III. Extrémité inférieure
a) Gjrand Irochanier . . . .
\ b) Velxt trochanter
1a) Face antérieure
b) Face interne
c) Face externe
\ d) Ligne âpre et ses branches.
a) Condyle interne
^ b) Condyle externe
! Moyen fessier (1).
! Petit fessier (2).
i Pyramidal du bassin (3).
\ Jumeau supérieur (4).
Obturateur interne (3).
I Jumeau inférieur (6).
I Obturateur externe (7).
I Carré crural (8).
\ Vaste externe.
I Psoas-iliaque (10).
[ Crural (9’).
: Sous-crural ou tenseur de la sy- [ noviale du genou (11).
1 Quadriceps (vaste interne) (9”).
\ Quadriceps (vaste externe) (9).
t Crural (9’).
/ Grand fessier (12).
! Vaste interne (9’’).
Vaste externe (9).
i Troisième adducteur (13).
j Premier adducteur (14).
J Deuxième adducteur (13).
(Pectiné (16).
Courte portion du biceps (17).
Demi-membraneux (18).
Jumeau interne (19).
, Jumeau externe (19’).
^ Plantaire grêle (20).
Jumeau interne (19).
t Grand adducteur (13).
( Jumeau externe (19’).
( Poplité (21).
Développement. — Le fémur se développe par cinq points d’ossification : un primitif pour le corps et quatre complémentaires pour les extrémités. — Le point primitif apparaît au centre de la diaphyse, vers le commencement du deuxième mois de la vie fœtale. Il s'étend rapidement dans les deux sens et remonte, en haut, jusqu’à la tête fémorale. 11 forme donc une bonne partie de l’extrémité supérieure ; le col, notamment, est une de ses dépendances. — Des quatre points complémentaires, trois appartiennent à l’extrémité supérieure, l’un pour la tête, les deux autres pour le grand et le petit trochanter. Le quatrième point est destiné à l’épiphyse inférieure.
Le point d’ossification de l’épiphyse inférieure, point éplphysaire inférieur ou point interconctylien, apparaît au centre du cartilage quinze jours avant la naissance ; il est étendu transversalement et mesure, chez le fœtus à terme, de 4 à 8 millimètres de largeur. Ce fait, on le conçoit, a une importance considérable en médecine légale, quand il s’agit de déterminer l’àge d’un nouveau-né. Toutefois, ici comme ailleurs, il faut compter sur les variations individuelles, et ces x’-ariations sont très étendues : les recherches d’HAUTMANN nous apprennent, à ce sujet, que le point intercondylien existe dès le huitième mois dans une proportion de 7 p. 100, et d’autre part, qu’il fait défaut chez le fœtus à terme dans une proportion de 12 p. 190. iJans ces conditions, les constatations faites, au niveau de l’épiphyse inférieure du fémur, sur la présence ou l’absence du point intercondylien, ne fourniront sur l'àge du sujet que de simples probabilités, jamais de conclusions absolues.
Quant à l’apparition des points complémentaires de l’extrémité supérieure ou points épiphysaires supérieurs, elle s’effectue: au commencement de la deuxième année pour la tête; à trois ans pour le grand trochanter; à huit ans pour le petit trochanter.
La soudure des différents points d’ossification du fémur se produit de la façon suivante : le petit et le grand trochanter se soudent à la diaphyse de seize à dix-huit ans ; la tête fémorale, un
os DE LA CUISSE
an après. Quand à l’extrémité inférieure, elle commence à se souder à la diaphyse vers l’âge de dix-huit ans : cette soudure marche d’arrière en avant et n’est ordinairement complétée qu’à vingt ou vingt-deux ans, quelquefois plus tard. ..
Variétés. — Le fémur, comme l’humérus est l’une des pièces du squelette dont les variations présentent le plus d’intérêt :
a. Anomalies diverses. — On voit quelquefois (0,4 p. 100, d’après Krause) le tubercule sus-.condylien interne, dont il a été question plus haut, se développer outre mesure et se transformer en une véritable apophyse, V apophyse sus-condylienne interne, qui peut atteindre jusqu’à 2 centimètres de longueur. De même, du côté opposé, on peut rencontrer une apophyse analogue, ïapophyse sus-condylienne externe, qui pourrait bien être l'homologue de l’apophyse sus-épitrochléenne de l’humérus. Terrillon (Soc. anat. de Paris, 1878) a signalé sur l’extrémité inférieure du fémur, chez les vieillards, des rainures transversales, qu’il considère comme le résultat de la pression des cartilages semi-lunaires pendant les mouvements de flexion et d’extension de la jambe sur la cuisse. — La fossette du ligament rond que nous avons décrite sur la tête fémorale peut faire défaut (Meckel) ; c’est là une disposition particulière à l’orang. — La ligne âpre est parfois très large et très rugueuse ; par contre, elle peut s’atténuer considérablement et même s’effacer d’une façon complète (squelette de la Vénus hottentote) ; l’absence de la ligne âpre est particulière aux singes.
b. Fémurs à colonne. — La ligne âpre, quel que soit son développement individuel, peut être supportée par une saillie longitudinale qui peut atteindre jusqu’à 10 millimètres de hauteur. Cette saillie, quand elle est bien développée, prend le nom de pilastre fémoral et les fémurs qui présentent cette particularité sont dits fémurs à pilastre ou fémurs à colonne. Le pilastre fémoral ne doit pas être confondu avec la ligne âpre, laquelle occupe son sommet ou, plus exactement, son arête libre : il a. en effet, une signification toute différente. Son apparition sur le fémur est, pour Manouvrier, la conséquence d’un développement insolite du muscle crural qui, comme nous le verrons plus tard, prend insertion sur la face externe de la diaphyse fémorale. Or, cette face externe, devenant insuffisante pour un muscle crural plus volumineux que d’habitude, s’étend à sa partie postérieure : d’où la formation d’un pilastre et le reculement de la ligne âpre au sommet de cette saillie pilastrique. Les fémurs à colonne sont très fréquents dans les races préhistoriques.
Ils coïncident ordinairement avec les péronés .cannelés et les tibias platycnémiqués, témoignant, comme ces derniers caractères ostéologiques, d'un développement considérable de la musculature des membres inférieurs et, par conséquent, d’une grande habitude de la marche.
c. Indice de section du fémur. — On désigne sous ce nom d’indice de section du fémur, le rapport centésimal du diamètre antéro-postérieur du corps à son diamètre transversal. Ce rapport est de 104 en moyenne sur des sujets français ; on a observé 114 chez les Nègres, 120 chez les Nubiens ; il n’est que de 77 chez le gorille (Broca). On conçoit combien cet indice de section doit se ressentir de la situation plus ou moins postérieure de la ligne âpre.
Ossification du fémur {schématique).
1, point primitif pour le corps.
— 2, point épiphysaire inférieur. — 3, point pour la tête. — 4, point pour le grand trochanter. — 5, point pour le petit trochanter. — 6, ligne de soudure de l'épiphyse inférieure. — 7, ligne de soudure du petit trochanter. — 8, ligne de soudure du grand trochanter.
d. Torsion fémorale. — Nous avons vu, plus haut, que le fémur était tordu sur son axe. L’étude de cette torsion, simplement ébauchée par Broc.-v, n’a fourni encore aucun résultat bien précis. La torsion du fémur est, en moyenne, de 17° chez les sujets français, de 20° chez les Nègres ; mais elle est sujette à des variations individuelles considérables, témoin les chiffres de Broca luimême qui indiquent un maximum de 38° et un minimum de 2°.
e. Troisième trochanter. — On désigne chez l’homme, sous le nom de troisième trochanter, une saillie plus ou moins volumineuse, homologue du troisième trochanter des mammifères, qui se développe parfois le long de la branche de bifurcation que la ligne âpre envoie au grand trochanter. Cette saillie présente, du reste, au point de vue de sa forme et de ses dimensions, les variations les plus étendues; elle donne insertion au grand fessier. Sa fréquence est, environ, de 30 p. 100 pour les races actuelles, de 38 p. 100 pour les populations de l’âge de la pierre polie. — Voyez, à ce sujet, Waldeyer, Arch. filr Anthrop . , 1880 ; Houzé, Bull. Soc. d’Anthrop.. Bru.xelles, 1884, von Torok, A?iat. Anzeiger, 1886, p. 168; Costa, Arch. per t’Antropologia, 1890.
f. Fosse hypotrochantérienne. ■ — Houzé [loc. cit.) a décrit sous le nom de fosse hypotrochantérienne, une cavité ovalaire, creusée dans le sens de l’axe diaphysaire du fémur et située à la partie supérieure, postérieure et externe de la diaphyse. Le fond de cette cavité, tantôt lisse, tantôt rugueux, est limité par deux lèvres, dont l’une, l’interne, sert à l’insertion du grand fessier, tandis que l’externe donne attache aux fibres du vaste externe. Assez rare dans les races ac-
OSTEOLOGIE
tuelles (13 p. 100, Evangeli), la fosse hypotrochantérieniie est beaucoup plus fréquente chez les populations néolithiques et devient un caractère constant de tous les fémurs de l’âge du renne en Belgique (Houzé). Un fait à noter, c'est qu’elle est plus nette sur les fémurs dont les épiphyses sont formées, mais non soudées, que sur les fémurs d’adulte (Evangeli, Th. Paris, 1894).
g. Platymérie. — Manouvrier [Congés intern. d'Anthropol. préhistorique, Paris, 1889) a décrit, sous le nom de platymérie, une modification morphologique du fémur qu'il a constatée sur un très grand nombre de squelettes humains préhistoriques et, à un degré beaucoup moindre, sur quelques Français modernes. Cette modification consiste en un aplatissement antéro-postérieur de toute la partie du fémur comprise entre les trochanters et le point de bifurcation de la ligne âpre. Au lieu de présenter la forme classique, cette portion de la diaphyse fémorale n’a plus que deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure, et deux bords, l’un externe et l’autre interne, presque tranchants dans les cas extrêmes. Manouvrier a démontré qu’il n’existe aucune analogie véritable entre cet aplatissement sous-trochantérien chez l’homme et l’aplatissement fémoral des anthropoïdes. 11 considère la platymérie humaine comme étant en rapport avec un agrandissement de la partie supérieure du muscle crural, agrandissement qui est sous l’influence d’un exercice intense des membres inférieurs, d’où résulte également la forte saillie de la ligne âpre (voy. plus haut) et aussi la platycnémie (p. 345).
§ in.— Os DE LA JAMBE
La jambe ou troisième segment du membre inférieur est essentiellement cons- ^ tituée, comme l’avant-bras, par deux os, disposés
parallèlement entre eux dans le sens de la longueur du membre : l’un, situé en dedans et très volumineux, c’est le tihüv, l’autre, situé en dehors et beaucoup plus grêle, c’est le péroné.
Ces deux os (fig. 356 et 357), réunis à leurs deux extrémités par des articulations à peu près immobiles , sont séparés l’un de l’autre, sur toute la hauteur de leurs diaphyses, par un espace elliptique ou plutôt fusiforme, appelé espace interosseiix. Nous verrons, en arthrologie, que cet espace est comblé à l’état frais par une membrane, la 7nembrane inj^er osseuse, qui s’étend transversalement d’un os à l’autre et les unit ainsi à leur
Coupe horizontale des os de la jambe, pratiquée â l’union du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs.
A. Tib[.\, avec : 1, crête du tibia. — 2, bord interne. — 3, bord externe. — 4, face interne. — 5, face externe. — 6, face postérieure, avec 6’, ligne âpre ; 6”, surface d’insertion du poplité. — 7, trou nourricier.
B. Péroxè, avec : 8, bord antérieur. — 9, bord interne. — 10, gouttière du jambier postérieur. — 11, bord externe. — 12, gouttière du long péronier.