C. — Zone antérieure ou faciale
1° Droits de l'œil
2° Gand oblique de l'œil
3° lieleveur de la paupière supérieure . .
4° Orbiculaire des paupières[tendon direct) 5° Sourcilier
\ Face inférieure et base des petites ailes du sphét noïde.
I Face inférieure des petites ailes du sphénoïde.
I Face inférieure des petites ailes du sphénoïde.
( Apophyse orbitaire interne du frontal (en partie [ seulement).
I Partie interne de l’arcade sourcilière.
I III. — Développement général du crâne
Le crâne est primitivement membraneux, c’est-à-dire constitué dans toute son étendue par des cellules embryonnaires, au sein desquelles cheminent quelques vaisseaux. Mais bientôt (le quatrième jour chez le poulet, le quinzième jour chez le lapin, au deuxième mois chez l’homme), survient une première et importante différenciation. La moitié inférieure, en effet, est rapidement envahie par la chondrine et se transforme en cartilage, tandis que la moitié supérieure persiste à l’état de simple membrane. La première de ces parties ou crâne cartilagineux (plaque basilaire de Kôlliker) forme la hase de la boîte osseuse, c’est-à-dire l’ethmoïde, le sphénoïde (moins l’aile interne de l’apophyse ptérygoi’de), la portion fibreuse du temporal et l’occipital (moins la partie supérieure de l’écaille). La seconde ou crâne membraneux constituera la voûte, c’est-à-dire le frontal, les
CRANE EN GÉNÉRAL
pariétaux, les deux portions écailleuse et tympanale du temporal, la partie supérieure de récaille et, enfin l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde.
Le développement respectif de la base et de la voûte du crâne se poursuit donc suivant les deux modes particuliers de l’ossification : au sein du tissu cartilagineux pour la base au sein du tissu fibreux pour la voûte.
1° Développement de la base. — Le développement de la base ne présente rien de bien spécial (voir plus loin. Théorie vertébrale du crâne). Un certain nombre de points d’ossification, déjà énumérés à propos de chaque os, apparaissent dans le bloc cartilagineux primitif. Ils s’étendent ensuite par leur circonférence et finissent par se rejoindre ou même par se fusionner.
A la naissance, la lame criblée et l’apophyse crista galli de fethmoïde, la lame quadrilatère du sphénoïde sont encore à l’état cartilagineux. Les autres parties, déjà transformées en tissu osseux, ne sont cependant pas entièrement réunies.
L’ossification poursuit son oeuvre et le développement de la base ne se complète guère que vers l’âge de six ou sept ans.
2° Développement de la voûte. — Le développement de la voûte est plus complexe. Four en faciliter l’étude, nous examinerons successivement : 1° le crâne de V enfant ; 2° le crâne de V adulte; b°le crâne du vieillard.
A. CuANE DE l’enfant (PÉRIODE fontanellaire) . — Los nombroux points d’ossifica tion , primitifs ou complémentaires, qui se disséminent dans le crâne membraneux pour présider à la formation de chacun des os de la voûte et que nous avons déjà étudiés en détail, procèdent, dans leur extension, du centre à la circonférence. Il résulte d’un pareil mode d’accroissement que les angles des diverses pièces crâniennes, qui sont les points les plus éloignés du centre, sont les derniers envahis par la substance osseuse . L’ossification n’étant pas encore terminée au moment de la naissance, les régions vers lesquelles convergent ces angles persistent à l’état de membrane fibreuse : ces espaces membraneux, non encore ossifiés, ont reçu le nom Aq' fontanelles . La connaissance de leur situation et de leur forme est importante surtout pour l’accoucheur, qui peut, grâce à elles, acquérir des notions précises sur la position du foetus encore enfermé dans les parties maternelles.
Normalement, les fontanelles sont au nombre de six. Nous les distinguerons en médianes et latérales. Les premières, comme leur nom l’indique, sont médianes, et impaires. Les autres sont paires et symétriques :
Les fontanelles médianes, au nombre de deux (fig. 178 et 179) se distinguent en antérieure et postérieure. — La fontanelle antérieure, de beaucoup la plus grande, se trouve située à l’union du frontal et des deux pariétaux, au point connu en
Fig. 178.
Tête de fœtus à terme, vue d’en haut.
1, 1, frontal. — 2, 2, pariétal. — 3, occipital, — 4, suture fronto-pariétale — 5, suture métopique. — 6, suture sagittale. — 7, fontanelle antérieure ou bregmatique.— 8, fontanelle postérieureoulambdatique. — PP, diamètre bi-pariétal. — TT, diamètre bi-temporal.
OSTÉOLOGIE
craniologie sous le nom de bregma. Pour ces deux raisons, on l’appelle encore grcnide fontanelle^ fontanelle bregmatique. Elle affecte la forme d’un losange à bords curvilignes et rentrants. Chez le nouveau-né, le grand axe du losange, dirigé d’arrière en avant, est de 4 à 5 centimètres ; le petit axe ou axe transversal mesure de 2 centimètres et demi à 4 centimètres. — La fontanelle postérieure, encore appelée petite fontanelle ou fontanelle lambdatique, est située au point de convergence des deux pariétaux et de l’occipital (lambda des craniologistes). C’est un petit espace de forme triangulaire, qui est généralement oblitéré au moment de la
naissance.
Les fontanelles latérales sont moins importantes que les précédentes. Au nombre de quatre, deux de chaque côté, elles sont : l’une antérieure (fig. 179,9), située au point de concours du frontal, du pariétal, du temporal et de la grande aile du sphénoïde (ptérion des craniologistes) ; l’autre postérieure (lig. 179, 8), située entre le pariétal, l’occipital et la portion mastoïdienne du temporal [astérion des craniologistes). Avec Pozzi, nous désignerons ces deux fontanelles sous les dénominations, à la fois plus brèves et plus expressives , de fontaîielle ptérique et de fontanelle astérique.
La membrane qui comble les espaces fontanellaires est composée de trois couches : une couche externe, qui se continue avec le périoste des os voisins ; une couche moyenne^ adjacente au tissu osseux déjà formé et destinée à s’ossifier de proche en proche ; une couche interne, formée par la dure-mère.
Après la naissance, l’ossification continue à se faire aux dépens de la couche moyenne. Les angles osseux s’avancent graduellement à la rencontre les uns des autres, diminuant ainsi progressivement l’aire des fontanelles. La grande fontanelle, qui est la dernière à disparaître, est entièrement fermée d’ordinaire vers l’àge de deux à trois ans et, du même coup, la période fontanellaire est terminée.
Outre les fontanelles sus-indiquées, on rencontre quelquefois sur le crâne du nouveau-né et même des enfants, d’autres espaces membraneux non encore oblitérés, constituant des fontanelles anormales ou surnuméraires. Telles sont ;
l°La fontanelle sagittale ou fontanelle de Gerdg. située entre les deux pariétaux, au point où la suture sagittale cesse d’être dentelée pour devenir à peu près rectiligne [obélion des craniologistes) ; c’est un petit losange, dont l’axe transversal s’étend d’un trou pariétal à l’autre.
2“ La fontanelle naso-frontale, encore appelée .s us -nas al eoxi glabellaire,, fréquente chez les hydrocéphales. Elle est limitée; en haut, par les angles internes et, inférieurs des deux moitiés du frontal ; en bas, par les os propres du nez. Elle est occupée parfois, chez l’adulte (1 fois sur 100 d’après Raubeu), par un osselet surnuméraire l’o5 supra-nasal ou sus-nasal.
3“ La fontanelle médio-frontale ou ?ne7op/f/</e, située un peu au-dessus de la précédente, dans le quart ou le cinquième inférieur de la suture métopique ;eile peut, elle aussi, être fermée par une pièce osseuse indépendante, l’o.? xnétopique (voy. p. 128).
4° La fontanelle cérébelleuse, signalée pour la première fois par Hamx (Bull. Soc. d'Anthrop., 1807), qui occupe la partie moyenne de la base de l’é(;aille occipitale, immédiatement en arrière du trou occipital; elle est due à l’absence d’un point d’ossification complémentaire qui se trouve situé à ce niveau et que nous avons déjà signalé (p. 149) sous le nom d’osselet de Kerkring.
Fig. 179.
Tête de fœtus, vue par sa face latérale droite.
1, frontal. — 2, pariétal. — 3, occipital. — 4, cercle tympanal. — 5, temporal. — 6, fontanelle antérieure ou bregmatique. — 7, fontanelle postérieure ou lambdatique. — 8, fontanelle postérolatérale ou astérique. — 9, fontanelle antéro-latérale ou ptérique.
CK ANE EN GENERAL
B. Granü de [/adulte (période ostéo-suturale). — Quand tous les os de la voûte sont arrivés au contact par suite de la disparition des fontanelles, les aiguilles osseuses qui forment leur circonférence s’entrecroisent et se pénètrent réciproquement. Il en résulte un entrelacement tout à fait semblable à celui que l’on obtiendrait en faisant pénétrer chacun des doigts d’une main dans les espaces interdigitaux de l’autre. Les aiguilles osseuses en question peuvent même émettre par leurs faces latérales des dentelures de second ordre, qui s’engrènent de la même façon avec des dentelures similaires. La pénétration est simple dans les premières années de la vie ; elle est double vers l’âge de quinze ans ; plus tard, elle peut devenir triple.
Ces lignes sinueuses et dentelées, suivant lesquelles les os de la voûte s’unissent entre eux, constituent les sutures. On trouve sur la voûte du crâne les sutures suivantes : 1° la suture sagittale, entre les deux pariétaux; 2° la suture métopique ou médio- frontale, entre les deux moitiés du frontal ; 3° la suture coronale ou fronto - pariétale , située entre le frontal et les deux pariétaux, dans une directiou perpendiculaire aux deux précédentes ; 4® la suture lamhdoïde, entre l’écaille de l’occipital et le bord postérieur des deux pariétaux, en forme de A grec ou de V renversé (a) ; enfin, sur la région latérale, et en allant d’arrière en avant : la suture pariétomastoïdienne , la suture écailleuse ou temporo-pariétale et, tout à fait en avant, les diverses sutures qui constituent l’H du ptérion (voy.
p. 255) et à laquelle concourent quatre os, le frontal, le pariétal, l’écaille du temporal et la grande aile du sphénoïde.
Les sutures jouent, dans le développement du crâne chez l’adulte, un rôle considérable. Entre les deux lèvres de chacune d’elles se trouve une couche fibreuse, la membrane suturale., qui représente les vestiges de la couche moyenne des fontanelles. Tant que cette membrane persiste, l’os continue à croître en surface. Elle est, par conséquent, aux os du crâne ce que le cartilage de conjugaison est aux os longs des membres. Mais il arrive un moment où l’ossification envahit la membrane suturale, comme elle a envahi la couche moyenne des fontanelles . Les diverses pièces de la voûte sont dès lors soudées entre elles et le crâne ne peut plus augmenter de capacité. C’est à cette disposition que Fort donne le nom de synostose.
11 existe une synostose physiologique et une synostose pathologique. — La synostose physiologique déh\iiQ vers l’âge de quarante-cinq ans. Gratiolet a prétendu qu’elle marche d’arrière en avant dans les races supérieures et d’avant en
Fig. 180.
Voûte du crâne, surface extérieure ou exocranienne.
1, frontal. — 2, 2, pariétaux. — 3, occipital. — A, suture fronto-pariétale. — 5, suture sagittale. — 6, 6, trous pariétaux. — 7, 7, suture lambdoïde ou pariéto-occipitale.
OSÏEOLOGIE
arrière clans les races infe'rieures. Les lobes antérieurs du cerveau auraient ainsi une plus longue période d’accroissement chez les premières. Mais cette loi de Gra- TioLET n’a pas été confirmée par les recherches ultérieures de Pommerol {Bull. Soc. dWnthrop., 1874 et 1875) et de Sauvages {Recli. sur V état sénile du crâne, Th. Paris, 1876). D’après ces derniers auteurs, l’oblitération des sutures commence parla région de la suture sagittale appelée obélion (p. 254) et s’étend ensuite à peu près symétriquement dans tous les sens. Toutefois, il faut tenir compte des nombreuses variations individuelles. — La syîiostose pathologique est caractérisée par l’oblitération prématurée des sutures. La conséquence est facile à prévoir : le crâne sera dans l’impossibilité de s’accroître et l’encéphale subira, de ce fait, un arrêt de développement. Cette synostose prématurée peut être totale ou partielle. Dans le cas de synostose totale, le crâne se trouve réduit dans toutes ses dimensions à la fois : il en résulte une microcéphalie. Si la synostose précoce est partielle, c’est-àdire frappe seulement une ou plusieurs sutures, la région du crâne correspondant à ces sutures sera seule arrêtée dans son développement : les autres régions continueront à croître et il en- résultera des déformations de la boîte crânienne, qui deviendra le plus souvent asymétrique. Suivant que telle ou telle suture sera atteinte, la déformation crânienne affectera telle ou telle variété, scaphocéphalie trigonocéphalie, plagiocéphalie, etc. (voy., pour plus de détails, les Traités d' Anthropologie et les Traités d\matomie topographique).
L’accroissement de la boîte crânienne peut-il se faire autrement que par le jeu des sutures? 11 résulte des expériences de Gudden {Recherches expérimentales sur la croissance du crâne, trad. Florel, Paris, 1876) que les os du crâne peuvent encore s’étendre en surface par un accroissement interstitiel. Quant à V accroissement en épaisseur, il s’effectue aux dépens de la couche celluleuse sous-périostique et de la surface adhérente delà dure-mère.
C. Crâne du vieillard (état sénile). — L’état sénile du crâne est caractérisé : P par V oblitération de toutes les sutures ; 2° par des troubles trophiques, qui altèrent la constitution même du tissu osseux.
a) L' oblitération des sutures est le dernier terme de la synostose physiologique décrite plus haut. Nous avons vu qu’elle débutait environ vers l’âge de quarantecinq ans. Sauf de rares exceptions, la synostose est complète vers l’âge de soixantequinze à quatre-vingts ans.
|î) Les troubles trophiques consistent essentiellement dans l’amincissement du diploé et l’atrophie de la lame externe. L’épaisseur du crâne se trouve ainsi considérablement réduite ; et, comme ces phénomènes se produisent par places isolées, il en résulte des dépressions ou godets de la convexité de la voûte. Cette déformation s’observe principalement sur la région de la bosse pariétale ; elle est ordinairement symétrique. A côté de ces phénomènes d’ordre atrophique, on constate souvent la présence de dépôts osseux irréguliers sur la surface endocranienne, • notamment au niveau du frontal. En somme, il survient chez le vieillard une perversion de l’activité nutritive, qui se traduit par des phénomènes inverses : d’une part, par l’atrophie et, de l’autre, par une hyperplasie irrégulière du tissu osseux.
§ IV. — Théorie vertébrale du crâne
L’encéphale n’étant que la continuation de la moelle épinière, il était tout naturel de penser que la cavité crânienne, qui l’abrite, n’est pareillement que la
THEOKIE VERTEBUALE DU CRANE
continuation de la colonne vertébrale. Et, cependant, jusqu’à la fin du siècle dernier, nous ne trouvons à ce sujet, dans la littérature anatomique, que quelques allégations très vagues et toujours incidentes.
Le 4 mai 1790, Goethe dans une lettre qu’il écrivait de Venise à de Hauder, formule en termes très précis l’analogie qui existe entre le crâne et le rachis. Malheureusement, l’illustre naturaliste attendit dix-sept ans pour faire connaître son opinion au monde scientifique, laissant à Oken le temps de le devancer et de recueillir à son profit tout l’honneur d’une pareille découverte.
C’est, en effet, en 1807, que Oken prend possession de sa chaire de professeur à rUnivei sité d’Iéna et établit dans une leçon restée célèbre le fait de la constitution vertébrale du crâne. « Gomme je descendais, dit-il, de l’Henstein, par l’ancienne route du côté du sud, je vis à mes pieds un superbe crâne de biche ; le ramasser, le retourner, le considérer me suffit; l’idée que c’était une colonne vertébrale me traversa l’esprit comme un coup de foudre et depuis cette époque, le crâne n’est plus pour moi qu’une colonne vertébrale. »
Oken distingua tout d’abord trois vertèbres dans la constitution de la boîte crânienne : 1® une vertèbre postérieure on occipitale, constituée par l’occipital; 2° une vertèbre moyenne ou sphéno -pariétale , formée par la partie postérieure du sphénoïde et par le pariétal (Oken fait abstraction du temporal, comme ne faisant pas partie du crâne); 3® une vertèbre antérieure ou sphéno - frontale , comprenant la partie antérieure du sphénoïde et le frontal.
Plus tard, il en ajouta une quatrième, la vertèbre ethmoïdo-nasale, qui a été également admise depuis par de Blainville et par Richard Owen.
Avant d’étudier ces vertèbres crâniennes, il est indispensable de bien nous fixer sur la constitution anatomique d’une vertèbre en général, de ce que nous appellerons la vertèbre-type .
1® Éléments constitutifs d une vertèbre, vertèbre type. — En anatomie philosophique et envisagée dans son sens le plus large, la vertèbre n’est pas cet os court que nous avons décrit plus haut comme l’élément constitutif de la colonne vertébrale et que nous avons vu se réduire à un corps ou centrum et à une série d’apophyses circonscrivant en arrière du centrum un orifice, le trou vertébral ou neural, destiné à loger la moelle. Ce n’est là qu’une vertèbre incomplète ou, si l’on veut, qu’une portion de la vertèbre-type.
Celle-ci se complète, en avant, par l’apparition d’un nouvel orifice, beaucoup plus grand que le précédent, qui est destiné à loger les organes des trois grands appareils digestif, respiratoire et circulatoire et auquel, pour cette raison, on donne le nom de trou viscéral ou trou hæmal (de atfjia, sang) de la vertèbre.
La vertèbre, à l’état parfait, la vertèbre-type se compose donc de trois parties essentielles, savoir :
1° Un corps ou centrum ;
2® Un premier arc, situé en arrière du centrum, c’est Varc neural, circonscrivant un orifice, V orifice neural ;
3° Un deuxième arc, situé en avant du centrum, c’est \arc hæmal, circonscrivant lui aussi un orifice, V orifice hæmal.
Quant au mode de constitution de ces deux arcs, l’arc postérieur nous est déjà connu : il est formé par les deux lames vertébrales {neur apophyses d’OwEN) qui, implantées en avant sur le centrum, se réunissent en arrière sur la ligne médiane, en laissant échapper au point de leur coalescence un prolongement
ANATOMIE HUMAINE. — T. !, 6® ÉOIT. 25
OSTÉOLOGIE
plus ou moins développé, l'apophyse épineuse ou neurépine. Les neurapophyses présentent le plus souvent des apophyses secondaires, destinées à les relier aux éléments similaires des vertèbres voisines : ce sont les apophyses articulaires ou zy g apophyses.
L’arc antérieur, beaucoup plus compliqué, comprend une série de segments articulés les uns à la suite des autres. Nous trouvons tout d’abord, sur les cotés du centrum, deux prolongements à direction transversale, les apophyses transverses ou diapophyses. Aux diapophyses font suite les côtes, qui prennent dans la
nomenclature d’OwEN le nom de pleurapophyses . Les côtes, à leur tour, viennent s’implanter sur une pièce impaire ou médiane, plus ou moins saillante en avant, c’est le sternum ou hæmépine. L’arc antérieur, on le voit, abstraction faite de la multiplicité de ses segments, répète exactement la disposition et la forme de l’arc postérieur.
Avant d’aller plus loin , nous devons signaler, dans la région de l’arc antérieur, la présence de deux éléments supplémentaires. Ce sont : 1° parapophyses, indépendantes , chez quelques poissons , qui s’im-
plantent sur les côtés du centrum, 'f un peu en avant des diapophyses,
XXX — -r, x^aïuiiagc Oicriixti uu Sieme- ^ L L J ’
moelle. — 3, arc liæmal bral. — 5, une pièce du sternum ou d’où le nOIO d’apOphyseS traUSVerseS pour les visccres. slernèbre. i i .y
antérieures, qui leur a été donné; 2° les hypapophyses, prolongements impairs et médians, qui se détachent de la face antérieure du centrum pour se diriger en avant, à la manière d’une épine; la vertèbre lombaire du lièvre nous en offre un exemple très net.
2° Leurs variations. — Ainsi entendue, la vertèbre-type est une simple expression anatomique, qui ne se trouve réalisée nulle part dans la nature. Il n’est aucun animal, en effet, qui la possède à l’état de perfection absolue. Si nous parcourons, à cet égard, les nombreux degrés de l’échelle zoologique, nous voyons la vertèbre se modifier sans cesse, perdre ici un de ses éléments, là un autre, présenter enfin, soit dans son ensemble, soit dans ses détails, une longue série de modalités dont la description précédente n’est que la synthèse. Pour nous en tenir à l’anatomie humaine , nous voyons les vertèbres varier avec les différentes régions de la colonne dans des proportions souvent fort étendues.
a. Arc neural. — L’arc neural, et la neurépine qui s’en échappe, sont bien développés dans toutes les régions, la région coccygienne exceptée. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un simple coup d’œil sur le plan dorsal d'une colonne vertébrale : le canal vertébral se poursuit sans discontinuité, depuis le trou occipital, auquel il fait suite, jusqu’au sommet du sacrum.
b. Arc hæmal. — Mais il n’en est pas de même de l’arc hæmal : celui-ci n’existe pour ainsi dire à l’état parfait qu’à la partie supérieure du thorax, où nous rencontrons sept cercles complets, constitués, pour chacun d’eux, par la face anté-
Fig. 181.
Vertèbre caudale de poisson.
1, centrum ou corps.
de mammifère.
3, comme dans la figui
THÉORIE VERTÉBRALE DU CRANE
rieure du centrum, deux apophyses transverses, deux côtes, deux cartilages costaux et une pièce sternale. Partout ailleurs, Tare hæmal est incomplet ou même tellement réduit qu’il faut toutes les ressources de l’embryologie ou de l’anatomie comparative pour nous permettre d’en reconnaître les divers éléments.
Déjà, à la partie inférieure du thorax^ l’élément sternal a disparu et les côtes deviennent plus ou moins libres au milieu des parties molles.
A la région lombaire, les côtes elles-mêmes ont disparu en tant que pièces indépendantes. Les apophyses transverses qui les représentent et qui seraient bien mieux dénommées apophyses costif ormes, sont soudées au centrum; quant aux apophyses transverses proprement dites, elles sont représentées par ces tubercules accessoires, que nous avons décrits sur la partie postérieure de la racine des appendices costiformes, un peu en dehors des apophyses articulaires supérieures. Du sternum, il n’en reste d’autre trace que la ligne blanche abdominale, à laquelle viennent aboutir, comme homologues des cartilages costaux, les insertions aponévrotiques du muscle grand droit.
A la région sacrée^ pas de sternum et pas de côtes apparentes : l’embryologie nous démontre qu’il faut chercher les éléments de ces dernières dans les parties antérolatérales du sacrum, où l’on voit encore, à la période fœtale trois ou quatre points d’ossification spédiQiWiL (points costaux de Gegenbaur), correspondant exactement à la série des points d’ossification des côtes. Les apophyses transverses des vertèbres sacrées sont visibles encore à la face postérieure de l’os, où elles affectent la forme de simples tubercules placés en dehors des trous sacrés.
A la région coccygienne, la vertèbre se trouve réduite à son corps: encore ce corps
est-il le plus souvent très rudimentaire. L’arc neural a disparu sans laisser le moindre vestige. Il en est de même de l’arc hæmal, du moins chez l’homme; car, chez les poissons, chaque pièce coccygienne possède en avant du centrum un anneau complet (os en V de l’anatomie ichthyologique), véritable arc hæmal destiné à protéger l’artère caudale.
Si nous remontons maintenant au-dessus du thorax, nous voyons l’arc hæmal tout aussi réduit à la région cervicale qu’à la région lombaire . Ici encore la côte, extrêmement réduite, s’est fusionnée avec l’apophyse transverse correspondante : elle est représentée, sur cette apophyse, par le tubercule antérieur et la portion d’os qui lui correspond en avant de la gouttière où chemine le nerf rachidien flame costale de V apophyse Iransverse) . Quant au sternum, il a, lui aussi, en grande partie disparu. Nous ne voyons, en effet, comme éléments homologues de la formation sternale qu’un tout petit os, le corps de l’os hyoïde, et les deux raphés médians sus-hyoïdien et sous-hyoïdien. En revanche, la région ceivicale nous offre un élément nouveau que nous chercherions vainement dans quelque autre région de la colonne : c’est le trou de l’artère vertébrale, que l’on peut appeler, en raison de sa situation,- le trou transversaire. On admet généralement que ce trou est compris entre l’élément osseux qui constitue l’apophyse
Fig. 183.
Vertèbre thoracique de l’homme.
1, 2, 3, 4, 5, comme dans les flgures 179 et 182. — 6, articulation de la côte avec les corps vertébraux. — 7, articulation de la côte avec l’apophyse transverse.
transverse proprement dite [lame tranversaire) et celui qui représente la côte [lame costale).
3° Lois de ces variations. — Toutes ces transformations de la vertèbre sont soumises à une grande loi, celle de V oAaptation de Vorgane à la fonction qu'il est appelé à remplir.
En arrière de la colonne formée par les corps vertébraux, un organe délicat, la moelle, descend sans interruption de la première vertèbre cervicale à la dernière vertèbre sacrée {disposition foetale) ; sans interruption aussi, Tanneau neural se développe autour d’elle, depuis l’atlas jusqu’à l’extrémité inférieure du sacrun, La moelle, à aucune période de son évolution, n’est en rapport avec le coccyx ; Tare neural ne s’y montre jamais.
Il en est de même en ce qui concerne l’arc hæmal : en avant de la colonne vertébrale, il est une région, importante entre toutes, où se trouvent réunis l’appareil essentiel de la fonction respiratoire, les poumons, et l’organe central de la circulation, le cœur. A ce niveau, l’arc hæmal apparaît avec tous ses éléments et forme à ces organes une sorte de cuirasse protectrice, qui commence au centrum , contourne d’un côté à Tautre la ligne médiane antérieure et vient se terminer à son point de départ, en formant un anneau complet. Au-dessus comme au-dessous de la région cardio-pulmonaire, nous ne rencontrons aucun organe aussi important, aucun organe qui ait besoin d’une protection aussi immédiate ; du reste, la présence d’un système d’arcs costaux articulés avec un sternum eût été grandement préjudiciable au libre jeu des colonnes cervicale et lombaire : pour cette double raison, ces éléments squelettiques, qui eussent été à la fois inutiles ou même nuisibles, ne s’y montrent qu’à un état profondément rudimentaire.
Un argument d’un autre ordre peut être invoqué en faveur de cette subordination de l’organe à la fonction, c’est que, dans les cas où la moelle ne se développe pas ou bien subit un simple arrêt dans son développement, comme dans le spina bifida, l’anneau neural, lui aussi, ne se montre pas ou tout au moins reste incomplet. Ne dirait-on pas que la nature se refuse à façonner un organe que n’attend aucune fonction ?
Examinons maintenant la transformation que subit la vertèbre-type dans le segment le plus élevé de la colonne vertébrale, le crâne.
4° Constitution vertébrale du crâne, vertèbres crâniennes. — Oxen, nous l’avons vu plus haut, distinguait dans le crâne humain (et par ce mot de crâne nous entendons ici la tête osseuse tout entière) quatre vertèbres, savoir : 1° une vertèbre occipitale; une vertèbre sphéno-pariétale ; 3° une vertèbre sphéno-frontale ; 4® une vertèbre ethmoïdo-nasale.
Pour bien comprendre le mode de constitution de ces différentes vertèbres, il importe de se rappeler que le sphénoïde, qui constitue une pièce unique sur le crâne adulte, se compose en réalité de deux pièces distinctes : une pièce antérieure ou sphénoïde antérieur, comprenant la partie antérieure du corps et les petites ailes ou apophyses d’Ingrassias ; une pièce postérieure ou sphénoïde postérieur, formée par la partie postérieure du corps et les grandes ailes. Les deux sphénoïdes, antérieur et postérieur, dont l’indépendance est complète et permanente chez la plupart des mammifères , sont encore distincts chez l’homme au septième mois de la vie fœtale.
Ce point étant bien établi nous résumons dans le tableau suivant la constitution
THEORIE VERTÉBRALE DU GRAxNE
anatomique des quatre vertèbres ce'phaliques en indiquant pour chacune d’elles ses différents éléments constitutifs :
ÉLÉMENTS de la
VERTÈBRE
VERTÈBRE