‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 26 sur 176 · DIAGRAMME DES OS DU CRANE · texte numérisé non relu

DIAGRAMME DES OS DU CRANE

os DU CRANE

méraires, plus ou moins nombreux et plus ou moins développés, appelés os lüormiens . Nous leur consacrerons un paragraphe à part.

Les diverses pièces osseuses qui entrent dans la constitution de la boîte crânienne appartiennent au groupe des os plats. Elles sont formées par deux lames de tissu compacte, connues sous les noms de table externe et de table interne et comprenant entre elles une couche, fort variable en épaisseur, de tissu spongieux qu’on appelle le diploé.

La table externe est généralement lisse et régulièrement convexe; ce n’est qu’à la base du crâne qu’elle présente des anfractuosités et des saillies plus ou moins rugueuses, en rapport avec les organes [vaisseaux et nerfs) qui la traversent et ceux [muscles et ligaments) qui viennent prendre sur elle l’une de leurs insertions.

La table inlerne est d’ordinaire un peu plus mince que la table externe. — Appliquée contre l’encéphale, elle se moule à la manière d’une cire molle, sur les irrégularités des hémisphères ; nous y rencontrons en conséquence de nombreux sillons ou impressions correspondant aux circonvolutions, et aussi toute une série de saillies, dites éminences mamillaires, en rapport avec les anfractuosités. Comme on le conçoit, ces saillies et ces dépressions détruisent toute espèce de parallélisme entre la table interne et la table externe, de telle sorte que la surface extérieure du crâne ne peut en aucune façon reproduire les détails des plis cérébraux. Ce fait, à défaut , d’autres, suffirait à ruiner la célèbre théorie phrénologique de Gall.

De même que les circonvolutions cérébrales, les artères et les gros canaux veineux qui cheminent entre l’encéphale et la surface intérieure du crâne impriment sur la table interne la trace de leur passage. De là, l’existence de gouttières vasculaires, artérielles et veineuses, qu’il sera toujours facile, d’après leur aspect et leur situation, de distinguer des impressions digilales. déterminées sur cette même table interne par les circonvolutions.

Les os du crâne, eniiii, présentent des fort nombreux effort variables dans leurs dimen-

sions : les uns traversent Los de part en part, établissant une communication entre la cavité crânienne et l’extérieur ; les autres s’arrêtent dans le diploé et s’ouvrent alors, soit sur la table interne, soit sur la table externe, autrement dit à lïntérieur du crâne ou à l’extérieur. Tous ces orifices sont destinés à livrer passage à des nerfs et à des vaisseaux.

Fig. 124.

Vue latérale du crâne.

La table externe des os de la calotte a été enlevée, pour laisser voir le diploé et ses canaux veineux.

§ I. — Frontal ou goronal

Le frontal ou coronal est un os impair, médian et symétrique, occupant la partie la plus antérieure du crâne. Les anciens anatomistes l’ont comparé longtemps à une coquille; il représente, suivant la remarque fort juste de Cruveilhier, un segment considérable de sphère creuse. Cet os est situé en avant des pariétaux et du sphénoïde, avec lesquels il s’articule pour clore, à sa partie antérieure, la cavité crânienne. 11 s’articule aussi, en bas, avec l’ethmoïde, les os propres du nez, les malaires, les unguis et les maxillaires supérieurs. Grâce à ces dernières connexions, il constitue une partie importante du squelette de la face et entre notamment, pour une bonne part, dans la formation de la cavité orbitaire et même de la cavité nasale. Le frontal, en raison de sa configuration, nous. présente trois faces : une face antérieure, une face postérieure et une face inférieure. Ces trois faces du frontal sont nettement délimitées par trois bords. Nous décrirons séparément chacun de ces éléments :

OSTÉOLOGIE

1'' Face antérieure ou cutanée. — La face antérieure (fig. l:2o), répond aux téguments, dont elle est séparée, cependant, par les muscles frontaux.

Convexe et lisse dans toute son étendue, elle présente chez les jeunes sujets une suture médiane qui disparaît chez Ladulte, c’est la suture médio-frontale ou mélovique (voy. plus loin). Toujours sur la ligne médiane et immédiatement au-dessu&

de la racine du nez, existe une légère proéminence, la bosse frontale moyenne ou glabelle.

Sur les côtés, nous rencontrons deux saillies arrondies situées au-dessous d’une surface lisse; ce sont les bosses frontales latérales^ généralement plus marquées chez la femme que chez riiomme, beaucoup plus marquées aussi chez le fœtus et chez l’enfant que chez l’adolescent et chez l’adulte.

Sur leur côté externe, et leur servant parfois de limite, se trouve assez fréquemment (de 20 cà, 25 p. 100)

1, liosscs fronlalcs latérales. — 2, arcades sourcilières. — -i, arcades f^'OUttière VaSCUlaice

orbitaires, avec 4', écliaiicriirc sus-orbitaire, transformée à gauche eu uii ^

trou sus-orbitaire. — .a, apophyses orbitaires externes. — G, G’ apoiihyscs pi US OU moiUS profoudo orbitaires inlernes. — 7, échancrure nasale. — 8, épine nasale. — 9, facette ^ ’

temporale du frontal. — 10, 11, bord supérieur. — 12, vestiges de la suture ohliqUCmCnt dicigéc dc baS

métopiqiic. — 13, crête laléralc du frontal. — 14, bosse frontale moyenne t r i j j

ou glabelle. — lo, gouttière vasculaire, non constante. — IG, échancrure Gll haut Ct dC dCdaUS GU

frontale. , , n i-

dGhors : gIIg livre passage à LiiiG artériole, qui provient, suivant les cas, de la temporale superficielle ou de la sus-orhitaire.

Au-dessous des bosses frontales latérales se dressent les arcades sourcilières, saillies transversales et arquées, qui répondent aux sourcils. Leur développement correspond assez bien à celui des sinus frontaux ('voy. plus loin).

Enfin, sur la partie la plus externe et la plus inférieure de cette face, se voit une petite surface triangulaire, séparée du reste de la face antérieure par une crête toujours très marquée, la crête latérale du frontal, laquelle crête se continue en arrière, avec une ligne semblable du pariétal et circonscrit en ce point la fosse temporale. Nous désignerons cette petite surface triangulaire sous le nom de facette temporale du frontal.

2*^ Face inférieure ou orbitaire. — La face inférieure du frontal (fig. 126), répond à l’orbite dont elle forme la paroi supérieure.

’ Elle nous présente d’abord, en son milieu, une large échancrure rectangulaire, à grand axe antéro-postérieur : c’est V échancrure ethmoïdale, ainsi appelée parce qu’elle loge la partie supérieure de l’ethmoïde. En avant de cette échancrure s’avance à la manière d’un éperon une longue apophyse, appelée épine nasale du frontal (fig. 125,8). Rugueuse en avant pour s’articuler avec les os propres du nez, cette épine présente en arrière deux petites gouttières, séparées l’une de l’autre par une

Froiilal, vu pur sa face antérieure.

os DU CRANE

crête verticale : la crête s’articule avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde, tandis que les deux gouttières font partie de la voûte des fosses nasales.

Sur les bords de l’échancrure ethmoïdale, se trouvent les deux orifices larges et irréguliers des sinus frontaux et, en arrière de ces orifices, plusieurs demi-cellules qui, sur le crâne articulé, sont complétées par celles de l’ethmoïde. On y remarque, en outre, deux petites gouttières transversales, l’une antérieure (11), l’autre postérieure (12), qui, en se réunissant avec des gouttières semblables situées sur la face supérieure de l’ethmoïde, constituent deux canaux allant de l’orbite à la cavité crânienne :

ce sont les deux conduits ethinoïdaux ou conduits orbitaires internes (voy. Orbite).

Ils livrent passage à des vaisseaux et des nerfs.

De chaque côté de l'échancrure ethmoïdale, la face inférieure du frontal est formée par deux surfaces triangulaires, concaves et lisses, appelées fosses orbitaires. Nous y remarquons : en avant et en dehors, une fossette, la fossette lacrymale , où

se loge la portion principale de la glande de ce nom ; 2° en avant et en dedans, une toute petite dépression, souvent peu visible, la fossette trochléaire, qui donne attache à la poulie fihro-cartilagineuse sur laquelle se réfléchit le tendon du grand oblique (voy. Muscles de Vœil).

S"" Face postérieure ou cérébrale. — Concave et tournée en arrière dans ses trois quarts supérieurs, convexe et dirigée en haut dans son quart inférieur, la face postérieure du frontal (fig. 127) est en rapport dans toute son étendue avec les lobes antérieurs du cerveau : c’est la face cérébrale de l’os.

Elle nous présente sur la ligne médiane et en allant de haut en bas : 1° une gouttière verticale, répondant au sinus longitudinal supérieur ; 2° une crête, la crête frontale, qui fait suite à la gouttière précédente et donne attache à la faux du cerveau; 3'" au-dessous de cette crête, un trou, le trou borgne, remplacé quelquefois par une simple échancrure que complète l’ethmoïde ; ce trou, qui livre passage à un prolongement fibreux de la faux du cerveau et quelquefois à une petite veine, se trouve souvent oblitéré sur le crâne des vieillards ; 4® en arrière du trou borgne, l’échancrure ethmoïdale, déjà étudiée sur la face précédente.

De chaque côté de la ligne médiane, on rencontre sur la face postérieure du frontal ; 1° en haut, deux excavations plus ou moins distinctes, ce sont les fosses frontales (1), correspondant aux bosses de même nom ; 2° en bas et en arrière, deux surfaces convexes, les bosses orbitaires (3), parsemées de dépressions sions digitales) et de saillies {éminences mamillaires) , en rapport avec les circonvolutions et les anfractuosités du lobe antérieur du cerveau.

Bords. — En raison de leur situation, les trois bords du frontal méritent les noms de bord antérieur, bord supérieur et bord postérieur :

Fronlal, vu par sa face inlerieure.

1, arcades .sourcilières. — 2, arcades orbilaires. — 3, échancrure susorbitaire. — 4, apophyses orbilairo externes. — 5, fosses orbitaires. — 6, bord postérieur. — 7, bord supérieur. — 8, échancrure nasale, avec l’épine nasale. — 9, facette temporale du frontal. — 10, surface triangulaire, s’articulant avec le splénoïde. — 11, 12, goullières transversales destinées à fermer les conduits orbitaires internes. — 13, fossette trochléaire. — • 14, fossette lacrymale.

OSTÉOLOGIE

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur ou orbito-nasal (fig. 126) sépare la face antérieure du frontal de sa face inférieure. 11 présente, en son milieu, une surface extrêmement irrégulière (8), connue sous le nom dé échancrure nasale . Cette échancrure, qui sert de base d’implantation à l’épine nasale déjà décrite, s’articule en outre par sa partie moyenne avec les os propres du nez, par ses parties latérales avec l’apophyse montante du maxillaire supérieur.

De chaque côté de l’échancrure nasale, se voient arcades orbitaires, mousses en dedans, minces et tranchantes en dehors, décrivant chacune une courbe régulière à concavité inférieure. Elles sont interrompues vers le tiers interne par une échancrure, souvent convertie en trou : c’est V échancrure ou trou sus-orbitaire

(fig. 125, 4’), par où passe le nerf frontal externe ou sus-orbitaire. Au fond de cette échancrure ou de ce trou, on aperçoit fréquemment un ou plusieurs petits orifices vasculaires, qui viennent se perdre dans le tissu spongieux du diploé et qui sont traversés, à l’état frais, par de petites veines.

Chacune des arcades orbitaires se termine, à ses deux extrémités par deux apophyses dirigées en bas : ce sont les apophyses o rhitaires interne et externe. — L’«pophyse orbitaire interne, large et mince, s’articule avec le bord supérieur de l’unguis et l’apophyse montante du maxillaire supérieur. — V apophyse orbitaire externe, beaucoup plus épaisse et plus résistante, s’unit à l’angle supérieur de l’os malaire. Par leur saillie souvent considérable, les arcades orbitaires consti- I tuent pour les globes oculaires un appareil de protection parfois très efficace. C’est grâce à elles (Pozzi) qu’un coup de poing poche un œil au lieu de le crever.

b. Bord supérieur. — Le bord supérieur ou pariétal (fig 127 ,2) affecte une forme demi-circulaire. Fortement dentelé, il s’articule avec le bord antérieur des pariétaux. Il est taillé en biseau, en haut aux dépens de la tahle interne, en bas aux dépens de la table externe.

c. Bord postérieur. — Le bord postérieur ou sphénoïdal (fig. 127, 2), dirigé en arrière, sert de limite respective à la face postérieure (ou cérébrale) et à la face inférieure (ou orbitaire). 11 se porte un peu obliquement de haut en bas et de dehors en dedans : il est, du reste, à peu près rectiligne, mince, tranchant.

Interrompu à sa partie moyenne par l’échancrure ethmoïdale, le bord postérieur du frontal s’articule, sur tous ses autres points, avec les petites ailes du sphénoïde.

A l’union du bord postérieur avec le bord supérieur existe une petite facette

Fig. 127.

Frontal, vu par sa face postérieure.

1, fosses frontales. — 2, bord supérieur. — 3, bosses orbitaires. — 4, bord postérieur. — 5, surface rugueuse pour le spliénoïde. — G, gouttière répondant au sinus longitudinal supérieur. — 7, crête frontale. — 8, trou borgne. — 9, épine nasale. — 10, apophyses orbitaires externes. — 11, échancrure ethmoïdale.

os DU CRANE

triangulaire , fortement rugueuse, à laquelle aboutit encore le bord antérieur du frontal. Cette facette (fig. 126/10), où se rencontrent, comme on le voit, les trois bords du frontal, répond, sur le crâne articulé, à une facette similaire, que nous étudierons plus loin à propos de la grande aile du sphénoïde.

5° Conformation intérieure, sinus frontaux. — Le frontal, relativement très épais et très résistant dans sa portion verticale et dans son apophyse orbitaire externe, est au contraire très mince et très fragile dans sa portion horizontale ou voûte orbitaire. Là, les deux lames de tissu compacte qui entrent dans la constitution de tous les os du crâne sont pour ainsi dire directement adossées, sans interposition du tissu spongieux.

Au-dessus et sur les côtés de l’échancrure nasale, le frontal est creusé de deux cavités, plus ou moins développées suivant les sujets et suivant les âges : ce sont les sinus frontaux.

Séparés l’un de l’autre par une cloison médiane, souvent déjetée à droite ou à gauche et parfois même incomplète, les deux sinus frontaux s’ouvrent dans l’infundibulum de l’ethmoïde (voy. cet os) et, par son intermédiaire, dans le méat moyen des fosses nasales (voy. t. III, Fosses nasales). Ils constituent ainsi de simples diverticulums de ces dernières cavités et, à ce titre, sont tapissés, à l’état frais, par un prolongement de la muqueuse pituitaire. (Pour de plus amples détails sur les sinus frontaux, voy. les Traités (F anatomie topographique.)

Connexions . — Le frontal s’articule avec douze os : les deux pariétaux : 2° retlnnoïde ;

3° le sphénoïde; -4° les deux malaires; 5“ les deux maxillaires supérieurs; 6° les deux os propres du nez; 7° les deux unguis. De ces douze os, les quatre premiers appartiennent au crâne ; les huit autres sont des os de la face.

Insertions musculaires. — Le frontal donne insertion à dix muscles, cinq de chaque côté (fig. 128). — Sur la bosse frontale moyenne, le frontal (1), (cette insertionn’est pas constante). — Sur l'apophyse orbitaire interne, le sourcilier (2), l’orbiculaire des paupières (3), l’élévateur superficiel de l’aile du nez et la lèvre supérieure (4), (cette der- 1 nière insertion n’est pas constante). — Sur la facette temporale, le temporal ou crotaphyte (5).

Développement. — Le

frontal se développe par deux points d’ossification prim'itifs, l’un pour la moitié gauche, l’autre pour la moitié droite (fig. 129). Ils apparaissent du 40® au 50e jour sur les arcades orbitaires et rayonnent de là, en haut sur la portion verticale du frontal, en arrière vers sa portion orbitaire.

Indépendamment de ces points primitifs, Rambaud et Renault ont démontré l’existence de six autres points d’ossification secondaires, trois de chaque côté, qui apparaissent un peu plus tard, l’un pour l’épine nasale, le deuxième au niveau de cette portion de l’os qui s’articule avec la grande aile du sphénoïde, le troisième enfin un peu au-dessous du point qu’occupera plus tard la poulie de réflexion du grand oblique.

Ces différents centres d’ossification, encore distincts au quatrième mois de la vie intra-utérine (Serres), sont généralement réunis au septième. A la naissance, le frontal est encore largement divisé en deux moitiés symétriques par une suture médiane, la suture métopique, qui s’efface

Fig. 128.

Le frontal, vue antérieure, avec les insertions musculaires.

(Pour la valeur des chiffres, voir le texte ci-contre, Insertions musculaires).

Fyg. 129.

Développement du frontal [schématique).

1, 1’, points primitifs. — 2, 2’ points complémentaires pour l’épine. — 3’, points complémentaires

pour les apophyses orbitaires externes. —4, 4’ points complémentaires pour la face interne de l’orbite audessous de la poulie du grand oblique. — 3, suture métopique.

OSTÉOLOGIE

clle-mèrne peu à peu ; elle est à peine apparente à ses deux extrémités dès la dixième année et, dans la grande majorité des cas, a totalement disparu du crâne de l’adulte. Il est à remarquer que. chez riiomme comme cliez les autres mammifères, c’est la partie inférieure de la suture métopiquo qui se ferme la dernière et c'est elle aussi qui a le plus de tendance à persister chez l’adnlte.

Les sinus frontaux se développent toujours après la naissance : ils sont formés par l’extension dans la partie correspondante du frontal des cellules ethmoulales antérieures. Cet envahissement du frontal par les cellules ethmoidales commence de la quatrième à la sixième année et progresse ensuite lentement de bas en haut et de dedans en dehors. A l'àge de huit ans, les sinus frontaux ne mesurent encore que 6 ou 7 millimètres de hauteur. Ce n'est que beaucoup plus tard, de la quinzième à la vingtième année, qu’ils acquièrejit tout leur développement par le refoulement en avant de la lame antérieure de l'os.

‘Variétés. — Parmi les variétés anatomiques du frontal, nous signalerons tout d’abord la persistance, partielle ou totale, de la suture métopique {inélopisme) . Cette disposition, qui s’observerait environ 1 fois sur 7 dans nos races européennes (Broca), a été rencontrée avec une proportion de 8 p. 100 cliez les Allemands par Welcxer {Ueber Wacfishun u. Bau d. menschl. Schadels, 1802), avec une proportion de 7,5 p. 100 cbez les Bavarois par Ranke [Beifr. zur Anthropologie nnd Urgesch. Bayerns, 1878), avec une proportion de 6,4 p. 100 chez les Russes, par W. Grüber. — Simon {Arch. f. puth. Anatomie, 1873), étudiant à ce point de vue spécial des crânes de sujets ayant présenté des troubles intellectuels, a noté la persistance de la suture métopique dans une proportion de 0,4 p. 100. — D’après Calmeïtes [Th. Paris, le métopisme est une anomalie

relativement fréquente dans les l’aces supérieures, piôncipalement dans les races brachycéphales (Auvergnats). II est beaucoup plus rare dans les races inlérieures (1 ]j. 100 chez les .Australiens et 8 p. 100 dans les races blanches, d'après Anoltchine) ; mais encore ici. il est plus fréquent lorsque CCS races sont brachycéphales (Mincopies) . Les races quaternaires n’en présentent que do rares exemples. — On rencontre assez souvent, chez le nouveau-né, dans le quart ou le cinquième inférieur de la suture métopique, un élargissement de cette suture, constituant une véritable fontanelle surnuméraire ; c'est la fontanelle mélopiqae on medio-frontale, que I on no confondra pas avec la fontanelle sus-nasale ou glabellaire, qui est située un peu au-dessous. La fontanelle métopique, dans la plupart des cas. est remplacée, chez l'adulte, par une pièce osseuse qui peut rester indépendante : c'est l'o,v métopique, très variable dans ses dimensions et dans sa forme ; Magci l'a retrouvé dans un grand nombre de mammifères de divers ordres. Anormalement, la fontanelle métopiquo persiste chez l'adulte sous la forme d'une cicatrice concave et fort irrégulière (Schwarbe, 11)01) qui pourrait en imposer pour des traces de lésions traumati(|uos.

Un tubercule osseux ilestiné à la poulie de ridlexion du grand oblique [spina trocidearis) se rencontre, surtout du côté droit, avec iina proportion de 13 p. lüo d’après Merckel. — (Ioi.den a vu une artériole passer par le trou boi gne.

Un peu en dedans du trou ou de réchancrui-o sus-orbitaire, G. Kracse (1833) a signalé l’cxistence d'une seconde échancrure, susceptible elle-même de se transformer en trou et destinée à livrer passage au nerf frontal inteine et aux vaisseaux qui l’accompagnent : c’est Y échancrure frontale ou trou frontal, de nouveau étudié par W. Krause (1857) et par Lotze (1876). Sur 104 crânes de provenances diverses (soit 208 arcades orbitaires), ce dernier observateur a rencontré réchancrure sus-orbitaire 105 fois, le trou sus-orbitaire 103 fois, l'échancrure frontale 207 fois, le trou frontal 1 fois seulement.

Quant aux sinus frontaux, il n’est rien de plus variable que leur développement : il n’est pas extrêmement rare de les voir envahir une bonne partie des voûtes orbitaires ; Ruysch les a vus s’étendre jusque dans les par'rétaux, disposition qu’on rencontre normalement chez quel(|aes animaux (éléphant). — bar contre, ils peuvent faire défaut, comméra observé le professeur Hyrtl, disposition qui rappelle le frontal des singes. — La cloison séparative des sinus frontaux présente parfois un orilîce faisant communiquer les deux sinus. — D’autre part, elle peut être double ou même triple : il existe alors, suivant les cas, trois ou quatre sinus plus ou moins indépendants (Voy., pour plus do détails, les Traités d' Anatomie topographique} .

^ 11. — Ethmoïde

L'ethmoïde ( deYiO[j.ôç, crible, parce qu’une de ses parties constituantes est criblée de trous) est un os impair, médian, symétrique, situé en avant du sphénoïde, dans l’échancrure ethmoïdale du frontal. 11 fait ainsi partie de la hase du crâne et prend, en outre, une large part à la constitution des orbites et des fosses nasales. Envisagé à un point de vue purement descriptif, cet os, en apparence fort complexe, se compose essentiellement de trois portions, savoir : 1® une lame verticale et médiane; 2° une lame horizontale, qui coupe perpendiculairement la première en un point voisin de son extrémité supérieure ; 3'^ deux masses latérales, de forme

os DU CRANE

irrégulièrement cubique, suspendues, de chaque côté de la ligne médiaue, a la face inférieure de la lame horizontale. Ces trois portions constitutives de l’ethmoïde se voient très nettement sur une coupe vertico-^^ansversale ou frontale passant par le milieu de Tos (üg. 130). Nous les étudierons séparément.

Lame verticale. — La lame verticale (fig. 130,1), comme nous venons de le dire, est divisée par la lame horizontale en deux portions : l’une qui est au-dessus et l’autre qui est au-dessous.

a. Portion supérieure. — La portion qui se trouve au-dessus revêt la forme d’une apophyse verticale et triangulaire, que l’on a comparée à une crête de coq : c’est Vapophyse crista galli (fig. 130,1 et fig. 132,1). On lui considère une base, un sommet et deux bords, l’un postérieur, l’autre antérieur. — Sa base repose sur la lame horizontale et se confond avec elle. — Son sommet, ordinairement arrondi et mousse, donne attache à la faux du cerveau. — Son bord postérieur, mince, rectiligne, obliquement dirigé de haut en bas et d’avant en arrière, répond à la grande scissure interhémisphérique du cerveau. — Son bord antérieur, plus épais, presque vertical, s’articule avec le frontal et complète souvent le trou borgne que nous avons décrit sur ce dernier os.

L’apophyse crista galli, à la fois très épaisse et très résistante , forme un véritable arc-boutant qui soutient la paroi postérieure des sinus frontaux.

b. Portion inférieure. — La portion de la lame verticale qui se trouve au-dessous de la lame horizontale constitue ce qu’on appelle la lame perpendiculaire de Vethmoide. Articulée en bas avec le vomer, elle s’articule encore ; 1® en arrière, avec la crête verticale du sphénoïde ; 2° en avant, avec l’épine nasale du frontal, les os propres du nez et les cartilages de la cloison. Elle sépare l’une de l’autre les deux fosses nasales et présente sur ses deux faces une série de petites gouttières, souvent peu marquées, où se logent des vaisseaux et des nerfs destinés à la muqueuse olfactive.

2° Lame horizontale. — La dame horizontale de l’ethmoïde (fig. 130,2 et fig. 133,2), de forme quadrilatère, plus allongée d’avant en arrière que dans le sens transversal, s’étend horizontaleuient, comme son nom l’indique, d’une masse latérale à l’autre. L’apophyse crista galli, qui se confond avec elle par sa base, la divise en deux moitiés latérales, l’une droite, l’autre gauche. Ces deux moitiés, fortement excavées dans le sens transversal, revêtent l’aspect des deux gouttières antéro-postérieures : ce sont les gouttières olfactives, ainsi appelées parce qu’elles servent de réceptacle, dans leurs trois quarts antérieurs, aux bulbes olfactifs.

Au niveau des deux gouttières précitées, la lame horizontale est percée de trous fort nombreux, d’où le nom de lame criblée de Vethmoide, sous lequel la désignent encore la plupart des auteurs. Ces trous sont au nombre de 23 à 30 pour chaque gouttière. On admet généralement qu’ils se disposent en trois rangées : un rangée externe et une rangée interne, formées par des trous relativement volumineux ; une rangée moyenne, comprenant des trous beaucoup plus petits. Une

— T. I, 6“ ÉDIT. lï

Fig. 130.

Figure schématique, représentant une coupe verticale et transversale de l’ethmoïde.

1, 1, portion verticale (lame perpendiculaire et apophyse crista galli). — 2, 2, portion horizontale (lame criblée). — 3, 3, masses latérales. — 4, 4, cornets supérieurs. — 3, 3, cornets moyens. — 6, 6, apophyses unciformes. — 7,8, fosses nasales.

OSTÉOLOGIE

pareille disposition, que l’on rencontre dans la plupart des classiques, se rencontre aussi sur le sujet ; mais elle est bien loin d’être constante. J’ajoute même que, dans la grande majorité des cas, les trous en question occupent sur la lame criblée une situation fort irrégulière. En les observant à la loupe, on peut constater (Sappey) que les grands et les moyens représentent pour la plupart de simples fossettes, dont le fond est criblé de pertuis et que chacun d’eux, par conséquent, constitue à son tour un crible secondaire. Il en est quelques-uns, enfin, qui représentent de véritables canaux, dont les parois sont elles-mêmes criblées de trous plus petits. Nous ajouterons, en ce qui concerne les trous olfactifs, qu’ils sont toujours moins nombreux sur le quart postérieur des gouttières, lequel n’entre pas en rapport avec le bulbe, mais répond seulement à la bandelette olfactive. La zone bulbaire et la

zone rétro-bulbaire des gouttières sont séparées l’une de l’autre par un léger relief à concavité antérieure, qui est augmenté, à l’état frais, par un revêtement dure-mérien (Trolard).

Les trous que nous venons de décrire livrent passage aux divisions du nerf olfactif [trous olfactifs de quelques auteurs), aux ramifications des artères ethmoïdales et à de minces prolongements de la dure-mère. Les deux qui occupent l’extrémité antérieure de la série ont, toutefois, une attribution différente et, de ce fait, méritent une mention spéciale. Ces deux trous se distinguent en interne et externe. — V interne (fig. 131,4), immédiatement appliqué contre la partie antérieure de l’apophyse crista galli, revêt la forme d’une fente fort étroite à direction antéro-postérieure : c’est la feyite ethmoïdale. Il est comblé, comme l’a démontré Trolard, par un prolongement de la dare-mère, lequel prolongement se confond, au-dessous du trou, avec la pituitaire. — Vexterne (fig. 131,5), que nous désignerons sous le nom de trou ethmoïdal antérieur, est situé en dehors du précédent. Arrondi ou ovalaire, il livre passage au nerf nasal interne [filet ethmoïdal du rameau nasal de la branche ophthalmique) et à l’artère qui l’accompagne. Ce dernier trou est presque toujours (29 fois sur 33 sujets d’après Stieda) relié au conduit orbitaire interne antérieur par un petit sillon oblique, le sillon ethmoïdal (fig. 131,6), où se logent l’artère et le nerf précités.

Fig. l.Al.

Lame criblée de l’eLlimoide, vue par sa surface endocranienne.

1, trou borgne. — 2, apophyse crisla galli.

— 3, lame criblée. — 4, fente elhraoïdale. — 5, trou ethmoïdal antérieur. — ti, gouttière etlimoïdale. — 7, tracé pointillé du conduit orbitaire interne antérieur. — 8, sillon de l artcre méningée antérieure. — 9, sphénoïde.

— iû, bosses orbitaires du frontal.

3° Masses latérales. — Aux bords latéraux de la lame criblée sont suspendues les masses latérales (fig. 130,3). Chacune d’elles est située en dehors de la ligne médiane, entre la fosse nasale, qui est en dedans, et l’orbite, qui est en dehors. Du reste, elle affecte la forme d’un cube aplati dans le sens transversal, et nous présente en conséquence six faces, que l’on distingue en externe, interne, supérieure, inférieure, antérieure et postérieure :

a. Face externe. — La face externe (fig, 132), plane et lisse, fait partie de l’orbite : elle porte le nom de lame papyracée ou d’os planum de l’ethmoïde. Elle s’articule en haut avec le frontal, en bas avec le maxillaire supérieur, en avant avec l’os

os DU CRANE

Fi^. 132.

Éthmoïde, vu par sa face latérale gauche.

1, apophyse crisla galli. — 2, face externe {os planum) des niasses latérales. — 3, face antérieure dos masses latérales. — 4, apophyse uncifornie. — 5, gouttière des conduits orbitaires inleimes. — — 7, cellules elhmoïdales postérieures.

ungais, en arrière avec le sphénoïde et le palatin. Chez la plupart des carnivores et même chez quelques primates (Pozzi), l’ethmoïde ne participe pas à la formation de l’orbite : il est tout entier compris entre le frontal et les palatins unis ensemble, en sorte que l’os planum n’existe pas.

b. Face inlerne. — La face interne constitue la plus grande partie de la paroi externe des fosses nasales. De cette face se détachent deux lames fort minces, qui se portent ensuite en bas et en dedans , en s’enroulant plus ou moins sur elles-mêmes (fig. 130,

136) : on les désigne sous le* nom de cornets.

De ces deux lames , l’une est supérieure , c’est le cornet supérieur ou cornet de Morgagni] l’autre est inférieure, c’est le cornet moyen. Le cornet supérieur est beaucoup plus petit que le cornet moyen ; de plus, il n’occupe que la partie postérieure de la face interne de l’ethmoïde, de telle sorte que, pour bien le voir, il faut examiner l’os par sa face postérieure (fig. 136, 2). En avant de lui, se trouve une surface plane, creusée de sillons pour le passage des nerfs olfactifs et des vaisseaux qui les accompagnent.

Chacun des deux cornets précités intercepte, entre sa face externe ou concave et la face de l’ethmoïde dont il s’est détaché, un espace qui porte le nom de méat : entre le cornet supérieur et la face interne de l’ethmoïde existe le méat supérieur ■ entre le cornet moyen et cette même face de l’ethmoïde se trouve le méat moyen.

A la partie supérieure du méat supérieur, se voient une ou plusieurs ouvertures qui communiquent avec le groupe des cellules ethmoïdales postérieures. Dans le méat moyen viennent s’ouvrir, 'de même, les cellules ethmoïdales antérieures et les sinus frontaux : les sinus frontaux débouchent à la partie antérieure et supérieure du méat moyen par l’intermédiaire de Y infundihulum , que nous allons décrire dans un instant, en étudiant la face supérieure des masses latérales ; quant aux cellules ethmoïdales antérieures, elles aboutissent à un orifice spécial qui est placé un peu en arrière de l’orifice de rinfundibulum.

C'. Face supérieure . — Située à peu près sur le même niveau que la lame criblée et en dehors d’elle, la face supérieure des masses latérales (fig. 133) nous présente , dans toute son étendue, des demi - cellules fort irrrégulières, que complètent, sur le crâne articulé, les demi-cellules correspondantes du frontal. Nous y voyons, en outre, deux gouttières transversales, qui, en se réunissant avec deux gouttières analogues placées de chaque côté de l’échancrure

Fig. 133.

Ethmoïde, vu d’en haut.

1, apophyse crista galli. — 2, lame criblée, avec 2', fente ethmoïdale . — 3, 4, gouttières transvei-sales, qui s’unissent avec des gouttières correspondantes du frontal pour former les conduits orbitaires inteimes. — 5, cellules ethmoïdales. — 6, os planum. — 7, infundibulum. — 8, bord antérieur et 9, bord postérieur de la lame perpendiculaire.

OSTÉOLOGiE

ethmoïdale du frontal, constituent deux canaux, que nous avons déjà signalés (p. 125), en étudiant ce dernier os : ce sont les deux conduits ethmoïdaux ou conduits orbitaires internes, que l’on distingue en antérieur et postérieur.

Parmi les cellules que nous présente cette face, il en en est une qui est cons- S tante par sa forme et par sa situation : elle est

placée tout à fait à la partie antérieure de l’os (fig. 133,7), de chaque côté de l’apophyse crista gain, dont elle reste séparée cependant par une portion de la lame criblée. Fort large à son ouverture supérieure, elle affecte ainsi la forme d’un entonnoir, d’oü le nom àHnfimdibuluîn qui lui a été donné. L’infundibulum, sur le crâne articulé, est coiffé en haut par rouverture du sinus frontal, qu’il continue; il s’ouvre, en bas, dans le méat moyen par un orifice arrondi ou ovalaire, auquel fait suite une gouttière obliquement dirigée en bas et en arrière, la gouttière de Vinfundibulum (voy. Organes des sens).

d. Face inférieure . — La face inférieure (fig. 134) nous présente successivement, en allant de dedans en dehors : 1° le bord inférieur du cornet moyen ; 2° le méat moyen ; 3° une surface rugueuse , a,ppartenant plus spécialement aux masses latérales, qui s’articule avec le maxillaire supérieur. On remarque, enfin, sur cette face, une lamelle osseuse, fort mince (fig. 134,5), qui se détache de la partie antérieure du méat moyen et, de là, se porte d’avant en arrière, en longeant le méat ; c’est V apophyse unci-

Fig. 134.

Ethmoïde, vu d’en bas.

1, lame perpendiculaire de l'ellimoïde. — 2, gouttières latérales, présenlant dans le fond les trous de la lame criblée. — 3, cornet moyen. — 4, méat moyen. — 5, apophyse unciforme.

Fig. 133.

Ethmoïde, vu par sa face antérieure.

1, apophyse crista galli. — 2, face supérieure des masses latérales. — 3, 5, 6, leur face postérieure, avec les orifices de cellules etlimoïdales. — 4, leur face interne, faisant partie des fosses nasales. — 7, apophyse unciforme.

Fig. 136.

Etinoïde, vu par sa face postérieure.

1, lame perpendiculaire. — 2, cornet supérieur, audessous duijuel se voit le méat supérieur. — 3, cornet moyen, au-dessous dufjuel est creusé le méat moyen. — 4, apophyse unciforme. — 5, surface articulaire rugueuse, pour s’articuler ayec le sphénoïde.

forme, dont l’extrémité inférieure, plus ou moins recourbée en dehors, descend jusqu’au cornet inférieur et s’articule avec l’apophyse ethmoïdale de ce dernier.

os DU CRANE

L’apophyse unciforme croise en diagonale l’ouverture du sinus maxillaire et la rétrécit naturellement de toute sa largeur (voy. t. Il, Fosses nasales).

e. Face antérieure . — La face antérieure (fig. 135) présente des cavités ou demicellules, qui sont complétées en avant par l’os unguis. L’apophyse unciforme, ci-dessus décrite, se détache du point où cette face rencontre la face précédente.

f. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 136), de forme quadrilatère, inégale, rugueuse par places, s’articule à la fois avec le corps du sphénoïde et avec l’apophyse orbitaire du palatin. Ici encore, nous rencontrons une ou deux demicellules, qui, sur le crâne articulé, sont complétées parles cellules correspondantes de l’ethmoïde.

4° Conformation intérieure, cellules ethmoïdales. — L’ethmoïde est presque entièrement formé de tissu compacte. A peine trouve-t-on des traces de tissu spongieux dans l’apophyse crista galli, à la partie supérieure et à la partie inférieure de la lame perpendiculaire.

Le tissu osseux revêt dans l’ethmoïde, et tout particulièrement dans ses masses latérales, la forme de lames et de lamelles à la fois très minces et très fragiles, se réunissant les unes aux autres de la façon la plus irrégulière et circonscrivant ainsi un système de cavités plus ou moins anfractueuses, connues sous le nom de cellules ethmoïdales. De ces cellules, les unes, cellules ethmoïdales proprement dites, sont formées exclusivement par l’ethmoïde : elles occupent les parties centrales de l’os. Les autres, disposées à la périphérie des masses latérales, sont constituées à la fois par l’ethmoïde et par les os qui s’articulent avec lui, le frontal, le maxillaire supérieur, le sphénoïde et le palatin : de là des cellules ethmoïdomaxillaires, des cellules ethmoïdo- frontales, des cellules ethmoïdo-palatines, etc.

Les cellules ethmoïdales, malgré l’irrégularité de leur forme et leur disposition, forment deux groupes parfaitement distincts l’un de l’autre, un groupe antérieur et un groupe postérieur : le groupe antérieur s’ouvre un peu en arrière de rinfundihulum, dans le méat moyen des fosses nasales ; le groupe postérieur s’ouvre dans le méat supérieur. Nous voyons donc que, comme le sinus frontal, les cellules ethmoïdales ne sont, elles aussi, que de simples diverticulums des fosses nasales. Du reste, elles sont tapissées, à l’état frais, par un prolongement de la muqueuse pituitaire.

Connexions. — L’ethmoïde s’articule avec onze os : en haut, avec le frontal ; en arrière, avec le sphénoïde; en arrière et en bas, avec les palatins ; en avant, avec les os propres du nez ; en dehors, avec les maxillaires supérieurs et les unguis; enfin, en bas, sur la ligne médiane, avec le vomer. De ces onze os, les deux premiers appartiennent au crâne ; tous les autres sont des os de la face.

Développement . — L’ethmoïde se développe par quatre centres d’ossification : deux latéraux , pour les masses latérales deux médians, pour les autres portions (fig. 137).

a. Centres d’ossification latéraux. — Les points d’ossification latéraux apparaissent, vers le quatrième mois de la vie intra-utérine, dans les masses latérales sous forme de trabécules verticales ou obliques, qui, en se réunissant un peu plus tai-d , constitueront des cellules ethmoïdales et les cornets. Ces dernières pièces sont complètement ossifiées à la naissance. A ce moment, les deux masses latérales se trouvent unies l’une à l’autre par une

Ossification de l’elhmoïde (imité de Rambaud et Renault).

A, l’ettimoïde, vu de face. — B, lame perpendiculaire et apophyse crista galli, vues du côté gauche (la masse latérale gauche a été réséquée.

1. lame perpendiculaire cartilagineuse. — 2, apophyse crista galli cartilagineuse. — 2’, lame ühreuse, recouvrant l’apophyse crista galli et rattachant la masse latérale droite à la gauclie. — 3, masses latérales ossifiées. — 4, V les cinq points primitifs fie la hase de l’apophyse crista galli. — 5, point complémentaii'e pour le sommet de cette apophyse. — 6, vomer non ossifié.

OSTEOLOGIE

lame Hbreiise (fig. 137, A. 2’). qui passe, à la manière d’un capuchon, au-dessus de l’apophyse crista galii, encore cartilagineuse.

b. Centres d’ossification médians. — Les centres d’ossification médians ne se montrent qu’après la naissance, vers la lin de la première année. — On observe à cette époque, à la base de l’apophyse crista galli et de chaque côté de la ligne médiane, une série de granules osseux (cinq de chaque côté), ayant chacun un demi-millimètre de diamètre environ. C’est par l'extension graduelle de ces divers points d'ossilication ([ue se forment successivement l’apophyse crista galli, la lame criblée et la lame perpendiculaire, laquelle s'ossifie ainsi de haut en bas. Nous devons noter, cependant, l’apparition de deux points complémentaires, l’un pour le sommet de l'apophyse crista galli, l'autre pour le bord externe de la fente ethmo'idale.

L’ossification de l’ethmo'ide est généralement complète dans la cinquième ou sixième année. A vingt-cinq ans, la lame perpendiculaire est articulée, mais non soudée avec le bord correspondant du vomer. Cette soudure, qui est constante dans la vieillesse, s’effectue de quarante à quarante-cinq ans.

■Variétés. — Le bord antérieur de l’apopbyse crista galli présente fréquemment deux petites ailes [processus alares de Hyrtl), qui se dirigent vers les fossettes creusées à la partie inférieure de la crête frontale et qui contribuent ainsi à former le trou borgne. — L’inclinaison latérale de l'apophyse crista galli n’est pas rare ; une pareille déviation peut diminuer, on le conçoit, l’une des gouttières ethmo'idales au profit de l'autre. — De l’angle antéro-inférieur de l’os planum se détache souvent une petite lamelle recourbée en forme de crochet: c’est la. petite apophyse unciforme de l'ethmdide, bien décrite par M. J. Weber et destinée à s’articuler avec l'unguis. — Deux ou trois fois sur cent (Meyer, Arch. f. physiol. Heilkunde, 1849), l’angle antérieur et supérieur de la lame perpendiculaire est réuni aux os propres du nez par une lamelle osseuse surnuméraire (ossa internasalia) . On a vu l’os planum divisé en deux parties, une postérieure plus grande, une antérieure plus petite ; cette dernière correspond (W. Kr.yuse) à l’os lacrymal postérieur des mammifères. — On rencontre parfois, au-dessus du cornet supérieur (regarder l’os par sa face postérieure, si on veut bien le constater), un petit cornet surnuméraire ou cornet de Santorini, que Voltolini a pu voir même sur le vivant [Die Rhinoscopie und Pharynyoscopie, 1879, p. 70). Le cornet de Santorini, qui porte à trois le nombre des cornets ethmoidaux et à quatre le nombre total des cornets des fosses nasales, existe normalement chez un grand nombre de mammifères (W. Kr.yuse) ; il existerait également chez les nègres (Uyrïl).

§ 111 . — Sphénoïde

Ainsi nommé du mot grec qui signifie coùi (parce qu’il est enclavé à la

manière d’un coin au milieu des os du crâne), le sphénoïde est un os impair, médian, symétrique, occupant la partie antérieure et moyenne de la base du crâne. Il est situé entre l’ethmoïde et le frontal, qui sont en avant, et l’occipital qui est en arrière. Soemmering et, après lui, Meckel l’ont réuni dans leur description à l’occipital sous le nom d’os basilaire ou os sphéno-occipital. Cette conception, justifiée en apparence par la soudure précoce des deux os, est en opposition formelle avec nos connaissances actuelles sur la constitution générale du crâne, l’occipital et le sphénoïde appartenant l’un et l’autre à des vertèbres crâniennes différentes.

Le sphénoïde nous apparaît, au premier abord, sous la forme d’un os très complexe. Il est facile, pourtant, de le simplifier par une division méthodique. — Mettons-le en position et considérons-le par son plan postérieur : nous constatons tout d’abord la présence, sur sa face postérieure, de deux lames triangulaires, qui s’en écartent en se dirigeant en dehors : ce sont petites ailes du sphénoïde. — De chaque côté, nous voyons, s’écartant également de l’os, deux autres prolongements en forme de demi-lune et beaucoup plus considérables que les précédents : ce sont les ailes du sphénoïde. — Enfin, à la partie inférieure de l’os,

nous rencontrons encore deux prolongements, dirigés cette fois verticalement de haut en bas : ce sont les a/pophyses ptérygoïdes. — Ceci posé, enlevons par un trait de scie ou seulement par la pensée ces six prolongements : il nous restera la masse

os DU CRANE

centrale de l’os, espèce de cube un peu allongé dans le sens antéro-postérieur ; c’est le corps du sphénoïde.

Au total, le sphénoïde se compose essentiellement : 1° d’un corps, ayant une forme cuboïde ; 2° de deux petites ailes, annexées à la face supérieure du corps ; 3° de deux grandes ailes, annexées à ses faces latérales; 4'^ de deux apophyses plérygoîdes, annexées à sa face inférieure.

Nous décrirons séparément chacun de ces éléments, en commençant par le corps de l’os :

1° Corps. — Le corps du sphénoïde affecte, avons-nous dit, une forme cuboïde. Il nous offre à considérer par conséquent six faces, que l’on distingue, d’après leur situation, en supérieure, inférieure, antérieure, postérieure et latérales :

a. Face supérieure. — La face supérieure (fig. 139) nous présente, en allant d’avant en arrière : 1® une surface quadrilatère, creusée, de chaque côté de la ligne médiane, de deux gouttières antéropostérieures peu profondes : ce sont les gouttières olfactives, lesquelles se continuent, en avant, avec les gouttières ethmoïdales ; 2'* une gouttière transversale, la gouttière optique , qui aboutit par ses extrémités aux trous optiques ; 3*^ une excavation profonde, la fosse pituitaire ou selle turcique , ainsi appelée parce qu’on l’a comparée à une selle de cavalier {ephippium) ; la selle turcique loge le corps pituitaire.

En avant, la selle turcique est limitée par une saillie mamelonnée, le tubercule pituitaire, qui la sépare de la gouttière optique. En arrière, elle est fermée par une lamelle osseuse, qui, en raison de sa forme, a reçu le nom de lame quadrilatère du sphénoïde. Cette lame osseuse, qui la sépare de l’occipital, nous présente sur ses deux bords latéraux deux petites échancrures, l’une supérieure pour le passage du nerf moteur oculaire commun, l’autre inférieure pour le passage du nerf moteur oculaire externe.

La selle turcique est, en outre, limitée à ses quatre angles par quatre saillies (fig. 139), qui sont connues sous le nom à' apophyses clinoïdes (de vXvrf\; lit et slSoç, forme). On les distingue en antérieures et postérieures : les deux antérieures font partie des petites ailes et sont placées en arrière des trous optiques ; les deux postérieures ne sont autre chose que les angles libres de la lame quadrilatère cidessus indiquée. Enfin, de chaque côté de la selle turcique, entre l’apophyse clinoïde antérieure et l’apophyse clinoïde postérieure, existe quelquefois une saillie intermédiaire ; c’est l’apophyse clinoïde moyenne, réduite le plus souvent à un simple tubercule mais pouvant, dans certains cas, s’élever jusqu’aux apophyses clinoïdes, soit antérieures, soit postérieures.

b. Face inférieure. — La face inférieure (fig. 140) nous présente tout d’abord

Fig.. 138.

Coupe frontale du sphénoïde passant par la selle turcique, pour montrer les connexions de ce dernier os avec le palatin et le vonier (demi-schématique).

1, sinus sphénoïdaux. — 2, crête inférieure du sphénoïde reçue dans la gouttière supérieure du vomer. — • 3, apoph;|se sphénoïdale du palatin fermant en bas et en dedans le canal ptérygo-.palatin. — 4, trou vidien . — 5, trou grand rond. — 6, grande aile du sphénoïde. — 7, petite aile. — 8, apophyse ptérygoïde. — 0, palatin, avec une teinte rose pour sa portion horizontale et une teinte rouçje pour sa portion verticale. — 10, cornet inférieur [en bleu). — 11, vomer (en bleu).'

OSTEOLOGIE

une crête médiane, la crête inférieure du sphénoïde, qui, sur le crâne articulé, est reçue dans la gouttière du vomer. Cette crête forme en avant, en se réunissant avec la crête de la face antérieure, une saillie en forme d’éperon, c’est le bec ou roslruni du sphénoïde (fig. 141, 4).

De chaque côté de cette crête médiane, se trouve un premier sillon, où vient se loger le bord aminci de la base du vomer.

Fig. 139.

Sphénoïde, vue supérieure.

Sphénoïde, vue inférieure.

1, corps, lamelle horizontale s’articulant avec l’ethmoïde. — 2, petites ailes, avec 2’, apophyses clinoïdes antérieures. — 3, fente sphénoïdale. — 4, bec ou roslruni. — 5, sinus sphénoïdal. — 6, apophyse ptérygoïde, avec : 7, son aile externe ; 7’, la fosse ptérygoïde; 8, son .aile interne, se terminant par un crochet 8’. — 9, intervalle compris entre les deux ailes et comblé par le palatin. — 10, épine du sphénoïde. — 11, face interne des grandes ailes. — 12, surface rugueuse, s’articulant avec le frontal. — 13, face externe des grandes ailes. — 14, trou optique. — 15, trou grand rond.

Plus en ‘dehors et tout près des apophyses ptérygo’ides, existe un deuxième sillon, que la juxtaposition de l’apophyse sphénoi'dale du palatin (fig. 138, 3j transforme en un conduit, le conduit ptéry go-palatin, pour le passage de l’artère ptérygo-palatine et du nert pharyngien de Bock.

c. Face antérieure. — La face antérieure du corps du sphéno'ide (fig. 141) répond, sur le crâne articulé, à la partie postérieure de l’ethmoi'de.

Nous y voyons, sur la ligne médiane et en allant du haut en bas : une lamelle horizontale, mince et quadrilatère, destinée à s’articuler avec la lame criblée de l’ethmoïde; au-dessous d’elle, une crête verticale, également rugueuse, articulée avec le bord postérieur de la lame perpendiculaire de ce dernier os. Cette crête,

os DU CRANE

crête antérieure du sphénoïde, s’unit en bas, comme nous venons de le voir, avec la crête de la face inférieure pour former le bec.

Sur les cotés de la crête médiane nous rencontrons successivement en allant de dedans en dehors : 1° une gouttière verticale qui, sur un crâne non désarticulé, forme la partie postérieure de la voûte des fosses nasales ; 2° un orifice, à contours

Sphénoïde, vue antérieure.

Fig. 142.

Sphénoïde, vue postérieure.

16, canal vidieii. — 17, Irou petit rond. — 18, trou ovale. — 19, crête inférieure, avec 19’, gouttière ptérygo-palatine.

— 20, lame quadrilatère, au-dessous de laquelle se voit (fig. 142) le trait de scie qui sépare le sphénoïde de f occipital. — 21, bord supérieur de la lame quadrilatère, avec 21’, apophyse clinoïde postérieure. — 22, gouttière caverneuse. — 23, gouttière précédant le trou grand rond. — 24, face interne des grandes ailes. — 2o, bord externe des grandes ailes,

— 26, selle lurcique, avec 26’, apophyse clinoïde moyenne. — 27, extrémité supérieure de la gouttière caverneuse. — 28, tubercule pituitaire. — 29, gouttière optique. — 30, lingula de Meckel.

fort irréguliers, représentant l’entrée des sinus sphénoïdaux ; 3° enfin, une surface rugueuse, destinée à s’articuler avec les masses latérales de l’ethmoïde.

d. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 142) présente une surface quadrilatère rugueuse, destinée à s’articuler avec l’occipital. Elle se soude de très bonne heure avec ce dernier os, de telle sorte que, sur la plupart des os préparés pour l’étude, cette face est formée artificiellement par un trait de scie.

e. Faces latérales. — Les faces latérales du corps du sphénoïde servent de surface d’implantation aux grandes ailes, qui les masquent presque en totalité. De chaque

OSTÉOLOGIE

coté, elles sont séparées de la selle turcique par une gouttière toujours très marquée, la gouttière caverneuse (fig. 142, 22). Cette gouttière, qui fait suite au canal carotidien du rocher, est d’abord ascendante. Puis, s’infléchissant en avant, elle suit quelque temps une direction horizontale et se redresse de nouveau, à son extrémité antérieure, pour gagner le côté interne de l’apophyse clinoïde antérieure. La gouttière caverneuse décrit donc successivement deux courbes, qui regardent en sens opposé et, de ce fait, revet dans son ensemble la forme d’un S italique. Elle loge, à l’état frais, le sinus caverneux, d’où son nom, l’artère carotide interne et un certain nombre de nerfs destinés à l’orbite.

2° Petites ailes ou apophyses dlngrassias. — Annexées à la face supérieure du corps du sphénoïde, les petites ailes, encore appelées apophyses d'Ingrassias, affectent la, forme d’un triangle à base dirigée en dedans. Aplaties de haut en bas, elles nous offrent à considérer ; 1° deux faces, l’une supérieure, l’autre inférieure; 2° deux bords, que l’on distingue en antérieur et postérieur ; 3® un sommet; 4® une base.

a) La face supérieure , plane et assez régulièrement unie, répond au lobe orbitaire et, pour spécifier, à la base des deux circonvolutions olfactives.

P) La face inférieure, également plane, répond à la voûte orbitaire, dont elle constitue la partie la plus reculée.

y) Le bord antérieur, finement dentelé, taillé en biseau aux dépens de la face inférieure, s’articule avec le bord postérieur du frontal et de la lame criblée de l’etbmoïde .

S) Le bord postérieur, légèrement concave et tranchant en dehors, est mousse en dedans, où il se termine par une saillie anguleuse que nous avons déjà vue, Vapophyse clinoïde antérieure.

£) Le sommet des petites ailes s’effile en une pointe très aiguë, connue sous le nom apophyse ensiforme ou xiphoïde.

t) La base, soudée au corps du sphénoïde, est percée d’un trou, le trou optique ou canal optique, lequel livre passage au nerf optique et à l’artère ophthalmique. En arrière de ce trou et immédiatement en dedans de l’apophyse clinoïde antérieure, se trouve une échancrure pour le passage de la carotide interne ; un petit pont osseux, jeté entre fapophyse clinoïde antérieure et la moyenne, transformée quelquefois cette échancrure en un orifice complet (fig. 143, 20).

3® Grandes ailes. — Les grandes ailes se détachent, comme nous l’avons dit plus haut, de la face latérale du corps du sphénoïde. Leur coupe horizontale, pratiquée au niveau de la réunion du tiers supérieur avec le tiers moyen, affecte la forme d’une étoile à trois rayons (fig. 143). Aussi décrirons-nous à chacune des grandes ailes trois faces et trois bords.

A. Faces. — Les trois faces se distinguent, d’après leur orientation, en postérieure, antérieure et externe :

a. Face postérieure. — La face postérieure ou cérébrale est fortement concave. Elle présente des impressions digitales et des éminences mamillaires, en rapport avec les irrégularités du lobe sphénoïdal du cerveau.

b. Face antérieure. — La face antérieure ou orbitaire, quadrilatère et assez régulièrement plane, fait partie de la paroi externe de l’orbite.

c. Face externe. — La face externe, convexe de haut en bas, mais concave d'avant en arrière, est divisée en arrière par une crête antéro-postérieure, la crête sphéno-temporale , -en deux portions : l’une, supérieure, qui appartient à la fosse

os DU CRANE

temporale et qui donne insertion au muscle temporal; l’autre, inférieure, qui appartient à la fosse zygomatique et sur laquelle vient s’insérer le faisceau supérieur du muscle ptérygoïdien externe.

B. Bords. — Le nom des faces commande le nom des bords. Les trois bords de la grande aile du sphénoïde se distinguent en antérieur^ externe et interne :

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur (fig. 144), fort mince et très irrégulièrement dentelé, s’articule avec l’os malaire ; il est vertical.

b. Bord externe. — Le bord externe (fig. 144) est concave et taillé en biseau, en

1, corps. — 2, lame quadrilatère. — 3, selle turcique. — 4, trou optique. — 3, coupe des petites ailes. — 6, trou grand rond. — 7, trou ovale. — 8, trou petit rond ou sphéno-épineux. — 9, surface de section des grandes ailes, avec : 10, leur face interne ou orbitaire ; 11, leur face externe ou temporale ; 12, leur bord externe ; 13, leur face postérieui’e ou cérébrale. — 14. épine du sphénoïde. — 13, lingula de Mecrel. — 16, gouttière caverneuse. — 17, trou de Vésale. — 18, canal innominé d’ARNOLo. — 19, pont osseux reliant les apophyses clinoïdes antérieure et postérieure. — 20, autre pont osseux reliant l’apophyse clinoïde moyenne à l’apophyse clinoïde antérieure et limitant en arrière et en dehors un orifice qui livre passage à la carotide interne. — 21, orifice incomplet pour la même artère.

a, artère carotide interne. — è, artère ophthalmique et nerf optique. — c, nerf maxillaire supérieur. — d. nerf maxillaii’e inférieur et vaisseaux petits méningés. — e, vaisseaux méningés moyens. — /, veine émissaire du trou de Vésale. — y, nerf petit pétreux superficiel. — /i, nerf lacrymal. — f, nerf frontal. — k, nerf pathétique. — Z, veine ophthalmique, — nerf moteur oculaire externe. — n, nerf moteur oculaire commun.

Sphénoïde, coupe horizontale des grandes ailes, pour bien montrer la situation respective

de leurs faces et de leurs bords.

arrière aux dépens de la table interne, en avant aux dépens de la table externe ; il s’articule avec la portion écailleuse du temporal.

c. Bord interne. — Le bord interne (fig. 143) est fortement convexe. Mince et tranchant à sa partie antérieure, il se soude au corps du sphénoïde par sa partie moyenne et s’épaissit à sa partie postérieure, laquelle s’articule avec le bord antérieur du rocher.

Le long de ce bord, et en allant d’avant en arrière, nous rencontrons quatre orifices importants, savoir : 1° la fente sphénoïdale (fig. 130, 3), comprise entre ce bord et la face inférieure des petites ailes; large en dedans, étroite en dehors, elle livre passage aux nerfs de la troisième et de la quatrième paires, à la branche ophthalmique du trijumeau, à la sixième paire, à la veine ophthalmique, à une artériole, branche de la méningée moyenne, qui, lorsqu’elle ne suit pas cette voie, se creuse dans le voisinage, un petit orifice particulier ; 2” un trou circulaire, le trou grand rond (fig. 143, 6), par lequel passe le nerf maxillaire supérieur ou deuxième branche du trijumeau ; 3° un trou ovalaire, beaucoup plus grand que le précédent, le trou ovale (7), qui laisse passer le nerf maxillaire inférieur ou troisième branche

OSTEOLOGIE

du trijumeau, accompagné de l’artère petite méningée ; 4"" un quatrième trou, situé en arrière et un peu en dehors du trou ovale, le trou petit rond ou sphénoépineux (8), par lequel l’artère méningée moyenne pénètre dans le crâne. On trouve quelquefois, un peu en dedans du trou petit rond, un tout petit orifice, le canaliculus innominatus à'Kmoxx (fig. 143, 18), pour le petit nerf pétreux superficiel, branche du facial. De même, en dedans et un peu en avant du trou ovale, existe assez fréquemment un petit orifice qui s’ouvre d’autre part à la base du crâne, c’est le trou de Vésale (fig. 133, 17) : il livre passage à une veine émissaire qui fait communiquer la circulation intracrânienne avec le plexus veineux

ptérygoïdien.

Les quatre orifices que nous venons de signaler se disposent à la suite les uns des autres suivant une ligne courbe dont la concavité est dirigée en dehors. Le trou grand rond n’est séparé de la fente sphénoïdale que par un espace de 1 à 3 millimètres. Le trou ovale est placé à 1 centimètre environ en arrière du trou grand rond. Une distance de 3 ou 4 millimètres sépare le trou petit rond du trou ovale.

Le bord interne et le bord externe des grandes ailes du sphénoïde se rencontrent à l’une et à l’autre de leurs deux extrémités. — En arrière, ils se terminent en formant une apophyse descendante généralement très développée : c’est X épine du sphénoïde (fig. 143, 14), à laquelle viennent s’attacher le ligament sphéno-maxillaire et le muscle du marteau. — En avant, leur point de jonction est marqué par une surface rugueuse de forme triangulaire (fig. 140, 12), à laquelle aboutit encore le bord antérieur de la grande aile. Cette surface rugueuse s’articule avec une surface semblable que nous avons déjà vue sur le frontal ('p. 127), à la rencontre des trois bords de ce dernier os.

(LDevr.

Fig. 144.

Sphénoïde, vue latérale.

1, selle turciijue. — 2, apophyse clinoïde aiilérieure. — .1, apophyse clinoïde postérieure. — 4, face externe des grandes ailes. — 5, apophyse j)térygoïde, avec 6, le crochet de son aile interne. — 7, canal vidien . — 1\ trou optique. — 8, ci’ète si)héno-teniporale, séparant la fosse temporale de la fosse zygomatique. — 9, bord externe des grandes ailes. — lU, partie supérieure de leur boi’d interne. — H, surface rugueuse s’articulant avec le frontal. — 12, bord anterieur. — 13, épine de Civinini,

4^ Apophyses ptérygoïdes. — Les apophyses ptérygoïdes (de r.zirjul, aile et s’îoo;, forme) sont deux colonnettes osseuses, situées à la partie inférieure de l’os. Dirigées verticalement de haut en bas, de forme quadrilatère quand on les examine sur une coupe transversale passant par la partie moyenne, elles nous offrent à considérer les éléments suivants : U une extrémité supérieure ou base; 2° une extrémité inférieure ou sommet ; 3"^ quatre faces.

a. Base. — La base, relativement large, s’implante à la fois sur la face supérieure du corps du sphénoïde et sur le bord interne des grandes ailes. Cette base est traversée d’arrière en avant par un canal rectiligne et à peu près horizontal, toujours très visible sur l’os séparé : c’est le canal vidien (fig. 142, 16), lequel livre passage au nerf vidien et à l’artère vidienne.

os DU CRANE

b. Sommet. — Le sommet, profondément bifurqué (üg. 142;, est formé par deux lames osseuses, l’une interne, l’autre externe, que l’on désigne sous le nom A' aile interne et d'aile externe (fig. 142, 7 et 8). La première, la plus étroite des deux, se termine par un crochet, qui se dirige en arrière et en dehors et sur lequel glisse le tendon du muscle péri-staphylin externe. L’aile externe, plus étalée et plus large, s’incline légèrement en dehors. Entre les deux ailes existe un espace libre, de forme triangulaire, que vient combler, sur le crâne articulé, Y apophyse pyramidale du palatin (voy. Palatin).

c. Faces. — Les quatre faces de l’apophyse ptérygoïde se distinguent, d’après leur situation, en interne, externe, antérieure et postérieure.

a) La face interne, étroite et plane, contribue à former la paroi externe des fosses nasales ; ,

P) La face externe, large et recouverte d’aspérités, constitue la paroi interne de la fosse zygomatique ; elle donne insertion au faisceau inférieur du muscle ptérygoïdien externe ;

y) La face antérieure, lisse à sa partie supérieure, où elle fait partie de la fosse ptérygo- maxillaire, est fortement rugueuse à sa partie inférieure pour s’articuler avec le palatin ;

La face postérieure, la plus importante de toutes, est creusée d’une excavation profonde, la fosse ptérygoïde, dans laquelle vient s’insérer le muscle ptérygoïdien interne.

A la partie supérieure et interne de cette fosse, se trouve une petite dépression ovalaire : c’est la fossette scaphoïde , destinée à l’insertion supérieure du muscle péristaphylin externe. Immédiatement au-dessous de la fossette scaphoïde, se voit, sur la plupart des sujets, une petite lamelle osseuse en forme d’épine, dont la base fait corps avec l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, et dont le sommet se dirige en arrière. Le bord supérieur de cette lamelle osseuse délimite une échancrure demi-circulaire, dans laquelle se loge la trompe d’Eustache (tuba) et que nous appellerons, pour cette raison, V échancrure tubaire du sphénoïde. En face de l’épine tubaire, mais en dehors d’elle, sur l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde, se trouve une épine analogue: c’est l’épme de très visible sur la figure 144, 13; elle donne

attache à une lame fibreuse, le ligament ytéry go-épineux de Civinixi, qui vient s’insérer d’autre part sur l’épine du sphénoïde.

Fig. 145.

La base de l'apophyse ptérygo'ide ou postérieure.

1, corps do l’os, avec 1’ roslrum. — 2, apophyse plérygoïde droite. — H, fosse plérygoïde. — 4, fossette scaphoïde, — 5, échancrure tubaire. — G, épine tubaire. — 7, épine de Civini. — 8, trou vidien. — 9, conduit ptérygo-palatin. — 10, gouttière caverneuse, avec 10’ la carotide interne. — 11, petite aile. — 12, grande aile. — 13, fente sphénoïdale. — 14, trou grand rond, avec le nerf maxillaire supérieur. — lîi, trou ovale, avec le nerf maxillaire inférieur. — 16, Irou petit rond, avec l'artère méningée moyenne. — 17, trijumeau, avec le ganglion de Casser. '

5° Conformation intérieure, sinus sphénoïdaux. — Gomme l’ethmoïde, le sphénoïde est presque entièrement constitué par du tissu compacte. On trouve, cependant, des traces de tissu spongieux à la partie postérieure du corps, à la base des

apophyses ptérygoïdes, sur les portions les plus épaisses des grandes ailes et sur le bord postérieur des petites.

Les sinus sphénoïdaux au nombre de deux, Eun droit, l’autre gauche, sont deux vastes cavités creusées dans le corps du sphénoïde, au-dessous de la selle turcique et de la gouttière optique (fig. 141, o). Une cloison médiane, le plus souvent déjetée à droite ou à gauche, les sépare l’un de l’autre et les rend ainsi indépendants. Il n’est pas rare de voir d’autres cloisons plus minces surgir des parois des sinus et les subdiviser ainsi en des cavités secondaires [cellules sphénoïdales) plus ou moins nombreuses, mais toujours irrégulières. Les sinus sphénoïdaux viennent s’ouvrir dans le méat supérieur des fosses nasales (voy. t. Il, Sens de Vol faction). Comme les sinus frontaux, avec lesquels ils présentent la plus grande analogie, ils sont tapissés à l’état Irais par un prolongement de la muqueuse nasale.

Dans le jeune âge, l’origine d’entrée des sinus sphénoïdaux se trouve rétréci par une lamelle osseuse fort mince, de forme triangulaire, ^qui se détache du bord inférieur de cet orifice. A l’état d’isolement, cette lame osseuse est connue sous le nom de cornet de Bertin. Elle se soude vers la deuxième année avec le corps du sphénoïde, exceptionnellement avec l’ethmoïde ou le palatin.

Connexions. — Le sphénoïde s’articule, tout d’abord, avec tous tes os du crâne : en avant, avec rethinoïde et le frontal ; en arrière, avec l'occipital ; de chaque côté, avec les pariétaux et les temporaux. Il entre ensuite en connexion avec cinq os de la face, savoir ; en avant et en dehors, avec les deux malaires : en has, avec les deux palatins et avec le vomer.

Insertions musculaires. — Sur le sphénoïde viennent s'insérer vingt-deux muscles, onze d^.chaque côté (lîg. 146, A, B et G). — Sur les grandes ailes : le temporal (1) et le ptérygoïdien

Fig. 146.

Insertiens musculaires sur le sphénoïde : A, fos, vue antérieure ; B, l’os, vue inférieure ; C, pourtour du troy optique

et de la fente sphénoïdale.

(Pour la signification des chiffres, voir le texte relatif aux insertions musculaires.)

externe (2), — Sur les petites ailes ; le releveur de la paupière supérieure (3), le grand oblique (4), le droit supérieur (5), le droit inférieur (6), le droit interne (7), le droit externe (8) (ces trois derniers par l’intermédiaire du tendon de Zinn). Le droit externe, dans bien des cas, s’insère également par quelques faisceaux (8’) sur le bord externe de la fente sphénoïdale (voy. t. 111, Muscles de l'orbite). — Sur les apophyses ptérygdides, le ptérygoïdien interne (9), dé nouveau le ptérygo'idien externe (2), le constricteur supérieur du pharynx (10) et le péristaphylin externe ou sphéno-staphylin (11).

Développement. — Depuis le troisième mois, époque où le sphénoïde commence à s’ossifier, jusqu’au septième, les différents points d’ossification aux dépens desquels se forme cet os se montrent successivement et, d’autre part, se rassemblent en deux groupes distincts, de façon à constituer en réalité deux pièces osseuses ; une pièce antérieure ou sphénoïde antérieur, formée par la portion antérieure du corps et les petites ailes ; une pièce postérieure ou sphénoïde postérieur, comprenant à la fois la portion postérieure du corps, les grandes ailes et les apophyses ptérygoïdcs. Gcs

os DU CRANE

différents points d’ossification sont au nombre de quatorze (Sappey) ; quatre pour le sphénoïde antérieur, huit pour le sphénoïde postérieur et deux pour les cornets de Bertin.

a. Sphénoïde antérieur. — Le sphénoïde antérieur présente deux points d’ossification pour la partie antérieure du corps du sphénoïde et deux pour les petites ailes. De chaque coté de la ligne médiane, le point d’ossification destiné au corps se réunit à celui de la petite aile correspondante, avant de se fusionner avec le point homologue du côté opposé. Les deux trous optiques appartiennent au sphénoïde antérieur.

b. Sphénoïde extérieur. — Les huit points osseux du sphénoïde postérieur se décomposent ainsi ; deux pour les grandes ailes et la portion externe des apophyses ptérygoïdes (ils apparaissent à deux mois et demi) ; deux pour la portion interne des apophyses ptérygoïdes ; deux pour la partie postérieure du corps (ils se réunissent entre eux au commencement du quatrième mois) ; deux pour la partie latérale du corps, correspondant à la région des gouttières caverneuses (ils se soudent aux précédents vers la fin du quatrième mois).

Le canal vidien résulte de la conjugaison des trois

points osseux suivants : les points osseux des grandes ailes, les points osseux de la partie interne des apophyses ptérygoïdes, les points latéraux du corps.

Le sphénoïde antérieur et le sphénoïde postérieur restent distincts jusqu’au septième mois de la vie fœtale. A partir de cette époque, ils se fusionnent par les portions latérales du corps d’abord et, plus tard seulement, par la portion moyenne. A la naissance, les deux sphénoïdes se trouvent encore séparés à leur face inférieure par une portion cartilagineuse non ossifiée (SAprEv, Gegenbauu). Ce n’est que quelques années plus tard que l’ossification est complète.

c. Cornets de Bertin. — Rien de plus obscur que l’origine des cornets de Bertin. Pour Sappey, •les deux points osseux qui donnent naissance aux sinus sphénoïdaux apparaissent du sixième au huitième mois qui suit la naissance. Ils affectent primitivement la forme de deux petites lamelles, situées de chaque côté du bec du sphénoïde, lamelles qui se replient bientôt et forment, vers la troisième ou la quatrième année, une espèce de cône [cornet de Bertin), lequel se soude au reste de l’os de la douzième à la quinzième année. Contrairement à l’opinion précédente, Kôlliker, embrassant sur ce point les idées de Dursv, rattache les cornets de Bertin aux masses latérales de l’ethmoïde. D’après ce dernier anatomiste, ces cornets sont déjà visibles chez les embryons de 8 centimètres et sont bien constitués chez ceux de 20 centimètres.

Fig. 147.

Sphénoïde d’un fœtus de ti’ois mois et demi à quatre mois (d’après Sappe\).

1, points d’ossification qui produiront le corps du sphénoïde antérieur. — ■ 2. petites ailes. — - 3, points d’ossification internes ou moyens du corps du spliénoïde postérieur.

— 4, points latéraux de ce corps.

— 8, ailes internes des apophyses ptérygoïdes. — 6, ailes externes et grandes ailes.

Sphénoïde d’un fœtus de huit mois (d’après Sappey).

1, les deux points du corps du sphénoïde antérieur, encore très écartés l’un de l’autre, mais déjà contigus aux petites ailes. — 2, 2, petites ailes formant les trous optiques avec les points précédents. — 3, les quatre points du corps du sphénoïde postérieur : ces points sont réunis en avant, mais ils présentent encore en arrière, en 4, des traces de leur indépendance primitive. — 5, ailes internes des apophyses ptérygoïdes, non encore soudées. — 6. 6. ailes externes et grandes ailes.

Variétés. — L’apophyse clinoïde antérieure peut se réunir avec l’apophyse clinoïde postérieure : de même, l’apophyse clinoïde moyenne peut se fusionner, soit avec l’apophyse clinoïde antérieure, soit avec la postérieure, soit à la fois avec l’une et l’autre. De telles dispositions ont pour résultat la formation, sur le côté de la selle turcique, d’un ou de plusieurs orifices surnuméraires (fig. 143, 19 et 20). — La gouttière caverneuse est limitée en dehors, dans sa moitié postérieure, par une languette osseuse [Unguia de Megkel), qui est souvent très développée et qui répond à l’espace compris entre le trou grand rond et le trou ovale (fig. 120, 15). Cette languette, bien décrite par Caldani [Opusc. anat^, Padoue, 1803), constitue parfois une petite pièce osseuse tout à fait distincte, engagée dans la dure-mère contre la carotide interne. — De chaque côté de la crête ethmoïdale du sphénoïde, en haut et en avant du corps de l’os, existent quelquefois deux petits prolongements latéraux ou alæ miniinæ à.Q Lusghka [Zeitsch. filr vnssensch. Zoologie, 1856, p. 123), disposition constante, d’après Hyrtl, dans les différentes espèces du genre chien. Les alæ minimæ peuvent être indépendantes (W. Krause). — Les sinus sphénoïdaux sont très variables dans leur étendue et dans leur configuration ; ils sont le plus souvent inégaux et, dans ce cas. c'est tantôt le gauche, tantôt le droit, qui est le plus grand. On a vu les sinus s’étendre en avant jusque dans les petites ailes, et en arrière jusque dans la portion basilaire de l’occipital (Soemmerixg). On les a vus, chez l’adulte, constitués par une masse de petites cavités ou cellules. Enfin, ils peuvent communiquer avec la cavité crânienne par un orifice qui vient s’ouvrir dans la selle turcique.

On rencontre assez fréquemment (10 fois sur 100), chez les nouveau-nés. un canal médian qui part de la selle turcique pour aboutir à la face inférieure du corps du sphénoïde et, .par conséquent, à la paroi supérieure du pharynx : c’est le canal cranio-pharyngien de Landzert, le canal hypophysaire de Galori. Il renferme, à l’état frais, un prolongement de la dure-mère et

OSÏÉOLOGIE

quelques vaisseaux sanguins, principalement des veinules. Ces vaisseaux, quand le canal est complet, entrent en relation avec ceux du pharynx. Morphologiquement, le canal cranio-pharyngien représente le vestige du conduit qui, chez l’embryon, a livré passage à une portion du pharynx primitif destiné à former le lobe antérieur du corps pituitaire (voy. Cerveau). Il peut persister chez l’adulte, mais le fait est très rare : Rossi Zoo/., 1891), sur 3 7R2 crânes ne l’aurait rencontré

que 9 fois. De son côté, Maggi [Arch. p. rAnlhrop., 1891) l’a observé 19 fois sur 64 crânes d’anthropoïdes examinés. (Voy. à ce sujet. Le Double, Bull. Soc. cVAntlirop., Paris, 1903 ; Kollmann, Verh. anal. Geselssch., 1904; Abai, Anal. Hefle, 1907.) — Indépendamment de ce canal cranio-pharyngien médian, Sternberg {Arch. f. Anal. u. Bhyslol., 1890) a décrit chez le nouveau-né deux canaux cranio-pharyngiens latéraux, qui se trouvent au niveau de l’insertion de la grande aile sur les faces latérales du corps. Ces deux canaux, qui persistent parfois chez l’adulte à des degrés divers, représenteraient, d’après Sternberg, le vestige d’une fontanelle membraneuse du crâne primordial cartilagineux.

On aperçoit quelquefois, sur la face orbitaire des grandes ailes, un trou (Albinus, tab. I, X ; tab. V, fîg. 7), par lequel pénètre dans l’orbite une branche de l’artère méningée moyenne, accompagnée d’une veine. — Giuffrida Ruggieri [Anal. Anz., Bd. XVIII, 1900) a vu, sur un crâne mélanésien, la grande aile divisée en deux parties par une suture longitudinale. — Sur la face inférieure de la grande aile du sphénoïde, on observe assez souvent un petit sillon qui se dirige obliquement en avant et en dehors : c’est \q sulcus crotaphiticus. Ce sillon est recouvert, à l’état frais, par un pont ligamenteux qui peut s’ossifier : il en résulte la formation d’un trou osseux, le foramen crotaplülico-buccinatorhim (\Q\\\wTh, à travers lequel passe la branche motrice du nerf maxillaire inférieur ou nerf crotaphililico-buccinateur. — On rencontre assez fréquemment (GO à 70 p. 100), un peu au-dessous du trou ovale, une bandelette tibreuse qui prend naissance en avant sur le bord postérieur de l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde et qui, de là, vient s’insérer sur l’épine du sphénoïde: c’est le ligament ptérygo-épineux de Civinini. Cette bandelette fibreuse s’ossifie parfois (3 p. 100) chez l’adulte : il en résulte la formation d’un trou osseux, le Irou ptérygo-épineux, quelquefois double, à travers lequel passent ordinairement les vaisseaux et nerfs ptérygoïdiens internes. Mais les rapports du trou ptérygo-épineux avec les diverses branches du nerf maxillaire inférieur sont excessivement variables. C’est ainsi que, sur 104 cas réunis par la Société anatomique anglaise, les deux nerfs lingual et dentaire inférieur passaient 92 fois sur le côté externe du ligament ptérygoépineux et 12 fois sur son côté interne (Voy. à ce sujet Valentt, Monil. Zool., 1891 : von Brunn, Anal., Anzeiger, 1891 ; Grosse, ibicl., 1893.) — Sur le côté externe de la base de cette même aile externe, existe quelquefois un canal destiné à laisser passer l’artère maxillaire interne ; cette disposition a son homologue chez le lapin (W. Krause, Anatomie des Kaninckens, 1868, p. 48).

Le trou optique peut être double : Soemmering, Theile, Dubreuil et plus récemment Zoja [Bollel. scientifico de 1886) en ont rapporté des exemples. D’après ce dernier anatomiste, l’un des trous, le plus grand, est occupé par le nerf opli(iue ; l’autre, le plus petit, livre passage à l’artère ophthalmique ou à l’une de ses branches.

§ IV. — Occipital

L’occipital (fig. 150 et 151) est un os impair, médian, symétrique, occupant la partie postérieure, inférieure et moyenne du crâne. Il repose sur la première pièce de la colonne vertébrale, l’atlas, et représente morphologiquement, comme nous le verrons plus lard, la première des vertèbres crâniennes. Envisagé dans son ensemble, l’occipital concave en haut et en avant, convexe en bas et en arrière, affecte une forme assez irrégulièrement losangique et, de ce fait, nous offre à considérer : deux faces, Vuue postéro-inf érieure , l’autre antéro-supérieure \ 2® quatre

bords ; 3® quatre angles.

l®Face postéro-inférieure, convexe ou exocranienne. — Ce qui nous frappe tout d’abord, en jetant les yeux sur cette face (fig. 150), c’est la présence, au voisinage de son extrémité antérieure, d’un vaste orifice, appelé irou occipital. Cet orifice, de forme ovalaire à grand diamètre antéro-postérieur, mesure en moyenne 35 millimètres de longueur sur 30 millimètres de largeur. Il fait communiquer la cavité crânienne avec le canal vertébral et livre passage, à l’état frais, au bulbe et à ses enveloppes, ainsi qu’aux deux nerfs spinaux, aux racines ascendantes de l’hypoglosse et aux deux artères vertébrales. Le trou occipital se trouve, chez l’homme, sur un plan à peu près horizontal, disposition essentiellement caractéristique de la station bipède. (Au sujet des angles occipitaux de Daubenton

os DU CRANE

et de Broga, mesurant le degré d’inclinaison du trou occipital, voy. plus loin p. 250). Nous examinerons successivement la face exocranienne de l’occipital : 1° en avant du trou occipital ; 2° en arrière de ce trou ; 3° sur les côtés.

a. En avant du trou occipital. — En avant du trou occipital, nous rencontrons une surface quadrilatère, plus longue que large, obliquement dirigée de bas en haut et d’arrière en avant ; c’est la surface basilaire de V occipital. Cette surface nous présente sur la ligne médiane, en son milieu ou à l’union de ses deux cinquièmes postérieurs avec ses trois cinquièmes antérieurs, une saillie de 1 ou 2 millimètres de hauteur, sur laquelle vient prendre attache l’aponévrose du pharynx : on lui donne, pour cette raison, le nom de tubercule pharyngien (fig. 149,1).

La partie de la surface basilaire, qui est placée en arrière et sur les côtés du tubercule pharyngien, est fort inégale. Elle donne insertion, à droite et à gauche de la ligne médiane, aux deux muscles grand droit antérieur et petit droit antérieur de la tête (voy. fig. 152, 10 et il).

La partie de la surface basilaire qui se trouve située en avant de ce même tubercule, répond à la voûte du pharynx. Elle nous présente ordinairement (dans les 2/3 des cas environ) une légère dépression médiane (fig. 149,2), allongée dans le sens antéropostérieur, à laquelle Poelchen a donné le nom de fossette naviculaire . Au fond de la fossette naviculaire se voit quelquefois une deuxième fossette beaucoup plus petite, arrondie ou ovalaire, à bords nettement circonscrits, connue sous le nom de fossette

pharyngienne (2’); elle répond, à l’état frais, à la poche pharyngienne de Lus- GHKA. Nous aurons à y revenir plus tard à propos du pharynx.

h. En arrière du trou occipital. — En arrière du trou occipital s’étale la portion à la fois la plus large et la plus mince de l’os : c’est la portion écailleuse ou, tout simplement, V écaille de V occipital. Nous y remarquons, en son milieu, une saillie rugueuse, Và protubérance occipitale externe, plus ou moins développée suivant les sujets et donnant insertion au ligament cervical postérieur et à plusieurs muscles.

a) Au-dessus de la protubérance , l’occipital est assez régulièrement lisse; il répond aux téguments, dont il est séparé cependant, sur les côtés par les muscles occipitaux, sur la ligne médiane par l’aponévrose épicranienne.

P) Au-dessous de la protubérance, au contraire, il est fortement accidenté pour des insertions musculaires. Les principaux détails qu’on y rencontre sont les suivants. — Tout d’ahord, la crête occipitale externe, saillie linéaire située sur la ligne médiane et allant de la protubérance occipitale externe au trou occipital. — De chaque côté de cette crête s’échappent deux lignes courbes, à concavité antérieure, qui se dirigent transversalement de la ligne médiane vers le bord antérieur de l’os. On les distingue sous les noms de ligne courbe occipitale supérieure et ligne courbe occipitale inférieure : la première prend naissance sur la protubérance occipitale elle-même et donne insertion au muscle occipital, au trapèze, au sterno-cléido-mastoïdien et au splénius de la tête; la seconde se sépare de la crête en un point qui est situé à peu près à égale distance de la protubérance occipitale

Face inférieure de l’apophyse basilaire (crâne des cavernes de Madagascar, collection du muséum).

1, tubercule pharyngien. — 2, fossette naviculaire, avec ’2’ fossette pharyngienne. — 3, 3’ orifices postérieurs des fosses nasales eu choanes. — 4, 4’, condyles de l’occipital. —5, 5, trous déchirés antérieurs. — 6, rocher.

OSTÉOLOGIE

et da trou occipital et, de là, se dirige vers l’apophyse jugulaire. — Entre les deux lignes courbes, se trouvent des rugosités pour l’insertion du grand complexus et de l’oblique supérieur de la tête. — Sur la ligne courbe inférieure et au-dessous d’elle, existent également dès rugosités pour l’insertion des muscles grand droit et petit droit postérieurs de la tête (voy. fig. 152).

c. Sur les côtés chi trou occipital. — De chaque côté du trou occipital, enfin, nous voyons deux éminences articulaires, de forme elliptique, obliquement dirigées d’arrière en avant et de dehors en dedans : ce sont les condyles de l'occipital. — hQwv face inférieure, convexe et parfaitement lisse, s’articule avec les cavités

glénoïdes de l’atlas. Elle est souvent rétrécie et comme étrano-lée

à l’union de son tiers antérieur, avec ses deux tiers postérieurs, disposition que nous avons déjà signalée sur la facette correspondante de l’atlas . — Leur face interne présente une empreinte rugueuse pour l’insertion des ligaments odontoïdiens latéraux. — Leur face externe est séparée du bord de l’os par une surface rugueuse, la surface jugulaire, sur laquelle vient s’attacher le muscle droit latéral de la tête.

En arrière et en avant de chaque condyle, se trouvent deux dépressions, que l’on désigne sous les noms de fossette condylienne antérieure et de fossette condylienne postérieure,

La fossette condylienne postérieure est souvent percée d’un trou, le trou condylien postérieur, par où passe une veine, et quelquefois aussi une artériole, branche de la méningée postérieure.

La fossette condylienne antérieure présente également un trou, celui-ci constant: c’est le trou condylien antérieur, pour le passage du nerf grand hypoglosse, qu’accompagne parfois une artériole provenant de la méningée postérieure.

2° Face antéro-supérieure, concave ou endocranienne. — La face antéro-supérieure (fig. 151), qui est en rapport avec la masse encéphalique et qu’on appelle pour cette raison face endocranienne, nous présente de nouveau le trou occipital, sur la description duquel il est inutile de revenir. Gomme nous l’avons fait pour la face précédente ou face exocranienne, nous examinerons successivement cette face, en acant, en arrière et sur les côtés du trou occipital :

a. En acant du trou occipital. — En avant du trou occipital, se trouve une gouttière inclinée en bas et en arrière: c’est ,1a gouttière basilaire, dans laquelle se logent la protubérance annulaire et une partie du bulbe rachidien. On distingue assez souvent dans cette gouttière une dépression ovalaire qui reçoit la partie ren-

Fig. IbO.

Occipital, face postéro-infcrienrc ou conve.\:e.

i, angle supérieur. — 2, angles latéraux. — 3, apopiiyses jugulaires. — 4, apophyse basilaire. — o, condyles. — 6, trou occipital.

7, protubérance occipitale e\terne (inion). — 8, crête occipitale externe. — 9, lignes courbes supérieures. — 10, lignes courbes inférieures. — 11, écaille de l'occipilal. — qjes flèches rouges sonl passées dans les trous condyliens postérieurs et antérieurs).

os DU CRANE

fiée de la protubérance et, au-dessous, une crête plus ou moins accusée qui répond au sillon bulbo-protubérantiel. Les parties latérales de la gouttière basilaire sont creusées d’une petite rigole, qui concourt à loger le sinus pétreuK inférieur.

b. En arrière du trou occipital. — En arrière du trou occipital, nous observons quatre dépressions, que l’on désigne sous le nom de fosses occipitales ; on les distingue en inférieures et supérieures. — Les deux inférieures o\i fosses cérébelleuses sont en rapport avec les hémisphères du cervelet. — Les deux supérieures ou fosses cérébrales répondent à l’extrémité postérieure des hémisphères cérébraux, et de ce fait, nous présentent des éminences mamillaires et des impressions digitales, en rapport ici comme ailleurs avec les scissures et les circonvolutions.

Les limites séparatives de ces différentes fosses sont très nettement marquées par des crêtes ou par des sillons, dont le point de réunion , situé sur la ligne médiane, constitue la protubérance occipitale interne : elle est placée en regard de la protubérance occipitale externe que nous avons déjà décrite sur la face précédente.

Les deux fosses cérébelleuses sont séparées l’une de l’autre par une crête médiane, la crête occipitale interne, qui s’étend de la protubérance occipitale au trou occipital. Elle est plus accusée que son homologue de la face externe et donne attache à la faux du cervelet. Inférieurement, elle se divise en deux branches, arrondies et mousses, qui se perdent insensiblement sur le pourtour du trou occipital.

A leur tour, les deux fosses cérébrales sont séparées l’une de l’autre par une gouttière médiane profonde, qui fait suite à la gouttière sagittale et loge la terminaison du sinus longitudinal supérieur.

Enfin, chaque fosse cérébrale se trouve séparée de la fosse cérébelleuse du même côté par une gouttière transversale, qui n’est qu’une branche de bifurcation de la gouttière précédente. Cette gouttière transversale, qui loge la première portion du sinus latéral et qui, de ce fait, est appelée gouttière latérale, est presque toujours plus grande du côté droit que du côté gauche, comme l’ont remarqué depuis longtemps Morgagni et Huxauld.

c. Sicr les côtés du trou occipital. — Sur les côtés du trou occipital se trouvent d’abord le trou condylien antérieur et, en arrière de lui, le trou condylien postérieur, deux trous que nous avons déjà signalés sur la face inférieure de l’os : nous savons qu’ils livrent passage, le premier au grand hypoglosse, le second à une veine. Le trou condylien postérieur est situé généralement en un point qui est

Fig. 151.

Occipital, face antéro-supérieure ou concave.

1, goulticre longiludiiiale. — 2, gouttières latérales. — 3, crête occipitale interne. — 4, protnbérance occipale intei’ne. — 5, fosses occipitales supérieures ou cérébrales. — 6, fosses occipitales inférieures ou cérébelleuses. — 7, trou occipital. — 8, apophyse basilaire, avec le trait de scie qui l’a séparée du sphéno’ide. — 9, apophyse jugulaii’e. — (Des flèches rouges sont passées dans les trous condyliens antérieurs).

OSÏÉOLOGIE

également distant du trou occipital et du bord de l’os. 11 n’est pourtant pas très rare de le rencontrer dans le voisinage de l’échancrure jugulaire.

3° Bords. — Les bords de l’occipital (fig. 150 et 151) sont au nombre de quatre, comme dans tout losange : deux supérieurs ou pariétaux, deux inférieurs ou temporaux.

a. Bords pariétaux. — Les bords pariétaux se portent obliquement de haut en bas et de dedans en dehors. Sensiblement rectilignes, ils sont hérissés de très longues dentelures, qui s’engrènent avec les dentelures homologues du bord pos- ' térieur du pariétal, pour former la suture lambdoïde. La direction rectiligne de ces bords est parfois interrompue par la présence d’os wormiens.

b. Bords temporaux. — Les bords temporaux se dirigent obliquement en bas et en dedans. Ils sont divisés en deux parties à peu près égales par une forte saillie, qu’il est toujours facile de reconnaître: c’est V apophyse jugulaire, laquelle limite en avant la gouttière latérale et présente en dehors une facette rugueuse, destinée à s’articuler avec une facette semblable de la portion pierreuse du temporal.

La portion du bord inférieur, qui est située en arrière de l’apophyse jugulaire, est faiblement dentelée, elle s’articule avec la portion mastoïdienne du temporal.

La portion qui est en avant présente tout d’abord une échancrure à bord lisse, V échancrure jugulaire. Cette échancrure qui est souvent subdivisée elle-même en deux parties par une petite épine qui contribue, sur le crâne articulé, à former le trou déchiré postérieur (voy. Crâne en général. A la suite de l’échancrure jugulaire se trouve une surface rugueuse, de forme triangulaire, destinée à s’articuler avec le sommet du rocher.

4® Angles. — Les angles de l’occipital (üg. 150 et 151) sont également au nombre de quatre. Ils se distinguent, d’après leur situation, en supérieur, inférieur, latéraux :

a. Angle supérieur. — L’angle supéiieur, aigu et fortement dentelé, vient se loger dans l’angle rentrant que forment en arrière les deux pariétaux. 11 est parfois remplacé par un os wormien.

b. Angle inférieur. — L’angle inférieur, très épais et tronqué, s’articule avec le corps du sphénoïde. Nous avons déjà dit plus haut, à propos de ce dernier os, que le sphénoïde et l’occipital se soudaient à ce niveau de très bonne heure et ne pouvaient être séparés, chez l’adulte, que par un trait de scie.

c. Angles latéraux. — Les angles latéraux, obtus et dentelés, regardent en dehors. Ils correspondent, sur le crâne, au point de réunion du pariétal et du temporal.

5° Conformation intérieure. — L’occipital, comme tous les os du crâne, est formé par deux lames de tissu compacte, emprisonnant entre' elles une couche plus ou moins épaisse de tissu spongieux.

Cette dernière couche fait à peu près défaut au niveau des fosses occipitales et principalement au niveau des fosses inférieures ou cérébelleuses; de là, la minceur et parfois même la transparence que présente l’os dans cette région.

Par contre, le tissu spongieux forme; L une couche relativement épaisse au niveau des bords ; 2° entre les deux protubérances interne et externe; 3'’ sur les condyles; 4° sur le pourtour du trou occipital ; 5° au niveau de l’apophyse basilaire.

Dans cette dernière région, on observe même, chez quelques sujets, de véritables cavités, sinus ou cellules basilaires, qui communiquent, en avant, avec les sinus sphénoïdaux. Comme tous les sinus, les sinus basilaires sont tapissés, à l’état frais, par un prolongement de la muqueuse pituitaire.

os DU CRANE

Connexions. — L’occipital s’articule avec six os : en avant, avec le sphénoïde; en haut, avec les deux pariétaux ; sur les côtés, avec les deux temporaux ; en bas, avec l’atlas.

Insertions musculaires. — L’occipital donne insertion à douze muscles. Ces insertions mus-, culaires se trouvent résumées dans la figure 152 et dans le tableau qui lui est juxtaposé.

a. Ecaille.

b. Apophyse jugulaire.

c. Apophyse basilaire.

1 , Occipito-frontal.

2, Trapèze.

3, Sterno-cléido-mastoïdien (fais-

ceaux sterno- et cléido-occipitaux).

4, Splenius capilis.

5, Grand complexus.

6, Petit droit postérieur.

7, Grand droit postérieur.

8, Oblique supérieur ou petit obli-

que.

9, Droit latéral.

10, Petit droit antérieur.

11, Grand droit antérieur.

12-, Constricteur supérieur du pharynx (par l'aponévrose du pharynx) .

Fig. 152.

L’occipital, vu par sa face exocranienne, avec les insertions musculaires.

(Pour la signification des clüfires se reporter au tableau ci-contre.)

Développement. — L’occipital se développe par cinq points d’ossifications principaux, qui apparaissent vers la fin du second mois et le commencement du troisième : un pour l’apophyse basilaire, un pour chacune des régions condyliennes, deux pour la portion écailleuse (fig. 153). De ces deux derniers points, l’un, point inférieur de Vécaille, répond à la partie cérébelleuse de l’écaille occipitale et se développe,

comme le point basilaire et les points condyliens, dans le cartilage ; l’autre, point supérieur de Vécaille, correspond à la partie cérébrale de l’os et

apparaît, en dehors de toute formation cartilagi- lo

lieuse, dans la couche membraneuse qui forme la partie convexe du crâne primordial (voy. Kôlliker,

Mikr. Anat., II et Zeitschr. f. Wiss. ZooL, Reichert,

Muller’s Archin. , 1849 et 1852, p. 258). Chacun de ces deux points serait primitivement double (Kolli- KER, Broca).

Voici dans quel ordre se fait la réunion de ces divers centres d’ossification. — Le point supérieur de l’écaille se fusionne de bonne heure avec le point inférieur. Cette fusion ne se fait, tout d’abord, que sur la ligne médiane ; de chaque côté, existe une fissure transversale que l’on retrouve encore chez le nouveau-né. — L’écaille temporale se soude avec les portions condyliennes dans le cours de la deuxième année seulement. Jusqu’à cet âge, il existe entre l’écaille et les masses condyliennes une bande cartilagineuse « qui permet à la portion écailleuse de l’occipital d’exécuter, sur la portion basilaire, des mouvements d’avant en arrière, et d’arrière en avant, de véritables mouvements de flexion et d’extension ». Ce mouvement de bascule se produit

particulièrement dans les accouchements avec pré- i

Fiî

Ossification de l’occipUal.

question est connue, en obstétrique, sous le nom de charnière obstétricale ou charnière de Budin. — La réunion de la portion basilaire avec la portion condylienne ne s’efïectue que plus tard, au cours de la troisième ou de la quatrième année.

Indépendamment des centres principaux qu.Q nous venons de décrire, on observe des points d'ossification secondaires, fort variables en nombre et en importance, dont le plus intéressant est certainement celui qui a été signalé par Keckring sur le rebord postérieur du trou occipital, entre l’os condylien du côté gauche, et l’os condylien du

1, point basilaire. — 2, 2, points condyliens. — 3, 3. le point double inférieur de l’écaille. — 4. 4, le point double supérieur de l’écaille. — 5, fissure transversale séparant primitivement les points inférieur et supérieur. — - 6, charnière obstétricale. — 7, ligne de réunion des points basilaire et condylien. — 8, osselet de Kerkring. 9, trou occipital. — 10, os épactal.

OSTEOLOGIE

côté droit (11g. 153.8). Hartmann a pu décrire ainsi jusqu'à huit points osseux pour l'écaille occipitale seulement. Kôlliker {Embryologie, p. 465) ne s’explique ce nombre que par des « anomalies dans le travail d’ossification». Pour lui, Vosselet de Kerkring lui-même serait loin d’être constant.

Dans deux mémoires publiés récemment, Hagen [Bull. mens, de VAcad. des sciences de Berlin, 1879) et Anoutthine {Bull, de la Soc. d'Anthropol. de Moscou. 1880) ont multiplié, comme l’avait l'ait Hartmann, les points d’ossification de l’écaille occipitale. Enfin, dans un travail plus récent encore, Hannover, de Copenhague {Le carlUage primordial et son ossificalion dans le crâne humain avant la naissance, arrive à des conclusions qui diffèrent fort peu de celles de Kôlliker. Pour

lui, en effet, l'écaille occipitale se développerait par deux points d' ossificalion seulement, correspondant, le premier à la portion cartilagineuse, le second à la portion non cartilagineuse ou membraneuse. De telles divergences appellent les nouvelles recherches, dans lesquelles il faudra tenir compte, un peu plus que ne l’ont fait certains observateurs, des variations individuelles. (Voy., à ce sujet, Lucv, Th. Lyon, 1890.)

■Variétés. — La surface inférieure ou articulaire du condyle est quelquefois partagée en deux facettes indépendantes, l’une antérieure, l’autre postérieure. Hyrtl pense que la tacette antérieure s'est développée aux dépens du point d’ossification de l’apophyse basilaire. — Sur le pourtour du trou condylien antérieur, on rencontre fréquemment un ou plusieurs petits conduits accessoires pour le passage de queh{ues veinules. — Le trou condylien postérieur fait souvent défaut (38 p. 100 d’un seul côté, 21 p. 100 des deux côtés, W. Krause). — Quelquefois on rencontre dans la région de la crête occipitale externe un ou deux trous, par lesquels passent des vaisseaux sanguins (Soemmering). — Sur le milieu du bord antérieur du trou occipital, existe parfois une petite facette articulaire pour l'extrémité supérieure de l’apoptij^sc odontoïde, disposition qui est normale (Hvrl) chez quelques mammifères. Cette facette surmonte parfois un prolongement plus ou moins considérable : c'est le troisième condyle de V occipital, dont Romiti (1881), Legge (1883). Tafani (1885), Sergi (1886), etc., nous ont rapporté plusieurs exemples. — Une autre anomalie qui est fort intéressante au point de vue de son homologie avec une disposition qui est typique chez c|uelques mammifères, est la présence, sur la ligne médiane et un peu en avant du trou occipital, d'un tubercule inscrusté de cartilage, correspondant à une facette articulaire concave, (jue l’on rencontre dans ces cas sur l'arc antérieur de l’atlas (voy. Friedlowkv, Wiener Akadem. Sitzungsb., vol, 60). — La fossette pharyngienne que nous avons signalée plus haut au cours de notre description sur la face inférieure de l’apophyse basilaire se rencontrerait chez l’homme avec une proportion de 1 p. 100, d’après Romiti. D’après les recherches récentes d’EscAr, elle serait extrêmement fréquente dans la race nègre, moins fréquente dans la race jaune, moins fréqucnle (mcore dans la race blanche. Elle est normale chez quelques animaux, notamment chez le phoque. Son apparition chez l'homme paraît résulter, d’après Romiti, soit de la persistance partielle du sillon longitudinal qui occupe chez le fœtus la face inférieure de l’apophyse basilaire, soit de l’existence d’un diverticule pharyngien anormal situé en arrière de la poche de Rathke. — Le professeur Hvrtl a décrit le premier {Wiener Med. Wochenschrift, 1860), dans la région de l’apophyse jugulaire, une apophyse creuse, communiquant avec les cellules mastoïdiennes du temporal [apophyse pneumatique de Hvrtl). — Zoja {Boll. scientifico, 1889) a rencontré sur quatre sujets, au niveau de la protubérance occipitale interne, une dépression plus ou moins profonde, qui répondait au pressoir d'Hérophile ou torcular et à laquelle il a donné le nom de fossette torculaire. — On rencontre quelquefois sur les bords de l’écaille, au niveau ou au-dessus de la ligne courbe occipitale supérieure, des sillons horizontaux, se rapprochant plus ou moins de la ligne médiane et constitués par de vraies fissures, indice de la multiplicité des centres d’ossification. A un degré plus avancé, ces fissures donnent lieu à l’anomalie suivante.

Os ëpactal. — On donne ce nom à une formation osseuse indépendante, occupant la partie supérieure de l’occipital qu’il sépare des pariétaux. Il est l’homologue chez l’homme de Ton interpariétal, que l’on rencontre normalement chez un grand nombre d’animaux. A l’état de développement parfait, l’os épactal ou interpariétal (ces deux termes sont pour moi synonymes) affecte la forme d'un triangle dont le sommet, dirigé en haut, répond à l’extrémité postérieure de la suture sagittale et dont la base est représentée par une suture transversale, qui, passant à un ou deux centimètres au-dessus de la protubérance occipitale externe, viendrait aboutir de chaque côté à la limite inférieure de la suture lambdoïde. On voit, par cette description sommaire, que l'épactal n’est autre chose que la portion la plus élevée de l’écaille occipitale non soudée au reste de l'os. Mais il s’en faut de beaucoup que l’os épactal soit toujours aussi simple : il présente des variations de forme et d’étendue souvent très considérables ; il peut, en outre, être formé par deux ou même trois pièces distinctes (voyez à ce sujet l’intéressant mémoire de Jac- «jUART, De la valeur de Vos épactal, in Journ. de l’Anatomie, t. Il, 1855). — Tchudy et Rivéro, dans leurs Antiquités péruviennes publiées en 1853, avaient signalé comme constante, du moins chez les enfants, l’existence de l’os épactal dans les races primitives du Pérou : de là, la dénomination &'os lncæ,(ïos des Incas, qui fut donné à l’épactal. Les recherches ultérieures de Broca (Bull. Soc. Anthrop., 2° série, t. X, p. 133) et de Topinard {L’anthropologie, 2® édit., p. 100) ont montré tout ce qu’il y avait de fantaisiste dans l’affirmation de Tchudy et Rivéro. — Dans les races allemandes, l’os épactal se rencontrerait 2 ou 3 fois sur 100 d’après "Welcker, 8 lois sur 100 chez les Bavarois d’après Ranke. — On peut rencontrer, en avant de l’os interpariétal, de petits

os DU CRANE

os accessoires, ce sont les os préinterpariétaux de Chiakügi. Ils dérivent de points d’ossification supplémentaires, bien étudiés par Stieda (1892).

Apophyse paramasto'idienne . — L’apophyse jugulaire, si réduite chez l’homme, est représentée chez quelcfues mammifères, notamment chez le porc et chez les herbivores, par une saillie volumineuse qui se projette en avant en forme d’épine. Elle paraît suppléer cliez eux à l'alisence de l’apophyse mastoïde, d’où le nom d’apophyse paramastoïdienne sous lequel on la désigne. Mais, chez l’homme même, l’apophyse jugulaire peut présenter un développement insolite, assez prononcé parfois pour la mettre en contact avec l’apophyse transverse de l’atlas. C’est assurément là une disposition liomologue de la formation paramastoïdienne, signalée plus haut. Je l’ai vue dans un cas atteindre 22 millimètres de longueur et s’articuler avec l’apophyse transverse de l’atlas, à l’aide d’une facette ovalaire à grand axe transversal qui mesurait 10 millimètres de largeur sur 8 millimètres de hauteur.

Os basiotique. — Albrecht (Mémoire sur le basiotique, Bruxelles, 1883) a donné ce nom à une. pièce osseuse, plus ou moins indépendante, qu’il a observée sur des crânes anormaux, entre le corps du sphénoïde et l’occipital. 11 a montré en môme temps que cette pièce osseuse, impaire et médiane, appartient à la portion basilaire et l’occipital et que ce que nous décrivons sous le nom d’apophyse basilaire est constitué en réalité par la réunion de deux os ayant chacun la signification d’un corps vertébral. La basiotique n’est autre que le plus antérieur de ces deux os. Sans avoir d’os basiotique distinct, l’apophyse basilaire de l’occipital nous présente assez fréquemment des échancrures ou même des fissures latérales, qui sont certainement les vestiges de sa division primitive en pièces multiples.

Fossette vermienne. — La crête occipitale interne, en descendant de la protubérance vers le trou occipital, se divise parfois en deux crêtes latérales, interceptant entre elles une dépression médiane plus ou moins profonde : c'est la fossette cérébelleuse moyenne (Verga) ou fossette vermienne (Albrecht), ainsi appelée parce qu’elle loge le lobe moyen du cervelet ou vermis. Elle a été surtout étudiée en Italie par Verga, par Lombroso,' par Bomiti, etc. Manouvrier, on France, l’a constatée assez fréquemment sur des crânes, parfaitement normaux, d’ailleurs, dans la collection du musée Broca. C’est là bien certainement une anomalie réversive ; la fossette vermienne existe, en effet, normalement chez la plupart des mammifères et notamment chez tous les singes, à l’exception des trois anthropoïdes qui se rapprochent le plus de l'homme, le chimpanzé, le gorille et l’orang.

§ V. — Pariétal

Le pariétal, ainsi appelé (de paries, paroi) parce qn’il forme la plus grande partie des parois du crâne, est un os pair situé au-dessus du temporal, en arrière du frontal, nn avant de l’occipital. 11 a une forme assez régulièrement quadrilatère et nous présente par conséquent : i” deux faces, que l’on distingue en externe et interne) 2° quatre angles.

Face externe ou exocranienne. —

La face externe (fig. 15i), fortement convexe, nous présente à son centre une saillie arrondie ; c’est la bosse pariétale. Elle est beaucoup plus marquée chez l’enfant que chez l’adulte.

Au-dessous d’elle, se voient deux lignes courbes, demi-circulaires et à peu près concentriques, dont la concavité regarde en bas et en avant. Ce sont les deux lignes temporales: l’in-

Pariétal. face externe ou convexe.

1, bord supérieur. — 2, bord inférieur. — 3, bord postérieur. — 4, bord antérieur. — 5, bosse pariétale. — G, G, la double ligne temporale. — 7, trou pariétal. — 8, partie de Tos sur laquelle le muscle temporal prend ses insertions.)

OSTEOLOGIE

férieure donne insertion eau muscle temporal : la supérieure donne attache à l’aponévrose de ce muscle.

La portion de l’os qui est située au-dessus des lignes temporales et régulièrement arrondie et lisse; elle répond à l’aponévrose épicranienne.

La portion qui est située au-dessous fait partie de la fosse temporale (voy. cette région, p. 179). Elle répond, à l’état frais, au muscle temporal.

2° Face interne ou endocranienne. — La face interne du pariétal (flg. 155) est fortement concave.

Nous y voyons tout d’abord, à son centre, une dépression, la fosse pariétale; elle

correspond à la bosse de même nom.

Nous y rencontrons ensuite tout un système de gouttières ramifiées, qu’on a comparées aux nervures d'une feuille de figuier.

La gouttière principale, le tronc pour ainsi dire qui fournit presque toutes les autres, part de l’angle antéro inférieur du pariétal et, de là, se dirige obliquement en haut et en arrière; elle est parfois transformée, à son origine, en un canal complet. Un peu en arrière de cette gouttière principale, s’en trouvent d’ordinaire une ou deux autres, qui partent, non plus de l’angle, mais du bord inférieur de l’os. Dans ces gouttières rameuses du pariétal cheminent les ramifications de l’artère et des veines méningées moyennes.

- Moulée sur le cerveau, la face interne du pariétal est parsemée d’impressions digitales et d’éminences mamillaires, correspondant exactement aux circonvolutions et aux anfractuosités cérébrales.

Elle nous présente enfin , dans le voisinage du bord supérieur, une série de dépressions ou fossettes irrégulières, particulièrement accusées chez le vieillard : elles sont en rapport avec de petites masses granuleuses, qui se développent sur les méninges et que nous étudierons plus tard sous le nom de corpusculus de Pacchioni (voy. Méninges). Ces fossettes occupent presque toujours l’extrémité d’une des gouttières vasculaires dont il a été question plus haut.

S"" Bords. — Les quatre bords du pariétal se distinguent, d’après leur orientation, en supérieur, inférieur, antérieur et postérieur. Ils sont tous plus ou moins rectilignes, à l’exception du bord inférieur qui est concave.

a. Bord supérieur. — Le bord supérieur répond, sur le crâne articulé, à la ligne médiane. Très épais et fortement dentelé, s’articule avec le bord correspondant du pariétal opposé, pour former la suture sagittale.

Fig. 155.

Pariétal, face interne ou concave.

1, bord antérieur. — 2, bord supérieur. — 3, bord postérieur. — 4, bord inféi’ieur. — 5, ano-le antéro-supérieur. — 6, angle antéroinférieur. — 7, angle postéro-inférieur. — 8, angle postéro-supérieur. — 9, fosse pariétale. — 10, trou pariétal. — 11, 12, 13, gouttières vasculaires (feuille de figuier). — 14, gouttière du sinus latéral.

os DU CRANE

11 est creusé, du côté de la face interne, d’une demi-gouttière qui, en se réunissant avec la demi-gouttière du côté opposé, constitue une gouttière complète : c’est la gouttière longitudinale, où chemine d’avant en arrière le sinus longitudinal supérieur. Près du bord supérieur du pariétal ou quelquefois même sur ce bord à 2 ou 3 centimètres en avant de l’angle postéro-supérieur, existe d’ordinaire un petit trou, le trou pariétal, dans lequel s’engage une veine, la veine émissaire de Santorini.

Sur la portion du bord supérieur qui répond à ce trou, les dents osseuses s’atténuent considérablement ou même disparaissent d’une façon complète. De ce fait, la suture sagittale est naturellement fort simple (fig. 170,5) ; nous verrons plus loin (p. 254) qu’on donne à cette région du crâne le nom déobélion.

b. Bord inférieur. — Le bord inférieur est nettement concave. Mince et tranchant, fortement taillé en biseau aux dépens de la table externe, il s’articule avec la portion écailleuse du temporal.

c. Bord antérieur. — Le bord antérieur, finement dentelé, s'articule avec le frontal. Il est, lui aussi, taillé en biseau, aux dépens de la table externe dans ses deux tiers supérieurs, aux dépens de la table interne dans son tiers inférieur.

d. Bord postérieur . — Le bord postérieur, armé de longues dentelures, s’articule avec l’occipital pour former la suture lambdoïde.

• 4*^ Angles. — Les angles du pariétal sont au nombre de quatre, deux antérieurs et deux postérieurs :

a. Angle antéro-supérieur . — L’angle antéro-supérieur est droit. Il s’articule, en avant avec le frontal, en dedans avec le pariétal du côté opposé.

b. Angle antéro-inférieur . — L’angle antéro-inférieur, mince, aigu, allongé, s’articule avec la grande aile du sphénoïde. C’est sur la surface interne de cet angle qu’est creusée la gouttière, déjà décrite, de l’artère méningée moyenne, d’où la recommandation, écrite dans tous les traités de médecine opératoire, de ne jamais pratiquer sur ce point l’opération du trépan.

c. Angle postéro-supérieur. — L’angle postéro-supérieur, légèrement obtus, s’articule à la fois avec l’occipital et avec le pariétal du côté opposé.

d. Angle postéro-inférieur . — L’angle postéro-inférieur, légèrement tronqué ou même écbancré, se loge dans l’angle rentrant que forme la portion mastoïdienne du temporal avec la portion écailleuse du même os. Il est creusé, du côté de la face endocranienne, d’une portion de gouttière, généralement très visible, qui contribue à former la gouttière latérale.

5° Conformation inférieure. — La constitution anatomique du pariétal rappelle beaucoup celle du frontal. Le diploé, relativement assez abondant à la partie supérieure de l’os, est beaucoup plus rare à sa partie inférieure. Il n’y forme pas une nappe continue, mais, comme le remarque Sappey, de simples îlots irréguliers, dans l’intervalle desquels les deux tables externe et interne se confondent.

Connexions. — Le pariétal s’articule avec cinq os du crâne ; en avant, avec le frontal ; en arrière, avec l’occipital; en haut, sur la ligne médiane, avec le pariétal du côté opposé; en bas, avec le temporal et le sphénoïde.

Insertions musculaires. — Le pariétal donne insertion à un seul muscle ; le muscle temporal. Cette insertion est située sur la face exocranienne de l’os, immédiatement au-dessous de la ligne courbe inférieure (voy. fig. 154, 8).

Développement. — Gomme l’écaille temporale et la partie supérieure de l’occipital, le pariétal se développe aux dépens du crâne membraneux, sans préexistence du cartilage. Il provient d’un seul point d’ossification, qui apparaît, vers le 45“ jour de la vie intra-utérine, dans le point

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