A JJ
Fig. 25.
Coupe frontale des gencives : A, passant par un espace interdentaire ; B, passant par
le milieu d’un alvéole.
1, maxillaire inférieur, avec 1’, alvéole dentaire. — 2, langue érignée en dedans. — 3, joue. — 4, vestibule de la bouche. — 5, sillon gingivo-lingual. — 6, 6’, 6”, portion externe, portion interne et portion supérieure de la muqueuse gingivale. — 7, périoste alvéolo-dentaire. — 8, dent.
arcades alvéolaires se terminent donc, l’un et l’autre, sur le bord libre de ces arcades par une série de festons qiii se regardent par leur concavité : ces festons répondent au collet des dents. Les pointes qui séparent les festons s’engagent dans les espaces interdentaires et s’y fusionnent réciproquement, établissant ainsi la continuité entre la muqueuse gingivale interne et la muqueuse gingivale externe.
Il résulte d’une pareille disposition que la muqueuse gingivale, considérée dans son ensemble, nous présente trois portions :
1° une portion externe, verticale, tapissant la face externe des arcades alvéolaires; 2° une portion interne , également verticale, revêtant la face interne de ces mêmes arcades; 3° une portion moyenne, horizontale, s’étalant sur leur bord libre, regardant en bas pour la gencive supérieure, regardant en haut pour la gencive inférieure.
Cette troisième portion (fig. 26) est percée de trous, par lesquels s’échappent les dents : le pourtour de ces orifices répond au collet des dents et lui adhère d’une façon intime. A ce niveau, la muqueuse gingivale se continue directement avec le périoste alvéolo-dentaire (voy. plus loin), membrane fibreuse qui descend dans l’alvéole tout autour des racines. Il est à peine besoin de faire remarquer que les orifices en question n’existent pas encore chez le foetus et chez le nouveau-né, alors que les formations dentaires sont encore emprisonnées dans les alvéoles. De même, ils disparaissent chez le vieillard, après la chute des dents, en même temps que s’atrophient les alvéoles : la muqueuse gingivale revient ainsi en quelque sorte à sa disposition primitive.
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
Fig. 26.
Les gencives vues d’en haut, après extraction des dents.
1, alvéoles. — 2, gencives. — 3, muqueuse interdentaire. — 4, langue érignée en dedans. — 5, joues, érignées en dehors. — 6, vestibule de la bouche. — 7, sillon gingivo-lingual.
APPAREIL ÜE LA DIGESTION
2° Structure. — La muqueuse des gencives, tout en étant constituée sur le même type fondamental que les autres portions de la muqueuse buccale, nous présente cependant un certain nombre de caractères qui lui appartiennent en propre.
Tout d’abord, elle est très épaisse et possède une consistance remarquable, qu elle doit vraisemblablement à ce fait que son chorion est constitué par des faisceaux conjonctifs extrêmement serrés : les éléments élastiques y font presque complètement défaut.
Elle adhère ensuite d’une façon intime au périoste sous-jacent, sans interposition d’un tissu conjonctif sous-muqueux : c’est une fibro-muqueuse .
La muqueuse gingivale diffère , enfin, des portions déjà étudiées de la muqueuse buccale en ce quelle est entièrement dépourvue de glandes. Par contre, elle possède des papilles extrêmement nombreuses et d’un volume remarquable.
3° Vaisseaux et nerfs. — La vascularisation et l’innervation des gencives se confondent avec celles des parois buccales qui les avoisinent :
a) Les artères des gencives sont en général très grêles. Elles proviennent: 1 0 pour la gencive supérieure , de la maxillaire interne, par ses branches alvéolaire, sous-orbitaire, sphéno-palatine et palatine descendante; 2° pour la gencive inférieure, de la linguale, de la sous-mentale (branche de la faciale) et de la dentaire inférieure (branche de la maxillaire interne).
(3) Les veines, indépendantes des artères et plus ou moins anastomosées entre elles, suivent les trajets les plus divers. Les unes, les postérieures, se rendent, soit au plexus alvéolaire, soit au plexus ptérygoïdien. Les autres, les antérieures, se jettent, en partie dans la veine linguale, en partie dans la veine faciale ou ses affluents.
P) Les lymphatiques, forment sur la muqueuse des gencives un riche plexus, qui se continue avec le plexus du voisinage : en dedans, avec le réseau du plancher buccal et avec celui de la langue; en dehors, avec le réseau profond des joues et des lèvres. Les troncs et troncules qui en émanent aboutissent, en partie aux ganglions sous-maxillaires, en partie aux ganglions de la chaîne jugulaire interne.
y) Les nerfs, tous sensitifs ou vaso-moteurs, tirent leur origine : 1° pour la gencive supérieure, des nerfs dentaires postérieurs et dêntaire antérieur, branches du maxillaire supérieur ; 2° pour la gencive inférieure , du nerf dentaire inférieur, branche du maxillaire inférieur.
§ 11. — Dents
Les dents (allem. Zâhne , ang. Teetli) sont des organes blanchâtres, durs, de consistance pierreuse, implantés sur le bord libre ou alvéolaire des deux maxillaires supérieur et inférieur. Instruments immédiats de la mastication, elles ont pour fonction de diviser les aliments pour les rendre plus accessibles à l’action des sucs digestifs. Par leurs caractères extérieurs, les dents ont beaucoup d’analogie avec les os et pendant longtemps elles ont été décrites avec le squelette. Mais cette analogie n’est qu’apparente : nous savons aujourd’hui, par leur développement (voy. Embryologie), qu’elles dérivent de la muqueuse buccale et qu’elles
BOUCHE ET SES DÉPENDANCES
constituent des productions épidermiques au même titre que les ongles et les
poils.
A. — Considérations générales
Sous ce titre, nous examinerons successivement : 1° le nombre des dents 2° leur situation ; 3° leur direction ; 4° leurs moyens de fixité.
1° Nombre. — Dans la première enfance, jusqu’à l’âge de six ou sept ans, les dents sont au nombre de 20, dont 10 pour la mâchoire supérieure, 10 pour la mâchoire inférieure; ces dents tombent après un certain temps et sont appelées, pour cette raison, dents temporaires, dents de la première dentition.
Chez l’adulte, le nombre des dents s’élève à 32, soit 16 pour chacune des deux mâchoires : ce sont les dents permanentes ou dents de la deuxième dentition.
Comme nous le verrons dans un instant, les dents se divisent, d’après leur situation et leur forme, en incisives, canines, prémolaires, et molaires . Le nombre de chacun de ces groupes varie suivant les espèces animales que l’on considère ; mais il est fixe pour chacune d’elles et se représente par un tableau sommaire que l’on désigne en zoologie sous le nom de formule
La voûte palatine et l’arcade dentaire supérieure du côté droit.
I, incisives médianes. — 2, incisives latérales. — 3, canine. — 4, première prémolaire. — 5, deuxième prémolaire. — 6, première grosse molaire. — 7, deuxième grosse molaire. — 8, dent de sagesse. — 9, muqueuse de la voûte palatine, se continuant en arrière avec celle du voile du palais. — 10, son raphé médian. — 11, fossettes situées de chaque côté du. raphé et criblées d’orifices glandulaires. — 12, rugosités antérieures de la muqueuse.
dentaire. La formule dentaire dans l’espèce humaine est la suivante, pour Tune et l’autre des deux dentitions :