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ARTICLE VII ANUS

Théoriquement, l’anus est un simple orifice, terminant à sa partie inférieure le tube digestif, tout comme l’orifice buccal le termine à sa partie supérieure. En anatomie appliquée, on rattache à cet orifice des parties qui, sans lui appartenir en propre, l’avoisinent immédiatement : en haut , la partie tout inférieure du rectum, qui le précède ; en bas, la zone cutanée, qui le suit et l’entoure. Ainsi entendu, l’anus devient un véritable canal de 15 à 20 millimètres de hauteur ou, comme on l a dit, une sorte de filière à travers laquelle sont comme exprimées, au moment de la défécation, les matières amassées dans l’ampoule rectale.

1° Situation et rapports. — L’orifice terminal du canal alimentaire, comme son

orifice initial, occupe la ligne médiane. Il s’ouvre dans le périnée postérieur (fig. 241,1), un peu en avant du coccyx, au fond de cette gouttière longitudinale qui sépare les deux fesses.

Sa situation est un peu différente chez l’homme et chez la femme. Chez l’homme, il est placé immédia tement en arrière de la ligne bi-ischiatique, à 20 ou 25 millimètres de la pointe du coccyx. Chez la femme, il répond à la ligne bi-ischiatique elle-même et se trouve séparé du coccyx par un intervalle de 25 à 30 millimètres. L’anus est donc plus antérieur chez la femme que chez l’homme ; d’autre part, il est, dans la plupart des cas, un peu plus superficiel. Dans l’un et l’autre sexes, il se dirige obliquement (fig. 228 et 229) de haut en bas et d’avant en arrière.

Au point de vue de ses rapports, l’anus répond : ]° sur les côtés, au muscle sphincter externe, aux fosses ischio-rectales et aux releveurs de l’anus ; 2° en arrière, au raphé ano-coccygien et aux faisceaux musculaires qui s’y insèrent; 3° en avant, à l’urèthre chez l’homme, au vagin chez la femme.

Fig. 241.

Anus vu de face, les deux fesses étant écartées.

1, orifice anal, avec 2, ses plis rayonnes. — 3, zone cutanée lisse de la marge de l’anus. — 4, peau et poils du périnée.

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2° Limites. — Les limites de la région de l’anus manquent de netteté, ce qui explique les divergences des auteurs sur ce point.

a) En haut, nous donnerons pour limite à l’anus une ligne circulaire, irrégulièrement sinueuse, passant par le bord libre des valvules semi-lunaires (voy. Rectum). Nous désignerons cette ligne sous le nom de ligne ano-rectale , dénomination qui rappelle nettement qu’elle constitue la limite séparative entre le rectum et l’anus (ne pas confondre avec la ligne ano-rectale d’ÜERRMANN, qui est située à 8 ou 9 millimètres plus haut). Notre ligne ano-rectale répond très probablement à la cloison anale qui, chez le fœtus, sépare le rectum de la peau, l’entoderme de l’ectoderme (voy. Embryologie).

P) En bas , du côté du périnée, l’anus est délimité par une deuxième ligne, également circulaire, répondant au point où le revêtement cutané de l’anus se continue avec la peau de la région périnéale. Cette ligne que nous appellerons ligne anopérinéale (ligne séparant l’anus du périnée), est très difficile à déterminer, la fusion de la peau modifiée de l’anus avec la peau du périnée se faisant par transition insensible. On admet généralement qu’elje est située à 12 ou 15 millimètres au-dessous de l’orifice anal, à 15 ou 20 millimètres au-dessous de la ligne ano-rectale.

Au total, l’anus se trouve compris entre deux plans parallèles, le premier passant par la ligne ano-rectale et le séparant du rectum, le second passant par la ligne ano-périnéale et le séparant du périnée. Sa hauteur, comme nous l’avons déjà dit plus haut, varie de 15 à 20 millimètres.

3° Conformation extérieure etuntérieure. — Vu extérieurement, l’orifice anal a une forme circulaire, quand il est dilaté, soit par le passage du cylindre fécal, soit par l’introduction d’un corps étranger (le spéculum ani par exemple). A l’état de repos, c’est-à-dire en dehors de l’acte de la défécation, il est complètement fermé et réduit, par conséquent, à une petite fente antéro postérieure (fig.241 .1) , ou même à un simple point. De son pourtour partent en rayonnant un certain nombre de plis, les plis radiés de l'anus : ces plis, qui s’exagèrent par la contraction du sphi ncter, s’effacent complètement par la dilatation de l’orifice.

La peau qui entoure l’orifice anal , a reçu le nom de marge de l'anus

Fig. 242.

Anus, incisé longitudinalement à sa partie antérieure et étalé transversalement.

1, valvules semi-lunaires. — 2, colonnes de Morgagni. — 3, ligne répondant à l’oriCce anal. — 4, ligne ano-rectale. — 5, ligne ano-périnéale. — 6, région de l’anus. — 7, périnée. — 8, zone intermédiaire à la muqueuse rectale et au revêtement cutané de l’anus. — 9, ligne séparative entre la zone intermédiaire et la muqueuse rectale. — 10, muqueuse rectale.

Elle diffère de la peau des autres régions, en ce

qu’elle est plus mince, plus colorée, constamment humide, dépourvue de poils. Les poils ne font leur apparition qu’au voisinage de la ligne ano-périnéale. Ils sont ordinairement plus développés chez l’homme que chez la femme.

Si, maintenant, nous incisons longitudinalement le rectum suivant sa ligne médiane antérieure et si nous l’étalons sur une plaque de liège (fig. 242), nous constatons, tout d’abord, que la ligne circulaire répondant à l’orifice anal, n’est pas nettement marquée : c’est qu’en effet, la zone cutanée, mince et lisse, que nous avons rencontrée tout à l’heure au-dessous de l’orifice anal se continue sans ligne de démarcation jusqu’aux valvules semi-lunaires. Par contre, nous apercevons très nettement les valvules semi-lunaires, avec leur cavité supérieure en nid de pigeon et les colonnettes ( colonnes de Morgagni) qui les surmontent. Mais nous sommes déjà en plein rectum.

Au-dessus des valvules semi-lunaires et dans l’intervalle des colonnes de Morgagni, le rectum nous présente un revêtement qui diffère beaucoup, par son aspect extérieur comme par sa structure, du revêtement cutané de la région anale. Il a, en effet, tous les caractères d’une muqueuse. Il est à remarquer, toutefois, que ce n’est pas encore la muqueuse rectale, mais une zone de transition entre la peau, qui est au-dessous, et la muqueuse véritable, qui commence à 8 ou 9 millimètres au-dessus des valvules semi-lunaires. Nous désignerons cette zone de transition sous le nom de zone intermédiaire ou de zone muqueuse sus-anale. C’est la muqueuse anale de Hermann, dénomination qui me paraît défectueuse par ce fait que la zone en question est placée, non pas dans l’anus, mais au-dessus de l’anus et, par conséquent, fait manifestement partie du rectum.

L’anus nous étant maintenant connu dans sa situation extérieure et intérieure, voyons quelle est sa constitution anatomique.

4° Constitution anatomique. —

Le conduit anal , envisagé au point de vue de sa constitution anatomique , se compose essentiellement d’un appareil musculaire, tapissé en dedans par un revêtement continu, revêtement qui est une peau modifiée.

A. Appareil musculaire. — A la constitution de l’appareil musculaire de l’anus concourent trois ordres de fibres, savoir : 1° des fibres lisses, affectant une disposition circulaire et situées immédiatement en dehors de la muqueuse; elles ne sont autres que le sphincter interne de l'anus; 2° des fibres striées, également circulaires, situées

Fig. 243.

Coupe frontale de la région anale (schématisé d’après une figure de Roux).

1, muqueuse rectale. — 2, peau de l’anus. — 3, fibres circulaires du rectum. — 4, sphincter interne. — 5, sphincter externe. — 6, fibres longitudinales du rectum. — 7, couche externe du releveur de l’anus. — 8, couche interne de ce même muscle, formée par des fibres qui, à ce niveau, descendent vers la peau de l’anus en se mêlant aux fibres longitudinales du rectum.

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en dehors des précédentes et formant par leur ensemble un deuxième sphincter, le sphincter externe de Vanus; 3° des fibres lisses à direction longitudinale, qui descendent, les unes entre les deux sphincters, les autres dans l’épaisseur même de l’un ou l’autre de ces muscles, et qui viennent se terminer à la face profonde de la peau de l’anus. Ces trois ordres de fibres se voient très nettement (fig. 243) sur une coupe longitudinale du rectum'périnéal.

Le sphincter interne, partie intégrante de la tunique musculeuse du rectum, a été déjà décrit, dans le paragraphe précédent, à propos du gros intestin (voy. p. 253) et il en est de même des fibres longitudinales qui, elles aussi, sont une dépendance de la tunique musculeuse du rectum. Nous n’y reviendrons pas ici. Nous rappellerons seulement que ces dernières fibres sont renforcées, sur le rectum périnéal, par de nombreux faisceaux de fibres, en parties lisses, en parties striées, qui proviennent du sacro-coccyx ( muscle rétracteur de Vanus), de l’urèthre ( muscle recto-uréthral) et du releveur de l’anus.

Quant au sphincter externe et au releveur, ils appartiennent aux muscles du périnée et seront décrits plus loin , à propos de l’appareil uro-génital (voy.

liv. X, Muscles du périnée).

Physiologiquement, le sphincter interne et le sphincter externe, par leur tonicité et au besoin par leur contraction, ferment l’orifice anal et s’opposent ainsi à la sortie continuelle et involontaire des matières contenues dans le rectum. En ce qui concerne le releveur, il est généralement admis aujourd’hui, après les recherches anatomiques de Holl, de Roux, de Lesshaft, etc., et les recherches expérimentales de Budge et deMoRESTiN : 1° que la partie externe de ce muscle, ne s’insérant nullement dans la région anale, ne peut avoir aucune action sur l’anus; 2° que, seules, les portions antérieure ( levator ani proprius) et postérieure (* retrac tor ani) agissent sur l’orifice anal, qu’elles élèvent au moment de leur contraction (voy. Muscles du périnée).

B. Revêtement cutané. — Envisagé au point de vue histologique, le revêtement cutané de l’anus est une peau modifiée, différant de la peau ordinaire en ce qu’elle est plus mince, moins riche en papilles et entièrement dépourvue de poils et de glandes.

a. Chorion. — ■ Le chorion au niveau de la ligne ano-rectale prend peu à peu les caractères du derme vrai. A sa surface extérieure se voient de petites élevures, qui sont des papilles rudimentaires. Ces papilles sont d’abord très rares et semées inégalement, de façon à ménager entre elles des espaces considérables où le chorion est entièrement lisse. Elles augmentent en nombre et en dimensions au fur et à

Schéma représentant l’appareil musculaire de l’anus.

1, anus. — 2, revêtement cutané. — 3, coccyx. — 4, raphé ano-coccygien. — 5, raphé ano-bulbaire. — 6, sphincter interne. — 7, sphincter externe, avec : 7’ ses fibres circulaires ; 7” ses fibres entrecroisées (pour la plupart à insertion cutanée). — 8, releveur de l’anus, avec : 8’, son faisceau interne ( levator ani proprius)-, 8”, son faisceau externe.

(Les points rouges placés entre les sphincters ou sur les sphincters représentent les insertions cutanées des fibres longitudinales du rectum).

APPAREIL DE LA DIGESTION

mesure qu’on s’éloigne de l’orifice anal. D’après Herrmann, à ou 13 millimètres au-dessous du bord libre des valvules semi-lunaires, les papilles ressemblent assez bien par leur longueur et leur disposition, à celles qu'on observe sur le reste de la

peau. A 2 ou 3 millimètres plus bas, on voit apparaître les premières glandes

Fig. 245.

Coupe longitudinale de la zone ano-rectale (d’après Herrmann).

a, épithélium polyédrique stratifié de la muqueuse anorectale. — b, épithélium cylindrique de la muqueuse du rectum. — c, épithélium caliciforme des glandes du rectum. — d, muqueuse rectale. — e, muscularis mucosæ, se prolongeant pour former les colonnes de Morgagni. — f, chorion de la muqueuse ano-rectale, avec : g , son réseau élastique. — h, tissu cellulaire sous-muqueux.

sous forme de follicules sébacés, s’ouvrant dans des follicules pileux encore tout petits. Bientôt, enfin, se montrent des glandes sudoripares volumineuses, les glandes circumanales de Gay, lesquelles ne diffèrent pas morphologiquement des glandes sudoripares ordinaires.

b. Épithélium. — L’épithélium de son côté, se transforme graduellement, sur le bord libre et sur le côté interne des valvules semi- lunaires, en épiderme vrai. A 12 millimètres au-dessous de la ligne ano-rectale, la couche basilaire du corps muqueux est nettement constituée et se charge d’une quantité notable de pigment (Herrmann).

C. Zone de transition entre le revêtement cutané de l’anus et la muqueuse digestive, muqueuse sus-anale. — La zone de transition entre le revêtement cutané de l’anus et la muqueuse du rectum s’étend de la ligne ano-rectale (ligne passant par le bord libre des valvules semi-lunaires) jusqu’à une deuxième ligne fortement

sinueuse, assez mal accusée du reste, au niveau de laquelle apparaissent brusquement les orifices glandulaires de la muqueuse rectale : c’est la muqueuse anale d’HERRMANN, dénomination inexacte comme nous l’avons dit plus haut, à laquelle nous avons substitué celle, plus juste à notre avis, de muqueuse sus-anale ou de muqueuse de transition. Cette muqueuse sus-anale, à laquelle se rattachent les godets des valvules semi-lunaires et les colonnes de Morgagni, mesure de 5 à 10 millimètres de hauteur. Histologiquement, elle nous offre à considérer un chorion , un épithélium et des glandes :

a. Chorion. — Le chorion est formé par une large nappe de faisceaux conjonctifs disposés parallèlement à la surface, doublée sur sa face profonde par un réseau de fibres élastiques de moyenne grosseur (Herrmann). Il renferme un certain nombre de follicules clos, de petites dimensions (0mm,6 à 0mm,8), irrégulièrement disséminés au-dessous de l’épithélium.

Fig. 246.

Petite glande en grappe de la muqueuse anorectale (d’après Herrmann).

a, épithélium cylindrique stratifié de la muqueuse. — ô, conduit excréteur de la glande, ayant le même épithélium. — c, acinus glandulaire présentant un épithélium spécial.

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b. Epithélium. — L’épithélium se présente sous deux formes : polyédrique stratifié sur les colonnes de Morgagni; prismatique stratifié dans l’intervalle des colonnes. Il se compose de trois à huit assises de cellules, dont les plus superficielles s’aplatissent parfois comme dans les épithéliums pavimenteux stratifiés. Il se rapproche ainsi de l’épiderme ; mais il en diffère, entre autres caractères, en ce qu’il ne renferme, ni cellules crénelées, ni cellules cornées.

c. Glandes. — Les glandes sont peu nombreuses et, pour la plupart, mal caractérisées. Ce sont, d’abord des glandes en tube simples, analogues à celles que l’on rencontre sur la muqueuse rectale (glandes rectales erratiques) : elles existent jusqu’à3 millimètres au-dessus de la limite supérieure de notre zone de transition. Ce sont, ensuite, de simples dépressions tubuleuses, s’enfonçant obliquement dans le tissu sous-muqueux à une profondeur variable et aboutissant à une excavation anfractueuse, que tapisse un épithélium polyédrique ou cubique à un ou deux rangs : Herrmann, auquel nous devons la description de ces dépressions tubuleuses, a cru devoir les considérer comme la forme la plus simple des sinus ou cryptes muqueux. Dans quelques-unes de ces excavations, cependant, il a vu s’ouvrir de petits culs-de-sac glandulaires, qui, pour lui, seraient les rudiments des glandes anales de certains animaux.

5° Vaisseaux et nerfs. — La circulation et l’innervation de l’anus se confondent en grande partie avec celles du rectum et celles du périnée :

A. Artères. — Les artères de l’anus (fig. 247) proviennent' pour la plupart de l’hémorrhoïdale inférieure, branche de la honteuse interne; elles sont extrêmement nombreuses, mais de tout petit calibre. Comme nous l’avons déjà vu à propos du rectum, elles s’anastomosent constamment, d’une part avec la terminaison de la sacrée moyenne, d’autre part avec les deux autres hémorrhoïdales.

B. Veines. — Les veines de l’anus ont été décrites plus haut, à propos des veines du rectum (voy. Rectum).

C . Lymphatiques. — Les lymphatiques de l’anus ont été particulièrement bien étudiés en 1893 par Quénu, en 1895 par Gerota.

Nous avons déjà vu plus haut (voy. Rectum, p. 258) que la portion supérieure de la région anale présentait un réseau lymphatique à mailles serrées, dont les efférents se rendaient, en partie aux ganglions ano-rectaux, en partie (en suivant le trajet de la veine hémorrhoïdale moyenne) aux

ganglions hypogastriques. Les artères du rectum et de l’anus,

vue antérieure.

1 et i\ portion péritonéale et portion infra-péritonéale du rectum. — 2, péritoine, relevé au niveau du cul-de-sac vésico-rectal. — 3, releveur de l’anus. — - 4, sphincter externe, réséqué à sa partie moyenne. — 5, anus. — 6, portion terminale de la mésentérique inférieure. — 7, 7’, artères hémorrhoïdales supérieures. — 8, 8’, artères hémorrhoïdales moyennes. — 9, 9’, artères hémorrhoïdales inférieures. — 10, anastomoses sous-sphinctériennes de ces différentes artères.

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.

Quant à la portion inférieure de la région, je veux dire à celle qui répond au revêtement cutané de l’anus, elle possède elle aussi un riche réseau lymphatique, superficiellement placé dans le derme. Ce réseau communique, en haut, avec celui du rectum, en bas avec celui du périnée. Il donne naissance, à droite et à gauche, à un grand nombre de troncules, qui, en se réunissant les uns aux autres, se condensent, de chaque côté, en trois ou quatre troncs. Ces troncs, se portant d’arrière en avant et de dedans en dehors, dans le tissu cellulaire sous-cutané, remontent sur le côté interne de la cuisse et, finalement, viennent se jeter dans les ganglions superficiels du pli de l’aine. Quénu, sur seize préparations les a vus aboutir : dans sept cas, au groupe supéro-interne ; dans cinq cas, au groupe inféro-interne ; dans quatre cas, aux deux groupes à la fois. Les recherches de Gerota confirment ces conclusions. Exceptionnellement, les lymphatiques de l'anus se jettent dans les ganglions inguinaux externes, c’ést-à-dire dans les ganglions placés en dehors de l’abouchement de la veine saphène interne dans la veine fémorale.

D. Nerfs. — Les nerfs de l’anus sont très nombreux, mais très grêles. Ils proviennent de deux sources : du plexus sacré et du plexus hypogastrique :

Le plexus sacré fournit à l’anus le nerf hémorrhoïdal ou anal. Ce nerf, qui naît tantôt du plexus sacré, tantôt du nerf honteux interne, se porte vers l’anus et s’y termine par deux ordres de filets : des filets sensitifs , qui se distribuent au revêtement cutané ; dés filets moteurs , qui se perdent dans le sphincter externe.

Les filets nerveux du rectum qui proviennent du plexus hypogastrique renferment également des fibres motrices et des fibres sensitives : les premières sont destinées au sphincter interne ; les secondes se perdent dans la partie supérieure du revêtement cutané. Pillet (1892) a signalé l’existence, au-dessous du revêtement cutané de l’anus, de corpuscules de Pacini. Ils sont situés dans le tissu cellulaire sous-dermique, tantôt isolés, tantôt réunis par groupe de deux ou trois.

Voyez, au sujet de l’anus : Duret, Recherches sur la pathogénie clés hémorrhoïdes, Arcli. gén. de méd., 1879 ; — Herrmann. Sur la structure et le développement de la muqueuse anale, Th. Paris, 1880 ; — Symington, The rectum and anus , Journ. of Anat. and Physiol., 1888 ; — Pillet, Note sur la présence de corpuscules de Pacini dans la muqueuse anale de l'homme , Bull. Soc. anat., 1892; — Quénu, Etude sur tes veines du rectum et de l'anus , Bull. Soc. anat., Paris, 1892; — du même. Vaisseaux lymphatiques de l anus, Bull. Soc. anat., 1893 ; — Gerota, Die Lymphge fasse des Rectum u. des Anus, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1895.

(Voy. aussi la Bibliographie du gros intestin, p. 259).

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