‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 63 sur 107 · VA LIN · texte numérisé non relu

VA LIN

L’étude comparative des rides vaginales dans la série des mammifères et chez la femme aux différents âges, ne nous a pas encore nettement fixés sur la signification exacte de ces saillies. Certains auteurs les considèrent comme de simples repli> de la muqueuse, destinés à s’effacer lors de l’accouchement et à faciliter ainsi l’ampliation énorme que présente à ce moment la muqueuse vaginale ; mais l’histologie nous apprend que les rides du vagin, au lieu d’être constituées, comme le sont les valvules conni ventes, par de véritables replis de la muqueuse, ne sont que des épaississements locaux de cette membrane et, comme tels, ne peuvent se prêter à un

Coupe du vagin passant le long de ses bords : A, segment postérieur de la coupe, montrant la paroi postérieure de l’organe ; B, segment antérieur montrant sa paroi antérieure.

i, col utérin. — 2, sa cavité, avec les saillies de l’arbre de vie. — 3, oriiice du museau de tanche. — 4, 4’, culs-desac latéraux du vagin. — 5, colonne anlér.eure, avec 5’, le tubercule vaginal et 5”, les plis transversaux de la paroi antérieure. — 6, colonne postérieure, avec 6’, plis transversaux de la paroi postérieure. — 7, méat urinaire. — 8, clitoris. — 9, vestibule. — 10, 10, caroncules myrtiformes. — 11, fosse naviculaire. — 12, 12', coupe des parois droite et gauche du vagin.

déplissement quelconque. Pour d’autres, les rugosités qui hérissent la surface intérieure du vagin auraient été placées là par une nature prévoyante, pour favoriser l’éjaculation en multipliant les frottements sur le passage du pénis et, l’éjaculation une fois produite, pour retenir le sperme qui, par son propre poids, tendrait à s’échapper par la vulve. Une pareille explication, outre qu’elle rappelle un peu trop la doctrine aujourd’hui surannée des causes finales, est peu conciliable, on en conviendra, avec ce double fait indiqué ci-dessus : d’une part, que les rugosités en question présentent leur maximum de développement au huitième mois de la vie fœtale, alors qu’il ne saurait être question pour elles de la fonction tout hypothé-

APPAREIL URO-GENITAL

tique énoncée plus haut; d’autre part, qu’elles disparaissent par atrophie régressive juste au moment où elles devraient être appelées à remplir cette fonction.

Trigone vaginal. — Lorsqu’on examine attentivement la paroi antérieure du vagin, après l’avoir tendue, soit sur le vivant, soit sur le cadavre, on constate (fig. 733) dans sa partie toute

supérieure, à 25 ou 30 millimètres au-dessous de l'orifice externe du col, l’existence d'un repli muqueux transversal, légèrement courbe, à convexité dirigée en avant. On constate, d’autre part, que la colonne antérieure du vagin , arrivée à la partie moyenne du conduit, se divise en deux branches divergentes qui, s’écartant l’une de l’autre sous un angle de 60° environ, vont rejoindre les extrémités du pli transversal précité.

Ces trois replis délimitent ainsi une petite région triangulaire, dont les côtés, sensiblement égaux, mesurent, en moyenne, de 25 à 50 millimètres ; c’est le trigone vaginal de Pawlik ou tout simplement le trigone de Pawlik. Il répond assez bien, ligne pour ligne, au trigone vésical de Lieutaud (fig. 733) : son angle antérieur correspond à l’extrémité vésicale de l’urèthre ; ses deux angles postérieurs indiquent le point où les deux uretères débouchent dans la vessie.' 11 est à remarquer, cependant, que, dans la plupart des cas, le repli transversal qui forme le bord supérieur du trigone de Pawlik se trouve situé sur un plan un peu postérieur à celui qu’occupe le bourrelet interuretérique.

3° Extrémité supérieure.

— L’extrémité supérieure du vagin est, comme nous 'l’avons déjà vu à propos de l’utérus (p. 741), un orifice circulaire, taillé obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, qui embrasse le col à l’union de son tiers inférieur avec ses deux tiers supérieurs.

A ce niveau, tandis que la tunique musculeuse du vagin se fusionne avec la tunique homonyme de l’utérus, sa tunique muqueuse se réfléchit de haut en bas sur le museau de tanche et l’enveloppe régulièrement jusqu’à son sommet, où elle se continue, à travers l’orifice externe du col, avec la muqueuse intra-utérine. En se réfléchissant ainsi, sur le col, la muqueuse vaginale détermine tout autour de ce dernier organe la formation d’une rigole circulaire, que l’on désigne indistinctement sous les noms de voûte du vagin, de fornix , à’ ampoule vaginale , de culs-de-sac du vagin.

Cette rigole péri-cervicale, quoique partout continue, se divise topographiquement en quatre parties, une antérieure, une postérieure et deux* latérales, qui constituent ce que l’on appelle les culs-de-sac antérieur, postérieur et latéraux du

Fig. 733.

Le triangle de Pawlick (T. J.).

iLa femme est dans la position génu-pectorale : un écarteur relève fortement la paroi postérieure du vagin).

1, triangle de Pawlick. — 2, repli transversal formant la base du triangle.

— 3, colonne antérieure du vagin : son extrémité postérieure bifurquée pour former les deux côtés latéraux du triangle. — 4', petite lèvre. — P, grande lèvre.

— 6, méat. — 7, clitoris. — 8, museau de tanche. — 9, orifice anal.

VAGIN

Fig. 734.

Le col utérin et l’extrémité supérieure du vagin dans leurs rapports avec le péritoine (la coupe du vagin est teintée en rouge).

1, vagin. — 2, sa paroi antérieure. — 3, sa paroi postérieure. — 4, cul-de-sac antérieur du vagin. — 5, son cul-de-sac postérieur. — 6, museau de tanche. — 7, portion extra-vaginale du col. — 8, 8’, les deux feuillets antérieur et postérieur du ligament large. — 9, péritoine rectal. — 9’, péritoine vésical . — 10, cul-de-sac vésicoutérin. — 11, cul-de-sac recto-vaginal. — 1 -, paroi postérieure de la vessie. — 13, paroi antérieure du rectum.

vagin. — Le cul-de-sac antérieur (fig. 734, 4) est peu profond : il se réduit, dans certains cas où l’insertion du vagin se fait très &

bas sur le col, à une simple gouttière transversale. Sur lui repose le bas-fond de la vessie, séparé du vagin par une couche de tissu cellulaire, au sein de laquelle cheminent quelques branches artérielles, ordinairement de petit calibre, les artères vésico-vaginales. — Le culde-sac postérieur (734, 5), en raison même de l’obliquité de l’insertion vaginale, est beaucoup plus profond que le précédent : il mesure, suivant les cas, de 10 à 25 millimètres. En arrière de lui, se trouve le cul-de-sac recto-vaginal ou espace de Douglas (734,11) et, au delà de ce cul-de-sac, la face antérieure du rectum. Nous avons déjà dit que le péritoine vaginal se prolonge sur le vagin dans une étendue de 15 à 20 millimètres, rarement plus bas. Entre le feuillet séreux et la paroi vaginale, s’interpose une couche celluleuse, parfois assez épaisse, qui se continue en haut avec le tissu cellulaire péricervical, et dans laquelle se trouvent des veines plus ou moins anastomosées en plexus, servant de traits d’union entre le système veineux utéro-vaginal et le système veineux du rectum. — Les culsde-sac latéraux, situés comme leur nom l’indique sur les côtés du col, relient l’un à l’autre, à droite et à gauche, le cul-de-sac antérieur et le cul-desac postérieur. Iis sont longés par l’uretère, par la partie la plus élevée du plexus vaginal, par trois ou quatre canaux lymphatiques issus du col et, dans certains cas (quand cette artère est abais- Fia- 733

sée) , par l’artère uté- Rapports de l’artère utérine avec l’uretère et le col de l’utérus

(primipare, trente-deux ans).

U, ligne horizontale passant par le cul-de-sac postérieur du vagin. — vv, ligne passant par le cul- de-sac antérieur. — xx, ligue passant par l’isthme. — yy , ligne passant par le sommet du museau de tanche. — zz, ligne interurétcrique. — MM, ligne médiane.

1, artère utérine et veines utérines droites.— 1’, artère utérine gauche. — 2, uretère gauche. — 3, trigone vésical. — Une fenêtre a été pratiquée dans la paroi antérieure du vagin pour laisser voir le museau de tanche.

APPAREIL URO-GENIT A L

rine : un intervalle de 10 à 15 millimètres sépare ordinairement l’artère utérine du cul-de-sac latéral (voy. Artère utérine). Enfin, on rencontre quelquefois (1 fois sur 3 d’après Riedkr), dans la paroi même du vagin, au niveau des culs-desac latéraux, des vestiges d’un canal longitudinal, connu sous le nom de canal de Gartner. Nous le décrirons plus loin (p. 785).

4° Extrémité inférieure. — L’extrémité inférieure du vagin est un orifice par lequel ce conduit s’ouvre à la vulve : c’est Y orifice vulvo-vaginal, plus ou moins rétréci chez la femme vierge par la membrane hymen (fig. 743, 14),

Nous le décrirons dans l’article suivant à propos de la vulve.

Nous nous contenterons de rappeler ici : 1° que l’orifice vulvo-vaginal a la forme d’une ellipse à grand axe antéro-postérieur; 2° qu’il constitue la partie la plus étroite et la moins dilatable du vagin; 3° qu’il est entouré par les deux muscles constricteurs, qui se disposent autour de lui à la manière d’un anneau. Vanneau vulvaire, et dont la contracture (vaginisme inférieur ) rend le coït douloureux et parfois même impossible.

§ III. — Constitution anatomique

La paroi vaginale mesure 3 ou 4 millimètres d’épaisseur. Elle se compose de trois tuniques concentriques (fig. 736) : 1° une tunique externe ou conjonctive ; 2° une tunique moyenne ou musculeuse ; 3° une tunique interne ou muqueuse.

1° Tunique conjonctive.

coloration blanchâtre, se

— La tunique externe ou conjonctive, très mince, de confond extérieurement avec le tissu cellulaire des régions voisines. Elle se compose essentiellement de faisceaux de fibres conjonctives, auxquels viennent se mêler un certain nombre de fibres élastiques.

2° Tunique musculeuse.

musculeuse, de coloration

Coupe

Fig. 736.

transversale de la paroi (d’après Schenk).

du vagin

1, épithélium pavimenteux stratifié. — 2, chorion muqueux avec ses papilles et ses vaisseaux. — 3, couche musculaire. — 4, vaisseaux vus en coupe.

— La tunique, rougeâtre, est constituée par des fibres musculaires lisses, mesurant en moyenne 90 g de longueur sur 6 p. de largeur et disposées sur deux plans : un plan superficiel de fibres longitudinales et un plan profond de fibres circulaires.

a. Fibres longitudinales. — Les fibres longitudinales, comme leur nom l’indique, se disposent parallèlement à l’axe du vagin. — En haut, elles se continuent avec les fibres superficielles de l’utérus. Un certain nombre d’entre elles, cependant, passent dans les ligaments utérosacrés (voy. Utérus). — En bas, elles se terminent, en partie sur les branches ischio-pubiennes, en partie sur les aponévroses du périnée et dans l’épaisseur des petites lèvres.

b. Fibres circulaires. — Les fibres circulaires forment pour la plupart des anneaux, dont la direction est exactement perpendiculaire à celle des fibres longitudinales ; d’autres sont obliques et diversement entrecroisées. — En haut, les fibres de la couche profonde se continuent, comme les fibres superficielles, avec

VAGIN

la tunique musculeuse du col utérin. — En bas, elles s’arrêtent à l’orifice vulvaire et forment tout autour de cet orifice une sorte de sphincter, le sphincter lisse du vagin. En dehors de lui, Kobelt, chez certains animaux, et Luschka, chez la femme, ont décrit un deuxième sphincter formé par des fibres striées. Ce sphincter strié, qui constitue le constricteur profond du vagin , appartient aux muscles du périnée et sera décrit plus loin (voy. Muscles du périnée, p. 815).

3° Tunique muqueuse. — La tunique muqueuse revêt dans toute son étendue la surface intérieure du vagin. En haut, elle se continue avec celle du museau de tanche et, par son intermédiaire, avec celle de l’utérus. En bas, elle se continue avec la mu- i

queuse de la vulve.

A. Caractères physiques. — La muqueuse vaginale est épaisse de 1 millimètre environ : elle représente, comme on le voit, le tiers ou le quart de l’épaisseur totale de la paroi du vagin. Grisâtre ou légèrement rosée dans les conditions ordinaires, elle prend une coloration rouge au moment de la menstruation, une coloration rouge foncé ou même violacée pendant la grossesse. Du reste, elle est très résistante, très extensible et très élastique.

B. Structure microscopique. —

Histologiquement, la muqueuse du vagin se compose , comme toutes les muqueuses, de deux couches : le chorion muqueux et Y épithélium. On y rencontre parfois des glandes.

a. Chorion. — Le chorion muqueux, très riche en fibres élastiques, adhère intimement par sa face profonde à la tunique musculeuse, sans interposition d’une couche sous-muqueuse spéciale.

Sa face superficielle est surmontée de papilles vasculaires, coniques ou filiformes, qui sont beaucoup plus développées dans la partie inférieure du conduit que dans sa partie supérieure, plus développées aussi (de Sinéty) chez

Fig. 737.

Coupe transversale du vagin et de l’urèthre, pour montrer les rapports et la constitution anatomique de ces deux conduits.

1, colonne antérieure du vagin, avec : a, muqueuse; 6, couche musculeuse ; c, couche fibreuse de la paroi vaginale. — 2, muqueuse de l’urèthre. — 3, couche des fibres lisses longitudinales. — 4, couche des. fibres lisses circulaires. — 5, canaux veineux, disséminés dans les deux couches de fibres lisses. — G, sphincter externe de l’urcthre ou sphincter strié.

Fig. 738.

Epithélium vaginal de la femme, vu sur une coupe perpendiculaire de la paroi (d’après Tourneux).

1, épithélium avec ses trois couches de cellules ; 1’, cellules profondes; 1”, cellules moyennes; 1’”, cellules superficielles, — 2, chorion muqueux. — 3, papilles. — 4, 4, vaisseaux coupés en travers. — 5, autre vaisseau coupé en long dans l’épaisseur d’une papille.

784 APPAREIL U R Ou GÉNITAL

la nouveau-née que chez la femme adulte ayant eu des rapprochements sexuels et des accouchements. Le chorion est constitué par un fin réticulum conjonctif, avec une quantité plus ou moins considérable de fibres élastiques. Les mailles du réticulum sont plus ou moins infiltrées de leucocytes. Ces leucocytes sont surtout abondants à la partie supérieure du conduit, où ils forment dans certains cas (Eïenle) de véritables follicules clos.

b. Épithélium. — - L’épithélium présente jusqu’à 180 à 200 \j. d’épaisseur. En s’étalant sur le chorion, il efface entièrement, en les recouvrant, les saillies que forment les papilles. C’est un épithélium pavimenteux stratifié : les cellules les

plus profondes (couche génératrice) sont cylindriques; les cellules moyennes sont polyédriques par pressions réciproques; les cellules superficielles sont manifestement aplaties. Aux cellules épithéliales se mêlent toujours une quantité plus ou moins considérable de leucocytes migrateurs, soit isolés, soit réunis en groupes.

Chez certains animaux, notamment chez les rongeurs, l’épithélium vaginal subit après le rut et pendant tout le temps que dure la gestation une modification structurale remarquable, qui a été bien étudiée par Lataste, Morau, Uetterer, Tourbeux : l’épithélium pavimenteux stratifié se transforme en un épithélium cylindrique mucipare. L’épithélium vaginal dans tout son étendue, vaste glande muqueuse étalée en surface, élabore du mucus. Pour certains auteurs, cette sécrétion muqueuse aurait pour but de lubrifier le canal vaginal au moment de la mise bas : une pareille interprétation me paraît un peu fantaisiste. Quoi qu’il en soit, après la^ise bas, l’épithélium vaginal reprend peu à peu ses caractères d’épithélium pavimenteux stratifié. Cette régénération épithéliale commence au niveau de la vulve et remonte ainsi graduellement jusqu’aux culs-de-sac utéro-vaginaux.

L’épithélium vaginal envoie dans le chorion des bourgeons simples ou plus ou moins ramifiés. Ces bourgeons (fig. 739 ; sont toujours des bourgeons pleins 11 en est quelques-uns, cependant, qui, par suite de modifications survenues dans leurs cellules centrales, paraissent être canaliculés et, de ce fait, pourraient en imposée pour des formations glandulaires.

c. Glandes. — La muqueuse vaginale, comme nous venons de le voir, présente parfois, dans sa partie supérieure et sur le col utérin, un certain nombre de follicules clos, mais elle est totalement dépourvue de glandes: par conséquent, le liquide qui s’écoule du vagin est le produit, non d’une sécrétion, mais de l’exsudation et de la desquamation épithéliale de la muqueuse. Dans certains cas, cependant, on a rencontré de véritables glandes aux deux extrémités de la muqueuse vaginale : en haut, sur la muqueuse des culs-de-sac, en bas, sur celle qui

Fig. 739.

Prolongements épithéliaux clans l’épaisseur du chorion (vagin de la femme, d'après Veith).

a, cellules épithéliales profondes, de forme cylindrique. — b, épithélium pavimenteux stratifié. — c, prolongement épithelial de forme cylindroïde présentant à sa partie moyenne quelques vacuoles.

VAGIN

avoisine l’orifice vulvaire. Ces formations glandulaires sont entièrement anormales. Elles doivent être considérées, sur la muqueuse des culs-de-sac, comme des glandes erratiques de la muqueuse du col utérin. De même, les glandes rétrovulvaires ne sont vraisemblablement que de simples lobules de la glande de Bartholin, qui se sont isolés de cette dernière glande pour s’ouvrir par des canaux excréteurs distincts dans la partie inférieure du vagin.

Canal de Gartner. — La partie inférieure des canaux de Wolff (voy. fig. 720,4) persiste chez certains mammifères, notamment chez les solipèdes, sous la forme de deux conduits, l'un droit, l’autre gauche, qui longent les parois latérales de l’utérus et du vagin et viennent s’ouvrir à l’extrémité inférieure de celui ci, au voisinage du méat urinaire : ce sont les canaux de Gartner Ils sont particulièrement bien développés chez la vache et chez la truie, où ils ont été bien décrits par Gartner d'abord, en 1822, et plus tard, en 1825, par de Blainville. Au point de vue histologique, ils sont constitués par une tunique musculeuse (Follin, Rieder) tapissée sur sa face interne par un épil hélium cylindrique.

Chez la femme, le canal de Gartner, représenté comme chez les animaux par la partie inférieure du canal de Woltf. existe nettement pendant la vie embryonnaire et fœtale et voici le trajet qu’il suit. Partant du parovarium (p. 762) en plein ligament large, il se porte obliquement en bas et en dedans, atteint l’utérus au niveau de l’extrémité supérieure du col, pénètre alors dans la paroi môme de l’organe, parcourt le col dans toute son étendue passe dans la paroi antéro-latérale du vagin et descend ainsi jusqu’à la base de l’hymen. Là, s’infléchissant en dedans, il s'engage dans l’épaisseur de cette dernière membrane et vient se terminer le plus souvent au voisinage de son bord libr.*, quelquefois sur sa face externe, quelquefois encore mais plus rarement dans le sillon qui sépare l’hymen des petites lèvres, le sillon nympho-hyménéal.

A son passage à travers le col utérin, immédiatement audessus des culs-de-sac vaginaux, ou même au niveau de ces culs-de-sac, le canal de Gartner présente une dilatation plus ou moins accusée, mais loujours irrégulière, que l’on peut considérer (Meyer) comme l'homologue, chez la femme, de la dilatation ampullaire que présente le canal déférent de l’homme dans sa portion rétro-vésicale.

Meyer (1909), à qui nous devons une excellente étude du canal de Gartner chez la femme, l’a rencontré dans les proportions suivantes : 1° chez les embryons de 2 à 3 mois. 12 fois sur 12 sujets examinés; 2° chez les fœtus de 4 à 6 mois, 6 fois sur 21 sujets examinés; 3» chez des fœtus de 7 à 9 mois, 11 fois sur 67 sujets examinés. Le canal existe donc constamment chez les embryons jeunes. Puis, il s’atrophie peu à peu au fur et à mesure que le fœtus se rapproche du neuvième mois. Après la naissance, il continue à régresser et disparait même complètement dans la plupart des cas. On en r ncontre cependant des vestiges chez l’adulte et même chez le vieillard, dans la proportion de 1 fois sur 3, d’après Rieder. Le trajet que nous avons a- signé plus haut au canal de Gartner nous indique nettement les points divers où nous retrouverons ces vestiges ; dans la partie inféro-inte-ne des ligaments larges, dans la paroi latérale du col utérin, dans la paroi antéro-latérale du vagin, dans l’épaisseur de l’hymen. Mais le point où ils sont les plus fréquents est la région des cnls-de-sac vaginaux et cela se comprend si l'on songe que c’est précisément là que le canal présente sa portion la plus large, la portion ampullaire.

Quand ils existent, les vestiges du canal de Gartner revêtent, selon les cas, la forme d'un tube

Fig. 740.

Trajet du canal de Gartner chez l’embryon et le fœtus.

i, ligament large. — 2, col de l’utérus. -- 3, vagin. — 4, cul-de-sac u té ro- vaginal. — 5, hymen. — 6, petites lèvres, avec 6’, le sillon nympho-hy ménéal. — 7, pavillon de la trompe. — 8, épovarium. — 9, parovarium. — 10, 10, canal de Gartner, aver 10’, sa dilatation ampullaire lies deux flèches qui le continuent eh bas indiquent les deux points où peut aboutir, suivant les cas, son extrémité inférieure).

Fig. 741.

Le canal de Gartner vu sur une coupe transversale du col de l’utérus passant au niveau des culs-de-sac chez un fœtus de six mois.

1, cavité cervicale.

2, paroi antérieure du vagin avec

— 3. cul-de-sac an1’-’ *

5, canal de Gartner.

2’ sa paroi postérieure. — 3. cul-de-sac antérieur. —4, culde-sac postérieur. - > • ~

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.

épithélial sans tunique musculeuse ou celle d’un cordon musculaire sans, revêtement épithélial, lequel est plus ou moins englobé, comme le canal de Gartner chez les solipédes, dans la paroi antéro-latérale de l’utérus et du vagin.

Si nous nous en rapportons aux' observations de Rieder, nous voyons que l’anomalie peut être bilatérale ou unilatérale et, dans ce dernier cas, que le canal se montre plus fréquemment à droite qu’à gauche. Dohrn avait déjà établi, dans ses recherches sur l’évolution du canal de Wolfï, que c’était celui du côté gauche qui, le premier, présentait des phénomènes d’atrophie régressive. Du reste, Rieder a toujours rencontré les vestiges du canal de Gartner sur le col de l’utérus ou sur la partie supérieure du vagin. Il n’a jamais observé la portion inférieure du canal et il explique ce fait par le développjunent considérable que prend, à son niveau, la cloison uréthro-vaginale.

Un certain nombre 'd’auteurs, notamment Wassilieff-, ont voulu voir le segment terminal des canaux de Gartner dans deux petits conduits, décrits par Skene en 1880, qui viennent s’ouvrir à la vulve, côte à côte et immédiatement en arrière du méat urinaire. Mais nous verrons plus loin à propos des glandes annexées à l’appareil sexuel de la femme, que cette homologie n’est pas acceptable, les canaux de Skene n’étant pas de simples conduits terminés en cul-de-sac, mais de véritables glandes en grappe (voy, p. 809) .

A consulter au sujet des canaux de Gartner : Gartner, Meckel’s Arch., 1822; — de Blainville, Note sur les doubles canaux de la matrice des mammifères p ar ongulés découverts par M. Gartner. Bull. Soc. philom., 1825 ; — Ozenne, Persistance du canal excréteur du corps de Wolff' chez une femme de 60 ans. Bull. Soc. anat., 1880; — Dohrn, Ueber die Gartner’ schen Kanâle beim Weibe, Arch. f. Gynak., 1883 ; — Rieder, Ueber die Gartner’ schen Kanale beim menschl. Weibe . Virchow’s Arch., 1884; — Negrini, Contrib. alla Anatomia dei canali di Malpighi { detti di Gartner nella) vacca , Parma, 1897 ; — Klein, Ueber die Beziehungen der Millier’ schen zu den W ’olff" schengângen beim Weibe , Münch. med. Woch., 1897 ; — Poi.idor, Des canaux de Gartner, de leur persistance chez la femme sous forme de conduits à débouché vaginal, Th Bordeaux, 1901 ; — Meyer, Beitr. z. Kenntnïs d. Gartner'sche Ganges beim Ménschen, Zeitschr. Gebürtsh. u. Gynak., 1907 ; — du même , Zur Deutung rudiment^rer Organ im weibl. Genitaltractus, Centralbl. Gynak., 1907; — Meyer, Zur Kenntnis d. Gartner’ schen Ganges besonders in vagina u. dem Hymen des Menschen, Arch. mikr. Anat., Bd LXXIII, 1909.

§ IV. — Vaisseaux et nerfs

1° Artères. — Les artères du vagin sont fournies en grande partie par l’artère vaginale, branche de l’hypogastrique (voy. Angéiologie) . Mais le vagin reçoit encore un certain nombre de branches des artères voisines : de l’utérine, de la vésicale inférieure, de Thétnorrhoïdale moyenne et de la honteuse interne. Ces branches, comme celles issues de la vaginale, se jettent, les unes sur la face antérieure du vagin, les autres sur sa face postérieure. Elles pénètrent tout d’abord dans la tunique musculeuse, à laquelle elles abandonnent de nombreux rameaux, et viennent se terminer dans la tunique muqueuse par un riche réseau capillaire dont les mailles occupent les parties les plus superficielles du chorion. Dans chaque papille de la muqueuse s’élève une anse simple, plus rarement des anses multiples.

2° Veines. — Les veines, remarquables à la fois par leur nombre et par leur volume, tirent leur origine des réseaux de la muqueuse et de la musculeuse. Elles se dirigent vers les bords latéraux de l’organe et y forment, de chaque côté, un important plexus, le plexus vaginal. Ce plexus, qui occupe toute la hauteur du vagin, communique avec tous les réseaux du voisinage : en haut, avec le plexus utérin ; en bas, avec les veines du bulbe ; en avant, avec le plexus vésical ; en arrière, avec le système des veines hémorrhoïdales. Les troncs qui en émanent aboutissent, à droite et à gauche, à la veine hypogastrique.

3° Lymphatiques. — Les lymphatiques du vagin se disposent en deux réseaux : l’un extrêmement riche, à mailles très étroites et très serrées, occupant le chorion muqueux, c’est \e réseau muqueux; l’autre à mailles beaucoup plus larges, situé dans la couche musculaire, c’est le réseau musculaire. Ces deux réseaux, du reste, communiquent largement entre eux.

Les lymphatiques issus de ces deux réseaux se portent à la surface extérieure du

VAGIN

vagin, où ils forment un troisième réseau, le réseau périvaginal. Ce réseau périva^inal entre en relations avec les réseaux voisin : le réseau du col utérin, le réseau vulvaire, le réseau rectal .

Le réseau périvaginal donne naissance à de nombreux efférents que l’on distingue, d’après leur origine, en supérieurs , moyens et inférieurs. — Les lymphatiques supérieurs , au nombre de 2 ou 3 de chaque côté, se séparent du vagin dans la région des culs-desac et, se mêlant aux lymphatiques du col utérin, ils aboutissent, comme ces derniers, aux ganglions supérieurs et moyens de la chaîne iliaque externe. —

Les lymphatiques moyens , également au nombre de 2 ou 3, proviennent du tiers moyen du vagin. S’accolant à l’artère vaginale, ils se portent comme elle obliquement en haut et en arrière, pour venir se terminer dans les ganglions moyens de la chaîne hypogastrique. —

Les lymphatiques inférieurs tirent leur origine de la partie tout inférieure du vagin, de cette portion du conduit qui précède l’hymen ou, quand l’hymen est détruit, des caroncules hyménéales. Se portant obliquement en haut et en arrière, ils gagnent la face antérieure du sacrum et se terminent, à droite et à gauche du rectum, dans les ganglions présacrés. Quelques-uns remontent jusqu’aux ganglions du promontoire.

En résumé, les lymphatiques vaginaux aboutissent aux trois groupes ganglionnaires suivants : 1° aux ganglions iliaques externes; 2° aux ganglions hypogastriques; 3° aux ganglions présacrés.

Fig. 742.

Les artères et veines du vagin, vues sur la face postérieure

1, utérus avec i\ segments utéro-sacrés. — 2, vagin, vu par sa face postérieure. — 3, peau du périnée (la coupe passe un peu en avant de l’anus) . — 4, partie antérieure du sphincter anal. — 5, releveur de l’anus avec 5\ ses faisceaux rétro-vaginaux. — 6, fosse ischio-rectale . — 7, 7, arlère utérine. — 8, artère vaginale avec : 8’ ses branches antérieures; 8'. ses branches postérieures. — 9, branche vaginale, qu^ la crosse utérine abandonne à la face antérieure du vagin — lû, autres branches vaginales, provenant de l’artère hémorrhoïdale inférieure. — 11, veines vaginales et plexus vaginal. — 12, veines utérines. — 13, collecteurs principaux des deux plexus utérin et vaginal. — 14, autre veine vaginale, se rendant à l’hcmorrhoïdale inférieure en traversant le releveur.

4° Nerfs. — Les nerfs du vagin ont été étudiés dans ces derniers temps par Pol-Le, par Doùiel et par Kôstlin. Ils proviennent de deux sources : du plexus hypogastrique

et du nerf honteux interne, branche du plexus sacré. Avant de pénétrer dans la paroi du vagin, ils forment tout autour de l’organe un plexus périvaginal, sur les mailles duquel se voient de tout petits ganglions ou même des cellules nerveuses isolées.

Les rameaux qui en partent se distinguent, au point de vue de leur terminaison, en rameaux musculaires et en rameaux muqueux. — Les rameaux musculaires se terminent sur les fibres musculaires lisses suivant le mode habituel. — Les rameaux muqueux pénètrent dans le chorion muqueux, envoient des filets fort grêles dans les papilles et, finalement, se terminent dans l’épithélium. Ces terminaisons nerveuses interépithéliales se rencontrent jusque dans les couches les plus superficielles de l’épithélium.

Kôstlin a signalé dans le chorion muqueux, immédiatement au-dessous de l’épithélium, des cellules qui présentent tous les caractères des cellules nerveuses. Elles ont, en tout cas, la même signification que celles que l’on rencontre dans la muqueuse de l’utérus. On a signalé encore, dans la muqueuse vaginale, des corpuscules de Krause, des corpuscules du tact et jusqu’à des corpuscules génitaux, analogues à ceux qui existent dans le clitoris.

A consulter, au sujet du vagin, parmi les travaux récents : Pestalozza, Delle cisti délia vagina, Riv. clinica, Bologne, 1887 : — Veith, Vaginalepithel und Vaginaldrüsen, Virchow’s Arch., 1889 ; — Condorelli, Vagin double, avec hymen double , etc., Giorn. ital. délia malattie veneree, 1889; — Grosti, Sul processo di cornificazione délia vagina nei prolassi, Milano, 1890 ; — Farabeuf et Varnier, Partie génitale du canal pelvi-génital , filière vagino-périnéo-vulvaire, Ann. de Gyn., 1891 ; — Rettereb, Evolution de l'épithélium du vagin , Soc. de Biol., 1892 ; — Dogiel, Die Nervenendigungen in der Haut der aüssere Genitalorgane des Menschen, Arch. f. mikr. Anat., 1893; — Kôstlin, Die Nervenendigungen in denweibl. Geschlechtsorganen , Berlin, 1895; — Roux, Contrib. à l'étude de la persistance de l’hymen après l’accouchement, Th. Paris, 1896 ; — Ferraresi, Sull’angolo d'inclinazione vaginale, Boll. d. Sc.. Med., 1897 ; — Bruhns, Ueb. die Lymphgefasse d. weibl. Genitalien, etc., Arch. f. Anat. u. Physiol., 1898 ; — Meyer, Driisen der Vagina u. Vulva, Zeitschr. f. Gebürtsh. u. Gynâk, 1901 ; — Schenk, Ueb. elastiches Gevoebe in d. norm. u. pathol. veranderten Scheide, Verh. Deutsch. des Gynâk, 9 Vers, Giessen, 1901 ; — Grjasnoff, Ueb. die Vagina der Kinder, Diss. Saint-Pétersbourg, 1901 ; — Levy, Beitr. zur Anat. u. Pathol, der kleinen Labien, Dissert. München, 1904; — Jung, Untersuch. über die Innervation der weibl. Genitalorgane, Monatsschr. f. Gebürtsh. u. Gynâk, 1905 ; — Beiling, Beitr. z. makr. mikr. Anat. der Vagina u. des Utérus d. Saugeliere, Arch. mikr. Anat., 1906.

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