‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 37 sur 176 · bord supérieur ou alvéolaire. — 2, bord inférieur · texte numérisé non relu

bord supérieur ou alvéolaire. — 2, bord inférieur

— 3, symphyse. — 4, trou mentonnier. — S, condyle.

— 6, apophyse coronoïde. — 7, angle de la mâchoire.

cloisons sont, pour les dents précitées, les ludiments des alvéoles, lesquels se complètent peu à peu à leur partie interne et externe, en même temps que leur partie intérieure, se développant audessus de la gouttièrè dentaire, transforme celle-ci en un canal complet, le canal dentaire. Plus tard (mais après la naissance seulement) se développent de la même façon les alvéoles des grosses

molaires, et ces alvéoles, à leur tour, complètent la partie correspondante du canal dentaire en formant sa paroi supérieui'e. Le canal dentaire de l’enfant et de l’adulte représente donc la gouttière primitive du fœtus, transformée en canal complet par l’apparition au-dessus d’elle des alvéoles dentaires, soit des dents de lait, soit des grosses molaires.

A la naissance, le maxillaire inférieur se compose encore de deux moitiés indépendantes, Tune gauche, l’autre droite, unies Tune à l’autre sur la ligne médiane par du tissu conjonctif. Sa branche est encore, à ce moment-la, fortement oblique en haut et en arriére, fœ inant avec le corps de Tos un angle obtus de 135° environ. Son bord supérieur nous présente, à droite et à gauche, cinq ou six alvéoles complètement formés et renfermant : les deux premiers, les deux incisives ; le troisième, la canine correspondante; les deux suivants, les deux prémolaires; le sixième (t[uand il existe), la première molaire. Comme nous le montre nettement la figure 221, les alvéoles dentaires sont lortement bombés sur la face externe de Tos, disposition c[ui s observe assez souvent chez l’adulte. Cette même figure nous montre encore que les dents sus-indiquées, constituant les dents de lait (voy. Dents), occupent toute la longueur du corps du maxillaire; nous voyons même l’alvéole de la dernière prémolaire et, a fortiori, celui de la première molaire creuser lèur cavité dans la branche montante. 11 en résulte que les alvéoles des autres grosses molaires ne pourront se développer qu’à la condition que le corps de Tos s’allonge en arrière.

La soudure médiane des deux moitiés du maxillaire inférieur, d’où résulte la symphyse men-

Fig. 221.

Mâchoire inférieure de fœtus à terme, bord alvéolaire, vu d’en liant.

1, les deux moitiés <le l'os non encore soudées. — 2, condyle. — 3. apophyse coronoïde. — 4. alvéoles des incisives, canine et première prémolaire. — S. alvéole de la première prémolaire et de la première molaire, non encore sépai'ées.

tonnière, s’effectue peu de temps après la naissance, vers le 2° ou le 3° mois. On sait que cette soudure ne produit pas chez beaucoup d’animaüx, notamment chez les rongeurs, auquel cas les deux moitiés du maxillaire restent indépendantes pendant toute la vie. Chez d’autres, elles s unissent par une suture fortement dentelee.

os DE LA FACE

Après la soudure des deux pièces du maxillaire apparaissent sur la face postérieure de la symphyse deux petits tubercules osseux qui, en se développant, constitueront les apophyses géni.

Parmi les modifications que nous présente le maxillaire au cours de son évolution, l'une des plus intéressantes est le changement que subit, dans son ouverture, l’angle formé par la rencontre de l’axe du corps et de l’axe de la branche. Primilivement, dans les premiers stades de l’ossification, le corps et la branché sont presque sur la même ligne; autrement dit, ils se continuent suivant un angle fortement obtus, très voisin de 180°, A la naissance, cet angle n’est plus que de 130 à 135°. Il diminue ensuite progressivement, par suite des redressements de la branche, de l’enfant à l’adolescent et de celui-ci à l’adulte, de façon à se rapprocher de l'angle droit et parfois même à l’atteindre.

Puis, chez le vieillard, il devient de nouveau obtus : on dirait que la branche , évoluant maintenant en sens inverse, tend à revenir à la position oblique qu’elle présentait chez l’enfant.

Mais ce n’est pas tout. A la suite de la chute des dents, les parois alvéolaires s’affaissent et se résorbent. Gomme conséquence, le bord supérieur du maxillaire prend la forme d’une simple crête et, d’autre part, la hauteur de l’os est considérablement diminuée. En même temps, la parlie inférieure de la symphyse mentonnière se projette en avant, en formant parfois une saillie plus ou moins prononcée.

Un dernier fait à signaler au cours de l’évolution du maxillaire inférieur, c’est le déplacement en arrière du trou mentonnier. Chez le nouveau-né, ce trou est placé en regard de la cloison osseuse qui sépare la canine de la cloison prémolaire. Plus tard, après la sortie des dents, il est reporté en- regard de la première prémolaire. Plus tard encore, chez l’adulte, il répond à la deuxième prémolaire. Enfin, chez le vieillard et par suite de la disparition du bord alvéolaire, il s’ouvre au niveau du bord supérieur de l’os.

Variétés. — On observe parfois, à l’angle du maxillaire inférieur, une apophyse plus ou moins saillante en bas et en dehors : c’est V apophyse angulaire du maxillaire de S.\ndifoht ou aj:)ophyse lémurienne d’ALBUECHT, laquelle existe normalement chez les lémuriens, chez les carnassiers, chez les marsupiaux. — Le trou mentonnier peut être double ; j’ai observé plusieurs fois cette disposition. Le trou surnuméraire est situé à côté du trou normal ou sur un point plus ou moins rapproché de la symphyse. — Bertelli, dans un cas, a vu le trou mentonnier triple. — Situé le plus souvent sous la deuxième molaire, il peut s’ouvrir également sous la première (10 p. 100) ou même soiis la troisième (3 p. 100) (W. Gruber, Arch. f. Anatomie und Physiologie, 1872). J’ai vu plusieurs fois la gouttière mylo-hyoïdienne transformée en un canal osseux. Dans un cas, je l’ai vue naître, non pas de l’orifice supérieur du canal dentaire, mais du canal dentaire luimême, à 18 millimètres au-dessous de cet orifice. — Cette gouttière peut être double à son origine (0,2 p. 100 d’après Krause loc. cil.). — Chassaignag [Bull. Soc. anal., 1833, p. 218, et 1833, p. 97) a observé sur deux sujets des osselets surnuméraires, développés de chaque côté de la portion inférieure de la symphyse et les a considérés à tort comme les homologues des os intermaxillaires de la mâchoire supérieure. Ces petits os symphysiens ou os mentonniers [Ossiculamentalia), qui avaient été mentionnés bien longtemps avant Chassaignag par Megkel [Anal. trad. Jourdan, 1823) sont très variables par leur nombre (de 1 à 4 en général) et aussi par leur forme et leurs dimensions. D’après Toldt et Adachi, ils n’apparaissent pas avant le huitième mois de la vie fœtale et il n’est pas rare de les voir se développer seulement après la naissance, I^rimitivement indépendants, ils fusionnent plus tard entre eux et avec les os maxillaires ; c’est à la partie antérieure du bord inférieur du menton qu’on en trouve les derniers vestiges. Ils prennent, naturellement, une grande part au développement de la saillie mentonnière. Morphologiquement, iis doivent être considérés comme des os wormiens, occupant la suture médio-maxillaire. — Le véritable os incisif ou inter maxillaire de la mâchoire inférieure aurait été observé par Eysson, au dire de Megkel. — Boulard [Bull. Soc. anal., 1849, p. 282) a signalé, sur un sujet, l’absence de l’un des condyles, en dehors de toute influence pathologique. — Voyez ; Renard, Les variations ethniques du maxillaire inférieur, Thèse de Paris, 1880 ; — Bosse, Beitr. z. Anatomie des menschl. ünterkiefers, Diss. Kônigsberg, 1901 ; — Toldt, Die ossicula mentalia und ihre Bedeutung f. die Bil-

Fig. 222. .

Maxillaire inférieur du vieillard, vu par sa face latérale droite.

1, condyle. — 2, apophyse coronoïde. — 3, trou mentonnier. — 4, 4, bord alvéolaire, dégarni et usé. — o, angle igonion).

Les lignes pointillées indiquent le contour du même maxillaire à l’àge adulte. Ou voit très nettement : 1» que, par suite de la résorption des alvéoles, la hauteur du corps de l’os a diminué de la moitié ; 2» que l’angle de la mâchoire est plus ouverte ; 3» que la saillie du menton est plus prononcée; io que le trou mentonnier se trouve placé sur le bord de l’os.

OSTEOLOGIE

dung des menschl. Knines, Sitz. d. K. Akad. d. Wiss., Wien, 190o ; — Bourgerette, Les os mentonniers, Th. Pari?, 1908.

Cartilage de Meckel. — Signalé pour la première fois par Meckel en 1821, le cartilage qui porte

son nom se développe, à la fin du premier mois de la vie intra-utérine, dans la branche maxillaire de l'arc facial. Il se présente alors sous la forme d'une bandelette qui, partant de la région auriculaire, se dirige vers la ligne médiane et se réunit avec celle du côté opposé, formant ainsi, dans la région qu’occupera plus tard le maxillaire inférieur, une espèce de fer à cheval dont les deux extrémités correspondent aux régions auriculaires.

La figure 223 représente le cartilage de Meckel sur un embryon humain au cinquième mois. Il est facile de prendre une connaissance exacte de sa situation et de ses rapports ; on le voit prendre naissance en haut dans la partie la plus élevée de la cavité tympanique (fente hyo-mandibulaire), sorlir de cette cavité en passant derrière l’extremité dilatée de la branche antérieure du cercle tympanal, s’engager dans l'angle dièdre que forme le maxillaire avec le muscle mylo-hyoïdien, et, finalement, atteindre la symphyse mentonnière. Dans ce trajet, le cartilage de Meckel passe en dedans de la parotide et de la carotide externe, en dehors du muscle ptérygoïdien interne.

La destinée du cartilage de Meckel nous paraît aujourd’hui bien établie par le travail déjà ancien de Reichert et par les recherches plus récentes de Masqüelin, de Kôlliker et de son élève B.vu.\iuller. L’extrémité interne ou tympanique de ce cartilage forme le marteau et l’enclume. Son extrémité interne s’ossifie et se confond avec la portion symphysienne du maxillaire inférieur. Quant à sa portion moyenne, elle se résorbe peu à peu et finit par disparaître complètement.

Cette disparition régressive de la plus grande partie du cartilage de Meckel se ferait d’après Dieulafé et Herpin (!9U6) delà façon suivante. Tout d’abord, le cartilage est envahi par le tissu conjonctif, et, dès lors, prend l’aspect d’un cartilage réticulé. Puis, aux stades suivants, les fibres conjonctives qui parcourent la substance fondamentale se confondent avec le tissu conjonctif avoisinant et tinatement les chondroplastes disparaissent complètement.

Voyez, au sujet du cartilage de Meckel et du développement du maxillaire inférieur : Magitot et Robin, Mém. sia^ un organe transitoire de la vie fœtale, désigné sous le nom de cartilage de Meckel, Ann. des Sc. Natur., 1862: — Baumuller, Ueb. d. letzen Veranderungen des MeckeVschen Knorpels, Zeitsclir. f. wiss. Zool , 1879; — Masquei.in, Rech. sur le développement du maxillaire inférieur de l'homme (Bull, de TAcad. roy. de Belgique, 1878; — Julin, Rech. sur l'ossification du maxillaire inférieur, etc., Arch. de Biol., 1880; — Albreciit, Sur la valeur morphol. del'artic. mandibulaire, du cartilage de Meckel et des osselets de Vouie, Bruxelles, 1883; — 'Wolff, Ueb. das Waehstum des Unlerkiefers, Arch. f. pathol. Anat. u. Physiologie, 1888; — Pelletier, Contrib. à l'étude de la phylogénèse du maxillaire inférieur. Bull. Soc. d’Anthrop., Paris, 1902 ; — Dieulafé et Herpin, Développement du maxillaire inférieur. Journ. de l’Anat., 1906; — Vitali, Anatomia à sveloppo délia mandibola è dell'arlicolozione mandibolare, Arch. e Embriol., 1908.

Fig. 223.

Cartilage de Meckel du côté droit, vu par son côté externe.

1, 1, maxillaire inférieur. — 2, cartilage de Meckel (portion mandibulaire). — 2’. cartilage de Meckel du côté opposé, coupé à quelques millimètres en dehors de la symphyse —3, marteau (portion tympanique du cartilage de Meckel).'— 4, enclume. — 5, os tympanal. — 6. étrier. — 7, arc branchial hyoïdien. — 8, portion mastoïdienne du temporal. — 9. apophyse zigomatique. — 10, toit du tympan.

ARTICLE IV

FACE EN GÉNÉRAL

Gomme les os du crâne, les os constitutifs de la face se groupent en un ensemble anatomique qu’il convient d’envisager: 1° dans sa configuration générale; 2^ dans son développement.

§ L — Configuration générale de la face

La face osseuse est comme suspendue à la partie antérieure de la base du crâne. Nous pouvons la considérer comme un prisme triangulaire, dont les deux bases

FACE EN GÉNÉRAL

• sont latérales et correspondent aux os malaires et dont les trois faces sont, l’une supérieure, l’autre antérieure, la troisième postérieure.

1° Bases ou faces latérales. — Les faces latérales sont essentiellement constituées par la face externe de l’os malaire, la portion postérieure du rebord alvéolaire du maxillaire supérieur et la face externe des branches du maxillaire inférieur. Nous y retrouvons : 1° le trou malaire ; 2° \ échancrure sigmoïde du maxillaire inférieur, que surmonte V arcade zygomatique et que limitent, en avanbl’apophyse coronoîde, en arrière le condyle ; 3° les trois sutures qui réunissent l’os malaire, en haut à l’apophyse orbitaire externe du frontal {suture fronto-malaire), en arrière à l’apophyse orbitaire externe du frontal [suture temp oro-malaire) , en avant à l’apophyse malaire du maxillaire supérieur {suture maxillo-malaire) .

2^ Face antérieure. — Limitée en haut par une ligne transversale qui passerait par les deux sutures frontomalaires, cette face a pour limite en bas le bord inférieur du corps du maxillaire inférieur.

a. Sur la ligne médiane, elle nous présente, en allant de haut en bas : 1° V articulation naso-frontale ; 2° la suture médio-nasale ; 3° l’orifice antérieur des fosses nasales , à travers lequel nous apercevons le bord antérieur du vomer ; 4° la suture hi-maxillaire , formée par l’union des deux maxillaires supérieurs ; 5° la symphyse du menton, qui aboutit en bas à V éminence mentonnière .

b. De chaque côté de la ligne médiane et toujours en procédant de haut en bas, nous rencontrons successivement : 1° la face externe de l’os propre du nez, percée souvent d’un trou vasculaire ; 2° la face externe de l’apophyse montante du maxillaire supérieur ; 3? la base de l’orbite ; 4° le trou sous-orbitaire, simple ou double 5° la fosse canine, où s’insère le muscle canin ; 6° la fossette myrtif orme , située au-dessous de l’orifice antérieur des fosses nasales et séparée de la fosse précédente par la bosse canine, saillie longitudinale qui est formée par la racine de la dent canine ; 7® les deux bords alvéolaires, séparés l’un de l’autre par les deux rangées de dents; 8° enfin, la face antérieure du corps du maxillaire inférieur, avec sa ligne

Il 2 1 T 3

Fig. 224.

Tète osseuse, vue de face.

1, frontal. — 2, bosse nasale (glabelle). — 3, arcade orbitaire. — 4, trou optique. — 5, fente sphénoïdale. — 6, fente sphéno-maxillaire. — 7^ gouttière lacrymale. — 8, 8’, fosses nasales. — - 8”, vomer. — 9, maxillaire supérieur, avec 9’, trou sous-orbitaire. — 10, os malaire, avec 10’, trou malaire. — Il, os nasal. — 12, pariétal. — 13, suture fronto-pai’iétale. — 14, temporal. — 15, suture pariéto-temporale. — 16, grande aile du sphénoïde. — 17, apophyse orbitaire externe. — 18, apophyse mastoïde.

OSTEOLOGIE

oblique externe, qui se dirige en haut et en arrière, et son trou mentonnier, qui s’ouVi e un peu au-dessus de cette ligne.

3° Face supérieure. — La face supérieure, en rapport avec la base du crâne, s’étend depuis l’articulation naso-frontale, point extrême antérieur, jusqu’à la partie la plus reculée de l’articulation sphéno-vomérienne, point extrême postérieur.

Elle ne saurait nous arrêter longtemps, la plupart de ses régions devant être décrites en détail, dans l’article suivant, à propos de l’orbite et des fosses nasales.

La tète, vu par le côté gauche, avec les insertions musculaires.

i, occipilo-frontal. — 2, sterno-cléido-mastoïdien. — 3, splénius. — 4, trapèze. — 5, grand complexus. — 6, oblique supérieur. — 7, grand droit postérieur. — 8, petit droit postérieur. — 9, petit complexus. — 10, digastrique. — 9, auriculaire postérieur. — 10, temporal. — 11, auriculaire antérieur profond. — 12, stylo-glosse. — 13, stylo-hyoïdien.

— 14, stylo-hyoïdien profond (non constant). — 15, stylo-pliaryngien. — 16, masséter. — 17, temporal. — 18, sourcilier.

— 19, orbiculaire des paupières, avec 19’, son tendon réfléchi et muscle de Horner. — 20, petit oblique de l’œil. — 21, élévateur commun de la lèvre supérieure et de l’aile du nez. — 22, élévateur propre de la lèvre supérieure. — 23, grand zygomatique. — 24, petit zygomatique. — 25, canin. — 26, pyramidal. — 27, transverse du nez. — 28, dilatateur des narines. — 29, myrtiforme. — 30, buccinateur. — 31, muscle de la houppe du menton. — 32, carré du menton. — 33, triangulaire des lèvres. — 34, peaucier du cou.

Qu’il nous suffise de constater ici : 1° qu’elle est formée, mr la ligne médiane, par l’articulation du vomer, d’abord avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde {mture ethnio-romérienne) et ensuite avec la crête inférieure du sphénoïde {suture sphéno-vomérienne) ; 2° qu’elle constitue, sur les côtés, la partie la plus élevée des fosses nasales en dedans, et, en dehors, le plancher de l’orbite.

4^ Face postérieure ou inférieure. — La face postérieure ou inférieure représente une vaste cavité, qui se trouve circonscrite ; i® en arrière, par une ligne conventionnelle passant par les deux cavités glénoïdes ; 2*^ sur le reste de son pour-

FACE EN GÉNÉRAL

tour, par le bord inférieur du corps du maxillaire et le bord postérieur de sa branche. Cette vaste région nous présente successivement : •

a. Sur la ligne médiane, en allant d’arrière en avant : 1® le bord postérieur du vomer; 2° V épine nasale postérieure; 3® la suture médio-palatine, formée en arrière par la réunion des deux portions horizontales des palatins, en avant par la réunion des deux apophyses palatines du maxillaire supérieur; 4® le conduit palatin

Fig. 226.

Tête osseuse, vue postéro-inférieure pour montrer la face postérieure du massif facial.

1, l, pariétaux. — 2, occipital. — 3, temporal, avec : 4, sa portion mastoïdienne; 4’, la rainure digastrique. — 5, protubérance occipitale externe [inion). — 6, ligne courbe occipitale supérieure. — 7, ligne courbe occipitale inférieure. — 8, apopliyse styloïde. — 9, apophyse ptérygoïde, avec 10, le crochet de son aile interne. — 11, voûte palatine. — 12, vomer. — 13, suture sagittale. — 14, suture lambdoïde ou pariéto-occipitale. — 15, suture occipito-mastoïdienne.

antérieur, situé un peu en arrière du bord alvéolaire ; o® la symphyse mentonnière, avec ses quatre apophyses géni, dont deux supérieures et deux inférieures.

b. Sur les côtés de la ligne médiane et en procédant dans le même sens : 1® les orifices postérieurs des fosses nasales ou choanes (de xoavrj entonnoir), que limitent en dehors les apophyses ptérygoïdes ; 2® chaque moitié de la voûte palatine, que circonscrit en dehors et en avant le bord alvéolaire du maxillaire supérieur ; 3® les deux rangées dentaires; 4® enfin, la face postérieure du corps du maxillaire inférieur et la face interne de sa branche, avec une foule de détails déjà connus, V orifice supérieur du canal dentaire, V épine de Spix, la gouttière mylohyoïdienne, la ligne oblique interne ou mylo-hyoïdienne, la fossette sous-maxillaire, la fossette sublinguale, la fossette digastrique.

5® Conformation intérieure. — Envisagé au point de vue de sa conformation intérieure, le massif osseux de la face est creusé d’un grand nombre de cavités

OSÏÉOLO(^ lE

(fig. 227), où viennent s’abriter des organes importants. Mais, comme ces cavités n’appartiennent C{iie partiellement à la face et qu’à leur constitution concourent

Les sinus osseux de la l'ace el du crâne.

1, sinus frontal. — 2, canal lacrymal. — 3, cellules ellnnoïdalcs (l'os planum a été enlevé sur une grande partie deson étendue). — 4, ini'undibulum, vu à travers une fenêtre pratiquée dans rungnis. — 5, sinus sphénoïdal. — 6, trousorbitaires internes. — 7. trou optique. — 8. trou splicno-palatin. — 8’, canal vidien (orifice antérieur). — 9, coupe, oblique en bas et on dehors, des grandes ailes du sphénoïde, pratiquée au niv'eau du trou grand rond 9’. — 9”, coupe des petites ailes, pratiquée en dehors du tiou optique. — 10, sinus maxillaire. — 11, apophyse ptérygoïde. — 12, orificesupérieur du conduit palatin postérieur. — 13, une partie du caual carotidien. — 14, coupe verticale du rocher, faite obliijuement. — la, cavité glénoïde du temporal. — 10, apophyse styloïde. — 17, conduit auditif externe. — 18, cavilésmasloïdiennes.

aussi, dans une plus ou moins large part, quelques os du crâne, nous en renvoyons la description à l’article suivant.

§ 11. — Développement généPvAi. de la face

La face, comme le crâne, présente dans le cours de son développement de notables différences et doit être envisagée successivement cliez le fœtus, chez, l’enfant, chez l’adulte et chez le vieillard.

D État fœtal et infantile. — Chez le fœtus et chez l’enfant , la zone supérieure ou orhUaire prédomine de beaucoup sur les autres portions parle fait du développement relativement précoce du frontal et de l’orbite. La zone moyenne ou nasale est au contraire fort réduite tellement réduite que le rebord inférieur de la cavité orbitaire repose, pour ainsi dire, sur le bord alvéolaire du maxillaire supérieur. La zone inférieure ou buccale se trouve également très réduite par suite du développement encore peu avancé du maxillaire inférieur.

Il résulte de ces dispositions anatomiques : 1° que la face, chez le fœtus, est commeaplatie dans le sens vertical; 2° qu’elle est, dans son ensemble, fort peu développée comparativement à la boîte crânienne.

Si on examine maintenant la face par sa partie postérieure, on est également frappé de l’obliquité que présentent à la fois la branche du maxillaire, l’apophyse ptérygoïde et l’orifice postérieur des fosses nasales. Cette obliquité est, en effet, très prononcée et se dirige de haut en bas et d’arrière en avant.

FACE EN GENERAL

2*^ État adulte. — Plus tard, au fur et à mesure que se développent la fonction respiratoire et le sens de Eodorat, les fosses nasales s’allongent de haut en bas, entraînant les maxillaires supérieurs dans un allongement parallèle. En meme temps, les dents apparaissent et grandissent sur les bords alvéolaires, forçant les ■deux mâchoires à s’écarter l’une de l’autre pour leur faire place, deux conditions qui ont pour résultat, on le conçoit, d’augmenter considérablement les •dimensions verticales de la face.

Celle-ci s’accroît encore par le fait du creusement du sinus maxillaire et revet peu à peu la configuration qui la caractérise chez l’adulte. Le sinus maxillaire, se •développant principalement vers la partie postérieure, repousse l’apophyse ptérygoïde, qui se redresse et, d’oblique qu’elle était, devient verticale. 11 est à remar- •quer que le développement du sinus modifie peu la région latérale de la face ; car, comme le fait remarquer très judicieusement Ghuveilhier, si la cavité de ce sinus <( tend à augmenter chez l’adulte le relief de la tubérosité maxillaire, d’un autre coté, l’inclusion des germes dentaires dans l’os maxillaire supérieur pendant la vie fœtale compense assez exactement le défaut de saillie produit par l’absence du sinus ».

En même temps que le sinus maxillaire, les autres sinus de la face, qui comme lui communiquent avec les fosses nasales, se creusent et s’agrandissent. Nous rappellerons notamment des sinus frontaux, qui n’apparaissent guère que vers l’age de quinze ans, pour mesurer plus tard 20 à 2o millimètres de hauteur sur 25 ù 30 millimètres de largeur.

On a admis pendant longtemps que les sinus de la face n’avaient d’autres fonctions que d’agrandir, avec les fosses nasales, la surface olfactive et d’emmagasiner une plus grande quantité d’air chargé de particules odorantes. Les sinus devenaient ainsi, pour le sens de l’olfaction, de véritables appareils de perfectionnement.

Cette conception, toute théorique tombe, devant ce fait,

^emprunté à la physiologie , que la muqueuse qui revêt les «inus n’est pas sensible aux odeurs.

Tillaux, à qui nous devons une excellente étude des sinus (ïh. Paris, 1862), a cherché à établir que le rôle dévolu aux «inus est un rôle purement mécanique ; pour lui, la nature aurait creusé les os de la face pour la même raison qui lui a fait creuser les os longs des membres, c'est-à-dire pour les rendre plus légers, tout en leur conservant leur volume et l’étendue de leur surface extérieure et, finalement, pour assurer l’équilibre de la tête sur la colonne vertébrale.

Une pareille explication, on en conviendra, rappelle un peu trop la vieille doctrine des causes finales. Mais il n’en est pas moins vrai que tous les diverticulurns

Fig. 228.

Maxillaire inférieur du vieillard, vu par sa face latérale droite.

1, condyle. — 2, apophyse coronoïde. — 3, trou nienlonnier. — 4, 4. bord alvéolaire, dégarni et usé. — 5, angle (gonion). — Les lignes poinlillées indiquent le contour du même maxillaire à l’âge adulte. On voit très nettement : 1“ que, par suite de la résorption des alvéoles, la hauteur du corps de l'os a diminué de la moitié ; 2" que l’angle de la mâchoire est plus ouverte ; 3® que la saillie du menton est plus prononcée 4“ que le trou moutonnier se trouve placé sur le bord de l’os.

OSTKOLOGIE

des fosses nasales en se substituant peu à peu à du tissu osseux, entraînent une diminution du poids du squelette céphalique et, tout particulièrement, du squelette facial.

3° État sénile. — Chez le vieillard, la chute de dents, l’affaiblissement et Tusure progressive des bords alvéolaires qui en est la conséquence (fig. 228), diminuent dans une proportion souvent considérable la hauteur de la portion buccale. On voit de nouveau prédominer les dimensions transversales et la face, dans son ensemble, se rapprocher en quelque sorte de sa configuration primitive. Elle en diffère, cependant, en ce que le menton, qui est fuyant chez le fœtus et chez l’enfant, se porte en avant à la rencontre du nez et, d’autre part, en ce que la ligne symphysienne est oblique en bas et en avant, tandis que, chez le fœtus, celte même ligne présente une obliquité de sens contraire.

Voyez, au sujetdes os de la face, parmi les travaux récents (1904-1907), outre ceux déjà signalés au cours de la description des os ; Adachi. Ueb. die Knochelcken, in der Sympibyse des Unterkiefers, Zeitschr., f. Morphol. u. Antlirop., 1904 ; — Giunfeltt et I'eykon, Sur un point d' anatomie de la fosse zygomatique, Montpell. ined., 1905; — Bardelebën, Der Unterkiefer d. Saügetiere hesonders d. Menschen, Anal. Anz., 1905 ; — Pern.y, Die Nasenbeine, Ardi. Anat. u. Physiol., 1906; — Gérard, Particularités ostéologiques de la gouttière lacrymo-nasale et du canal nasal de l'homme, Bibliogr. Anat. 1900 ; — Dcrreuil, Ciiambardel, Les trous de la symphyse du menton, G. 11. Assoc-Anat., 1906; — Givalleri, Osservazioni suite ossa nasali. Rie. Labor. Anat. norin. Ronia, 1906; — Dieulaeé et Herpin, Les os mentonniers, Arcb. IStoniai., 1906; — Des mêmes. Développement de l’os maxillaire supérieur, .lourn de l’Anat., 1906 ; — Des mêmes, L'apophyse angulaire du maxillaire inférieur, ibid., 1907 ; — Des aiêmes, Histogenèse du maxillaire inférieur, ibid., 1907; — Heupin, Evolution du maxillaire inférieur, Tb. Paris, 1907 ; — Tricomi Allegra, Topografia del l'orifizio superiore del canale dentario e delta spina di Spix, Policlinico, 1907 ; — Bajll, Ueb. d. sogenn. Processus rami mandibularis am menschl. Scliadel, Anat. Anz., 1907.

ARTIGLE V

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

En s’articulant les unes avec les autres, les quatorze pièces osseuses de la face et celles de la portion antérieure du crâne forment un certain nombre de régions et de cavités dont la description synthétique est absolument indispensable pour aborder avec fruit l’étude des organes qui s’y logent ou qui les traversent. Ce sont :

R La région temporale, qui se confond, comme nous l’avons déjà vu, avec la région temporale de la boîte crânienne et sur laquelle il est inutile de revenir (voy. p. 179);

2° orbite, les fosses nasales, la fosse ptérygoïde, la fosse zygomatique, la fosse ptér y go-maxillaire, la voûte palatine, que nous allons maintenant décrire.

§ 1. — Cavité orbitaire

Les orbites sont deux cavités, larges et profondes, creusées entre la face et le crâne et destinées à loger les globes oculaires et leurs principales annexes.

l"* Disposition générale. — Situées symétriquement de chaque côté du plan médian, au-dessous de la cavité crânienne, au-dessus du sinus maxillaire, les orbites sont séparées des fosses nasales par les masses latérales de l’ethmoïde et par l’unguis.

Elles se distinguent, naturellement, en orbite gauche et orbite droite.

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Morphologiquement, elles affectent, chacune, la forme d’une pyramide quadrangulaire, dont l’axe se dirigerait obliquement d’avant en arrière et de dehors en dedans. Cette obliquité est telle que les axes des deux orbites, prolongés du côté de Eoccipital, se rencontreraient en arrière et un peu au-dessus du bord supérieur de la. lame quadrilatère du sphénoïde, en formant entre eux un angle de 40« à 45®. Il est à remarquer que l’obliquité de l’orbite, très accentuée sur la paroi externe de la

Fig. 229.

L’orbite, vue antérieure.

l, os nasal. — 2, apophyse montànle du maxillaire supérieur. — 3, os malaire. — 4, frontal. — o, trou sus-orbitaire. — 6, gouttière lacrymale. — 7, trou optique. — 8, lente sphénoïdale. — 9, trou grand rond. — 10, canal sous-orbitaire. — 11, os plauum de l’ethmoïde. — 12, os unguis. — 13, facette orbitaire du maxillaire supérieur. — 14. facette orbitaire du malaire. — 15, face orbitaire de la grande aile du sphénoïde. — 16, face orbitaire du frontal. — 17, trous orbitaires internes. — 18, insertion de la poulie du grand oblique. — 19, fente sphéno-maxillaire.

cavité, devient à peu près nulle sur la paroi interne, laquelle est sensiblement parallèle, chez l’homme, au plan médian.

2° Dimensions. — Les dimensions de la cavité orbitaire varient beaucoup suivant les âges. Wegker, à la suite de nombreuses mensurations pratiquées sur des crânes d’adultes, donne les moyennes suivantes :

Du trou optique au côté interne de la base 40 à 41 mili.

— au côté externe de la base 43

— au milieu du rebord supérieur 43

— au milieu du rebord inférieur 46

Ces chiffres me paraissent un peu faibles. En mesurant un certain nombre de crânes faisant partie des collections du laboratoire, j’ai trouvé que la profondeur de la cavité orbitaire variait de 42 â 50 millimètres.

La largeur de la base de l’orbite est en moyenne de 40 millimètres ; sa hauteur, de 35 millimètres. Ajoutons que la distance qui sépare les deux orbites, mesurée au

OSTEOLOGIE

niveau de leur base {intervalle interorbitaire de 13uoca), est de 25 millimètres en moyenne.

3*^ Forme et rapports. — Envisagée à un point de vue purement descriptif, la cavité orbitaire nous présente, en raison meme de sa forme qui, comme nous l’avons vu, est celle d’une pyramide quadrangulaire : 1° une base, répondant à sa partie antérieure; 2° un sommet, situé à sa partie postérieure; S'’ quatre parois ; 4° quatre bords.

A. F).\se. — La base (fig. 229), qu’on désigne encore sous le nom à' ouverture antérieure ou ouverture faciale de l’orbite, a la forme d’un quadrilatère, mais d'un quadrilatère dont les angles seraient fortement arrondis.

Son pourtour, plus connu sous le nom de rebord orbitaire, est formé : en haut, par l’arcade orbitaire du frontal et par les deux apophyses orbitaires du même os, l’interne et l’externe; en dedans et en bas, par l’apoph^^se montante du maxillaire supérieur; en dehors et en bas, par le bord antéro-supérieur de l’os malaire.

Le rebord orbitaire nous présente en haut, V échancrure sus-orbitaire, convertie très souvent en un véritable trou (voy. Os frontal). — En bas, il est de même traversé par le canal sous-orbitaire (voy. Os maxillaire supérieur). — Enfin, en dedans et en haut, il nous offre à considérer la fossette trochléaire (fig. 230, 3j, qui donne insertion à la poulie du grand oblique.

L’ouverliire l'acialc de l'orbite no regarde pas directement en avant, mais obliquement en avant et en dehors. Il en résulte que les plans de ces deux; ouvertures, en se rencontrant sur la ligne médiane, forment un angle ouvert en arriére. Cet angle est fortement obtus. 11 est assez bien représenté par Yanç/le naso-malaive de Fi.ower, dont le sommet est à la racine du nez et dont les deux; côtés passent immédiatement au-dessous de Tapophyse oibitaire externe : il est de 131« chez les Européens; mais il s’élève à 112 chez les Chinois et à lit chez les Esquimaux.

B. SoMMEi’. — Le sommet de l’orbite correspond ù la portion la plus interne et la plus large de la fente sphénoïdale ( voy. Sphénoïde). Notons sur le bord interne de cette fente un petit tubercule osseux, plus ou moins développé suivant les sujets, sur lequel vient s’insérer Vanneau de Zinn ( voy. t. IH, Muscles de Vœil).

C . Parois ou face.s. — Les parois ou faces sont au nombre de quatre, supérieure, inférieure , externe et interne. Chacune d’elles, on le conçoit, a la forme d’un triangle, dont la base est située en avant et le sommet en arrière :

a. Paroi supérieure. — La paroi supérieure ou voûte (fig. 230), fortement concave, surtout à sa partie antérieure, est formée d’avant en arrière par la fosse orbitaire du frontal et par la face inférieure de la petite aile du sphénoïde. Nous y remarquons ; 1° en arrière, la suture {suture sphéno-frontale) qui réunit ces deux pièces osseuses ; 2° en avant et en dehors, la fossette lacrymale, où se loge la glande de même nom. La paroi supérieure de l’orbite répond à l’étage antérieur de la base du crâne et, par conséquent, aux lobes frontaux du cerveau. Très épaisse en avant au voisinage du rebord orbitaire, elle est extrêmement mince dans tous le reste de son étendue.

b. Paroi inférieure. — La paroi inférieure ou plancher (fig. 231), concave comme la précédente, repose sur le sinus maxillaire, dont elle constitue la voûte. Elle est formée : P en avant, par la face supérieure de la pyramide du maxillaire SLipérieuc et par la face supérieure de l’apophyse orbitaire de l’os malaire ; 2*^ tout à fait en arrière, par la petite facette orbitaire du palatin (voy. cet os). Nous y retrouvons, avec les deux sutures qui unissent ces trois os, une gouttière à direction antéro-postérieure, la gouttière sous-orbitaire, qui, après un parcours de 2 centi-

REGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

1, trou optique. — 2, échancrure sus-orbitaire. — 3, insertion de la poulie du grand oblique. — 4, conduit orbitaire interne antérieur. — 4’, conduit orbitaire interne postérieur. — 5, 5, cellules cthnioïdales. — G, fossette lacrymale.

mètres en moyenne, se transforme en un canal complet, le canal sous-orbitaire, lequel, on le sait, vient s’ouvrir à la face par le trou sous-orbitaire.

c. Paroi externe. — La paroi externe répond a la fosse temporale. Elle est constituée par la face antérieure de la grande aile du sphénoïde, par l’apophyse orbitaire de l’os malaire et aussi par la partie la plus externe de la voûte orbitaire du frontal. Elle est assez régulièrement plane et ne nous offre à considérer que les trois sutures qui réunissent ensemble ces trois pièces osseuses. C’est sur cette face que se trouve l’orifice postérieur du conduit malaire (voy. Os malaire).

d. Paroi interne. — La paroi interne (fig. 232) est, comme nous l’avons déjà dit, à peu près parallèle au plan médian.

Quatre os contribuent à la former. Ce sont, en allant d’arrière en avant : la face externe du corps du sphénoïde, l’os pla-

num de l’ethmoïde, Tunguis, l’apophyse montante du maxillaire supérieur.

Nous voyons tout d’abord sur cette^face les trois sutures verticales qui réunissent entre eux ces quatre os.

Nous rencontrons ensuite une gouttière toujours très marquée, la gouttière lacrymo-nasale, placée tout à fait à la partie antérieure, immédiatement en arrière de l’apophyse montante du maxillaire supérieur.

Cette gouttière n’est pas exactement verticale, mais légèrement oblique de haut en bas, de dedans en dehors et d’avant en arrière. Elle s’étend, en haut, jusqu’à l’apophyse orbitaire interne, où elle se termi ne insensiblement. En bas, elle se continue avec le canal nasal, que nous décrirons plus loin à propos des fosses nasales.

Au point de vue de sa constitution anatomique, la gouttière lacrymo-nasale est formée à la fois par l’apophyse montante du maxillaire et par l’os unguis.Elle est nettement limitée, à sa partie antérieure et à sa partie postérieure, par deux crêtes très saillantes, sur lesquelles viennent s’insérer les deux tendons {tendon direct et tendon réfléchi) du muscle orbiculaire des paupières. La postérieure donne aussi attache, immédiatement en arrière du tendon réfléchi, au muscle de Horner.

G.nevr 9

Fig. 231.

Orbite, paroi inférieure ou plancher.

1, trou optique. — 1’, extrémité interne de la lente sphénoïdale. — 3, fosse ptérygo-maxillaire. — 4, conduit orbitaire interne antérieur. — 4’, conduit orbitaire interne postérieur. — 5, 5, cellules elbnioïdales. — 7, canal nasal. — 8. section de l’os malaire. — 9, trou grand rond. — 10, sinus sphénoïdal. — 11, gouttière sous-orbitaire. — 12, fente sphéno-maxillaire.

OSTEOLOGIE

D. Bords ou angles. — Les bords de Eorbite sont au nombre de quatre, que nous désignerons^ d’après leur situation, sous les noms de supéro-externe , supérointerne, in féro -externe, inféro-interne :

a. Bord supéro-externe. — Le bord supéro-externe se confond en avant avec la ' fossette lacrymale. Plus loin, il nous présente la suture fronto-sphénoïdale et la terminaison ou queue de la fente sphénoïdale dont la partie interne élargie' ou tête constitue, comme nous l’avons déjà vu, le sommet de l’orbite.

b. Bord supéro-interne . — Le bord supéro-interne nous présente successivement, en allant d’avant en arrière, les diverses sutures de l’os frontal avec l’apophyse

montante du maxillaire supérieur, avec l’unguis et avec l’osplanum de l’ethmoïde.

Sur cette dernière suture, suture fronto-ethmoïdale, nous rencontrons les deux orifices orbitaires des conduits ethmoïdaux ou orbitaires internes, qui communiquent d’autre part avec les gouttières olfactives (voy. Étage antérieur à la base du crâne) et qui livrent passage ; le postérieur, à l’artère ethmoïdale postérieure et à un petit filet nerveux décrit par Luschka; l’antérieur, à l’artère ethmoïdale antérieure, ainsi qu’au filet ethmoïdal du nerf' nasal.

Enfin, un orifice arrondi, le trou ou canal optique, termine ce bord en arrière. Nous savons déjà qu’il est traversé par le nerf optique et l’artère ophthalmiqüe.

c. Bord inféro-interne . — Le bord inféro-interne répond à un angle fortement obtus. Il est même presque effacé sur certains sujets, et, dans ce cas, l’orbite représente une pyramide plutôt triangulaire que quadrangulaire. Ce bord commence en avant au niveau de l’orifice supérieur du canal nasal et suit à partir de ce point: 1° la suture de l’unguis avec le maxillaire supérieur ; 2° la suture de l’os planum de l’ethmoïde toujours avec le maxillaire supérieur; 3° la suture du corps du sphénoïde avec l’apophyse orbitaire du palatin.

d. Bord inféro-externe. — Le bord inféro-externe, constitué en avant par la face supérieure concave de l’apophyse orbitaire de l’os malaire, se confond en arrière avec la fente sphéno-maxillaire , dont la partie la plus reculée se perd, comme on le sait, dans la fosse ptérygo-maxillaire. Cette fente, très apparente sur le squelette, est fermée à l’état frais par le périoste, lequel passe sans s’interrompre de la paroi externe de l’orbite sur sa paroi inférieure (voy. t. Ill, Organes des sens).

4^" Communication de l’orbite avec les régions voisines. — L’orbite, on le voit, est loin d’être une cavité close. Abstraction faite de la large ouverture qui constitue sa base et qui la met en relation avec l’extérieur, elle communique avec les régions voisines par des orifices, fort nombreux, qui livrent passage à des vaisseaux et à

Section sagittale de l’orbite, pour montrer la paroi interne de cette cavité.

1, os propre du nez. — 2, gouttière lacrymo-nasale.

— H, épine nasale antérieure. — 4, trou spliéuo-palatin.

— O, trous dentaires postérieurs. — G, portion du palatin, rétrécissant l’orifice d’entrée du sinus maxillaire. — 7, apophyse auriculaire du coi’uet inférieur, recouverte à l’état frais par la muqueuse du sinus. — 8, partie postérieure de l’entrée du sinus , également recouverte par la muqueuse. — 9, apophyse unciforrne de l'ethmoïde.

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

des nerfs. Nous résumons ces relations de la cavité orbitaire avec les régions du voisinage dans le tableau synoptique suivant :

( Nerf optique.

i Nerf ophtalmique.

(Nerfs nasal, frontal et lacrymal.

Rac. sympath. du g. ophthalmique.

^ Nerf moteur oculaire commun.

j Nerf moteur oculaire e.^:tcrne.

I Nerf pathétique.

V Veine ophthalmique.

^ Artère ethmoïdale antérieure.

^ Nerf nasal interne.

^ Artère ethmoïdale postérieure, i' Nerf ethmoïdal de Luschk.a..

I Canal lacrymal.

1 Nerfs frontal externe ou sus-orbitaire. ( Artère et veine sus-orbitaires.

( Nerf sous-orbitaire.

( Vaisseaux sous-orbitaires, j Nerf temporo-malaire.

( Nerf maxillaire supérieur.

] Rameau orbitaire de ce nerf.

( Anastomose veineuse.

Indice orbitaire. — On désigne, en anthropologie, sous le nom di’indice orbitaire, le rapport centésimal du diamètre vertical de la base de l'orbite à son diamètre transversal ;

^ Diamètre vertical x 100

liiclicc ■■ .

Diamètre transverse.

Chez l’homme, les deux diamètres de l’orbite sont à peu près égaux à la naissance. Mais à mesure que l’enfant grandit, le diamètre transversal l’emporte sur l'autre, de telle sorte que, chez l’adulte, l’indice orbitaire est toujours au-dessous de 100. Buoc.r, qui a fait de l’indice orbitaire une étude spéciale [Recherches sur Vinclice orbitaire. Revue d'Anthropologie, 1875, p. 577), admet de grands indices [groupe mégasème, de indice), 89 et au-dessus; de petits indices

[groupe microsème) , 83 et au-dessous; des indices moyens ou intermédiaires [groupe mésosèrné), entre 83 et 89.

Sont mégasèmes ; les Polynésiens d’Hava'i, 95,40 ; les Chinois, 93,8 ; les Mexicains anciens, 93,1 ; les Mexicains modernes, 90,8, etc. — Sont mésosèmes : les Kabyles, 88,9 ; les Corses, 88,6; les Savoyards, 88,5; les Auvergnats, 86,5; les Hottentots, 83,8 et, parmi les races préhistoriques, les Gaulois de la Marne, 87,5. et les peuplades qui ont élevé les dolmens de la Lozère, 83,3. — Sont microsèmes ; les Cafres, 81; les Néo-Calédoniens, 80,5; les Tasmaniens, 79,4 ; les Guanches de Ténérilîe, 77, etc. — Exceptionnellement, on a observé 60,9 chez un Tasmanien, 100 chez un Néo-Calédonien, 104 chez une négresse du Sahara et 107 chez un Chinois (Topinard). — Chez les anthropoïdes, l’indice orbitaire dépasse toujours 100 ; Broca a trouvé 118 chez un orang.

Il est à remarquer que, pour une même race, l’orbite de la femme présente une diamètre vertical moins court que celui de l’homme et, par suite, un indice plus élevé.

Indice cépbalo-orbitaire. — A la région de l’orbite se rattache encore, entre autres données anthropométriques, la capacité orbitaire, étudiée tout particulièrement par Mantegazza [Dei caraiteri gerarchia del cranio umano, Florence (1875). La somme des capacités des deux orbites, comparée à la capacité du crâne, fournit ce qu’on appelle Vindice céphalo-orbitaire . Cet indice, étudié par Mantegazza sur 200 crânes de toute provenance, a fourni à l’anthropologiste italien les résultats suivants ; la moyenne est de 27,2 et les écarts extrêmes atteignent 22,7 d’une part et 36,5 de l'autre. La capacité de chacune des orbites est à peu près la huitième partie de la capacité du crâne.

j 1° T?’ou opticjue

) 2° Fente sphénoïdale

a) La CAVITÉ CRANIENNE. (

I 3« Conduit ethmoïdal antérieur

4° Conduit ethmoïdal postérieur

b) Les fosses nasales . | 5° Canal nasal

6“ Échancrure sus-orbitaire . .

7° Trou sus-orbitaire

8° Conduit malaire

9° Fente sphéno-maxillaire . .

c) L’extérieur.

§ II. — Fosses nasales

Creusées au centre de la face, les fosses nasales sont au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, placées symétriquement de chaque côté de la ligne médiane et séparées l’une de l’autre par une simple cloison verticale. Leur cavité donne passage à l’air de la respiration et, sur leurs parois, vient s’étaler la muqueuse

OSÏEOLOGIE

pituitaire, portant elle-même, disséminés dans sa trame, les appareils terminaux de l’olfaction (voy. t. III, Organe des sens). Chacune des fosses nasales, prise à

part, ressemble à un longcouloir fortement aplati dans le sens transversal et un peu plus large en bas qu’en haut. Nous pouvons, en conséquence , lui considérer quatre parois et deux ouvertures.

\ ^ Paroi inférieure ou plancher; — La paroi inférieure est un peu inclinée d’avant en arrière et de haut en bas. Plane dans le sens antéro-postérieur, légèrement concave dans le sens transversal, elle est constituée, en avant par l’apophyse palatine du maxillaire supérieur, en arrière par la portion horizontale du palatin.

Une suture transversale indique la réunion de ces deux pièces osseuses.

Nous trouvons, en outre, sur la partie antérieure de cette paroi, le conduit palatin antérieur, qui, se portant en dedans à la rencontre de celui du côté opposé, se réunit à lui de manière à constituer un canal unique. Il résulte de cette réunion

H.JjOULEHÀl.

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