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CHAPITRE III

ARTICULATIONS DU THORAX

Le thorax est essentiellement constitué, ainsi que nous l’avons vu en ostéologie, par les douze arcs costaux, reliant, de chaque côté du squelette, la colonne dorsale à la colonne sternébrale. Envisagé au point de vue de l’arthrologie, il nous offre à considérer les cinq groupes d’articulations suivants :

1° Les articulations des côtes avec la colonne vertébrale ;

2° articulations des côtes avec les cartilages costaux ;

3° Les articulations des cartilages costaux avec le sternum;

¥ Les articulations des cartilages costaux entre eux;

5° Les articulations des différentes pièces du sternum entre elles.

§ 1. — Articulations des côtes avec la colonne vertébrale

ou ARTICULATIONS COSTO-VERTÉBRALES

Les côtes s’articulent avec la colonne vertébrale sur deux points différents, constituant ainsi deux articulations distinctes : la tête de la côte, tout d’abord, s’articule avec la partie latérale des corps vertébraux, c’est Y articulation costovertébrale proprement dite ; la tubérosité de la côte s’articule, à son tour, avec le sommet des apophyses transverses, c’est V articulation costo-transversaire.

A. — Articulations gos ïo-vertébrales proprement dite

Les articulations costo-vertébrales proprement dites sont constituées chacune par deux arthrodies :

1° Surfaces articulaires. — .Chaque côte s’articule, nous l’avons déjà vu en ostéologie, non pas avec une seule vertèbre, mais avec deux vertèbres contiguës. Comme surfaces articulaires, nous avons ;

a. Du côté de la côte, deux facettes planes, l’une supérieure, l’autre inférieure, s’inclinant réciproquement l’une vers l’autre et séparées par une crête mousse dirigée d’avant en arrière. A l’état frais, ces deux facettes sont revêtues par une mince couche de fibro-cartilage.

h. Du' côté des vertèbres, deux facettes similaires, appartenant, l’une à la vertèbre qui est au-dessus, l’autre à la vertèbre qui est au-dessous. Ces deux facettes sont dirigées obliquement comme les facettes costales et se trouvent séparées l’une de l’autre par le disque intervertébral correspondant. Envisagées dans leur

AN.VTO.MTE HUMAINE. — T. I, 6® ÉÜIT.

AKTHROLOGIE

ensemble, elles forment un angle dièdre ouvert en dehors, angle dièdre admirablement disposé pour recevoir la tête de la côte qui s’avance vers lui à la manière d’un coin (voy. fig. 479j. Gomme les facettes costales, les facettes vertébrales sont revêtues à l’état frais par une mince couche fibro-cartilagineuse.

2"" Moyens d’union. — Dans chaque articulation costo-vertébrale, la tête de la côte et la colonne vertébrale sont maintenues en présence ; 1° par un ligament interosseux-, 2° par une capsule périphé-

Fig. 479.

Arüciilations des côtes avec le rachis, vue antéi-o-latérale droite.

A, côtes. — 1, corps des vertèbres. — disques intervertébraux. — 3, apophvses articulaires supérieures. — 4, apophyses articulaires inférieures. — 5, apophyse épineuse. — 6. apophyses transverses, avec 6’, facette articulaire pour la tubérosité. — 7, demi-facette costale du corps vertébral. — 8. ligament vertébral commun antérieur f portion moyenne), avec 0, ses portions latérales. — 10, fente séparant la portion moxenne de la portion latérale. — 11, ligaments antérieurs ou rajonnés de l’articulation costo-vertébrale. — 12, ligament costo-transversaire supérieur, avec 13 et 13’, ses deux faisceauu accessoires interne et externe. — 14, ligament costo-transversaire inférieur. — 15, ligament interosseux de l’articulation costo-vertébrale proprement dite. — 16, 16’, synoviales de cette articulation. — 17, canal rachidien.

rique. Cette capsule, par elle-même fort mince, est renforcée, en avant et en arrière, par deux ligaments, le ligament costo-vertébral antérieur et le ligament costo-vertébral postérieur :

a. Ligament interosseux. — Le ligament interosseux (fig. 479, 15j s’insère, d’une part, sur la crête horizontale qui sépare l’une de l’autre les deux facettes costales; d’autre part, il se confond avec la partie latérale du disque intervertébral correspondant. C’est, comme on le voit, une lame transversale fort courte, plus épaisse en avant qu’en arrière et divisant l’articulation costovertébrale en deux étages, l’un supérieur, l’autre inférieur. Il est à remarquer, cependant, que cette séparation n’est le plus souvent qu’incomplète, la lame en question n’occupant ordinairement que la partie antérieure de la cavité articulaire. L’articulation supérieure et l’articulation inférieure, dans ce cas, communiquent l’une avec l’autre à leur partie postérieure.

b. Ligament antérieur. — Le ligament antérieur, plus connu sous le nom de ligament ray onné (fig. 479, 11 j, est situé, comme son nojn l’indique, à la partie antérieure de l’articulation costo-vertébrale. Il s’attache, en dehors, sur la partie antérieure de la tête de la côte. De là, il se porte en dedans en s’étalant à la manière d’un large

éventail : ses faisceaux supérieurs, obliquement ascendants, s’insèrent sur la partie latérale de la vertèbre qui est au-dessus ; ses faisceaux inférieurs, obliquement descendants, s’insèrent sur la partie latérale de la vertèbre qui est audessous; ses faisceaux moyens, dirigés transversalement, s’insèrent sur le disque intervertébral.

c. Ligament postérieur. — Le ligament postérieur (fig. 480, 8j occupe, comme son nom l’indique, la partie postérieure de l’articulation costo-vertébrale.’ Il est

ARTICULATIONS DU THORAX

représenté par un ensemble de faisceaux nacrés, ordinairement très forts et très résistants, qui se détachent de la partie postéro-supérieure du col de la côte, un peu en dehors de la tête. De là, ils se dirigent en dedans, passent sur la paroi antérieure du trou de conjugaison correspondant et viennent se terminer, en partie sur la face postérieure du corps vertébral qui est au-dessus, en partie sur le ménisque fibro-cartilagineux qui sépare les deux vertèbres voisines. Ce ligament costo-vertébral postérieur, que j’ai fait représenter (fig. 480,8) sur la partie supérieure de la colonne dorsale, se continue, en haut, avec les faisceaux les plus élevés du ligament costo vertébral antérieur, en bas avec les trousseaux fibreux qui 43q

unissent le col de la tête à l’apo- Les trois premières articulations costo-vertébrales physe transverse. gauches, vues par leur face postérieure.

Cvii, septième vertèbre cervicale. — Di, On, première et deuxième dorsales. — 1, 2, 3, première, deuxième et troisième côtes. — 4, pédicules vertébraux. — 5, ligament vertébral commun postérieur. — 6, 6, ligaments costo-transversaires postérieurs. — 7, ligament costo-transversaire interosseux. — 8, ligament costo-vertébral postérieur. — 9, disque intervertébral.

— 10, une articulation costo-vertébrale, vue en coupe frontale, pour montrer ses deux synoviales et son tégument interosseux.

— li, capsule fibreuse de cette articulation.

Mayer a décrit en, 1834, dans les Archives d’anatomie de Muller, chez un certain nombre d’animaux, notamment chez le chat, le chien, le renard, le veau, le lapin, un faisceau fibreux, à direction transversale, qui réunit l’une à l’autre, à travers le canal vertébral , les têtes de deux côtes homologues et auquel il a donné

le nom très significatif de ligamentum conjugale costarum. Je représente dans la figure 481 ce ligament conjugal des côtes, d’après Mayer lui-même. Depuis longtemps déjà, Luschka a émis l’opinion que ce ligament était représenté

chez l’homme par un faisceau fibreux [liga- ^

mentiim conjugale colli costæ) , qui. partant de la face postérieure du col d’une côte, traversait horizontalement le canal vertébral en passant entre le ménisque et le ligament vertébral commun postérieur et, finalement, venait s’insérer sur le col de la côte opposée.

SüTTON a repris, en 1882, l’étude du ligament de Mayer, et si je m’en rapporte à une citation du Quain-Thane (édit, de 1982, p. 159), il l'aurait rencontré fréquemment chez le nouveau-né. M. Bert, mon préparateur, et moi. avons cherché dans de nombreuses dissections, sur des sujets de tout âge, le faisceau ligamenteux décrit par Mayer et Sutton chez les animaux. Nous ne l’avons jamais rencontré d’une façon nette, même chez le fœtus. J’estime donc que son existence est très rare chez l’homme, et qu’il faut vraisemblablement en chercher les homologues dans les faisceaux du ligament costo-vertébral postérieur, ci-dessus décrits, qui se rendent au ménisque.

Fig. 481.

Ligament conjugal des côtes, chez le veau (d'api’ès M.wer).

1, corps de la cinquième vertèbre dorsale. — 2, côte droite. — 3, côte gauche. — 4, ligament conjugal des côtes.. — 5, gouttière des corps vertébraux dans laquelle passe le ligament.

3® Synoviales. — Chaque articulation costo-vertébrale présente deux synoviales rudimentaires, l’une supérieure, l’autre inférieure (fig. 479). Ces deux synoviales sont séparées l’une de l’autre par le ligament interosseux . Mais , comme dans la plupart des cas, le ligament interosseux ne sépare qu’incomplètement les deux articulations, elles communiquent entre elles en arrière de ce ligament.

ARTHROLOGIE

4® Artères et nerfs. — Les articulations des côtes avec les corps vertébraux, reçoivent leurs artères des branches intercostales avant leur bifurcation. Chaque intercostale envoie ordinairement un rameau ascendant pour l’articulation costovertébrale qui est au-dessus et un rameau descendant pour l’articulation costovertébrale qui est au-dessous. — Les nerfs proviennent des nerfs intercostaux.

5° Caractères particuliers à quelques articulations costo-vertébrales. — Parmi les douze articulations costo-vertébrales, il en est trois qui présentent des caractères anatomiques particuliers. Ce sont naturellement celles qui sont placées aux extrémités de la série : la première, la onzième et la douzième. En effet, les trois cotes qui leur correspondent, la première, la onzième, la douzième, ne s’articulent chacune qu’avec une seule vertèbre. Les articulations en question sont constituées par conséquent par une seule arthrodie et, de ce fait, ne présentent qu’une seule synoviale. Elles possèdent, du reste comme moyens d’union, un ligament antérieur et un ligament postérieur, rappelant assez exactement, les ligaments homonymes des articulations costo-vertébrales en général. En ce qui concerne le ligament interosseux,i\ très rudimentaire ou même fait complètement défaut. Quand il existe, il se détache de la partie supérieure de la facette costale.

Mouvements. — qVoy. plus loin, p. 48G.)

Muscles moteurs. — (Voy. plus loin, p. 487.)

B. — Articulations costo-trans versaires

L’articulation costo-transversaire réunit la tubérosité de la côte au sommet de l’apophyse transverse correspondante : c’est encore une arthrodie. Elle fait défaut pour les onzième et douzième côtes, dites côtes flottantes.

1" Surfaces articulaires. — Comme surfaces articulaires, nous avons : 1° du côté de la tubérosité costale, une facette à peu près circulaire et légèrement convexe; 2*^ du côté de l'apophyse trancerse, une facette similaire, arrondie et légèrement concave. Ces facettes sont verticales pour les articulations costo-transversaires les plus élevées, obliques de haut en bas et d’arrière en avant pour les articulations inférieures. Elles sont revêtues, dans toute leur étendue, d’une mince couche de cartilage diarthrodial.

Nous ajouterons que les facettes costales n’occupent pas sur toutes les côtes une situation uniforme, mais se rapprochent d’autant plus du bord inférieur de la côte que celle-ci se trouve plus rapprochée elle-même de la base du thorax. 11 en résulte que, tandis que les côtes supérieures sont placées sur le même niveau que les apophyses transverses correspondantes, les côtes moyennes et inférieures débordent en haut leur apophyse transverse et la débordent d’autant plus qu’elles occupent un rang inférieur. Cette disposition apparaît d’une façon très nette quand on regarde le squelette par sa face postérieure.

2° Moyens d’union. — Quatre ligaments, dits costo-transversaires {transversocostaux de la plupart des auteurs), maintiennent en présence la tubérosité de la côte et les apophyses transverses correspondantes. Nous appellerons le premier, d’après sa situation, ligament inter osseux \ nous distinguerons les trois autres, d’après la direction qu’ils prennent en s’éloignant de la côte, en postérieur, supérieur et inférieur. A ces quatre ligaments, qui ont pour caractère commun d’unir la côte à une apophyse transverse, nous en ajouterons un cinquième, qui va de la

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côte aux lames vertébrales et que nous désignerons sous le nom de ligament costolamellaire.

a. Ligament costo-iransversaire interosseux. — Le ligament costo-transversaire interosseux (fig. 483, 3) est constitué par un ensemble de faisceaux fibreux, à la fois très courts et très résistants, qui s’insèrent^ d’une part sur la partie postérieure et intérieure du col de la côte, d’autre part sur la face antérieure de l’apophyse transverse correspondante.

b. Ligament costo-transversaire postérieur. — Le ligament costo-transversaire postérieur (fig. 483, 8) est une bandelette rectangulaire, longue de 1 centimètre et demi à 2 centimètres, large de T centimètre, située, comme son nom l’indique, ’à la partie postérieure de l’articulation. Il prend naissance, par son extrémité externe, sur la partie postéro-externe de la tubérosité costale immédiatement en dehors de la facette articulaire. De là, il se porte obliquement en dedans, en arrière et en bas et vient se fixer, par son extrémité interne, sur le sommet de l’apophyse transverse correspondante.

c. Ligament costo - transeersaire supérieur. — Le ligament costo-transversaire supérieur, très épais, très résistant, est formé essentiellement par un faisceau aplati et quadrilatère, présentant 8 ou 10 millimètres de largeur sur une hauteur moyenne de iO millimètres (fig. 479, 12). 11 prend naissance, en has, sur le bord supérieur du col de la côte, soulevée en forme de crête.

De là, ses fibres se portent en haut et un peu en dehors, vers l’apophyse transverse située au-dessus; elles se fixent sur le hord inférieur de cette apophyse, dans la plus grande partie de son étendue.

Indépendamment de ce faisceau, faisceau essentiel, faisceau principal, il existe deux petits faisceaux accessoires, l’un externe, l’autre interne. — Le faisceau accessoire externe (fig. 479,13 et 483,10) s’insère en haut sur le bord inférieur du sommet de l’apophyse transverse, où il se confond plus ou moins avec le ligament intertransversaire correspondant. De là, il se dirige obliquement en has et en dehors pour venir se fixer sur le plan postérieur de la côte, immédiatement en avant de la tubérosité. Il se fusionne plus ou moins, à ce niveau, avec le ligament costo-transversaire supérieur. Une nappe cellulo-adipeuse, plus ou moins développée, le sépare du faisceau principal. — Le faisceau accessoire interne (fig. 479, 13), ordinairement très grêle, va delà base de l’apophyse transverse à la tête de la côte. Assez souvent, il se fixe à la fois sur la tête costale et sur le corps vertébral correspondant, quelquefois exclusivement sur le corps vertébral immédiatement au-dessus de la demi-facette articulaire. Le faisceau accessoire interne n’est pas constant. Quand il existe, il partage l’espace compris entre le faisceau principal et

Articulation costo-vertébrale, vue sur une coupe horizontale (côté droit, segment inférieur de la coupe) .

I, ligament coslo-transvex’saire postérieur. — 2, articulation de la tête costale avec le corps vertébral. — 3, ligament costo-tx’ansversaire interosseux. — 4, cox’ps vertébx’al — 5, articulation de la tubéi'osité costale avec l’apophyse transverse.

— 6, ligament vertébral commun antérieur. — 7, ligament costo-vertébx’al antérieur ou rayoxiné.

— 8, côte. — 9, apophyse tx’ansverse. — 10, apophyse épixieuse.

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la colonne vertébrale en deux orifices : un orifice interne, qui livre passage à une veine de conjugaison, tributaire de l’intercostale; un orifice externe, par lequel passent le nerf intercostal et deux petits rameaux artériels, l’un pour le rachis, l’autre pour les muscles des gouttières.

d. Ligament costo-traiisversaire inférieur . — Le ligament costo-transversaire inférieur (fig. 483, 14), beaucoup moins important que le précédent, occupe comme

son nom l’indique, le côté inférieur de l’articulation costo-transversaire : il est très visible quand on soulève la côte, en cherchant à l’écarter de son apophyse transverse. 11 est formé par un ensemble de petits faisceaux, qui s’insèrent en haut sur le bord inférieur de la côte. De là, ils se portent en bas en convergeant légèrement et viennent se fixer, en partie sur le sommet de l’apophyse transverse correspondante, en partie sur la portion de cette apophyse qui est située en dedans du sommet.

e. Ligament costo-lamellaire.

— Le ligament costo-lamellaire (fig. 483,12 et 13), décrit par TiioLARD sous le nom de ligament kmiello-costal (j’ai modifié cette dénomination, excellente du reste, uniquement pour l’harmoniser avec la terminologie que j’ai adoptée pour les autres ligaments de l’articulation costotransversaire), prend naissance en dehors sur le bord supérieur de la côte, immédiatement en dedans du ligament costo-transversaire postérieur. De là, il se porte obliquement en dedans et un peu en haut, pour venir se terminer sur le bord inférieur de la lame vertébrale, tout près de la base de l’apophyse transverse.

Fij?. 483.

Articulations des vertèbres entre elles et articulations des cotes avec le rachis, vue postérieure.

1, ligament vertébral commun postérieur. — 2, lames vertébrales.

— 3, apopliyses articulaires supérieui’es. — 4, apophyses articulaires inférieures. — 5, 5, apophyses épineuses. — G. apophyses transverses.

— 7, ligaments iiitertransversaires. — 8, ligament costo-transversaire postérieur. — 9, ligament costo-transversaire supérieur, avec lU, son faisceau accessoire externe. — 11, ligaments jaunes. — 12 et 13, ligaments costo-lamellaires. — 14, ligament interépineux. — 15, ligament surépineux.

3° Synoviale. — Chaque articulation costo-transversaire possède une synoviale rudimentaire (fig. 482, 5), destinée à faciliter les glissements, très faibles du reste, de la tubérosité costale sur son apophyse transverse.

4® Artères et nerfs. — Les artères des articulations costo-transversaires sont fournies par le rameau dorso-spinal des intercostales. — Les nerfs proviennent, de même, des branches postérieures des nerfs dorsaux.

Mouvements des côtes. — Les côtes s’élèvent et s'abaissent ; tels sont les deux mouvements fondamentaux que présentent les articulations costo-veitébrales. En s’élevant, les cotes augmentent l’ouverture de l’angle aigu qu’elles délimitent en s’implantant sur le rachis. En s’abaissant, elles diminuent l’ouverture de ce même angle.

Dans ces deux mouvements, chaque côte se comporte comme un levier du troisième genre,

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dont le point d’appui répond à l’articulation costo-vertébrale, la résistance à son extrémité antérieure, la puissance à sa partie moyenne, où viennent s’insérer les ditierents muscles qui sollicitent le levier, soit à s’élever, soit à s’abaisser.

Mais les mouvements d’élévation et d’abaissement ne sont jamais simples. Les connexions articulaires des arcs costaux avec le rachis sont telles que, par le seul fait qu’une côte s'élève, elle exécute en même temps les trois ordres de mouvements suivants : elle se porte en

avant ; 2<> elle se porte en dehors ; 3° elle tourne de dedans en dehors autour d’un axe fictif passant par ses deux extrémités, de façon à incliner en bas sa face interne.

Au mouvement d^’abaissement sont naturellement liés les trois ordres de mouvements inverses ; la côte, en s’abaissant, se porte en arrière, se porte en dedans et tourne sur l’axe fictif précité, de manière à diriger en dedans sa face interne, que le mouvement d’élévation avait dirigé légèrement en bas.

Le sternum, étant intimement lié aux côtes par l’intermédiaire des cartilages costaux, accompagne naturellement ces dernières dans leurs déplacements . Lorsque les côtes se lèvent et se portent en avant, le sternum, lui aussi se porte en avant, en s’éloignant de la colonne vertébrale et en agrandissant le diamètre antéro-postérieur du thorax. Lorsque les côtes s’abaissent et reviennent à leur position de repos, le sternum reprend lui aussi sa position première : il se rapproche de la colonne vertébrale et diminue d’autant les dimensions antéro-postérieures de la cavité thoracique (fig. 484).

Si maintenant on considère ces mouvements, non plus sur une côte isolée, mais sur l’ensemble des côtes et sur un thorax complet, il est facile de se rendre compte que

l’élévation des côtes a pour résultat à.’ agrandir les deux diamètres transverse et antéro-postérieur de la cage thoracique ; que, par contre, V abaissement des côtes a pour efïet de raccourcir ces mêmes diamètres.

11 en résulte, comme corollaires, que :

1° Tous les tnuscles qui élèvent les côtes agrandisseiit le thorax et sont inspirateurs ;

2o Tous les muscles qui abaissent les côtes rétrécissent le thorax et sont expirateurs.

Nous aurons fréquemment l’occasion, en mylogie, d’utiliser cette double formule.

Muscles moteurs des côtes. — Les muscles moteurs des côtes se distinguent en deux groupes, les élévateurs et les abaisseurs ;

1“ Élévateurs : le diaphragme, le scalène antérieur, le scalène postérieur, les surcostaux, le grand pectoral, le petit pectoral, le grand dorsal, le petit dentelé postérieur et supérieur, les faisceaux supérieurs et les faisceaux inférieurs du grand dentelé.

2“ Abaisseurs : le grand droit de l’abdomen, le grand oblique, le petit oblique, le transverse de l’abdomen, le petit dentelé postérieur et inférieur, les faisceaux moyens du grand dentelé.

§ II. — Articulations des côtes avec les cartilages costaux

ou ARTICULATIONS C H O N D R O - C O S T A L E S

Les côtes et les cartilages costaux, qui leur font suite, s’unissent entre eux en formant des synarthroses.

Surfaces articulaires. — L’extrémité antérieure des côtes, plus ou moins renflée, se creuse d’une cavité ellipsoïde à grand diamètre dirigé de haut en bas.

L’extrémité correspondante des cartilages costaux, inversement configurée, s’enfonce dans la cavité ellipsoïde précitée et les deux surfaces, ainsi juxtaposées, se soudent intimement.

Schéma destiné à montrer les déplacements des côtes et du sternum au moment de l’inspiration.

1, colonne vertébrale. — 2, 2’, sternum. — 3, 3’, première côte.

4, 4’, septième côte.

Pour les côtes et le sternum, les lignes pleines indiquent la position en expiration, les lignes pointillées la position en inspiration ; a, déplacement de la septième côte dans le sens vertical ; 6, son déplacement dans le sens antéro-postérieur.

ARTHROLOGIE

2° Moyens d’union. — Cette soudure réciproque des deux pièces squelettiques en présence constitue le principal moyen d’union des articulations chondro-costales. 11 convient de signaler encore, comme consolidant ces articulations, la continuité, à leur niveau, de la membrane fibreuse qui entoure la côte {périoste) avec celle qui engaine le cartilage costal ((oerichondre).

§ III. — Articulations des cartilages costaux avec le sternum

ou ARTICULATIONS C H O N D R O - S T E R N A L E S

Les sept premiers cartilages costaux prolongent les cotes jusqu’au sternum et s’articulent avec les parties latérales de cette colonne osseuse. Ces articulations, dites chondro-sternales, sont des arthrodies, présentant, comme on va le voir, une grande analogie avec les articulations costo-vertébrales précédemment décrites.

Surfaces articulaires. — Nous les examinerons séparément sur le sternum et sur le cartilage costal :

a) Du côté du sternum, nous rencontrons deux petites facettes planes, l’une supérieure, l’autre inférieure. De ces deux facettes, la supérieure regarde en dehors et en bas; l’inférieure, en dehors et en haut. Elles s’inclinent l’une vers l’autre de façon à former par leur ensemble un angle dièdre ou, si l’on veut, une cavité angulaire ouverte en dehors : c’est ce que nous avons désigné, en ostéologie, sous le nom éô échancrure costale. — Ces échancrures costales répondent, à droite et à gauche, aux lignes de soudure des pièces sternales primitives et nous ferons remarquer, au sujet de leurs rapports réciproques, qu’elles se rapprochent graduellement les unes des autres en allant de la poignée du sternum vers l’appendice xiphoïde (fig. 48o) : les deux ou trois dernières sont pour ainsi dire contiguës. — La forme de la surface articulaire sternale, telle que nous venons de la décrire, est particulière au fœtus et à l’enfant. Avec les progrès de l’âge, l’angle dièdre qui la limite en dedans s’atténue graduellement. En même temps, les deux facettes supérieure et inférieure, de planes qu’elles étaient, deviennent légèrement concaves et l’échancrure costale dans son ensemble revêt l’aspect d’une excavation plus ou moins arrondie. — Mais, quelle que soit sa forme, la surface articulaire est toujours recouverte, à l’état frais, par une mince couche de fibro-cartilage.

P) Du côté du cartilage costal, nous avons également deux facettes, l’une supérieure, l’autre inférieure, mais regardant en sens inverse et transformant l’extrémité du cartilage sur laquelle elles reposent en un angle saillant : c’est un véritable coin (fig. 485j, qui vient se placer dans la cavité angulaire correspondante, en la remplissant exactement. — Gomme la surface sternale, la surface articulaire du cartilage se modifie avec les progrès de l’âge : l’angle saillant qui la termine s’émousse, les deux facettes supérieure et inférieure deviennent légèrement convexes et, de ce fait, le coin cartilagineux prend peu à peu la forme d’une sorte de tète. — Ici encore une mince couche de fibro-cartilage revêt, dans toute son étendue, la surface articulaire.

2*^ Moyens d’union. — Les moyens d’union de l’articulation chondro-sternale rappellent exactement ceux de l’articulation costo-vertébrale. Comme pour cette dernière, nous rencontrons ici : l°un ligament interosseux \ 2” une capsule fibreuse, que renforcent deux ligaments rayonnés, l’un antérieur, l’autre postérieur.

a. Ligament interosseux. — Le ligament interosseux (fig. 485, 11) s’insère, d’une

ARTICULATIONS DU THORAX 489

part sur le sommet du coin cartilagineux, d’autre part sur la partie la plus profonde de la fossette sternale. Il est situé, comme son nom l’indique, dans l’intérieur même de l’articulation. Mais il n’en occupe le plus souvent que la partie antérieure, nouvelle analogie que présentent les articulations chondro-sternales avec les articulations costo-vertébrales.

b. Ligament capsulaire. — Le ligament capsulaire s’étend du pourtour d’une surface articulaire à l’autre. Il n’est autre que la membrane fibreuse d’enveloppe

du cartilage costal {périchondre)., se continuant sans s’interrompre avec le périoste qui revêt le sternum.

c. Ligament rayonné antérieur. — Le ligament rayonné antérieur (fig. 456,10), qui renforce en avant la capsule articulaire, prend naissance par une extrémité relativement étroite sur la partie antérieure du cartilage costal. De là, il se porte en dedans, en s’élargissant à la manière d’un éventail : ses faisceaux supérieurs et se, s faisceaux inférieurs, les premiers obliquement ascendants, les seconds oblique-

.■VNATOMIE HUMAINE. — T. I, 6® ÉDIT.

(Du côté droit, la moitié du sternum et la partie antérieure des côtes et des cartilages costaux ont été abrasés

d’un li’ait de scie vertico-transversal.)

A, clavicule. — C, C-, C^... C‘°, les dix premièi’es côtes et les dix premiers cartilages costaux. — 1, poignée du sternum. — 2, appendice xiphoïde. — 3, ligament costo-claviculaire. — 4, ligament interclaviculaire. — 5, os suprasternal (anormal). — 6, ménisque de l’articulation sterno-claviculaire. — 7, synoviales des articulations chondro-sternales. — 8, articulations interchondrales. — 9, articulations chondro-costales. — 10, ligaments rayonnés antérieurs. — 11, ligament interosseux de la deuxième articulation chondro-sternale, se continuant avec le fibro-cartilage articulaire qui unit les deux premières pièces du sternum. — 12, ligament costo-xiphoïdien. — 13, trousseaux fibreux unissant les cartilages costaux entre eux. — 14, petits noyaux calcaires contenus dans l’épaisseur des cartilages ; quelques-uns (14 ) présentent l’aspect osseux.

ARTHROLOGIE

ment descendants, s’entrecroisent avec ceux des ligaments rayonnés voisins; ses faisceaux moyens, dirigés transversalement, s’entremêlent sur la ligne médiane avec les faisceaux similaires du côté opposé. Le ligament rayonné antérieur, arrivé sur le sternum, présente des connexions intimes, d’une part avec le périoste sous-jacent, d’autre part avec les faisceaux d’origine du muscle grand pectoral.

d. Ligament rayonné postérieur. — Le ligament rayonné postérieur, situé en arrière de l’articulation, présente la même disposition que l’antérieur. Il est, toutefois, beaucoup plus faible, souvent même peu distinct de la capsule articulaire.

3^ Synoviales. — Gomme les articulations costo-vertébrales, les articulations chondro-sternales ne possèdent que des synoviales rudimentaires. Chaque articulation, la première exceptée (voy. plus bas), en possède une ou deux, suivant le degré de développement du ligament interosseux, je veux dire suivant que ce ligament interosseux occupe, dans le plan horizontal, toute l’étendue ou une partie seulement de la cavité articulaire.

On compte le plus souvent deux synoviales pour le deuxième cartilage (lig. 485), qui correspond à l’articulation sternale supérieure, une seule pour les cinq cartilages suivants. Dans certains cas, la partie de l’articulation qui est placée au-dessus du ligament interosseux est traversée par des faisceaux conjonctifs qui vont du cartilage au sternum : de ce fait, la cavité articulaire est, sur ce point, plus ou moins oblitérée.

Los articulations chondro-sternales présentent suivant les sujets et, sur le môme sujet, d’un côté à l’autre, les plus grandes variétés, Musgrxve (1893), qui a étudié leur constitution anatomique sur dix-huit sujets, sur trente-six séries d'articulations par conséquent, nous fournit à cet égard des résultats très démonstratifs, que je résume dans le tableau suivant :

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