partie moyenne
Au squelette de la jambe, se rattache une troisième pièce osseuse, la rotule, qui se trouve située au-dessus du tibia et du péroné, à la partie antérieure de l’articulation du genou.
Nous décrirons donc séparément : 1® la rotule ; 2° le tibia; 3° \q péroné.
A . — Rotule
La rotule (fig. 350 et 351) est un os court, situé à la partie antérieure du genou. Aplati d’avant en arrière, plus large en haut qu’en bas, cet os, quand on le regarde de face, revêt la forme d’un triangle curviligne dont la base serait dirigée en haut. On peut lui considérer une face antérieure , une face postérieure, une base, un sommet et deux bords latéraux.
1° Face antérieure. — La face antérieure ou cutaiiée est convexe de haut en bas, convexe également dans le sens transversal. Elle présente à sa partie moyenne
os DE LA JAMBE
une série de stries verticales et parallèles, qui donnent à l’os un aspect fibroïdc. Nous y constatons, en outre, un nombre variable d’orifices de forme ovalaire, allongés dans le sens vertical ; ils livrent passage à des vaisseaux.
A l’état frais, cette face est recouverte par des trousseaux fibreux, dépendant
Fig. 350.
Rotule droite, face antérieure.
1, face antérieure. — 2, bord supérieur ou base.
— 3, sommet. — 4, bord interne. — 5, bord externe.
(Dans la figure 351, la ligne de conduite du 6 tombe sur la
Fig. 351.
Rotule droite, face postérieure.
1, basé. — 2, sommet. — 3, bord interne. — 4, bord externe. — 5, facette, externe, plus grande que 6, facette interne.
-ête mousse qui sépare en deux portions la facette interne.)
à la fois du tendon du quadriceps, du ligament rotulien et de l’aponévrose fémorale. Une bourse séreuse, plus ou moins cloisonnée, dite bourse prérolulienne, la sépare de la peau.
2° Face postérieure. — La face postérieure ou articulaire répond, comme son nom l’indique, à l’articulation du genou. — Une ligne ^
transversale, correspondant à peu près à la réunion des trois quarts supérieurs avec le quart inférieur, divise cette face en deux parties : une partie inférieure rugueuse, en rapport avec un paquet cellulo - adipeux, que nous décrirons en arthrologie , à propos de l’articulation du genou, et qui la sépare de la synoviale articulaire ; une partie supérieure lisse, répondant aux condyles du fémur.
Destinée à s’articuler avec la poulie fémorale, cette dernière nous présente , à cet effet, une crête verticale et mousse, qui se moule exactement sur la gorge de la poulie, et, de chaque côté de cette crête, deux facettes creuses, qui répondent aux facettes articulaires des condyles.
Ces deux facettes latérales se distinguent en interne et externe. — La‘ facette externe est à la fois plus grande et plus fortement excavée que l’interne. Elle répond au versant externe de la poulie fémorale, au condyle externe par conséquent. — La facette interne, légèrement concave ou même plane, est en rapport, sur le squelette monté, avec le versant interne de la poulie. Une ligne oblique en bas et en dedans la subdivise en deux facettes secondaires : l’une, inféro-externe, plus grande {facette moyenne de quelques auteurs; l’autre, supéro-interne, de
dimensions beaucoup moindres. La facette supéro-interne est l’empreinte laissée
Fig. 352.
Rotule, coupe verticale et antéro-postérieure.
1, bord supéi’ieur ou base. — 2, bord inférieur ou sommet, donnant attache au tendon rotulien. — 3, face antérieure. — 4, face postéi'ieure. ^ 5, ligne séparative des deux portions articulaire et non articulaire.
a, insertions du quadriceps. — b, insertion du tendon rotulien.
OSTÉOLOGIE
sur ce point de la surface articulaire par le rebord antérieur du condyle interne, lequel roule dans cette dépression en gouttière (fig. 352, 5) toutes les fois que la jambe se fléchit fortement sur la cuisse.
3*^ Base. — La base de la rotule revêt la forme d’une petite surface triangulaire à sommet postérieur, légèrement inclinée de haut en bas et d’arrière en avant, comme le montre la figure 352. Elle donne attache, dans ses deux tiers antérieurs ou dans sa moitié antérieure, au tendon du quadriceps crural. Sa partie posté- 3 rieure, revêtue de cartilage hyalin, est en
rapport avec la cavité articulaire.
4® Sommet. — Le sommet, dirigé en bas, est plus ou moins recourbé en arrière sur quelques sujets. Il donne insertion au ligament rotulien (voy. Arthrologie).
la
Fig. 353.
Rotule, coupe horizontale pratiquée à partie moyenne.
1, bord externe. — 2, bord interne. — 3, face antérieure. — 4, face postérieure, divisée en deux facettes : 4’, pour le condyle externe et 4”, pour le condyle interne. — 5, dépression répondant au rebord du condyle interne.
5° Bords. — Les deux bords se distinguent en interne et externe. En se séparant de la base, ils se portent d’abord en dehors, (par rapport à l’axe de la rotule) ; puis, ils se dirigent verticalement en bas ; finalement, ils se portent en dedans , en convergeant vers le sommet. Ils décrivent ainsi, de la base au sommet de l’os, une espèce de demicirconférence. Sur eux viennent prendre attache les faisceaux inférieurs des muscles vastes, ainsi que les ligaments latéraux ou ailerons de la rotule.
6° Conformation intérieure. — La rotule, nous l’avons déjà dit plus haut, appartient à la classe des os courts : comme eux, elle est constituée par une masse centrale de tissu spongieux, enveloppée de toutes parts par une lame de tissu compacte (fig. 352 et 353). Cette lame est plus épaisse sur la face antérieure de l’os que sur sa face postérieure et, sur cette dernière, un peu plus épaisse au niveau de la facette externe qu’au niveau de la facette interne.
Fig. 354.
Constitution primitive du squelette de la jambe (côté droit).
1, fémur. — 2. rayon externe de la jambe ou péroné {en Lieu). — 3, rayon interne ou tibia {en jaun»), — 4, rayon intermédiaire [en roue), constituant l’intermédium cruris : sa partie moyenne disparait: son extrémité supérieure 3, devient la rotule : son extrémité inférieure 6. devient l’os trigonum de Bardeleben ip. 370). - 7, astragale. — 8, 9, deux os du tarse : tibial externe (qui se soude au scaphoïde) et calcanéum.
La rotule, par sa genèse comme naire, faisant partie, au même titre
moïde développé dans l’épaisseur du tendon du quadriceps crural : son apparition sur ce point résulterait, ajoutent certains auteurs, des frottements du tendon précité contre l’extrémité inférieure du fémur.
Une pareille interprétation, on en conviendra, est peu en harmonie avec ce fait, bien mis en lumière par les recherches d’anatomie comparative de de Vdièse [Bull. Acad, de Med. de Belgique. 1909), que la rotule, envisagée dans la série, est extrêmement variable dans son développement et qu’il n’y a aucune relation entre ce développement et la physiologie de la locomotion.
D’autre part, les travaux de Bern.ws (1878) et de Kazzander (1894) sur le développement du genou nous apprennent que la rotule ne naît pas dans le tendon du quadriceps, mais bien en dehors de lui, dans une ébauche squelettique préformée et indépendante.
par la structure, a donc la signification d'un os court ordique le tibia et le péroné, du squelette typique de la jambe.
os DE LA JAMBE
Ce squelette de la jambe se composerait primitivement de trois rayons : un rayon interne ou tibial, un rayon externe ou fibulaire (de ftbula, péroné), et un rayon intermédiaire ou intermedium crural. Or, tandis que les deux premiers évoluent progressivement pour devenir, l’un le tibia, l’autre le péroné, le troisième rayon suit une évolution régressive (fig. 354), Sa partie moyenne disparaît entièrement en tant que formation squelettique. Seules persistent ses deux extrémités ; son extrémité inférieure ou distale serait l’o5 triyonum de Bardeleben (,voy. p. 370), qui, chez l’homme, se soude à la partie postérieure de l’astragale; et, quant à son extrémité supérieure ou proximale, elle ne serait autre que la rotule.
La rotule représente donc, morphologiquement, Y extrémité proximale de V intermedium crural. C’est un os ancien, un os en voie de régression et voilà pourquoi, dans une classe ou dans un ordre donné (de VRiESE),les plus grandes rotules appartiennent aux représentants les plus anciens de cette classe ou de cet ordre ; pourquoi encore elles sont plus développées dans les espèces éteintes que dans les espèces actuelles; pourquoi enfin, pour une espèce donnée, elles sont proportionnellement plus grandes chez l’embryon que chez l’adulte.
Connexions. — La rotule s’articule avec un seul os, le fémur.
Insertions musculaires. — Elle ne donne insertion qu’à un seul muscle : c’est le quadriceps crural.
Développement. — La rotule se développe et évolue exactement comme les os courts.
Jusqu’à l’âge de deux ans elle est représentée par un simple noyau cartilagineux. A l’âge de deux ans, quelquefois plus tôt (un an), quelquefois plus tard (trois ans ou même cinq ans), on voit apparaître dans son épaisseur un point osseux qui s'étend dans toutes les directions, mais plus rapidement vers la face profonde que vers la face superficielle. L’ossification de la rotule n’est guère complète que vers la quinzième ou même la vingtième année.
La rotule, une fois développée, divise le tendon du quadriceps crural en deux parties : une partie supérieure, qui est le tendon proprement dit du muscle ; une partie inférieure, qui prend le nom de ligament rotulien (voy. Arthrologie).
B . — Tibia
Le tibia (fig. 355, 357 et 358) est un os long, pair, non symétrique, situé à la partie antérieure et interne de la jambe, en dedans du péroné avec lequel il s’articule à ses deux extrémités, au-dessous du fémur qui repose sur lui, au-dessus du massif osseux du tarse auquel, dans la station verticale, il transmet le poids du corps. Des deux os de la jambe, il est de beaucoup le plus volumineux et le plus important.
Vu en place sur le squelette monté, le tibia est vertical ; il forme donc avec le fémur, qui est oblique de haut en bas et de dehors en dedans, un angle fortement ohtus à sinus dirigé en dehors. Considéré isolément et en lui-même, il n’est pas exactement rectiligne, mais nous présente deux courbures de sens contraire : l’une, correspondant à la moitié supérieure de l’os, est concave en dehors ; l’autre, répondant à sa moitié inférieure, est concave en dedans. Il résulte de cette double incurvation que le tibia, dans son ensemble, est configvré en S italique. De plus, il est, comme le fémur, légèrement tordu sur son axe.
Le tibia, comme tous les os longs, nous offre à étudier trois portions : un corps et deux extrémités , que l’on distingue en supérieure ou fémorale et inférieure ou tarsienne.
1° Corps. — Le corps est assez régulièrement prismatique triangulaire, comme nous le montre nettement la figure 355. Nous pouvons, en conséquence, lui considérer trois faces et trois bords :
A. Faces. — Des trois faces, l’une regarde en dedans
anatomie humaine. — T. T, 6® ÉDIT.
fig. 355.
Coupe transversale du tibia à sa partie moyenne.
1, bord antérieur. — 2, bord interne. — 3, bord externe. — 4, face interne. — 5, face externe.
— 6, face postérieure. — 7, canal médullaire.
OSTÉOLOGIE
{face interne), la seconde en dehors {face externe), la troisième en arrière {face
postérieure) :
a. Face interne. — La face interne (fig. 355j, à peu près plane ?i ses deux extrémités, convexe à sa partie moyenne, répond aux téguments. A sa partie supérieure, elle donne attache aux expansions tendineuses des trois muscles demi-tendineux, couturier et droit interne, dont l’ensemble constitue la patte d'oie.
h. Face externe. — La face externe (fig. 355 et 358) est très légèrement creusée en gouttière dans ses deux tiers supérieurs, pour donner insertion au muscle jambier antérieur. A sa partie inférieure, elle devient convexe et, de plus, contourne l’os de dehors en dedans et d’arrière en avant, pour devenir franchement antérieure : elle suit en cela la direction des tendons extenseurs des orteils, qui glissent sur elle.
c. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 357) nous présente tout d’abord, à sa partie supérieure, une crête fortement rugueuse, obliquement dirigée de haut en bas et de dehors en dedans : c’est \^ ligne oblique du tibia. Sur son interstice s’attache le muscle soléaire ; sa lèvre supérieure donne insertion , au muscle poplité; sa lèvre inférieure, aux deux muscles jambier postérieur et lléchisseur commun des orteils.
La ligne oblique du tibia divise la face postérieure de l’os en deux parties fort inégales. L’une, située au-dessus, affecte la forme d’un triangle et répond au muscle poplité. L’autre, située au-dessous, se trouve subdivisée elle-même en deux portions, par une crête à direction verticale (fig. 357,3) : en dedans de cette crête s’insère le fléchisseur commun des orteils; en dehors , s’attache le jambier postérieur.
C’est sur la face postérieure du tibia, un peu audessous de la ligne oblique, que se trouve le trou nourricier de l’os (fig. 357,1); il est remarquable par ses grandes dimensions et se dirige obliquement de haut en bas et d’arrière en avant.
Les deux os de la jambe, vue antérieure.
A. Tibia. — 1, bord antérieur ou crête du tibia. — 2, bord interne. — 3, bord externe. — 4, extrémité supérieure, avec : P tubérosité antérieure ; 6, tubérosité interne ; 7, tubérosité externe. — 8. épine du tibia. — 9, tubercule du jambier antérieur. — 11, malléole interne. — 12, facette articulaire pour l'astragale. — 13, facette articulaire péronéale inférieure. — 19, facette articulaire péronéale supérieure. — 20, extrémité inférieure.
B. Bords. — Les trois bords du tibia se distinguent, d’après leur situation, en antérieur, interne
B. Péroné. — 1 0, extrémité inférieure ou malléole externe. — 14. face interne. — 15. bord interne. — 10, bord externe.
-■ 17, crête pour le ligament interosseux — 18, extrémité supérieure.
et externe :
a, Boi^d antérieur. — Le bord inférieur, suivant les différentes incurvations de l’os, est comme lui contourné en S italique.
Mousse et arrondi à ses deux extrémités, il est tranchant à sa partie moyenne^
os DE LA JAMBE
d’où le nom de crête du tibia, sous^ lequel on le désigne généralement.
En haut, il se dirige vers le côté externe d’une saillie volumineuse, que l’on désigne sous le nom de tubercule antérieur du tibia : nous le retrouverons tout à l’heure à propos de l’extrémité supérieure de l’os.
Eq bas, par suite du changement de direction de la face externe, il se porte obliquement en dedans et vient mourir sur la malléole interne.
b. Bord interne. — Le bord interne, très peu marqué en haut, devient très saillant dans sa moitié inférieure. Il donne attache à l’aponévrose jambière et à quelques faisceaux du fléchisseur commun des orteils.
c. Bord externe. — Le bord externe, situé en regard du péroné, donne insertion à l’aponévrose interosseuse. Il se bifurque en bas et circonscrit, entre ses deux branches de bifurcation, un espace triangulaire rugueux pour l’insertion des ligaments puissants qui unissent, à ce niveau, le tibia au péroné. Une petite facette lisse et articulaire (fig. 358, 11), que nous retrouverons en décrivant l’extrémité inférieure, termine en bas cet espace triangulaire : elle s’articule avec la malléole péronière.
2° Extrémité supérieure. — L’extrémité supérieure du tibia est très volumineuse, quadrangulaire, allongée dans le sens transversal. Destinée à s’articuler avec les condyles fémoraux, elle présente à cet effet, sur sa face postérieure, deux surfaces articulaires horizontales, légèrement excavées à leur- centre et connues sous le nom de cavités glénoides du tibia.
Ces deux cavités glénoïdes (fig. 359) se distinguent, comme les condyles fémoraux auxquels elles correspondent, en interne ou externe : l’interne est à la fois plus longue et plus excavée que l’externe; celle-ci, en revanche, est un peu plus étendue dans le sens transversal.
Du reste, chacune d’elles nous présente un bord périphérique demi-circulaire et un bord médian (par rapport à l’axe de l’os), qui est convexe pour la cavité glénoïde externe, à peu près rectiligne pour la cavité glénoïde interne. Ce dernier bord, au niveau de sa partie moyenne, se relève en deux saillies osseuses en forme de tubercules, agrandissait d’autant le diamètre transversal des cavités glénoïdes. Cette partie ainsi relevée, des deux cavités glénoïdes, est
CJaEVY
Fig. 3o7.
Les deux os de la jambe, vue postérieure.
A. Tibia. — 1, trou nourricier. — 2, ligne oblique. — 3, crête verticale pour l’insertion du jambier postérieur et du fléchisseur commun des orteils. — 4, extrémité supérieure.
— 5, tubérosité interne. — 6, tubérosité externe. — 6’, facette péronéale supérieure.
— 7, épine. — 8, extrémité inférieure, avec 9’, gouttière pour le fléchisseur propre du gros orteil. — 10, gouttière pour le fléchisseur commun. — 11, gouttière pour le jambier postérieur. — 12, malléole interne.
B. Péroné. — l, bord externe. — 2, extrémité supérieure, avec 3, son apophyse styloïde. — 4, malléole, avec 5, gouttière pour les péroniers latéraux. — 6, fossette d’insertion pour les ligaments latéraux externes du cou-de-pied. — 7, trou nourricier.
inclinée de 45° pour la concavité externe, presque verticale pour ]a cavité interne.
Les deux tubercules interne et externe que nous venons de décrire, l’échancrure
qui les sépare et le massif osseux quadrilatère qui leur sert de base commune, constituent dans leur ensemble ce qu’on appelle improprement V épine du tibia , la saillie en question n’ayant nullement la forme d’une épine.
Quoi qu’il en soit, l’épine tibiale se dresse entre les deux cavités glénoïdes et nous ferons remarquer qu’elle est toujours un peu plus rapprochée du plan postérieur de l’os que du plan antérieur.
En avant et en arrière de l’épine s’étalent deux surfaces triangulaires, rugueuses et fort irrégulières. De ces deux surfaces, V antérieure ou pré -spinale, est presque horizontale, la postérieure ou rétro-spinale, moins étendue que la précédente, est fortement inclinée de haut en bas et d’avant en arrière. Gomme l’épine du tibia, les deux surfaces pré- et rétro-spinales séparent l’une de l’autre, les parties correspondantes des deux cavités glénoïdes : elles donnent insertion aux ligaments croisés de l’articulation du genou (voy. Arthrologie).
Les deux cavités glénoïdes du tibia sont supportées par des masses volumineuses, qu’on est convenu d’appeler les tubérosités ou condyles du tibia. On les distingue naturellement, comme les cavités elles-mêmes, en interne et externe. — La tubérosité interne, un peu plus^développée que l’externe, nous présente, à sa partie postérieure, une impression rugueuse pour l’insertion du tendon direct du muscle demi-membraneux et, en avant d’elle, une gouttière horizontale, parallèle au rebord glénoïdien, dans laquelle vient se loger le tendon horizontal de ce même muscle. Au-dessous de cette gouttière, se voit une surface rugueuse pour l’insertion inférieure du ligament latéral interne de l’articulation du genou. — La tubérosité externe, à son tour.
J.BUNfiDtl
É.OEVY
Fig. 338.
Tibia, vu par sa face externe.
nous présente à sa partie postéro-externe une facette articulaire, à contour arrondi ou ovalaire (fig. 358, 3’), qui regarde obliquement en bas, en arrière et un peu en dehors : c’est la facette péronière de l’os, destinée, comme son nom l’indique, à s’articuler avec une facette analogue de l’extrémité supérieure du péroné.
Envisagées maintenant dans leurs rapports réciproques, les deux tubérosités tibiales sont entièrement fusionnées, par leurs faces adjacentes, suivant le plan médian de l’os. — En arrrière, elles sont nettement séparées l’une de l’autre par une échancrure profonde, qui n’est autre que la surface rétro-spinale ci-dessus décrite. — En avant, elles sont entièrement confondues. Au-devant d’elles s’étale
1, épine. — 2, tubérosité interne.
— 3, tubérosité externe, avec 3’, facette articulaire supérieure pour le péroné. — 4, tubérosité antérieure.
— 4’, tubercule du jambier antérieur ou de Gerdy. — 5, ligne oblique. ■ — C, trou nourricier. — 7, bord antérieur. — 8, bord externe. — 8’, surface d’insertion pour le jambier postéx’ieur. — 9, face externe. — 10, face postérieure. — 11, facette triangulaire pour le péroné.
os DE LA JAMBE
une surface triangulaire à base supérieure, fortement rugueuse et criblée de trous vasculaires, dont quelques-uns atteignent des dimensions considérables. Au sommet de cette surface triangulaire, au point où se termine le bord antérieur du corps de l’os^ se trouve une saillie de forme ovalaire, que nous avons déjà rencontrée plus haut : c’est le tubercule antérieur dit tibia {tubérosité antérieure de quelques auteurs) , sur la partie inférieure duquel vient s’attacher le ligament rotulien. — Du côté externe du tubercule antérieur part une crête rugueuse, laquelle se dirige obliquement en haut et en dehors et aboutit à une saillie, plus ou moins développée suivant les sujets, que l’on
Fig. 359.
Extrémité supérieure du tibia, vue par sa face supérieure.
1, cavité glénoide interne, pour le condyle interne du fémur. — 2, cavité glénoïde externe, pour le condyle externe. — 3, tubercule interne de l’épine du tibia. — 4, tubercule externe de cette même épine. ■ — 5, surface rugueuse, située en avant de l’épine (surface pré-spinale). — 6, surface rugueuse, située en arrière de l’épine (surface rétro-spinale).
désigne sous le nom de tubercule du jambier antérieur ou encore tubercule de Gerdy (fig. 355, 9) : c’est en effet, sur ce tubercule que viennent s’insérer le jambier antérieur et le tenseur du fascia lata. Il est généralement situé à 18 millimètres au-dessous du rebord glénoïdien, à égale distance du tubercule antérieur du tibia et de la facette articulaire destinée au péroné.
3° Extrémité inférieure. — L’extrémité inférieure du tibia est beaucoup moins développée que l’extrémité supérieure. Mais, comme cette dernière, elle affecte une forme cuboïdale et, par conséquent, nous offre à considérer six faces (supérieure, inférieure, antérieure, postérieure, externe et interne) :
a. Face supérieure. — La face supérieure se confond, sans ligne de démarcation avec le corps de l’os.
b. Face inférieure . — La face inférieure (fig. 360) s’articule avec la poulie de l’astragale . Elle nous présente à cet effet une large surface quadrilatère, lisse et unie, concave d’avant en arrière, un peu plus large en dehors qu’en dedans.
Une crête antéro-postérieure, extrêmement mousse, peu marquée par consé-
Fig. 360.
Extrémité inférieure du tibia, vue par sa face inférieure.
1, surface articulaire de la poulie astragalienne, avec r, facette pour la face interne de l’astragale. — 2, malléole externe. — 3, gouttière du fléchisseur propre du gros orteil. — 4, gouttièrë du fléchisseur commun des orteils. — 5, gouttière du jambier postérieur. — G, bord externe de la surface articulaire. — 7, bord antérieur de cette même surface articulaire.
quent, la divise en deux portions latérales qui, sur le squelette monté, reposent sur les deux versants de la poulie astragalienne. Quant à la crête elle-même, elle répond à la gorge de la poulie.
c. Face antérieure. — La face antérieure, convexe et lisse, fait suite à la face externe du corps de l’os. Elle répond aux tendons des muscles extenseurs des orteils.
d. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 361), également convexe, nous
OSTEOLOGIE
présente en dehors une gouttière oblique, souvent peu marquée, pour le passage du tendon du fléchisseur propre du gros orteil.
e. Face externe. — La face externe est creusée d’une excavation, de forme triangulaire, dont le sommet se continue avec le bord externe de l’os. Cette excavation
est destinée à recevoir l’extrémité inférieure du péroné : rugueuse à sa partie supérieure pour des insertions ligamenteuses, elle devient, à sa partie inférieure, lisse et unie pour s’articuler avec la malléole péronière. Elle est limitée, tant en avant qu’en arrière, par deux tubercules, toujours très accusés, sur lesquels viennent se fixer les ligaments de l’articulation tibio-péronière inférieure.
f. Face interne. — La face interne, enfin, se prolonge en bas en une apophyse volumineuse, appelée malléote interne. — La face interne de cette apophyse, convexe et lisse, répond à la peau. — Sa face externe, plane et encroûtée de cartilage à l’état frais, continue la surface articulaire de l’extrémité inférieure et s’articule avec la face interne de l’astragale. — Son bord antérieur, rugueux, donne attache à des ligaments. — Son bord postérieur nous présente une gouttière obliquement dirigée en bas et en dedans, souvent double (fig. 861,7), pour le passage des tendons du jambier postérieur et du fléchisseur commun des orteils. — La base de la malléole interne se confond avec l’extrémité inférieure de l’os. — Quant à son sommet, il est divisé en deux saillies inégales par une échancrure profonde, où vient s’attacher le ligament latéral interne de l’articulation du cou-de-pied : de ces deux saillies, l’antérieure descend sensiblement plus bas que la postérieure.
4° Conformation intérieure. — Le corps de l’os (fig. Ij, constitué par du tissu compacte, est creusé à son centre d’un large canal médullaire, plus étroit à sa partie moyenne qu’à ses extrémités.
Les épiphyses du tibia sont formées de tissu spongieux, entouré sur certains points d’une simple pellicule de tissu compacte. — Dans Vépiphyse supérieure, les lamelles osseuses principales se répartissent en deux systèmes : les lamelles périphériques s’élèvent verticalement vers les cavités glénoïdes : les autres, centrales, représentent des arcs à grands rayons et, en s’entre-croisant avec celles du côté opposé, forment des espèces d’ogives dont le sommet répond à l’axe de l'os. — Dans Y épiphyse inférieure, nous rencontrons une disposition analogue : les lamelles les plus externes sont verticales ; les lamelles voisines du centre s’inclinent vers l’axe de l’os.
.0£vy 3) ^
Fig. 361.
Gouttières postérieures de l’extrémité inférieure du membre pelvien.
A, tibia. — B, péroné. — C, astragale. — 1), calcanéum. — E, scaplioïde. — 1,1, gouttière des péroniers latéraux. — 2, tubercule externe du calcanéum, avec :
3, gouttière du court péronier latéral située au-dessus et
4, gouttière du long péronier latéral placée au-dessous. — 5, 5, 5, gouttière du fléchisseur propre du gros orteil. — 6, 6, gouttière du fléchisseur commun des orteils. — 7, 7, gouttière du jambier.
os DE LA JAMBE
Connexions. — Le tibia s’articule avec trois os : 1° en haut, avec le fémur; 2° en bas, avec l’astragale ; en dehors, avec le péroné.
Insertions musculaires. — Le tibia donne insertion à quinze muscles. Ces insertions musculaires sont représentées dans les figures 302, 303 et 304. Nous les résumons dans le tableau synop-
Fig. 362.
Tibia, vue anléiieure, avec les in-
, sériions musculaires.
Fig. 363.
Tibia, vue postérieure, avec les insertions musculaires.
Fig. 364,
Tibia, \ue externe, avec les insertions musculaires.
(Pour la sig'ni6cation des chiffres, se reporter au tableau ci-après.
tique suivant, dans lequel les chiffres placés entre parenthèses à la droite des muscles, répondent e.vactement aux chiffres de même valeur des trois figures précitées ;