P E T I T ROND
Le petit rond (fig. 786, 5) est un petit muscle cylindrique, longeant le bord externe du muscle sous-épineux.
1° Insertions. — 11 s’insère, d’une part : 1° sur la moitié supérieure de cette facette étroite et longitudinale qui s’étend le long du bord axillaire de l’omoplate, entre ce bord et la fosse sous-épineuse ; 3*^ sur une cloison fibreuse, qui le sépare du sous-épineux; 3® sur une deuxième cloison fibreuse, qui le 'sépare du grand
MYOLOGiE
rond, muscle situé au-dessous de lui ; 4*^ sur la partie inférieure de l’aponévrose sous-épineuse.
De ces nombreuses surfaces d’insertion, le petit rond se porte obliquement en haut et en dehors et vient s’attacher, à l’aide d’un fort tendon, sur la facette inférieure du trochiter (fig. 787, 3). Ses faisceaux les plus inférieurs se fixent sur la portion du corps de l’os qui est située au-dessous de cette dernière tubérosité.
2° Rapports. — ■ Le petit rond est recouvert, en arrière, par la peau et le deltoïde. 11 recouvre, en avant, la longue portion du triceps, au moment où elle va s’insérer à la fossette sous-glénoïdienne.
Contigu au grand rond au niveau de son origine, il en est séparé plus loin par un espace de forme triangulaire, dont la base répond à l’humérus.
Contigu au sous-épineux dans toute son étendue, il est séparé de ce muscle, en bas, par une cloison fibreuse très résistante, en haut par une simple cloison celluleuse.
3'^ Innervation. — 11 est innervé par un rameau du circonflexe , branche du plexus brachial.
4° Action. — Le petit rond a la même action que le sous-épineux : il imprime à l’humérus un mouvement de rotation en dehors, en même temps qu’il applique la tête humérale contre la cavité glénoïde.
Variétés. — Quand on examine avec attenlion l’insertion humérale du petit rond, on s’aperçoit 4ue, tandis que la plus grande partie des libres se lixent, à l’aide d’un tendon, sur la grosse tubérosité humérale, quelques l'aisceau.x s’insèrent directement sur le col chirurgical, au-dessous de cette dernière tubérosité. Ces faisceaux sous- troc hitériens peuvent s’isoler du reste du muscle (Guuber. Knott, moi-mèmei et former ainsi un petit muscle distinct. — Ghuber, qui a décrit ce muscle sous le nom de teres minimus le considère, à tort, selon moi (voy. A?iom. musc.,\:>. .^51). comme l’homologue, à la face postérieure de l’épaule, du inu-vCle petit sous-scapulaire que nous décrirons dans un instant. C’est le petit rond tout entier, et non pas seulement ses faisceaux sous-trochitériens, qui doit être comparé et homologué au petit sous-scapulaire.
— Gkand rond
Le grand rond (fig. 788,4) est un muscle généralement fort et épais, s’étendant de l’angle inférieur de l’omoplate à la coulisse bicipitale.
1° Insertions. — 11 s’insère d’une part : i° sur l’angle inférieur de l’omoplate :
sur la moitié inférieure de la facette longitudinale, déjà signalée à propos du petit rond, qui longe le bord axillaire de l’omoplate ; 3° sur les cloisons fibreuses qui le séparent du petit rond et du sous-épineux; 4® sur la face profonde de l'aponévrose sous-épineuse.
De là, ses fibres se portent obliquement en haut, en dehors et en avant, et se jettent, à 2 ou 3 centimètres de l’humérus, sur un tendon aplati et fort large, lequel vient se fixer (fig. 789, 3), en arrière du grand dorsal, sur la lèvre interne de la coulisse bicipitale.
2° Rapports. — Le grand rond étant un muscle aplati et de forme quadrilatère nous offre à considérer deux faces (l’une antérieure, l’autre postérieure) et deux bords (l’un externe, l’autre interne). — La face postérieure répond successivement
Fig. 787.
Muscles de la grosse tubérosité de riuimériis.
I, 6us-cpineux. — 2, sous-épineux.
— 3, petit rond. — 4, tendon de la longue portion du biceps dans sa coulisse. — 5, petite tubérosité ou trochin. — (i, grosse tubérosité ou trochiter.
MUSCLES DE L’EPAULE
au grand dorsal, à la peau et à la longue portion du triceps. — La face antérieure répond encore au grand dorsal qui, comme nous l’avons déjà vu. contourne le bord inférieur du grand rond, pour passer de sa face postérieui-e sur sa face antérieure. Elle est, en outre, en rapport : à sa partie interne, avec le sous-scapulaire ; à sa partie externe avec le coraco-brachial, les vaisseaux et les nerfs axillaires qui la croisent presque à angle droit. Une bourse séreuse sépare (fig. 503, 9’), au voisinage de leur insertion humérale, les tendons du grand rond et du grand dorsal (voy. Arthrologie). — Le bord inférieur du grand rond constitue, avec celui du grand dorsal, le bord postérieur du creux de l’aisselle. — Son bord supé-
Face postérieure de l’épaule, montrant les rapports des muscles rétro-scapulaires avec les vaisseaux et les nerfs.
1, sus-épineux. — 1’, portion externe de ce muscle, érignée en haut. — 2, 2’, sous-épineux. — 3, 3, petit rond, réséqué à sa partie moyenne. — 4, grand rond. — 5, deltoïde, avec 5’, ses faisceaux d’origine postérieure. — 6, vaste externe. — 7, longue portion du triceps. — 8, artère humérale, donnant l’artère circonflexe postérieure. — 9, nerf circonflexe. — 10, artère scapulaire inférieui’e. — 11, artère scapulaire supérieure, au-dessous de laquelle se voit le nerf sus-scapulaire, séparé de l’artère par le ligament coracoïdien.
rieur, enfin, est séparé du petit rond par un long espace triangulaire (fig. 788) dont l’humérus forme la base
La longue portion du triceps ou long triceps, en traversant de bas en haut le triangle en question, le divise en deux régions distinctes (fig. 788), l’une externe, l’autre interne. — La région externe, quadrilatère, est formée en haut par le petit rond, en bas parle grand rond, en dehors par l’humérus, en dedans par le longtriceps : c’est le quadrilatère humer o-tricipit al . 11 livre passage au nerf circonflexe et à l’artère circonflexe postérieure. — La région interne, de forme triangulaire, est formée, en haut par le petit rond, en bas par le grand rond, en dehors par le long triceps : c’est le triangle omo-tricipital, à travers lequel passe l’artère scapulaire inférieure.
MYOLOGIE
3° Innervation. — Le muscle grand rond est innervé par une branche spéciale du plexus brachial , le nerf du grand rond . Ce nerf pénètre le muscle par sa face antérieure, au niveau de son tiers moyen et tout près de son bord supérieur.
4° Action. — Congénère du grand dorsal, le grand rond, s’il prend son point fixe sur l’omoplate, porte le bras en dedans et en arrière. S’il prend son point fixe sur l'humérus, préalablement immobilisé, il agit sur l’angle inférieur de l’omoplate, qu’il porte en avant et en haut.
Variétés. — Nous avons déjà signalé, à propos du grand dorsal, la fusion possible de ce dernier muscle avec le grand rond. — J'ai rencontré, après Macalister {loc. cit.) qui a noté un fait semblable, un faisceau assez volumineux se séparant du grand rond pour aller grossir la longue portion du triceps; on sait que, chez les carnassiers, cette longue portion du triceps s’insère sur toute l’étendue du bord axillaire de l’omoplate. — Blandin {Nouveaux éléments d’ Anatomie, t. I, p. 460) a vu le grand rond envoyer un faisceau à l'aponévrose brachiale. — J’ai vu, sur plusieurs sujets, le grand rond réduit à un faisceau minuscule. — Macalister [loc. cit.) a vu le muscle manquer entièrement.
6° — Sous-scapulaire
Le soLis-scapulaire (fig. 789,5 et 791, 1) est un muscle large, épais, de forme triangulaire, s’étendant de la fosse sous- scapulaire à l’extrémité supérieure de l’humérus.
1° Insertions. — H prend naissance, en dedans : 1° sur la lèvre antérieure du bord spinal de l’omoplate, à côté du grand dentelé ; 2° sur les deux ou trois crêtes de la fosse sous-scapulaire et dans les larges gouttières qui les séparent ; 3“ sur la
lèvre antérieure du bord axillaire, à côté du grand rond et du petit rond.
Les divers faisceaux musculaires qui se détachent de cette vaste surface d’insertion convergent vers le côté interne de l’articulation scapulo-humérale et se fixent, pour la plupart, à l’aide d’un tendon aplati de 3 à 5 centimètres de hauteur, sur la petite tubérosité de l’humérus ou trochin. Les fibres les plus inférieures du muscle se contentent de longer ce tendon sans se continuer avec lui et, poursuivant leur trajet, viennent se terminer directement sur le col chirurgical de l’humérus.
2° Rapports. — Au sujet des rapports du muscle sous-scapulaire, il convient d’examiner séparément le corps musculaire et son tendon.
aj Le corps musculaire est en rapport : en arrière, avec la fosse sous- scapulaire ; en avant, avec le grand dentelé, le tissu cellulaire du creux de l’aisselle, le plexus brachial, l’artère et la veine axillaires. Une aponévrose très mince, dite aponévrose du sous-scapulaire , sépare le muscle de ces différents organes.
Le tendon du muscle glisse au-dessous de l’apophyse coracoïde et s’étale sur le côté interne de l’articulation de l’épaule. — En arrière, il répond au trochin et à la capsule fibreuse de l’articulation, qui présente à ce niveau (voy. Authro-
Fig. 789.
La gouttière bicipitale avec les trois muscles qui y prennent insertion.
], tendon du grand pectoral, avec :
1’, son faisceau superficiel ; 1”, sou faisceau profond. — i, tendon du grand dorsal. — 3, tendon du grand rond. — 4, tendon de la longue portion du biceps. — 5, muscle sous-scapulaire, avec ; 5’, son tendon pour le trochin ; 5”, son faisceau charnu pour le col de l'humérus. — 6, tête humérale. — 7, trochin. — 8, trochiter. — 9, coulisse bicipitale.
APOxNEVROSES BE L’EPAULE
logie) un large orifice, à travers lequel s’échappe un prolongement de la synoviale articulaire, destiné à faciliter son glissement. Ce prolongement synovial, qui constitue la bourse dit sous-scapulaire , s’étend (fig. 503,1’), en dedans, jusqu’à la base de l’apophyse coracoïde. — En avant, le tendon du sous-scapulaire est croisé verticalement par le coraco-brachial et la courte portion du biceps qui, de l’apophyse coracoïde, descendent sur la face antérieure du bras. Entre ces deux derniers muscles et le sous-scapulaire, existe généralement une deuxième bourse séreuse (503, 6) indépendante, celle-là, de la synoviale articulaire.
3° Innervation. — Le sous-scapulaire reçoit, par sa face antérieure, deux nerfs distincts : 1° le nerf supérieur du sous-scapulaire, pour ses faisceaux supérieurs : 2° le nerf inférieur du sous-scapulaire, pour ses faisceaux moyens et inférieurs. Ces deux nerfs proviennent l’un et l’autre du plexus brachial.
4° Action. — Le sous -scapulaire jouit d’une triple action : 1° il imprime à l’humérus un mouvement de rotation en dedans, et c’est là son principal rôle ; il est, sous ce rapport, antagoniste du ’sus-épineux et du sous-épineux, qui sont rotateurs en dehors ; 2® comme les trois muscles qui s’insèrent sur le trochiter, il applique la tète humérale contre la cavité glénoïde ; 3° enfin, il rapproche l’humérus du tronc (adducteur), lorsqu’il en a été écarté.
Variétés. — Le sous-scapulaire peut être divisé en deux ou trois portions plus ou moins isolées. — Knott [loc. cit.) a décrit, sous le nom de tensor fasciæ et cutis foveæ axillaris, un faisceau qui se détachait du bord inférieur du tendon du sous-scapulaire et venait se perdre, d’autre part, sur l’aponévrose et la peau du creux axillaire. — La différenciation en un muscle plus ou moins distinct des faisceaux charnus, signalés plus haut, qui longent le bord inférieur du tendon du sous-scapulaire pour s’insérer directement sur le chirurgical de l’humérus, constitue le petit sous-scapulaire ou sous-scapulaire accessoire. Voyez, à propos de ce muscle : Gruber, Abhandl. der menschl. u. vergl. Anat., Saint-Pétersbourg, 1844 ; Ledouble, Tribune médicale, 1881 ; Testüt, Recherches sur quelques muscles surnuméraires de la région scapulaire antérointerne. Revue d’Anthrop., 1883).
7° — Aponévrose de l’épaule
Aux muscles de l’épaule se rattache la description de quatre feuillets aponévrotiques, savoir : V aponévrose deltoïdienne , V aponévrose sus-épineuse, Y aponévrose sous- épineuse, V aponévrose sous-scapulaire .
l"" Aponévrose deltoïdienne.' — Le deltoïde est revêtu sur ses deux faces d’une aponévrose fort mince, dont les deux feuillets, feuillet profond et feuillet superficiel, résultent du dédoublement de l’aponévrose sous-épineuse.
a) Le feuillet profond (fig. 790, 6) est une simple nappe celluleuse, séparant la face profonde du deltoïde du sous-épineux.
P) Le feuillet superficiel (fig. 790, 4), en rapport avec la face externe ou superficielle du muscle, s’attache, en haut, comme le deltoïde lui-même, sur l’épine de l’omoplate, sur l’acromion, sur la clavicule. En bas, il se confond, au niveau du V deltoïdien, avec l’aponévrose brachiale. En arrière, il se fusionne avec l’aponévrose sous-épineuse, dont il est une dépendance. En avant, il se continue, au niveau de l’espace triangulaire delto-pectoral, avec l’aponévrose du grand pectoral.
2° Aponévrose sus-épineuse. — On désigne sous ce nom la lame fibreuse qui recouvre le sus-épineux. Elle s’insère sur tout le pourtour de la fosse sus-épineuse. Très épaisse et très résistante en dedans, elle s’amincit graduellement en dehors, au fur et à mesure qu’elle se rapproche de l’articulation scapulo-humérale et finit
MYOLOGIE
par se perdre sous la voûte acroinio-coracoïdienne. L’aponévrose sus-épineuse constitue, avec la fosse sus-épineuse du scapulum, une loge ostéo-fibreuse : cette loge est comblée par le muscle sus-épineux, qui prend, du reste, de nombreuses insertions sur la face profonde de l’aponévrose.
3° Aponévrose sous-épineuse. — L’aponévrose sous-épineuse (fig. 790, 5), avec la fosse sous-épineuse du scapulum, forme au muscle sous-épineux une loge analogue.
Comme la précédente , cette aponévrose est remarquable par son épaisseur et sa résistance , surtout en dedans, où elle donne attache à un certain nombre de faisceaux musculaires. Elle prend naissance sur le pourtour de la fosse sous -épineuse et s’étale ensuite sur la face postérieure des muscles sous - épineux , petit rond et grand rond, qu’elle accompagne jusqu’à leur intersection au trochiter.
De la face profonde de l’aponévrose sous-épineuse se détachent, dans le voisinage du bord axillaire, deux cloisons fibreuses qui se fixent d’autre part à l’omoplate : l’une, verticale, est située entre le sous-épineux et les deux muscles grand rond et petit rond; l’autre, transversale ou plus ou moins oblique, sépare l’un de l’autre ces deux derniers muscles.
Au niveau du bord postérieur du deltoïde, l’aponévrose sous-épineuse se dédouble pour former la gaine deltoïdienne ci-dessus décrite.
4® Aponévrose sous-scapulaire. — L’aponévrose sous-scapulaire est une simple lame celluleuse, étalée sur la face antérieure du muscle sous-scapulaire (fig. 790, 8). Elle s’insère sur tout le pourtour de la fosse de même nom et complète ainsi la gaine du sous-scapulaire. Par elle, ce dernier muscle se trouve séparé du muscle grand dentelé, ainsi que des vaisseaux et nerfs qui sont contenus dans le creux de l’aisselle.