MEMBRE INFÉRIEUR OU PELVIEN
Le membre inférieur ou membre pelvien est conformé sur le même type que le membre supérieur. Comme ce dernier, il comprend quatre segments, qui sont, en allant de la racine du membre à son extrémité libre : 1® la hanche ; 2® la cuisse ; 3° \q. jambe; 4® le pied.
§ 1. — Os DE LA HANCHE, BASSIN
La hanche ou ceinture pelvienne est constituée par un seul os, que l’on désigne sous le nom d’os coxal.
Les deux os coxaux, réunis en avant par la symphyse pubienne, sont séparés l’un de l’autre en arrière par le sacrum, avec lequel ils s’articulent. Ces trois pièces osseuses, les deux os coxaux et le sacrum, circonscrivent ainsi par leur ensemble une vaste enceinte osseuse, le bassin, formation anatomique importante, qui intéresse tout particulièrement l’accoucheur et à laquelle nous consacrerons un paragraphe à part.
A. — Os COXAL
L’os coxal (üg. 312 et 313) est primitivement constitué par trois pièces distinctes, Vilion en haut et en dehors, le pubis en avant, Y ischion en bas. Ces trois pièces secondaires, dont on peut voir les limites respectives sur la figure 320 viennent se réunir au centre de cette vaste cavité articulaire, la cavité cotyloïde, qui se trouve creusée sur la face externe de l’os et qui est destinée au fémur.
Certains anatomistes décrivent encore à part Vilion, le pubis et Vischion. Nous rejetons une pareille méthode qui nous paraît compliquer inutilement la description anatomique. Nous comprendrons dans notre description l’os coxal tout entier, estimant pour notre part que l’ilion, le pubis et l’ischion ne sont nullement des os distincts, mais des centres d’ossification différents d’une seule et même pièce squelettique.
Envisagé au point de vue de sa configuration extérieure, l’os coxal est un os plat, à contour irrégulièrement quadrilatère profondément, échancré et conséquemment rétréci à sa partie moyenne. Nous lui considérerons : deux faces, l’une externe,
l’autre interne ; 2° quatre bords, que l’on distingue, d’après leur situation, en supérieur, inférieur, antérieur et postérieur ; 3° enfin, quatre angles, qui se trouvent naturellement situés aux points où se rencontrent les bords précités.
Face externe. — En jetant les yeux sur la face externe, nous reconnaissons
OSÏÉOLOGIE
tout d’abord, à sa partie moyenne, la cavité cotyloïde, dont il a été question plus haut. Au-dessus d’elle, s’étale une vaste surface appelée fosse iliaciue externe. Audessous, s’ouvre un large orifice, connu sous le nom de trou obturateur ou ischiopubien. Examinons successivement chacun de ces éléments :
a. Cavité cotyloïde. — La cavité cotyloïde (cotyle ou acétabulum,) destinée à
recevoir la tête du fémur, présente à cet effet la forme d’un sphéroïde creux, limitée du côté de la face externe de l’os par un rebord circulaire, plus ou moins aminci, qui porte le nom de sourcil cotyloïdie'n.
Ce sourcil cotyloïdien, à la formation duquel participent à la fois filion, le pubis et l’ischion, est nécessairement traversé par les trois lignes de soudure que forment entre elles ces trois pièces osseuses. Les trois points où ces lignes de soudure rencontrent le sourcil cotyloïdien sont marqués par des dépressions en forme d’échancrures et chacune d’elles tire son nom des deux os qui la constituent. C’est ainsi que nous avons : 1° en avant, V échancrure ilio-pubienne , formée par le pubis et filion ; 2° en arrière, V échancrure ilio-ischiatique, située entre filion et l’ischion ; 3® en bas, V échancrure ischio -pubienne , située au point de rencontre de l’ischion et du pubis.
De ces trois échancrures, les deux premières sont souvent peu accusées. L’échancrure ischio-pubienne, au contraire, est large et profonde sur tous les sujets ; elle est, à l’état frais, convertie en trou par un ligament, ce trou livre passage aux vaisseaux nourriciers de la tête fémorale (vOy. ARTHROLOGIEj.
La surface intérieure de la cavité cotyloïde se trouve divisée en deux portions bien distinctes : une première portion, lisse et articulaire; une deuxième portion, rugueuse et ne participant qu’indirectement à l’articulation. — La portion non-articulaire constitue V arrière-fond de la cavité cotyloïde ou fossa acetabuli. Elle revêt la forme d’un carré de 35 millimètres de côté environ ; l’un de ses bords, le bord inférieur, répond à l’échancrure ischio-pubienne ci-dessus décrite. — La portion articulaire entoure la précédente à la manière d’un croissant, dont les deux extrémités ou cornes viennent aboutir à l’échancrure ischio-pubienne. Ces deux cornes, que l’on distingue en antérieure et postérieure, sont très inégales en
G.Ce^vÿ
f.BCULC\'AZ
Os coxal, vu par sa face externe.
1, 1, 1, bord supérieur ou crête iliaque. — 2, épine iliaque antéro-supérieure. — 3, épine iliaque postéro-supérieure. — 4, gouttière sus-cotyloïdienne. — 4’, fosse iliaque externe, avec : 4”, sa ligne demi-circulaire antérieure; 4’ ’, sa ligne demi-circulaire postérieure. — 5, ti-ou nourricier. — 6, échancrure sans nom, comprise entre les deux épines iliaques antérieures. — 7, sourcil cotyloïdien. — 8, épine iliaque antéro-inférieure. — 9, épine iliaque postéro-inférieure. — 10, grande échancrure sciatique. — 11, épine sciatique. • — 12, petite échancrure sciatique. — 13, ischion. — 14, corps du pubis. — 15, branche horizontale du pubis. — 16, crête pectinéale. — 17, éminence iliopectinée. — 18, branche ischio-pubienne. — 19, gouttière souspubienne pour le nerf et les vaisseaux obturateurs. — 20, épine du pubis. — 21, trou obturateur. — 22, angle du pubis. — 23, cavité cotyloïde, avec 24, son arrière-fond. — 25, échancrure ischio-pubienne. — 26, échancrure ilio-ischiatique. — 27, échancrure ilio-pubienne. — 28, tubercule ischio-pubien externe ou sous-cotyloïdien. — 29, tubercule ischio-pubien interne.
os DE LA HANCHE
développement : Ici corne antérieure s’atténue progressivement et se termine en mourant sur la partie la plus élevée de l’échancrure. La corne postérieure, au contraire, se termine du côté de cette échancrure, par une forte saillie, au-dessous de laquelle se trouve une véritable gouttière.
b. Fosse iliaque externe. — Destinée à l’insertion supérieure des muscles fessiers, la fosse iliaque externe ne mérite vraiment ce nom de fosse qu’à sa partie moyenne. Nous trouvons, en effet, en, la parcourant d’avant en arrière, tout d’abord une large surface à peu près plane, puis une surface excavée, et enfin une nouvelle surface plane.
Cette fosse iliaque externe est parcourue par deux lignes rugueuses, appelées lignes demi-circulaires . — La première, située en avant, ligne demi-circulaire antérieure, commence au niveau de la grande échancrure sciatique. De là, elle se porte en haut et en avant et vient se terminer vers l’angle antero-supérieur de l’os coxal. — La seconde, située en arrière, ligne demi-circulaire postérieure, se détache également de la grande échancrure sciatique, à 1 ou 2 centimètres en arrière de la précédente. Elle suit, de là, un trajet presque vertical et se termine sur le bord supérieur de l’os. — Ces deux lignes demi-circulaires divisent la fosse iliaque externe en trois zones distinctes : 1° une zone postérieure, relativement peu étendue, sur la partie supérieure de laquelle s'insère le grand fessier; 2° une zone moyenne, plus grande, répondant au moyen fessier; 3° une zone antérieure, enfin, beaucoup plus grande encore, qui est destinée au petit fessier. — A la partie moyenne de la fosse iliaque externe, au niveau ou un peu en avant de la ligne demi-circulaire antérieure, se trouve le trou noicrricier principal de l’os : il se dirige obliquement en bas et en arrière.
La fosse iliaque externe est séparée, en avant, du sourcil cotyloïdien par une dépression rugueuse et plus ou moins creusée en gouttière : c’est la gouttière suscotyloidienne , qui répond à l’insertion du tendon réfléchi du muscle droit antérieur de la cuisse. Cette gouttière nous présente ordinairement de nombreux trous vasculaires, pour le passage des vaisseaux nourriciers de l’os.
c. Trou obturateur ou ischio-pubien. — Le trou obturateur, encore appelé ischio-pubien en raison de sa constitution anatomique, est situé au-dessous de la cavité cotyloïde. Il répond, en haut, à la grande échancrure ischio-pubienne, cidessus décrite. Dans tout le reste de son pourtour, il est formé, en allant de haut en bas : par la branche horizontale du pubis, par le corps du pubis, par la branche descendante du pubis, par la branche ascendante de l’ischion, parle corps de l'ischion. Envisagé au point de vue de sa forme, le trou obturateur est triangulaire dans les deux sexes, avec un angle supérieur, un angle inteine et un angle postérieur : toutefois, son angle interne étant beaucoup plus ouvert chez l’homme que chez la femme, ce trou revêt très souvent, sur un bassin masculin, la forme d’un ovale à grand axe obliquement dirigé de haut et d’avant en arrière.
Ainsi entendu, le trou obturateur nous présente deux bords ou plutôt deux demicirconférences, l’ime interne, l’autre externe. Ces deux demi-circonférences se rencontrent à la partie inférieure du trou et, là, se continuent réciproquement. A la partie supérieure du trou, au contraire, elles s’écartent l’une de l’autre, la demicirconférence interne se dirigeant en arrière, la demi-circonférence externe se portant en avant. L’intervalle compris entre les deux demi-circonférence ainsi écartées a la forme d’une gouttière, obliquement dirigée de haut en bas, de dehors en dedans et d’arrière en avant : c’est la gouttière obturatrice ou sous-pubienne, occupée à l’état frais par le nerf et les vaisseaux obturateurs. Cette gouttière est
OSTEOLOGIE
délimitée par deux lèvres : une lèvre postérieure, qui se rattache à la demi-circonférence interne du trou obturateur; une lèvre antérieure , qui n’est autre que la partie toute supérieure de la demi-circonférence externe. La distance qui sépare les deux lèvres est environ de 5 à 6 millimètres.
Sur la demi-circonférence externe du trou obturateur, au-dessous de l’échancrure
ischio-pubienne de la cavité cotyloïde, se voit un petit tubercule plus ou moins saillant (fig. 312,28 et 313, 23) ; c’est le tubercule cotyloïdien ou ischio-pubien externe. En face de lui, sur la demi -circonférence interne , se dresse une autre saillie tfig. 312, 29, et 313, 24), plus ou moins accusée suivant les sujets :
c’est le tubercule ischio-pubien interne. Ces deux tubercules (externe et interne) donnent insertion l’un et l’autre à des trousseaux fibreux de la membrane obturatrice, membrane qui, sur le sujet revêtu de ses parties molles, ferme plus ou moins le trou ischio-pubien (voy. Arthrologie).
2° Face interne . — Sur la face interne de l’os coxal, nous apercevons tout d’abord une ligne oblique, qui se dirige de haut en bas et d'arrière en avant ; c’est la ligne innommée^ arrondie et mousse à sa partie moyenne, mais généralement saillante à ses deux extrémités. Elle divise la fosse iliaque interne en deux parties, l’une supérieure, l’autre inférieure :
a. Au-dessus et en dehors de la ligne innominée , se trouve une excavation , large mais peu profonde, connue sous le nom de fosse iliaque interne. La fosse iliaque interne, de forme triangulaire, partout lisse et unie, regarde en haut, en avant et en dedans. Elle répond au muscle iliaque, qui prend sur elle la plus grande partie de ses insertions. A sa partie postérieure, mais à une hauteur toujours très variable, se voit l’un des trous nourriciers de l’os : il se dirige obliquement en dehors et en bas.
b. Au-dessous et en arrière de la ligne innominée, nous rencontrons successivement, en allant de haut en has :
1° Une première surface, rugueuse et irrégulièrement quadrilatère, destinée à l’implantation des ligaments puissants qui unissent l’os coxal au sacrum; on la désigne sous le nom de tubérosité iliaque ;
Fig. 313.
Os coxal, vu par sa face interne.
1,^ bord supérieur ou crête iliaque. — 2, épine iliaque antérosupérieure. — 3, épine iliaque postéro-supérieure. — 4, fosse iliaque interne. — 5, trou nourricier. — 6, facette auriculaire pour l articulation sacro-iliaque. — G’, tubercule servant de pivot aux mouvements de nutation du sacrum. — 7. tubérosité iliaque. — 8, épine iliaque antéro-inférieure. — 9, épine iliaque postéro-inférieure. — 10, grande échancrure sciatique. — 11, épine sciatique. — 12, petite échancrure sciatique. — 13, ischion. -- 14, pubis, avec 15, sa facette articulaire pour le pubis du côté opposé. — 16, ligne innominée. — 17, éminence ilio-pectinée. — 17’, crête pectinéale, avec 17”, tubercule du petit psoas.
— 18, branche ischio-pubienne. — 19, gouttière sous-pubienne.
— 20, épine du pubis. — 21, trou ischio-pubien. — 22, angle du pubis. — 23, tubercule iscliio-pubien externe ou sous-cotyloïdien. — 24, tubercule ischio-pubien externe. — 25, crête mousse du détroit moyen.
os DE LA HANCHE
2'^ Une deuxième surface, articulaire celle-là, que l’on a comparée à une oreille et qui est appelée pour cette raison auriculaire de Vos coxal \ elle est encroûtée par places de cartilage et s’applique exactement contre une facette similaire, que nous avons déjà observée sur les côtés du sacrum (voy. Sacrum); à sa partie inférieure, cette facette auriculaire de l’os coxal présente un tubercule saillant (fig. 313, 6’), qui s’engrène dans une échancrure correspondante située sur le bord de la facette auriculaire du sacrum et qui sert de pivot aux mouvements de nutation que subit ce dernier segment du bassin pendant l’accouchement (voy.
Arthrologie) ;
3°Une troisième surface, planeetquadrilatère, répondant à la cavité cotyloïde et donnant insertion, à sa partie supérieure, au muscle obturateur interne ;
4° Au-dessous d’elle, et surmontant l’angle inférieur de l’os, une quatrième surface, beaucoup moins étendue, qui regarde en dedans et un peu en bas ; comme la surface précédente regarde en dedans et un peu en haut, les deux surfaces se réunissent l’une à l’autre en formant une sorte de dos d’âne (fig. 314, 4), ordinairement peu accusé ; nous verrons plus loin, à propos du bassin (p. 325), que ce dos d’âne correspond à ce que les accoucheurs détroit moyen du bassin;
5° Enfin, en avant et au-dessous des deux surfaces que nous venons de signaler, le trou obturateur et les divers éléments osseux, déjà connus, qui en constituent le pourtour.
3° Bord antérieur. — Le bord antérieur de l’os coxal (üg. 315) se dirige d’abord en bas ; puis, changeant brusquement de direction, il se porte en avant et en dedans. Sa première portion ou portion verticale forme ainsi, avec sa deuxième portion ou portion horizontale, un angle obtus à large ouverture mesurant 140® environ.
Suivi de haut en bas, le bord antérieur de l’os coxal, fort accidenté, nous présente successivement :
1® Une saillie mamelonnée, V épine iliaque antérieure et supérieure , donnant insertion à l’arcade fémorale, ainsi qu’aux deux muscles couturier et tenseur du fascialata;
2® Une échancrure sans nom, à travers laquelle s’échappe le nerf fémorocutané ;
3® Une deuxième saillie mamelonnée, l'épine iliaque antérieure et inférieure, à laquelle vient s’attacher le tendon direct du muscle droit antérieur ;
4® Une nouvelle échancrure en forme de gouttière, large de 25 à 30 millimètres, dans laquelle glisse le muscle psoas-iliaque ;
5® Une large saillie, arrondie et mousse, V éminence ilio-pectinée, où vient s’insérer la bandelette de même nom;
6® Une surface triangulaire et lisse, répondant au muscle pectiné et appelée, pour
Fig. 314.
Os'coxal, coupe vertico-transversale passant par l’ischion ( d’après Budin et Grouzat).
1, 2, ligne innommée. — 3, plan supérieur du dos d’âne. — 4, crête du dos d'âne. — 5, plan inférieur du dos d’âne. — 6, tubérosité de l’ischion. — 7, cavité cotyloïde, — 8, épine iliaque antérieure et supérieure. — 10, crête iliaque. — 11, surface auriculaire. — 12, épine sciatique. — 13, fosse iliaque interne.
OSTEOLOGIE
cette raison, surface pectinéale-, cette surface est limitée, en arrière, par une crête presque tranchante, la crête pectinéale, laquelle n’est que la continuation de la ligne innominée que nous avons décrite sur la face interne: sur cette crête, en un point voisin de son extrémité externe, il n’est pas rare de rencontrer un petit tubercule qui donne attache au muscle petit psoas, c’est le tubercule du petit psoas;
7® Un autre tubercule arrondi, y épine du ptcbis, situé exactement au sommet du triangle pectinéal ; il donne insertion à l’arcade fémorale;
8° En dedans de l’épine du pubis, une petite surface rugueuse, de 1 à 2 centimètres d’étendue, sur laquelle viennent s’insérer les deux muscles pyramidal et grand droit de l’abdomen ; cette dernière surface nous amène cà l’angle antérieur de l’os coxal ou angle du pubis.
4° Bord postérieur. — Le bord postérieur de l’os coxal (fig. ol3) présente une direction sensiblement verticale. Il est tout aussi accidenté que le précédent. En le parcourant de haut en bas, nous rencontrons successivement :
i° Une première saillie arrondie et mousse , V épine iliaque postérieure et supérieure, destinée à des insertions ligamenteuses et musculaires;
2° Une petite échancrure, sans importance et sans nom; ar- 3° Une deuxième saillie, V épine me. iliaque postérieure et inferieure, où s’insèrent encore des ligaments et des muscles ;
4° Une échancrure large et profonde, la grande échancrure sciatique, traversée à l’état frais par toute une série d’organes (muscle pyramidal, vaisseaux et nerf fessiers supérieurs, grand et petit nerfs sciatiques, vaisseaux ischiatiques, vaisseaux et nerf honteux internes), qui sortent du bassin pour se répandre ensuite, soit dans la cuisse, soit dans le périnée, soit dans la région fessière ;
3^ Une forte saillie triangulaire, aplatie transversalement, Y épine sciatique, donnant insertion, par son sommet, au petit ligament sacro-sciatique, par sa face externe au muscle jumeau supérieur, par sa face interne aux faisceaux les plus reculés du releveur de l’anus;
6° Au-dessous de l’épine sciatique, une nouvelle échancrure, plus petite que la précédente, la petite échancrure sciatique, traversée par le muscle obturateur
Fig. 3lo.
Os coxal, bord antérieur.
1, épine iliaque antéro-supérieure. — 2, épine iliaque ant< inférieure. — 3, éminence ilio-pectinée. — 4, crête peclinéale. O, surface pectinéale. — 6, épine du pubis. — 7, angle du pubis 8, trou obturateur. — 9, ligne indiquant la direction de l'arcade féi raie. — 10, ischion. — 11, branche ischio-pubienne. — 12, goutt sous-pubienne ou obturatrice. — 13, cavité cotyloïde. — 14, son rière fond. — 15, échancrure ilio-iscliiatique. — 16, échancrure i pubienne. — 17, échancrure ischio-pubienne ou sous-cotylo'idiei: — 18, tubcrculé sous-colylo'idien. — 19, tubercule ischio-pul interne.
os DE LA HANCHE
interne, ainsi que par les vaisseaux et le nerf honteux internes; ees derniers organes, déjà sortis du bassin à travers la grande échancrure sciatique, croisent l’épine sciatique, la contournent et rentrent de nouveau dans le bassin par la petite échancrure sciatique ;
7° Au-dessous de cette échancrure, nous trouvons une saillie volumineuse : c’est le corps de V ischion, qui forme l’angle inférieur de l’os et sur lequel nous reviendrons dans un instant.
5° Bord supérieur. — Le bord supérieur de l’os coxal (fig. 316), que l’on appelle encore crête iliaque, se contourne en S italique de façon à présenter deux courbes successives, de direction contraire. 11 en résulte que, concave en dehors dans sa moitié postérieure, ce bord est concave en dedans dans sa moitié antérieure.
Son tiers antérieur et son tiers postérieur sont fort épais. Par contre, son tiers moyen est relativement mince.
Le bord supérieur présente généralement son maximum d’épaisseur à 5 ou 6 centimètres en arrière de l’épine iliaque antéro-supérieure. Il existe le plus souvent en ce point une saillie (!’), très variable du reste suivant les sujets, qui se projette en dehors vers le fosse iliaque externe, et qu’on appelle, en raison de sa destination, le tubercule du moyen fessier.
Sur la crête iliaque s’insèrent sept muscles, dont les principaux sont les muscles larges de l’abdomen : le grand oblique, le petit oblique. et le transverse. Le premier de ces muscles s’attache à la lèvre externe de la crête, le second à l’interstice, le troisième à la lèvre interne.
6° Bord inférieur. — Le bord inférieur (üg. 315), étendu de l’angle du pubis au corps de l’ischion, se trouve constitué par la branche ascendante de l’ischion et la branche descendante du pubis.
- Il se porte d’abord en bas et en arrière, en conservant toujours ses rapports avec le plan médian. Puis, changeant brusquement de direction, il se déjette en dehors en s’écartant de plus en plus de la ligne médiane.
11 se trouve ainsi divisé, par sa direction même, en deux portions, l’une supérieure, l’autre inférieure. Sa première portion nous présente une facette ovalaire, \d. facette pubienne, dont le grand axe est parallèle au bord lui-même et qui s’articule avec une facette similaire de l’os coxal du côté opposé, pour constituer la s^uiiphyse pubienne. Au-dessous de cette facette articulaire, dans sa deuxième portion ou portion inférieure, le bord inférieur de l’os c'oxal devient rugueux et donne insertion à l’aponévrose périnéale moyenne, aux corps caverneux de la verge, ainsi qu’à deux muscles de la cuisse, le droit interne et le grand adducteur.
Fig. 316.
Bord supérieur de l’os coxal, avec les insertions musculaires.
1, lèvre externe. — 1’, tubercule du moyeu fessier. — 2, épine iliaque autéro-supérieure. — 3, épine iliaque postéro-supérieure.
— 4, fosse iliaque interne, avec 4’, trou nourricier. — .5, insertion du grand dorsal. — ë, insertion du carré des lombes. — 7, tubérosité iliaque, avec l’insertion du sacro-lombaire. — 8, insertion du grand oblique. — 9, interstice de la crête avec l’insertion du petit oblique. — 10. lèvre interne de la crête avec l'insertion du trausverse de l'abdomen.
T Angles. — Les quatre angles de l’os coxal se distinguent en antéro-supérieur, antéro-inférieur, postéro-supérieur et postéro-inférieur ; Y angle antéro-supérieur est constitué par l’épine iliaque antérieure et supérieur ; V angle postéro-supérieur , par l’épine iliaque postérieure et supérieure ; Vangle antéro-inférieur ow interne.
OSTEOLOGÎE
par l’angle du pubis; V angle postéro-inférieur ou inférieur, par le corps de l’ischion, masse volumineuse que l’on désigne le plus souvent sous le nom de tubérosité ischiatique. Tous ces angles nous sont déjà connus; le dernier seul, représenté par la tubérosité iliaque, mérite de nous arrêter un instant.
La tubérosité ischiatique représente la partie la plus épaisse de l’os coxal; c’est sur elle que repose le corps de la station assise. — Sur partie interne prennent naissance les muscles ischio-caverneux et transverse du périnée. — Sur sa partie externe s’attache le muscle grand adducteur de la cuisse. — Sa partie antérieure se confond avec la branche ascendante de l’ischion ou, ce qui revient au même, avec le hord inférieur de l’os. — partie postérieure, enfin, convexe, très large et très inégale, donne insertion au jumeau inférieur, au carré crural et, un peu plus bas, aux trois muscles de la région postérieure de la cuisse, le demi -tendineux, le demimembraneux et le biceps.
8° Conformation intérieure. — L’os coxal appartient à la classe des os plats. Gomme tel, il est constitué par deux lames de tissu compacte, interceptant entre elles une couche très variable de tissu spongieux. Ce tissu spongieux est surtout abondant au niveau de la crête iliaque, du pubis et de l’ischion. Il fait défaut dans la zone la plus amincie des fosses iliaques.
Connexions. — L'os coxal s'articule avec trois os : 1° en arrière et en dedans, avec le sacrum ; 2» en avant et en dedans, sur la ligne médiane, avec l’os coxal du côté opposé ; 3« en dehors et en bas, avec le fémur.
Insertions musculaires. — L’os coxal donne insertion à trente-six muscles. Nous résumons
Fig. 317.
Os coxal, ru par sa face externe, avec tes insertions musculaires.
Fig. 318.
Os coxal, vu par sa face interne, avec les insertions musculaires.
(Pour la signification des chiffres, se reporter au tableau ci-après, p. 319.)
ces insertions musculaires dans les deux figures ci-dessus 317 et 318 et dans le tableau synoptique
os DE LA HANCHE
suivant. Les chiffres, placés entre parenthèses à la droite de chaque muscle, se rapportent aux chiffres de même valeur inscrits sur les deux figures précitées :
externe
i Grand fessier (1) .
„ l Moyen fessier (2).
a. Fosse petit fessier (3 .
/ Droit antérieur de la cuisse,
\ tendon réfléchi (4).
b. Fosse Iliaque (5).
interne ( Obturateur interne (6).
Sacro-lombaire (7).
Long dorsal et transversaire épineux (8) .
Grand dorsal (9).
Carré lombaire (10).
Transv. de l’abdomen (11).
Petit oblique (12).
Grand oblique (13).
Tenseur du fascia lata (14).
I Couturier (15).
d. Épine iliaque V Transv. de l’abdomen (11) . antérieure et supé- l Petit oblique (12).
rieure /Grand oblique (13).
\ Tenseur du fascia lata (14).
c. Crête iliaque et tubérosité de la crête iliaque. . . .
• -T / Droitantérieur de la cuisse, e. Epine iliaque l
antérieure et inférieure I , .
\ pelvien (o
tendon direct (4’).
) Iliaque, faisceau extra-
g. Épine et petite échancrure sciatiques •
b. Ischion et branche ischio-pubienne {face superficielle)
i. Bord inférieur.
j. Ischion et branche ischio-pubienne [face profonde) . . .
k. Pubis {corps et branche horizontale)
f. Grande échan- (
entre sciatique .
Pyramidal du bassin (16)
Jumeau supérieur (17).
> Jumeau inférieur (18).
j Iscbio-coccygicn (19).
\Releveurde l’anus (20).
i Demi-membraneux (21).
Demi-tendineux (22).
Biceps (23).
Carré crural (24).
(Grand adducteur (25).
Obturateur externe (26).
Premier adducteur (27).
Deuxième adducteur (28).
I Droit interne (29).
(Transverse superficiel du périnée (30)
Obturateur externe (26).
N Obturateur interne (6).
I Ischio-caverneux (31).
[ Transverse profond ou \ muscle de Guthrie (32). / Petit psoas (33) .
Pectiné (34).
l Droit ant.de l'abdomen (35) \ Pyramid. de rabdom. (36).
Premier adducteur (27).
j Deuxième adducteur (28).
I Obturateur interne (6).
I Obturateur externe (26).
Releveur de Panus (20).
Développement. — L’os coxal se développe par trois points primitifs, que viennent compléter plus tard de nombreux points secondaires :
a. Points primitifs. — Les trois points primitifs (fig. 319)
sont destinés à l’ilion {point iliaque), au pubis {point pubien) et à l’ischion {point-ischiatique). De ces trois points, le point iliaque apparaît le premier, du quarante-cinquième au cinquantième jour de la vie intra-utérine; vient ensuite le point isebiatique, vers la fin du troisième mois, et enfin, vers la fin du quatrième, le point destiné au pubis. Ces trois centres d’ossification de l’os coxal, se développant rapidement, envahissent la cavité cotyloïde, où ils ne sont plus séparés à la naissance que par trois lames cartilagineuses (fig. 323), qui rayonnent autour d’un centre commun ; c’est Y étoile cotytdidienne , avec un rayon antérieur ou ilio- pubien, un rayon inférieur ou un rayon postérieur ou ilio-ischia-
tique. L’ensemble de ces trois rayons rappelle assez bien la forme d’un Y couché (•<), d’où le nom de cartilage en Y que Ton donne quelquefois aux cloisons cartigineuses qui séparent, chez le foetus et chez Tenfant, les trois pièces principales de Tos coxal.
b. Points complémentaires. — Les points complémentaires sont variables en nombre et en importance. Nous citerons comme étant à peu près constants : D un point pour Tépine iliaque antérieure et inférieure (il apparaît de quatorze à quinze ans) ; 2o un point pour la crête iliaque (de quinze à seize ans) ; 3“ un point pour la tubérosité de l’ischion (également de quinze à seize ans) ; 4« un point pour Tépine sciatique (vers seize ans) ; 5° un point pour Tépine du pubis (vers dixhuit ans) ; 6“ un point pour Tangle du pubis (de dix-neuf à vingt ans) ; 7° trois points pour la cavité cotyloïde. De ces trois points cotyldidiens, Tun occupe le centre de l’étoile cotyloidienne ; le second se développe à l’extrémité terminale du
rayon postérieur : le troisième, le plus important des trois, répond à la partie terminale du rayon antérieur. C’est à cette dernière pièce osseuse complémentaire qu’on a donné le nom d’o.s aceia-
Fig. 319.
Développement de Tos coxal : points primitifs (nouveau-né d’après Rambaüd et Renault).
(Les tracés pointillés indiquent la forme et le trajet des portions des points primitifs noyés dans le cartilage.)
A, point iliaque. — B, point ischiatique. — C, point pubien. — A’. B’, C’, noyaux osseux dépendant de ces derniers points et émergeant au fond du cotyle. qu'ils contribuent à former. — D, étoile cartilagineuse.
OSTÉOLOGIE
buli ou os cotyloïcUen : ü revêt la forme d'une petite lamelle plus ou moins régulièrement quadrilatère et se trouve situé entre Filion et le pubis au niveau de la partie antéro-supérieure de la cavité cotyloïde et du sourcil cotyloïdien (lig. 304,7). L’os cotyloïdien, découvert par Albinus, a été regardé à tort par Serres comme l’homologue de l'o5 marsupiai des mammifères didelpliiens. Nous admettons, avec la plupart des anatomistes, que l’os marsupial est représenté chez l’homme par l’épine du pubis. Le point d’ossification, qui formera en se développant l’os cotyloïdien, fait ordinairement son apparition vers l’âge de douze ans. Les deu.v autres points complémentaires de la cavité cotyloïde ne se montrent que plus tard, de treize à quatorze ans.
c. Soudure des differentes pièces osseuses — Le pubis et l’ischion se réunissent l’un à l’autre de dix à douze ans ; l'ischion se soude à l’ilion de douze à treize ans ; le pubis et l’ilion, enfin, s’unissent ensemble de quinze à seize ans. Quant aux points complémentaires, ils sont tous réunis aux divers centres primitifs de quinze à vingt ans, à l’exception de la crête iliaque, qui ne perd absolument son indépendance que de vingt-quatre à vingt-cinq ans. L’os cotyloïdien se soude ordinairement aux deux pièces osseuses sous-jacentes de quinze à dix-huit ans. On le voit quelquefois persister chez l’adulte. — (Voyez, au sujet de l’os cotyloïdien, W. Leche, Journ. internat, d' Anatomie et d' Histologie, t. I, .1884, et W. Krause, ibid., t. II, 1885.).
Variétés. — Verne.vu [Le bassin dans les sexes et dans les races, Th. Paris, 1875, p. 43) a signalé, audevant de la symphyse sacro-iliaque, l’existence de prolongements apophysaires. constituant entre le sacrum et l’os coxal autant de petites articulations distinctes. On trouve parfois même une véritable jetée osseuse, soudée d’une part au sacrum, de l’autre à l’os coxal, résultant probablement (Veuneau) de l’ossification des ligaments sacro-iliaques antérieurs. — En dedans de l'épine iliaque antérieure et supérieure, et partant de la lèvre interne du bord supérieur, existe parfois (Ver- NEAu) une petite saillie spécialement réservée à l’insertion de l'arcade fémorale. — Au-dessus de la cavité cotyloïde, on trouve quelquefois, à la place d’une gouttière rugueuse, une véritable saillie, le tubercule sus-cotyldidien, pour l’insertion du tendon rélléchi du muscle droit antérieur de la cuisse. — Au-dessous de cette même cavité, il existe souvent une lai-ge gouttière, la gouttière sous-cotyldidienne, pour le passage de l’obturateur externe ; l’existence de cette gouttière est à peu près constante; sa profondeur exagérée, seule, constitue une anomalie. — L’épine sciatique, au lieu de se terminer en pointe, peut être tronquée et présenter alors trois faces, supérieure, inférieure, postérieure ; cette disposition nous paraît fréquente. — Dans la fosse iliaque externe, il existe parfois une troisième ligne courbe, placée tout à fait en avant et en bas et se détachant du voisinage de l’épine iliaque antérieure et inférieure, pour venir se terminer sur le pourtour du sourcil cotyloïdien : c’est la ligne spino-colyloïdienne. — La branche descendante du pubis peut ne pas se souder avec la branche ascendante de l’ischion (ilvRïL). — Par contre, la soudure de ces deux branches peut se traduire à l’extérieur par une série plus ou moins irrégulière de rugosités qui constituent la crête pénienne ou clitoridieiine. — Hyrtl {Lehrb. d. Anat. d. Menseken) a vu une languette osseuse se détacher de la portion antérieure de la cavité cotyloïde et se porter vers le trou obturateur. — Le même anatomiste parle d'un bassin déposé au musée de Prague, dont le sourcil cotyloïdien ne présentait aucune échancrure.
Sillon préauriculaire de Vos coxal. — Le bord inférieur de la facette auriculaire de l'os coxal est longé par un sillon. t}ui se dirige parallèlement à ce bord et se termine à sa partie postérieure au-dessous de l’épine iliaque postérieure et inférieure. Le professeur Zaaijer [Arch. néerl. des Sc. exactes, Harlem, 1866), qui le premier a appelé l’attention sur ce sillon, lui a donné le nom de sillon préauriculaire et le considère comme servant à l’insertion du ligament sacro-iliaque antérieur. 6ur4û iliaques européens qu’il a examinés à ce sujet, il n’a rencontré ce sillon que 10 fois, tandis qu'il ne faisait défaut que sur trois des 26 bassins javanais qu’il a eu l’occasion d’étudier. Verneau, reprenant en 1873 doc. cit.) l’étude du sillon préauriculaire, l’a rencontré dans toutes les races ; il présentait même des dimensions considérables sur des sujets péruviens et indiens. Pour lui, ce sillon correspondrait au trajet de l’artère hypogastrique et ne serait pas dû exclusivement, comme le pense Zaaijer, à des insertions ligamenteuses. Cinq ans plus tard, Henmg [Die kindliche Becken, in Arch. f. Anat. u. PhysioL, 1880) considère le sillon auriculaire comme destiné à l'insertion des muscles. Dans un nouveau travail [Sur le sillon préauriculaire de l'iléon.
Fig. 320.
Schéma des points primilifs et secondaires.
A, B. C. parties formées par les jtoints primitifs: ü. étoile cartilagineuse.
1. point pour l'épine iliaque antéro-inférieure. — 2. point pour la crête iliaque. — 9. point p.our la tuhérosité iscliiatique. — 4, point pour l'épine sciatique. — 3. point pour l’épine du pulus. — 6. point pour l'angle du pubis. — 7, os cotylo'idien ou acétabulaire. — 8, point central. — 9. "point postérieur.
BASSIN EN GÉNÉRAL
in Arch, néerl., t. XXVIl), Zaaijer, à la suite de nouvelles recherches reconnaît que le sillon on question n’a aucune valeur . comme caractère de race ; mais il affirme de nouveau, contre Veune.'lu et Hennig, qu’il n’a d’autre destination que de servir de surface d’attache au ligament sacro-iliaque antérieur. Cette dernière conclusion est encore celle à laquelle est arrivé Lohr {Aîiat. Anseiger, Bd. XI, 1894).
B. — Bassin en général
On désigne sous le nom de bassin owpelvis cette portion du squelette, particulièrement intéressante pour l’accoucheur, que forment les os coxaux et les deux dernières pièces de la colonne vertébrale, le sacrum et le coccyx. Tous ces os ont été déjà étudiés séparément, ce qui nous permettra d’être sobre de détails dans la description, qui va suivre, de l’ensemble qu’ils contribuent à former.
Considéré au point de vue de sa situation dans le squelette, le bassin constitue la partie la plus inférieure du tronc et répond approximativement, chez un adulte de taille ordinaire, à la partie moyenne du corps ; il est, toutefois, situé relativement un peu plus haut chez l’homme que chez la femme. Il supporte, en arrière, les trois premiers segments de la colonne vertébrale et repose lui-même sur les deux fémurs, dont la tête, comme on le sait, s’articule avec les cavités cotyloïdes.
Nous examinerons successivement, dans l’étude du bassin ; 1° sa conformation générale; 2® son inclinaison et la direction de ses différents axes ; 3° ses deux indices; 4° les différences quHl présente suivant les sexes; 5° son développement.
1° Conformation générale. — Envisagé dans son ensemble, le bassin a la forme d’un cône tronqué dont la hase, largement échancrée à sa partie antérieure, est
Fig. 321.
Bassin féminin, vue antéro-supérieure.
1, sacrum. — 2, coccyx. — 3, canal sacré. — 4, fosse iliaque interne. — 5, épine iliaque antéro-supérieure. — 6, symphyse pubienne. — 7, symphyse sacro-iliaque. — 8, cavité cotyloïde. — 9, épine sciatique. — 10, trou ischio-pubien.
Les lignes en pointillé indiquent les axes du détroit supérieur : AA’, diamètre antéro-postérieur ; TT’, diamètre transverse , 00, diamètre oblique.
située en haut et dont le sommet se dirige en bas. Il présente à Tétude, comme le thorax déjà décrit : une surface extérieure, une surface intérieure et deux ouvertures ou circonférences, Tune supérieure, l’autre inférieure.
OSTEOLOGIE
.1. Surface extérieure ou exopelvienne. — La surface extérieure ou exopelvienne se divise en quatre régions, que nous distinguerons, d’après la situation, en antérieure, postérieure et latérales :
a. Région antérieure. — La région antérieure (fig. 321), sur un bassin bien orienté, regarde plutôt en bas qu’en avant et serait mieux dénommée antéro-inférieure. Elle nous présente tout d’abord la symphyse pubienne, qui occupe le plan sagittal ou médian et dont la hauteur varie, suivant les sujets et le sexe, de 35 à 50 millimètres ; puis, de chaque côté de ce plan médian, le corps du pubis avec ses deux branches horizontale et descendante, la branche ascendante de l’ischion et letrou obturateur ou ischio-pubien, que nous avons décrit plus haut (p. 313).
b. Région postérieure. — La région postérieure ou mieux postero-supérieure
G. Devy 6 12 H. SnuLEtiAZ
Fis. 322.
Bassin féminin, vue postérieure.
1, sacrum. — 2, coccyx. — o, crête sacrée. — 4, canal sacré. — 5, fosse iliaque externe. — G, iscliion. — 7, épine sciatique. — 8, grande écliancrure sciatique. — 9, petite échancrure sciatique. — 10, trou obturateur ou iscliio-pubien. -- 11, symphyse sacro-iliaque. — 12, symphyse pubienne.
fortement convexe (fig. 322), est constituée en grande partie par la face postérieure du sacrum et du coccyx, dont les nombreux détails nous sont déjà connus (voy. sacrum et coccyx).
En dehors du sacrum, nous trouvons la symphyse sacro-iliaque et le bord postérieur de l’os coxal, sur lequel nous remarquons successivement, en allant de haut en bas : les deux épines iliaques postérieures, la grande échancrure sciatique, l’épine sciatique, la petite échancrure sciatique et enfin l’ischion, saillie massive et fortement rugueuse, à laquelle viennent s’attacher des muscles nombreux et puissants.
Entre le bord latéral du sacrum et du coccyx, d’une part, le bord postérieur de l’os coxal d’autre part, existe une vaste échancrure (fig. 2<S9), plus large en haut qu’en bas, c’est V échancrure sacro-sciatique. Nous verrons plus loin comment est comblée cette échancrure.
c. Régions latérales. — Les régions latérales (fig. 3il3), comprises entre les deux régions précédentes, sont très étendues, très irrégulières, fortement obliques :
BASSIN EN GENERAL
velles regardent en arrière, en dehors et un peu en bas, dans leur moitié supérieure: en avant, en dehors et en bas, dans leur moitié inférieure. Nous y retrouvons successivement, en allant de haut en bas : 1° la fosse iliaque externe, avec scs deux lignes demi-circulaires; 2® la cavité cotyloïde, avec son sourcil cotyloïdien et son échancrure ischio-pubienne ; 3® enfin, la tubérosité de l’ischion. Constatons, en passant, à la partie postérieure et inférieure de cette région latérale, la large échancrure sacro-sciatique, dont il a été question plus haut et qui, en réalité, appartient à la fois à la région postérieure et à la région latérale du bassin.
B. Surface intérieure ou endopelyienne. —
Ce qui frappe tout d’abord, en jetant les yeux sur la surface intérieure du bassin, c’est la présence, à sa partie moyenne, d’une ligne ou, plutôt même, d’un étranglement annulaire qui, partant de la base du sacrum, aboutit à la symphyse du pubis. Cet étranglement, appelé détroit supérieur du bassin, divise la cavité pelvienne en deux cavités secondaires : l’une, plus grande et située audessus du détroit, c’est le grand bassin; l’autre, plus petite et sitüée au-dessous de ce même détroit, c’est le petit bassin. Nous décrirons successivement chacune de ces trois régions, en commençant par le détroit supérieur :
a. Détroit supérieur. — Le détroit supérieur, très irrégulièrement circulaire, a été comparé tour à tour à un ovale , à une ellipse, à un cœur de carte à jouer, à un triangle curviligne dont les angles seraient fortement arrondis. Aucune de ces comparaisons, il faut bien le reconnaître, ne nous donne une idée parfaitement exacte de sa configuration. Cette configuration, du reste, varie beaucoup suivant les sexes et suivant les individus : il est à remarquer, cependant, que la disposition cordiforme appartient plus particulièrement au sexe féminin.
Quoi qu’il en soit de sa forme, le détroit supérieur est constitué : 1° en arrière, par l’angle sacro-vertébral ou promontoire des accoucheurs (fig. 324, 18) et, de chaque côté du promontoire, par le bord antérieur des ailerons du sacrum; remarquons, en passant, que le promontoire fait une saillie plus ou moins accusée dans faire du détroit et, d’autre part, que les ailerons du sacrum sont sensiblement en retrait par rapport au promontoire ; 2° en avant, par l’épine du pubis et le bord supérieur de la symphyse ; 3° sur les cotés, par la ligne innominée de l’os coxal et par la crête pectinéale.
On considère au détroit supérieur du bassin quatre diamètres, savoir (fig. 321) :
a) Un diamètre antéro-postérieur ou sacro-sus-pubien , appelé encore conjugué anatomique, qui s’étend de la partie supérieure de la symphyse pubienne à l’angle sacro-vertébral et qui mesure 11 centimètres: c’est le diamètre promontosus-pubien des accoucheurs. 11 est a remarquer que, la symphyse du pubis étant
Fig. 323.
Bassin féminin, vue latérale.
1, 1, ci’cte iliaque. -- 2, fosse iliaque externe et ligne demi-circulaire antérieure. — 2’, ligne demicirculaire postérieure. — 3, sacrum. — 4, coccyx. — 5, cavité cotyloïde. — G, angle du pubis. — 7, tubérosité de Fischion. — 8, trou obturateur ou iscliiopubien. — ■ 9. épine sciatique. — 10, grande écliancrure sciatique. — 11, petite échancrure sciatique.
convexe en arrière, il existe sur sa face postérieure un point {point post-pubien de Grouzat) qui se trouve plus rapproché du promontoire que le bord supérieur de la symphyse; le nouveau diamètre antéro-postérieur, qui tombe sur ce point constitue le diamètre promonto- pubien minimum ou conjugué vrai obstétrical, c’est le diamètre utile de Pinard. Il représente la plies petite distance qui sépare la symphyse du promontoire : il est de 10 centimètres et demi.
[i) Un diamètre transverse, qui mesure la plus grande largeur transversale du détroit; ce diamètre, appelé transverse maximum, atteint 13 centimètres et demi et rencontre perpendiculairement le précédent à l’union de ses deux tiers antérieurs avec son tiers postérieur. Il ne doit pas être confondu avec le diamètre transverse médian, qui se trouve placé un peu en avajit de lui et qui peut être défini : celui qui coupe perpendiculairement en son milieu le diamè+re promonto-pubien minimum. Il se trouve donc placé à égale distance et du promontoire et du pubis. Le transverse médian est encore appelé le transverse utile des accoucheurs; sa longueur atteint à peine 128 millimètres (Balandin).
y) Deux diamètres obliques, qui s’étendent de la symphyse sacro-iliaque d’un côté à l’éminence ilio-pectinée du côté opposé ; chacun d’eux mesure 13 centimètres (Verneau).
Tous les chiffres précités, est-il besoin de le dire, se rapportent au bassin féminin ; ce sont les seuls intéressants, à cause des applications obstétricales. Nous indiquerons brièvement plus loin les différences qu’ils présentent avec ceux du bassin masculin.
Il convient d’ajouter, en ce qui concerne la direction du détroit supérieur, que la ligne qui circonscrit ce détroit ne peut pas être inscrite dans un même plan. En effet, le niveau du promontoire et de l’angle du pubis dépasse, en haut, celui des lignes innominées, de telle sorte qu’une coupe, qui passe à la fois par l’angle sacrovertébral et le point le plus élevé de la symphyse pubienne, laisse ces lignes audessous d’elle, en intéressant la partie inférieure des fosses iliaques internes et les épines iliaques antéro-inférieures (Balandin).
On désigne, en obstétrique, sous le nom d’arc antérieur du bassin, la partie du détroit supérieur qui se trouve située en avant du diamètre transverse médian. Cet arc, à concavité postérieure, présente des variations individuelles tort étendues. Ce qui en tait l’intérêt, c’est qu’il y a presque toujours proportionnalité, comme l’ont établi les recherches d’Yz.vvc, entre la courbure de l’arc antérieur et la valeur du transverse médian. Pour citer des chiffres : dans le bassin normal, l’arc antérieur a 6 cm ^5, c’est-à-dire appartient à un cercle dont le rayon est de 6 cm ^5 ; le transverse médian mesure 12cm, s. Sur le bassin aplati d’avant en arrière, la courbure de l’arc antérieur est de 7 centimètres : le transverse médian atteint jusqu’à 13, cm 5. Sur le bassin transversalement rétréci, la courbure descend à 3 centimètres ; letransverse médian, lui aussi, s’atténue et ne mesure plus que 10 centimètres. Le diamètre transverse médian augmente donc avec le rayon de courbure de Parc antérieur, il diminue avec lui, au point qu’il est possible, étant connu le mode de conformation de l’arc antérieur, d’en déduire, tout au moins d’une façon approximative, la longueur du transverse médian ou transverse utile. On conçoit, dès lors, toute l’importance qu’a, pour l’accoucheur, l’exploration méthodique de l’arc antérieur chez la femme enceinte. L’arc antérieur, enseigne Fochier, est la région du bassin qui fournit le plus de notions pour le diagnostic et la forme du détroit supérieur et pour le pronostic de l’accouchement dans les rétrécissements pelviens (voy., à ce sujet, Yz.\.vc, Étude obstétricale de V arc antérieur du bassin, Th. Lyon, 190d).
b. Grand bassin. — Le grand bassin est essentiellement formé par les fosses iliaques internes de l’os coxal et par les ailerons du sacrum. Il présente deux échancrures, l’une antéro-inférieure, l’autre postéro-supérieure : V échancrure antéro-inférieure, remarquable par ses dimensions, est fermée, sur le sujet revêtu de ses parties molles, par la partie inférieure de la paroi abdominale; V échancrure postéro-supérieure, beaucoup plus petite, reçoit la colonne lombaire qui la comble en grande partie.
BASSIN EN GÉNÉRAL
c. Petithassin. — Le petit bassin, encore appelé excavation pelvienne , se trouve situé au-dessous du détroit supérieur. Ses limites supérieure et inférieure sont très nettes : en haut, il est naturellement délimité par le détroit supérieur, qui le sépare du grand bassin ; quant à sa limite inférieure, elle se confond avec la circonférence inférieure du grand bassin qui prend, pour la circonstance, le nom de détroit inférieur et que nous décrirons dans un instant. Le petit bassin nous offre à considérer quatre parois que nous distinguerons en antéro-inférieure , postéro-supérieur e et latérales :
a) La paroi antéro-inférieure, inclinée en bas et en arrière, forme avec la verticale un angle d’environ 60*^
(Charpy). Sa hauteur est bien différente suivant qu’on l’examine sur la ligne médiane ou sur les côtés, à l’endroit où elle se confond avec la paroi latérale : sur le premier point (ligne médiane), cette hauteur est en moyenne de 45 millimètres chez la femme, de 50 millimètres chez l’homme; sur le second (côtés), elle mesure 9 centimètres chez la femme, 10 centimètres et demi chez l’homme. Au point de vue de sa constitution anatomique , cette paroi est formée : sur la ligne médiane, par la symphyse pubienne ; latéralement, par le corps du pubis, par la branche horizontale de cet os et, enfin, par une portion du trou ischio-pubien, que ferment à l’état frais la membrane obturatrice et les deux muscles obturateurs interne et externe.
[3) hd, paroi postéro-supérieure, beaucoup plus étendue, mesure de 12 à 15 centimètres, suivant les sujets ; elle est constituée par la colonne sacro-coccygienne et affecte la forme d’une voûte triangulaire, dont la concavité regarde en bas et en avant.
y) \jQs> parois latérales, enfin, répondent (fig. 324), à droite et à gauche, à une surface quadrilatère, plus haute que large, qui se trouve située sur le côté interne de la cavité cotyloïde et qui s’étend depuis le bord postérieur de l’os coxal jusqu’à la partie moyenne du trou obturateur. Leur hauteur varie de 9 à 10 centimètres. Il est à remarquer que les deux parois latérales de l’excavation pelvienne ne sont pas exactement verticales, mais s’inclinent légèrement de haut en bas et de dehors en dedans, autrement dit sont légèrement convergentes en bas. Il résulte d’une pareille obliquité que l’excavation est un peu moins large à sa partie inférieure qu’à sa partie supérieure.
L’excavation pelvienne, qui joue un rôle si important en obstétrique, est divisée en deux étages par une ligne légèrement saillante, que les accoucheurs décrivent sous le nom de détroit moyen. Sur le squelette, ce détroit moyen est constitué par les angles ou tubercules inférieurs du sacrum et par une sorte de crête très mousse « qui part de Tépine sciatique et aboutit en avant au tubercule ischion-pubien externe ou sous-cotyloïdien ; il en résulte, au niveau de cette crête osseuse, un rétrécissement de V excavation, qui se trouve très accentué, en arrière, par les saillies
Fig. 324.
Le bassin féminin en coupe sagittale, vue latérale droite.
1, r, crête iliaque et tubérosité iliaque. — 2, épine iliaque antéro-supérieure. — 3, épine iliaque antéro-inférieure. — 4, détroit supérieur. — 5, éminence ilio-pectinée. — 6, pubis. — 7, branche ischio-pubienne. — 8, ischion. — 9, trou obturateur. — 10, tubercule ischio-pubien externe. — 11, épine sciatique. — 12, détroit moyen. — 13, grande échancrure sciatique. — 14, petite échancrure sciatique. — 15, sacrum, avec 15’, canal sacré. — 10, coccyx. — 17, cinquième lombaire. — 18, angle sacro-vertébral ou promontoire.
OSÏEOLOGIE
-«lue les deux épines sciaticjues foni dans Tintérieur du bassin » (Budin). Le détroit moyen n'est osseux qu'en partie. Dans l'intervalle qui sépare l'épine sciatique de l’angle du sacrum, la ceinture osseuse est complétée par le petit ligament sacro-sciatique, qui rattache l'une à l’autre ces <leux apophyses. En avant, le détroit moyen se continue jusqu’au bord inl'érieur de la symphyse pubienne en passant sur le trou obturateur, ou plus exactement (sur un bassin ayant encore ses parties molles) sur le muscle obturateur interne. Tl suit assez bien, comme le voit, les insertions supérieures du muscle releveur de l’anus.
La distance en ligne droitp qui sépare transversalement les deux épines sciatiques, ou diamètre bi-sciatiqiie, est égale en moyenne à 11 centimètres. On voit, dès lors, combien peu exacte est l’assertion des auteurs qui assignent à tous les diamètres de l'excavation une longueur identique de 12 centimètres.
Deux autres diamètres de l'excavation, tous deux antéro-postérieurs, sont utiles à connaître ; ce sont les diamètres sacro-sous-pubicn supérieur et le diatr)ètre sacro-sous-pubien inférieur. — Le ■diamètre sacro-sous-pubien supérieur oVipromonto-sous-piibien'&éiQndL, comme son nom l’indique, du promontoire à la partie inférieure de la symphyse pubienne {point sous-pubien). 11 mesure 11 cent. 9 millimètres chez la fenime (G. Devy), 12 centimètres en ebitfres ronds. Sur le sujet vivant, il est possible de l'évaluer au moyen du toucher xuaginal, et sa mensuration permet •ensuite aux accoucheurs de tirer des indications approximatives sur la longueur du promonto-suspubien et du prornonto-pubien minimum. — Le diamètre sacro-sous-pubien inférieur s’étend de l’articulation sacro-cocygienne au point sous-pubien ; il est de 11 centimètres. L’angle qu’il fait avec riiorizontale présente environ 25“ d’ouverture.
C. ClucoNFÉuEX'CE SEPÉRiEURE OU BASE. — Eli raison de l’inclinaison que présente le bassin sur le plan horizontal cette circonférence regarde obliquement en haut et en avant. Elle est formée : l® en arrière, par l’articulation sacro-vertébrale et par le bord- postérieur des ailerons du sacrum; 2° sur les côtés, par la crête iliaque, plus ou moins contournée en S italique; 3° en avant, par le bord antérieur de l’os coxal, sur lequel nous reconnaissons successivement, en allant de dehors en dedans, l’épine iliaque antéro-supérieure, une échancrure sans nom, l’épine iliaque antéroinférieure, l’éminence ilio-pectinée, la surface pectinéale, l’épine du pubis et, •enfin, la sjunphyse pubienne.
Les différents diamètres transversaux de la circonférence supérieure du bassin, mesurés sur une femme adulte bien constituée, nous donnent les chiffres suivants :
a) La distance rectiligne qui existe entre l’épine iliaque antéro-supérieure d’un côté et l’épine homologue du coté opposé, est de 25 centimètres ;
Celle qui sépare l’une de l’autre les deux épines iliaques antéro-inférieures est de 20 centimètres ;
Yj Le diamètre transversal maximum, mesurée d’une crête iliaque à l’autre, est •de 29 centimètres.
I). Circonférence inférieure ou détroit inférieur. — La circonférence inférieure du bassin, plus connue sous le nom de détroit inférieur, détroit périnéal, petit détroit, est constituée : 1*^ en avant, par la partie la plus inférieure de la symphyse pubienne ; 2^^ en arrière, par le sommet du coccyx ; 3*^ sur les côtés, par les ischions, reliés à la symphyse par les branches ischio-pnbiennes et au coccyx par les grands ligaments sacro-sciatiques. Le détroit inférieur se distingue donc du détroit supérieur en ce que son pourtour, au lieu d’être osseux dans toute son étendue, se trouve constitué dans sa portion postéro-latérale par un simple ligament.
Sur le sujet revêtu de ses parties molles, le détroit inférieur est fermé par plusieurs plans muscLilo-membraneux, dont l’ensemble constitue l’importante région du pjérinée o\x plancher pelvien (voy. les Traités d' anatomie topographique).
On distingue au détroit inférieur quatre diamètres, dont les noms et l’orientation rappellent exactement ceux du détroit supérieur. C’est ainsi que nous avons (fig. 325) :
aj Un diamètre antéro-polérieur ou coccy-sous-pubien , qui s’étend de la pointe
BASSIN EN GENERAL
du coccyx à la partie la plus inférieure de la symphyse pubienne et dont la longueur, à l’état statique, mesure en moyenne 9 centimètres (Büdin, Foster, Verneau). Pendant le passage delà tête fœtale, ce diamètre s’agrandit considérablement, tout d’abord par le mouvement de nutation du sacrum (voy. Artiirologie), ensuite el surtout par la rétropulsion du coccyx. Il peut alors dépasser 125 millimètres. Naturellement, dans les cas d’ankylose des articulations sacro-coccA'giennes cl intercoccygiennes, il demeure à peu près invariable.
(î) Un diamètre transversal ou bi-ischiatique , qui va do la face interne de Tune des tubérosités ischiatiques à la face interne de la tubérosité ischiatique du enté opposé. La situation de ce diamètre est assez difficile à déterminer. Demelin propose de prendre comme extrémités les points d’attache extrêmes du grand
Fig. 325.
Bassin féminin, vu par le détroit inférieur.
I, sacrum. — 2, coccyx. — .3, 3, fosses iliaques externes. — 4, 4, épines iliaques antéro-supérieures. — 5, 5, cavités cotyloïdes. — 6, symphyse pubienne. — 7, tubérosités de l’ischion. — 8, épines sciatiques. — 9, grande échancrure sciatique. 10, tubé'osité iliaque. — 11, branches ischio-pubiennes.
Les en pointillé représentent les diamètres du détroit inférieur : AA’, diamètre antéro-postérieur ou coccy-
pubien ; TT , diamètre transverse ou bi-ischiatique ; 00’, diamètre oblique.
ligament sacro-sciatique sur la lèvre interne de chaque ischion. La longueur du diamètre transversal est d’environ 12 centimètres et demi.
7) Deux diamètres obliques, qui s’étendent du milieu d’un ligament sacro-sciatique au milieu de la branche isebio-pubienne du coté opposé. Chacun d’eux mesurel2 centimètres.
Ces différents diamètres du détroit inférieur, on le voit, ne sont pas exactement égaux, comme on l’imprime généralement. Le plus considérable est le diamètre transversal ; viennent ensuite, par ordre de longueur décroissante, les diamètres obliques et le diamètre antéro-postérieur. Nous ferons remarquer, en outre, que, si le diamètre bi-ischiatique est entièrement fixe, en raison même de la fixité des saillies osseuses qui lui servent de limites, il n’en est pas de même des trois autres : le diamètre antéro-postérieur et les deux diamètres obliques, en effet, sont susceptibles d’un certain accroissement, le premier, comme nous l’avons déjà dit, grâce à la mobilité du coccyx, les seconds par le fait du refoulement possible des ligaments sacro-sciatiques.
OSTEOLOGIE
2*" Inclinaison et axes du bassin. — Jusqu’ici nous n’avons envisagé le bassin que comme un organe isolé. Il nous reste maintenant à le considérer en place, je veux dire à déterminer sa position exacte par rapport au squelette.
Cette position nous est nettement indiquée par la direction de deux plans qui seraient tangents, l’un au bord supérieur delà symphyse pubienne et au promontoire, l’autre à la pointe du coccyx et au sommet de l’arcade pubienne (fig. 326 et 327). Le premier de ces deux plans, du détroit supérieur, est incliné de haut en bas et d’arrière en avant ; il forme avec la ligne horizontale un angle qui est en moyenne de 60° (Nægele). Le second, plan du détroit inférieur, présente une obliquité de même sens, quoique beaucoup moins prononcée : l’angle qu’il forme avec l’horizontale mesure seulement 10 degrés à l’état statique.
Ces deux plans, prolongés en avant, se rencontrent au-devant du pubis en interceptant un angle de 50 degrés.
Le bassin est donc fortement incliné sur la colonne vertébrale. Cette inclinaison est telle que la première pièce du sacrum forme avec la colonne lombaire, chez la femme adulte, un angle d’environ 110 degrés (Charpy). On peut exprimer cette inclinaison d’une autre façon, en indiquant quelle est la hauteur du promontoire et de la pointe du coccyx au-dessus des deux horizontales sus- et sous - pubiennes . En présence des contradictions qu’on relève, à ce sujet, dans les divers auteurs, G. Devy {Bull, de la Soc.
obst. et gynécol. de Paris, 1794) a repris des calculs pour le type idéal du bassin normal féminin. Les chiffres qu’il a obtenus en s’appuyant sur les données généralement admises, très voisins de ceux de Nægele et de Tarxier et Chantreuil, concordent exactement avec ceux de Spiegelberg. Ces chiffres sont les suivants : 1° pour Vangle sacro-vertébral, 9°, 5 au-dessous de l’horizontale sus-pubienne, IL, 75 au-dessus de l’horizontale sous-pubienne; 2° pour la pointe du coccyx, à l’état statique, L,56 au-dessus de l’horizontale sous-pubienne. Pendant l’accouchement, quand le coccyx est rétropulsé, cette dernière hauteur diminue notablement : elle n’excède pas 12 millimètres.
Si, par le milieu de deux plans précités, le plan du détroit supérieur et le plan du détroit inférieur, nous abaissons deux perpendiculaires, nous aurons ce qu’on est convenu d’appeler les axes des détroits supérieur et inférieur. L’expérience démontre : 1° que Vaxe du détroit supérieur est fortement oblique de haut en bas et d’avant en arrière; 2° que Vaxe du détroit inférieur ne présente, au contraire, qu’une faible obliquité et se rapproche beaucoup de la verticale (fig. 326 et 327). — Le premier, prolongé en haut, rencontrerait la paroi abdominale dans le voisinage de
Les diamètres antéro-postérieurs du bassin, vus sur une coupe sagittale.
S, angle sacro-vertébral ou promontoire. — S’, sommet du sacrum. — P, point sus-pubien. — P', point sous-pubien. — m, point post-pubien. — HH’, horizontale passant par le point souspubien. — "V, verticale, menée par le point ou l'horizontale HH’ est rencontrée par le plan du détroit supérieur.
a, diamètre promouto-sus-pubien ou sacro-sus-pubien (SP,i.
— h, diamètre promonto-pubien minimum ou diamètre utile de PiNAKD (S?n). — c, diamètre sacro-sous-pubien supérieur (SP’).
— d, diamètre sacro-sous-pubien inférieur (S’P’). — e, diamètre coccy-sous-pubien (CP’).
BASSIN EN CxÉNÉBAL
l’ombilic; continué en bas, il tombe un peu en avant du coccyx. Quant h l’axe abaissé du milieu du diamètre promonto-pubien minimum, il atteint le coccyx à l’union de son tiers moyen avec son tiers inférieur. — Le second, prolongé de même dans les deux sens, tomberait, en haut, sur la première vertèbre sacrée, un peu au-dessous du promontoire, et traverserait, en bas, les parties molles du périnée à quelques millimètres en avant de l’anus.
On désigne, enfin, sous le nom à'axe de V excacalion, une ligne fictive (lig. 327) qui traverse de haut en bas le petit bassin, en suivant le plan médian et en restant toujours h égale distance des parois de la cavité. Cette ligne passe nécessairement par le centre des deux détroits. On a proposé, pour déterminer cet axe, divers procédés mécaniques qu’il serait trop long d’exposer ici. Nous nous contenterons de rappeler (voy. pour plus de détails les Traités d' obstétrique) que l’axe du petit bassin est une ligne courbe, fortement courbe, comme le disait Pajot, dont la concavité embrasse le pubis et dont la convexité, diri-
gée en arrière et en haut,
Fi". 327.
Inclinaison et axes du bassin.
AA’, })la:i du détroit supérieur. — CB’, plan du détroit inférieur. — DD’, axe du détroit supérieur. — ÉE’, axe du détroit inférieur (,uue courbe de raccordement unit l’un à l'autre les deu.x axes DD’ et Eh’ ; cette courbe de raccordement, avec les parties avoisinantes des deux; axes précités, représente assez exactement Yaxe de V excavation). — HIT, plan horizontal avec lequel le plan du détroit supérieur (AA’) forme un angle de 55 à 60“.
est sensiblement parai lèle à la courbure du sacrum. Cette ligne courbe, il est à peine besoin de le faire remarquer, représente le chemin que suit le foetus pour descendre sur le plancher périnéal et se dégager des parties maternelles.
3° Différences sexuelles. — Le bassin est constitué sur le même type fondamental dans les deux sexes. Le bassin de la femme présente cependant, en raison de la fonction spéciale qui lui est dévolue dans la grossesse et dans la parturition, des caractères propres qui permettront, dans la plupart des cas, à un œil exercé de reconnaître, un groupe de bassins étant donné, ceux qui appartiennent à la femme et ceux qui appartiennent à l’homme (fig. 328 et 329). Nous pouvons, à l’exemple de Sappey, rattacher ces caractères dilférentiels aux quatre chefs suivants : 1° à X épaisseur des parois du bassin ; 2° à ses dimensions ; 3° son inclinaison ; 4*^ à sa configaration.
aj Au point de vue de V épaisseur, le bassin de l’homme l’emporte généralement et de beaucoup sur celui de la femme. Autant le bassin de l’homme est fortement constitué, massif et solide, autant celui de la femme est faible, délicat et d’apparence fragile : les os coxaux, chez cette dernière, sont tellement minces au centre
des fosses iliaques, qu’ils deviennent translucides; assez souvent même ils sont percés d’un trou (Tarkier et Ghantreuli). Dans les bassins masculins, les saillies rugueuses destinées aux insertions musculaires, sont fortement développées ; dan&
Bassin de femme, vu de face.
Bassin d’homme, vu de face.
1, sacrum. — 2, fosse ilia((uc iiilcrnc. — 3, épine iliaque antéro-supérieure. — 4, cavité cotyloïde. — o, symphysepubienne. — G, iscliion. — 7, trou iscliio-pubien ou trou obturateur.
les bassins féminins, elles sont bien moins marquées, quelquefois à peine visible ou même absentes.
1^) Au point de vue des dimensions^ on peut résumer les caractères distinctifs du bassin dans F un et l’autre sexes par les deux formules suivantes : chez l’homme les dimensions verticales l’emportent sur les dimensions correspondantes du bassin
BASSIN EN GÉNÉRAL
4e la femme ; chez celle-ci, au contraire, les dimensions transversales l’emportent sur les dimensions correspondantes du bassin de l’homme. Suivant Sappev, la différence qui existe, dans les deux sexes, entre les dimensions transversales, c’est-àdire entre les diamètres hi-iliaques homologues, serait environ de 5 millimètres; l’écart entre les dimensions verticales serait triple. On conçoit quelles difficultés présentent les recherches quand il s’agit d’exprimer exactement de tels rapports. Il faudrait établir, chose presque impossible, la moyenne sur des bassins ayant appartenu à des sujets de même taille. Quoi qu’il en soit, il résulte de nos mensurations que les chiffres données par Sappey sont notablement trop faibles, surtout •en ce qui concerne les dimensions verticales.
y) Au point de vice de l'inclinaison^ le bassin de la femme est plus incliné que •celui de l’homme : il résulte, en effet, des statistiques de Sappey que l’angle que forme le plan du détroit supérieur sur la ligne horizontale est de 58° chez la femme, •et 54° seulement chez l’homme. Les recherches ultérieures de Mayer, de Prociiow- NicK et de Charpy confirment pleinement les résultats obtenus par Sappey. 11 est à croire que la grossesse n’a pas été sans influence pour la production et la fixation ■chez elle de ce caractère morphologique. Prochownick a démontré, en effet, par des mensurations prises sur le vivant que la grossesse augmente l’inclinaison pelvienne de 8 à 10°. Ce n’est là bien certainement qu’une variation temporaire et lorsque, après l’accouchement, le globe utérin sera revenu à ses dimensions premières, le bassin se redressera et tendra à reprendre, lui aussi, la position qu’il occupait avant la grossesse. Toutefois, il ne la reprendra pas exactement et s’arrêtera un peu au-dessous. Comme le dit fort judicieusement Charpy, dont je partage l’opinion à cet égard, chaque grossesse laisse sa trace et, si petite soit-elle, accumulée dans les générations, elle a fini par faire partie du plan de l’organisme féminin.
Une autre différence sexuelle du bassin, c’est que l’angle sacro-vertébral est plus ■ouvert chez l’homme (110°) que chez la femme (107°), dont la cambrure lombosacrée est par conséquent plus accusée. Cette même différence se retrouve chez les nouveau-nés (Charpy), ce qui prouve qu’ici encore nous avons affaire à une disposition congénitale transmise par hérédité.
L’inclinaison de la symphyse sur la verticale est un peu moins accentuée chez la femme que chez l’homme : elle est de 60° chez la première ; de 55° seulement chez le second.
S) Au point de vue de la configuration, le bassin de l’homme et celui de la femme présente de notables différences, que nous résumons dans le tableau suivant :