‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 22 sur 176 · CÔTES OSSEUSES OU CÔTES VERTÉBRALES · texte numérisé non relu

CÔTES OSSEUSES OU CÔTES VERTÉBRALES

Les côtes osseuses (côtes vertébrales ou côtes proprement dites) s’étendent chacune depuis la colonne vertébrale jusqu’au cartilage costal qui lui fait suite. Conformes

OSTEOLOGIE

sur le même type, elles nous présentent tout d’abord des caractères généraux, caractères généraux qui conviennent à chacune d’elles quel que soit le rang qu’elle occupe dans la série. Outre ces caractères communs, un certain nombre d’entre elles possèdent des caractères qui leur appartiennent en propre, caractères particuliers.

Fig. 110.

Cinquième côte droite, vue par sa face inieriie (voir la légende de la figure suivante).

1" Caractères généraux des côtes. — Les côtes ne sont pas horizontales : elles s’implantent obliquement sur la colonne vertébrale, de façon à former avec cette

colonne un angle aigu à ouverture inférieure. Cet angle, que nous appellerons angle costo-vertébral, est d’autant plus aigu qu’il se rapporte à une cote placée plus bas dans la série.

En quittant les bords vertébraux sur lesquels elles prennent naissance,

les côtes se portent d’abord en dehors pour gagner l’extrémité externe des apophyses transverses. — Puis, elles continuent leur trajet de dedans en dehors, en décrivant une courbe à concavité dirigée en avant. — Un peu en dehors de l’apophyse transverse, elles se coudent brusquement pour se porter en avant, en formant, au niveau de ce changement de direction, ce qu’on appelle Vangle postérieur des côtes. Cet angle postérieur se traduit nettement sur la face externe de l’os sous la forme d’une arête légèrement oblique en bas et en dehors. A quelque distance du point où elles se continuent avec les cartilages costaux, les côtes changent de nouveau de direction pour se porter de dehors en dedans, mais ce dernier changement est moins brusque et l’angle qui en résulte, angle antérieur de la côte, est à peine sensible.

En résumé, les côtes décrivent, dans leur trajet postéro-antérieur, une longue courbe dont la concavité regarde en dedans. Avec Sappev, nous désignerons cette première incurvation de la côte sous le nom de courbure dé enroulement {courbure sur le plat de quelques auteurs). Il est une autre courbe dont il est facile de se rendre compte par l’expérience suivante : placez une côte sur un plan horizontal ; vous la verrez ne toucher ce plan que par deux points seulement, sa partie moyenne et l’une ou l’autre de ses extrémités; on dirait qu’elle a subi un mouvement de torsion en vertu duquel son extrémité postérieure aurait été portée en haut et en dehors, son extrémité antérieure en has et en dedans. Il convient de donner à cette deuxième incurvation le nom de courbure de torsion {courbure sur les bords de certains auteurs).

La longueur des côtes varie beaucoup suivant les sujets. Sur le même sujet, elle

Cinquième côte droite, vue par sa face externe

1, tète de JaeôLe, avec sa double facette articulaire. — 2, son col. — 3, sa tubérosité. — 4, bord supérieur. — o, bord inférieur. — 6, face interne. — 7, gouttière costale. — 8, face externe. — 9, angle postérieur. — 10, angle antérieur. — 11, extrémité antérieure, a^ec ir, sa cupule, s'articulant avec le cartilage costal.

COTES ET CARTILAGES COSTAUX 109

augmente de la première à la septième et diminue ensuite graduellement de la septième à la douzième.

Envisagée à un point de vue purement descriptif, toute côte présente à l’étude un corps, deux extrémités, l’une postérieure, l’autre antérieure (fig. li l, A et B) :

A. Corps ou partie moyenne. — Fortement aplati dans le sens transversal, le corps de la côte nous offre à considérer : 1° une face externe, convexe, sur laquelle se dessinent les deux angles ci-dessus mentionnés, l’angle antérieur et l’angle postérieur ; 2° une face interne, concave, en rapport avec les plèvres et les poumons ; 3° un bord supérieur, mousse, sur lequel viennent se terminer les deux muscles intercostaux; 4° un bord inférieur, enfin, sur lequel se voit une gouttière, la gouttière costale.

Cette gouttière, creusée à la fois aux dépens du bord inférieur et de la face interne de la côte, est assurément la partie la plus importante du corps. Elle commence un peu en arrière de l’angle de la côte et se termine à la réunion des deux tiers postérieurs avec le tiers antérieur de l’os.

La gouttière costale donne attache par ses deux lèvres aux deux muscles intercostaux.

Elle loge, en outre, trois organes à trajet parallèle et superposés qui sont, en allant de haut en bas : la veine intercostale, l’artère intercostale et le nerf intercostal (voy. Myologie).

D . Extrémité postérieure . — L’extrémité postérieure de la côte est constituée par toute la portion de l’arc costal qui se trouve placée en avant de l’apophyse transverse. On lui distingue (fig. 112) une tête, un col et une tubérosité :

a. Tête. — La tête, destinée à s’articuler avec les corps vertébraux, présente à cet effet deux petites facettes articulaires, qui s’inclinent l’une vers l’autre, en se dirigeant en dedans. Elles forment ainsi, par leur ensemble, un angle dièdre saillant, dont le sommet, plus ou moins rugueux, correspond au disque intervertébral et donne insertion à un ligament (voy. Arthrologie).

b. Tubérosilé. — La tubérosité, placée en regard de l’extrémité externe de l’apophyse transverse correspondante, s’articule avec cette apophyse. Elle nous offre, à cet effet, une facette articulaire, surmontée d’une saillie rugueuse sur laquelle vient s’insérer le ligament costo-transversaire postérieur. Une gouttière assez profonde, oblique en bas et en dehors (fig. 112, 5), sépare souvent la facette antéro-interne de la saillie postéro-externe.

c. Col. — Le col est la portion delà côte intermédiaire à la tête et à la tubérosité. Nous y rencontrons : 1° sur sa face postérieure, des rugosités où viennent s’insérer des faisceaux fibreux qui s’attachent, d’autre part, à l’apophyse transverse; 2^" sur son bord supérieur, une crête longitudinale destinée à l’insertion inférieure du ligament costo-transversaire supérieur.

C. Extrémité ANTÉRIEURE. — L’extrémité antérieure de la côte, légèrement renflée, nous présente une facette elliptique, plus ou moins concave, où vient se loger le cartilage costal correspondant.

Fig. 112.

Extrémité postérieure de la cinquième côte.

1, tête, avec sa double facette articulaire. —

— 2, col de la côte. — .3, facette articulaire de la tubérosité, pour l’apophyse transverse. — 4, saillie rugueuse de la tubérosité pour le ligament costotransversaire postérieur. — 5, gouttière séparant la facette de la saillie. — 6, rugosités où s'insère le ligament costo-transversaire supérieur.

— 7, rugosités pour l’insertion du ligament costotransversaire inférieur. — 8, bord supérieur de la côte. — 9, bord inférieur. — 10, angle postérieur.

2*^ Caractères propres à certaines côtes. — Parmi les douze cotes, quatre présentent des caractères particuliers, qui permettent de les reconnaître entre toutes les autres. Ce sont la première, la seconde^ la onzième et la douzième :

A. Première côte. — Les caractères distinctifs de la première côte (fig. M3, G‘) se rencontrent à la fois sur son corps, sur son extrémité antérieure et sur son extrémité postérieure :

a. Corps. — Le corps est orienté de telle façon que l’une de ses faces regarde en haut, l’autre en bas ; il résulte d’une pareille disposition que, de ses deux bords, l’iin est externe et convexe, l’autre interne et concave. — La face supérieure de la

Fig. 113. Fig. 114.

Fig. 113. — Première et seconde côtes droites, vues d’en haut.

Ci, première cèle. — Cn, deuxième côte. — 1, 1’, tôle de la cèle. — 2, 2’ col. — 3, 3’ tubérosité. — 4, 4” bord interne. — 4, 4^”, bord externe. — 5, 5’ extrémité antérieure. — C, tubercule de Lisfranc pour le scalène antérieur- — 7, gouttière de l'artère sous-clavière. — 8, gouttière de la veine sous-clavière. — 9, rugosité pour le ligament costoclaviculaire. — 10, tubercule pour le faisceau inférieur de la première digitation du grand dentelé. .

Fig. 114. — Les mêmes insertions musculaires.

(Pour la légende, voy. plus bas, Insertions musculaires., p. 111).

première côte est à peu près plane. On y remarque à sa partie moyenne (fig. 113) deux gouttières transversales : la gouttière postérieure (7) livre passage à l’artère sous-clavière ; la gouttière antérieure (8) loge la veine de même nom. — Entre les deux et en un point voisin du bord interne, s’élève une petite saillie rugueuse : c’est le tubercule de Lisfranc, sur lequel vient s’insérer le muscle scalène antérieur. — Du reste, il n’existe sur cette côte, ni angle, ni gouttière, ni trace de la torsion que nous avons signalée plus haut sur les côtes en général.

b. Extrémité antérieure. — L’extrémité antérieure de la première côte nous présente sur sa face supérieure une surface rugueuse, destinée à l’insertion du ligament costo-claviculaire. On trouve parfois, en dedans de cette empreinte ligamenteuse, une petite facette articulaire correspondant à la clavicule.

c. Extré^nité postérieure. — L’extrémité postérieure, très développée, forme avec le corps un angle droit ou presque droit. Elle est caractérisée : 1° par une tête, arrondie et portant une facette articulaire unique; 2° par un col, très mince et aplati dans le sens vertical ; 3° par une tubérosité, enfin, fortement saillante et située sur le bord externe, plutôt que sur la face supérieure de la côte.

COTES ET CARTILAGES COSTAUX

B. Deuxième côte. — Ses deux faces (fig. 113, sont obliques, servant ainsi d’intermédiaire entre la première côte, dont les faces sont horizontales, et les côtes suivantes, qui ont les leurs dirigées verticalement. Gomme la précédente, la deuxième côte ne présente pas de torsion et se trouve dépourvue de gouttière costale. Mais, ce qui la caractérise avant tout, c’est la présence sur sa face supéroexterne, à sa partie moyenne ou un peu en avant de sa partie moyenne, d’une surface rugueuse et plus ou moins saillante (fig. 113, 10), destinée à l’insertion d’un des faisceaux du muscle grand dentelé.

Insertions musculaires sur les première et deuxième côtes. — La première côte donne insertion à dix muscles ; la deuxième côte à neuf. Le tableau suivant résume ces diverses insertions, qui sont indiquées du reste sur la figure 114 ;

A. Première côte .

B. Deuxième côte .

Face su'périeure .

Bord interne

Bord externe . .

I a. Face externe

I b. Bord interne c. Bord externe

1, Scalène antérieur.

2, Scalène postérieur.

3, Sous-clavier.

4, Grand dentelé (D® digitation).

5, Premier surcostal.

6, Petit dentelé supérieur.

Scalène antérieur (1).

Scalène postérieur (2).

7, Premier intercostal externe.

8, Premier intercostal interne.

Premier surcostal (3).

9, Sacro-lombaire.

10, Long dorsal (inconstant).

a, a\ Grand dentelé (1'® et 2® digitations).

b, Petit dentelé supérieur.

c, Sacro-lombaire.

cl, Scalène postérieur.

e, Deuxième surcostal.

f, Premier intercostal externe.

g, Premier intercostal interne.

Sacro-lombaire (c).

h, Deuxième intercostal externe.

i, Deuxième intercostal interne.

C. Onzième et douzième côtes. — Ghacune de ces deux côtes s’articule avec

une seule vertèbre et avec le corps seulement de cette vertèbre. En conséquence, leur tête ne possède qu’une seule facette articulaire au lieu de deux. De plus, la tubérosité, dont l’apparition est intimement liée à l’existence de l’articulation costo-transversaire, fait entièrement défaut.

Ges deux côtes sont, du reste, presque rectilignes et ne présentent aucune trace de torsion.

La douzième se distingue de la onzième par sa longueur, qui est beaucoup moindre, et ausi par l’absence d’angle postérieur. La gouttière costale manque assez souvent sur la douzième côte.

La douzième côte, vue : A, par sa face interne ; B, par sa face externe.

(1/3 de grandeur naturelle).

1, tête de la côte. — 2, face interne. — 3, bord supérieur. — 4, bord inférieur. — 5, gouttière costale. — 6, face externe. — 7, extrémité antérieure.

3° Structure des côtes. — Bien que conformées comme les os longs, les côtes p.résenlent la structure des os plats : dépourvues de canal médullaire, elles sont

OSTÉOLOGIE

essentiellement formées de deux lames de tissu compacte, réunies par leurs bords et interceptant entre elles du tissu spongieux.

Développement. — Les côtes se développent chacune par quatre points d’ossification, un primitif et trois complémentaires :

a) Le point primitif , très précoce, apparaît du 40® au 50® jour de la vie fœtale et progresse avec une telle rapidité qu'il envahit pour ainsi dire d’emblée tout le cartilage costal.

(î) Les trois points complémentaires ou épiphysaires sont destinés, l’un à la partie saillante de la tubérosité, le troisième à la facette articulaire de la tête. Ces points complémentaires ne font

leur apparition que fort tard, de huit à quatorze ans, d’après ScHWEOEL, de seize à vingt ans d’après Cuuveilhier. Ils se soudent au reste de l’os entre seize et vingt-cinq ans.

Variétés. — Les variations anatomiques que présentent les côtes peuvent porter ; 1® sur leur configuration extérieure ; 2“ sur leur développement ; 3° sur leur nombre.

1® Variation de forme. — Les côtes, s'exagérant dans le sens vertical, présentent parfois une largeur double de celle qu’elles ont ordinairement. — Les extrémités des côtés conservant leurs connexions normales, leur longueur totale peut diminuer : une telle disposition entraîne, comme conséquence, une atténuation proportionnelle de la cavité thoracique et tout particulièrement une diminution de son diamètre transverse {rectitude des côtes, poitrines rétrécies). Cette anomalie peut s'exagérer encore, au point que la courbure des côtes ait sa convexité dirigée en dedans. — On rencontre quelquefois, à la partie postérieure des côtes, dans le voisinage de la tubérosité, des prolongements ou apophyses qui se dirigent vers la côte voisine. Ces apophyses surnuméraires, très variables dans leur développement, atteignent ou n'atteignent pas la côte voisine. Deux côtes peuvent ainsi s’unir soit par une seule apophyse, soit par deux apophyses, marchant à la rencontre l’une de l’autre. Meckel, qui a même vu un os distinct entre les deux apophyses, fait remarquer l’analogie qui existe entre de pareilles dispositions anormales et l’organisation de ([uelques vertébrés inférieurs [oiseaux, chéloniens). — Le développement d’apophyses surnuméraires peut finalement aboutir à la soudure partielle des deux côtes. — Des prolongements semblables à ceux que nous venons de décrire pour les côtes peuvent se montrer sur les cartilages costaux et les unir de la même façon.

2® Variations portant sur le développement. — Les cartilages costaux, qui normalement prennent insertion sur le sternum, peuvent ne pas atteindre cet os (ex. : septième côte) ; et, vice versa, des cartilages costaux qui s'arrêtent, à l’état normal, sur les cartilages placés au-dessus, peuvent se prolonger jusqu’au sternum (ex. : builième côte). Le nombre de fausses côtes augmente dans le premier cas ; il diminue dans le second. — Meckel signale des côtes coupées dans le milieu de leur longueur par un cartilage non ossifié, disposition qui rappelle celle des oiseaux.

3® Variations de nombre. — Le nombre des côtes peut être diminué [anomalie par défaut) ou augmenté [anomalie par excès). L’écart porte le plus souvent sur une seule, de telle sorte que les chiffres observés sont généralement 11 ou 13. Du reste, l’anomalie peut être symétrique ou unilatérale.

a. Aîiomalies par défaut. — Dans les cas de diminution du nombre des côtes, c’est toujours la douzième qui manque : se comportant, dans le cours du développement, comme une côte lombaire, elle s’est soudée avec la douzième vertèbre dorsale, perdant ainsi son individualité pour descendre au rang de simple apophyse costiforme.

Les faits sont loin d’être rares où l’on voit la première côte, restant à l’état rudimentaire, ne s'unir au sternum qu’à l’aide d’un simple ligament ou même perdre tout contact avec ce dernier os. Mais je ne sache pas qu’on ait jamais observé sa disparition complète. Dans le cas où cette première côte rudimentaire n’est plus en connexion avec le sternum, elle reste flottante au milieu des parties molles du cou, ou bien se soude à la deuxième côte, qui devient ainsi bifurquée à sa partie postérieure [côte bicipitale, côte en Y). Les côtes bicipitales se rencontrent normalement (van Beneijen) chez quelques cétacés.

Une variété de la rudirnentation de la première côte est la disparition de sa partie moyenne ou, si l’on veut, sa division en deux tronçons, l’un postérieur ou vertébral, l’autre antérieur ou sternal. Un trousseau ligamenteux unit l’un à l’autre ces deux tronçons. Lebougq, dans un cas, a rencontré, entre les deux tronçons de la côte rudimentaire, une véritable articulation. J’ai observé récemment un cas analogue.

b. Anomalies par excès. — Dans le cas d’augmentation du nombre des côtes, la côte surnuméraire peut précéder la première ou suivre la douzième. L’anomalie s’explique suffisamment par ce fait que la septième côte cervicale ou la première côte lombaire a conservé, chez l’adulte, son indépendance embryonnaire et s'est développée, plus que d’habitude, pour s’élever au rang

Fig. 116.

Tête et tubérosilé d’une côte pour montrer son développement (d’après Ram- BAUD et Renault).

1. point primitif. — 2. point complémentaire pour la partie saillante de la tubérosité. — O, point complémentaire pour la facette articulaire de cette tubérosité. — 4, point complémentaire pour la facette articulaire de la tète.

COTES ET CARTILAGES COSTAUX

dos véritables côtes. Du reste, leur degré de développement est fort variable : la première cote lombaire ressemble beaucoup à la douxièmecôte ; quant à la septième côte cervicale, qui devient ainsi la première de la série, elle n’est bien souvent qu’une simple lamelle osseuse à extrémité externe libre, tenant alors le milieu entre la véritable première côte et une apophyse transverso : mais quelquefois aussi (fait d’ALBRECHx). elle présente toutes les allures d’une côte, venant s'insérer en avant, à l’aide d’un ligament ou d’un cartilage. jus(|ue sur le sternum. Une autre variété, aussi rare qu’intéressante, de la septième côte cervicale, est celle où la côte en question n’est représentée qu’à ses deux extrémités. Elle se compose alors, comme la première côte rudimentaire dont il a été question plus haut, de deux tronçons, l'im rachidien, l’autre sternal ; et, dans ce cas, les deux tronçons sont libres, ou bien réunis l'un à l’autre par un trousseau ligamenteux.

Gruveilhier a vu, sur un sujet, les apophyses transverses de la deuxième, de la troisième, de la quatrième lombaire constituer de petites côtes surnuméraires, et nous trouvons, dans une observation d’EBsiEiN {SchmidVs Jahrbiicher, 1869, p. 138) la mention d’une côte surnuméraire, se rattachant à la quatrième vertèbre lombaire.

c. Côtes hifurqaées et côtes perforées . — Il n’est pas très rare de voir les côtes se bifurqueren avant et former ainsi deux branches, l’une supérieure, l’autre inférieure, aboutissant soit à un même cartilage, soit à deux cartilages indépendants : ce sont les côtes bifurquées. — D'autre part, la bifurcation peut porter exclusivement sur le cartilage, la portion osseuse restant indivise. — Il arrive parfois qu’après s’être bifurquée, la côte se reconstitue par la soudure ultérieure de ses deux branches de bifarcation ; il en résulte alors la formation d’un oriflce ovalaire, qui a fait donner à la côte le nom de côte perforée. Cet orifice peut exister, suivant les cas, sur la portion osseuse, sur la portion cartilagineuse, entre Tune et l’autre de ces deux portions constitutives de la côte. Du reste, cet orifice anormal est fermé, soit par un simple ligament fibreux, soit par de véritables faisceaux musculaires dépendant des muscles intercostaux.

Voyez, au sujet des arcs costaux : Andersox, Ribs in Mammalia, Internation., Monatsschr. f. Anat. U. PhysioL, 1888 ; — Hatschek, Die Rippen cler Wirbelthiere, Verh. der anat. Ges., Berlin, 1889 ; — Dollo, Sur la morphologie des côtes. Bull, scient, de la France et de la Belgique, 1892; — Baur, Ueber Rippen und âhnliche Gebilde und deren Nomenclatur, Anat. Anzeiger, Bd. IX, 1893; — Helm, Einseitige rudimentàre Entwick. der ersten Rippe, Anat. Anz., 1895.

Voyez encore au sujet des anomalies des côtes et tout particulièrement au sujet de la septième côte cervicale, parmi les travaux récents: Turner. Cervical ribs and the socalled bicipital ribs in ?naw..Journ. of mal., 1883; — Neubürger, Ceber alsrippen, Dissert. Würsburg, 1887; — Leboucq, De quelques anomalies des côtes chez Vhoinme, Ann. de la Soc. de méd. de Gand, 1885 ; — Du MÈ.ME, Rech. sur les variations anatomiques de la première côte chez l'homme. Gand, 1895; — Wallace, On cervical ribs, with exemple in living subject, Edimb. mcd. Journ., 1892; — Bro- DiER, Sept, côte cervicale surnuméraire. Bull. Soc. anat., 1892; — Kronke, Ueber die siebente Halsrippe, Diss. Kiel, 1894; — Pilling, Ueb. die Halsrippen des Menschen, Dissert. Rostock, 1894; — Leboucq. Rech. sur les variations anatomiques de la première côte, Journ. de Biol , t. XV, 1898; — Clinton E. Brusch, Notes on cervical ribs. Bull, of the John Hopkins Hospital, 1901 ; — Gérard, Sur la présence d'une côte cervicale, etc., Bibliogr. anat., t. VIH; — Waller, Ueb. Halsrippen, Dissert. Halle, 1906; — Gardner, Les côtes cervicales de l’homme. Gaz. Hôp., 1907. — Voyez aussi. Anomalie des Vertèbres, p. 99.

§ II. — Cartilages costaux ou cotes sternébrales

Les cartilages costaux, que l’on désigne en anatomie comparée sous le nom de côtes sternébrales, sont au nombre de vingt-quatre, douze de chaque côté ; on les désigne, comme les côtes, sous les dénominations numériques de premier, deuxième, troisième, etc., en procédant de haut en has. Les sept premiers prolongent les côtes jusqu’au sternum. Chacun des trois suivants (les huitième, neuvième et dixième), n’atteignant par le sternum, s’insère sur le cartilage qui est situé immédiatement au-dessus. Quant aux deux derniers, ils se perdent au milieu des muscles larges de l’ahdomen. Morphologiquement, les cartilages costaux nous présentent, comme les côtes osseuses elles-mêmes : 1° des caractères généraux, qui conviennent à tous; 2° des caractères particuliers, qui conviennent à certains d’entre eux seulement.

1° Caractères généraux des cartilages costaux. — Les cartilages costaux présentent une configuration analogue à celle des côtes, qu’ils continuent.

Comme à ces dernières, on leur considère une face antérieure ou externe, une

OSTÉOLOGIE

face postérieure ou interne, un bord supérieur et un bord inférieur, chacune de ces régions faisant suite aux régions homonymes des arcs costaux.

De leurs deux extrémités, Vexterne, saillante, se continue avec la cupule elliptique que nous avons déjà décrite sur l’extrémité antérieure de la côte ; V interne, également saillante, affecte la forme d’un angle dièdre, lequel vient se loger dans les échancrures costales que présentent les bords latéraux du sternum.

Les caractères morphologiques qui précèdent conviennent principalement aux sept premiers cartilages costaux. Les cinq derniers, qui ne contractent avec le sternum aucune connexion, s’écartent naturellement des précédents par quelques caractères spéciaux que nous devons faire connaître.

2° Caractères particuliers des cartilages costaux. — Les différents cartilages costaux diffèrent tout d’abord les uns des autres par leur longueur. Voici, d’après Sappey, les dimensions que l’on observe dans la plupart des cas : le cartilage de la première côte offre une étendue de ^ centimètres ; ceux de la seconde et de la troisième, une longueur de à 3 centimètres. Les cartilages suivants s’allongent de plus en plus jusqu’au septième, qui mesure de à 14 centimètres. Le huitième se réduit à 10 centimètres; le neuvième à 7, le dixième à 4, le onzième à 2; le dernier ne présente que 6 à 8 millimètres.

Ces cartilages diffèrent encore par leur direction et par quelques détails relatifs à leur forme et à leurs connexions. — C’est ainsi que le premier se dirige obliquement en bas et en dedans, de façon à former avec le sternum un angle obtus ouvert on bas. Son extrémité sternale, au lieu de constituer un angle dièdre saillant, est arrondie et presque plane. — Le second est à peu près horizontal. — Les troisième, quatrième, cincquième , sixième et septième se dirigent obliquement en haut et en dedans, de façon à former avec le bord du sternum un angle aigu

ouvert en bas. Ces trois derniers (le 5^", le 6° et ' „ • le 7*^) s’amincissent en se rapprochant du sternum et, comme ils s’articulent souvent entre eux, ils présentent le long de leurs bords de

2__ 3 petites facettes articulaires que ne possèdent

' point les cartilages placés au-dessus. — Les

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