INDIQUANT LES CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES CINQ MÉTACARPIENS
1“ Pas de facette articulaire latérale 1®'’ métacarpien
! a) Située en dedans, avec trois facettes supérieure-
2® Une seule facette 'l ment 2® métacarpien.
articulaire latérale. ) b) Située en dehors, avec une seule facette supél rieurement 5» métacarpien.
ù® Deux facettes ar- a) Avec apophyse styloïde 30 métacarpien
lie ulair es latérales. \ b) Sans apophyse styloïde 4e métacarpien.
3^ Conformation intérieure des métacarpiens. — Gomme tous les os longs, les métacarpiens sont constitués par du tissu compacte pour le corps et du tissu spongieux pour les extrémités. Le corps est creusé d’un canal médullaire, très variable en dimensions pour chacun d’eux. D’après Sappey, son diamètre diminue et sa longueur augmente du premier au cinquième.
Trous nourriciers des métacarpiens. — Les métacarpiens, comme tous les os longs, présentent sur leur diaphyse un conduit nourricier, arrondi ou ovalaire, tantôt considérable, tantôt de tout petit diamètre et, dans ce cas, assez difficile à apercevoir.
Pour prendre une notion exacte de sa fréquence, de sa situation et de sa direction, nous avons soigneusement examiné, M. Siraud et moi, les mains de cinq sujets, soit cinquante métacarpiens. Je résume les résultats de nos recherches dans les quelques propositions suivantes :
1® Le trou nourricier est constant, du moins nous l’avons constamment rencontré sur les cinquante métacarpiens examinés ;
2® Il est quelquefois double (4 p. 100) ; ^ ^ ^ h
3® Il présente un trajet oblique et se dirige, constamment, vers l’extrémité distale ou phalangienne pour le premier métacarpien, vers l’extrémité proximale ou carpienne pour les quatre derniers ;
4® Nous l’avons toujours rencontré sur l’une des faces palmaires, mais nous l’avons vu deux fois coexister avec un trou accessoire placé sur la face dorsale ;
5® 11 était situé : pour le premier métacarpien, 8 fois près de bord cubital, 1 fois près du bord radial, 1 fois à égale distance de ces deux bords ; pour le deuxième métacarpien, 4 fois près du bord radial, 4 fois près du bord cubital, l fois sur le bord antérieur de l’os (sur un sujet, il était double) ; pour le troisième métacarpien, 8 fois près du bord radial et 2 fois près du bord cubital ; pour le quatrième métacarpien, 10 fois près du bord radial ; pour le cinquième, enfin, 9 fois près du bord radial et 1 fois seulement près du bord cubital.
Nous pouvons donc, en tirant de ces derniers chilfres les conclusions qu’ils renferment, dire que le conduit nourricier des métacarpiens se trouve situé sur le plan palmaire de l’os : près du bord cubital pour le premier ; tantôt près du bord cubital, tantôt près du bord radial pour le deuxième ; près du bord radial pour les trois derniers.
Développement . — Le développement des métacarpiens diffère beaucoup suivant que l'on considère le premier et les quatre derniers (fig. 309).
a, point primitif du premier métacarpien. — a\ son point complémentaire, -y b, b. points primitifs des quatre derniers métacarpiens. — h', b\ leurs points complémentaires. — c, c points primitifs des pliai anges. — c\ c\ leurs points complémentaires. — d, d, points primitifs des phalanges. — d\ d\ leurs points complémentaires. — e, e, points primitifs des phalangettes. — e’, e'. leurs points complémentaires.
1, r, les deux points primitifs du scaphoïde (Rambaud et Renault). — 3, 4, 3, 6, 7, points primitifs du semi-lunaire
du pyramidal, du pisiforme, du trapèze, du trapézoïde et du grand os. — 8, 8’, les deux points de l'os crochu.
OSTEOLOGIE
a. Deuxième, troisième, quatrième et cinquième métacarpiens. — Les quatre derniers métacarpiens se développent chacun par deux points d’ossification, l’un primitif, l’autre secondaire. — Le point apparaît au commencement du troisième mois de la vie intra-utérine. Aux dépens
de ce point se formeront le corps de l’os et son extrémité supérieure. — Le point secondaire ou épiphysaire, destiné à l’extrémité inférieure, ne fait son apparition que vers la cinquième ou la sixième année. D’abord simple granule, puis plaque osseuse, il revêt en dernier lieu la forme d’une demi-sphère, coiffant l'extrémité inférieure de la diaphyse. Il se soude de dix-huit à vingt ans. — Voy. Retterer, Développement du squelette des extrémités, Journ. de l’Anat., 1884;
Variot, Nouv. Redl, radiographiques sur l’ossification des métacarpiens et des phalanges, etc., Bull. Soc. Anthrop. Paris, 1907.
b. Premier métacarpien. — Le premier métacarpien ou métacarpien du pouce se développe, lui aussi, par deux points d’ossification, l’un primitif, l’autre secondaire. Mais ces deux points apparaissent plus tardivement que les points homonymes des autres métacarpiens : dans la seconde moitié du troisième mois, pour le point primitif ; vers la fin de la septième année, pour le point secondaire.
De plus, par une exception remarquable, le point complémentaire, au lieu de se montrer sur l’extrémité digitale, comme cela a lieu pour les quatre autres, apparaît et évolue sur l’extrémité opposée, l’extrémité carpienne. Le métacarpien du pouce présente ainsi une analogie complète avec les phalanges (voy. Phalanges) et l'on comprend sans peine l’opinion des nombreux anatomistes qui, à la suite de Galien, ont fait de cet os une première phalange.
Le pouce possède donc trois phalanges comme les autres doigts ; la deuxième et la troisième phalange sont constituées par la première et la deuxième de la nomenclature classique ; la première n’est autre que le premier métacarpien. Celui-ci, à son tour, serait constitué par le trapèze, lequel se trouverait représenté (fig. 310) par un os sésamoïde, le radial externe, qui apparaît parfois sur le bord radial de la main, entre le trapèze et le scaphoïde. Nous y reviendrons plus loin (p. 373) à propos du gros orteil.
Variétés. — L’apophyse styloïde du troisième métacarpien se développe parfois à l’état de pièce indépendante. Mais cette anomalie est fort rare ; Gruber ne l’a observée que 19 fois sur 2 589 mains, soit environ 0,7 p. 100. Leboucq {xinn. de la Soc. médicale de Gand, 1877), qui a retrouvé 4 fois cette disposition sur 45 fœtus longs de 20 à 90 millimètres, qu’il a examinés à cet effet, conclut de ses recherches qu’elle n’est que la persistance d’un état embryonnaire.
Fig. 310.
Bord radial de la main (demi-schémalique).
1. premier métacarpien, représentant la première phalange du pouce. — 2. trapèze, représentant le premier métatarsien. — 3. os radial externe, représentant le trapèze. — 4, scaplioule. — 3. i-adius. — 6, 7, paratrapèze et trapèze secondaire, représentant deux os sésamoïdes diomologues des deux sésamoïdes de la üg. 409).
Les doigts (fig. 30o et 306), organes essentiels de la préhension et du tact, sont des appendices très mobiles, articulés avec les métacarpiens, dont ils continuent la direction. En nombre égal à celui des pièces du métacarpe, ils sont désignés par les termes numériques de 2®, 3®, 4® et 5®- doigts, en allant de dehors en dedans, ou bien, en procédant dans le même ordre, sous les noms de pouce, indicateur ou index, médius, annulaire et auriculaire.
Chacun d’eux est constitué par trois colonnettes sucessivement décroissantes, qu’on appelle phalanges. On les distingue en 1®®, 2® et 3® phalanges, en allant de l’extrémité métacarpienne vers l’extrémité libre. On les appelle encore en France, depuis Ghaussier, phalange, ^ithalangine et phalangette.
Par exception à la disposition générale, le pouce n’a que deux phalanges ; la seconde ou phalangine lui fait défaut.
1° Première phalange. — Malgré ses faibles dimensions, la première phalange
os COXAL
(fig. 311, I) appartient à la classe des os longs et nous présente, par conséquent, un corps et deux extrémités, l’une supérieure, l’autre inférieure ;
a. Corps. — Le corps est légèrement recourbé en avant, de façon à présenter, comme celui des métacarpiens, une concavité dirigée en avant. Il affecte la forme d’un demi-cylindre, avec une face antérieure plane, une face postérieure convexe et deux bords latéraux, généralement bien accusés. C’est sur ces bords que vient s’attacher la gaine fibreuse destinée aux tendons des muscles fléchisseurs des doigts.
b. Extrémité supérieure. — L’extrémité supérieure ou proximale, articulée avec
la tête arrondie du métacarpien ^ B G
correspondant, nous présente i : . i
à cet effet une cavité articulaire, dite cavité glénoïde, un peu plus large dans le sens transversal que dans le sens antéro-postérieur. Sur les côtés de cette cavité articulaire se dressent deux saillies en forme de tubercule pour l’insertion des ligaments latéraux.
c. Extrémité inférieure. —
L’extrémité inférieure ou distale est une vraie poulie ou trochlée, avec une gorge antéro-postérieure, vers laquelle s’inclinent deux .facettes latérales. Gomme pour la tête des métacarpiens, cette surface articulaire s’étend un peu [plus loin du côté de la région palmaire que du côté de la région dorsale. En dehors et en dedans de la trochlée, sur les faces latérales de cette extrémité inférieure, on remarque deux
dépressions circulaires pour Lindex désarticulé vu : A par sa face antérieure ou pal-
f pv-fui maire; B, par sa lace postérieure ou dorsale; G, latera-
des insertions ligamenteuses. lement.
2^ Deuxième phalange. —
La deuxième phalange (fig.
311, II) nous présente, comme la première, un corps et deux extrémités :
I, phalange. — II, phalangine. — III, phalangette.
1, cavité glénoïde de la phalange. — 2, tubérosité de sa tète. — 3, trochlée de la première phalange, avec 3’, empreinte d'insertion des ligaments latéraux. — 4, crêtes latérales pour l’insertion de la gaine des fléchisseurs. — 5, double cavité glénoïde ou glcne de la phalangine. — 6. trochlée de la deuxième phalange, avec 6’, empreinte d’insertion des ligaments latéraux. — 7, crêtes latérales pour l’insertion du fléchisseur superficiel. — 8, double glène de la phalangette. — 9, rugosités pour l’insertion du fléchisseur profond. — 10, extrémité libre de la phalangette.
a. Corps. — Le corps est
absolument conformé comme celui de la première phalange, bien qu’il soit beau-
coup plus court.
b. Extrémité supérieure. — L’extrémité supérieure o\x proximale, répondant à une trochlée, présente en son milieu une crête mousse antéro-postérieure pour la gorge de la trochlée et, de chaque côté, deux petites cavités glénoïdes se moulant exactement sur les parties latérales de cette même trochlée. Encore ici nous ren-
OSTEOLOGIE
controns, sur les côtés de la surface articulaire, deux tubercules destinés à l’insertion des ligaments latéraux de l’articulation.
c. Extrémité inférieure. — L’extrémité inférieure ou distale est exactement conformée comme l’extrémité inférieure de la première phalange : c’est une poulie ou trochlée, portant, sur les côtés, deux petites dépressions circulaires et rugueuses pour l’insertion des ligaments latéraux.
3° Troisième phalange ou phalange unguéale. — Nous devons lui considérer encore (fig. 311, III), malgré sa petitesse, un corps et deux extrémités :
a. Corps. — Le corps, beaucoup plus large en haut qu’en bas, ne présente pas la courbure caractéristique des autres phalanges : il est rectiligne.
b. Extrémité supérieure . — L’extrémité supérieure ou proximale de la troisième phalange ressemble exactement à l’extrémité similaire de la seconde.
c. Extrémité inférieure. — Quant à son extrémité inférieure ou distale, encore appelée extrémité libre, elle revêt la forme d’un fer à cheval. Lisse en arrière, où elle répond à l’ongle, elle est rugueuse en avant et sur son pourtour, où elle sert de soutien à la pulpe du doigt.
4*^ Résumé. — Il résulte de la description qui précède qu’il est toujours facile de déterminer une phalange à l’aspect seul de ses extrémités. Les caractères différentiels de chacune d’elles sont résumés dans le tableau suivant :
I N D I Q U iN r LES CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES TROIS ORDRES DE PHALANGES
a) L’une, V inférieure, disposée en trochlée; l’autre, \
1 la en cavité gléiioïde, pour s’articu- f phalange.
1« Deux extrémilés \ 1er avec une tète. ’ )
articulaires . j b) L’une Vinférieure, disposée en troclilée ; Tautre, ]
I Id supérieure, en double cavité giénoïdepour | 2® phalange.
\ s’articuler avec une trochlée. )
Une seule extrémité articulaire \ 3® phalange.
5" Conformation intérieure des phalanges. — Le corps des phalanges est constitué par du tissu compacte, les extrémités par du tissu spongieux. Le canal médullaire existe encore, mais il est considérablement réduit. Ses dimensions varient, du reste, avec chaque groupe de phalanges.
Insertions musculaires. — Sur les phalanges des doigts viennent s’insérer des muscles fort nombreux. Nous envisagerons successivement ces insertions sur la première phalange, sur la phalangineet la phalangette (lig. 306 et 308)
.4. Première phalange. — Sur la première phalange viennent s’insérer ; 1° pour le pouce, quatre muscles, le court abducteur du pouce, le court fléchisseur du pouce, l’adducteur du pouce, le court extenseur du pouce ; 2° pour l’index, deux muscles, le premier interosseux dorsal et le premier interosseux palmaire ; 3<> pour le médius, deux muscles également, les deuxième et troisième interosseux dorsaux ; 4° pour l’annulaire, encore deux muscles, le deuxième interosseux palmaire et le quatrième interosseux dorsal ; 5" pour le petit doigt, trois muscles, le troisième interosseux palmaire, le court fléchisseur du petit doigt et l’abducteur du petit doigt.
U. Phalangine. — Sur la phalangine viennent s’insérer : 1® pour l’index, le fléchisseur superficiel ries doigts, l’extenseur commun et l’extenseur propre ; 2® pour le médius et pour V annulaire, le lléchisseur commun superficiel et l’extenseur commun ; 3® p)Our le petit doigt, le lléchisseur commun superficiel, l’extenseur commun et l’extenseur propre.
C. Phalangette. — Enfin, sur la phalangette, prennent insertion ; 1® pour le pouce, le long extenseur du pouce, le long lléchisseur du pouce et, parfois, le court abducteur du pouce ; 2® pour Vindex, pour le médius pour l’annulaire et pour le petit doigt, l’extenseur commun, les interosseux palmaires et dorsaux, les lombricaux et le lléchisseur commun profond.
Développement. — Gomme le premier métacarpien du pouce, les phalanges se développent chacune par deux points d’ossification (fig. 309) : un point primitif, pour le corps et l’extrémité
os DE LA HANCIIE 311
inférieure; un point complémentaire ou épiphysaire (primitivement double d après Serres), pour l’extrémité supérieure.
Le point primitif se montre vers la fin du deuxième mois de la vie intra-utérine.
Quant au point épiphysaire, il ne fait guère son apparition avant la sixième année qui suit la naissance ; il se soude avec le corps de dix-huit à vingt ans. Cette soudure s’effectue d’abord sur la phalangette, puis sur la phalangine et en dernier lieu sur la première plialange, qui arrive ainsi plus tardivement que les autres à son complet développement.
ARTICLE II