P'- ' ' huitième, neuvième et dixième s’amincissent
encore à leur extrémité interne et présentent, eux aussi, sur leurs bords des facettes horizontales destinées à s’articuler avec les cartilages voisins. — Enfin les onzième ci douzième sont grêles, pointus, vermiformes, et, comme ils sont flottants, ils ne possèdent aucune facette articulaire.
Fig. 117.
Fragment du cartilage costal chez un supplicié (Tourneux.)
3^ Structure des cartilages costaux. — Au
point de vue de leur 'structure, les cartilages costaux sont essentiellement constitués par du cartilage hyalin, avec substance fondamentale homogène, cellules cartilagineuses arrondies ou lenticulaires, chondroplastes arrondis ou plus ou moins allongés suivant le nombre des cellules qu’ils renferment. Chez l’adulte et chez le vieillard, la substance fondamentale subit quelques modiücations ; elle présente notamment un système de
i, cellules carlilagineuses ratatinées. — 2, capsules épaissies. — 3, substance fondamentale. - (Les cliondropliistes possèdent des capsules épaissies et formées de couches emboitées; la substance fondamentale est striée au pourtour des chondroplastes.)
THORAX EN GÉNÉRAL
ii:;
stries en bande ou en houppe {cartilage strié, fig. 117). A un âge plus ou moins avancé, les cartilages costaux peuvent, comme les cartilages du larynx, se charger de sels calcaires et s’ossifier : cette ossification commence d’ordinaire par de petits îlots, qui, grossissant sans cesse, tendent à envahir peu à, peu toute la pièce cartilagineuse (voy. lafig. 485, p. 489 de l’arthrologie). Les cartilages costaux sont entourés d’une enveloppe fibreuse ou périchondre , qui se continue d’une part avec le périoste du sternum, d’autre part avec le périoste des côtes.
ARTICLE III
THORAX EN GÉNÉRAL
Le thorax, appelé encore cage thoracique, est une cavité, à la fois osseuse et cartilagineuse, où se trouvent logés les poumons et le cœur. Elle est constituée
Fig. 119.
Thorax, vu par sa face anterieure.
Le même, avec insertions musculaires.
1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7, première, deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième côtes {côtes sternales), avec leurs cartilages costaux. — 8, 9, 10, 11 et 12, huitième, neuvième, dixième, onzième et douzième côtes (cd^es asternales), les deux dernières 11 et 12 [côtes flottantes), avec leurs cartilages costaux. — 13, poignée du sternum. — 14, coi’ps de cet os. — 15, appendice xiplioïde. — 16, première vertèbre dorsale, articulée avec la première cote. — 17, douzième vertèbre dorsale, articulée avec la douzième côte.
1, sterno-cléido-mastoïdien. — 2, grand pectoral. — 4, grand droit de l’abdomen. — 4, transverse. — 5, petit pectoral. — 6, sous-clavier. —
7, digitation supérieure du grand dentelé. —
8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 13, deuxième et
neuvième digitations du même muscle.
(Pour les insertions musculaires de la première et de la deuxième côte, voir p. 110 la figure spéciale à ces deux os).
d’arrière en avant par les douze vertèbres dorsales, par les douze côtes, par leurs cartilages costaux et par le sternum. Plus simplement et plus scientifiquement.
OSTEOLOGIE
le thorax peut être défini : l’espace compris entre les douze arcs viscéraux de la colonne dorsale, régulièrement superposés dans le sens vertical.
Ainsi entendue, la cage thoracique, que l’on a comparée indistinctement, soit à un cylindre, soit à un tronc de cône à base inférieure, mesure en hauteur : en avant, 1.2 centimètres; en arrière, 27 centimètres; sur les côtés, de 32 à 34 centimètres.
A un point de vue purement descriptif, elle présente à l’étude : 1® une surface extérieure; 2° une surface intérieure; 3° une base; 4'^ un sommet.
1° Surface extérieure du thorax. — La surface extérieure du thorax, considérée sur le squelette, se divise en quatre régions ou faces : une face antérieure, une face postérieure et deux faces latérales.
a. Face antérieure . — La face antérieure ou sternale (fig. 118) a pour limites J 5- naturelles une ligne oblique en
bas et en dehors, passant par l’angle antérieur des côtes.
Elle est considérablement plus large en bas qu’en haut et représente un plan incliné de haut en bas et d’arrière en avant.
Nous y rencontrons successivement, en allant de dedans en dehors : 1° la face antérieure du sternum; 2*^ les articulations chondro-sternales, au nombre de sept, formées par l’union des sept premiers cartilages costaux avec le bord correspondant du sternum; 3° les cartilages costaux; 4° les articulations de ces cartilages avec les côtes; 5° l’extrémité antérieure des espaces intercostaux et l'extrémité antérieure des côtes, jusqu’à l’angle antérieure de ces dernières , lequel constitue la limite latérale de la région.
b. Face postérieure. — La face postérieure ou dorsale (fig. 120) est limitée, de même, par deux lignes passant par l’angle postérieur des côtes. Ces deux lignes sont fortement obliques en bas et en dehors : nous avons vu, en effet, que cet angle postérieur des côtes était d’autant plus éloigné de la colonne vertébrale qu’on le considérait sur une côte plus inférieure.
La face postérieure du thorax est formée, sur la ligne médiane, par la série des apophyses épineuses des vertèbres dorsales.
De chaque côté de la ligne médiane, elle nous présente successivement, en allant de dedans en dehors : 1° les gouttières vertébrales ; 2° la série des apophyses transverses des vertèbres dorsales ; 3° les articulations du sommet de ces apophyses
Thorax, vu par sa face postérieure.
1, première vertèbre dorsale. — Xll, douzième vertèbre dorsale. — 3, 3, apophyses épineuses des vertèbres dorsales. — 4, 4, gouttières vertébrales. — 5, 5, apopliyses transverses, s’articulant par leur sommet avec l’extrémité postérieure des côtes. — 6, 6, angles postérieurs des côtes, s’éloignant d’autant plus de la colonne vertébrale que la côte est plus inférieure.
THORAX EN GÉNÉRAL
avec la tubérosité des côtes; 4° l’extrémité postérieure des espaces intercostaux et de la face externe des côtes, jusqu’au niveau de leur angle postérieur qui, comme nous Lavons dit, est la limite latérale de cette région.
c. Faces latérales. — Les faces latérales, au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, occupent tout l’espace compris entre les deux faces précédentes (fig. L2i). Convexes à la ‘fois dans le sens vertical et dans le sens transversal, elles sont constituées par les douze côtes et par les onze espaces intercostaux, qu’elles interceptent entre elles :
a) Les arcs costaux, loin d’être horizontaux, s’inclinent tous de haut en bas et d’arrière en avant, formant ainsi avec la colonne vertébrale un angle aigu à sinus inférieur. Il convient d’ajouter que cette obliquité est d’autant plus accentuée qu’on se rapproche davantage de la base du thorax.
Quant aux espaces intercostaux, ils
Fig. 121.
Thorax, vu par sa face latérale.
1, première vertèbre dorsale. — 2, sternum. — 12, douzième vertèbre dorsale. — Ci, pi’emière côte. — C-’iii, douzième côte.
> inclinent naturellement dans le même
Fig. 122.
Le même, avec insertions musculaires.
De 1 à 15, comme sur la figure 1 19. — 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, digitations du grand oblique. — 23', petit oblique. — 2i, 25, 26, 27, digitations du grand dorsal.
sens que les côtes; en outre, ils sont toujours plus larges en avant qu’en arrière. Comparés entre eux, ces espaces sont loin d’être uniformes : le premier et le deuxième sont les plus courts, mais ils sont aussi les plus larges; leur largeur diminue du troisième au septième; les quatre derniers, au contraire, augmentent de haut en bas. Il en résulte que les espaces les plus étroits sont situés à la partie moyenne du thorax.
2° Surface intérieure du thorax. — Vue intérieurement, la cage thoracique se montre sous un aspect qui diffère considérablement de la configuration extérieure
il8
OSTÉOLOGIE
de cette même cavité. Au lieu d’être concave sur tous les points, comme semblerait le faire pressentir la forme cylindrique que nous lui avons attribuée plus haut, elle présente en arrière une forte saillie, formée par la colonne vertébrale, qui semble vouloir se projeter h la renconti’e du sternum. J^a colonne dorsale cloisonne ainsi, dans sa partie postérieure, la cavité thoracique et la divise en deux cavités secondaires et latérales. Chacune de ces cavités loge le poumon correspondant. La cloison qui les sépare, incomplète sur le squelette, est complétée, sur le sujet revêtu de ses parties molles, par toute une série de déformations qui se disposent entre la colonne vertébrale et le sternum, et dont l’ensemble constitue les médiastins. Du reste, la surface intérieure du thorax comprend, comme sa surface extérieure, quatre régions ou faces : une face antérieure ou sternale, postérieure ou vertébrale et deux faces latérales.
a. Face antérieure. — La face antérieure, concave, nous présente exactement les mêmes limites et les mêmes éléments anatomiques que la surface extérieure. Il est tout à fait inutile d’y revenir.
b. Face postérieure. — La face postérieure nous montre : l°sur la ligne médiane, la colonne dorsale, plus large en bas qu’en haut; 2° de chaque côté de cette colonne, deux gouttières verticales, destinées à loger le bord postérieur des poumons et appelée pour cette raison gouttières pulmonaires . La profondeur considérable de ces gouttières est essentiellement propre à l’homme ; elle est une conséquence de son adaptation à l’attitude bipède.
c. Faces latérales. — Les faces latérales, formées comme sur la surface extérieure par les cotes et par les espaces intercostaux, sont concaves et fortement inclinées de haut en has et de dedans en dehors.
3° Sommet du thorax. — Le sommet ou circonférence supérieure du thorax (fig. est constitué : Peu avant, par la fourchette sternale; 2° en arrière, par
1, poignée du sternum. — 2, corps de la première vertèbre dorsale. — .3, 3, premièi’es côtes. — 5, 5, clavicules. XX, diamètre antéro-postérieur de l’ouverture supérieure du thorax. — yy, diamètre transverse de la même ouverture.
le corps de la première vertèbre dorsale; 3° sur les côtés, par le bord interne de la première côte.
Il représente un orifice elliptique à grand diamètre transversal, à travers lequel passent tous les organes qui, du cou, descendent dans le thorax ou, vice versa, remontent du thorax vers le cou. Le plan de cet orifice n’est pas exactement hori-
T HORAX EN GÉNÉRAL
zontal ; il est légèrement incliné de haut en bas et d’arrière en avant, de telle sorte qu’une ligne horizontale, menée par la fourchette sternale, rencontrerait en arrière, non pas la première vertèbre dorsale, mais la seconde.
Le diamètre antéro-postérieur du sommet du thorax mesure 5 centimètres en moyenne. Son diamètre transversal varie de 10 à 12 centimètres.
4° Base du thorax. — La base ou circonférence inférieure du thorax, beaucoup plus large que la précédente, est formée ; 1° en arrière, par le bord inférieur du corps de la douzième vertèbre dorsale; 2° en avant, par la base de l’appendice xyphoïde; 3° sur les côtés, par les cartilages costaux des six dernières côtes, remontant obliquement de bas en haut, de la douzième côte vers le sternum. Son diamètre antéro-postérieur mesure en moyenne 12 centimètres; son diamètre transverse, 26 centimètres. Le plan de la base du thorax est fortement incliné de haut en bas et d’avant en arrière. Il sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale et est occupé, sur le cadavre, par une cloison musculo-aponévrotique que nous étudierons en myologie, le diaphragme.
Ainsi constituée, la circonférence inférieure du thorax nous présente trois échancrures : deux échancrures postérieures, l’une droite, l’autre gauche, formées par la douzième côte tombant obliquement sur la colonne vertébrale ; une échancrure antérieure et médiane, constituée par la double série des cartilages costaux, remontant obliquement vers l’appendice xiphoïde.
La largeur de cette dernière échancrure, très variable suivant les âges, les sexes et aussi suivant les sujets, est mesurée par un angle, Vangle xiphoidien, dont le sommet répond à la base de l’appendice xiphoïde et dont les côtés ne sont autres que les côtés de l’échancrure olle-même. Charpy {Revue d' Anthropologie, 1883), qui a judicieusement étudié l’angle xiphoïdien sur près de 200 sujets de tout âge et de toutes conditions, est arrivé à conclure : i® que cet angle mesure, en moyenne, 70"" chez l’homme, 75'^ chez la femme ; 2°qu’il est plus large chez les singes anthrophoïdes que chez l’homme, plus large aussi chez le fœtus et chez l’enfant que chez l’adulte; 3'^ qu’il est, enfin, considérablement modifié par les influences pathologiques, agrandi par exemple par l’emphysème, rétréci au contraire par la phthisie et par l’usage du corset. ^
5° Développement général du thorax. — Considérée dans son évolution générale, la cage thoracique subit aux différents âges de la vie des modifications morphologiques importantes et, de ce fait, doit être examinée successivement chez le fœtus, chez l’enfant naissant, chez l’adulte et chez le vieillard :
a. Chez le fœtus, le thorax, singulièrement développé dans le sens antéro-postérieur, se projette en avant, comme chez les quadrupèdes. Sa base est très large relativement à son sommet, et ses gouttières postéro-latérales, souvent si profondes chez l’adulte, sont à peine marquées ou même complètement absentes. 11 est à peine besoin de faire remarquer que ces dispositions anatomiques s’adaptent merveilleusement au développement des viscères que la cage thoracique est destinée â abriter. C’est ainsi : 1° que la prédominance du diamètre antéro-postérieur se rattache au développement considérable du cœur et du thymus, qui occupent la ligne médiane ; 2'^ que la faiblesse relative des dimensions transversales est la conséquence du développement, bien faible encore, des organes respiratoires; 3° que l’élargissement de la base, enfin, s’explique nettement par le volume relativement énorme des viscères abdominaux, du foie notamment,, qui viennent s’y loger. Le squelette est, ici comme ailleurs, un élément docile que la fonction façonne à
OSTÉOLOGIE
sa guise. Ce qui se passe à la naissance nous en fournit une nouvelle preuve.
b. Chez l’enfant naissant, le bloc pulmonaire, jusque-là simple organe d’attente, entre brusquement en scène. Rapidement aussi il acquiert un volume double et même triple de celui qu’il possédait auparavant, et, comme conséquence, refoule dans tous les sens les parois de la cage thoracique. Celle-ci, toujours docile, s’amplifie de toutes parts, principalement dans son diamètre transversal. En même temps, les angles des côtes se dessinent, les gouttières postéro-latérales se creusent, les côtes voient grandir la flèche de leur courbure, et le thorax, dans son ensemble, revêt peu à peu la forme arrondie qui le caractérise chez l’adulte.
c. A l'âge de la puberté, la cavité thoracique s’accroît encore, au fur et à mesure que la fonction respiratoire prend de l’importance. Cet accroissement se poursuit d’ordinaire jusqu’à l’àge de vingt à vingt-cinq ans chez la femme, de trente à trentecinq ans chez l’homme.
d. Chez le vieillard, le thorax subit comme une sorte de régression : les différentes pièces dont se compose primitivement le sternum sont soudées entre elles; les cartilages costaux s’ossifient à leur tour ; les articulations, tant postérieures qu’antérieures des arcs costaux, perdent peu à peu de leur élasticité et de leur mobilité. Le thorax tout entier tend à se transformer en une pièce unique. On sait que, dans l’extrême vieillesse , la respiration s’etfectue presque exclusivement à l’aide du diaphragme.
Insertions musculaires. — Voy., à ce sujet, les figures 114 (p. 110). 119 (p.ll5) et 122 (p. 117).
Indice thoracique. — Le diamètre antéro-postérieur externe du thorax est représenté par une ligne horizontale partant de la hase de l'appendice xiphoïde et aboutissant, en arrière, au point correspondant de la colonne \crtébrale. Le diamètre transverse est représenté par une ligne transversale, située dans le même plan et coupant la septième côte à sa partie moyenne.
Idindice thoracique de largeur, celui qu’on considère d’habitude, n’est autre que le rapport centésimal du second de ces diamètres au premier, d’où :
, Diamètre transversc X 100
Indice =
Diamètre antéro-postérieur
L'indice thoracique, chez l’adulte, mesure en moyenne 127 sur le squelette, 140 sur le sujet revêtu de ses parties molles (Weisgeruek. Th. inaug., Paris, 1879). D’après ce dernier observateur, l’indice thoracique de la femme est généralement inférieur à celui de l’homme. Relativement faible chez le fœtus où il est inférieur ou égal à 100, il augmente progressivement dès la naissance jusque vers trente ans, reste stationnaire à l’âge adulte et diminue dans la vieillesse.
Examiné dans la série des mammifères, l'indice thoracique est de 112 chez les anthropoïdes, de 86 chez les pithéciens, de 98 chez les cébiens, de 86 chez les lémuriens, de 103 chez les chéiroptères, de 118 chez les insectivores, de 76 chez les carnassiers, de 56 chez les ruminants, de 116 chez les monotrèmes. Les plus forts indices appartiennent aux animaux claviculés, d’où nous devons conclure, comme l'a fait du reste Weisgeuber, à une corrélation étroite entre l’existence de la clavicule et l’élargissement de la poitrine.
Déformations par le corset, thorax en entonnoir. — L’usage d'un corset trop serré détermine, dans la morphologie générale du thorax, des modifications plus ou moins profondes, mais qui nous paraissent indéniables. Sous l’intluence de la constriction à peu près permanente qu’exerce le corset sur le thorax inférieur, les cinq ou six dernières côtes sont refoulées en dedans, du côté de la ligne médiane. Il en résulte, tout d’abord, que le diamètre transversal du thorax diminue progressivement de la 8» ou de la 9= côte jusqu’à la 12® et que le thorax, dans son ensemble, revêt la forme, non plus d’un cône, mais d’un baril. Il en résulte aussi que l'angle xiphoïdien, qui. comme nous l’avons vu, est de 7o« chez la femme, diminue d’une façon plus ou moins considérable et peut même disparaître complètement. Gruveilhier, en effet, a vu, chez une vieille femme, dont le thorax en baril attestait l’habitude d’un corset très serré, le cartilage de la 7" côte gauche arriver au contact du cartilage homonyme du côté opposé.
Cette atténuation progressive du thorax, à partir de la 8® ou de la 9® côte, d’où résulte la déformation en baril, n'est pas une disposition constante. Dans bien des cas, comme le font remarquer liouRM.^Net Dechambre [Arch. génér. de médecine, 183.6), le resserrement maximum du thorax répond, non pas à sa circonférence inférieure, mais à trois ou quatre travers de doigt audessus. Il existe à ce niveau un sillon de constriction transversal, au-dessous duquel les dernières côtes, au lieu de rentrer dans la cavité abdominale, sont au contraire déjetées en dehors
THORAX EN GENERAL
et viennent former une forte saillie sous les parties molles. Dans ce cas, le lliora.v, clans son ensemble, pourrait être comparé {Hourm.\n oIDechambre) «à ces vases antic|ues à pied élargi et séparé du reste par un col plus- ou moins rétréci ».
Le resserrement du thorax inférieur par le corset entraîne naturellement, comme consér{ucncc. un déplacement des viscères thoraciciues et abdominaux. — Du coté du thorax, les poumons et le cœur sont refoulés en haut : le diaphragme se plisse sur lui-même et, comme les côtes sur lesquelles il s’insère sont. à peu près immobiles, il n’agit plus que faiblement sur la respiration, cjui s'effectue alors suivant le type costo-supérieur. Du côté de Vubdomen, le foie et la i-ato sont refoulés en dedans, vers la ligne médiane ; de plus, comme la région qu’ils occupent est devenue insuffisante pour les contenir, ils se déplacent en bas, demandant à la partie inférieure de l’abdomen l’espace qui leur manque. Le foie présente d'ordinaire, sur sa surface convexe, un sillon de constriction, transversal ou oblique, qui répond au point le plus rétréci du thorax cl ejui le divise en deux parties : une partie supérieure, qui se tasse au-dessous du diaphragme ; une partie inférieure, cjui flotte librement dans l'abdomen intérieur et que l'on voit descendre parfois jusqu’au-dessous des crêtes iliacjues. Le rein droit, entraîné parle foie, s’abaisse lui aussi le long de la colonne vertébrale. Quant kVestomac, pris entre le foie et la rate qui sont refoulés i’un vers l’autre, il émigre lui aussi vers l’andomen inférieur ; dans ce déplacement, le cardia restant à peu p:ès fixe, le pylore s’abaisse et se rapproche de la ligne médiane, entraînant à sa suite le duodénum et refoulant devant lui le côlon transverse. L’estomac affecte alors une direction plus ou moins verticale, et c’est le petit cul-de-sac qui, occupant la partie la plus déclive, a à supporter le principal poids des aliments. Aussi n’est-il pas rare de voir cette région se dilater progressivement et finir par former une véritable poche, la poche sous-pylorique, laquelle descend parfois jusqu’au bassin et même plus bas : je l’ai vue, dans un cas, reposer sur le détroit supérieur.
La malformation connue sous le nom de poitrine en entonnoir {Trichterbrust des anatomistes allemands) est caractérisée par une dépression infundibuliforme située à la partie médiane et antérieure du thorax, un peu au-dessus de l’appendice xiphoïde. Cette dépression résulte d’une incurvation spéciale de la partie inférieure du sternum, qui décrit un arc de cercle à convexité postérieure, entraînant naturellement en arrière les cartilages costaux qui s'insèrent sur elle. La poitrine en entonnoir, signalée en Allemagne par Eggel, par Flescii, par Ebstein et par Klem- PERER, en Suisse par Eichhorst, a été décrite en France, en 1891, par Ramadier et Sérieux (Bull, de la Soc. cV Anthropologie de Paris, IV« série, t. Il, p. 318) qui, aux faits déjà connus, ont ajouté cinq observations personnelles. Ces derniers auteurs rejettent formellement l’influence du rachitisme dans la production du thorax en entonnoir et, comme ils n’ont rencontré cette malformation que sur les aliénés, ils la considèrent comme un stigmate physique de dégénérescence. Une pareille interprétation me paraît tout aussi prématurée que les conclusions de même nature qui ont été formulées à propos des anomalies des autres organes, du pavillon de l’oreille, par exemple. Gapitan et Variot, en effet, ont observé la poitrine en entonnoir sur des sujets parfaitement sains d’esprit. Je l’ai rencontré moi-même sur trois sujets (deux hommes et une femme) qui provenaient des salles de l’Hôtel-Dieu de Lyon et qui bien certainement n’étaient pas des aliénés. D’autre part, deux médecins militaires, Servier et Aubert, nous apprennent qu’ils ont observé plusieurs fois la malformation en question sur les jeunes gens examinés lors des opérations du recrutement.
Voy., au sujet du thorax, Adolphi, Ueber die Yariationen d. Brustkorbes und d. Wirbelsâule d. Menschen, Morphol. Jahrb., 1905.
AXATOMIE humaine. — T. I, 6° ÉDIT.