‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 91 sur 176 · CAVITÉ · texte numérisé non relu

CAVITÉ

Première articulation chondro-sternale . . .

Deuxième articulation chondro-sternale. . .

Troisième articulation chondro-sternale. . .

Quatrième articulation chondro-sternale . .

Cinquième articulation chondro-sternale . .

Sixième articulation chondro-sternale. . . .

Septième articulation chondro-sternale . . .

Ces synoviales s’atténuent, du reste, au fur et à mesure que le sujet avance en âge. Il en- est de même, naturellement, de la cavité quelles limitent : l’arthrodie perd graduellement, avec sa mobilité, ses caractères de diarthrose, pour se rapprocher peu à peu des amphiarthroses.

4® Caractères propres à quelques articulations chondro-sternales. — La première, la deuxième etlaseptième des articulations chondro-sternales se distinguent des autres par quelques caractères particuliers :

a) hdi première articulation chondro-sternale diffère des articulations suivantes, tout d’abord en ce que ses surfaces articulaires sont à la fois très larges et très hautes, planes au lieu d’être anguleuses. — D’autre part, il n’existe que très rarement, entre les deux pièces squelettiques, de cavité articulaire. Le plus souvent, la surface cartilagineuse se continue directement avec le sternum, constituant ainsi une sorte de synarthrose, qui rappelle morphologiquement les articulations chondro-costales. Musgrove, comme nous l’avons vu plus haut, a rencontré cette disposition 36 fois sur 36 articulations examinées. Le professeur Tsciiaussow, qui a eu l’occasion d’étudier les différentes articulations chondro-sternales sur 89 sujets de dix à quatre-vingt-dix ans, a constaté, sur 19 d’entre eux, l’existence d’une cavité articulaire entre le premier cartilage costal et le sternum : sur 8 sujets, la cavité était bilatérale; sur les 11 autres, elle était unilatérale, à droite sur 6, à gauche sur 0. — La première articulation chondro-sternale nous présente, enfin, deux petits ligaments triangulaires, l’un en avant, l’autre en arrière. Ces deux ligaments, dits conoïdes (fig. 487, 6), s’insèrent, en dehors, sur le bord supérieur du cartilage cos-

ARTICULATIONS DU THORAX

tal. De là, ils se portent en dedans et viennent se fixer à la partie correspondante du sternum, en s’écartant légèrement l’un de l’autre et en ménageant ainsi, au-dessus du premier cartilage costal, une petite dépression de forme triangulaire destinée à recevoir la facette costale de la clavi<"ule.

P) La deuxième articulation cliondro-sternale est caractérisée par une disposition angulaire (fig. 485) qui est beaucoup plus prononcée que pour les autres articulations. De plus, sa cavité articulaire est à peu près constante, quel que soit l’âge du sujet.

y) Ldi septième articulation chondro -sternale, enfui, nous présente un ligament qui lui appartient en propre : c’est le ligament costo-xiphoïdien (fig. 485,12), large bandelette fibreuse, qui s’insère, d’une part sur le bord inférieur du septième cartilage costal, d’autre part à la face antérieure de l’appendice xiphoïde.

5° Artères et nerfs. — Les artères des articulations chondro-sternales'sont fournies par les rameaux antérieurs de la mammaire interne. — Les proviennent des intercostaux.

§ IV. — Articulations des cartilages costaux entre eux

' ou ARTICULATIONS I N T E R G H O N DR A L E S

Les sixième, septième et huitième cartilages costaux (quelquefois le cinquième, quelquefois aussi le neuvième) s’articulent chacun avec le cartilage sous jacent au moyen d’une arthrodie.

1° Surfaces articulaires. — Ces articulations, dites inter chondr aies, sont situées, non pas à l’extrémité antérieure des cartilages costaux, mais à leur partie moyenne, le plus souvent sur un point qui est plus rapproché de leur extrémité externe que de leur extrémité interne. Pour les former, les cartilages correspondants s’élargissent au niveau de leurs bords, marchent ainsi l’un vers l’autre et arrivent à se rencontrer (fig. 485, 8). Au point de contact se développe, sur chacune des deux pièces cartilagineuses, une facette ovalaire à grand axe transversal.

2° Moyens d’union. — Les deux facettes articulaires sont maintenues en présence : 1° par le périchondre, qui, au niveau de chaque articulation inlerchondrale, passe sans s’interrompre d’un cartilage à l’autre, en constituant une sorte de ligament capsulaire ; 2° par quelques faisceaux fibreux, à direction verticale ou oblique (fig. 485, 12), qui se disposent sur la face antérieure de l’articulation et qui vont d’un cartilage à l’autre. On trouve encore, sur la face postérieure de l’articulation, des faisceaux analogues; mais ces faisceaux interchondraux postérieurs sont beaucoup plus minces que les antérieurs.

3“ Synoviale. — Une synoviale rudimentaire revêt intérieurement la capsule articulaire et permet ainsi aux surfaces en présence de légers mouvements de glissement.

4° Artères et nerfs. — Les artères destinées aux articulations interchondrales sont fournies par la musculo-phrénique, l’une des branches terminales de la mam-^ maire interne. — Les nerfs émanent des intercostaux voisins.

Ligaments interchondraux. — Outre les articulations ci-dessus décrites, les cartilages costaux sont encore réunis à distance par un ensemble de faisceaux fibreux, qui, parfois, forment entre eux de véritables membranes. Ces faisceaux, que l’on peut, en raison de leur situation, désigner

ARTHROLOGIE

sous le nom de ligaments inlerchondraux, s’étendent d’un cartilage à l’autre et sont particulièrement bien développés du troisième au neuvième. Ils sont situés immédiatement en dedans des muscles intercostaux externes, dont ils continuent la direction, et représentent vraisemblablement Pextrémité antérieure de ces muscles frappée d’atrophie. En tout cas, ce soni encore là des pseudo-ligaments.

§ V. — Articulations des différentes pièges du sternum entre elles

ou ARTICULATIONS STERNALES

Le sternum se compose, chez l’adulte, de trois pièces distinctes : la poignée, le corps et V appendice xipho'ide. Ces trois pièces sont unies entre elles par deux articulations, dites sternales, que nous distinguerons en supérieure et inférieure.

A. — Articulation sternale supérieure

L’articulation sternale supérieure réunit l’une à l’autre la poignée et le corps du sternum. C’est, suivant les cas, une amphiarthrose ou une diarthro-amphiarthrose.

Surfaces articulaires. — Pour cette articulation, la poignée du sternum nous présente une surface plane, ovalaire, à grand axe transversal, revêtue dans toute son étendue d’une mince couche de cartilage hyalin. Sur le corps du sternum se voit une surface similaire, également revêtue de cartilage hyalin.

2° Fibro-catilage interarticulaire. — Entre ces deux surfaces se dispose un fihro-cartilage, qui présente exactement la même configuration que ces dernières

et qui, d’autre part, adhère intimement à l’une et à l’autre. Ce fihro- cartilage, véritable ligament inter osseux, se continue latéralement avec le ligament homonyme de la deuxième articulation chondro sternale (fig. 485, H).

Il est très variable dans sa constitution anatomique : tantôt, il nous offre une consistance identique sur tous ses points ; tantôt, sa partie centrale se distingue nettement des parties périphériques en ce qu’elle est plus molle et comme diffiuente (fig. 486, A); sur certains sujets, enfin, il existe à son centre une véritable cavité, allongée transversalement comme le fibro-cartilage lui-même (fig.

486, B). L’articulation sternale, dans ce dernier cas, présente une certaine analogie avec les diarthroses : c’est une diarthro-amphiarthrose.

Quand elle existe, la cavité articulaire occupe la partie antérieure (moitié antérieure ou tiers antérieur) du disque intersternal. Elle est limitée en haut (fig. 486, Bi par une lame fibro-cartilagineuse d’un gris jaunâtre, tranchant nettement sur la coloration blanche du cartilage hyalin qui est situé au-dessus d’elle. En bas, elle est

Coupe sagittale de l'articulation de la première pièce du sternum avec la seconde : A, articulation sans cavité articulaire ; B, articulation avec cavité articulaire.

1, 2, première et deuxième pièces du sternum. — 3, 3, périoste. — 4, couche cartilagineuse. — 5, couche fibro-cartilagineuse, avec .4’, cavité centrale.

ARTICULATIONS DU THORAX

limitée encore par un liséré fibro-cartilagineux reposant sur une couche de cartilage. Mais ici, comme nous le montre nettement la figure précitée, les deux couches fihro-cartilagineuse et cartilagineuse sont moitié moins épaisses qu’à la partie supérieure : le liséré ühro-cartilagineux est à peine visible, tellement il est mince.

D’après Luschka , le fibro-cartilage interarticulaire se compose exclusivement, chez le nouveau-né, de faisceaux fibreux et élastiques sans cellules cartilagineuses : ces dernières ne feraient leur apparition que vers la huitième ou la dixième année.

3® Moyens d’union. — Outre le fibro-cartilage précité, les deux premières pièces sternales sont encore maintenues en présence par le périoste qui, sans s’interrompre, passe d’une pièce à l'autre en constituant à l’articulation une sorte de ligament capsulaire. Ce manchon périostique se trouve renforcé, tant sur la face postérieure du sternum que sur sa face antérieure, par de nombreux faisceaux fibreux à direction verticale ou plus ou moins oblique.

Mouvements. — L’articulation sternale supérieure ne nous présente que des mouvements peu étendus. Dans le jeu respiratoire, la poignée et le corps du sternum s'infléchissent l’une sur l’autre, en se portant soit en avant, soit en arrière. Ces deux pièces, on le sait, s’unissent l'une à l’autre, en formant un angle fortement obtus, à sinus postérieur : cet angle, appelé angle de Louis, est agrandi dans le premier cas, diminué dans le second.

B. — Articulation sternale inférieure

L’'articulation sternale inférieure réunit le corps du sternum à l’appendice xipho'ide. C’est une synchondrose (fig. 485).

Gomme la précédente, elle nous offre deux surfaces planes et allongées transversalement.

Les deux pièces squelettiques sont maintenues en présence : i® par une lame cartilagineuse, qui s’interpose entre les deux surfaces articulaires et adhère intimement à Tune et à l’autre ; 2° par un manchon fibreux, qui, comme pour l’articulation précédente, n’est autre que le périoste passant sans s’interrompre du corps du sternum sur l’appendice xiphoïde.

Ainsi que nous l’avons déjà vu en ostéologie (p. 106), les deux articulations sternales ne sont que temporaires. — V articulation sternale inférieure disparaît d’ordinaire de cinquante à soixante ans, par suite de l’ossification de son cartilage interarticulaire. — h' articulation sternale supérieure si tour, mais dans

l’extrême vieillesse seulement : il est même à remarquer que, dans la plupart des cas, cette ossification est incomplète, la portion centrale du ligament interosseux persistant à l’état de fibro-cartilage.

Voyez, au sujet des articulations des côtes et de celles du sternum, parmi les travaux récents ; Meyer. Der Mechanismus der Rippen, Arcli. f. Anatomie, 1885 ; — d’Ajutolo, Su di alcune articulazioni anoînale del primo paio di coste deU'uomo, Mem. Acad. Bologna, 1891 ; — Tschaüssovv, Zur Frage über die Sternocostalgelenke u. den RespirafAontypus, Anat. Anz., 1891 ; — Musgrove, The costo-sternal articulations. Journ. of Anat., 1893 ; — Macalister, First costo-veriehral, Joint, Journ. of Anat. and. Physiol., 1893.

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