‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 140 sur 176 · DE LA MAIN · texte numérisé non relu

DE LA MAIN

1° Coulisses tendineuses des fléchisseurs de la main. — Les tendons des muscles fléchisseurs des doigts, en arrivant au poignet, s’engagent, ainsi que nous l’avons dit plus haut, sous le ligament annulaire antérieur du carpe.

a. Ligaynent annulaire antérieur du carpe. — On donne ce nom à un ruban fibreux (fig. 798), de forme quadrilatère, qui s’étend transversalement d’un bord du carpe à l’autre. Il mesure 4 ou 5 centimètres de largeur, sur 2 ou 3 centimètres de hauteur.

On lui distingue deux bords, deux faces et deux extrémités. — Son bord supérieur se continue en haut avec l’aponévrose antibrachiale. — Son bord inférieur se continue, de même, avec l’aponévrose palmaire et avec les muscles des éminences thénar et hypothénar, qui prennent sur lui de nombreuses insertions. — De ses deux extrémités, Vinterne se fixe sur le pisiforme et sur l’apophyse uniforme de l’os crochu. Uexlenie s’attache sur les tubercules, toujours très saillants, du scaphoïde et du trapèze. — La face superficielle est en rapport avec la peau qui

RÉGION ANTÉRIEURE DE L’AYANT-BRAS

Fig. 807.

Coulisse Gstéo-fibrouso du grand palmaire, vue en conpe transversale.

1, Irapèzo.

Irapézoïdo . —

deuxième mélacarpien. — 4, troisième métacarpien. — 5, tète du grand os. -- G, ligament annulaire antérieur du carp(>, avec G’, son prolongement profond. — 7, le tendon du grand palmaire dans sa coulisse ostéo-tiljreuse. — 8, nerf médian. — 0, tendon du long fléchisseur du pouce.

lui adhère assez intimement. — De sa face profonde, et tout près de son insertion externe, se détache une cloison fibreuse (807, 6’), qui vient se fixer, d’autre part, sur la face antérieure du scaphoïde, du trapézoïde, et jusque sur le grand os.

Si nous considérons maintenant ce ligament annulaire au point de vue de sa structure, nous le voyons se composer de deux plans de fihres : 1° un plan profond^ formé de fihres transversales, qui s’insèrent par l’une et l’autre de leurs extrémités sur les os du carpe précédemment indiqués ; 2° un plan superficiel, formé de fihres verticales et obliques, qui dépendent h la fois du tendon du petit palmaire et des tendons d’origine des muscles thénar et hypothénar.

b. Coulisses ostéo- fibreuses. — Le ligament annulaire antérieur du carpe et la cloison secondaire à direction verticale, signalée plus haut, qui descend de ce ligament sur le scaphoïde et le trapézoïde transforment la gouttière du carpe, telle que nous la présente le squelette (p. 301), en deux conduits ostéo -fibreux, que l’on distingue en interne et externe. Le conduit externè, tout petit, est destiné uu tendon du grand palmaire (fig. 807, 7) ; c’est le

conduit ou la coulisse du grand palmaire. Le conduit interne, beaucoup plus grand, livre passage au nerf médian et à tous les tendons fléchisseurs : c’est le conduit des fléchisseurs ou canal radiocarpien.

2'^ Synoviale tendineuse du grand palmaire. — Le tendon du grand palmaire est entouré, dans le conduit ostéo -fibreux qu’il traverse, d’une synoviale indépendante qui favorise ses glissements. Cette synoviale ne dépasse pas généralement, en hauteur, le bord supérieur du scaphoïde.

3A Synoviales tendineuses des fléchisseurs.— Les tendons des muscles fléchisseurs glissent de même, dans le canal radiocarpien et sur les phalanges des doigts, au moyen de synoviales plus étendues que la précédente et, par cela même, plus importantes. Ces synoviales sont au nombre de cinq, une pour chaque doigt. Celles qui sont destinées aux trois doigts du milieu sont relativement courtes ; elles répondent seulement aux deux premières phalanges des doigts, nous les désignerons sous le nom de synoviales digitales. Les deux autres, celles du pouce et du petit doigt, remontent jusqu’au canal radio-carpien, nous leur donnerons le nom de synoviales digito-carpiennes.

Tendons des lléchisseurs avec leur gaine séreuse (d’après Fakabeuf).

A, la sèi-ouso ]>asso à la face superficielle du leudou sans couvrir sa face profonde.

B, la séreuse recouvre le tendon sur ])rcsque tout son pourtour et forme en arrière de lui un mésotendon.

1, tendon. — 2, membrane séreuse. — .8, gaine fibreuse, qui a été incisée et érignée dans une partie de son étendue. — 4, rameau artériel provenant des branches collatérales des doigts. — o, ü, rameau pénétrant dans le tendon.

MYOLOGIE

A. Synoviales digitales. — Les synoviales digitales (fig. 809, 3, 4 et 5) sont au nombre de trois, la première pour l’index, la deuxième pour le médius, la troisième pour l’annulaire.

Chacune d’elles affecte la forme d’une gaine cylindrique, prenant naissance au niveau de la base de la troisième phalange et s’étendant, du côté de la main, jusqu’à l’articulation métacarpo-phalangienne correspondante. Elle se compose, du reste, de deux feuillets : un feuillet mscéraL qui entoure à la fois, dans une gaine commune, le tendon perforant et le tendon perforé; un feuillet pariétal, qui

tapisse le canal ostéo-fibreux (fig. 804) dans lequel cheminent ces tendons. De distance en distance, le feuillet viscéral et le feuillet pariétal sont reliés l’un à l’autre par des prolongements ou méso- tendons , plus ou moins étendus, mais toujours très minces. Ces prolongements, ainsi que cela a été dit plus haut, tapissent les tractus cellulo-vasculaires qui, sous la forme de membranes ou sous la forme de simples filaments, se rendent de la face antérieure des phalanges à la face profonde des tendons (fig. 803, 4).

Les trois synoviales de l’index, du médius et de l’annulaire sont entièrement indépendantes les unes des autres. Elles sont indépendantes également, sauf les cas d’anomalies, des synoviales digito-carpiennes que nous allons maintenant décrire.

B. Synoviales digito-carpiennes. — Déjà signalées en 1837 par Leguey et bien décrites quelques années plus tard (1850) par Gosselin, les synoviales digito-carpiennes se distinguent en externe et interne :

Fig. 809.

Synoviales tendineuses des fléchisseurs, disposition ordinaire.

A, radius. — B, cubitus. — 1, II, 111, IV, V, premier, deuxieme, troisième, quatrième et cinquième doigts. — 1, synoviale digito-carpienne externe, se continuant en bas avec 1’, la synoviale digitale du pouce. — 2, synoyiale digito-carpienne interne, se continuant en bas, avec 2’, la synoviale digitale du petit doigt. — 3, 4, 5, les trois synoviales digitales de Tindex, du médius et de l’annulaire. — 6, tendon du long fléchisseur propre du pouce. — 7, tendons des fléchisseurs communs. — 8, nerf médian.

a) La synoviale digito-carpienne externe (gaine radiale de certains auteurs) entoure, à la manière d’un long cylindre, le tendon du long fléchisseur propre du pouce (fig. 809,1). Elle commence à la base de la deuxième phalange de ce doigt et remonte, avec le tendon précité, jusqu’à deux travers de doigt environ au-dessus du ligament annulaire du carpe. Elle occupe donc successivement la face antérieure de la pre-

mière phalange du pouce, le côté interne de l’éminence thénar, la partie externe du canal radio-carpien et la face antérieure de l’avant-bras.

^) La synoviale digito-carpienne interne (gaine cubitale de certains auteurs) commence au niveau de la base de la troisième phalange du petit doigt (fig. 809,2); elle engainc les deux tendons fléchisseurs destinés à ce doigt et gagne, avec eux, la paume de la main. — Jusqu’à l’articulation métacarpo-phalangienne, celte gaine est cylindrique. Mais, en abordant la région palmaire, elle s’élargit considérablement

RÉGION ANTÉRIEURE DE L'AVANT-RRAS

en dehors : en effet, tandis que son côté interne suit assez exactement les deux tendons fléchisseurs du petit doigt, son côté externe se porte obliquement en dehors et englobe successivement les tendons fléchisseurs de l’annulaire, ceux du médias et ceux de Tindex. 11 en résulte que la synoviale digito-carpienne interne, qui n’engaine à son origine que les tendons fléchisseurs du petit doigt, devient, à la région palmaire, une gaine commune à tous les tendons fléchisseurs, sauf celui du pouce. — Elle pénètre alors, en se rétrécissant, dans le canal radio-carpien, dont elle occupe le côté interne. Puis, s’échappant de ce canal, elle s’étale de nouveau à la

Fig. 810.

Synoviales tendineuses des fléchisseurs, disposition anormale.

Mêmes indications que dans la figure précédente : s’y reporter. On voit sur cette figure que les deux synoviales digito-carpiennes, l’interne et l’externe, sont fusionnées en une seule, à la hauteur du carpe.

Synoviales tendineuses des fléchisseurs, disposition anormale.

Mêmes indications que pour la figure 809. On constate sur celle-ci l’existence d’une synoviale distincte 3 pour la portion carpienne des tendons fléchisseurs de l’index 7' ; la synoviale digitale de ce dernier doigt 3' reste indépendante.

face antérieure de l’avant-bras, où elle se termine en cul-de-sac, un peu au-dessus de la synoviale précédente. — Ainsi constituée, la synoviale digito-carpienne interne a été comparée à un sablier. Elle nous présente, en effet, comme le sablier : 1® une portion moyenne rétrécie, correspondant au canal radio-carpien; 2° une extrémité supérieure renflée, occupant la face antérieure de l'avant-bras; 3° une extrémité inférieure, également renflée, s’étalant à la paume de la main et donnant naissance, en bas et en dedans, au long diverticulum cylindrique qui accompagne les tendons fléchisseurs du petit doigt jusqu’à leur insertion phalangienne.

Telle est la disposition respective des deux grandes synoviales digito-carpiennes. Toutes les deux s’étendent des phalanges à la partie inférieure de l’avant-bras.

MYOLOGIE

Séparées l’une de l’autre à leur origine par toute la distance qui sépare le pouce du petit doigt, elles convergent l’une vers l’autre, se rapprochent par conséquent de plus en plus et finissent même par s’adosser. C’est ainsi qu’on les rencontre dans le canal radio-carpien : elles ne sont séparées, à ce niveau, que par une mince cloison conjonctive, le long de laquelle chemine le nerf médian.

Variétés. — Parmi les variétés que peuvent présenter les gaines des lléchisseurs, variétés qui sont fort nombreuses et qui nous expliquent les divergences des anatomistes à leur sujet, l’ime des plus intéressantes est la communication réciproque des deux grandes gaines digito-carpiennes au niveau du poignet (tîg. 810). Cette communication, qu'on a considérée longtemps comme constante, est au contraire très rare. Gosselix ne l’a rencontrée qu'une seule fois sur plus de soixante mains examinées. — En ce qui concerne la synoviale digito-carpienne interne, sa portion pha langienne peut être complètement séparée de sa portion palmaire. 11 e.xiste, dans ce c.is, quatre gaines digitales. — Par contre, on peut voir la synoviale de l’annulaire aboutir à la grande synoviale digito-palmaire interne : le nombre des synoviales digitales indépendantes se trouve alors réduit à deux. — Je signalerai encore l’apparition possible au poignet, entre les deux synoviales digito-carpiennes. d'une synoviale surnuméraire o\\ synoviale carpienne moyenne, répondant, soit au tendon supertlciel, soit au tendon profond de l’index (tig. 811, 3).

Toutes ces variétés trouvent en pathologie chirurgicale, notamment dans la symptomatologie des kystes du poignet et du panaris des gaines, des applications fort importantes. (Voir, pour plus de détails, les Traités d’anatomie topographique.)

A consulter, au sujet des synoviales des lléchisseurs ; Leguey, Rech. sur les synoviales des tendons fléchisseurs des doigls, Thèse Paris. 1837 ; — M.vslieurat-L.ygê.m\ri), Anal, descriptive des synoviales de la main. Gaz. méd., 1839; — Gosselin, Rech. sur les kysles synoviaux de la main et du poignet. Mém. de l'Acad. de méd., 1850, vol. XVI; — Dumont, Thèse de Bordeaux, 1882; — A. VON Rostoun, Langenheck's Arch., vol. XXXIY, 1887; — Lucien (voy. p. 949).

§ II. — Région externe de l’avant-bras

La région externe de l’avant-hras comprend quatre muscles, insérés tous les quatre sur l’épicondyle ou sur le hord externe de l’humérus. Ce sont, en allant des couches superficielles aux couches profondes : 1° le long supinateur ; 2® \q premier radial externe ; 3'’ le second radial externe ; 4° le court supinateur.

P — Lonu supinateur

Le plus superficiel du groupe externe, le long supinateur (fig. 808,5 et 823, l) est un muscle allongé, charnu en haut, tendineux en has, s’étendant du tiers inférieur de l’humérus à l’extrémité inférieure du radius.

l'" Insertions. — U s’insère, en haut, sur le hord externe de l’humérus audessous de la gouttière de torsion, ainsi que sur la cloison intermusculaire externe (p. 917) : ces insertions d’origine mesurent 4 centimètres de hauteur environ.

De la, le muscle se porte verticalement en has, s’aplatit d’ahord de dedans en dehors, puis d’avant en arrière, et se jette, à la partie moyenne de l’avant-bras, sur un large et fort tendon, lequel, continuant le trajet du corps musculaire, vient se fixera la hase de l’apophyse styloïde du radius.

2^ Rapports. — Au point de vue de ses rapports, nous distinguerons au long supinateur une face externe, une face interne et deux hords, l’un antérieur, l’autre postérieur. — Sa face externe ou superficielle répond à l’aponévrose antihrachiale et à la peau dans presque toute son étendue. En has cependant, au voisinage de son insertion radiale, le tendon est croisé superficiellement par le long abducteur du pouce et le court extenseur du pouce. — Sa face interne ou profonde recouvre

REGION EXTERNE DE L’AVANT-BRAS

successivement l’extrémité inférieure de l’humérus, les deux radiaux externes, l’extrémité externe du rond pronateur, le radius. — Son bord postérieur répond en haut au vaste externe, dont il est séparé par la cloison intermusculaire externe, et, plus has, au premier radial externe. — Son bord antérieur forme à la région du pli du coude, avec le brachial antérieur et le biceps, une gouttière oblique, au fond de laquelle cheminent le nerf radial, l’artère humérale profonde et l’artère récurrente radiale antérieure. A l’avant-bras, il est en rapport avec la branche antérieure du nerf radial et les vaisseaux radiaux : c’est en raison de ce dernier rapport que le long supinateur devient, en médecine opératoire, le muscle satellite de l’artère radiale.

3° Innervation. — Il reçoit son nerf du radial. Ce nerf le pénètre par sa face interne et à sa partie supérieure.

4® Action. — Le long supinateur fléchit l’avant-bras sur le bras et place le radius dans une demi-pronation. Il ne devient supinateur que lorsque l’avant-bras est en pronation forcée : sa contraction remet alors l’avant-bras, dans un état de demipronation (position de repos).

Le long supinateur est donc à la fois pronateur et supinateur : pronateur, quand l’avant-bras^ au moment où il se contracte, est en supination complète; supinateur, quand l’avant-bras est en pronation complète.

Mais, dans l’un et dans l’autre cas, le mouvement n’arrive jamais à ses extrêmes limites : le radius, qu’il parte de la supination ou de la pronation, s’arrête toujours à la demi-pronation qui, je le répète, est pour le membre supérieur-, la position du repos.

Variétés, — Le long supinateur peut s'insérer sur le radius au-dessus de l'apophyse styloïdc jusque sur le tiers moyen de l'os. — Il peut aussi s’insérer au-dessous : sur le scaphoïde et le trapèze (ivlAC.4.LisTEK) ; sur la hase du troisième métacarpien (Duksy). — Dans deux cas de Caloki {loc. cit.) et de Embleton [Journ. of Anat.. t. VI, p. 217), le long supinateur envoyait quelques faisceaux à l'aponévrose antibrachiale. — J'ai vu, plusieurs fois, le tendon inférieur perforé par le nerf radial. — J'ai vu naître le muscle par deux chefs distincts [lonq supinateur biceps), lesquels ne se réunissaient qu’à la partie moyenne de l’avant-bras. — Le long supinateur peut être double (Lauth, Ghüber), le faisceau surajouté étant plus grêle et plus profondément placé que io muscle normal. — Le long supinateur peut manquer (Humphry). — Il peut présenter des connexions avec les muscles voisins, deltoïde, brachial antérieur, premier radial externe, longabducteur du pouce. — Il peut envoyer un faisceau au long fléchisseur propre du pouce.

2° — Premier radial externe

Le premier radial externe (fig. 812,2) est situé au-dessous du long supinateur. C’est un muscle aplati, charnu dans son tiers supérieur, tendineux dans le reste de son étendue, qui va de l’extrémité inférieure de l’humérus au deuxième métacarpien.

Insertions. — Il s’attache, en haut : 1® sur le bord externe de Thumérus, au-dessous du long supinateur, qu’il semble continuer ; 2° sur la cloison intermusculaire externe (p. 917).

De là, ses fibres se portent verticalement en bas et se jettent, un peu au-dessous du tiers supérieur de l’avant-bras, sur un tendon aplati et d’abord fort large, puis plus ou moins cylindrique. Ce tendon, continuant la direction du corps musculaire, longe tout d’abord la face externe du radius, glisse ensuite sur l’extrémité inférieure de cet os, dans une gouttière spéciale qui est placée immédiatement en dedans de l’apophyse styloïde et, finalement, vient se fixer en arrière de l’extrémité supérieure ou base du deuxième métacarpien.

MYOLOGIE

2® Rapports. — Le premier radial externe est recouvert [face superficielle), dans la plus grande partie de son étendue, par le long supinateur et l’aponévrose superficielle. Dans le tiers inférieur de l’avant-bras, il est encore croisé superficiellement par les trois longs muscles abducteur, court extenseur et long extenseur du pouce.

Par sa face profonde il recouvre, à son tour, le deuxième radial externe, l’articulation du coude, le radius, et l’articulation du poignet.

3° Innervation. — Le premier radial externe est innervé par le radial. Le rameau que lui envoie ce tronc nerveux le pénètre par sa face interne, un peu au-dessous de son insertion supérieure.

4° Action. — Envisagé au point de vue de son action, ce muscle étend le deuxième métacarpien sur le carpe et celui-ci sur l’avant-bras. En outre, en raison de son obliquité, il incline la main sur le bord radial de l’avant-bras. C’est donc à la fois un extenseur et un abducteur de la main.

Variétés.

(Voyez le muscle suivant.)

Fig. 812.

^luscles de la région externe de Tavant-bras et muscles profonds de la région postérieure.

3“ — Deuxième radial externe

Le deuxième radial externe (fig. 8L2, 3) est un peu plus volumineux que le précédent, au-dessous duquel il est situé et avec lequel il présente du reste les plus grandes analogies par sa forme, son trajet et ses insertions.

1° Insertions. — 11 prend naissance, en haut : D sur l’épicondyle, par un tendon qui lui est commun avec les muscles superficiels de la région postérieure de l’avant-bras ; 2° sur une aponévrose très forte, qui s’étale sur sa face postérieure ; 3® sur le ligament latéral externe de l’articulation du coude; 4° enfin, sur une cloison fibreuse qui le sépare de l’extenseur commun des doigts.

De ces différentes surfaces d’attache, ses fibres se dirigent en bas et se terminent a la partie moyenne de l’avant-bras, sur un tendon, aplati d’abord, puis plus ou moins cylindrique, qui accompagne le tendon du premier radial jusqu’à l’articulation du poignet. Là, il s’en écarte à angle aigu pour se porter obliquement en bas et en dedans. Finalement, il vient s’insérer sur l’apophyse postérieure de la base du troisième métacarpien.

1, long supinateur. — 2, premier radial externe. — 3, deuxième radial externe. — 4, long abducteur du pouce. — .4, court extenseur du pouce.. — 6, long extenseur du pouce. — 7, extenseur proj)re de l'index. — 8, 8, tendons de l'extenseur commun. - 9, tendons fusionnés de l’extenseur propre de l’index et de l’extcnseui’ commun. — 10, premier interosseux dorsal. — 11, anconé. — 12, court supinateur. — 13, tendons supérieurs de l’extenseur commun et du cubital postérieur, sectionnés et érignés. — 14, tendon inférieur du cubital postérieur.

RÉGION EXTERNE DE L’AVANT-ERAS

2° Rapports. — Le deuxième radial exterue est recouvert, dans la plus grande partie de son étendue, par le premier radial externe. — Comme pour ce dernier, sa face superficielle est croisée successivement par les trois muscles postérieurs du pouce : un peu au-dessous du poignet, par le long abducteur et le court extenseur; au niveau même du poignet, par le long extenseur (fig 818). — Sa face profonde recouvre tout d’abord la face externe du radius, dont elle est séparée, cependant, en haut par le court supinateur et à sa partie moyenne par l’insertion radiale du rond pronateur. Plus bas, le deuxième radial externe passe sur la face postérieure du radius, croise l’articulation du poignet et, enfin, glisse un peu obliquement sur la face dorsale du carpe pour gagner la base du troisième métacarpien.

Les tendons des deux muscles radiaux, dans toute l’étendue où ils sont en contact, sont réunis l’un à Tautre par un tissu conjonctif plus ou moins dense. Tous les deux glissent dans la gouttière de l’extrémité inférieure du radius à l’aide d’une synoviale (lig- 821,2’), qui ordinairement leur est commune et dont la hauteur varie de 4 à 6 centimètres.

Outre cetjte synoviale, qui est constante et toujours nettement différenciée, on rencontre dans la plupart des cas, le long du deuxième radial externe, deux bourses séreuses {bourses des radiaux) : la première, habituellement très développée, est située sur la face postérieure des radiaux externes au niveau du point où ils sont croisés^par le long abducteur et le court extenseur du pouce ; la seconde, beaucoup plus petite, est placée sur la face antérieure du tendon du deuxième radial externe, au moment où il va s’insérer sur le métacarpien. Enfin, entre la

face profonde du deuxième radial et le court supinateur, se trouve une nappe de tissu cellulaire lâche, qui acquiert, dans bien des cas, tous les caractères des bourses séreuses intermusculaires.

Eig. 813.

Les muscles de la région externe, vus sur une coupe transversale passant par la tubérosité bicipitale (sujet congelé).

1, cubitus. — 2. radius. — 3, tendon du biceps, avec, en dehors et au-dessous de lui, sa bourse séreuse. — 4, rond pronateur. — 5, rond supinateur. — G, cour! supinateur. — 7, radiaux externes, fusionnés entre eux. — 8, extenseur commun des doigts. — 9, artères et veines cubitales. — lü, artères et veines radiales. — 11, nerf médian. — 12, 12’, branche antérieure et branche postérieure du radial.

3° Innervation. — Le deuxième radial externe est innervé par la branche de bifurcation postérieure du radial.

4® Action. — Gomme le précédent, le deuxième radial externe étend la main sur l’avant-bras. Plusieurs anatomistes lui attribuent encore le rôle de porter la main dans l’abduction. Mais cette dernière action est assurément bien faible, si tant est qu’elle existe. Duchenne (de Boulogne), en effet, à la suite de ses expériences électro-physiologiques, n’a pas cru devoir l’admettre et a fait du deuxième radial externe un muscle exclusivement extenseur de la main.

Variétés. — Les deux radiaux peuvent se fusionner d’une façon plus ou moins complète : il en résulte un muscle unique et un tendon unique, leiiuel se dédouble le plus souvent, à une distance plus ou moins considérable du métacarpe, pour venir se fixer à la fois sur les deuxième et

MYOLOGiE

troisième métacarpiens. — Sans se fusionner, les deux radiaux peuvent être reliés l’un à rautr(' par des faisceaux anastomotiques, que Wood a désignée sous le nom généri(|uo do radiaux intermédiaires ; le radial intermédiaire peut, dans certains cas, s'isoler entièrement des deux radiaux <>t acquérir ainsi une individualité complète. — Wood a encore décrit sous le U'on de radial accessoire, un nouveau faisceau (6 fois sur 173 sujets), qui se termine d ordinaire sur le premier métacarpien, mais que l'on voit se fixer encore : 1“ sur la partie externe du court abducteur du pouce : à là fois sur le premier métacarpien et sur l'abducteur ; 3“ à la fois sur le premier

métacarpien et sur l’espace interosseux ; 4° sur le court fléchisseur du pouce.

Le tendon de chacun des muscles radiaux peut se bifurquer et prendre sur le métacarpe des insertions supplémentaires . c'est ainsi que l’on voit le premier radial s’insérer à la fois sur les deuxième et troisième métacarpiens, le deuxième radial s’insérer sur le deuxième métacarpien en même temps que sur le troisième. — Il résulte d’une observation d’ALBiNus. que le deuxième radial peut étendre ses insertions jusque sur le quatrième métacarpien.

4 O — Court supinateur

Le court supinateur (fig. 814,1), profondément situé sur les cotés postérieur, externe et antérieur de l’articulation radio-humérale, s’enroule autour du radius, à la manière d’un demi-cylindre creux (fig. 816,5). Par sa situation et aussi par son rôle, il appartient à la région antibrachiale postérieure, bien plutôt qu’à la région externe.

1“ Insertions. — 11 prend naissance, en arrière :

1® sur cette facette rugueuse que l’on remarque sur le cubitus, au-dessous de la petite cavité sigmoïde; 2® sur

le quart supérieur du bord externe du cubitus; 3° sur la partie postérieure du ligament annulaire de l’articulation radio-cubitale supérieure ; 4° sur le ligament latéral externe de l’articulation du coude. On rencontre encore, sur bien des sujets, un certain nombre de faisceaux additionnels qui proviennent de l’épicondyle.

De ces différentes surfaces d’insertion, le muscle court supinateur, s’élargissant en éventail , contourne le tiers supérieur du radius et vient se fixer (fig. 815, 6) sur la face externe et sur la face antérieure de cet os, depuis le ligament annulaire jusqu’à l’insertion du rond pronateur.

Muscle court supinateur, vu par sa face postérieure.

1, court supinateur. — 2, ra- <lius, avec 2’, son extrémité supérieure. — 3, cubitus. — 4, oiécràuc. — 3, épicondyle. — ü, condvlc de riiuméi'us.

Kig. 813.

Le muscle court supinateur, vue antérieure.

1, cubitus. — 2, radius. — 3, ligament interosseux. — 4, épicondyle.

— O, articulations du coude. — 6, court supinateur. — 7, rond pronateur. — 8, tendon du biceps avec 8 sa bourse séreuse. — 9, branche postérieure du nerf l’adial.

2“ Rapports. — Le court supinateur nous offre à considérer deux faces : une face interne ou concave et une face externe ou convexe. — Sa face concaee recouvre successivement l’articulation du coude (voy. Arthrologie), le ligament interosseux et le radius. — Sa face convexe, à son tour, est recouverte par les deux radiaux, l’extenseur commun des doigts, l’extenseur propre du petit doigt et le cubital postérieur.

REGION POSTERIEURE DE L’AVANT-BRAS

Au niveau de ses insertions radiales, le court supinateur confine au tendon inférieur du biceps et à l’insertion radiale du fléchisseur superficiel des doigts.

Le court spinateur se trouve, en outre, traversé d’avant en arrière par la branche profonde ou musculaire du nerf radial (voy. Névrologie), se rendant auK muscles de la région postérieure de l’avant-bras.

3° Innervation. — Il est innervé, comme le précédent, par la branche de bifurcation postérieure du radial. Les rameaux qui lui sont destinés se détachent du tronc nerveux, au moment où celui-ci traverse le muscle pour passer de la région antérieure du coude à la face postérieure de l’avant-bras.

4® Action. — Le muscle court supinateur fait tourner le radius de dedans en dehors : il est, par conséquent, supinateur.

Variétés. — Le court supinateur peut être renforcé par des faisceaux accessoires, fort variables dans leurs insertions, créant ainsi la duplicité du muscle. — J’ai vu le court supinateur se confondre avec le long adducteur du pouce. — Macalisteh {Journ. of. Anat. and Phys., 1868, p. 108) a rencontré dans le tendon d’origine du court supinateur, un petites sésamoïde. au-dessous duquel se trouvait une bourse séreuse. — Gruber a soigneusement décrit {Reichert a. Du Bois- Reymond' s Arch., 1863, p. 380) une petite languette charnue qui recouvre la portion antérieure du ligament annulaire et qui peut être considérée comme un muscle tenseur de ce ligament; il existerait quinze fois'^ur cent sujets. — Le même anatomiste a encore décrit un faisceau tenseur postérieur, distinct parfois du court supinateur, mais le plus souvent uni à ce muscle. 11 l’a rencontré 162 fois sur 220 muscles. Sa présence,, on le voit, constitue plutôt Tétat normal qu’une anomalie.

§ III. — Région postérieure de l’avant-bras

Cette région comprend huit muscles, qui sont répartis en deux couches, une couche superficielle et une couche profonde ;

a) La couche superficielle nous présente quatre muscles qui, plus ou moins confondus en haut à leur origine sur l’épicondyle, deviennent en has très nettement distincts. Ce sont, en allant de dehors en dedans (fig. 816) : V extenseur commun des doigts, Y extenseur propre du petit doigt., le cubital postérieur, Vanconé.

[i) La couche profonde est forméei par une masse musculaire, d’abord indivise {masse commune), qui se partage, à quelques centimètres au-dessous de son origine, en quatre muscles distincts. Ces quatre muscles, généralement fort grêles, se dirigent obliquement en bas et en dehors, croisant à angle aigu ceux de la couche précédente. Ce sont, en procédant de dehors en dedans (fig. 817) : le long abducteur du pouce, le court extenseur du pouce, le lo7ig extenseur du pouce et X extenseur propre de V index.

1° — Extenseur commun des doigts

Le plus externe de la couche superficielle, l’extenseur commun des doigts (fig. 816, 7), est un muscle aplati, charnu à sa partie supérieure, tendineux à sa partie inférieure, s’étendant de l’épicondyle aux quatre derniers doigts.

1° Insertions. — 11 s’insère, en haut : 1° sur la face postérieure de l’épicondyle ; 2° sur la face profonde de l’aponévrose antibrachiale ; 3® sur les cloisons fibreuses qui le séparent de l’extenseur propre du petit doigt en dedans et du deuxième radial externe en dehors.

De là, il se porte en bas et se divise bientôt en trois faisceaux ; un faisceau

MYOLOGIE

externe, destiné à l’index; un faisceau moyen, destiné au médius; un faisceau interné, se rendant à la fois à l’annulaire et au petit doigt.

Les quatre tendons qui font suite à ces faisceaux charnus passent au dessous du ligament annulaire postérieur de carpe et divergent ensuite pour atteindre leurs

doigts respectifs.

Au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne, chacun d’eux reçoit sur ses hords des expansions plus ou moins considérables des muscles lombricaux et interosseux et se divise alors en trois languettes, l’une médiane, les deux autres latérales : la languette médiane, glissant sur la face dorsale de la première phalange, vient se fixer sur l’extrémité postérieure de la deuxième ; les deux languettes latérales se fusionnent ensemble sur la face dorsale de la deuxième phalange, pour venir se terminer sur l’extrémité supérieure de la troisième.

2° Rapports. — L’extenseur commun des doigts, au point de vue de ses rapports, nous offre à considérer deux faces (l’une superficielle, l’autre profonile) et deux hords (l’un externe, l’autre interne). — Sa face superficielle répond à la peau, dont elle est séparée par l’aponévrose antibrachiale, le ligament annulaire postérieur du carpe, l’aponévrose dorsale de la main. — Sa face profonde recouvre successivement le court supinateur, les vaisseaux interosseux postérieurs, les muscles de la couche profonde, l’articulation du poignet, les métacarpiens et les muscles interosseux dorsaux, enfin les trois phalanges. — Son bord externe est en rapport avec le deuxième radial externe . — Son bord interne répond à l’extenseur propre du petit doigt.

Sur la face dorsale de la main, les tendons de l’extenseur commun sont reliés les uns aux autres par des languettes fibreuses, à direction transversale ou oblique. Ces languettes, qui sont nettement représentées sur la figure 816, ont pour effet, on le conçoit, de solidariser d’une façon plus ou moins complète les quatre derniers doigts dans leurs mouvements d’extension.

3° Innervation. — Le muscle extenseur commun des doigts reçoit ses rameaux nerveux de la branche postérieure du radiat. Ces rameaux nerveux se

Fi^. 816.

Muscles de la l égion postérieure de l’avant-bras, couche superlîcielle.

1, tendon du triceps. — 2, long supinateur. — 3, premier radial externe, avec 3’, son attache au deuxième métacarpien. — 4, deuxième radial externe, avec 4’, sou insertion au troisième métacarpien. — 5, long abducteur du pouce.

— ü, court extenseur du pouce. — 7, extenseur commun des doigts, avec 7’, ses ijuatre tendons. — 8, extenseur propre du petit doigt. — 9, tendon de l’extenseur propre de l’index. — lO, cubital postérieur. - 11, long extenseur du pouce.

— 12, tendon du court extenseur du pouce. — 13, ligament annulaire postérieur du carpe. — 14, tendon du long lléchiseur du pouce. — 15, premier interosseux dorsal. — 16, abducteur du petit doigt. — ■ 17, cubital antéx’ieur. 18, anconé.

REGION POSTERIEURE DE L’AVANÏ-BRAS

détachent du tronc à sa sortie du court spinateur et disparaissent presque immédiatement après dans la face profonde du muscle.

4° Action. — Envisagé au point de vue de son action, l’extenseur commun étend successivement la troisième phalange sur la deuxième, la deuxième sur la première, celle-ci sur le métacarpe, la main sur l’avant-bras et, enfin, l’avant-bras sur le bras.

Variétés. — Le tendon destiné au petit doigt peut faire défaut. — M.vcaustek a noté, de même, l'absence du tendon destiné à l'index. — Chacun des tendons peut se diviser et fouinir ainsi des tendons surnuméraires, qui se portent, soit sur le doigt correspondant, soit sur un doigt voisin ; on a observé ainsi jusqu'à onze tendons (Rüdinger, Perrin). — L’extenseur commun peut fournir un tendon surnuméraire au pouce ; j en ai observé deux cas pour ma part (voy. à ce sujet Gküber, Reichert's Du Bois-ReymoncVs Arcli., 1875. p. 204, et Virchow's Arch., vol. LXXII. p 500, et ibid., 1879, p. 129). — Par développement exagéré des languettes fibreuses anastomotiques ci-dessus décrites, les tr'ds tendons externes peuvent être transformés en une lame fibreuse indivise^ dans toute sa portion carpienne. — Le faisceau destiné à l’index peut être entièrement distinct du reste du muscle.

2° — Extenseur propre du petit doigt

Situé en dedans du précédent, l’extenseur propre du petit doigt (fig. 816, 8) est un muscle long et grêle, étendu de l’épicondyle au cinquième doigt.

1"^ Insertions. — Il s’insère, en haut : 1® sur la face postérieure de l’épicondyle par le tendon commun des muscles épicondyliens ; 2° sur l’aponévrose antibrachiale, qui le recouvre; S'" sur les cloisons fibreuses qui le séparent des muscles voisins.

11 se jette, en bas, sur un tendon aplati, qui est déjà très visible à la partie moyenne de l’avant-bras et que les fibres charnues accompagnent cependant jusque dans le voisinage de l’articulation du poignet.

Ce tendon terminal du muscle glisse sur la tête du cubitus, dans une coulisse spéciale. 11 longe ensuite le cinquième métacarpien et vient se terminer sur les deux dernières’phalanges du petit doigt, après s’être préalablement fusionné avec le tendon' que l’extenseur commun envoie à ce doigt.

2° Rapports. — Par sa face superficielle et par sa face profonde, l’extenseur propre du petit doigt présente les mêmes rapports que le muscle précédent. Il répond par son bord externe, à l’extenseur commun des doigts et, par son bord interne, au cubital postérieur.

3® Innervation. — Le muscle extenseur propre du petit doigt est innervé, comme l’extenseur commun, par un rameau issu de la branche postérieure du radial. Ce rameau pénètre le muscle par sa face profonde.

4“ Action. — Comme son nom l’indique, il est extenseur du petit doigt.

Variétés. — Davies-Collev, Taylor et Dalton {Guy's Hospilal Reports, 1882) ont vu l'extenseur propre du petit doigt prendre une insertion supplémentaire sur la face dorsale du cubitus. — On a signalé des cas d’absence de l’extenseur du petit doigt. Ces cas proviennent généralement de la fusion de ce muscle, soit avec l’extenseur commun, soit avec le cubital postérieur ; l’exlenseur du petit doigt n’est pas absent, mais descendu au rang secondaire de simple faisceau de division <le l'un ou l’autre de ces deux derniers muscles. — Par contre, son tendon peut se dédoubler : le tendon surnuméraire peut se rendre avec le faisceau normal sur les phalanges du petit doigt ou bien obliquer en dehors et venir se terminer sur l’annulaire. Cette dernière disposition est particulière à un grand nombre de singes, l’orang entre autres.

S'’ — Cubital postérieur

Le cubital postérieur (fig. 816, 10) est un muscle grêle, allongé, fusiforme, situé en dedans du précédent et s’étendant de l’épicondyle au métacarpe.

M YOLOGIE

1° Insertions. — Il s’insère, d’une part : 1° sur l’épicondyle, par le tendon commun des muscles épicondyliens ; 2® sur les deux cloisons fibreuses qui le séparent de l’extenseur propre du petit doigt en dehors, de l’anconé en dedans; 3° sur la face profonde de l’aponévrose antibrachiale ; 4*^ sur la face postérieure et le bord postérieur du cubitus.

De ces nombreuses surfaces d’insertion, le cubital postérieur se porte en bas et en dedans vers le côté interne du poignet. Son tendon terminal, qui commence très haut dans l’intérieur du muscle, mais qui ne devient complètement libre qu’à 2 ou 3 centimètres au-dessus du carpe, glisse en arrière de la tête du cubitus dans une gouttière spéciale et vient se fixer sur le côté interne de l’extrémité supérieure du cinquième métacarpien.

2® Rapports. — Recouvert sur sa face superficielle par l’aponévrose et la peau dans toute son étendue, le cubital postérieur recouvre à son tour, par sa face profonde, le court supinateur, les muscles de la couche profonde, le cubitus. — Son bord externe répond à l’extenseur propre du petit doigt. — Son bord interne est en rapport : en haut, avec l’anconé ; en bas, avec le bord postérieur du cubitus, qui le sépare du cubital antérieur.

3° Innervation. — Le muscle cubital postérieur est innervé, comme les deux muscles précédents, par la branche de bifurcation postérieure du radial.

4® Action. — Il étend la main sur l'avant-bras et l’incline en même temps en dedans : il est donc à la fois extenseur et adducteur de la main.

Variétés. — M.vc.vlister Uoc. cit.) a vu le cubital postérieui' renforcé par un l'ai.sceau émanant du tiiceps. — Son tendon inféiâeur peut servir de surface d'insertion à l’abducteui' du petit doigt. — Ce même tendon envoie parfois une e.vpansion au quati'ième juétacarpien, au ligaim'iit annulaire postérieur du carpe, a la prejnière phalange du petit doigt. — Dans un cas de; Maca- LisTEu, prolongement phalangien du cubital postérieur remplaçait l’extenseur propr e du petit doigt, (jui faisait défaut. — Le cubital postéiâeur peut être double, avec de nomPreusos variantr's voy. mes Anomalies musculaires, p. 528). — Le court cubital postérieur ou iilnaris exlernus brevis de (îuubeu {Vickow s Arch., Bd. LXXXV, S. i5) est un muscle surnuméraire .s’étend ant du quart inféiâeur de la face posbuieure du cubitus à rexlrémité supérieure du quatrième et du cinquième métacarpiens.

L’anconé (fig. 816, 18 et 817,6) est un muscle aplati et court, situé à la face postérieure du coude, entre le muscle précédent et le triceps. Il affecte la forme d’une petite pyramide triangulaire, dont le sommet répond à l’épicondyle, la base à l’olécràne.

1° Insertions. — Il s’insère, en haut, sur la partie postérieure et interne de l’épicondyle, immédiatement au-dessus du cubital postérieur.

De là, il se porte obliquement en bas et en dedans et vient se terminer sur le côté externe de l’olécràne, ainsi que sur une petite surface triangulaire que limite en arrière le bord postérieur du cubitus.

2° Rapports. — Par sa face superficielle, l’anconé est recouvert par l’aponévrose et la peau. — Par sa face profonde, il est en rapport avec l’articulation du coude, le ligament annulaire de l’articulation radio-cubitale supérieure, le court supinateur, le cubitus. — Son bord inférieur ou externe, fortement oblique, est en rapport avec le cubital postérieur. — Son bord supérieur, presque horizontal, répond au vaste externe du triceps brachial.

RÉGION POSTÉRIEURE DE L’AVANT-BRAS

3® Innervation. — Le muscle anconé est encore innervé par le radial : il reçoit son nerf, non pas de la branche postérieure du radial, mais des rameaux, déjà signalés plus haut, que ce tronc nerveux envoie au muscle vaste externe.

4" Action. — Congénère du triceps brachial, Tanconé étend l’avant-bras sur le bras et, dans quelques conditions favorables, le bras sur l’avant-bras.

Variétés. — Il peut se confondre plus ou moins, soit avec le vaste externe, soit avec le cubital postérieur. — On Ta vu constitué par plusieurs faisceaux distincts. — Voy. Gérard, Le muscle anconé de l'homme, Bibliogr. anat., 1903.

5° — Long abducteur du pouce

Le long abducteur du pouce (fig. 817,8) esta la fois le plus considérable, le plus élevé etie plus externe des muscles profonds de la région antibrachiale postérieure.

L Insertions. — Il s’insère, en haut, sur la face postérieure du cubitus, du ligament interosseux et du radius.

En bas, il se jette sur un tendon, qui commence assez haut dans l’intérieur du corps musculaire, mais qui reçoit encore des fibres charnues jusqu’au niveau de l’articulation du poignet. •

Ce tendon terminal glisse sous le ligament annulaire postérieur du carpe, dans la coulisse la plus externe de l’extrémité inférieure du radius, et vient se fixer sur le côté externe de l’extrémité postérieure du premier métacarpien.

2"^ Rapjports. — Recouvert, tout d’abord {face superficielle), par l’extenseur commun des doigts et par l’extenseur propre du petit doigt, le long abducteur du pouce se dégage, en bas, de la face profonde de ces muscles et répond alors à l’aponévrose et à la peau.

Il recouvre successivement {face profonde), en allant de haut en bas, le cubitus, le ligament interosseux, le radius, le trapèze et le premier métacarpien. Un peu au-dessus du poignet , il croise obliquement les tendons des deux radiaux externes, qui sont situés- au-dessous de lui.

Son bord externe répond au court supinateur; son bord interne, au court extenseur du pouce.

Fig. 817.

Muscles de la région postérieure de Tavant-bras, couche profonde.

1, humérus. — 2, cubitus. — 3, radius. — 4, carpe. — 5, métacarpe. — 0, auconé. — 7, court supinateur. — 8, long abducteur du pouce. — 9, court extenseur du pouce. — lü, long extenseur du pouce. — 11, extenseur propre de l’index. — 12, tendon du premier radial externe. — 13, tendon du deuxième radial. — J 4, tendons fusionnés de l’extenseur propre de l’index et du faisceau indicateur de l’extenseur commun. — 15, 15, interosseux dorsaux.

MYOLOGIE

3° Innervation. — Il est innervé par la branche postérieure du jiqvï radial. Le rameau nerveux qui lui est destiné le pénètre par sa face superficielle, au voisinage de son extrémité supérieure.

4° Action. — Le long abducteur du pouce agit, tout d'abord, sur le pouce, qu’il porte en dehors et en avant ; secondairement, il place la main dans l’abduction et la supination. C’est en raison de son action sur les mouvements de la main que le professeur Humphry a donné à ce muscle le nom de rotator carpi ou de supinator manûs, dénominations parfaitement acceptables.

Variétés. — Le tendon et môme le corps musculaire peuvent se dédoubler. Le tendon surnuméraire s’insère alors, suivant les cas : sur le premier métacarpien, sur le ligament annulaire, sur les muscles de l'éminence thénar, sur le trapèze; le faisceau cubiio-trapézien caractérise les diftérentes espèces simiennes. — On a observé deux et même trois tendons surnuméraires, présentant sur le carpe et le métacarpe les insertions les plus diverses. — Le long abducteur du pouce peut se fusionner avec les extenseurs du même doigt. — Sous le nom de Musc, extensor atqiie ahductor poUicis accessorius, Mingazzini a décrit en 1886 {Boll. delta R. Acc. med. di Roma) un faisceau surnuméraire qui, de l’épicondyle, se portait vers le carpe, en passant entre les deux radiaux externes. Après avoir jeté (luelques faisceaux tendineux sur le court abducteur du, pouc(', il venait se terminer à la base de la première phalange du pouce.

Le court extenseur du pouce (fig. 817, 9j est située en dedans du long abducteur, auquel il reste accolé dans la plus grande partie de son étendue.

1“ Insertions. — Comme lui, il prend naissance, en haut, sur la face postérieure du ligament interosseux et des deux os de favant-bras, du cubitus principalement.

En bas, il se Jette sur un tendon fort grêle, lequel s’engage tout d’abord dans la même gouttière que le long abducteur, glisse ensuite sur la face dorsale du premier métacarpien et, finalement, vient se fixer sur l’extrémité postérieure de la première phalange du pouce.

2® Rapports. — Ils sont les mêmes que ceux du précédent.

3° Innervation. — Le court extenseur du pouce est encore innervé par un rameau issu de la branche postérieure du radial.

4"^ Action. — Il agit, primitivement, sur la première phalange du pouce, qu’il étend sur le métacarpien correspondant. Secondairement, il porte le métacarpien en dehors, devenant ainsi congénère du long abducteur du pouce.

Variétés. — Le court extenseur du pouce peut être double : le tendon surnuméraire, dans ce cas, ou bien se fixe sur le môme élément osseux que le tendon normal, ou bien se termine sur un os voisin, le métacarpien ou la phalange unguéale. — bar contre, il peut man(iuer. — Le muscle peut se fusionner à un degré variable avec le long abducteur. L’absorption totale du court extenseur par le long abducteur est un lait anatomique constant chez la plupart des singes.

7° — Long EX rENSEUR DU POUCE

Situé en dedans du précédent, comme lui long et grêle, le long extenseur du pouce (fig. 817, lOj s’étend de la partie mo3^ennede l’avant-bras à la deuxième phalange du premier doigt.

l"" Insertions. — Il s’attache, en haut, sur la face postérieure du cubitus et du ligament interosseux. — En bas, il passe sous le ligament annulaire dans une gouttière oblique qui lui est propre, croise obliquement sur le carpe les tendons

RÉGION POSTÉRIEURE DE L’AVANT-RRAS

des muscles radiaux, gagne ensuite le coté interne du premier métacarpien, et, finalement, vient s’insérer sur l’extrémité postérieure de la deuxième phalange du pouce.

2*^ Rapports. — Le long extenseur du pouce présente à peu près les mêmes rapports que les deux muscles précédemment décrits, qui appartiennent au même système. Recouvert par l’extenseur commun des doigts, par l’extenseur propre du petit doigt et par le cubital postérieur, il recouvre successivement le cubitus , le ligament interosseux, les os du carpe, le premier interosseux dorsal, le premier métacarpien et les deux phalanges du pouce.

Tabatière anatomique. — D’abord accolé au bord externe du court extenseur, le longextenseur s’en sépare bientôt, pour le rejoindre de nouveau au niveau du métacarpien. 11 en résulte la formation d’un espace ovalaire (fig. 818), connu sous le nom de tabatière anatomique : son grand axe est oblique en bas et en dehors ; son bord externe est formé par les tendons du court extenseur et du* long abducteur du pouce, qui, comme nous l’avons vu, restent accolés dans toute leur longueur ; son bord interne est constitué par le tendon du long extenseur; son angle supérieur formé par la rencontre du court extenseur et du long-

extenseur du pouce; son angle inférieur, par la rencontre des tendons de ces mêmes muscles.

Sur le vivant, lorsque les muscles qui circonscrivent cet espace se contractent, la peau s’y déprime en une fossette allongée et plus ou moins profonde, dans laquelle les priseurs du bon vieux temps déposaient leur tabac avant de l’aspirer directement dans les fosses nasales : de là, le nom de tabatière ana’tomique , que l’on donne généralement, en chirurgie et en médecine opératoire, à cette région.

Dans le fond de la tabatière, et directement appliqués sur le squelette, se retrouvent, en allant de haut en bas : 1° le tendon du deuxième radial externe ; 2° le tendon du premier radial externe;

3"^ l’artère radiale, qui, après avoir contourné l’apophyse styloïde du radius, se dirige vers l’extrémité supérieure du premier espace interosseux.

ANATOMCE HUMAINE. — T. I, 6® ÉDIT.

Fig. 818.

Région de la tabatière anatomique.

1, long supinateur. — 2, 3, premier et deuxième radial externes. — 4, long abducteur du pouce. — 5, court extenseur du pouce. — (5, long extenseur du pouce. - 7, extenseur propi’e d« l’index. — 8, cubital postérieur. — 9, extenseur propre du petil doigt. — 10, ligament annulaire postérieur du carpe. — 11, artère radiale. — 12, artère dorsale du métacarpe. — 13, première interosseuse dorsale. — 14, artère dorsale du pouce. — 15, tendons des muscles extenseui's des doigts.

L’artère radiale, vue sur une coupe transversale passant par la tabatière anatomique (coté droit, segment supérieur de la coupe).

1, artère radiale. — 2, premier radial externe. — 3, deuxième radial externe.

— 4, long abducteur du pouce. — 5, court extenseur du pouce. — 6, long extenseur du pouce — 7, court abducteur du pouce. — 8, trapèze. — 9, trapézoïde.

3° Innervation. — Elle est la même que pour le court extenseur du pouce.

4° Action. — Le long extenseur du pouce agit, tout d'abord, sur la deuxième phalange du pouce, qu’il étend sur la première. Secondairement, il étend la première phalange sur le premier métacarpien, et ce dernier sur le carpe.

Variétés. — Le tendon de ce muscle peut être double. — 11 peut être renforcé par un tendon surnuméraire provenant de l'extenseur commun. — Dans un cas observé par Bankart, Pye-Smith et Philips, le tendon du long extenseur du pouce envoyait une expansion à l’index [Guy's hospital Reports, 1869, vol. XIV, p. 436).

8® — Extenseur propre de i/index

Le plus interne des muscles profonds de la région antibrachiale postérieure, l’extenseur propre de l’index (fig. 817, 11) est encore un muscle grêle, charnu à sa partie supérieure, tendineux à sa partie inférieure, s’étendant de la partie moyenne de l’avant-bras aux phalanges du doigt indicateur.

1° Insertions. — Il s’insère, en haut, sur la face postérieure du cubitus et sur le ligament interosseux de l’avant-bras.

En bas, il s’engage sous le ligament annulaire postérieur du carpe, dans la môme coulisse que les tendons de l’extenseur commun. Il croise ensuite obliquement le carpe et le deuxième espace interosseux et vient se confondre, au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne, avec le tendon externe de l’extenseur commun, dont il partage la distribution.

2® Rapports. — Ils sont les mêmes que pour les muscles précédents ; recouvert à l’avant-bras par les muscles superficiels, à la main par l’aponévrose et la peau, l’extenseur propre de l’index recouvre successivement le cubitus, le ligament interosseux de l’avant-bras, l’articulation du poignet, le carpe et le métacarpe.

3"^ Innervation. — Il est innervé, comme les muscles extenseurs du pouce, par un rameau issu de la branche postérieure du nerf radial. Ce rameau pénètre le muscle par sa face superficielle, tout près de son extrémité supérieure et de son bord externe.

4° Action. — L’extenseur propre de l’index a la même action que le faisceau de l’extenseur commun avec lequel il se confond : il est extenseur du deuxième doigt.

Variétés. — Il peut être absent (Gheselden, Moser, Luschka, Macalister). — .le l’ai vu, dans un cas, transformé en un tendon dans toute son étendue. — Son insertion d'origine peut se faire sur le carpe. — 11 peut se développer, entre le tendon inférieur de ce muscle et les tendons e.xtenseurs du pouce, des anastomoses, soit tendineuses, soit aponévrotiques, qui, sur les sujets qui en sont porteurs, atteignent plus ou moins profondément l’indépendance fonctionnelle, soit de l’index, soit du pouce. — Dans un cas de Rosenmüller [De vdr. musc., p. 6), l’extenseur propre du petit doigt affectait une forme digastrique. — Le muscle peut se dédoubler, soit partiellement (tendon), soit en totalité (avec formation d’un niuscle surnuméraire). Dans ce cas, b's deux tendons peuvent se porter : 1° l’un et Lautre sur l’index : 2» l'un sur l’index, l’autre sur le médius [muscle extenseur commun du pouce et du médius) ; 3® l’un sur l’index, l’autre sur le pouce {'muscle extenseur commun du pouce et de V index). Toutes ces dispositions se rencontrent normalement chez les mammifères.

Extenseurs des doigts surnuméraires. — La région postérieure de l’avant-bras peut présenté' encore quelques autres muscles surnuméraires, dont les noms seuls indiquent nettement la disposition. Tels sont :

1® Le muscle extenseur propre de V annulaire, observé par Gurnow [Journal of Anal. undPhys., 1876, p. 596) ;

2® Le muscle extenseur propre du médius, décrit par la plupart des anatomistes, double dans un cas de Calori ;

3® Le court extenseur des doigts ou manieux (Pozzi), homologue dvLmuscle pédieux du membi-o inférieur, situé à la région dorsale de la main avec des variations fort nombreuses : prenant

RÉGION POSTÉRIEURE DE L’AVANT-BRAS

origine, suivant les cas, sur l’un ou l’autre des deux os de l’avant-bras, sur le ligament annulaire, sur le ligament postérieur de l’articulation du poignet, sur les os du carpe, sur les os du métacarpe, il peut se terminer simultanément ou isolément sur les trois doigts du milieu. Plus rarement, il existe un court extenseur pour le petit doigt. Il est non moins variable dans sa constitution ; on l’a vu charnu, tendineux, aplati, cylindrique, digastrique.

Au sujet des extenseurs des doigts et de leurs variations, voyez : Kosteu, De la significaLion génétique des muscles extenseurs des doigts, in Arch. néerl. des Sc. exactes et naturelles, 1879, p. 320 ; — Bisghoff, Ueber die Bedeutung des Musc, extensor indicis proprius der Hand des Menschen und d. Affen, München, Mai 1880 ; — Gruber, Ueber d. constanten Musc. Extensor pollicis et indicis gewisser Sâugethiere homologén supernum. Muskel beim Menschen, in Wirchow’s Arch., Bd LXXXVI, p. 471; — Testüt, Anom. muscul., p. 533-574.

9° — Coulisses et synoviales des tendons extenseurs de la 3iain

Coulisses tendineuses des extenseurs de la main. — A l’exemple des tendons fléchisseurs, les tendons extenseurs s’engagent, au poignet, dans des coulisses spéciales, moitié osseuses, moitié fibreuses, à la constitution desquelles participent à la fois l’extrémité inférieure des deux os de l’avant-bras et le ligament annulaire postérieur du carpe.

d,. Gouttières osseuses.

— Les gouttières osseuses creusées sur le radius et le cubitus nous sont déjà connues (voy. Ostéologie).

b. Ligament annulaire postérieur du carpe. —

Le ligament annulaire

Fig. 820.

Coupe horizontale du poignet, pratiquée sur un sujet congelé au niveau de l’articulation radio-cubitale inférieure (côté droit, segment supérieur de la coupe, vue par sa face inférieure).

La teinte noire foncée disposée tout autour des tendons représente les bourses séreuses.

A, radius. — B, cubitus. — C, articulation radio-cubitale inférieure.

1, grand palmaire. — 2, petit palmaire — 3, cubital antérieur. — 4, flécliisseur commun superficiel des doigts (quatre tendons II, III, IV et V pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième doigts). — 5, fléchisseur commun profond des doigts (quatre tendons II, 111, IV et V pour les quatre derniers doigts). — 6, fléchisseur propre du pouce. — 7, long abducteur du pouce. — 8, court extenseur du pouce. — 9, long extenseur du pouce. — 10, extenseur de l’index. — 11, premier radial externe. — 12, deuxième radial externe. — 13, extenseur commun des doigts. — 14, extenseur propre du petit doigt. — 15, cubital postérieur.

a, artère radiale et ses deux veines satellites. — b, nerf l’adial. — c, artère cubitale et ses deux veines. — d, nerf cubital. — e, veine radiale superficielle. — f, nerf médian. — g, aponévrose. — h, tissu cellulaire sous-cutané. — i, peau.

taie s’attache sur deux os de la première rangée du carpe, le pyramidal et le pisiforme. L’externe ou radiale se fixe au côté externe de l’extrémité inférieure du radius.

Ô) Sa face postérieure ou superficielle répond à la peau, qui ne lui adhère que faiblement.

postérieur du carpe (fig.

821,0) est une bandelette fibreuse transversale, située en arrière de l’articulation du poignet. Elle présente deuxbords, deux extrémités, deux faces :

a) Par son bord supérieur, elle se confond avec l’aponévrose antibrachiale, dont elle peut être considérée comme une portion épaissie. Par son bord inférieur, elle se confond, de même, avec l’aponévrose dorsale de la main.

fi) De ses deux extrémités, l’interne ou cubi-

MYOLOGIE

s) Sa face antérieure ou profonde, enfin, donne naissance à une série de cloisons verticales et antéro-postérieures, qui viennent se fixer, d’autre part, sur les bords des gouttières osseuses du radius et du cubitus.

c. Coulisses ostéo-fibreiises. — Il en résulte la formation d’une série de canaux ou coulisses ostéo-fibreuses, dans lesquelles s’engagent les tendons des extenseurs. Ces coulisses, à direction verticale ou oblique, sont au nombre de six. En allant du radius vers le cubitus (fig. 820) :

hdi première livre passage aux tendons du long abducteur et du court extenseur du pouce ;

hdi seconde, plus large, aux deux tendons accolés du premier radial externe et du deuxième radial externe ;

3° La troisième, fort étroite, ne loge qu’un seul tendon, celui du long extenseur du pouce ;

4® La remarquable par ses dimensions transversales, renferme cinq

tendons ; les quatre tendons de l’extenseur commun et celui de l’extenseur propre de l’index ;

5° La cinquième, exclusivement libreuse, creusée dans l’épaisseur même du ligament annulaire, est destinée au tendon minuscule de l’extenseur propre du petit doigt ;

6® La sixième, enfin, située en arrière de la tête du cubitus, livre passage au tendon du cubital postérieur.

2*" Synoviales tendineuses des extenseurs. — Chacune des coulisses précitées nous présente une synoviale, destinée à favoriser le glissement du tendon ou des tendons qu’elle laisse passer. 11 existe donc, à la face dorsale du poignet, six synoviales tendineuses, que nous désignerons sous les noms de première, deuxième, troisième, etc., en allant, comme pour les coulisses, du bord radial au bord cubital (%• 821):

a) hdi %>remière (L) est commune aux tendons accolés du long abducteur du pouce et du court extenseur du pouce. Elle remonte, en haut, à 2 ou 3 centimètres au-dessus du ligament annulaire postérieur du carpe. En bas, elle ne dépasse généralement pas la première rangée du carpe ou même l’interligne radio-carpien.

jî) La deuxième (2') est destinée aux tendons des deux muscles radiaux externes. Gomme les deux précédents, ces tendons sont enveloppés dans une synoviale commune, qui favorise leur glissement et qui dépasse de 2 ou 3 centimètres, quelquefois plus, le bord supéi leur du ligament annulaire. Simple en haut et dans la plus grande partie de Sun étendue, cette synoviale se divise, en bas, en deux culs-de-sac distincts, qui accompagnent chacun des tendons radiaux jusqu’au métacarpien sur lequel il s’insère, ou tout au moins jusqu’au voisinage de ce métacarpien.

Quelques auteurs signalent le dédoublement de la gaine des radiaux, autrement dit l’existence de deux synoviales indépendantes, lune pour le tendon du premier radial externe, fautre pour celui du deuxième radial externe Cette disposition me paraît être fort rai'e. — Outre la synoviale tendineuse que nous venons de décrire, la synoviale carpienne, Laruer a signalé, sous le nom de synoviale antibracfiiale des radiaux, une deuxième synoviale qui serait placée immédiatement au-dessus de la pré édente et qui remouterait, en haut, jusqu'au bord supéro-externe du long abducteur du pouce. Cette gaine antibracidale des radiaux, dont Larger a fait le siège ordinaire de Vai douloureux ne me paraît êti e que la bourse séreuse, signalée ci-dessus (p. 937), qui, e.xactement au même niveau, s'interpose entre les tendons des radiaux et les deux muscles qui les crois^jnt, le long abducteur et le court extenseur du pouce.

y) La Iroisième (3';, destinée au tendon du long extenseur du pouce, dépasse de i ou 2 centimètres, en haut et en bas, les limites du ligament annulaire. Elle croise

RÉGION POSTÉRIEURE DE L’AVANT-BRAS

obliquement, sur sa face postérieure, la synoviale des radiaux, qu’elle recouvre en partie et avec laquelle elle communique^ assez souvent par une toute petite ouverture,

8) La quatrième (4') est commune aux quatre tendons de l’extenseur commun des doigts. En haut, elle remonte à 1 centimètre environ au-dessus du ligament annulaire. Inférieurement, elle descend jusqu’à la partie moyenne du métacarpe et quelquefois même plus bas . J’ajouterai qu’elle est toujours plus étendue du côté du petit doigt que du côté de l’index.

£) La cinquième (5') engaine le tendon de l’extenseur propre du petit doigt. Elle commence, en haut, ou niveau de la tête du cubitus et descend, en bas, jusqu’à la partie moyenne du cinquième métacarpien.

La sixième (&) , enfin , est destinée au tendon du cubital postérieur . Elle s’étend depuis la tête du cubitus jusqu’à l’extrémité supérieure du cinquième métacarpien. *

Toutes ces synoviales tendineuses affectent le type dit cylindrique et chacune d’elles nous présente par conséquent deux feuillets, ayant l’un et l’autre la forme d’un manchon : un feuillet pariétal, qui tapisse la coulisse ostéo-fibreuse correspondante, et un feuillet viscéral, qui engaine le tendon . Il convient de faire remarquer, cependant, que le tendon est relié de loin en loin à la coulisse qui le loge par des replis ou méso-tendons qui lui apportent ses vaisseaux . Ces mésotendons affectent, tantôt la forme de membranes, tantôt la forme de simples filaments, tout comme les replis de même nature qui unissent aux phalanges les tendons fléchisseurs des doigts.

Fig. 821.

Gaines synoviales du dos de la main.

1, 1, muscles long abducleur et courl oxlonseiir du pouce, avec d’, leur gaine. — 2, tendons des radiaux, avec 2’, leur gaine. — 3, muscle long extenseur du pouce, avec 3’, sa gaine. — 4, musle extenseur comniun des doigts avec 4’, gaine commune à ce dernier muscle et au tendon de l’extenseur propre de l’index. — 5, muscle extenseur propre du petit doigt, avec 5’, sa gaine, — C. muscle cubital postérieur, avec 6’, sa gaine. — 7, premier interosseux dorsal. — 8, muscles de l’éminence bvpothénar. — 9, ligament annulaire postérieur du carpe.

A consulter JuvARav, Contrib. à l'étude du ligament annulaire dorsal du carpe et des gaines synoviales des tendons de la face postérieure et externe du poignet, Arcli. Sc. méd . Paris, i898 ; Lucien, Étude sur le développ. des coulisses fibreuses, des gaines synoviales et des aponévroses du poignet et de lamain, Th. Nancy, 1907.

§ IV. — Aponévrose de l’avant-bras

Gomme le bras, l’avant-bras est entouré d’une aponévrose (fig. 8252, g) affectant la forme d’un cylindre creux ou d’un manchon. Cette aponévrose, dite aponévrose antibrachiale, nous présente une extrémité supérieure, une, extrémité inférieure. et deux surfaces, l’une extérieure, l’autre intérieure :

MYOLOGIE

Extrémité supérieure. — Son extrémité supérieure fait suite à l’aponévrose brachiale, et, comme cette dernière, prend de fortes attaches sur les trois principales saillies du coude, l’épitrochlée, l’épicondyle et l’olécrâne.

2° Extrémité inférieure. — Son extrémité inférieure se continue, de même, avec les aponévroses de la main, en formant, autour, du poignet, les deux ligaments

annulaires antérieur et postérieur , déjà décrits plus haut.

3° Surface extérieure.

— Sa surface extérieure ou superficielle répond à la peau, dont elle est séparée par le tissu cellulaire sous -cutané, les vaisseaux et les nerfs superficiels.

4° Surface intérieure.

— Sa surface intérieure ou profonde est en rapport avec les masses musculaires sous - jacentes .

Elle adhère fortement au bord postérieur du cubitus et envoie vers les muscles des trois régions ci-dessus décrites de nombreux prolongements, qui forment à chacun d’eux une enveloppe généralement fort mince.

Le carré pronateur, cependant, est recouvert par une lame fibreuse relativement épaisse et indépendante de l’aponévrose antibrachiale.

Nous signalerons encore, parmi les prolongements intramusculaires de l’aponévrose antibrachiale, la présence, au-dessus du muscle fléchisseur superficiel des doigts, d’une lame celluleuse plus épaisse que les autres, et qui, quand elle est suffisamment développée, constitue Y aponévrose profonde ou aponévrose du fléchisseur superficiel. Nous ferons remarquer que cette lame, celluleuse ou fibreuse suivant le cas, passe en arrière de la radiale et en avant de la cubitale, d’où il résulte que cette dernière artère présente au-dessus d’elle, dans son tiers inférieur, un double feuillet aponévrotique : l’aponévrose superficielle d’abord, puis la lame cellulo-fibreuse du fléchisseur superficiel. Nous y reviendrons en angéiologie.

Dans le voisinage du coude, cette même surface donne attache, comme nous l’avons vu, au plus grand nombre des muscles épitrochléens et épicondyliens.

5^ Structure. — Au point de vue de sa structure, l’aponévrose d’enveloppe de l’avant-bras est constituée par des fibres circulaires, que croisent, sous des angles

Fig. 82i.

Coupe transversale de l’avant-bras au tiers inférieur (côté droit, segment supérieur de la coupe).

(Les veines profondes n’ont pas été rcprésenlces).

A, cubitus. — B, radius.

1, grand palmaire. — 2, petit palmaire. • — 3, cubital antérieur. — 4, fléchisseur commun superficiel des doigts. — 5, fléchisseur commun profond des doigts. — Ü, long fléchisseur propi’e du pouce. — 7, carré pronateur. — 8, long supinateur. — 9, 9’, premier et deuxième radiaux externes. — 10, long abducteur du pouce. — 11, court extenseur du pouce. — 12, long extenseur du pouce. 13, extenseur propre de l'index. — 14, cubital postérieur. — 15, extenseur propre du petit doigt. — 16, extenseur commun des doigts.

a, artère radiale. — b, artère cubitale, avec le nerf de même nom. — c. intorosseuse antérieure. — d. interosseuse postérieure. — e, nerf radial. — /', nerf médian, avec son artère. — g. aponévrose superficielle. — h, peau. — i, tissu cellulaire sous-cutané.

Page 1