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APPAREIL DE LA DIGESTION

Peu à peu ce cul-de-sac s’étend en longueur. Son extrémité fermée se rapproche de plus en plus de la surface du corps et, finalement, s'ouvre à l’extérieur : le cæcum de tout à l’heure est remplacé maintenant par un tube ouvert à ses deux bouts (fig. 1, B). De ses deux orifices, l’un, appelé bouche, sert à la réception des substances alimentaires ; par l’autre, appelé anus , s’échappent les résidus des actes digestifs, les matières fécales.

Ce tube digestif, que nous rencontrons pour la première fois chez les vers, persistera désormais jusque chez les mammifères supérieurs. Mais, au fur et à mesure qu’on s’élève dans la série, il se complique et se perfectionne. Tout d’abord, il se renfle en son milieu pour former l’estomac. La portion sus-stomacale du tube, conservant sa direction rectiligne et médiane, représente l’œsophage, le pharynx et la cavité buccale. La portion sous-stomacale, s’allongeant et se contournant plus ou moins sur elle-même, constitue l’intestin. Celui-ci se renfle à son tour dans sa portion terminale et se différencie ainsi en deux segments morphologiquement distincts : un premier segment, plus long, mais plus étroit, qui fait suite immédiatement à l’estomac et qui prend le nom d 'intestin grêle; un deuxième segment, plus court, mais beaucoup plus large, qui constitue le gros intestin, lequel se termine par l’anus (fig. 1, C, D, E).

Avec ces différenciations morphologiques se montre tout naturellement la division du travail. — La portion sus-stomacale du tube digestif sert tout simplement à conduire les aliments du milieu extérieur dans l’estomac : c'est la portion ingestive. — L’estomac et l’intestin grêle, plus hautement différenciés, sont des sortes de laboratoires, où les sucs digestifs exercent leur action sur les aliments et les transforment en une masse molle, semi-liquide, facilement absorbable : c’est la portion digestive. — Enfin, le gros intestin ou portion éjective reçoit de l’intestin grêle les résidus de la digestion, les charrie vers l’anus et, sous le nom de matières fécales, les rejette au dehors.

Au fur et à mesure que le tube digestif se perfectionne, nous voyons se développer autour de lui, à titre d’annexes, un certain nombre de formations glandulaires, qui sécrètent et déversent dans sa cavité des liquides particuliers, destinés à opérer sur les aliments les transformations signalées plus haut. Ces formations surajoutées, suivies dans leurs complications graduelles, ne sont tout d’abord que de simples cellules glandulaires isolées, situées çà et là dans l’épithélium. Plus tard, elles se groupent en une couche continue dans des dépressions en cul-de-sac, formant ainsi des glandes rudimentaires plus ou moins incorporées dans la paroi même du canal digestif. Enfin, à un degré de développement plus complet, elles deviennent de véritables organes autonomes (glandes salivaires, foie, pancréas), plus ou moins éloignés de la cavité digestive et reliés à cette dernière par des canaux excréteurs.

L’appareil de la digestion, considéré dans son ensemble, se compose donc :

1° D’un long tube, irrégulièrement cylindrique, le tube digestif ;

2° D’une série de formations glandulaires, qui se développent autour de lui et que nous désignerons sous le nom collectif <¥ annexes du tube digestif.

Le tube digestif et ses annexes feront l’objet de deux chapitres distincts.

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