui s’insèrent, d’une part au-devant de la facette articulaire du tibia, d’autre part à la partie antérieure de la tête du péroné.
P) Le ligament postérieur (fig. 576,13), analogue au précédent, mais plus faible, s’étend de la partie postérieure de la surface tibiale à la partie correspondante de la tête du péroné.
3° Synoviale. — La synoviale péronéo-tibiale supérieure s’étend du pourtour de la surface tibiale au pourtour de la surface péronière, en tapissant la face interne de la capsule articulaire. Cette synoviale est le plus souvent indépendante. Elle communique avec la synoviale du genou, 1 fois sur 10 seulement, d’après Lenoir. Dans des recherches plus récentes, le professeur Zoja a observé cette communication 44 fois sur 118 sujets examinés, soit une proportion de 1 fois sur 7. Je l’ai rencontrée moi-même 3 fois seulement sur 35 articulations que j’ai examinées à ce sujet, soit une proportion de 1 sur 11.
4° Rapports. — L’articulation péronéo-tibiale supérieure est en rapport : 1® en avant, avec l’extrémité supérieure du muscle extenseur commun des orteils ; 2° en arrière, avec le poplité et le soléaire, recouverts par le jumeau externe ; 3*^ en dehors, avec le biceps et le long péronier latéral. Nous ajouterons que le nerf sciatique poplité externe descend sur le côté externe de la tête du péroné et s’y divise en ses deux branches terminales, le musculo-cutané et le tibial antérieur.
5® Artères et nerfs. — Les artères de l’articulation péronéo-tibiale supérieure proviennent en grande partie de la récurrente tibiale antérieure , branche de la tibiale antérieure, et de l’articulaire inféro-externe, branche de la poplitée. Vartère articulaire de la tête du péroné, quand elle existe (voy. Angéiologie), envoie également des rameaux à la partie postérieure de l’articulation. — Les nerfs sont fournis par le sciatique poplité externe.
Mouvements. — Dans les conditions physiologiques ordinaires, rarticulation péronéo-tibiale
AKTHROLOGIE
supérieure ne jouit que de simples mouvements de glissement, peu étendus, difficilement appréciables.
B . — in I G U L A T I O N 1’ G R O N É O - 1 I B I A L E I N F É R I E U R E
L’articulation péronéo-tibiale inférieure appartient, comme la précédente, au groupe des arthrodies.
Surfaces articulaires.
Fig. o87.
Ligament interosseuM de la jambe, vu par sa face antérieure.
1, tibia. — 2, péroné. — 3, ligament iuterosseux. — 4, 4’, ligaments antérieurs des deux arliculations pérouéotibiales supérieure et inférieure. — 5, artère tibiale antérieure. — 6, péronière antérieure. — 7, périostiques péronières. — 8, malléolaire interne. — 9, malléolaire externe. — 10, récurrente libiale antérieure, — II, périostique tibiale. — 12, ostéo- articulaire interne.
— 13, ostéo-arliculaire externe. — 14, articulaire de la tète du péroné.
— Gomme surfaces articulaires, elle nous présente ;
a) Du côté du tibia, une facette concave d'avant en arrière, à peu près plane dans le sens vertical ; cette facette revêt la forme d’un triangde dont le sommet, tronqué et arrondi, est dirigé en haut et dont la base, légèrement concave, répond à la mortaise tibio-péronière ; sa largeur, mesurée au niveau de la base, est de 20 à 22 millimètres; sa hauteur, de 10 à 12 millimètres ;
[i) Du côté du péroné, une surface de mêmes dimensions et inversement configurée, c’est-à-dire à peu près plane de haut en bas, convexe dans le sens antéro-postérieur.
Les deux surfaces articulaires précitées sont revêtues, à l'état frais, par une mince couche de périoste : cette couche est un peu plus épaisse sur le tibia que sur le péroné.
2^ Moyens d union. — Le tibia et le péroné sont maintenus en présence à leur extrémité inférieure par une capside fibreuse, renforcée en avant, en arrière et en haut, par trois ligaments, que l’on distingue, en raison de leur situation en antérieur, postérieur et interosseux :
a. Ligament antérieur. — Le ligament antérieur (fig. 587, 4’) s’insère par son extrémité interne, audevant de la facette articulaire du tibia. De là, il se porte obliquement de dedans en dehors et de haut en bas, pour venir se fixer à la partie antérieure de la malléole péronière.
b. lAgament postérieur . — Le ligament postérieur (fig. 589,5;, très épais et très résistant, se porte, de même, du rebord postérieur de la facette tibiale à la partie postérieure de la malléole péronière. — Le faisceau inférieur de ce ligament mérite une description spéciale. En dehors, il s’insère sur la base de la malléole péronière, à 8 millimètres en avant de la ligne d’insertion des autres faisceaux et un peu au-dessus de la fossette où s’attache le ligament péronéo-astragalien postérieur de l’articulation du cou-de-pied. De là, il se porte obliquement en dedans, en haut et en arrière, jusqu’au rebord posté-