‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 38 sur 176 · Fig · texte numérisé non relu

Fig

Coupe verticale et transversale de l’orbite et des fosses nasales.

1, orbite. — 2, cellules ethmoïdales . — 3, cornet supérieur. — 4, cornet moyen. — 5, cornet inférieur. — 6, méat supérieur. — 7, méat moyen, en communication, en 7’, avec rinfundibulum et en7”, avec le sinus maxillaire. — 8, coupe de l’arcade zygomatique. — 9, sinus maxillaire. — 10, union du vonier avec les deux apophyses palatines du maxillaire supérieur.

Fig. 234.

La voûte des fosses nasales, vue sur une coupe verticale et antéro-postérieure, passant un peu à

droite de la ligne médiane.

1, os propre du nez. — 2, frontal, avec 2’, son sinus. — 3, masses latérales de l’ethmoïde, avec 3’, lame criblée. — 4, maxillaire supérieur. — o, corps du sphénoïde, avec : 5’, son sinus : 5”, son apophyse ptérygoïde. — G, palatin, avec ; 6’, son apophyse orbitaire; 6”. son apophyse sphénoïdale (une flèche est placée dans le conduit ptérygo-palatin). — 7, trou sphéno-palalin. — 8, cartilage latéral du nez.

que les deux conduits palatins antérieurs, le droit et le gauche, ont deux orifices en haut et un seul en bas : ils ressemblent donc, suivant la longueur de la portion commune, soit à un V, soit à un Y.

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

2° Paroi supérieure ou voûte. — La voûte des fosses nasales (fig. 235) représente une gouttière étroite et fortement courbe, dont la concavité regarde en bas. En allant d’avant en arrière, nous rencontrons comme partie constituante de cette gouttière ;

1° La face postérieure des os propres du nez ;

2° Les parties latérales de l’épine nasale antérieure du frontal ;

3” La face inférieure de la lame criblée de l’ethmoïde ;

4° La face antérieure du corps du sphénoïde ;

5° La face inférieure de ce même corps du sphénoïde, recouverte à ce niveau par les ailes du vomer, d’une part, et, d’autre part, par l’apophyse sphénoïde du palatin.

Constatons, avant de quitter cette paroi, la présence à sa partie toute postérieure, d’un étroit conduit, le conduit plérygo-palalin, que forme en grande partie l’apophyse sphénoïdale du palatin et qui, s’ouvrant en arrière à la partie la plus élevée delà fosse nasale, nous conduit en avant, après un trajet légèrement courbe, dans la fosse ptérygo-maxillaire.

3° Paroi interne. — La paroi interne (tîg. 235) est formée, en haut par la lame verticale de l’ethmoïde, en bas par le vomer.

En se réunissant l’un à l’autre, les

externe, etendue, comme la precé- l* sinus frontal. — 2, apophyse crlsta gain. — 3, lame per-

îormer, savoir ; le maxillaire supérieur, l’unguis, l’ethmoïde, le sphénoïde, la portion verticale du palatin et le cornet inférieur. Fort irrégulière, elle est comme parsemée de dépressions et d’orifices, qui mettent en communication les fosses nasales avec les différents sinus que nous avons déjà décrits sur un grand nombre d’os de la face et du crâne.

Tout d’abord, de cette paroi externe se détachent trois lames osseuses plus ou moins contournées chez fhomme (fig. 233) : ce sont les cornets, que l’on distingue Qii supérieur, moyen et inférieur. — Chacun d’eux présente une face interne ou convexe, une face externe ou concave, un bord supérieur ou adhérent par lequel il se fixe à la paroi, un bord inférieur qui est libre dans la cavité de la fosse

deux os précités ménagent en avant un angle rentrant à large ouverture ; cet angle est comblé à l’état frais par un cartilage, le cartilage de la cloison, lequel prend ainsi une large part à la formation de la cloison des fosses nasales.

La cloison des fosses nasales suit le plan médian ou se déjette plus ou moins à gauche ou à droite : dans le premier cas, elle est régulièrement plane; dans le second, elle est concave ou convexe, suivant celle des deux fosses nasales où on la considère.

4^" Paroi externe . — La paroi

Fig. 235.

Fosses nasales, paroi interne.

OSTEOLOGIE

nasale. — Des trois cornets, les deux premiers font corps avec l’ethmoïde, dont ils ne sont qu’une dépendance. Le troisième est un os isolable et complètement indépendant. — Le cornet supérieur, plus petit que les deux autres, n’occupe que la partie la plus reculée de la fosse nasale. En avant de lui, se trouve une surface quadrilatère, parsemée de nombreux sillons nerveux et vasculaires. — Nous avons déjà fait remarquer, à propos de l’ethmoïde, qu’il existait parfois au-dessus du cornet supérieur un petit cornet surnuméraire, connu sous le nom de quatrième cornet ou de cornet de Santorini.

En s’avançant dans la fosse nasale, chacun des cornets distrait en dehors de lui

une portion de cavité, que l’on désigne sous le nom de méat. De même qu’il y a trois cornets, il existe trois méats, lesquels portent le même nom que les cornets au-dessous desquels ils sont placés : méat supérieur., méat moyen, méat inférieur, chacun d’eux se trouvant compris entre le cornet homonyme et la partie correspondante de la paroi externe de la fosse nasale.

Les orifices des divers sinus qui viennent s’ouvrir dans les fosses nasales se répartissent comme suit :

1° un peu en arrière du méat supérieur, dans le voisinage de la voûte, nous trouvons l’orifice du sinus sphénoïdal ; 2° dans le méat supérieur, l’orifice souvent double, des celkdes ethmoïdales supérieures ; 3° dans le méat moyen, l’orifice du sinus maxillaire, considérablement rétréci par tous les os qui l’entourent (voy. Maxillaire supérieur et, dans le tome III, le Sens de V olfaction) ; 4° au-dessus de lui, l’orifice de l’infundibulum de l’ethmoïde (voy. cet os), où débouche le sinus frontal ; 5° enfin, un peu en arrière de l’infundibulum, l’orifice des cellules ethmoïdales antérieures.

Un orifice et un canal, situés également sur la paroi externe, mettent en communication la fosse nasale avec deux cavités voisines. Ce sont : U le trou sphénopalatin, que l’on trouve un peu en arrière du méat supérieur et qui aboutit, d’autre part, à la fosse ptérygo-maxillaire ; 2° le canal nasal, qui occupe le méat inférieur et fait communiquer ce méat inférieur avec la cavité orbitaire. Nous avons déjà vu, à propos du palatin (p. 218), quel était le mode de constitution du trou sphénopalatin ; nous n’y reviendrons pas ici et décrirons seulement le canal nasal.

Le canal nasal fait suite, en haut, à la gouttière lacrymo-nasale, qui occupe, comme on le sait (p. 239), la partie antérieure de la partie interne de l’orbite. De là, il se porte en bas, en arrière et en dedans, en décrivant dans son ensemble une légère courbe, dont la convexité regarde, en avant, en bas et un peu en dehors. Il mesure, en moyenne, de 10 à 20 millimètres de longueur. Sa largeur est légèrement variable, suivant les points que l’on considère : dans son tiers supérieur, elle

15 U la 12

Fig. 236.

Fosses nasales, paroi externe.

1, sinus frontal. — 2, os propres du nez. — 3, cornet supérieur. — 4, cornet moyen. — 5, cornet inférieur. — G, orifice des cellules ellimoïdales postéi’ieures. — 7, sinus sphénoïdal, avec 7', son orifice dans les fosses nasales. — 8, trou s])héno-palatin.

— 9, orifice du sinus maxillaire. — 10, épine nasale antérieure.

— 11, conduit })alatin intérieur. — 12, apophyse palatine du maxillaire supérieur. — 13, portion horizontale du palatin. — 14, aile interne de l’apophyse ptérygoïde. — 15, aile externe de celte apophyse.

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

est de 4 millimètres ; plus bas, le canal s’évase graduellement à la manière d’un entonnoir et vient s’ouvrir, par sa portion la plus large, à la partie supérieure et antérieure du méat inférieur. Au point de vue de son mode de constitution, le canal est formé : en dehors, par la gouttière nasale du maxillaire supérieur ; en dedans par l’unguis et le cornet inférieur qui complètent cette gouttière. Nous aurons naturellement l’occasion de revenir sur ce canal à propos des voies lacrymales (voy. t. III, Sens de la vue) .

5° Ouverture antérieure. — Sur le squelette et en l’absence du cartilage de la cloison, les deux fosses nasales aboutissent à une ouverture qui leur est commune. Cette ouverture iaperlura pyriformis), circonscrite par les deux maxillaires et les deux os propres du nez, est généralement comparée à un cœur de carte à jouer, dont la base serait dirigée en bas. L’épine nasale antérieure constitue l’échancrure médiane de la base du cœur. L’angle rentrant, formé en haut par le hord inférieur des os propres du nez, en constitue le sommet.

C’est à tort que Alix et Pruner-Bey, reprenant une idée déjà émise par Caru.s, ont voulu faire de l’épine nasale antérieure une disposition anatomique caractéristique de l’espèce humaine. Dans un intéressant mémoire, publié en 1869 {BuU. de la Soc. d’anthropologie, p. 13), Hamy a démontré en effet que l’épine nasale peut faire défaut, chez nous, sur quelques sujets de races inférieures et que, d’autre part, elle existe à l’état de vestige chez plusieurs anthropoïdes et jusque chez les pithéciens et les cébiens.

6° Ouverture postérieure. — L’ouverture postérieure des fosses nasales ichoana narium^ choanes) revêt la forme d’un quadrilatère aux angles arrondis, plus allongé dans le sens vertical que dans le sens transversal.

Elle est formée (fig.

237, à droite et à gauche : en haut, par le corps du sphénoïde , doublé, à sa partie interne, de l’aile du vomer ; en bas, par le hord postérieur concave de la portion horizontale du palatin ; en dehors, par l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde; en dedans, par le bord postérieur du vomer.

Le plan de cette ouverture, assez nettement indiqué par la externe. — 2, corps du sphénoïde (en rose clair). — 3, grande aile du sphé-

^ noïde (en rose clair). — 4, maxillaire supérieur (en jaune clair). — 5, palatin (en

direction du bord pos- èZen clair). — 6, apophyse basilaire de l’occipital [en jaune fort). — 7, vomer (en

. , . vert clair). — 8, cornet inférieur (en vert foncé). — 9, cornet moyen (en violet).

teneur du vomer, est — lO, cornet supérieur (en violet). — 11, conduit palatin postérieur et ses acceslécrpT*ATno + nr 1 soires. — 12, conduit ptérygo-palatin. — 13, canal vidien. — 14, trou ovale. —

ie-,eremeni oniique de ig, trou déchiré antérieur. — 16, malaire (en orange clair). — J 7, rocher (en rose

R mit an Ko a at rl ’ o nnl Ai-.n foncé). — 18, OS propre du nez (en rouge fort). — 19, fente sphéno-maxillaire. —

uauitîii JJclS et U dllieie 20, fosses nasales.

en avant, direction

justement opposée à celle de l’ouverture antérieure. Les recherches craniométriques, entreprises récemment par Escat, sont venues établir que l’inclinaison de

Orifice postérieur des fosses nasales (choanes), vu de face.

1 annnhv'cpfi ArvcrAÏHpc i 'i-*nop p1niv*\ cxmpo • 1’ lonr» intornP * 1” loiir

OSTEOLOGIE

ce plan suit à peu près les variations de l’angle facial : une inclinaison légère coïncide avec un angle facial très ouvert; une inclinaison forte s’observe, au contraire, sur les sujets qui ont un angle facial relativement faible.

Indice nasal. — On désigne sous le nom d’indice nasal le rapport centésimal du diamètre transversal maximum de l’ouverture antérieure des fosses nasales au diamètre vertical maximum du nez, mesuré de l’épine nasale antérieure à la suture naso-frontale :

Diamètre tranverse X 100

Indice = TT T- — ;

Diamètre vertical.

Cet indice, très variable suivant les sujets et suivant les races; oscille de 41,9 [Esquimaux) à 60,2 [Boschimans). Etabli par Broca en 1872 [Bull. Soc. d'Anthr., p. 25), l’indice nasal est accepté aujourd’hui par la plupart des craniologistes comme un caractère anatomique de première importance pour la classification des races humaines. — A ce sujet, on divise les races comme les individus en trois catégories : races à petits indices ou leptorhiniens, possédant un nez mince et étroit; races à grands indices ou platyrhiniens, caractérisées par un nez large et plat ; races à indices moyens ou mésorhiniens, tenant le milieu entre les deux groupes précédents. Voici, du reste, quels sont les chiffres de la nomenclature de Broca :

1® Sont leptorhiniens, les individus dont l’indice = 49,9 et au-dessous.

2° — mésorhiniens, — — — 48 à 52,9.

3° — plalyrliiniens, — — =53 et au-dessus.

Or, il résulte des nombreuses observations qui ont été faites jusqu’ici sur ce sujet, que ; 1® tous les Européens (dans les moyennes bien entendu) sont leptorhiniens ; 2® tous les groupes des races jaunes, à l’exception des Esquimaux, sont mésorhiniens ; 3® tous les nègres, à l’exception des Néo-Calédoniens, sont platyrhiniens.

Il ne faut pas confondre Vmdice nasal avec Vindice de V ouverture nasale, qui est le rapport centésimal de la largeur de l’ouverture à sa hauteur. Ce dernier indice est encore plus x’ariable que le précédent; il oscille de 63,7 (Hollandais) à 85 (Néo-Calédoniens) et même 90,2 (Nègres du Kordofan) .

Voyez, au sujet des fosses nasales : Ranglaret, Étude sur V anatomie et lapatholoyie des cellules elhmoidales , Th. Paris, 1890; — Seydel, Morphol. .Jahrbucli, XVff, 1 ; — Hochstetter, Verliandl.

d. anatom. Gesellscli., 1891 ; — Zuckerkanul, Norm. u. path. Anatomie der Nasenhôhle und ihre pneumatischen Anhdnge , Wien, 1892 ; — Dwight, Fossa prænasalis, The americ. Journ. of med. Sc., 1892; — Mauclaire, Consul, anat. et path. sur la cloison des fosses nasales aux differents âges, Bull. Soc. anat., 1892; — Escat. Évolution et transformations anatomiques de ta cavité naso-pharyngienne, Th. Paris, 1894. — Macalister, The apertura pyriformis. Journ. of Anat. and Physiol, vol. XII, 1898; — Citeixi, Studio suite dimensioni, etc., delle coane nei crani umani adulti, Arcli. ital. laringol., 1903 ; — Dieulafé, Les fosses nasales des vertébrés, Journ. de PAnat., 1904-1905.

§ 111. — Fosse ptérygoïde

Située à la face postérieure de l’apophyse ptérygoïde (fig. 238,1), regardant en arrière et un peu en bas, cette région est creusée presque en totalité dans ce prolongement du sphénoïde. A sa partie inférieure, cependant, elle est encore formée par une petite surface triangulaire, à base inférieure, qui appartient à l’apophyse pyramidale du palatin (voy. cet os). Cette surface triangulaire (6) vient s’interposer entre l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde, comblant ainsi tout l’espace circonscrit par l’écartement de ces deux ailes.

La fosse ptérygoïde est allongée dans le sens vertical ; sa hauteur esta peu près le double de sa largeur et celleci est moindre en haut qu’en bas. Tout à fait à sa partie supérieure et contre l’aile

Fosse ptérygoïde du côté droit.

l, fosse ptérygoïde. — 2, fossette scaphoïde, pour l’insertion du péristaphylin externe. — 3, aile interne, avec : 3’, son tubercule tubaire et 3”, l’écliancrure tubaire. — 4, crochet de l’aile inlerne. — 3, aile externe, avec 5’, l’épine de Civinni. — 6 [en rouge), partie de la fosse ptéry goïde formée par le palatin.

— 7, fosse nasale droite. — 8, trou ovale. — 9, sommet du rocher. — 10, fosse ptérygo-maxillaire. — 11, tubérosité du maxillaire supérieur.

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

interne de l’apophyse ptérygoïde, elle nous présente une petite dépression secondaire, également allongée dans le sens vertical : c’est la fossette naviculaire ou scaphoïde (2). L’extrémité inférieure de cette dernière fossette répond à l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde. Son extrémité supérieure ou mieux supérointerne s’effile en une sorte de queue, qui vient se perdre insensiblement à la face inférieure de la grande aile du sphénoïde, un peu en dedans du trou ovale.

La fosse ptérygoïde donne insertion au muscle ptérygoïdien interne. Dans la fossette naviculaire vient prendre naissance le muscle péristaphylin externe.

§ IV. — Fosse zygomatique

On désigne sous ce nom l’espace, large et mal circonscrit, qui est situé au-dessous de l’arcade zygomatique, entre l’apophyse ptérygoïde et la branche du maxillaire inférieur.

La fosse zygomatique est totalement dépourvue de paroi postérieure et de paroi inférieure, paroi supérieure même se trouve réduite à cette surface rugueuse et quadrilatère qui se trouve comprise entre la base de l’apophyse ptérygoïde et la crête temporale du sphénoïde. En dehors de cette surface, elle communique largement avec la fosse temporale.

Les trois autres parois de la fosse zygomatique existent réellement. C’est ainsi que cette cavité est fermée : 1° en dehors {paroi externe), par la face interne de l’os malaire et la face interne de la branche du maxillaire inférieur ; 2® en avant {paroi antérieure) , par la face postérieure de l’apophyse pyramidale du maxillaire supérieur ; 3° en dedans {paroi interne), par la face externe de l’apophyse ptérygoïde, en avant de laquelle se trouve une fente qui nous conduit dans la fosse ptérygo-maxillaire.

Constatons encore que la fosso zygomatique entre en communication, en haut et en avant, avec la cavité orbitaire par la fente sphéno-maxillaire.

§ Y. — Fosse ptérygo-maxillaire

La tubérosité du maxillaire supérieur et la face antérieure de l’apophyse ptérygoïde, à peine séparées en bas par une mince lamelle appartenant au palatin, s’écartent l’une de l’autre en se portant en haut, interceptant ainsi un espace angulaire, que ferme en dedans la portion verticale du palatin : c’est à cet espace (lig. 239,1) qu’on donne le nom de fosse ptérygo-maxillaire.

1° Mode de configuration. — Ainsi entendue, la fosse ptérygo-maxillaire peut être comparée à une pyramide quadrangulaire et, de ce fait, nous offre à considérer un sommet, une base et quatre parois :

a. Sommet. — Le sommet, dirigé en bas, est formé par la rencontre de l’apophyse ptérygoïde et de la tubérosité du maxillaire : c’est un angle dièdre, très aigu, V angle ptérygo-maxillaire .

b. Base. — La base, située en haut, répond à la base du crâne. Elle est constituée, à sa partie interne, par la grande aile du sphénoïde, au moment où elle va se souder au corps de l’os. A sa partie externe, elle répond a la partie la plus reculée de latente sphéno-maxillaire.

c. Parois. — Les quatre parois de la fosse ptérygo-maxillaire se distinguent en

OSTEOLOGIE

antérieure, postérieure, interne et externe. — - hdi paroi antérieure n’est autre que la tubérosité du maxillaire supérieur. — La paroi postérieure est constituée par la face antérieure de l’apophyse ptérygoïde. — La paroi interne est formée par la face externe de la portion verticale du palatin, laquelle, à ce niveau, sépare la fosse ptérygo-maxillaire de la fosse nasale correspondante. — La paroi externe, enfin, fait défaut. Elle est remplacée par une ouverture ou fente, plus large en haut

Fig. 239.

Fosse ptérygo-maxillaire (côté droit), avec tous les canaux qui y aboutissent.

1, fosse ptérygo-maxillaire. — 2, trou grand rond. — 3, fente spliéno-maxillaire. — 4, conduit sous-orbitaire, avec 4’, son orifice antérieur ou trou sous-orbitaire. ■ — 5, trou spbéno-palatin, s’ouvrant d’autre part dans les fosses nasales. — 6, 6’, conduits dentaires postérieurs. — 7, canal vidien. — 8, conduit ptérygo-palatin. — 9, conduit palatin postérieur. 9’, 9”, conduits palatins accessoires. — 10, orbite. . — 11, tubérosité du maxillaire. — 12, face externe de l’apophyse ptérygoïde. — 13, crochet de l’aile interne de cettd' môme apophyse. — 14, petites ailes du sphénoïde.

qu’en has, qui met en communication la fosse zygomatique avec la fosse ptérygomaxillaire et fait, pour ainsi dire, de celle-ci un simple diverticulum de celle-là.

2° Relations avec les régions voisines. — La fosse ptérygo-maxillaire sert de réceptacle au ganglion sphéno-palatin ou ganglion de Meckel (^voy. Névrologie). Tous les autres organes, vaisseaux ou nerfs, qui s’y trouvent (et ils sont fort nombreux) proviennent d’ailleurs ou bien naissent dans la fosse et en sortent immédiatement pour aller se distribuer à une autre région. C’est ainsi que la fosse ptérygomaxillaire présente un nombre considérable de trous, canaux et fentes qui la mettent en relation avec les régions voisines.

Ce sont (fig. 241 et 242) :

1° Le trou grand rond, situé à la base de la fosse et s’ouvrant d’autre part dans le crâne; il laisse passer le nerf maxillaire supérieur;

PÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

2° La fente sphéno-maxillaire , située à la rencontre de la base et de la paroi antérieure; elle fait communiquer la fosse ptérygo-maxillaire avec l’orbite et livre passage au nerf maxillaire supérieur et à son rameau orbitaire ;

3° Le trou sphéno-palatin, situé sur la partie la plus élevée de la paroi interne : il est constitué , comme nous l’avons déjà dit, par l’échancrure palatine, sur laquelle vient cornine s’asseoir le corps du sphénoïde, en la transformant en trou (fig. 242,1). Le trou sphéno-palatin établit une large communication entre la fosse ptérygo-maxillaire et les fosses nasales; il laisse passer le nerf sphénopalatin et l’artère sphéno-palatine;

4° Le conduit ptéry go -palatin (fig.

240,4), qui, partant de la partie supérieure et postérieure de la fosse ptérygomaxillaire, vientabOutir à la partie la plus reculée de la voûte des fosses nasales; il livre passage au nerf ptérygo-palatin ou pharyngien de Bock et à l’artère ptérygopalatine ;

5"^ Le canal mdien (fig. 240,3), creusé dans la base de l’apophyse ptérygoïde ; il se porte directement d’avant en arrière et laisse passer le nerf vidien et l’artère vidienne ;

6® Le canal palatin postérieur , prenant naissance dans l’angle inférieur de la fosse ptérygo-maxillaire et se dirigeant ensuite verticalement en bas pour venir s’ouvrir aux angles postérieurs de la voûte pala-

Fig. 240.

La fosse ptérygo-maxillaire, vue d’en haut, après ablation de la portion du sphénoïde qui forme sa voûte.

(Le sphénoïde est teinté en bleu; le maxillaire supérieur, enrose :1e palatin, en vert; lethmoïde, en jaune; le malaire, en violet.)

1, fosse ptérygo-maxillaire. — 2, trou grand rond ou mieux, canal grand rond, dont la paroi supérieure a été enlevée. — 3, canal vidien et 4, conduit ptérygo-palatin, dont la paroi supérieure a été également enlevée. — 5, trou sphéno-palatin. — 6, fente sphéno-maxillaire. — 7, gouttière sous-orbitaire. — 8, plancher de l’orbite. — 9, cellules ethmoïdales. — 10, trou ovale. — 11, trou petit rond.

Trois schémas, montrant la coupe transversale de la fosse ptérygo-maxillaire pratiquée

à différentes hauteurs :

A. Coupe pratiquée à la hauteur du canal vidien : F, fosse ptérygo-maxillaire. — 1, maxillaire supérieur. —

2, 2, apophyse ptérygoïde. — 3, 3, palatin. — 4, trou sphéno-palatin. — 5, canal vidien.

B. Coupe pratiquée à la partie moyenne de la fosse : F, fosse ptérvgo-maxillaire. — 1, maxillaire supérieur. —

2, apophyse ptérygoïde. — 3, palatin.

C. Coupe pratiquée au-dessous de la fosse, à travers les conduits palatins : 1, maxillaire. — 2, apophyse ptéry-

goïde. — 3, palatin. — 4, conduit palatin postérieur. — 4’, 4”, conduits palatins accessoires.

fine ; il est formé à la fois par le maxillaire et le palatin et livre passage au nerf palatin antérieur;

7° Les canaux palatins accessoires, généralement au nombre de deux, parallèles

OSTÉOLOGIE

au précédent, en arrière duquel ils sont situés; ils laissent passer, l’un le nerf palatin moyen, l’autre le nerf palatin postérieur.

8° Les trous dentaires postérieurs, au nombre de deux ou trois, creusés en

avant dans la tubérosité du maxillaire et livrant passage aux nerfs dentaires postérieurs et aux artères dentaires postérieures ; il est à remarquer, cependant, que ces trous dentaires postérieurs, la plupart d’entre eux tout au moins, sont placés un peu en avant de la fosse ptérygo-maxillaire et, par conséquent, appartiennent plutôt à la fosse zygomatique.

Nous retrouverons plus tard tous ces canaux, en étudiant, en angéiologie et en névrologie, les vaisseaux et nerfs auxquels ils livrent passage. Mais nous ne saurions trop recommander à l’élève de se faire, sur la tête osseuse, une idée exacte de leur situation , de leur direction, de l’os ou des os dans l’épaisseur desquels ils se trouvent creusés, de leur orifice d’entrée et de leur orifice de sortie, etc. Ces notions ostéologiques, on le verra plus tard, faciliteront singulièrement l’étude des vaisseaux et nerfs de la région, notamment celle de l’artère maxillaire interne et du nerf maxillaire supérieur.

§ VI. — Voûte palatine

La voûte palatine, comme son nom l’indique, représente sur le squelette la paroi supérieure de la cavité buccale.

1° Disposition générale. — Cette région, dans son ensemble (fig. 241), revêt la forme d’un fer à cheval, dont la concavité serait tournée en arrière.

Elle se trouve constituée, de chaque côté : 1° par l’apophyse palatine du maxillaire supérieur ; 2° par la portion de la face interne de cet os qui est située au-dessous de cette apophyse ; 3° par la portion horizontale du palatin ; 4° par la face inférieure de l’apophyse pyramidale du même os.

Au total, quatre os contribuent à former ; les deux maxillaires supérieurs en avant, les deux palatins en arrière.

2*^ Limites. — Ses limites sont très nettes. En avant et sur les côtés, elle est cir-

Fig. 242.

La fosse ptérygo-maxillaire, vue après ablation du maxillaire et ouverture du trou grand rond.

1, trou sphéno-palatiii. — 2, corps du sphénoïde. — 3, apophyse ptérygoïde. — 3’, 3”, section de la grande aile du sphénoïde au niveau du trou grand rond. — 4, section de la petite aile. — 5, 5’, 5”, b’”, ligne ponctuée, indiquant le pourtour de l'os planum de l’ethmo'ide.

— 6, bec du sphéno’ïde. — 7, 8, rugosités pour le maxillaire supérieur.

— 9, gouttière contribuant à former le conduit palatin postérieur. — 10, portion s’appliquant contre l’orifice du sinus maxillaire. — 11, apophyse sphénoïdale. — 12, apophyse orbitaire. — 13, trou optique. — 14, Irou grand rond. — 15, conduit vidien. — IG, lame quadrilatère du sphéno'ïde.

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

conscrite par le rebord alvéolaire des deux maxillaires supérieurs, rebord plus ou moins saillant sur lequel s’implantent les dents. En arrière, elle est délimitée par deux lignes courbes, l’une gauche, l’autre droite, qui appartiennent tout entières au palatin et qui représentent le bord postérieur de la portion horizontale de cet os. Ces deux lignes, concaves en arrière, se portent transversalement de dehors en dedans pour aboutir, sur la ligne médiane, à l’épine nasale postérieure.

3^ Configuration extérieure. — Envisagée à un point de vue purement descriptif, la voûte palatine nous présente tout d’abord quatre sutures, savoir ; 1° sur la ligne médiane, la suture des deux maxillaires et la suture des deux palatins ; 2° latéralement les deux sutures qui , de chaque côté , unissent la portion horizontale du palatin à l’apophyse palatine correspondante . Ces quatre sutures, hi-maxillaire, bi-palatine et maxillo-palatines, ont dans leur ensemble la forme d’une croix latine {suture en croix), dont la branche la plus longue serait l’antérieure.

Fig. 243.

Voûte palatine.

1, suture des apophyses palatines des maxillaires supérieurs, avec 1’, torus palatinus. — 2, suture de ces mêmes apophyses palatines avec les portions horizontales des palatins. — 3, épine nasale postérieure. — 4, conduit palatin antérieur. — 5, apophyse palatine du maxillaire supérieur. — 6, portion horizontale du palatin. — 7, conduit palatin postérieur et ses accessoires. — 8, aile externe et 9, aile interne de l’apophyse ptérygoïde. — 10, point de rencontre de cinq os : les deux maxillaires, les deux palatins et le vomer. — 11, deuxième incisive. — 12, canine. — 13, deuxième prémolaire. — 14, deuxième molaire. — 13, orifice postérieur des fosses nasales.

L’extrémité postérieure de la branche médiane de cette croix est marquée par une saillie, plus ou moins accusée suivant le sujet, qui n’est autre que V épine nasale postérieure, dont il a été déjà question plus haut.

Sur l’extrémité antérieure de cette même branche médiane , nous retrouvons l’orifice unique des deux conduits palatins antérieurs. Scarpa, depuis longtemps déjà, a signalé, au fond de la fossette formée par l’orifice unique de ces deux conduits, deux petits trous placés sur la ligne médiane, l’un antérieur plus petit, l’autre postérieur un peu plus grand, qui s’ouvriraient le premier dans la fosse nasale gauche, le second dans la fosse nasale droite (fig. 244, 3 et 4).

Enfin, à la partie postéro-externe de la lame horizontale du palatin, se voient, à droite et à gauche, les conduits palatins postérieurs, accompagnés chacun d’un ou deux conduits palatins accessoires.

Rappelons, en passant, que si l’on introduit au point de rencontre des quatre bras de notre suture en croix la pointe d’une aiguille, cette aiguille est en rapport de contact avec cinq os d’abord, les deux palatins et les deux maxillaires supérieurs; puis, au-dessus d’eux, le bord inférieur du vomer.

Fig. 244.

Le canal palatin anlérieur, vu par son orifice buccal (d’après Scarpa).

1, orifice buccal du canal palatin antérieur. — 2, 2’, oiûfices de ses deux branches secondaires. — 3, orifice du canalicule médian antérieur.

— 4, orifice du canalicule médian postérieur.

tout

OSTEOLOGIE

Nous avons déjà vu plus haut (voy. Maxillaire supérieur] qu’il n’était pas rare de rencontrer, de chaque côté du conduit palatin antérieur, des sutures surnuméraires, indices de la soudure des os incisifs ou intermaxillaires. Nous n’y reviendrons pas ici.

Du reste, la surface de la voûte palatine est fortement rugueuse et présente de nombreux sillons pour le passage des vaisseaux et nerfs de la région.

4° Torus palatinus. — La portion de la voûte qui répond à la suture médiane se soulève parfois en une saillie antéro-postérieure, qui constitue le bourrelet de la

voûte palatine ou torus palatinus {Gaunieniüulst des anatomistes allemands). Cette saillie osseuse, qui a été bien étudiée dans ces derniers temps par Kopernicki, par Tare- NETZKi, par CoGCHi, a, dans la plupart des cas, la forme d’un mince fuseau (fig. 245) dont le grand axe, dirigé d’arrière en avant, se confond avec l’axe même de la voûte. Son extrémité postérieure se prolonge jusqu’au voisinage de l’épine nasale postérieure ; son extrémité antérieure répond au conduit palatin antérieur.

A un degré de développement exagéré , le torus palatinus revêt une forme lancéolée à bord postérieur.

On l’a vu, dans certains cas, s’étendre en largeur jusqu’au rebord alvéolaire, mais ces cas sont très rares.

CoGGHi estime que l’apparition et la forme du torus palatinus sont grandement influencés parle développement des glandes palatines.

Envisagé au point de vue de sa fréquence, le torus palatinus s’observerait plus particulièrement sur les crânes des Péruviens et des Aïnos. En France, il serait surtout fréquent chez les Auvergnats.

Variétés. — La forme de la voûte palatine, déterminée par celle de Larcade alvéolaire, se présente sous quatre aspects : elle est hyperbolique, quand les deux branches de l’arcade sont divergentes dans tout leur parcours; parabolique, lorsque, divergentes encore, elles le sont un peu moins et Uniraient par revenir sur elles-mêmes et se rencontrer, si on les prolongeait à l’infini; en upsilon (U), lorsqu’elles sont parallèles l’une à l’autre; elliptique, enfin, quand elles convergent l’une vers l’autre. « Les deux premières formes, plus nobles, sont communes dans les races blanches; la troisième et la quatrième sont rares et s’observent spécialement dans les races noires ; la forme en upsilon est celle des singes anthropoïdes ; la forme elliptique se voit chez le sajou et le macaque. » (Topm.\RD, V Anthropologie, p. 266.)

Le rapport centésimal du diamètre transverse de la voûte palatine à son diamètre antéro-postérieur constitue V indice palatin (Broca), très variable, suivant les espèces, et chez l’homme suivant les races.

La suture des deux palatins avec les deux maxillaires, suture palatine transverse, se présente sous trois modalités (Stieda) : 1° suture rectiligne et franchement transversale ; 2° suture courbe, à concavité antérieure ; 3° suture courbe à concavité postérieure. Stieda, qui a examiné à ce sujet 1701 crânes, est arrivé aux conclusions suivantes : la suture à concavité postérieure est de beaucoup la plus fréquente (64 p. 100) ; plus rare est la suture rectiligne (21 p. 100) ; plus rare encore est la suture à concavité antérieure (9,50 p. 100).

Voyez, au sujet de la voûte palatine, parmi les travaux récents : Gharon, Conlrih. à l'étude

Fig. 245.

Voûte palatine, torus palatinus (d’après Stieda).

1, trou palatin antérieur. — 2, trou palatin postérieur. — 3, épine nasale postérieure. — 4, torus palatinus.

LE CRANE AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

des anomalies de la voûte palatine dans leurs rapports avec la dégénérescence, Paris, 1891 ; — Eighholz, a racial variation in the length of the palate process of the maxilla, Journ. of Anat. and Physiol., 1892; — Galori, SulVAnatomia del palato duro, Mem. Accad. Bologna, 1892; — Goggi, Suit' Anatoinia del palato duro, ibid., 1892 ; — Stieda, Der Gaumenwulst, etc., in Intern. Beitrâge zur wiss. Medicin, Berlin, 1891 ; — Du Même, Ueber die versch. Formen der Sogeîiqueren Gaumennaht, A. Antlirop., 1893. — Bianchini, Studio sul palato del cranio umano, Atti Soc. roman, di Antropol., vol. VII, 1900 ; — Waldeyer, Ueber den harten Gaumen, Korresp.-Bl. d. Anthropol. Ges., 1892; — Frassetto, Suture, fontanelle ed ossicine fonlanellari del palato duro, Verh. Anat. Ges. Genf., 1905; Dieulafb et Tournier, sur l’évolution et la morphologie de la voûte palatine, bibliogr. anat. 1908; — Bovero, Annotât, sull’anat. del palato duro, R. Accad. d. Scienze Torino, 1909.

ARTICLE VI

LE CRANE AU POINT DE VUE ANÏHROPOLOGIQ UE

Si le crâne humain (et par ce mot de crâne il faut entendre ici la tête osseuse tout entière) a été étudié de tout temps à un point de vue purement descriptif comme nous venons de le faire, ce n’est qu’à une époque relativement récente que les anthropologistes ont étudié les crânes comparativement entre eux, non seulement dans les classes des Primates, mais dans toute la série, et se sont efforcés de dégager de ces recherches comparatives des caractères propres et différentiels en rapport avec l’espèce, la race, le sexe, l’âge, etc., etc.

Les premières tentatives faites dans cette voie remontent à Daubenton (1 744), Rlumenbagh (1775), Camper (1791), Prighard (1807). Ces recherches de craniologie comparative ont été reprises et continuées en France par Geoffroy Saint-Hilaire, Cuvier, Foville, Parghappe, Serres, etc. En 1861, Rroga leuc donna une impulsion toute particulière, et avec lui, on peut le dire, est née une science nouvelle, la craniométrie .

A une science nouvelle, il faut naturellement des méthodes nouvelles et des mots nouveaux. C’est encore Rroga qui a comblé cette double lacune : il a créé une terminologie aussi simple qu’expressive et doté la craniologie de méthodes d’étude d’une précision inconnue jusqu’alors.

La terminologie de Rroga et ses méthodes anthropométriques tendent à s’introduire peu à peu dans le domaine de l’anatomie descriptive. Elles s’y introduiront de plus en plus et nous le souhaitons. Aussi avons-nous cru devoir rappeler ici, d’une façon très sommaire, les principales données de la craniométrie. Les élèves et les médecins devront désormais se familiariser avec ces nouveaux termes scientifiques, sous peine de ne rien comprendre aux nombreux ouvrages ou mémoires d’anthropologie qui se publient aujourd’hui et où ces termes sont répétés à chaque instant.

§ I. Points graniométriques

Les points craniométriques, appelés encore points singuliers, se divisent en deux groupes : 1® ceux qui sont situés sur la ligne médiane et sont impairs ; 2° ceux qui sont latéraux Qi pairs (voy. fig. 246).

A. Points médians et impairs. — Les points craniométriques situés sur la ligne médiane sont au nombre de douze. Ce sont, en allant d’avant en arrière :

1° Le point mentonnier, le point le plus inférieur et le plus antérieur au menton osseux ;

2° Le point alvéolaire, le point le plus antérieur et le plus déclive du bord alvéolaire supérieur;

3° Le point spinal ou sous-nasal, occupant le centre virtuel de l’épine nasale antérieure ;

4° Le nasion ou point nasal, situé à la racine du nez, sur la suture nasofrontale ;

5° La glabelle, renflement situé entre les deux crêtes sourcilières ; il est remplacé quelquefois par un méplat et exceptionnellement par une légère dépression;

6° h'ophryon{(\Q ooo'k, sourcil), située sur lemilieu du diamètre frontal inférieur ou diamètre frontal minimum (voy. plus loin) ;

7*^ Le bregma ([3-péypa, de [ipé/siv, humecter, à cause de la fontanelle qui s y

trouve chez le fœtus), point de rencontre des trois sutures coronale, sagittale et métopique ;

8-^ Vobélion (de dêEAoç, trait, en latin sagitta), à la hauteur des deux trous pariétaux, ou d’un seul si le second manque ;

9° Le lambda fde la lettre grecque majuscule A), point de rencontre de la suture sagittale avec la suture lambdoïde ;

10° Vinion (de Iv-lov, nuquej, la base de la protubérance occipitale externe ;

11° Vopisthion (ded-iaOsv, en arrière), le bord postérieur du trou occipital ;

12° Le basion base), le bord antérieur de ce même trou occipital ;

B. Points latéraux et pairs. — Les points craniométriques situés sur les côtés de la ligne médiane sont au nombre de seize, huit de chaque côté. Ce sont, en allant dans le même sens que pour les points médians :

1° hQ gonion fde yojvla, angle), côté externe de l’angle du maxillaire inférieur;

2° Le point glénoidien, situé au centre de la cavité glénoïde du temporal ;

3° Le point jugulaire, situé à la face inférieure du crâne, sur la suture mas-

Brrgn.-

Point alvéolaire-.

Point mentonnnier...^

Fig. 246.

Les points craniométriques, vus sur le plan latéral de la tête.

LE CRANE AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE 255

toïdo-occipitale^ au bord postérieur du sommet de l’apophyse transverse de l’occipital;

4° Lq point malaire ^ répondant au point culminant de la face externe de l’os malaire ;

Le dacryon (de Saxpu, larme), le point où la suture verticale lacrymo-maxillaire rencontre, en formant un T, la suture naso-frontale, vers l’angle interne de l’orbite;

6° Le stéphanion (de GTccpàvY), couronne, coronal), le point où la suture frontopariétale ou coronale croise la ligne temporale ;

7° hçi ptérion {&Q jiTspôv, aile), la région de la fosse temporale où se rencontrent les quatre os suivants : le frontal, le pariétal, le temporal et le sphénoïde ;

8° Vastérion (de étoile), le point où se rencontre l’occipital, le pariétal et

la portion mastoïdienne du temporal.

§ II. - D lAMÈTRES CRANIENS

Les diamètres crâniens se divisent en longitudinaux ou antéro-postérieurs transversaux et verticaux :

A. Diamètres longitudinaux. — Les diamètres longitudinaux du crâne sont au nombre de deux seulement :

1° Le diamètre antéro-postérieur iniaque ou diamètre iniaque, allant du point le plus saillant de la glabelle à l’inion ;

S"* Le diamètre antéro-postérieur maximum, allant du point le plus saillant de la glabelle au point le plus reculé de l’écaille occipitale.

B. Diamètres transversaux. — Les diamètres transversaux du crâne sont au nombre de sept, savoir :

1° Le diamètre transversal maximum, la plus grande ligne horizontale et transversale que l’on puisse mener d’un côté à l’autre de la boîte crânienne ;

2"^ Le diamètre bi-auriculaire , allant d’un conduit auditif à l’autre;

3° Le diamètre temporal, la plus grande largeur mesurée sur la ligne bi-auriculaire ;

4° Le diamètre stéphanique, d’un stéphanion à l’autre;

5® Le diamètre frontal minimum, distance minima des deux crêtes temporales du frontal ;

6® Le diamètre astérique, d’un astérion â l’autre, largeur maxima de l’occipital ;

7® Le diamètre hi-pariétal, du sommet d’une bosse pariétale à l’autre ;

C. Diamètre vertical. — Le crâne ne nous présente qu’un seul diamètre vertical, c’est :

hQ diamètre basilo-hregmatique, qui s’étend du basion au bregma.

Diamètres de la tête fœtale. — Nous croyons devoir indiquer ici, en raison de leur importance en obstétrique, les dimensions que présentent les principaux diamètres crâniens chez le fœtus à terme. Ces diamètres se divisent, comme chez l’adulte, en trois groupes : diamètres longitudinaux ou antéro-postérieurs, diamètres transversaux et diamètres verticaux (fîg. 247).

a. Diamètres antéro-postérieurs . — Les diamètres antéro-postérieurs sont au nombre de cinq, savoir : 1<> Voccipito-mentonnier , qui s’étend de l’angle supérieur de l’occipital au menton et qui mesure 13 centimètres; 2« Y occipito-frontal, qui va de l’angle supérieur de l’occipital à la racine du nez et qui mesure 11 centimètres et demi; 3<> le sous-occipito-bregma tique, qui s’étend du bregma ou centre de la fontanelle antérieure au point sous-occipital ou angle de réunion de l’écaille occi-

pitale avec la nuque ; sa longueur est de lU centimètres ; 4«> le sous-occipito-frontal, qui va de ce même point sous-occipital à la partie la plus suillante du frontal et qui mesure 11 centimètres ;

5° enfin, le sus-occipito-mentonnier ou maximum de Büdin, qui, partant du menton, vient se terminer sur la suture sagittale en un point variable suivant les sujets ; sa longueur est de 13 centimètres et demi.

b. Diamètres transversaux. — Les

diamètres transversaux sont au nombre de deux (fig. 178) : 1° le bipariétal ou transverse maximum postérieur, qui va d’une bosse pariétale à l’autre et qui mesure 9 centimètres et demi : le bi-temporal ou

transverse minimum antérieur, qui s’étend de la naissance de la suture fronto-pariétale d’un côté au point symétrique du côté opposé; sa longueur est de 8 centimètres seulement.

c. Diamètres verticaux. — Les diamètres verticaux sont également au nombre de deux : 1° le fronto-mentonnier, qui s’étend de la pointe du menton à la pointe la plus élevée du front ; le sous-menton bregmatique. encore appelé cervico ou trachélo-bregmatique, qui, partant du centre de la fontanelle antérieure ou bregma. vient aboutir au point

de jonction du cou avec la région sous-mentonnière. De ces deux diamètres, le premier mesure 8 centimètres, le second 9 centimètres et demi.

§ III. — Courbes crâniennes

Les courbes crâniennes se mesurent à l’aide d’un simple ruban métrique. On les divisent en médianes, transversales et horizontales :

A. Courbes médianes. — Les courbes médianes se développent, comme leur nom l’indique, dans le plan médian. On en compte cinq, savoir :

1° La courbe sous-cérébrale, de la racine du nez à l’ophryon ;

2° hdi courbe frontale totale, de la racine du nez au bregma;

3° La courbe pariétale ou sagittale, du bregma au lambda;

4° La courbe occipitale totale, du lambda à l’opisthion ;

5° La courbe occipito- frontale, de la racine du nez à l’opisthion; cette dernière courbe est le total des quatre précédentes.

B. Courbes transversales. — Les courbes transversales, situées sur un plan vertico-transversal, sont au nombre de deux. Ce sont :

L hd. courbe sus-auriculaire, d’un point auriculaire à l’autre en passant par le bregma ;

2° La courbe trans\jersale totale, la même prolongée transversalement sous la base du crâne pour revenir à son point de départ.

C. Courbes horizontales. — Les courbes horizontales se développent sur un plan horizontal. Elles sont au nombre de trois, savoir :

1° La courbe horizontale totale : c’est la circonférence maxima du crâne, prise dans un plan qui passe, en avant, immédiatement au-dessus des bosses sourcilières, et, en arrière, sur le point le plus reculé de l’occipital;

Fig. 247.

Diamètres de la tète fœtale.

OM, occipito-mentonnier. — OF, occipito-frontal. — SOB, sous-occipitohreg-matique. — SOF’, sous-occipito-frontal. — MM’, sus-occipito-mentonnier ou diamètre maximum de Budin. — CB, cervico-bregmatique. — MF’, frontomentonnier.

(Le signe x indique le point où aboutit le diamètre bi-pariétal : le signe + indique le point où aboutit le diamètre bi-temporat.)

LE CRANE AU POINT DE VUE ANTHROPOLOGIQUE

2° La courbe pré-aicriculaire : la portion de la précédente qui est située en avant de la ligne bi-auriculaire ;

3° La courbe post- auriculaire : la portion de la courbe horizontale qui est placée en arrière de la ligne bi-auriculaire. Les deux courbes pré-auriculaire et post-auriculaire, totalisées, donnent naturellement la courbe horizontale totale.

§ IV. — Mensuration de la face

Toutes les mesures que l’on prend sur la face sont des lignes droites. Ces lignes sont situées dans le plan horizontal ou dans le plan vertical. De là, deux ordres de mesures : les unes en largeur, les autres en hauteur.

A. Largeur (en ligne horizontale). — On prend ordinairement sur le crâne les quatre largeurs suivantes :

1° La largeur bi-orbitaire externe, d’une apophyse orbitaire externe à l’autre, les deux pointes du compas glissière étant placé sur les bords externes de ces apophyses ;

2° La largeur bi-orbitaire interne, la même, le compas-glissière étant placé sur les bords internes des apophyses orbitaires ;

3° La largeur bi-malaire , d’un point malaire à l’autre ;

4^ La largeur bi-zygomatique le plus grand écartement des arcades zygomatiques, mesuré sur leur face externe.

B. Hauteurs (en lignes verticales). — Les hauteurs que l’on prend sur le crâne sont au nombre de deux. Ce sont :

La hauteur totale de la face, &Q l’ophryon (milieu du diamètre frontal minimum) au point alvéolaire (sur la ligne médiane) ;

2° La hauteur spino-alréolaire, de l’épine nasale au point alvéolaire.

On prend encore sur la face des mensurations partielles se rapportant à l’orbite, aux fosses nasales, à la voûte palatine. Ces mensurations, qui donnent naissance à autant d’indices spéciaux, ont été déjà indiquées, en partie, dans l’article précédent.

§ V. — Mensuration de la capacité du crâne

La mensuration de la capacité du crâne par l’emploi des grains de plomb, qui est généralement adoptée aujourd’hui, est bien certainement une des opérations les plus délicates de l’anthropométrie. Nous n’en voulons pour preuve que les écarts, souvent si considérables, qui existent entre les résultats obtenus pour un même crâne par deux observateurs différents. C’est ici surtout qu’il importe d’avoir une méthode uniforme et uniformément appliquée. Aussi ne saurions-nous trop recommander aux anthropologistes de suivre scrupuleusement, point par point, la méthode à laquelle s’est arrêté Broca après de longues et patientes recherches. Cette méthode, ils la trouveront exposée avec tous les détails désirables à la page 100 Instructions craniologiques (Paris 1875). Nous nous contenterons de la résumer ici en peu de mots.

Le matériel instrumental dont se servait Broca comprend .'1^^ deux litres environ de plomb de chassé n° 8 ; 2° un entonnoir en fer-blanc destiné à verser le plomb dans la cavité crânienne et dont le goulot est exactement large de 2 centimètres; 3° un fuseau en bois dur et terminé en pointe mousse, servant à bourrer le plomb au fur et à mesure qu’il tombe dans le crâne ; 4° un litre en étain poinçonné ; 5° une éprouvette en verre, graduée de 5 en 5 centimètres cubes, d’une contenance

OSTEOLOGIE

d’un demi-litre et de 20 à 40 centimètres de hauteur; 6° un vase cylindrique en fer-blanc pourvu d’une anse et d’une contenance de deux litres.

L’opération elle-même se divise en deux temps : le jaugeage et le cubage. Le jaugeage consiste à remplir, par le trou occipital, de plomb n® 8 la cavité du crâne dont on veut déterminer la capacité ; le cubage, à retirer ce plomb et à le cuber, c’est-à-dire à représenter son volume par des chiffres. La première de ces opérations s’exécute avec l’entonnoir et le fuseau; pour la seconde, on emploie le doublelitre, le litre et l’éprouvette gradués. L’une et l’autre, on ne saurait trop le répéter, demandent l’emploi d’une technique toute spéciale, qu’il faudra suivre religieusement si on veut établir des résultats sérieux et utilisables. L’oubli d’un tout petit détail, insignifiant en apparence, peut se traduire dans les chiffres par un écart de 20, 30, 50 centimètres cubes et même plus.

Pour les crânes fragiles qui seraient susceptibles de se briser par le tassement du plomb, Broca conseille de remplacer ce dernier par la graine de moutarde.

Voici maintenant quelques-uns des résultats obtenus par Broca, relativement à la capacité crânienne :

Parisiens contemporains

— du XII® siècle

Auvergnats

Savoyards

Basques français et espagnols

Hollandais

Chinois et Mongols

Nègres d’Afrique

Néo-Calédoniens

iiipoque des dolmens (Lozère)

— (Grottes de la Marne),

1“ Crânes macrocéphales

2® — gros

3® — moyens ou ordinaires . . .

4® — petits

5® — microcéphales 1150 et au-dessous.

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