‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 139 sur 176 · C.Divy · texte numérisé non relu

C.Divy

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Fig. 805.

Tavant-bras, troisième couche.

1 , épUrochlée et muscles épitrochléens superficiels. — 2, portion inférieure du rond pronateur, érignéc en deliors. — :i, fléchisseur superficiel. — 8’, les quatre tendons de ce muscle, soulevés et érignés en bas. — 4, long flécliisscur du pouce. — .0, fléchisseur commun profond des doigts ou fléchisseur perforant. — 0, carré prouatcur. — 7, court supinateur. — S, tendon du biceps. — 0, tendon du brachia antérieur.

3° Innervation. — Le fléchisseur commun profond des doigts reçoit ses nerfs de deux sources ; du

médian et du cubital. — Le médian , par l’intermédiaire du nerf interosseux, envoie des rameaux à sa moitié externe, c’est-à-dire aux deux faisceaux destinés à l’index et aux médius. — Le cubital innerve la moitié interne, c’est-à-dire les deux faisceaux qui se rendent à l’annulaire et au petit doigt.

¥ Action. — Le fléchisseur commun profond ^iéohii principalement la troisième

MYOLOGIE

phalange sur la deuxième. Secondairement, il fléchit la deuxième phalange sur la première, celle-ci sur le métacarpe, la main sur l'avant-bras.

Variétés. — Le üéchisseur commun profond se trouve renforcé (5 fois sur 36 sujets. Woooj.par un faisceau surnuméraire provenant de l'apophyse coronoïde ou de répitrochlée et connu sous le nom Ci accessoire du fléchisseur commun profond de Gantzeu. — Les faisceaux radiaux du muscle peuvent s'étendre sur une grande partie de la face antérieure du radius : ils peuvent, en outre, se détacher (Theile) d'un point quelconque du radius, en haut, dans le milieu ou en bas. — Le llécliisseur profond peut, comme le précédent, envoyer un faisceau au ligament annulaire antérieur du carpe ou à l’aponévrose palmaire. — Comme pour le muscle précédent encore, qnelques-uns de ces faisceaux peuvent être indépendants, celui de l'index notamment constituant ainsi un muscle fléchisseur propre de l'index (Weber, Wood et moi-même). — A consulter ; AlezAïs, Le fléchisseur profond des doigts, Journ. de l'Anat., 1903; — Mc Murkich, The philogeny of the forearm flexors. Americ. Journ. Anat., 1903.

7°— Long fléchisseur propre du pouce

Le long fléchisseur propre du pouce (fig. 805, 4), situé en dehors du précédent, forme la partie externe de la troisième couche musculaire de l’avant-bras. Il s’étend du radius au premier doigt du pouce.

Insertions. — Il s’insère en haut ; L sur la face antérieure du radius, dans ses trois quarts supérieurs ; 2® sur le tiers externe du ligament interosseux. Il reçoit en outre, sur son bord interne, et dans la moitié des cas environ, un faisceau de renforcement {faisceau accessoire de Gaxtzer), très variable dans son volume et dans son mode d’origine. Ce faisceau accessoire provient, suivant les cas, de l’apophyse coronoi'de, de la face antérieure du cubitus, de l’épitrochlée, de la masse commune des muscles épitrochléens.

Les divers faisceaux d’origine du long fléchisseur propre du pouce se dirigent verticalement en bas, en suivant la face antérieure du radius. Ils se terminent, à la partie inférieure de l’avant-bras, sur le pourtour d’un tendon qui remonte généralement très haut sur la partie interne ou antérieure du muscle.

Ce tendon, continuant le trajet du corps musculaire, passe sous le ligament annulaire antérieur du carpe, comme tous les tendons des fléchisseurs, et arrive ainsi à la paume de la main. 11 longe alors de haut en bas le côté interne de l’éminence thénar et, finalement, vient se fixer sur l’extrémité postérieure de la phalange unguéale du pouce.

2“ Rapports. — Les rapports du long fléchisseur propre du pouce diffèrent, comme pour les muscles précédents, suivant la région où on le considère :

a) A Vavant-bras, sa face antérieure ou superficielle est recouverte parle fléchisseur superficiel des doigts, le grand palmaire, l’artère et les veines radiales, la branche antérieure du nerf radial et, tout à fait en bas, par le long supinateur. — Sa. face postérieure ou profonde répond au radius, au ligament interosseux et au carré pronateur. — Son bord externe se loge dans l’angle dièdre formé par le radius et les faisceaux radiaux du fléchisseur superficiel. — Son bord interne, enfin, répond au fléchisseur commun profond des doigts, dont le sépare un interstice celluloadipeux, déjà décrit à propos de ce dernier muscle.

Au poignet, le tendon du fléchisseur propre du pouce glisse dans la partie la plus externe de la gouttière radio-carpienne.

■'() A la main, il est situé tout d’abord sur le côté interne de l’éminence thénar, dans une gouttière profonde (fig. 825, 6j que lui forment les deux faisceaux du

REGION ANTERIEURE DE L’AVANT-RRAS

court fléchisseur. Plus loin, il s’engage, en atteignant le pouce, dans une gaine fibreuse qui rappelle par sa constitution celle des autres doigts.

3" Innervation. — Il est innervé par le nerf inter osseux, branche du médian. Le rameau qui lui est destiné le pénètre, au niveau de la partie moyenne de l’avantbras, par sa face antérieure et au voisinage de son bord interne.

4° Action. — Le long fléchisseur propre du pouce fléchit principalement la dernière phalange du pouce sur la première et, secondairement, la première phalange sur le métacarpien correspondant.

Variétés. — L’existence d’un fléchisseur antibrachial du pouce indépendant des muscles voisins caractérise l'espèce humaine ; aucun aulre primate, en effet, ne présente ce muscle, à l’état d’isolement. Anormalement, le long fléchisseur du pouce peut perdre cette indépendance chez rhomme à des degrés divers, se rapprochant ainsi plus ou moins des dispositions qui caractérisent les espèces simiennes. Ce sont d’abord des faisceaux anastomotiques jetés, soit entre le fléchisseur superficiel et le fléchisseur propre du pouce, soit entre ce dernier muscle et le fléchisseur commun profond. De pareilles anastomoses sont loin d’être rares. — On peut observer ensuite la fusion complète des deux fléchisseurs [)rofonds, aboutissant à la formation d’un muscle unique, d’où se dégagent cinq tendons pour les cinq doigts; c’est là le type des cercopithèques. J’en ai observé trois cas, Walsha.m un autre [Saint-Bartholomew' s Hospital Reports, 1880). — La fusion complète du fléchisseur propre du pouce avec le fléchisseur profond de l’index, isolé lui-même des autres fléchisseurs [type du gorille), a été observé par Chüdzinski et par moi-même. — La fusion complète des deux fléchisseurs profonds sans tendon pour le pouce [type de Vorang) a été signalée par Grüber {Arch. f. Anat u. Phys., 1875, p. 211), par Wagstaffe [Journ. of Anat. and PliysioL, t. VI, p. 212j et par Gegenbaur [Virchow’s Arch.. t. XXI, p. 376).

Voy., pour de plus amples renseignements sur ce sujet : Koster, Affen und Menschenhaml, 1880 ; — Bischoff, Ueber die Bedeutung d.

Musc, extensor indicis proprius u. d. flexor pollicis longus der Hand d. Menschen u. d.

Affen, München, 1886 ; — Testut, Le long fléchisseur propre du pouce chez Vhomme et chez les singes, in Bull, de la Soc. zool. de France, 1883.

H° — Carré pronaïeur

Le carré pronateur ( fig . 805 , 6 et 806,17) est un muscle aplati et quadrilatère, situé à la partie antérieure et inférieure de l’avant-bras.

Insertions. — Il s’insère, d’une part, sur le bord antérieur du cubitus, dans son quart inférieur.

De là, il se porte transversalement en dehors etvientse fixer, d’autre part, sur le bord antérieur et sur la face antérieure du radius dans son quart inférieur.

Les insertions radiales du muscle se font, dans la majorité des cas, par des fibres charnues; les insertions cubitales, au contraire, à l’aide d’un tendon large et nacré, qui occupe, en hauteur, la totalité ou une partie seulement du corps musculaire.

Rapports. — Le carré pronateur est en rapport, en arrière, avec le cubitus, le

Fig. 806.

Carré pronateur, vue antérieure.

J, cubitus, avec 1’, sa tête. — 2, radius. — 3, ligament interosseux. — 4, muscle carré pronateur. — 5, 5’, artère interosseuse antérieure et nerf du carré pronateur. — 0, faisceaux fibreux, représentant vraisemblablement des faisceaux musculaires radio-carpiens disparus.

MYOLOGIE

radius et le ligament iiiterosseux. — En avant, il répond successivement, en allant de dedans en dehors, au cubital antérieur^ au fléchisseur commun profond des doigts et au fléchisseur propre du pouce, qui croisent perpendiculairement la direction transversale de ses faisceaux.

3° Innervation. — Il est innervé par le nerf inter osseux, branche du médian.

4’ Action. — Prenant son point fixe sur le cubitus, ce muscle fait tourner le radius de dehors en dedans et, par conséquent, porte la main et l’avant-bras en pronation. Cette action rotatrice du carré pronateur a été mise en doute par le professeur Hyrtl, qui n’a malheureusement fourni aucune preuve à l'appui de son opinion. Les conclusions de Hyrtl ont été longuement combattues en 1870, par le professeur Galort. Un courant induit, porté sur le carré pronateur d’un supplicié (moi-même en 1882 et Wertheimer en 188o), a déterminé nettement la pronation du radius sur le cubitus.

Variétés. — L'absence du carré pronateur a été constatée par Oïto et Meckel. — Ce miiscle peut affecter la l'orme d’un triangle. — 11 peut être constitué par deu.Y triangles ayant leurs sommets tendineux, l'un sur le radius, l’autre sur le cubitus. — J'ai vu des carrés pronateurs à trois ou à quatre faisceaux. — Le faisceau inférieur peut se rendre du cubitus sur les os du carpe GU bien sur la synoviale de rarticulalion du poignet.

Muscles surnuméraires de la région antérieure de l'avant-bras. — Nous signalerons comme muscles sui numéraires pouvant apparaître dans cette région :

1° Le radio-carpien, décrit pour la première fois par Fano [Bull. Soc. anal, de Paris, 1851) et se rendant de la partie antérieure du radius (face antérieure ou face externe) à un os du carpe ou du métacarpe; on le rencontre cinq fois environ sur cent sujets;

Le cubito-carpien. se rendant, comme son nom l’indique, de la partie inférieure du cubitus à la région du carpe ; il se rattache, suivant les cas, soit au carré pronateur, soit au cubital antéj'ieur ;

3» Le radio-cubilo-carpien décrit par Cai.ori [Mém. de V Acad, de Boulogne. 1870) et par Grubeiî. [Bull. Acad. imp. de Saint-Pétersbourg , 1871), s’insérant en haut par deux cbefs sur le cubitus et sur le radius, se terminant en bas sur le carpe ;

4» Le radio-palmaire, allant de la face antérieure du radius au bord supérieur du ligament annulaire ou à la face profonde de l’aponévrose palmaire ;

5“ Le tenseur de la gaine des fléchisseurs, situé au-dessous du lléchisseur propre du pouce, allant du radius et du ligament interosseux à la gaine synoviale des lléchisseurs des doigts ; ce faisceau n’est bien souvent qu'une portion du lléchisseur propre du pouce.

9® — Coulisses et synoviales des tendons fléchisseurs

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