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FORMULE DENTAIRE DE L’ADULTE (DENTS PERMANENTES

Mâchoire supérieure :

Mâchoire inférieure :

Mol. ~ Prémol. — 3 2

Can. i Incis. -7. ^ \ 16 x 2 = 32.

2° Situation. — Les dents, qu’elles soient temporaires ou permanentes, s’implantent dans les alvéoles des maxillaires. Ces alvéoles, qui sont uniloculaires pour les dents à racine unique et multiloculaires pour les dents à racines multiples, sont exactement égaux, comme forme et comme dimensions, à la partie de la dent qu’ils sont destinés à recevoir. Nous verrons plus loin (p. 46) que les dents se disposent régulièrement à la suite les unes des autres pour former deux arcades ( arcades dentaires), et nous indiquerons alors quels sont les rapports réciproques des deux arcades dentaires supérieure et inférieure.

3° Direction. — Les dents s’implantent verticalement dans leurs alvéoles. Telle est la formule. Mais elle n’est pas rigoureusement exacte. Il en est un certain nombre, en effet, qui s’inclinent plus ou moins sur la verticale. C’est ainsi que les

APPAREIL DE LA DIGESTION

grosses molaires se déjettent un peu en dedans pour la mâchoire supérieure, un

peu en dehors pour la mâchoire inférieure. Nous voyons, de même, les incisives, soit supérieures, soit inférieures, s’incliner légèrement en avant, inclinaison généralement peu apparente dans nos races européennes, mais très marquée chez certains sujets et

dans certains groupes ethniques. On sait que, chez la plupart des races nègres notamment/cette projection des incisives en avant est à peu près constante, constituant une sorte de prognathisme alvéolo- dentaire.

Quant aux canines, il n’est pas rare de les voir s’incliner, elles aussi, d’une quantité variable et dans divers sens.

4° Moyens de fixité, ligament alvéolodentaire. — Nous avons dit plus haut que les cavités alvéolaires sont toujours exactement égales, et comme forme et comme dimensions, à la partie de la dent qu’elles sont destinées à recevoir. Une pareille adaptation entre le contenant et le contenu constitue déjà, pour la dent, un excellent moyen de fixité : on connaît les difficultés qu’on éprouve parfois à arracher une dent, même sur le squelette. La fixation de la dent à son alvéole est complétée par les gencives (voy. plus haut, p. 32).

Les gencives, tout d’abord, en adhérant intimement au collet des dents, forment à

Fig. 28.

La voûte palatine, dépouillée de ses parties molles et de ses dents, pour montrer les alvéoles dentaires.

1, apophyse palatine du maxillaire supérieur. — 2, apophyse palatine du palatin. — 3, 3’, sutures médianes intermaxillaire et interpalatine. — 4, suture palato-maxillaire. — 5, canal palatin antéi’ieur. — 6, canal palatin postérieur. — 7, canaux palatins postérieurs accessoires. — 8, orifice postérieur des fosses nasales. — 9, apophyse ptérygoïde.

a, alvéoles des incisives médianes. — 6, alvéoles des incisives latérales. — c, alvéole de la canine. — d, alvéole de la première prémolaire. — <?, alvéole de la deuxième prémolaire. — f, alvéole de la première grosse molaire. — g, alvéole de la deuxième grosse molaire. — h, alvéole de la dent de sagesse.

chacune d’elles une sorte d’anneau, qui l’enserre solidement et la maintient appliquée contre le maxillaire. Mais ce n’est pas

tout. La fibro-muqueuse gingivale I 's envoie dans l’alvéole un prolonge-

ment fibreux qui, sous le nom de périoste alvéolo-dentaire, descend jusqu’au fond de la cavité et contribue ainsi à rendre plus complète l’adaptation de l’alvéole à la racine dentaire. Vu sur des coupes transversales ou longitudinales (fig. 29, 3), le prolongement en question nous apparaît comme formé par de soli- Fig. 29. des faisceaux fibreux, les uns fran-

Figure schématique montrant la disposition du liga- chement transversaux, les autres ment alvéolo-dentaire sur une coupe transversale plus ou moins obliques, qui vont de (d’après Collaud). r

1, os alvéolaire. — 2, cément de la racine dentaire. — 3, faisceaux fibreux du ligament alvéolo-dentaire ; on voit que, à leurs extrémités, les faisceaux fibreux pénètrent, d’une part dans l’os alvéolaire, d’autre part dans le cément, où ils deviennent fibres de Sharpey.

BOUCHE ET SES DÉPENDANCES

la paroi alvéolaire à la surface de la dent et qui pénètrent, 'sous forme de fibres de Sharpey, d’une part dans l’os de l’alvéole, d’autre part dans le cément de la dent. Ces faisceaux fibreux, faisant corps à la fois avec la paroi alvéolaire et avec la dent, constituent, pour ces deux formations, un puissant moyen d’union : et, en effet, on ne saurait enlever la dent sans les rompre, soit à leur partie moyenne, soit à l’une ou l’autre de leurs extrémités.

Ainsi constituée, la lame fibreuse intra-alvéolaire ne présente avec le périoste que des analogies fort lointaines et, si l’on songe à la part importante qu’elle prend à la fixation de la dent, on comprendra sans peine que Malassez, dont les conclusions sur ce point ont été confirmées en 1890 par Collaud, ait substitué à la dénomination classique de périoste alv éolo- dentaire celle, à la fois plus juste et autrement significative, de ligament alvéolo-dentaire. Nous nous trouvons ainsi ramenés à l’opinion des anciens anatomistes, qui voyaient dans le mode d’union des dents avec leurs alvéoles une véritable articulation, une variété particulière de synarthrose qu’ils désignaient sous le nom de gomphose (yopcpoç, clou, la dent s’implantant dans l’alvéole comme un clou dans un trou). (Voy. à ce sujet, le travail de Beltrami, De V articulation alvéolo-dentaire chez l’homme, Tbèse de Paris, 1895.)

Outre les faisceaux fibreux sus-indiqués, qui constituent la plus grande partie de sa masse, le ligament alvéolo-dentaire nous présente encore des cellules conjonctives, des vaisseaux et des nerfs. — Les cellules conjonctives sont de deux ordres : les unes sont des cellules conjonctives ordinaires, se rencontrant dans les interstices des faisceaux fibreux en même temps qu’une petite quantité de tissu conjonctif lâche ; les autres sont des cellules plates, avec crêtes d’empreinte, situées dans l’épaisseur même des tissus fibreux et rappelant exactement, par leur signification morphologique comme par leurs caractères extérieurs, les cellules des tendons. — Les vaisseaux sanguins proviennent de trois sources : des vaisseaux dentaires, du réseau gingival, du tissu osseux de l’alvéole. Tous ces vaisseaux, quelle que soit leur provenance, s’anastomosent entre eux pour former un réseau unique. D’après Collaud, ils auraient une tendance à se disposer en deux plans : l’un superficiel, constitué par des vaisseaux de gros calibre ; l’autre profond, formant un réseau de fins capillaires qui se distribuent tout près du cément. — Les vaisseaux lymphatiques , si tant est qu’ils existent, ne nous sont pas encore connus. — Les nerfs , qui sont très nombreux, cheminent, avec les vaisseaux, dans les interstices des faisceaux conjonctifs.

Malassez a encore signalé l’existence, sur divers points du ligament alvéolo-dentaire, de petites masses épithéliales (fig. 41, 1), qui, selon les cas, sont sphériques, ovoïdes, cylindriques, etc. On en rencontre parfois qui sont ramifiées à la façon des glandes en grappe. Quelle que soit leur forme, ces masses sont toujours pleines : il n’en est aucune qui présente à son centre une cavité nettement accusée. On doit les considérer, morphologiquement, comme des restes de l’invagination épithéliale qui, chez l’embryon, donne lieu à la formation des dents : de là le nom de débris épithéliaux paradentaires que leur a donné Malassez. Ces débris épithéliaux ont, en pathologie, une grande importance, en ce sens qu’ils peuvent être l’origine de certaines néoformations épithéliales développées dans l’épaisseur des maxillaires.

B . — Conformation extérieure des dents

Envisagées au point de vue de leur conformation extérieure, les dents nous présentent : 1° des caractères communs, qui conviennent à toutes les dents ; 2° des caractères particuliers, qui permettent tout d’abord de les séparer en groupes distincts, puis, dans chaque groupe, de les distinguer les unes des autres.

1° — Caractères communs.

Morphologiquement, toutes les dents se rattachent à un même type primordial, qui est le type conique. Chacune d’elles possède (fig. 30) : 1° une partie visible qui déborde l’alvéole, c’est la couronne ou corps de la dent; 2° une partie cachée

dans l’alvéole, c’est la racine. On désigne sous le nom de collet la partie plus ou moins rétrécie, mais généralement assez mal accusée, qui réunit la couronne à la racine.

1° Racine. — La racine est jaunâtre. Simple pour les dents antérieures, elle est le plus souvent multiple pour les dents latérales. Elle possède dans ce dernier cas deux, trois et même quatre prolongements. Qu’elles soient uniques ou multiples, les racines sont coniques et plus ou moins aplaties sur les faces suivant lesquelles elles se regardent. Elles vont en diminuant de leur extrémité adhérente à leur extrémité libre, et cette dernière est toujours percée à son sommet d’un petit orifice pour le passage des vaisseaux et des nerfs destinés à la pulpe dentaire.

2° Collet. — Le collet, intermédiaire à la couronne et a la racine, est nettement délimité, du côté de la couronne, par une ligne irrégulière qui répond à la limite même de l’émail. Mais il n’en est pas de même du côté de la racine : il se continue avec celle-ci sans ligne de démarcation aucune. Le collet est recouvert, dans les conditions normales, par la muqueuse des gencives.

3° Couronne. — La couronne est remarquable par sa coloration blanche, qui tranche nettement sur la teinte jaunâtre de la racine. Elle représente la partie la plus dure et la plus résistante de la dent. Tantôt massives et franchement cuboïdales, tantôt plus minces et taillées en pointe ou en biseau, les couronnes vont en s’élargissant du collet à leur surface libre ou triturante. Il en résulte que, si les dents arrivent au contact de leurs voisines au niveau de leur surface triturante, elles en sont séparées au-dessous, dans presque toute la hauteur de la couronne, par des intervalles triangulaires dont la base répond h la gencive : ce sont les espaces inter dentaires, espaces à travers lesquels le vestibule de la bouche communique librement avec la cavité buccale proprement dite. Durant le repas, les particules alimentaires, plus ou moins divisées par la mastication, remplissent ces espaces interdentaires. Mais elles y séjournent aussi après le repas chez les personnes qui n’ont pas le soin de les en chasser, et elles y subissent alors une décomposition rapide> qui rend l’haleine fétide, provoque l’inflanunation des gencives et n’est certainement pas sans influence sur le développement de la carie dentaire.

2° — Caractères 'particuliers .

Tout en se rattachant à un type commun, tout en présentant les caractères généraux que nous venons d’indiquer, les dents sont loin de se ressembler. Elles diffèrent, au contraire, sensiblement les unes des autres et, à cet effet, on les a divisées en quatre groupes, qui sont en allant de la ligne médiane à la partie postérieure du maxillaire : les incisives, les canines , les petites molaires ou prémolaires, les grosses molaires ou tout simplement les molaires. Dans chacun de ces groupes, les dents présentent des caractères généraux et des caractères particuliers ou différentiels : des caractères généraux, qui conviennent à toutes les dents du même groupe; des caractères différentiels, qui permettent de reconnaître, une dent quelconque étant donnée : 1° l’ordre numérique qu’elle occupe dans le groupe ; 2° celle

Fig. 30.

Une dent schématique, pour montrer ses trois parties constituantes .

1, couronne. — 2, racine. — 3, collet.

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des deux mâchoires sur laquelle elle est implantée ; 3° enfin, celui des deux côtés, côté gauche ou côté droit, à laquelle elle appartient.

1° Incisives. — Les incisives (fig. 31), ainsi appelées (du latin incidere, couper) parce qu’elles servent surtout à couper les aliments, occupent la partie antérieure des maxillaires. Elles présentent leur maximum de développement chez les rongeurs. Chez l’homme, elles sont au nombre de huit, quatre pour la mâchoire supérieure, quatre pour la mâchoire inférieure. A gauche et à droite, les deux incisives.

Fig. 31.

Les incisives supérieures et inférieures.

A1, A2, incisives moyenne et latérale supérieures, vues : a, par leur face antérieure ; a1, par leur face postérieure; a-, par leur face latérale. — B1, B2, incisives moyenne et latérale inférieures, vues : b, par leur face antérieure ; b1, par leur face postérieure ; b- par leur face latérale".

les supérieures comme les inférieures, se distinguent en incisive interne ou moyenne , incisive externe ou latérale.

A. Caractères généraux — Les quatre incisives présentent des caractères généraux. portant à la fois sur la disposition de la couronne et sur celle de la racine.

a) La couronne, fortement taillée en biseau, revêt la forme d’un coin et nous présente par conséquent une base, un sommet et quatre faces. — La base , tournée du côté de l’alvéole, répond à la partie la plus épaisse de la dent. — Le sommet ou bord répond à l’extrémité libre ou triturante. Il est dirigé dans le sens transversal, nettement tranchant et surmonté dans les premières années de la vie de trois petits mamelons, un moyen et deux latéraux. — Les quatre faces se distinguent en antérieure, postérieure et latérales : la face antérieure est convexe et verticale; la face postérieure est concave et fortement oblique, en haut et en arrière pour les incisives supérieures, en bas et en arrière pour les inférieures ; les deux faces latérales , enfin, sont triangulaires, à base dirigée du côté de l’alvéole.

p) La racine, plus ou moins rectiligne, a la forme d’un cône aplati dans le sens transversal. Ses deux faces regardent donc, l’une en dedans, l’autre en dehors. De ses deux bords, l’antérieur est toujours plus épais que le postérieur. Le sommet est quelquefois bifide ; mais cette disposition est fort rare.

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y) La couronne et la racine sont séparées Lune de l’autre par deux lignes courbes, l’une antérieure, l’autre postérieure, dont la convexité regarde la racine. Ces deux lignes courbes se réunissent sur les côtés de la dent, en formant un angle plus ou moins ouvert.

B. Caractères différentiels. — Une incisive étant donnée, il faut, pour la déterminer, résoudre les trois questions suivantes :

a. Est-ce une incisive supérieure ou une incivise inférieure ? — Les incisives supérieures se distinguent des inférieures par leur volume qui est presque le double de celui des inférieures. Les incisives supérieures et les incisives inférieures se distinguent encore les unes des autres par la conformation de leur racine, qui est plutôt arrondie pour les supérieures, plutôt aplatie pour les inférieures.

b. Est-ce une incisive interne ouune incisive externe ? — Pour les incisives supérieures, on distinguera l’interne de l’externe, en ce que la première est beaucoup plus volumineuse que l’autre. — Pour les incisives inférieures, au contraire, c’est l’externe qui est plus forte que l’interne. Mais cette différence de volume en faveur de l’incisive externe est peu considérable et, comme, d’autre part, les deux incisives inférieures ont à peu près la même configuration, il est ordinairement très difficile de les distinguer l’une dé l’autre : pour résoudre le problème, on considérera avant tout la face postérieure de la couronne, laquelle est plane pour l’incisive interne, convexe transversalement pour l’incisive externe. Nous devons reconnaître, cependant, que ce caractère distinctif entre les deux incisives est souvent peu marqué et parfois même n’existe pas.

c. Est-ce une incisive droite ou une incisive gauche ? — Enfin, pour reconnaître si les incisives appartiennent au côté gauche ou au côté droit, on se basera sur la direction que prend le sommet de la racine, ce sommet s’inclinant en dehors comme pour fuir la ligne médiane. Un autre caractère distinctif entre les incisives droites et les incisives gauches sera fourni par l’aspect de leur bord tranchant. L’observation nous apprend, en effet, que l’usure, au lieu de frapper uniformément toute l’étendue du bord tranchant, porte tout d’abord sur son angle externe. Il en résulte, on le conçoit, que cet angle externe est émoussé et plus ou moins arrondi, tandis que l’angle interne, resté intact, conserve sa configuration primitive en angle droit : cette double disposition, quand elle sera bien accusée, rendra facile la mise en position de toutes les incisives.

2° Canines. — Les canines (fig. 32), encore appelées laniaires ou unicuspidées , sont situées immédiatement en dehors des incisives. On en compte quatre seulement, deux pour la mâchoire supérieure, deux pour la mâchoire inférieure. Rudimentaires, chez l’homme, les canines présentent des dimensions considérables chez les carnassiers, où elles constituent, non seulement un instrument puissant pour la mastication, mais encore une arme souvent redoutable. Mais c’est chez les pachydermes qu’elles atteignent leur maximum de développement : les défenses de l’éléphant, on le sait, ne sont que des canines gigantesques.

A. Caractères généraux. — Les canines ont pour caractère essentiel, outre leur longueur qui dépasse celle de toutes les autres dents, la forme conoïde de leur couronne. On peut cependant leur distinguer, comme aux incisives, quatre faces : deux faces latérales, de forme triangulaire ; une face antérieure , convexe ; une face postérieure , concave.

Sur cette dernière, se voit une petite crête mousse et verticale, qui s’étend jus-

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qu’a la surface triturante et qui constitue à ce niveau le sommet de la dent. De ce sommet, comme du sommet d’un angle, partent deux petits bords tranchants, a direction oblique, l’un interne, l’autre externe. Il est à remarquer que le bord externe est un peu plus long que l’interne, comme le montrent nettement les deux canines représentées dans la figure 32.

La racine des canines, est unique, volumineuse, soulevant la surface du maxillaire supérieur en une saillie verticale, que nous avons déjà décrite, en ostéologie, sous le nom de ^ bosse canine. Elle est légèrement aplatie dans le sens transversal et présente, sur chacune des deux faces, un sillon plus ou moins accusé, dirigé dans le sens de la longueur :

B. Caractères différentiels.. — Pour déterminer une canine, deux questions sont à résoudre :

a. Est-une canine supérieure ou une canine inférieure ? — Les canines supérieures se distinguent des inférieures en ce qu’elles sont plus volumineuses et qu’elles possèdent à la fois : 1° une couronne plus large; 2° une racine plus longue, moins aplatie, ayant des sillons latéraux moins accusés. Nous ajouterons que l’usure de la pointe de la dent canine se fait aux dépens de sa face postérieure pour les canines supérieures, aux dépens de sa face antérieure pour les canines inférieures.

b. Est-ce une canine droite ou une canine gauche? — Pour distinguer les canines droites des canines gauches, et vice versa, on considère surtout le tubercule du sommet de la couronne, qui, comme nous l’avons dit, est plus rapproché de la face interne de la dent que de sa face externe. Il s’ensuit que si l’on abaisse une verticale par ce sommet, cette verticale divise la face antérieure de la dent en deux par-

Les deux canines du côté droit.

A, canine supérieure : a, vue par sa face antérieure ; a\ vue par sa face postérieure ; a”, vue par sa face latérale.

B. canine inférieure : b, vue par sa face antérieure; b\ vue par sa face postérieure; 6”, vue par sa face latérale.

1, tubercule du sommet de la couronne. — 2, 2’, gouttières latérales de la racine. — 3,3. saillies postérieures de la face de la couronne.

ties inégales : une partie plus grande, qui regarde en dehors ; une partie plus petite, qui doit être tournée en dedans. Ce fait étant connu, il suffira, pour mettre une canine en position, de la disposer sur le maxillaire d’une façon telle que celle de ses deux faces latérales qui est la plus rapprochée du tubercule du sommet regarde la ligne médiane.

3° Prémolaires. — Les prémolaires ou bicuspidées (fig. 33) sont situés en arrière des canines. Elles sont au nombre de huit, quatre pour chacune des deux mâchoires, deux à droite et deux à gauche. On les distingue en première et en deuxième, en allant d’avant en arrière.

A. Caractères généraux. — Les prémolaires ont une couronne cylindroïde, à laquelle nous pouvons distinguer quatre faces : une face antérieure et une face postérieure , qui répondent aux dents adjacentes et qui sont planes ; une face interne et une face externe, qui regardent l’une la langue (face linguale), l’autre la joue (face génienne)> toutes les deux convexes et arrondies.

Mais ce qui caractérise avant tout1 les prémolaires, c’est la présence, sur leur

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 6

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face triturante, de deux tubercules ou cuspides, situés l’un en dedans, l’autre en dehors et séparés l’un de l’autre par un sillon fort irrégulier à direction antéropostérieure. De ces deux tubercules, l’externe est toujours plus développé que l’interne.

La racine des prémolaires est le plus souvent unique. Elle est aplatie d’avant en arrière et, sur chacune de ses deux faces, se voit un sillon vertical, indice de la tendance qu’a cette racine à se bifurquer. La bifurcation est rare et, quand elle existe, elle est presque toujours limitée au sommet de la racine : l’une des pointes se dirige en dedans, l’autre en dehors.

B. Caractères différentiels. — La détermination d’une prémolaire comporte les trois questions suivantes :

a. Est-ce une prémolaire supérieure ou une prémolaire inférieure ? — Les prémolaires supérieures et les prémolaires inférieures se distinguent les unes des

Les quatre prémolaires du côté droit.

A1, A-, la première et la deuxième prémolaires supérieures : a, vues par leur côté externe ; a*, vues par eur côté interne ; a2, vues par leur côté antérieur ; a3, vues par leur surface triturante.

B*, B2, la première et la deuxième prémolaires inférieures : 6, vues par leur côté externe; b', vues par leur côté interne; ô2, vues par leur côté antérieur; b3, vues par leur surface triturante.

t, tubercule externe. — 2, tubercule interne. — 3, sillon antéro-postérieur qui sépare ces deux tubercules.

4, 4. gouttières de la racine.

autres : 1° par la forme de la couronne, qui est aplatie d’avant en arrière pour les supérieures, plutôt cylindrique pour les inférieures ; 2° par le développement de leurs cuspides, qui, sur les prémolaires supérieures, sont plus volumineux et séparés l’un de l’autre par une rainure plus profonde, sur les prémolaires inférieures plus petits et moins nettement isolés ; 3° par la tendance qu’a la racine à devenir bifide, tendance qui est toujours plus marquée pour les prémolaires du haut que pour les prémolaires du bas.

b. Est-ce une première ou une deuxième prémolaire ? — Dans le groupe des prémolaires supérieures , on distinguera la première de la seconde par l’examen des cuspides : sur la première, les deux cuspides occupent des niveaux différents, Eexterne étant plus saillant que l’interne ; sur la deuxième, au contraire, les deux

BOUCHE ET SES DÉPENDANCES

cuspides sont situés l’un et l’autre sur le même plan horizontal. Même caractère distinctif pour le groupe des prémolaires inférieures : les deux cuspides occupent le même niveau pour la deuxième, un niveau différent pour la première.

c. Est-ce une prémolaire du côté droit ou une prémolaire du côté gauche ? — C’est toujours une opération très délicate que de reconnaître si l’on a affaire à des prémolaires du côté droit ou à des prémolaires du côté gauche. On trouve écrit partout que, des deux bords du cuspide externe, le bord antérieur est plus petit que le postérieur ; que, dès lors, pour mettre en position une dent donnée, il suffît de considérer la face externe ou génienne de son cuspide externe et de la disposer de façon que le plus petit des deux bords du cuspide précité soit dirigé en avant. En théorie, il n’est rien de plus simple ; mais on doit avouer qu’en pratique le problème est autrement difficile, si tant est qu’il soit toujours soluble.

4° Grosses molaires. — Les grosses molaires ou multicuspidées (fig. 34) occupent la partie la plus reculée du rebord alvéolaire. Elles atteignent leur plus haut degré

Fig. 34.

Les six grosses molaires du côté droit : a et b, vues par leur face externe ; a 1 et b\ vues par

leur face interne.

A.4, A2, A3, les trois grosses molaires supérieures. — B1, B2, B3, les trois grosses molaires inférieures. — 1. racine triple des molaires supérieures. — 2, racine double des molaires inférieures .

de développement chez les ruminants et chez les pachydermes. Chez l’homme, on en compte douze, six pour chaque mâchoire, trois à droite et trois à gauche. On les désigne sous les noms numériques d e première, deuxième , troisième , en allant d’avant en arrière. La troisième, qui apparaît longtemps après les autres, est encore appelée dent de sagesse.

A. Caractères généraux. — La couronne des grosses molaires, assez régulièrement cuboïde, nous présente quatre faces, comme pour les prémolaires. Les faces antérieure et postérieure , suivant lesquelles ces dents se correspondent, sont planes ; les deux autres, face interne et face externe, sont convexes, lisses, arrondies. Leur surface triturante, véritables meules sur lesquelles se broient les aliments, sont armées de quatre cuspides, que sépare un double sillon disposé en

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croix. Toutefois, le nombre de ces cuspides n'est pas constant : il peut, suivant lés p.$s, descendre à trois ou s’élever à cinq.

La racine des grosses molaires est toujours multiple ; on en compte deux ou trois, plus rarement quatre. Quand il existe deux racines seulement, l’une est antérieure, l’autre postérieure et toutes les deux sont aplaties d’avant en arrière. Lorsqu’il en existe trois ou quatre, on en rencontre deux en dehors : la troisième ou les deux autres sont en dedans. Exceptionnellement, on observe des molaires avec cinq racines.

En ce qui concerne leur direction, les racines des grosses molaires sont parallèles ou plus ou moins divergentes. Dans certains cas, après s’être écartées de l’axe de la dent, elles reviennent vers cet axe en formant un crochet. Les dents qui présentent une pareille disposition sont dites dents barrées . On conçoit sans peine qu’on ne pourra en pratiquer l’avulsion qu’à la condition d’enlever en même temps la portion du maxillaire qu’elles embrassent par leurs racines.

B. Caractères différentiels. — Pour déterminer une molaire, il faut se poser et résoudre les trois questions qui suivent :

a. Est-ce une molaire supérieure ou une molaire inférieure ? — Les grosses

Os'£

Fig. 35.

Les six grosses molaires clu eôlé droit : a~ et b-, vues par leur face antérieure ; az et 63, vues par leur face triturante.

A1, A2, A3, Les trois grosses molaires supérieures. — B1, B2, B3, les trois grosses molaires inférieures. — 1, racine triple des molaires supérieures. — 2, sillon situé sur la face antérieure de la racine des molaires inférieures. — 3, tubercules antérieurs de la couronne.

molaires supérieures se distinguent des grosses molaires inférieures par leur volume qui, contrairement à ce qu’on observe pour les autres dents, est moins considérable. A ce premier caractère distinctif vient s’en ajouter un autre, tiré du nombre des racines : les molaires supérieures, en effet, présentent trois ou quatre racines, tandis que les molaires inférieures n’en possèdent que deux.

b. Est-ce la première , la seconde ou la troisième ? — Il convient, à ce sujet, d’enviSagef* successivement les molaires supérieures et les molaires inférieures :

: Les trois molaires supérieures se distinguent d’abord les unes des autres par

BOUCHE ET SES DÉPENDANCES

leur volume qui va en décroissant de la première à la troisième (fi g. 35). Il en résulte qüe leurs faces triturantes forment dans leur ensemble une surface triangulaire dont la base est formée par la première molaire et dont le sommet, plus ou moins fortement tronqué, répond à la partie postérieure de la troisième. Elles se distinguent ensuite par le nombre et la disposition de leurs cuspides. La première molaire supérieure possède ordinairement quatre cuspides, un à chaque coin. La deuxième en présente trois, dont deux sont externes, le troisième interne. La troisième ou dent de sagesse, la plus petite des trois, en possède également trois ; mais ils sont généralement moins volumineux et moins distincts que pour la d,ent précédente. En même temps, ses trois racines semblent être ramassées sur elles-mêmes et sont plus ou moins soudées.

g) Les trois molaires inférieures décroissent; comme les supérieures, de la première a la troisième. La première, qui est la plus volumineuse de toutes les dents, nous présente cinq cuspides, trois externes et deux internes. La seconde n’en possède que quatre, un pour chaque coin, séparés par un sillon en croix. La dent de sagesse, enfin, très variable dans sa forme comme tous les organes rudimentaires, en possède, suivant les cas, trois, quatre ou cinq ; mais ils sont toujours plus petits et moins bien délimités que sur les deux dents précédentes.

c. Est-ce une molaire droite ou une molaire gauche ? — Pour reconnaître le côté auquel appartiennent les grosses molaires, il convient de se baser sur la disposition et le volume respectif des racines. Nous avons vu que les molaires supérieures possédaient trois racines, dont deux externes et l’autre interne. Or, des deux racines externes, l’antérieure est plus volumineuse que la postérieure : il faudra donc, une molaire supérieure étant donnée, la disposer d’une façon telle que, de ses deux racines externes, la plus grosse soit placée en avant, la plus petite en arrière. De même pour les molaires inférieures, nous savons qu’elles ne présentent que deux racines, l’une antérieure plus forte et plus large, l’autre postérieure plus petite : ceci connu, il suffira, pour mettre en position une molaire intérieure, d’avoir l’œil sur ses deux racines et de la disposer sur le côté du maxillaire où la racine la plus développée sera en avant et la moins développée en arrière.

Le volume des grosses molaires, avons-nous dit plus haut, décroît de la première à la seconde et de la seconde à la dent de sagesse : c'est là l’un des traits caractéristiques de l’appareil dentaire dans nos races européennes. Chez les singes, au contraire, les molaires augmentent de volume dans le même senë : la première est plus petite que la seconde et celle-ci plus petite que la troisième.

Entre ces deux types extrêmes, viennent se placer les Australiens (Broca), qui ont leurs trois molaireà très développées èt égales entre elles. Dans les racés préhistoriques, nous rencontrons assez fréquemment cette dernière dispo'sition, mais nous observons aussi la disposition simienne : cette disposition ,est très nette, par exemple, sur l'a célèbre mâchoire de la Naulette et chez, fhoïnrtie de Spy, qui sont franchement' quaternaires.

L’homme de Chancelade, qui remonte, lui aussi, à la période quaternaire (voy. Testut, Bull., Soc. d' Anthropologie de Lyon, 1889), se rapproche beaucoup, à cet égard, des sujets recueillis à la Naulette et à Spy. En mesurant comparativement la deuxième et la troisième molaire (la première manquait des deux côtés), j’ai obtenu les chiffres suivants :

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