‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 58 sur 176 · HOMMES. FEMMES · texte numérisé non relu

HOMMES. FEMMES

Européens

Nègres d’Afrique ......

Néo-Calédoniens

De ce tableau découlent les deux formules suivantes : 1“ le diauntre antéro-postérieur ou coccy-pubien est, relativement aux dimensions transversales du bassin, plus petit chez la femme que chez l’homme : 2° il est, en outre, plus développé chez les races nègres que chez les Européens, toujours conq^arativement au diamètre transverse. Ces conclusions contirment pleinement celles du tableau précédent.

A consulter au sujet du bassin ; Baeaxdix, Mensurations du bassin, Saint-Pétersbourg. 1883; — Türquet, Le bassin infantile, considéré au point de vue de la forme du détroit supérieur, etc. Th. Paris, 1884 ; — Boxxaire, Les bassins viciés, in Traité d'accouchements de Tarnier et Budix ; — ScH\VT\, Die Beckenmiomalien, in Müllers’s Handbuch ; — Veii’ (J.), Die Entstehung der Form. des Beckens, Zeitschr. f. Geb. u. Gyn., Bd. IX ; — Fehlixg, Die Form des Beckens beim Fôtus u. Xeugeborenen, ib.. Bd. X : — Ghakpy, De la courbure lombaire et de l'inclinaison du bassin, in Etudes d’Anatomie appliquée, Paris, 1892; — Prochownick, Ueber Beckenneigung, Arch. f. Gynak., Bd. XLX; — He.mnig, Das kindliche Becken, Arch. f. Anat. u. Pbysiol., 1880; — Lesshaft. Die Arckitectur des Beckens, in Anatom. Ileften von Merkel und Bonnet, 1893; — De.melin, Anat. obstétricale, 1892 ; — Romiti, Sui caralteri sessuali nel bacino del neonato Pisa, 1892; — Konikow, Zu)\ Lehre von der Entwick. des Beckens u. seiner gescldechtliclien Differenzirung, Diss. Berlin, 1893; — Kehrf.r, Zur Pliylogenie des Beckens. Heidelberg, 1893; — Jurgexs, Beitr. zur norm. u. pathol. Anat. d. menschl. Beckens, Berlin, 1899; — Thomson, The sexiial différences of the fœtal pelvis. Journ. of Anat. and PhysioL, 1096 ; — Izaac, Etude obstétricale de l'arc antérieur du bassin Th. Lyon, 1901 ; — Meckel, Bemerk. zum Beckenwaehstum, Anat. Hefte, 1902.

§ n. — Os DE LA CUISSE OU FÉMUR

Le fémur (fig. 333, 334 et 335) est un os long, pair, non symétrique, constituant à lui seul le squelette du deuxième segment du membre pelvien. Il se comporte en cela comme rhumérus, dont il est l’homotype et avec lequel il présente, dans les détails comme dans l’ensemble des analogies faciles à établir.

Considéré en place sur un squelette en position verticale, le fémur se dirige obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, de telle sorte que les deux os, très voisins à leur extrémité inférieure, se trouvent séparés en haut par toute la distance

os DE LA CUISSE

qui sépare l'une de l’autre les deux cavités cotyloïdes. Si nous appelons axe anatomique du fémur la ligne droite qui s’étend du milieu de l’échancrure intercondylienne au bord supérieur du grand trochanter, et axe mécanique la verticale passant par le centre de rotation de la tête fémorale, nous constatons que ces deux axes ne sont pas parallèles, mais s’inclinent l’un vers l’autre sous un angle de 8 ou 9 degrés. L’obliquité du fémur est toujours plus accentuée chez la femme que chez l’homme, et c’est là une conséquence de la conformation de son bassin : nous avons vu, en -effet, dans le paragraphe précédent, que les dimensions transversales du bassin (et, par conséquent, l’écartement des deux cavités cotyloïdes) étaient plus considérables dans le sexe féminin. — D’autre part, le corps de l’os est recourbé sur lui-même, affectant ainsi la forme d’un arc dont la concavité serait tournée en arrière (fig. 335). — Le fémur présente, enfin, sur son axe vertical, une légère torsion^ qui fait que le plan transversal de son extrémité supérieure n’est pas entièrement parallèle au plan transversal de son extrémité inférieure, mais forme avec ce dernier un angle aigu ouvert en dedans.

Comme tous les os longs, le fémur nous offre à considérer un corps et deux extrémités, l’une supérieure, l’autre inférieure.

Corps. — Le corps du fémur est prismatique triangulaire et nous présente, en conséquence, trois faces et trois bords :

A. Faces. — Des trois faces, l’une est antérieure, les deux autres latérales :

a. Face antérieure. — La face antérieure, lisse et convexe plutôt que plane, est recouverte, dans ses trois quarts supérieurs, parle muscle crural ou portion profonde du quadriceps, auquel elle donne insertion. Audessous du muscle crural, cette face donne encore attache au muscle sous-crural ou tenseur de la synoviale du genou (fig. 345,11).

b. Face externe et face interne. — La face externe et la face interne sont, l’une et l’autre, convexes et lisses ; assez larges dans leurs deux tiers supérieurs, elles s’effilent et se terminent en pointe à leur extrémité inférieure, par suite de la bifurcation du bord postérieur de l’os et de la formation du triangle poplité. Chacune des deux faces interne et externe répond à l’une des portions latérales du quadriceps , la face externe au vaste externe, la face interne au vaste interne; mais, à

leur niveau, les fibres musculaires se bornent à recouvrir l’os sans prendre sur lui l’insertion. Le muscle crural, par contre,^empiète légèrement sur les deux faces précitées et s’y attache, sur la face externe principalement (fig. 345,9)’. On voit

Fig. 333.

Fémur, vue antérieure.

\ , corps. — 2. tête. — 3, grand trochanter. — 4, petit trochanter. — 5, col anatomique, avec 5’, empreinte rugueuse située sur sa face antérieure.

— 6, col chirurgical. — 7, condyle interne. — 8, condyle externe. — 9, poulie. — 10, creux sus-troc liléal.

OSTÉOLOGIE

fréquemment sur le tiers moyen de cette face externe, au voisinage de la ligne

âpre, une; dépression longitudinale, peu profonde, mais assez étendue, qui correspond justement aux insertions que les faisceaux les plus externes du muscle prennent sur cette région du corps de l’os.

B. Bords. — Les trois bords du fémur se distinguent en postérieur, interne et externe:

a. Bords interne et externe. — De ces trois bords, Vinterne et Vexlerne sont à peine marqués. Il en résulte que les trois faces, ci-dessus décrites, manquent, sur les cotés, de limites bien précises.

b. Bord postérieur. — Il n’en est pas de même en arrière où le bord postérieur, épais, saillant et rugueux, sépare nettement la face externe de la face interne. Ce bord porte le nom de ligne âpre du fémur. Sa lèvre externe donne attache au vaste externe: sa lèvre interne donne insertion au vaste interne. Sur son interstice s’insèrent successivement, en allant de haut en bas, les trois muscles adducteurs de la cuisse et la courte portion du muscle biceps.

Simple à partie moyenne, la ligne âpre se divise, à ses deux extrémités, en branches multiples. — En bas, c’est une simple bifurcation. Les deux branches qui en résultent, suivant un trajet fortement divergent, aboutissent l’une et l’autre aux deux saillies ou condyles de l’extrémité inférieure de l’os. Elles interceptent ainsi dans leur écartement une large surface triangulaire à hase inférieure, connue sous le nom d'espace poplité ou de triangle poplité (fig. 334, 13). Des deux branches de bifurcation de la ligne âpre, l’externe est beaucoup plus marquée que l’interne; cette dernière est généralement interrompue, à sa partie moyenne, par le passage de l’artère fémorale, devenant artère poplitée. — ■ En haut, la ligne âpre se divise en trois branches (trifurcation) également divergentes : la branche externe, qui est toujours la plus marquée, se dirige en haut, vers le grand trochanter et donne insertion au grand fessier, c'est la branche fessière ou crête du grand fessier (fig. 334,4); la branche moyenne, située en dedans de la précédente, se dirige vers le petit trochanter et donne attache au muscle pectiné, c’est la branche pectinéale ou crête du pectiné (fig. 334,4’) ; la branche interne, obliquant plus en dedans encore, vient aboutir à la partie antérieure et inférieure du col; sur elle vient s’insérer en partie le vaste interne du quadriceps crural, c’est la crête du vaste interne (fig. 334,4”). C’est sur la ligne âpre et en un point voisin de sa division supérieure que l’on

J BLkmET

Fig. 334.

Fémur, vue postérieure.

1, corps. — 2, bord postérieur ou ligne à])re. — 3, 3', scs branches de bifurcation inférieure. — 4, sa branche de trifurcation supérieure externe ou fessière.

— 4’, sa branche de trifurcation moyenne ou j)cctinéalc. — 4”, sa branche de trifurcation interne ou crête du vaste interne. — 5, trou nourricier. — 6, tète du fémur, avec 6', la fossette d’insertion du ligament rond. — 7, grand trochanter.

— 8, fietit li’octianler. — 9, col anatomique. — 10, condyle interne. — 11, condyle externe. — 12, échancrure intercond\ benne. — 13, espace poj)lité.

os DE LA GLISSE

trouve le trou nourricier du fémur (flg. 334,5). Il se dirige obliquement de bas en haut, vers l’extrémité supérieure de l’os par 2'

exemple. |

2° Extrémité supérieure. — Cette extrémité nous présente, comme l’extrémité similaire de l’humérus :

1°une tête art iculaire ; 2° un col anatomique ; 3° un

col chirurgical ; 4° entre les deux cols, deux tuhéro- 5

sités volumineuses, que l'on désigne sous les noms de grand trochanter et de petit trochanter :

A . Tète. — La tête du fémur, régulièrement arron- / W ,i i^—-4

die, représente environ les deux tiers d’une sphère.

Elle regarde en haut, en dedans et un peu en avant.

Sa surface libre, encroûtée de cartilage articulaire, se trouve circonscrite en dehors par deux ou trois lignes courbes appartenant à des circonférences différentes. Un peu au-dessous et en arrière de son centre, cette tête est creusée d’une dépression rugueuse : c’est la fossette du ligament rond, destinée, comme son nom l’indique, à l’insertion du ligament rond de l’articulation coxo-fémorale. Dans cette fossette se voient ordinairement cinq ou six orifices vasculaires, toujours très variables par leur situation et par leurs dimensions.

B. Col anatomique. — Le col anatomique, ou tout simplement le col du fémur, supporte la tête et la réunit aux trochanters. Tandis que sur l’humérus le col anatomique est fort peu développé et pour ainsi dire purement théorique, il présente sur le fémur un développement considérable. Envisagé au point de vue de sa configuration extérieure, il revêt la forme d’un cylindre fortement aplati d’avant en arrière.

Son grand axe, représentant sa longueur, se dirige obliquement de haut en bas et de dedans en dehors ; il mesure de 35 à 45 millimètres de longueur et fait avec l’axe du corps de l’os un angle de 130°. Son diamètre vertical, représentant sa hauteur, est légèrement oblique en bas et en arrière, d’où il résulte que la face antérieure du col regarde un peu en bas et sa face postérieure un peu en haut. On considère au col anatomique deux faces, deux bords et deux extrémités :

a. Faces. — Des deux faces, l’une est antérieure, l’autre postérieure.

a) La face antérieure, à peu près plane, répond dans toute son étendue au ligament capsulaire de l’articulation de la hanche. Elle nous présente souvent, à sa partie supérieure et interne, en un point qui est toujours très voisin de

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