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GLANDES SALIVAIRES

Les organes glandulaires annexés à la cavité buccale, analogues en cela aux glandes de l’œil et aux glandes cutanées, ne se montrent phylogénétiquement que lorsque l’animal passe de la vie aquatique à la vie terrestre. Primitivement, elles ont pour simple fonction d’humecter la muqueuse buccale et de la protéger ainsi contre le dessèchement. Mais, plus tard, au fur et à mesure que l’animal s’élève en organisation, elles se différencient, elles aussi, en vue de s’adapter à une fonction nouvelle, qui est celle de sécréter un ferment digestif, la salive.

Ces glandes sont de deux ordres. —

Les unes, toutes petites, se disséminent dans l’épaisseur de la muqueuse ou au-dessous d’elle : sous les noms

(Le maxillaire inférieur a été réséqué du côté droit, depuis la symphyse jusqu’à la branche montante.)

A, parotide, avec A’, son prolongement antérieur. — B, glande sous-maxillaire. — C, glande sublinguale. — D, glande de Nühn ou de Blandin. — E. glande de Weber. \

a, canal de Sténon. — b , canal de Warthon avec b\ son orifice sur le plancher de la bouche. — c, canaux sécréteurs de la sublinguale.

1, sterno cléido-mastoïdien. — 2, ventre postérieur du digastrique. — 3, 3’, mylo -hyoïdiens droit et gauche. — 4, hypoglosse, -r- 5, génio-glosse. — 6, pharyngoglosse. — 7, génio-hyoïdien. — 8, masséter. — 9, buccinateur. — 10, constricteur moyen du pharynx. — 11, artère carotide primitive. — 12, veine jugulaire interne. — 13, artère carotide externe. — 14, artère linguale. — 15, artère faciale. — 16, veine faciale. — 17, artère temporale superficielle. — 18, artère transversale de la face. — 19, nerf facial. — 20, nerf auriculo-temporal. — 21, nerf lingual, un peu déplacé en haut par suite du changement de position de la langue.

Fig. 248.

Vue d’ensemble des glandes salivaires ) côté droit) .

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divers de glandes labiales , glandes molaires, glandes palatines , etc., elles ont été déjà décrites à propos de la bouche et de la langue (voy. plus haut). — Les autres, beaucoup plus volumineuses et plus hautement différenciées , se disposent autour de la cavité buccale à la manière d’un fer à cheval, qui s’étend d’une articulation temporo-maxillaire à l’autre, en suivant assez régulièrement la courbure du maxillaire inférieur: ce sont les glandes salivaires proprement dites. Elles sont toujours situées en dehors de la muqueuse et sont mises en relation avec la cavité buccale à l’aide de canaux excréteurs souvent très longs. Au nombre de six, trois de chaque côté (fig. 248), elles se distinguent, d’après leur situation, en parotides, sous-maxillaires et sublinguales. Nous consacrons à chacune d’elles un paragraphe distinct.

§ I. — Glande parotide

La glande parotide, ainsi appelée en raison de ses rapports de voisinage avec le conduit auditif externe (de -irapà, auprès et oGç, wxôç, oreille), est la plus volumineuse des glandes salivaires. Elle se trouve située en arrière de la branche du maxillaire inférieur dans une excavation profonde, que l’on désigne, en anatomie topographique, sous le nom de loge parotidienne. Nous décrirons, tout d’abord, cette loge ; nous étudierons ensuite la glande parotide et son canal excréteur.

A. — Loge et aponévrose parotidienne

La loge anfractueuse qui renferme la parotide (fig. 249 et 250) est circonscrite, dans la plus grande partie de son étendue, par une couche de tissu cellulaire, généralement très mince, mais acquérant sur certains points tous les caractères des lames aponévrotiques : cette couche celluleuse disposée tout autour de la glande est désignée, dans son ensemble, sous le nom d ' aponévrose parotidienne .

1° Aponévrose parotidienne. — L’aponévrose parotidienne, comme nous l’avons déjà vu en myologie (voy. Aponévroses du cou), est une dépendance de l’aponévrose cervicale superficielle.

Si nous prenons cette aponévrose à sa partie postérieure, au moment où elle abandonne le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien et si nous la suivons de là vers la face, nous la voyons (fig. 249) se dédoubler et former ainsi deux feuillets, l’un superficiel, l’autre profond. — Le feuillet superficiel (7), continuant la direction de l’aponévrose qui revêt la face externe du sterno-cléidomastoïdien se porte directement vers la face, en suivant la face profonde de la peau. Arrivé à la face, il s’attache successivement ; 1° par sa portion inférieure, sur l’angle du maxillaire inférieur; 2° par sa portion moyenne, en partie sur le bord postérieur de cet os, en partie sur l’aponévrose massétérine ; 3° par sa partie supérieure, sur le bord inférieur de l’arcade zygomatique. — Le feuillet profond (8), se séparant du précédent au niveau du bord antérieur du sternocléido-mastoïdien, se porte tout d’abord vers le pharynx. Il revêt successivement, dans cette première partie de son trajet : 1° le ventre postérieur du digastrique ; 2° l’apophyse styloïde et le ligament stylo-hyoïdien, auxquels elle adhère intimement ; 3° les trois muscles qui naissent de l’apophyse styloïde (stylo-pharyngien, stylo-glosse et stylo-hyoïdien) et qui, sous le nom de bouquet de Riolan, descendent de cette apophyse vers le pharynx, la langue et l’os hyoïde. Puis, s’infléchissant en avant et remontant vers les couches superficielles, notre feuillet

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profond recouvre une partie de la face postérieure du muscle ptérygoïdien interne et arrive bientôt après sur le bord postérieur de la branche du maxillaire. Là, il rejoint le feuillet superficiel, soit directement, soit par l’intermédiaire de l’aponévrose massétérine, et de nouveau il se réunit à lui.

Il existe donc, en réalité, deux aponévroses parotidiennes : l’une superficielle et régulièrement plane (7), qui s’étend, au-dessous de la peau, du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien à la région massétérine ; l’autre profonde (8), recourbée en forme de gouttière, ressemblant assez bien à un demi-cylindre, dont la conca-

Schéma de la loge parotidienne, vue en coupe horizontale (côté gauche, segment inférieur de la coupe).

1, branche du maxillaire inférieur. — 2, apophyse styloïde et muscles styliens. — 3, masséter. — 4, ptérygoïdien interne. — 5, digastrique. — 6, sternocléido-mastoïdien. — 7, aponévrose parotidienne superficielle. — 8, aponévrose parotidienne profonde. — 9, pharynx. — 10, orifice pharyngien de la loge parotidienne. — 11, carotide interne. — 12, jugulaire interne. — 13, peau. — 14, tissu cellulaire sous-cutané.

Fig. 249 bis.

Schéma de la loge parotidienne, vu en coupe vertico-transversale (côté gauche, segment antérieur de la coupe).

1, conduit auditif externe. — 2, paroi inférieure du crâne. — 3, apophyse styloïde. — 4, muscles styliens. — 5, aponévrose parotidienne superficielle. — 6, aponévrose parotidienne profonde. — 7, leur fusion à la partie inférirure de la loge. — 8, flèche indiquant la situation de l'orifice pharyngien de la loge, lequel est placé sur un plan antérieur à la coupe. — 9, carotide interne. — 10, jugulaire interne. — 11, carotide exterre. — 12, jugulaire externe. — 13, peau. — 14, tissu cellulaire souscutané.

vité regarde l’aponévrose superficielle et dont la convexité confine au pharynx.

Nous venons de dire que les deux aponévroses parotidiennes se rejoignent et se confondent sur deux points : en arrière, au niveau du sterno-cléido-mastoïdien ; en avant, au niveau de la branche du maxillaire. Voyons maintenant, pour compléter leur description, comment elles se comportent en bas et en haut, autrement dit au niveau de leur bord supérieur et de leur bord inférieur. — En bas (fig. 250), l’aponévrose profonde rejoint de la même façon l’aponévrose superficielle, au niveau de l’étroit espace qui sépare le sterno-cléido-mastoïdien de l’angle de la mâchoire. De cette union (7) résulte une aponévrose unique, qui descend dans la région sus -hyoïdienne et qui se dédoublera de nouveau, un peu plus bas, pour envelopper la glande sous-maxillaire. A ce niveau, la partie tout inférieure de l’apo-

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névrose parotidienne profonde sépare Tune de l’autre (fig. 250) les deux glandes voisines : c’est la cloison sous-maxillo-parotidienne ou interglobulaire. — En haut (fig. 249 bis), l’aponévrose parotidienne superficielle se fixe à l’arcade zygomatique et à la portion fibro-cartilagineuse du conduit auditif externe. Quant

à l’aponévrose parotidienne profonde, après avoir tapissé comme nous l’avons vu, le côté antéro-externe des muscles styliens, elle s’applique à la base de l’apophyse styloïde et s’arrête là : au lieu de se recourber en dehors pour aller à la rencontre de l’aponévrose superficielle, elle prend insertion sur la face inférieure du temporal, en se confondant là avec le périoste de la base du crâne. Gomme on le voit, elle est séparée de l’aponévrose superficielle, à ce niveau, par tout l’intervalle qui se trouve compris entre la base de l’apophyse styloïde et l’arcade zygomatique.

2° Loge parotidienne. — L’espace compris entre les deux feuillets aponévrotiques que nous venons de décrire constitue la loge parotidienne et nous voyons déjà, par le simple exposé qui précède, que cette cavité n’est pas une loge exclusivement aponévrotique, mais bien une loge ostéo-aponévrotique : loge ostéo-aponévrotique, qui est formée en haut par une partie de la base du crâne et qui est circonscrite partout ailleurs par des lames aponévrotiques ou tout au moins celluleuses.

Nous devons ajouter que la loge parotidienne n’est pas entièrement close. Elle est percée, à sa partie la plus profonde, d’un premier orifice (fig. 249, 10), qui est en regard de la paroi latérale du pharynx et qui livre passage à un prolongement de la parotide. Elle nous présente en outre, à sa partie antéro-inférieure, un deuxième orifice pour le passage de la carotide externe (fig. 250, 11) qui de la région sushyoïdienne passe dans la région parotidienne. A sa partie inférieure, enfin, se voit un troisième orifice (fig. 294 bis , 12) destiné à la jugulaire externe et, parfois aussi, au niveau de l’angle du maxillaire, un quatrième orifice (fig. 250) pour une veine anastomotique allant de la jugulaire à la faciale.

L’aponévrose et la loge parotidiennes nous étant maintenant connues, nous pouvons aborder fructueusement l’étude de la glande parotide proprement dite.

B. — Glande parotide proprement dite, son canal excréteur

1° Forme. — La glande parotide remplit la loge parotidienne et se moule exactement sur les parois de cette loge, comme le ferait une cire molle qu’on aurait

Fig. 250.

Les deux loges parotidienne et sous-maxillaire, avec la lame fibreuse (aponévrose interglandulaire) qui les sépare.

1, os hyoïde. — 2. sterno-cléido-mastoïdien recouvert par son aponévrose. — 3, masséter. — 4, parotide, dont la partie inférieure a été enlevée. — 5, loge parotidienne. — 6, loge sous-maxillaire, vue après ablation de la glande. — 7, lame fibreuse (aponévrose interglandulaire) séparant les deux loges. — 8, ventre antérieur du digastrique. — 9, muscles sous-hyoïdiens. — 10, 10’, artère et veine faciales. — 11, jugulaire externe. — 12, anastomose allant de la jugulaire à la faciale. — 13, aponévrose cervicale superficielle.

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coulée dans son intérieur. Elle reproduit, par conséquent, avec la plus grande fidélité la forme de cette dernière : c’est assez dire qu’elle est fort irrégulière et, de ce fait, difficilement comparable à une forme géométrique déterminée. Nous pouvons cependant, pour la commodité de la description, la considérer comme un prisme triangulaire à grand axe vertical, dont l’une des trois faces regarderait en dehors, les deux autres étant antérieure et postérieure.

2° Coloration. — La glande parotide revêt une coloration gris jaunâtre, qui se confond presque avec celle du tissu adipeux environnant. La masse glandulaire se distingue de la graisse, cependant, en ce qu’elle présente une teinte plus grise, qu’elle est plus résistante et plus régulièrement lobulée.

3° Volume et poids. — Le volume de la parotide varie beaucoup suivant les sujets. Gomme le fait remarquer Sappey, en comparant entre elles celles qui appartiennent aux types extrêmes, on constate que les plus petites seraient aux plus volumineuses comme le chiffre 1 est au chiffre 5. — Des trois diamètres de la glande, le diamètre vertical, le plus considérable des trois, s’étend depuis la base de l’apophyse styloïde jusqu’à 10 ou 15 millimètres au-dessous de l’angle de la mâchoire. — En largeur, la parotide occupe l’intervalle compris entre la branche du maxillaire et le sterno-cléido-mastoïdien. — En profondeur, enfin, elle s’étend depuis l’aponévrose superficielle jusque sur les côtés du pharynx.

Le poids moyen de la parotide est de 25 à 30 grammes.

4° Rapports. — La parotide a des rapports à la fois très nombreux et très complexes ; mais l’étude de ces rapports nous sera grandement facilitée par la description, précédemment faite, de la loge parotidienne. Nous examinerons séparément: 1° ceux qu’elle présente avec les organes qui se trouvent situés tout autour de la loge aponévrotique (: rapports périphériques ou extérieurs)', 2° ceux qu’elle présente avec les organes qui sont contenus dans la même loge qu’elle (: rapports intérieurs) .

A. Rapports extérieurs de la parotide. — La parotide, avons-nous dit plus haut, revêt la forme d’un prisme triangulaire. Nous pouvons donc lui considérer trois faces, trois bords et deux extrémités :

a. Faces. — Les trois faces se distinguent, comme nous l’avons dit tout à l’heure, en externe, antérieure et postérieure :

a) La face externe, plane ou légèrement convexe, répond à la peau, dont elle est séparée par l’aponévrose superficielle et par une couche plus ou moins épaisse de tissu cellulaire, le tissu cellulaire sous-cutané . Dans le tiers inférieur de cette couche se voient les pâles faisceaux du muscle risorius.

P) La face postérieure, extrêmement irrégulière, est successivement en rapport (fig. 249) : 1° superficiellement, avec l’apophyse mastoïde et le muscle sterno-cléidomastoïdien ; 2° plus profondément, avec le ventre postérieur du digastrique, l’apophyse styloïde et les trois muscles qui s’en détachent. On voit parfois un prolongement de la parotide (; prolongement postérieur) s’insinuer entre le sternocléido-mastoïdien et le digastrique.

y) La face antérieure (fig. 249) se creuse en une gouttière verticale, qui embrasse par sa concavité le bord postérieur ou parotidien du maxillaire : une nappe de tissu conjonctif lâche, sorte de synoviale rudimentaire, favorise les mouvements de glissement de ce bord sur la masse glandulaire. Cette face antérieure de la parotide est encore en rapport : en dehors du maxillaire, avec le masséter ; en dedans du maxillaire, avec le ptérygoïdien interne. Ici encore, on peut voir la masse glandulaire envoyer un mince prolongement dans l’étroit espace qui sépare ce dernier muscle

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delà branche du maxillaire; mais ce prolongement, qu’on pourrait appeler prolongement ptéry gordien de la parotide, est beaucoup plus rare que le précédent et, quand il existe, il est toujours très court.

b. Bords. — Les trois bords de la parotide, à leur tour, se distinguent en postérieur, antérieur et interne :

a) Le bord postérieur est en rapport, en haut, avec l’apophyse mastoïde et, plus bas, avec le sterno-cléido-mastoïdien.

P) Le bord antérieur, mince et inégal, ordinairement oblique en bas et en arrière, répond au masséter. Il se prolonge plus ou moins loin sur la face externe de ce muscle, mais sans sortir de la loge parotidienne, qu’il se contente de repousser devant lui . Ce prolongement (fig. 248, A’), connu sous le nom de prolongement antérieur ou génien de la parotide, se présente ordinairement sous la forme d’un cône aplati, dont la base fait corps avec la glande et dont le sommet est situé un peu en arrière du bord antérieur du masséter.

y) Le bord interne, profondément situé dans l’excavation parotidienne, regarde le pharynx. Il répond à l’apophyse styloïde et, au delà de cette apophyse, au paquet vasculo-nerveux que nous avons signalé plus haut (voy. p. 76) sur les côtés du pharynx, savoir : la carotide interne, la jugulaire interne et les quatre nerfs pneumogastrique, glosso-pharyngien, spinal et grand hypoglosse. Ces différents organes sont toujours très rapprochés de la parotide. La carotide interne, notamment, n’en est séparée que par la faible épaisseur de l’aponévrose, que, souvent même, elle déprime en gouttière ; mais, dans aucun cas, elle ne pénètre dans la loge elle-même. Du bord interne de la parotide se détache ordinairement un prolongement, prolongement interne ou pharyngien, qui sort de la loge parotidienne par un orifice décrit plus haut et se porte ensuite en dedans, du côté du pharynx. Ce prolongement, dont l’importance est grande en chirurgie, est à peu près constant (7 ou 8 fois sur 10), mais son développement est très variable : tantôt c’est une simple saillie, en forme de mamelon, qui est rattachée à la masse glandulaire par une large base; tantôt, au contraire, c’est un volumineux lobule, à peu près isolé, qui n’est relié à la parotide que par un étroit pédicule. Quoi qu’il en soit de

Fig. 251.

La parotide, vue en place, après ablation des divers plans qui la recouvrent.

1, parotide. — 2, canal de Sténon. — 3, glandes molaires. — 4, glandes sousmaxillaires. — 5, aponévrose intorglandulaire. — 6, apophyse mastoïde. — 7, zvgoma. — 8, maxillaire inférieur. — 9, apophyse styloïde. — 10, masséter. — 11, sterno-cléido-mastoïdien. — 12, ventre postérieur du digastrique, avec son nerf. — 13, buccinateur. — 14, artère faciale, avec sa veine. — 15, artère temporale superficielle, avec sa veine et le nerf auriculo-temporal. — 16, artère transversale de la face. — 17, veine jugulaire externe. — 18, tronc du facial avec sa bifurcation; la glande (pour bien le laisser voir) a été érignée en avant ; tout le long du bord antérieur de la glande s’échappent, en divergeant, les branches terminales de ce nerf.

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sa forme, qu’il soit d’autre part sessile ou pédicule, le prolongement pharyngien de la parotide passe toujours en avant du paquet vasculaire et, d’autre part, s’étend jusqu’à la paroi latérale du pharynx.

c. Extrémités. — Les deux extrémités de la parotide se distinguent en supérieure et inférieure :

a) L’ extrémité supérieure, fort irrégulière comme les parties contre lesquelles elle s’applique, répond à cette portion de la loge parotidienne qui est formée par une paroi osseuse (fig. 250). Elle recouvre l’articulation temporomaxillaire sur une grande partie de son pourtour et, d’autre part, elle embrasse la portion inférieure des portions cartilagineuse et osseuse du conduit auditif externe. Un tissu cellulaire, ordinairement assez lâche, unit la glande à ce conduit.

P) L 'extrémité inférieure regarde la région sus-hyoïdienne.

Elle répond à l’extrémité postérieure de la glande sous-maxillaire, dont elle est séparée par une cloison fibreuse , que l’on pourrait appeler la cloison sousmaxillo -parotidienne et qui n’estl, comme nous l’avons dit plus haut, qu’une portion de l’aponévrose cervicale superficielle, presque toujours renforcée à ce niveau par un certain nombre detractus fibreux ascendants, qui vont du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien à l’angle de la mâchoire. Ces tractus fibreux, qui sont parfois très développés et dont quelques auteurs ont voulu faire une formation spéciale, sont tout simplement les restes de l’insertion du sterno-cléido-mastoïdien sur le maxillaire (voy. Sterno-cléido-mastoïdien) , insertion qui a disparu chez l’homme, mais que l’on observe encore normalement chez quelques mammifères.

B . Rapports intérieurs de la parotide. — Outre la parotide, la loge parotidienne renferme encore des artères , des veines, des lymphatiques et des nerfs , qui présentent avec la masse glandulaire des rapports intimes.

a. Avec les artères. — La principale des artères qui traversent la région parotidienne est la carotide externe. Cette artère pénètre dans la loge par sa partie antéro-interne, à l’union de son quart inférieur avec ses trois quarts supérieurs (fig. 250, 11). Elle chemine, d’abord, quelque temps entre l’aponévrose et la glande; puis, arrivée à la partie moyenne de cette dernière, elle s’engage dans son épaisseur et gagne ainsi, en plein tissu glandulaire, le col du condyle, en suivant un trajet oblique de bas en haut, de dedans en dehors et un peu d’avant en arrière.

C’est là la disposition ordinaire, celle même qu’on rencontre presque toujours.

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.

Fig. 252.

Coupe horizontale de la face, passant un peu au-dessus de Forifice supérieur du canal dentaire (sujet congelé, côté gauche, segment inférieur de la coupe).

1, amygdale. — 2, glosso-staphylin. — 3, pharyngo-staphylin. — 4, paroi latérale du pharynx. — 5, ptérygoïdien interne. — 6, maxillaire inférieur. — 7, espace maxillo-pharvngien. — 8, masséter. — 9, apophyse stvloïde, avec ses trois muscles styliens. — 10, carotide interne. — 11, jugulaire interne. — 12, pneumogastrique. — 13, sympathique cervical. — 14, carotide externe. - — 15, artère occipitale.— 16, parotide. — 17, sterno-cléido-mastoïdien. — 18, digastrique.— xx, axe transversal passant par le milieu de l’amygdale.

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Plus rarement, l’artère carotide se contente de se creuser un sillon dans la partie antéro-interne de la glande parotide; plus rarement encore, elle effectue la totalité de son trajet en dehors de la loge parotidienne, entre celle-ci et le pharynx.

Au cours de son trajet intra-parotidien, la carotide externe fournit Y auriculaire postérieure (fig. 254, la) : cette artère est donc contenue, à son origine, dans l’épaisseur même de la parotide. Il en est de même de la temporale superficielle et de la maxillaire interne, les deux branches terminales de la carotide, qui, 6 comme on le sait, prennent naissance au niveau du

col du condyle, pour se porter de là, la première dans la région temporale, la seconde dans la fosse ptérygo-maxillaire.

b. Avec les veines. — Un peu en dehors de la carotide externe, et sur un plan plus antérieur, chemine une grosse veine, la veine jugulaire externe. Elle naît au niveau ou un peu au-dessous du col du condyle, où elle résulte de la réunion de la temporale superficielle et de la maxillaire interne. Elle se dirige ensuite en bas, en cheminant dans l’épaisseur de la parotide, jusqu’au niveau de l’angle de la mâchoire. Là, elle se dégage de la glande d’abord, de la loge aponévrotique ensuite (fig. 254, 12) et, devenue superficielle, se jette sur la face externe du sterno-cléidomastoïdien. — Dans son trajet intra-parotidien, la jugulaire externe reçoit quelques affluents, notamment la transversale de la face et Y auriculaire postérieure. — On voit assez fréquemment, presque toujours, la veine jugulaire externe, un peu avant de se dégager de la glande, envoyer une anastomose, parfois très volumineuse, soit à la veine faciale, soit à la jugulaire interne (fig. 254). Cette anastomose, tantôt horizontale, tantôt obliquement descendante, traverse naturellement elle aussi la glande parotide.

c. Avec les lymphatiques. — La loge parotidienne est encore traversée par des vaisseaux lymphatiques, pour la plupart très volumineux, qui proviennent du crâne ou de la face. Ces lymphatiques aboutissent à de nombreux ganglions dits intra-paroti-

d’après la situation qu’ils occupent, en superficiels et

Coupe horizontale de la face, passant un peu au-dessous de l’échancrure sigmoïde (sujet congelé, côté droit, segment inférieur de la coupe).

1, maxillaire inférieur. — 2, masséter, avec 2’, son aponévrose. — 3, buccinateur. — 4, boule graisseuse de Bichat

— 5, ptérygoïdien externe. — 6, apophyse styloïde, avec les muscles styliens.

— 7, carotide interne. — 8, jugulaire interne. — 9, carotide externe. — 10, 10’, artère maxillaire interne, coupée ■sur deux points et très obliquement. — 11, tendon du temporal. — 12, glande parotide.

diens, que nous diviserons profonds.

a) Les ganglions superficiels répondent à la face externe de la parotide ; ils sont tous situés au-dessous de l’aponévrose et sont généralement recouverts, en partie ou en totalité, par le tissu glandulaire. On les distingue en trois groupes : 1° un groupe supérieur , comprenant deux ou trois petits ganglions, qui occupent le tiers supérieur de la glande; ils sont le rendez-vous des lymphatiques temporaux; 2° xm groupe antérieur , formé par de tout petits ganglions, qui sont situés un peu au-dessous et en avant des précédents ; ils reçoivent les lymphatiques du sourcil, de la partie externe des paupières et des téguments de la pommette; 3° un groupe postérieur , comprenant deux ou trois ganglions, qui se disposent le long du bord

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antérieur du sterno-cléido-mastoïdien ; à ce groupe aboutissent des lymphatiques venus de la moitié postérieure du pavillon de l’oreille. Les ganglions superficiels de la loge parotidienne reçoivent comme afférents un certain nombre de lympha-

tiques qui proviennent de la face ou du crâne, notamment : les lymphatiques de la peau de la racine du nez, des paupières et des deux régions frontale et temporale ; ceux de la face externe du pavillon de l’oreille; ceux du conduit auditif externe et de la caisse du tympan.

P) Les ganglions profonds, remarquables parleur petitesse, sont accolés à la carotide externe et à la jugulaire interne. D’après Poulsen, on en trouverait constamment un à la partie inférieure de la loge parotidienne tout au voisinage de l’angle du maxillaire. A ces ganglions profonds aboutissent des lymphatiques venus du conduit auditif externe, du voile du palais et de la partie postérieure des fosses nasales.

Les efférents des ganglions intraparotidiens se rendent : en partie à un ou deux ganglions qui se trouvent situés tout à côté de la jugulaire externe au niveau du point où elle s’échappe de la loge parotidienne ; en partie aux ganglions situés au-dessous du sterno-cléidomastoïdien.

d. Avec les nerfs. — Deux nerfs importants se fraient un passage à travers la parotide : ce sont le facial et Y auriculo-temppral.

a) Le facial, nerf moteur, s’échappe du crâne par le trou stylomastoïdien (fig. 254,18). A peine sorti de ce trou, il s’engage dans l’épaisseur de la parotide, en se dirigeant obliquement d’arrière en avant, de dedans en dehors et un peu de haut en bas. Dans ce trajet, le nerf facial, tout d’abord profondément situé, se rapproche peu à

Fig. 254.

Le creux parotidien après ablation de son contenu.

(La mâchoire inférieure est incomplètement luxée en avant de manière à mieux découvrir l’arrière-fond de la cavité.)

A, conduit auditif externe. — B, apophyse vaginale et partie postérieure de la cavité glénoïde. — C, apophyse styloïde. — D, apophyse mastoïde. — E, bord postérieur du maxillaire inférieur. — F. angle de la mâchoire. — G, articulation temporomaxillaire.

1, muscle sterno-cléido-mastoïdieD, recouvert par l’aponévrose superficielle. — 1’ son bord antérieur, au niveau duquel le feuillet externe de cette aponévrose a été réséqué. — 2; muscle digastrique et 3, muscles stvliens, recouverts par le feuillet profond. — 4, orifice pharyngien de la loge parotidienne. — 5, masséter. — 6, cloison sous-maxillo-parotidienne, au-dessous de laquelle se voit une anastomose entre les deux jugulaires. — 7, glande sous-maxillaire. — 8, carotide externe. — 9, 9’, vaisseaux maxillaires internes. — 10, vaisseaux temporaux superficiels. — 11, vaisseaux transversaux de la face. — 12, veine jugulaire externe. — 13, artère occipitale. — 14, veine occipitale. — 15, 15’, vaisseaux auriculaires postérieurs. — 16, une petite artère massétérine. — 17, artère stylo-mastoïdienne. — 18, nerf facial, avec 18’, ses branches. — 19. prolongement antérieur de la parotide. — 20, nerf auriculo-temporal. — 2i, plexus veineux massé térin. — 22, peau et tissu cellulaire sous-cutané. — 22, peaucier. — 24, ganglion préauriculaire.

peu de la surface externe de la glande: mais, quel que soit le point où on le considère, on le trouve toujours placé en dehors de la carotide et de la jugulaire externes. En atteignant le bord postérieur de la branche du maxillaire, quelque-

APPAREIL DE LA DIGESTION

fois plus tôt, il se bifurque en deux branches terminales, la branche temporofaciale et la branche cervico-faciale : cette bifurcation s’effectue dans l’épaisseur même de la parotide et, par conséquent, les deux branches précitées se trouvent situées à leur origine en plein tissu glandulaire.

.p) \J auriculo -temporal, branche du maxillaire inférieur, traverse de dedans en dehors et de bas en haut la partie toute supérieure de la parotide (fig. 254,20). Il se dégage du tissu glandulaire un peu au-dessous de l’arcade zygomatique, pour contourner cette arcade et gagner la région temporale où, pour le moment, nous n’avons pas à la suivre (voy. Nerf facial).

5° Constitution anatomique. — La giande parotide est le type des glandes en grappe. Elle a pour éléments essentiels de toutes petites masses de forme pyramidale, que l’on désigne sous le nom N acini : c’est dans l’acinus qu’est sécrétée la salive parotidienne. Un nombre plus ou moins considérable d’acini se groupent ensemble pour former un segment glandulaire plus important, appelé lobule primitif. A leur tour, un certain nombre de lobules primitifs se réunissent entre eux pour donner naissance à un lobule composé ou lobule secondaire. Enfin, l’ensemble de tous les lobules composés constitue la glande. Ces divers segments glandulaires sont reliés entre eux par un tissu conjonctif, dit tissu conjonctif interstitiel. Nous étudierons tout d’abord les acini glandulaires ; nous décrirons ensuite le tissu conjonctif interstitiel.

A. Acini glandulaires. — Les acini que l’on désigne encore sous le nom de culsde-sac sécréteurs ou N alvéoles, sont piri formes, à base arrondie et plus ou moins convexe. Leur coupe présente ordinairement un contour polygonal par suite de pressions réciproques. Chacun d’eux, envisagé au point de vue histologique, nous

offre à considérer : l°sa paroi; 2° sa cavité.

a. Paroi de Vacinus. — La paroi de l’acinus est essentiellement constituée par deux couches : 1° une couche externe, constituant la membrane propre ; 2° une couche interne, de nature épithéliale, constituant T épithélium sécréteur. Entre la paroi propre et les cellules glandulaires se disposent des cellules spéciales dites cellules en panier de Boll.

a) La s membrane propre est formée par une membrane très mince, hyaline, entièrement dépourvue d’éléments figurés. Elle est l’homologue de celle, plus épaisse, des glandes labiales, qui, ellemême, est l’homologue évident de la membrane vitrée des glandes sudoripares, laquelle enfin n’est autre chose qu’un prolongement immédiat de la vitrée du derme (Renaut).

P) L’ épithélium sécréteur est représenté par une seule rangée de cellules prismatiques ou cubiques. Elles s’implantent sur la paroi propre par un pied plus ou moins infléchi. Leur hauteur atteint presque la moitié du diamètre de l’acinus, de telle sorte que la cavité même du cul-de-sac glandulaire se trouve extrêmement étroite. Morphologiquement, ces cellules appartiennent à la classe des cellules dites

Fig. 255.

Coupe transversale de la parotide de l'homme (d’après Bôhm et Davidoff).

1, cellules séreuses d’un acinus glandulaire. — 2, canal de Boll. 3, canal intra-lobulaire . — 4, tissu conjonctif.

GLANDE PAROTIDE

séreuses 1 et la glande parotide devient ainsi une glande séreuse type. Elles possèdent chacune un noyau, tantôt arrondi, tantôt à contour anguleux ou même festonné, occupant habituellement le tiers inférieur du corps cellulaire. Leur protoplasma (fig. 255) nous présente dans toute sa hauteur une multitude de petites vacuoles, de forme et de grandeur diverses, dans lesquelles s’accumule un liquide clair, ayant l’apparence de l’eau, mais renfermant à l’état de dissolution des sels minéraux et des substances albuminoïdes. Les travées protoplasmiques qui délimitent les vacuoles, nous présentent à leur tour des granulations de nature albumineuse, qui, au même titre que le contenu des vacuoles, sont le produit de sécrétion du protoplasma cellulaire.

Ces granulations, très variables par leur nombre et par leur volume, varient encore beaucoup suivant les conditions physiologiques où se trouve la glande.

Sur une glande à l’état de repos (fig. 256), A), elles sont uniformément répandues sur toute la hauteur des cellules : ces cellules, du reste, sont très allongées, au point d’atteindre la lumière du canal et de réduire celle-ci à une simple cavité virtuelle.

Si l’on examine maintenant une glande qui a fonctionné quelque temps mais qui n’est pas encore épuisée (fig. 256, B), on constate que la zone basale de la cellule ne présente plus de granulations, tandis que celles-ci ont persisté dans la zone qui répond à la lumière du canal. On constate aussi la présence de quelques granulations dans la cavité même de l’acinus.

Enfin, si nous examinons une glande fatiguée et pour ainsi dire épuisée par un fonctionnement de longue durée (fig. 256, G) , nous voyons que la zone claire de tout à l’heure s’est encore agrandie et qu’on ne trouve plus de granulations maintenant que sur deux points : 1° sur l’extrémité interne de la cellule, tout contre la lumière du canal ; 2° sur la moitié interne des bords latéraux.

Tous ces faits, qui ont été mis en lumière par Langley, nous permettent de conclure que, au moment où la glande passe de l’état de repos à l’état d’activité, elle chasse dans la cavité de l’acinus et dans les canalicules radiés (voy. plus bas) celles de ces granulations qui sont le plus rapprochées de cette cavité. Elles sont remplacées, au fur et à mesure qu’elles s’échappent, par les granulations externes, lesquelles se rapprochent peu à peu de la tête de la cellule pour, à leur tour, passer dans la lumière glandulaire.

y) Les cellules en panier de Boll ou, tout simplement les cellules de Boll , situées sur la face intérieure de la paroi propre, entre celle-ci et la base des cellules glandulaires, sont des cellules aplaties, à prolongements protoplasmiques

1 Nous rappellerons ici, en passant (voy. pour plus de détails les Traités d’histologie), que les glandes buccales se divisent en trois groupes : glandes séreuses, glandes muqueuses, glandes mixtes. — Les glandes séreuses ne renferment dans leurs acini que des cellules dites séreuses. Elles sécrètent un liquide clair, albumineux, dépourvu de mucus, pouvant agir, soit mécaniquement, soit chimiquement par ses sels et surtout par les ferments ( zymine ) qu’il contient à l’état de dissolution. Le type des glandes séreuses est représenté par la parotide et par la plupart des glandes de la muqueuse buccale. — Les glandes muqueuses sont constituées exclusivement par des cellules mucipares. Elles sécrètent, comme leur nom l’indique, un liquide muqueux. A ce groupe appartiennent la glande rétro-linguale du cobaye, les glandes salivaires des oiseaux et, chez l’homme, un certain nombre de glandules des deux régions génienne et palatine. — Les glandes mixtes possèdent à la fois, diversement mélangées entre elles dans les acini, des cellules séreuses et des cellules muqueuses. Le liquide qu’elles sécrètent participe des propriétés physiques et fonctionnelles de celui sécrété par les deux autres groupes glandulaires. A ce groupe des glandes mixtes appartiennent, chez l’homme, la sous-maxillaire et la sublinguale.

Fig. 256.

Acini d’une glande séreuse dans trois conditions physiologiques différentes (d’après Langley). *

A, à l’état de repos, les granulations sont uniformément répandues dans toute la hauteur du protoplasma cellulaire. — B, après une courte période d’activité (les granulations ont disparu de la zone basale. — C, après une sécrétion prolongée, les granulations n’existent plus qu’au niveau de la tète de la cellule, au voisinage de la lumière de l’acinus.

APPAREIL DE LA DIGESTION

Fig. 257.

Deux alvéoles d'une glande muqueuse du lapin avec ses cellules en panier (d’après von Ebner).

1, membrane propre. — 2, cellules vues de face, avec leur noyau. — 3, leurs prolongements ramifiés et anastomosés.

(Les cellules glandulaires des alvéoles ont été enlevées par le pinceau).

ramifiés et anastomosés. Elles forment dans leur ensemble un vaste réseau (fig. 268),. qui enlace les cellules glandulaires comme dans une sorte de panier ou de corbeille

percée à jour. II est rationnel de penser, avec Unna, que le réseau en question est de nature contractile et, par conséquent, que les cellules de Boll ont la même signification que ces cellules myo-épithéliales que l’on rencontre dans bon nombre d’autres glandes, notamment dans la glande mammaire : ici, comme ailleurs, elles ont pour fonction de comprimer les cellules glandulaires et de déterminer ainsi par action mécanique le passage, des vacuoles protoplasmiques dans la lumière de l’acinus, des produits sécrétés par elles. Nous rappellerons, à ce sujet, que Lacroix (1894), en étudiant la structure de la glande mammaire, y a constaté, sur certains prolongements des cellules de Boll, l’existence d’une striation régulière, rappelant exactement ce qu’on observe sur les cylindres primitifs des muscles lisses et sur les cellules myo-épithéliales des glandes sudoripares. La propriété contractile des paniers de Boll ne paraît donc pas douteuse, b. Cavité de Vacinus . — La lumière de l’acinus, très étroite, comme nous l’avons dit plus haut, est allongée dans le sens de l’acinus lui-même. Elle renferme un

liquide, incolore et transparent, provenant de la dissolution des grains de sécrétion que nous avons signalés tout à l’heure dans le corps des cellules aciniennes. Dans ce liquide on peut trouver encore un certain nombre de grains incomplètement dissous.

Vue sur des coupes longitudinales (fig. 258), la lumière de l’acinus est limitée, à droite et à gauche, par une ligne régulièrement festonnée, dont les parties saillantes répondent à l’extrémité de la cellule, les angles rentrants au point de contact de deux cellules voisines. Au niveau de ces points de contact, la cavité de l’acinus se prolonge, entre les deux cellules, sous forme de diverticulums, affectant naturellement, par rapport au centre de l’acinus, une direction radiaire : ce sont les canalicules radiés inter cellulaires.

Ces canalicules intercellulaires, déjà signalés depuis longtemps par Pflüger et par Ewald, niés plus tard par quelques histologistes, sont nettement mis en évidence par la méthode de Golgi (fig. 258). Ils s’étendent, en profondeur, jusqu’au voisinage de la paroi propre del’acinus, mais sans l’atteindre : ils se terminent d’ordinaire, sous la forme d’un cul -de-sac plus ou moins renflé, à la hauteur du noyau.

Des canaux intercellulaires se détachent parfois de courts prolongements, plus ou moins flexueux, rami-

Fig. 258.

Acini d’une glande séreuse, vue en coupe longitudinale (glande sublinguale de l’homme, préparation par la méthode de Golgi, d’après E. MüllerA

l, lumière du canal, teintée en noir, montrant un certain nombre de diverticule* canaliculés, qui se prolongent dans l’intervalle et même dans l’épaisseur des cellules muqueuses. — h, canalicule* similaires pénétrant dans les croissants de Gianuzzi.

GLANDE PAROTIDE

fiés ou non, qui pénètrent dans la cellule elle-même et s’y terminent, eux aussi, on cæcum : ce sont des canalicules intra-cellulaires . Contrairement aux précédents, les canalicules intra-cellulaires ne paraissent pas être des conduits permanents, mais de simples conduits transitoires entièrement dépourvus de paroi propre : ils résulteraient (Prenant) de ce que les vacuoles de sécrétion qui se forment autour des grains de sécrétion se sont ouvertes les unes dans les autres et ont formé ainsi un conduit continu.

Nous ajouterons, en ce qui concerne la lumière de l’acinus, qu’on y rencontre parfois des cellules centro-acineuses , analogues à celles que nous décrirons plus tard dans le pancréas (voy. Pancréas). Ces cellules, déjà mentionnées par plusieurs auteurs, ont été retrouvées tout récemment (1899) par Laguesse et Jouvenel sur la parotide d’un supplicié.

B. Tissu conjonctif interstitiel. — Les acini, les lobules et les lobes parotidiens sont séparés les uns des autres par des cloisons conjonctives, d’épaisseur variable, qui prennent successivement les noms de cloisons inter acineuses, cloiso?is interlobulaires, cloisons interlobaires.

Aux éléments conjonctifs qui constituent ces cloisons s’ajoutent, en quantités variables : 1° des cellules plasmatiques , situées autour des acini ; 2° des cellules graisseuses , surtout abondantes dans les cloisons interlobaires; 3° des cellules lymphatiques , soit isolées, soit agminées, et formant alors de véritables nodules lymphoïdes.

Dans les cloisons conjonctives précitées cheminent les vaisseaux et nerfs de la glande, ainsi que les canaux excréteurs, que nous allons maintenant décrire.

6° Appareil excréteur. — Au sortir des acini, où elle est sécrétée, la salive parotidienne parcourt successivement un certain nombre de conduits qui sont, en allant de l’acinus vers l’extérieur : 1° les canaux intercalaires ; 2° les canaux intra-lobulaires ;

3° les canaux interlobulaires . Finalement, tous les canaux interlobulaires viennent se brancher sur un dernier conduit, qui les résume tous : le canal excréteur proprement dit ou canal de Sténon.

A. Canaux intercalaires. — Les canaux intercalaires, encore appelés pièces intercalaires (Schaltstücke des anatomistes allemands) ou canaux de Boll ou encore passages de Boll, sont des conduits plus ou moins longs, mais toujours extrêmement étroits, qui partent de l’acinus et, de là, vont à un canal intra-lobulaire. Leur structure est très simple. Ils se composent (fig. 259) :

1° d’une paroi propre, extrêmement mince, faisant suite à celle de l’acinus ; 2° d’une couche épithéliale , formant, à la face interne de la paroi propre, un revêtement continu. Cette couche épithéliale est formée par des cellules prismatiques basses à protoplasma homogène et réfringent.

B. Canaux intra-lobulaires. — Les canaux intra-lobulaires, qui font suite aux canaux de Boll,

Fig. 259.

Schéma d’une glande salivaire.

a, a’, vitrée. — 6, b\ b" , couche conjonctive, doublant la vitrée. — c, épithélium sécréteur. — d, cavité de l’acinus.

APPAREIL DE LA DIGESTION

sont formés par la réunion d’un nombre variable de ces derniers canaux. Ils cheminent, comme leur nom l’indique, dans l’épaisseur même des lobules glandulaires. Histologiquement, ils nous présentent, comme les canaux de Boll, une paroi et un épithélium :

a. Paroi. — La paroi est représentée ici par une mince lamelle conjonctive se terminant au-dessous de l’épithélium par une vitrée plus ou moins distincte.

b. Épithélium. — Quant à l’épithélium, il est formé par des cellules prismatiques hautes, possédant chacune, à sa partie moyenne ou dans son tiers interne, un noyau arrondi. Ce qui caractérise essentiellement ces cellules, c’est que leur protoplasma, dans la partie comprise entre le noyau et la base de la cellule ( zone basale), nous présente un système de stries disposées en sens longitudinal, je veux dire allant de la base vers le noyau (fig. 255, 3) : elles répondent (Pflüger) à une série de bâtonnets réfringents, d’une extrême ténuité, régulièrement parallèles entre eux. La présence de ces bâtonnets a été diversement interprétée. Pflüger, à tort, les avait considérés comme des terminaisons nerveuses. Ranvier, de son côté, en avait fait des formations contractiles, destinées, au même titre que les paniers de Boll, à favoriser l’excrétion de la salive, et ce rôle, ajoutait Ranvier, était d’autant plus utile que, sur les conduits vecteurs de la salive, depuis les plus

fins jusqu’au canal de Sténon, il n’existe pas une seule fibre musculaire. On s’accorde aujourd’hui à considérer les bâtonnets en question comme des produits de différenciation du protoplasma cellulaire, que l’on peut rapprocher des filaments ergastoplasmiques. Regaud et Mawas les assimilent à des mitochondries : ils seraient formés pardes granulations extrêmement fines (i chondriosomes ) disposés en séries linéaires dans le sens même de la hauteur de la cellule, d’où la striation de celle-ci (fig. 260). Quoi qu’il en soit de leur signification morphologique, les granulations soit isolées, soit disposées en bâtonnets dans la zone basale des cellules de revêtement des conduits intra-lobulaires, attestent nettement, rien que par leur présence, que ces cellules ne sont pas inactives, mais ont un rôle à jouer dans la sécrétion salivaire et voilà pourquoi la plupart des histologistes aujourd’hui désignent les canaux qui font immédiatement suite aux canaux de Boll sous le nom de canaux sécréteurs. Ils ne sécrètent pas la salive, puisque celle-ci est déjà élaborée par les cellules de l’acinus, mais ils en sécrètent une partie, probablement, d’après Solger et Merkel, les sels de chaux qu’elle contient.

C. Canaux interlobulaires. — Au sortir de leurs lobules respectifs, les canaux intra-lobulaires se réunissent les uns aux autres, en nombre variable, pour former les canaux interlobulaires ou lobaires. Ces canaux cheminent dans les cloisons conjonctives qui séparent les lobules glandulaires, se réunissent avec leurs voisins pour former des canaux de plus en plus volumineux et, finalement, s’ouvrent dans le canal de Sténon. Nous retrouvons dans les canaux interlobulaires les deux mêmes couches que dans les canaux intra-lobulaires, mais elles sont l’une et l’autre profondément modifiées.

a. Paroi propre. — La paroi tout d’abord est beaucoup plus épaisse : c’est une

Coupe transversale d’un conduit excréteur delà parotide du rat (osmium - hémato xyline, d’après Schultze).

GLANDE PAROTIDE

véritable tunique : la tunique propre. Le tissu conjonctif qui se forme est plus condensé et, par cela même, plus résistant. Il renferme, enfin, des vaisseaux et des nerfs.

b. Épithélium. — L’épithélium nous présente encore, comme dans les canaux intra-lobulaires, une assise continue de cellules prismatiques à bâtonnets. Mais cette couche n’est pas seule : au-dessous d’elle, se voit une deuxième assise de cellules, reposant directement sur la vitrée. Ces cellules profondes, d’après Renaut, devraient être considérées comme des cellules en panier, qui se seraient prolongées sur les canaux excréteurs.

D. Canal de Sténon. — Le canal de Sténon, rendez-vous commun de tous les canaux interlobulaires ou lobaires, est le canal excréteur proprement dit de la parotide. Il a pour fonction de transporter la salive parotidienne dans la cavité buccale.

a. Origine. — Le canal de Sténon naît sur la face antéro-interne de la glande,

au niveau du bord parotidien, à 1 union de son tiers inférieur avec ses deux tiers supérieurs. Il est formé, comme nous l’avons déjà dit, par l’ensemble des canaux interlobulaires qui viennent successivement se brancher sur lui.' Le mode de ramescence intra-parotidien du canal de Sténon est très variable : tantôt il se divise en deux conduits à peu près égaux et se séparant l’un de l’autre sous un angle aigu; tantôt, sans se bifurquer, il se dirige obliquement en bas et en arrière vers la partie postéro-inférieure de la glande, recevant au cours de son trajet, par son bord supérieur et son bord inférieur, ses conduits collatéraux, dont le nombre varierait de 6 à 14 (Mongour, Th. Bordeaux, 1898).

b. Trajet. — Quoi qu’il en soit de son mode d’origine dans l’épaisseur même de la parotide, le canal de Sténon, au sortir de la glande, se porte obliquement en haut et en avant, jusqu’à 15 ou 20 millimètres au-dessous de l’arcade zygomatique. S’infléchissant alors en avant, il chemine horizontalement sur la face externe du masséter, en compagnie de l’artère transversale de la face, qui est placée un peu au-dessus de lui, et des divisions du nerf facial, qui se trouvent situées, les unes au-dessus, les autres au-dessous.

Arrivé au bord antérieur du masséter, contourne en même temps la boule graiss muscle, et atteint le buccinateur.

18 1 Fig. 261.

Le canal de Sténon, vu sur une coupe horizontale de la face (côté droit, segment inférieur de la coupe vu d’en haut).

1, glande parotide, avec 1’, son prolongement antérieur. — 2, canal de Sténon. — 3, masséter. — 4, maxillaire inférieur. — 5, ptérygoïdien interne. — 6, apophyse ptérygoïde. — 7, maxillaire supérieur, coupé au niveau des racines des dents. — 8, racines de la deuxième grosse molaire supérieure. — 9, voûte palatine, avec 9’, vaisseaux et nerf palatins postérieurs. — 10, muqueuse buccale. — 11, bue inateur. — 12, zygomatique. — 13, boule graisseuse de Bichat. — 14, tissu cellulaire sous-cutané. — 15. aponévrose superficielle. —16, 16’. artère et veine faciales. — 17, nerf facial, — 18, artère cai’otide externe. — 19, artère et veines dentaires inférieures. — 20, nerf dentaire inférieur. — 21, nerf lingual.

le canal de Sténon contourne ce bord, euse de Bichat, qui est sous-jacente au

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.

Après avoir cheminé quelque temps sur la face externe de ce muscle, tout à coté des glandes molaires (voy. p. 16), il le perfore obliquement et arrive alors sur la muqueuse buccale ; il glisse au-dessous de cette muqueuse dans une étendue de 5

ou 6 millimètres, la perfore à son tour et, finalement, s’ouvre dans le vestibule de la bouche par un étroit orifice en forme de fente, qui se trouve situé un peu en avant du collet de la deuxième grosse molaire supérieure (fig. 261,2). Cet orifice s’ouvre parfois au sommet d’une petite saillie en forme de papille.

La longueur totale du canal de Sténon est, en moyenne, de 35 à 40 millimètres ; son diamètre est de 3 millimètres.

c. Rapports. — Dans sa portion initiale, le canal de Sténon est recouvert par le prolongement antérieur de la parotide. Mais, à partir du point où il se dégage de ce prolongement jusqu’à la boutonnière qu’il s’ouvre à travers les faisceaux du muscle buccinateur, il chemine constamment dans le tissu cellulaire sous-cutané. On est toujours sûr de le mettre à découvert en pratiquant une incision suivant la ligne droite qui unit le tragus à la commissure labiale.

d. Structure. — Gomme ses affluents, le canal de Sténon se compose d’une paroi propre, revêtue intérieurement d’une couche épithéliale.

a) La paroi propre, relativement épaisse, est formée par du tissu conjonctif très serré, comme dans le derme. Elle renferme de riches réseaux de fibres élastiques, des vaisseaux et des nerfs. Elle se termine, du côté de l’épithélium, par une vitrée.

p) L 'épithélium se compose de deux couches cellulaires, l’une profonde, l’autre superficielle : la couche profonde ( couche génératrice de Renaut) comprend des cellules cubiques ou plus ou moins globuleuses, avec quelques cellules de Boll ; la couche superficielle est formée par des cellules cylindriques, se terminant, du côté de la lumière du canal, par un mince plateau dépourvu de cils. De loin en loin, se voient, entre les cellules à plateau, un certain nombre de cellules caliciformes. Enfin, au point d’abouchement du canal excréteur dans le vestibule de la bouche, cet épithélium prend peu à peu les caractères de l’épithélium pavimenteux stratifié de la muqueuse buccale.

Il se développe parfois sur le trajet du canal de Sténon, le plus souvent au niveau du bord antérieur du masséter, un lobule glandulaire isolé et plus ou moins volumineux, que l’on a désigné

• Fig. 261 bis.

Le canal de Sténon contournant le masséter et la boule graisseuse de Bichat.

1, 1’, arcade zygomatique sciée à ses deux extrémités. — 2, masséter renversé en dehors avec la partie moyenne de l’arcade. — 3, temporal. — 4, buccinateur recouvert de son aponévrose. — 5, canal de Sténon se dégageant du prolongement antérieur de la parotide. — 6, glandes molaires. — 7, boule graisseuse de Bichat se continuant avec 7’, la graisse de la région temporale. — 8, mince aponévrose recouvrant la boule graisseuse. — 9, coupe de la peau.

GLANDE PAROTIDE

à tort sous le nom de parotide accessoire. Ce n’est pas, en effet, une glande surajoutée, une «•lande indépendante : le canal excréteur qui lui fait suite, au lieu de s’ouvrir isolément dans la bouche comme celui de la parotide, se jette constamment dans le canal de Sténon. De ce fait, la formation glandulaire en question acquiert la signification d’un simple lobe erratique de la parotide : ce n’est pas une parotide accessoire, mais un simple lobe accessoire de la parotide.

7° Vaisseaux et nerfs. — La parotide, comme tous les organes à fonctions très actives, est très riche en vaisseaux et nerfs :

a. Artères. — Les artères proviennent de plusieurs sources : de l’auriculaire postérieure, de l’auriculaire antérieure, de la transversale de la face et du tronc même de la carotide externe. Ces artères, après s’être divisées et subdivisées dans le tissu conjonctif interstitiel, arrivent au voisinage de la membrane propre des acini, tout autour de laquelle elles constituent un riche réseau capillaire. Les mailles de ce réseau ne traversent jamais la membrane propre et, par conséquent, n’arrivent jamais au contact des cellules glandulaires.

b. Veines. — Les veines, issues des réseaux capillaires de la parotide, cheminent comme les artères dans les cloisons conjonctives interlobulaires. Elles se réunissent les unes aux autres pour former des vaisseaux de plus en plus volumineux et, finalement, viennent s’ouvrir dans la jugulaire externe ou dans ses affluents.

c. Lymphatiques. — Les lymphatiques de la parotide sont représentés par de gros capillaires, irrégulièrement calibrés, plus ou moins anastomosés entre eux, cheminant dans le tissu conjonctif interstitiel. Ils sont réduits à une simple couche endothéliale et entièrement dépourvus de valvules. On les voit sur plusieurs points, notamment au niveau du pédicule des lobules composés, envelopper plus ou moins les vaisseaux san-

guins et même les canaux excréteurs.

Finalement, les vaisseaux lymphatiques de la parotide aboutissent aux ganglions parotidiens décrits plus haut (p. 274), soit à la surface de la glande, soit dans sa profondeur.

A leur tour, les ganglions parotidiens envoient leurs efférents, en partie dans les ganglions jugulaires externes, en partie dans les ganglions cervicaux profonds ou sous-sterno-mastoïdiens.

Outre les ganglions que l’on trouve à sa surface ou dans sa profondeur, la parotide nous présente çà et là, dans son épaisseur, des amas lymphoïdes, de forme et de dimensions diverses, qui se disposent tout autour des acini ou des canaux qui en partent. Ce sont comme des ganglions rudimentaires se rapprochant plus ou moins des gros ganglions pa-

Fig. 262.

Pénétration dans un ganglion lymphatique de la parotide, d’un certain nombre d’ acini glandulaires (d’après Neisse).

On voit nettement les acini parotidiens avec leurs canaux excréteurs, pénétrer dans le ganglion au niveau du hile et s’avancer dans sa masse de façon à l’en vahir peu à peu dans toute son étendue.

APPAREIL DE LA DIGESTION

rotidiens. Neissè (1898) a signalé l’existence, dans les gros ganglions intra-parotidiens, d’acini glandulaires qui se trouvent ainsi emprisonnés entre les éléments lymphoïdes. Leur disposition, du reste, comme aussi leur nombre, est fort variable ; cantonnés dans certains cas à la région du hile, ils s’avancent dans d’autres (comme dans la fig. 262) jusqu’à la partie moyenne du ganglion ou même l’envahissent dans presque toute son étendue. Il convient d’admettre, avec Neisse, qu’il s’agit là d’une pénétration active des acini parotidiens dans le ganglion, pénétration qui se ferait peu à peu au cours du développement de la glande.

d. Nerfs. — Les nerfs de la parotide proviennent de trois sources : 1° de Vauriculo-temporal, branche du maxillaire inférieur ; 2° de la branche auriculaire du plexus cervical ; 3° des rameaux sympathiques qui entourent les artères parotidiennes. Ils se ramifient, comme les vaisseaux eux-mêmes, dans les interstices conjonctifs de la gdande et se résolvent ainsi en de très fins rameaux, les uns à myéline, les autres sans myéline, qui forment autour de chaque lobule primitif un riche réseau, le réseau périlobulaire. Paladino, depuis longtemps déjà, a signalé l’existence, dans ce réseau, de petits ganglions uni ou pluricellulaires.

Du réseau périlobulaire partent une multitude de rameaux, qui pénètrent dans f épaisseur même des lobules. De ces rameaux, les uns, véritables vaso-moteurs, se portent sur les vaisseaux et s’y terminent suivant le type habituel. D’autres sé jettent sur les canaux excréteurs : leur mode de terminaison n’est pas encore nettement élucidé. D’autres enfin, véritables nerfs sécréteurs, pénètrent dans les intervalles des acini et forment tout autour d’eux un deuxième plexus, le plexus périacineux ou périalvéolaire.

Ce plexus, à son tour, donne naissance à des fibrilles extrêmement ténues et plus ou moins variqueuses, lesquelles perforent la membrane propre et arrivent sous l’épithélium. Elles viennent se terminer, non pas dans les cellules glandulaires, comme le prétendait Pflüger, mais, comme le démontrent les recherches plus récentes de Fusari et Panasci, de Ramon y Cajal, de Retzius, de Korolkow, dans l’intervalle de ces cellules glandulaires, soit par des extrémités libres, soit en s’anastomosant en un dernier réseau, le réseau supra-cellulaire .

§ II. — Glande sous-maxillaire

La glande sous-maxillaire occupe la région sus-hyoïdienne. Elle est située contre la face interne du maxillaire inférieur, immédiatement au-dessus de la portion moyenne du digastrique, remplissant pour ainsi dire l’espace angulaire que circonscrivent entre eux le ventre antérieur et le ventre postérieur de ce dernier muscle. Comme la parotide, la glande sous-maxillaire est renfermée dans une loge ostéo-fibreuse, la loge sous-maxillaire , que nous allons tout d’abord décrire.

A. — Loge sous- maxillaire

Nous connaissons déjà la loge sous-maxillaire pour avoir étudié son mode de formation à propos des aponévroses du cou (voy. t. I). Nous avons vu, à ce sujet, que l’aponévrose cervicale superficielle, en passant de Los hyoïde dans la région sus-hyoïdienne, se divise en deux feuillets (fig. 263) : un feuillet superficiel (4”), toujours très net, qui se rend directement au bord inférieur du maxillaire ; un feuillet profond (4’), plus mince, souvent même assez mal différencié, qui, s’écartant du précédent à angle aigu, tapisse la face inférieure des deux muscles hyo-

GLANDE SOUS-MAXILLAIRE

glosse et mylo-hyoïdien et vient se fixer ensuite sur la ligne oblique interne du maxillaire inférieur.

Et bien, l’espace qui résulte de l’écartement de ces deux feuillets, complété d’autre part, en dehors, par la face interne du maxillaire inférieur, constitue la loge sous-maxillaire .

La figure ci-contre (fig. 263], toute schématique, nous montre que cette loge est prismatique triangulaire, avec une face externe formée par le maxillaire, une face interne répondant à une nappe musculaire, une face inférieure en rapport avec les téguments.

Nous devons ajouter que la loge sous-maxillaire se trouve fermée, en avant et en arrière, par la rencontre et la fusion réciproque des deux feuillets aponévrotiques précités.

Cet espace est comblé (fig. 265,2) par la glande sous-maxillaire.

B. — Glande sous-maxillaïre proprement

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