‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 27 sur 176 · T. I, 6® ÉD!T · texte numérisé non relu

T. I, 6® ÉD!T

OSTEOLOGIE

où sera plus tard la bosse pariétale. De ce centre d’ossification partent des travées osseuses rayonnantes, qui se prolongent en tout sens, en formant deux couches : l'une, profonde, qui deviendra la table interne de l’os : l’autre, superficielle, qui deviendra la table externe. 11 résulte d’un tel mode de développement, que le pariétal affecte pendant longtemps une forme irrégulièrement circulaire et se trouve ainsi séparé des os voisins par de larges espaces membraneux, qui constituent ce qu’on appelle les fontanelles. Ce n’est que plus tard que le pariétal, envahissant ces espaces, les comble peu à peu et acquiert sa configuration définitive, qui est celle d’un quadrilatère (voy. à ce sujet, Bianchi, Sullo sviluppo dell'osso pariétale umano/Arch . ital. Anat. e Embriûl., 1903),

Variétés. — 1° On a vu le pariétal constitué par deux pièces osseuses superposées et séparées l’une de l’autre par une suture antéro-postérieure sensiblement parallèle à la suture sagittale (Suture sous-sagittale de Pozzi). Voy. à ce sujet Gruber, Arch. f. path. Anatomie. 1870 ; Hardlicka, Divisions of the pariétal bone in man and other mammals, Amer. Journ. of. nat. History, vol. XIX, 1903).

2» Lorsqu’on examine un crâne au 5® mois de la vie fœtale, on s’aperçoit que, tandis que les deux pariétaux sont à peu près en contact dans la plus grande partie de leur étendue, il existe un point correspondant à la ligne de jonction des deux trous pariétaux, où les deux os sont encore séparés par un espace dont l’étendue, soit en longueur, soit on largeur, atteint plusieurs centimètres. Que cet espace, persiste après la naissance et l’on aura, en avant de la fontanelle postérieure. une deuxième fontanelle plus petite, c'est la fontanelle sagittale. Signalée depuis longtemps par Gerdy (Thèse inaug., Paris, 1837) et par Barkow (Comparative Morphology), mais particulièrement bien étudiée, à une époque plus récente, par Hamy (Journal de T Anat., 1870-71), par Broga (Bull, de la Soc. d'Anthrop., 1873) et par Augier (Thèse inaug., Paris, 1875), la fontanelle sagittale siège à 2 centimètres en avant du lambda, sur la suture des deux pariétaux. Elle peut être unilatérale, affectant alors la forme d’un petit triangle; ou bien elle empiète à la fois sur l’un et l’autre des pariétaux d’une façon symétrii[ue et, dans ce cas. elle revêt une forme losangique Les dimensions de la fontanelle sagittale varient de 1 à 30 millimètres. On la rencontrerait, d’après Broca, une fois sur quatre, sur les enfants nouveau-nés.

3° Le travail d’ossitication tendant à combler la fontanelle sagittale par ses bords, il arrive un moment où cette lacune intejqjariétale n’est plus représentée que par une simple scissure, à direction transversale, qui peut persister chez l'adulte. Ainsi se trouve constituée une anomalie nouvelle, Vincisure pariétale.

4“ Les dimensions du trou pariétal varient, d’ordinaire, d'un tiers de millimètre à un millimètre. A la suite d’un trouble de fossitication, on le voit atteindre de 4 à 5 millimètres et même davantage. 3 centimètres (Larrey), la largeur du doigt (IIumbury). Quant au nombre des trous pariétaux, il est tout aussi variable : il n’en existe souvent qu’un seul, et, dans ce cas, le trou pariétal unique peut se trouver, soit sur la ligne médiane, soit en dehors de cette ligne, à gauche ou à droite. Il peut y en avoir trois, deux d’un coté et un seul du côté opposé. Il peut, enfin, en exister quatre, deux de chaque coté. Il semblerait résulter des observations de Broca que les trous pariétaux, quel qu’en soit le nombre, ne sont que de simples vestiges d’une scissure horizontale, l’f«cisure pariétale signalée ci-dessus, qui se serait fermée sur tous les autres points.

5® Au sujet de la double ligne temporale, voyez Schwegl, ZeilscJuûft f. rat. Med., 1861, t. XI, p. 392 ;IIyrtl, Denkschr. d. Wiener Akad., vol. XXXII; Jhering, Arch. f. Anat. und Physiol., 1875.

§ Vi. — Temporal

Le temporal, ainsi appelé parce qu’il est situé à la région de la teinpe, est un os pair, occupant, de chaque côté de la boîte crânienne, tout l’espace qui se trouve compris entre l’occipital, le pariétal et le sphénoïde. Il renferme dans son épaisseur les organes essentiels de l’audition et acquiert, de ce fait, une importance toute particulière.

Morphologiquement, le temporal diffère suivant les âges, et ses modifications sont telles qu’avant d’entreprendre la description de l’os adulte, nous croyons devoir indiquer sommairement quelle est la constitution anatomique de l’os fœtal et quelles sont les transformations évolutives que présente ultérieurement cet os fœtal pour arriver à son complet développement. Cette excursion préalable sur le terrain embryologique nous paraît ici indispensable : elle nous fixera nettement, d’abord, sur certains détails que nous rencontrerons plus tard au cours de notre description ; elle permettra ensuite à l’élève de rectifier de lui-même certaines

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