V-BJUVADET d.DtVr
Fig. 335.
Fémur, vu par sa face interne pour montrer sa courbure antéro-postérieure.
i, corps. — 2, tête, avec 2’, fossette d’insertion du ligament rond. — 3, grand trochanter. — 4, petit trochanter. — 5, col anatomique. — G, condyle externe. — 7, condyle interne, avec 8, tubercule du grand adducteur. — 9, creux sustrochléal.
OSTÉOLOGIE
la circonférence de la tête, une petite surface ovalaire, rugueuse, à contours assez mal délimités. Cette facette, sur laquelle Behteaüx a attiré l’attention en 1891 dans sa thèse inaugurale, est revêtue, à l’état frais, d’une couche de cartilage. Ses rapports avec la tête fémorale sont variables : tantôt, elle en est séparée par une zone étroite, dépourvue de revêtement cartilagineux ; tantôt, au contraire, elle se continue avec elle sans ligne de démarcation aucune. Quant à sa signification morphologique, elle ne me paraît pas encore nettement élucidée.
P) La face postérieure du col, convexe dans le sens transversal, n’est recouverte par la capsule articulaire que dans ses deux tiers internes.
b. Bords. — Des deux bords, l’un est supérieur mférieur :
a) Le bord supérieur, relativement très court, s’étend presque horizontalement de la tête au grand trochanter.
Le bord inférieur, beaucoup plus long, se dirige obliquement de haut en bas et de dedans en dehors et se continue avec la diaphyse, qu’il aborde sous un angle fort variable.
L’un et l’autre sont fortement convexes d'avant en arrière, concaves au contraire dans le sens de leur direction.
c. Extrémités. — Les deux extrémités du col se distinguent en interne et externe :
a) extrémité interne s’élargit pour supporter la tête; son pourtour est criblé de gros orifices vasculaires, très nombreux surtout à la partie supérieure.
|i) h' extrémité externe, beaucoup plus volumineuse, se confond, en partie avec la masse des trochanters, en partie avec le corps de l’os. Son pourtour est limité : 1° haut, par le bord supérieur du grand trochanter et par la face interne de cette saillie osseuse; 2° en avant, par une ligne rugueuse, la ligne oblique du fémur (ligne inter trochantérienne antérieure de quelques auteurs;, qui, partant de l’angle supérieur et antérieur du grand trochanter, se porte obliquement en bas et en dedans vers le petit trochanter et vient se confondre, en avant et au-dessous de cette dernière saillie osseuse, avec la branche interne de la ligne âpre; c’est sur cette ligne rugueuse que se fixe la partie antérieure de la capsule articulaire de la hanche (voy. Arthrologie) ; 3® en arrière, par une crête saillante, la crête intertrochantérienne postérieure, qui, comme son nom l’indique, réunit l’un à l’autre les deux trochanters et qui donne insertion, par sa partie moyenne, aux faisceaux les plus élevés du muscle carré crural ; -4°en bas, le col n’a que des limites fictives ; il se confond, en effet, sans ligne de démarcation aucune, avec la face interne du corps de l’os.
Fig. 336. Fig. 337.
Extrémité supérieure du fémur, Extrémité supérieure du fémur, vue postéro-interiie. vue externe.
1, tèlo. — 2, fosselle d'insertion du ligament rond. — 3, grand trochanter, avec 3’, crête du moyen fessier. — 4, petit troclianter. — 5, crête iutertrochantérieniie sui)érieure. — 6, col anatomiipie. — 7. cavité digitale. — ■ 8, fossette d insertion de roblurateur interne. — 9, fossette d'insertion du pyramidal.
os DE LA CUISSE
L’angle que forme le col du fémur avec le corps de l’os, minutieusement étudié par Rodet [Thèse de Paris, 1844) et par Gharpy [Bull, de la Soc. d' Anthropologie de Lyon, 1884), est en moyenne de 138° (Rodet) de 127“ (Chaupy). On admet généralement que cet angle est plus petit chez la femme que chez l’homme, plus petit aussi chez le vieillard que chez l'adulte. Les mensurations de Gharpy sont en opposition formelle avec cette double, assertion : il résulte de ses mensurations que la femme a le môme angle que riiomme, et que le vieillard a le même angle iiue l’adulte. Par contre, les différences individuelles sont énormes; Rodet a vu l’angle en question descendre à 121“ et s’élever à 144“ ; Gharpy, à son tour, a observé 115“ et 140“. Il peut donc e.vister, en dehors de toute influence pathologique, un écart de 23“ et même de 25“. Nous devons noter, enfin, que l’enfant paraît avoir un angle plus grand de 2° que celui de l’adulte.
C. Grand trochanter. — Le grand trochanter est une éminence quadrilatère située en dehors du col, dans la direction du corps de l’os. On lui considère deux faces et quatre bords :
a. Faces. — Des deux faces , l’une regarde en dehors, l’autre en dedans.
a) La face externe (fig.
318), convexe, est traversée en diagonale par une ligne rugueuse qui se dirige obliquement en has et en avant. Cette ligne
Fig. 338.
Extrémité supérieure du fémur, vue postéro-interne, avec les insertions musculaires.
Fig. 339.
Extrémité supérieure du fémur, vue externe, avec les insertions musculaires.
(Pour la signification des cliiffres, se reporter à la légende des figures 345, 34& et 347, ainsi qu’au tableau des insertions musculaires du fémur, p. 348.)
donne insertion au moyen fessier : nous l’appellerons, pour cette raison, crête du moyen fessier.
Au-dessus d’elle, se trou ve une petite surface plane, qu’occupe à l’état frais
une bourse séreuse, destinée à favoriser le glissement du tendon du moyen fessier. Au-dessous d’elle, s’étale une autre surface, beaucoup plus grande, répondant à la bourse séreuse du grand fessier.
[3) La face interne du grand trochanter (^fig. 335) se confond presque en totalité avec l’extrémité externe du col. Elle s’en dégage, cependant, à sa partie postérieure et présente là une dépression profonde, connue sous le nom de cavité digitale du grand trochanter : dans cette cavité prennent insertion l’obturateur externe, l’obturateur interne et les deux jumeaux. Le premier de ces muscles s’insère dans le fond même de la cavité digitale, les trois autres, par un tendon commun, à la partie supérieure de cette cavité (fig. 338).
b. Bords. — Les quatre bords du grand trochanter se distinguent en supérieur, inférieur, antérieur et postérieur. — Le bord supérieur, presque horizontal, présente à sa partie moyenne une petite facette, arrondie ou ovalaire (fig. 337, 8), pour l’insertion du pyramidal. — Le bord inférieur se continue avec le corps de l’os. Il est marqué extérieurement par une crête rugueuse, à direction légèrement oblique, sur laquelle viennent se fixer quelques-uns des faisceaux du vaste externe, c’est la crête du vaste externe. — Le bord postérieur, nettement marqué en haut, où il limite en arrière la cavité digitale, devient moins net à sa partie inférieure, où il donne attache aux faisceaux supérieurs du muscle carré crural. — Le bord
OSTEOLOGIE
antérieur^ très épais, de forme rectangulaire, atteint presque les dimensions d’une véritable face : il est occupé par l’empreinte d’insertion du petit fessier, laquelle, par son extrémité supérieure, empiète un peu sur le bord supérieur.
D. Petit trochanter. — Le petit trochanter est un gros tubercule ou mamelon, situé à la partie postérieure et inférieure du col; il donne insertion au muscle psoas-iliaque. De la base du petit trochanter partent, en forme de rayons, trois lignes divergentes, déjà connues, que l’on peut considérer comme ses racines. Ce sont : en haut et en dedans, le bord inférieur du col; en haut et en arrière, la crête intertrochantérienne postérieure; en has, la branche de division moyenne de la ligne âpre ou crête fémorale du pectiné. En avant, le petit trochanter est séparé de la ligne intertrochantérienne antérieure par une dépression peu profonde et plus ou moins rugueuse, où vient s’insérer le faisceau antérieur du ligament ilio-fémoral (voy. Arthrologie).
E. Col chirurgical. — On désigne, ici comme sur l’humérus, sous le nom de col chirurgical la portion du fémur qui unit le corps de l’os à son extrémité supérieure. Il est situé immédiatement au-dessous des trochanters.
3° Extrémité inférieure. — Le fémur, à son extrémité inférieure, se renfle à la fois dans le sens transversal et dans le sens antéro-postérieur : il forme ainsi un
massif volumineux, de forme irrégulièrement cubique, qui mesure en moyenne 60 à 65 millimètres de largeur sur 50 à 55 millimètres d’épaisseur. De plus, il se recourbe légèrement d’avant en arrière, d’une façon telle que l’axe longitudinal du corps de l’os, prolongé en bas, partage l’extrémité inférieure en deux portions fort inégales, la portion postérieure l’emportant toujours et de beaucoup sur la portion antérieure.
Vue en avant, l’extrémité inférieure du fémur nous présente tout d’abord une surface articulaire en forme de poulie, la trochlée fémorale : elle est formée, comme toutes les trochlées, par deux facettes latérales, qui s’inclinent l’une vers l’autre et aboutissent à un sillon antéro-postérieur ou gorge de la trochlée. De ces deux facettes, l’externe est beaucoup plus large que l’interne. A la partie inférieure de l’os, les deux facettes, jusque-là contiguës, se séparent l’une de l’autre, et la gorge de la poulie, cessant alors d’exister, est remplacée par une large échancrure. Cette échancrure (fig. 540,4), comme la gorge de la poulie à laquelle elle fait suite, divise l’extrémité inférieure du fémur en deux portions latérales, appelées condyles : elle porte elle-même, pour cette raison, le nom éC échancrure ou de fossette intercondylienne.
Les deux condyles se distinguent en interne et externe. Le condyle interne est moins épais que le condyle externe; mais il se déjette beaucoup plus en dedans que le condyle externe ne se déjette en dehors : ce dernier s’écarte à peine, en effet, de la direction du corps de l’os (fig. 533p D’autre part, le condyle externe, considéré sur un fémur en position verticale, descend moins bas que l’interne : il en résulte que, si l’on fait reposer les deux condyles sur un même plan horizontal, le fémur prend de lai-même une direction oblique en haut et en dehors. C’est ce
Fig. 340.
Condyles du fémur, vus par leur face inférieure.
1, condyle interne. — 2, condyle externe. — 3, gorge de la poulie fémorale. — 4, échancrure irtercondylienne.
os DE LA CUISSE
qui a lieu, du reste, sur le squelette monté, où les deux condyles reposent sur l’extrémité supérieure du tibia, laquelle présente une direction à peu près horizontale.
On considère à chaque condyle six faces ; 1° une face supérieure, qui fait corps avec l’os; 2° une face inférieure, une face antérieure, une face postérieure, ces trois dernières articulaires et disposées en demi-cercle pour rouler sur les plateaux du tibia; 3° une face médiane (par rapport à l’axe du fémur), qui fait partie de l’espace intercondylien et qui donne insertion aux ligaments croisés; ces deux ligaments déterminent des empreintes, ordinairement très appréciables, que l’on voit, celle du ligament postérieur sur la partie antérieure de la face médiane du condyle interne, celle du ligament antérieur sur la partie postérieure de la face médiane du condyle externe ; 4° enfin, une face latérale ou cutanée, qui est relativement superficielle et que l’on sent très nettement au-dessous des tégumen+s.
Cette dernière face, la face latérale, est très différente suivant qu’on la considère sur le condyle interne ou sur le condyle externe. — La face latérale du condyle interne, nous constatons tout d’abord, à la partie moyenne de cette face latérale, une grosse saillie mal délimitée, la tubérosité interne, qui donne attache au ligament latéral interne de l’articulation du genou. Au-dessus et un peu en arrièi*e de cette tubérosité, se dresse un tubercule de forme pyramidale, le tubercule du grand adducteur : il est situé (fig. 333,8) à la terminaison de la branche de bifurcation interne de la ligne âpre et donne insertion, comme son nom l’indique, au faisceau inférieur du muscle grand adducteur. En arrière et au-dessous du tubercule du grand adducteur, se trouve une petite excavation pour l’in sertion du muscle jumeau interne. — La face latérale du condyle externe nous présente, de même (fig. 341), en un point qui est plus rapproché de son extrémité postérieure que de son extrémité antérieure, une forte saillie, la tubérosité externe (1), pour l’insertion du ligament latéral externe de l’articulation du genou.
Immédiatement en arrière de cette tubérosité, sont creusées deux excavations bien distinctes et superposées : la supérieure (3) donne insertion au muscle jumeau externe; l’inférieure (4), beaucoup plus grande, revêt le plus souvent la forme d’une gouttière profonde, oblique en bas et en avant; elle donne attache au muscle poplité.
L’extrémité inférieure du fémur nous offre encore à considérer deux régions, l’une en avant, l’autre en arrière. — En avant, la trochlée est surmontée d’une surface légèrement excavée, c’est le creux sus-trochléaire 335,9), dans lequel vient se loger la rotule, dans les mouvements d’extension de la jambe sur la cuisse. — En arrière, au-dessus de l’échancrure intercondylienne, s’étale la portion la plus large de Vespace poplité (fig. 334,13), lequel est formé, comme nous l’avons déjà dit plus haut, par l’écartement des deux branches de bifurcation de la ligne âpre. A la partie inféro-interne de ce triangle poplité, à 15 millimètres environ au-dessus du bord externe du condyle interne, se voit assez souvent, mais non toujours, une petite saillie rugueuse et allongée dans le sens vertical : c’est le tubercule sus-condylien interne de Guuber, sur lequel viennent s’insérer les faisceaux moyens du muscle
Fig. 341.
Condyle externe du fémur, vu en dehors.
1, tubérosité externe pour le ligament latéral externe — 2, surface d’insertion du plantaire grêle. — 3, fossette pour le jumeau externe.
— 4, fossette pour le poplité.
OSTEOLOGIE
jumeau interne. En regard de celui-ci, un peu au-dessus du condyle externe, on rencontre parfois une saillie analogue, le tubercule sus-condylien externe, qui, comme le précédent, donne attache à quelques faisceaux du muscle jumeau externe. Mais ce tubercule externe est relativement beaucoup moins accusé et beaucoup plus rare que Einterne : je ne l’ai rencontré que 3 fois sur 60 fémurs que j’ai examinés à ce sujet. Le tubercule interne existait à des degrés de développement divers, 45 fois, soit une proportion de 75 p. iOO.
Le creux sus-trocbléaire, la portion inférieure du triangle poplité, l’échancrure
intercondylienne et les faces latérales des condyles sont criblés d’orifices vasculaires, dont quelques-uns présentent des dimensions considérables.
4"^ Conformation intérieure. —
Le fémur présente la structure générale de tous les os longs.
A. Corps ou diaphyse . — Son corps ou diaphyse, exclusivement constitué par du tissu compacte, est creusé à sa partie centrale d’un canal médullaire, qui s’étend du quart inférieur de l’os au petit trochanter.
B. Extrémités ou épiphyses. — Les extrémités ou épiphyses sont formées par des masses de tissu spongieux qu’entoure une coque plus ou moins épaisse de tissu compacte. Du reste, dans les épiphyses fémorales, comme dans toutes les autres épiphyses , la direction des travées osseuses n’est pas livrée au hasard toujours admirablement
pour lutter contre les pressions et les tractions extérieures . C’est ici surtout que l’on peut répéter avec Julius Wolff que l’os normal a une structure déterminée par sa fonction. V'oyons tout d’abord, l’épiphyse supérieure.
a. Epiphyse supérieure . — Si nous l’examinons sur une coupe frontale (fig. 342), nous constatons en premier lieu l’existence, en dedans et en dehors, de deux lames de tissu compacte, qui ne sont que les prolongements de la diaphyse et que, de ce fait, nous appellerons la lame diaphysaire interne et la lame diaphysaire externe. Relativement épaisses en bas au niveau du col chirurgical, ces deux lames s’amincissent graduellement en s’élevant, la première vers la tête fémorale, la seconde vers le grand trochanter. Comme nous le montre la figure 342, à la partie supérieure du col et tout autour de la tête, elles se trouvent réduites à une lamelle extrêmement mince.
C’est de la face axiale de ces deux lames diaphysaires que s’échappent, pour prendre ensuite des directions variables, les travées constitutives du tissu spon-
Eig. 342.
Section longitudinale et frontale de l’extrémité supérieure du fémur droit d’un homme de 31 ans (d’après WoLFF) .
(La section passe à l’union du tiers postérieur et du tiers moyen. Elle coupe, à sa partie inférieure, la partie postérieure de l’extrémité supérieure du canal médullaire.)
mais
réglée
os DE LA- CUISSE
gieux de l’épiphyse. Nous les envisagerons successivement pour la lame interne et pour la lame externe :
Les travées osseuses qui naissent de la lame diaphysaire interne se divisent en deux groupes, les inférieures et les supérieures. — Les travées inférieures prennent naissance sur le point où la lame diaphysaire s’infléchit en dedans pour devenir le hord inférieur du col. De là, elles se portent obliquement en haut et en dehors, en décrivant une légère courbe à concavité inféro-externe, arrivent au grand trochanter et s’y terminent. Ce sont les travées trochantériennes, constituant par leur ensemble le faisceau tr o chanter ien. — Les travées supérieures naissent aussi sur le bord inférieur du col, mais au-dessus des précédentes. Puis, se portant en haut et un peu en dedans, elles viennent se terminer sur la partie moyenne de la surface articulaire de la tête. Ce sont les fibres céphaliques et nous désignerons sous le nom de faisceau céphalique le faisceau qu’elles forment par leur ensemble.
Les travées osseuses qui naissent de la lame diaphysaire externe (abstraction faite de quelques travées à direction verticale qui occupent le côté externe du grand trochanter et qui n’ont pas grande importance) prennent leur origine audessous du trochanter pour, de là, se porter obliquement en haut et en dedans et venir se terminer sur la surface articulaire de la tête un peu au-dessous de la fossette du ligament rond. Elles décrivent chacune une longue courbe à concavité inféro-interne , constituant par leur ensemble un large et volumineux faisceau disposé en arc, le faisceau arciforme de Gallois et Bosquetïe. Ces fibres arciformes, au cours de leur trajet, croisent successivement, sous un angle moyen de 45°, les travées qui proviennent de la lame diaphysaire interne (le faisceau trochantérien d’abord, le faisceau céphalique ensuite), en formant avec ces derniers des sortes d’ogives d’une régularité parfois remarquable. Constatons, en passant, que les premières ogives, je veux dire les plus inférieures, forment l’extrémité supérieure du canal médullaire.
CüLMANN, fort ingénieusement du reste , a comparé l’extrémité supérieure du fémur à une grue de même direction qui aurait à supporter vers son extrémité recourbée une charge verticale égale au poids du tronc. Dans cette grue ainsi chargée, les lignes de force se distinguent en deux sj^stèmes (fig. 344) : 1° un premier système ou système interne, qui, naissant de la partie interne, se portent obliquement en haut et en dehors, croisent l’axe de la grue sous un angle de 45° pour venir se terminer, en haut, sur sa partie convexe; 2° un deuxième système ou système externe, qui, naissant de la partie externe, se portent obliquement en
ANATOMIE HUMAINE. — T. I, 6“ ÉDIT. 4i
Figure schématique montrant l’architecture de l’extrémité supérieure du fémur (d’après Meyer).
1, lêle du fémur. — 2, col. — 3, grand troclianler.
4, diaphyse. — 5, canal médullaire.
OSTEOLOGIE
haut et en dedans, croisent elles aussi l’axe de la grue sous un angle de et viennent se terminer sur son extrémité supérieure.
Or ces deux systèmes., toujours, d’après Gülmann, répondent à des forces d'ordre différent : tandis que le premier système (dans l’hypothèse précisée d’une charge s’exerçant verticalement), a à supporter des <?//or/s de pression, le second se trouve soumis à des efforts de traction. Il en résulte que les éléments moléculaires qui composent ces lignes de force : P tendent à se rapprocher les uns des autres dans le système interne ; 2° tendent, au contraire, à s’écarter les uns des
autres dans le système externe. C’est la canne recourbée en crosse ou plus exactement en demi-crosse : quand on exerce sur son extrémité une pression verticale, les fibres de sa partie convexe sont soumises à des forces de traction, tandis que les fibres de sa partie concave ont à supporter des forces de pression. Cela est si vrai que, lorsque la pression exercée sur l’extrémité de la crosse est assez vigoureuse pour dépasser la limite d’élasticité des fibres ligneuses, on voit celles-ci se rompre longitudinalement sur la face convexe, tandis qu’elles se plissent et se gondolent sur la face concave ((jallois et Bosquet te).
Il est à peine besoin de faire remarquer la concordance remarquable qui existe entre la direction des lignes de force de la grue de Culmann et l’orientation des travées osseuses dans l’épiphyse supérieure du fémur humain? Il n’y a qu’à comparer les deux figures 343 et 3i4pour constater : I^ que les deux faisceaux trochantérien et céphalique, provenant de la lame diaphysaire interne , répondent au système interne de la grue de Cul- MANx\ ; 2° que le système externe de la grue de CuLMAxx est représenté, dans le fémur humain, par le faisceau arciforme provenant de la lame diaphysaire externe,
b. Epiphyse inférieure. — L’épiphyse inférieure du fémur est, comme la supérieure, constituée par une mince coque de tissu compacte enveloppant une masse centrale du tissu spongieux. Les travées qui la constituent affectent pour la plupart une direction verticale, comme les forces qu’elles ont à supporter : elles sont, naturellement, d’autant plus courtes qu’elles sont plus périphériques, d’autant plus longues qu’elles sont plus rapprochées de l’axe de l’os. Aces travées verticales s’ajoutent, au niveau de la surface articulaire, des travées à direction horizontale.
c. Raréfaction du tissu osseux dans les épiphyses fémorales chez le vieillard. — Le tissu spongieux des épiphyses fémorales devient, à partir de cinquante ans, le siège d’une résorption lente, mais toujours progressive, qui agrandit d’abord les cellules en amincissant et faisant disparaître leurs parois et aboutit, finalement.
Fig. 344.
La grue de Gul.mann : constructiou des lignes de force de tractions et de pressions.
1, côté intei'DC. — 2, côté externe. — 3. système interne des lignes de force (forces de pression) 4. svstènie externe des lignes de force (forces de tractions). ^ ah, partie supérieure de la grue au niveau de laquelle s’exerce une pression verticale de 3ü kilogr.
os DE LA CUISSE
au creusement d’une cavité centrale qui se remplit de moelle osseuse. C’est surtout sur l’épiphyse supérieure qu’on peut suivre nettement cette disparition progressive du tissu spongieux, entraînant comme conséquence l’agrandissement du canal
Fémur, vue antérieure, avec les insertions musculaires.
Fémur, vue postérieure, avec les insertions musculaires.
Fig. 347.
Fémur, vue interne, avec les insertions musculaires.
1, moyen fessier. — 2, petit fessier. — o, pyramidal du bassin. — 4, o, 6, jumeau supérieur, obUirateur interne et jumeau inférieur. — 7, obturateur externe. — 8, carré crural. — 9, vaste externe. — 9\ crural. — 9”, vaste interne.
10, psoas-iliaque. — 11, tenseur de la synoviale du genou. — 12, grand fessier. — 13, grand adducteur ou h’oisième adducteur. — 14, deuxième adducteur. — lo, premier adducteur. • — 16, pectiné. — 17, courte portion du biceps.
18, demi-membraneux. — 19, jumeau interne. — 19’, jumeau externe. — 20, plantaire grêle. — 21, poplité.
médullaire. On a observé des fémurs de vieillard dont le col, entièrement envahi
par le canal de l’épiphyse, n’était plus constitué que par un cylindre fort mince de tissu compacte, incapable de résister à un choc tant soit peu violent ou même à une forte contraction musculaire. Cette raréfaction dio tissu osseux dans l’extré-
OSTEOLOGIE
mité supérieure du fémur nous explique nettement la fréquence relativement considérable des fractures du col chez les vieillards.
Connexions. — Le fémur s’articule avec trois os : 1° en haut, avec l’os coxal ; en bas, avec le tibia ; 3« en bas et en avant, avec la rotule.
Insertions musculaires. — Vingt et un muscles s’insèrent sur le fémur. Nous résumons ces différentes insertions musculaires dans le tableau synoptique suivant. Le lecteur, pour la signification des chiffres placés à la droite de chaque muscle, voudra bien se reporter aux trois figures 343, 346 et 347 (p. 347). Il consultera aussi, pour les insertions qui se font sur l'extrémité supérieure de l’os, les deux figures 338 et 339 (p. 341).