‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 78 sur 107 · ORGANES PARA GANG LION N A 1 RÉ S · texte numérisé non relu

ORGANES PARA GANG LION N A 1 RÉ S

ont une affinité toute particulière pour les sels de chrome, le bichromate de potasse par exemple: ce sont les cellules chroma f fines de Kohn. Par extension, les organes paraganglionnaires sont appelés quelquefois organes chromaf fines.

Les paraganglions sont fort nombreux dans l’organisme. Nous ne décrirons que les cinq suivants, qui sont les plus importants : 1° le paraganglion tympanique ; 2° le paraganglion carotidien ; 3° le paraganglion abdominal ; 4° le paraganglion coccygien ; 5° le paraganglion surrénal.

§ I. — Paraganglion tympanique

Le paraganglion tympanique, ou glande tympanique, est une petite masse oblongue, de coloration rougeâtre, située tout autour du nerf de Jacobson à son passage dans le canal tympanique, canal court et étroit qui, on le sait, s’étend de la base du crâne à la partie inférieure de la caisse du tympan.

Le paraganglion tympanique mesure de 3 à 5 millimètres de hauteur.

On l’a pris pendant longtemps pour un ganglion nerveux, le ganglion tympanique de Valentin. G’est-à W. Krause (1878), que revient le mérite d’avoir reconnu sa véritable signification et d’en avoir fait une glande close, une glande vasculaire sanguine.

§ Il .- Paraganglion carotidien

Le paraganglion carotidien, plus connu sous le nom de glande carotidienne ou intercarotidienne, se développe au cou, à l’angle de bifurcation de la carotide primitive. Découverte par Haller et par Andersch (et non par Arnold, dont elle porte pourtant le nom), la glande carotidienne a été parfaitement bien décrite, à une époque déjà ancienne, par Mayer et par Luschka et, plus récemment, par Rieffel (1892) et par Princeteau (1899).

1° Situation et forme. — Topographiquement, la glande carotidienne se trouve située, non pas dans l’angle même de bifurcation de la carotide primitive, mais en arrière de cet angle, comme l’a démontré Rieffel : elle est donc rétro-carotidienne plutôt qu’ intercarotidienne. Exceptionnellement, on la trouve un peu au-dessous ou un peu au-dessus de l’angle de bifurcation.

Au point de vue de sa forme, la glande carotidienne est oblongue à grand axe vertical.

Elle mesure, en moyenne, 5 ou 6 millimètres de hauteur, sur 2 ou 3 millimètres de largeur.

Du reste, elle se présente le plus souvent sous

Les carotides (côté droit) sont vues par leur face postérieure : elles ont été écartées l’une de l’autre et le ligament intercarotidien disséqué, pour montrer les divers éléments vasculo-nerveux qui se rendent au corpuscule. On voit que les veines et les nerfs abordent ce dernier par le pôle supérieur, les artères par le pôle intérieur.

I, corpuscule rétro-carotidien. — 2, carotide primitive. — 3, carotide exlerae. — .4, carotide interne. — 5, jugulaire interne. — 6, tronc veineux thyro-linguo facial. — 7, gr.and sympathique. — 8, pneumogastrique.

Fig. 916.

Le corpuscule rétro-carotidien, dernischématique (d’après Princeteau).

GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE

la forme d’une masse unique ei compacte; plus rarement, elle se trouve dissociée en 2 ou 3 nodules distincts, unis les uns aux autres par du tissu conjonctif.

La glande carotidienne est reliée à l’extrémité supérieure de la carotide primitive par une sorte de pédicule, à la fois fibreux et vasculaire, long de 2 ou 3 millimètres, qui se détache du pôle inférieur de la glande et que l’on désigne sous le nom de ligament de Mayer.

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2° Structure. — Histologiquement, la glande carotidienne se compose essentiellement d’un réticulum conjonctif, dans les mailles duquel se trouvent des amas de

cellules épithéliales. Ces cellules sont volumineuses, arrondies ou ovalaires, mais presque toujours polyédriques par pression réciproque. Un de leurs principaux caractères est leur affinité spéciale pour les réactifs chromiques, ce Sont des cellules chromaffines. Stilling d’abord, puis Kohn, ont bien mis en lumière les analogies qui existent entre ces cellules et celles qui entrent dans la constitution de la substance médullaire des glandes surrénales, substance médullaire qui, comme nous le verrons tout à l’heure, représente un véritable paraganglion (voy. Glandes surrénales).

La glande carotidienne , outre les travées conjonctives et les cellules épithéliales que nous venons d’indiquer, possède encore un riche lacis de capillaires, particulièrement larges, à contours irréguliers, épousant toujours et très exactement la forme du parenchyme ambiant et, de ce fait, appartenant manifestement à la variété des capillaires sinusoïdes de S. Minot. On les voit parfois s’infléchir sur euxmêmes et se pelotonner comme pour former des glomérules, disposition qui a valu à la glande carotidienne le nom de glomèrule ou glome carotidien. Mais jamais ils ne forment de réseaux admirables, comme l’avaient cru certains auteurs.

Chez l’homme, à un âge avancé, des modifications importantes surviennent dans la constitution histologique de la glande carotidienne : c’est un accroissement notable des vaisseaux et du tissu conjonctif interstitiel, accroissement qui se fait naturellement au détriment des éléments épithéliaux. Ceux-ci, comme étouffés par cette prolifération conjonclivo vasculaire, s’atténuent peu à peu, diminuent d'importance et se détruisent spontanément (Sühaper).

Fig. 917.

Paraganglion carotidien d’un chat de deux jours (d’après Kohn).

A, enveloppe conjonctive. En’ dedans de cette enveloppe se voient les cellules glandulaires, soit disséminées, soit réunies en groupe; ces cellules ressemblent assez par leurs dimensions et leur noyau aux cellules ganglionnaires, dont quelques-unes se voient en g; mais elles en different en ce quelles se colorent déjà par l’a.tion des sels de cbrome.

3° Vaisseaux et nerfs. — La glande carotidienne est une formation très vasculaire. — Les artères « forment une petite touffe très courte de 3 à 5 petites artérioles, parties d’un ou de deux petits troncs, qui prennent leur origine au fond du sillon de bifurcation de la carotide primitive, quelquefois sur l’une des artères de

0 KG AN ES PA KAGANGLIONN Al K ES

ce sillon, mais toujours dans le voisinage immédiat. Ces artères se dirigent de bas en haut et d’avant en arrière, pour atteindre le pôle inférieur de la glande, dans laquelle on peut suivre leurs ramifications ».

(Princeteau). — Les veines, au nombre de 3 ou 4, s’échappent du pôle opposé de la glande. Elles se dirigent en haut et, après un parcours variable, viennent s’ouvrir, suivant les cas, dans la veine laryngée supérieure, dans la veine linguale, dans les veines pharyngées. — Les lymphatiques sont inconnus. — Les nerfs sont très nombreux dans la glande carotidienne. Ils proviennent des sources les plus diverses (sympathique, pneumogastrique, glossô-pharyngien , hypoglosse) et, comme les veines, abordent la glande par son pôle supérieur. On peut suivre les fibres nerveuses, soit à myéline, soit sans myéline, jusque sur les minces travées conjonctives. Outre les fibres précitées, la glande carotidienne possède encore un certain nombre de cellules nerveuses ganglionnaires. Nous retrouverons plus tard ces cellules dans la substance médullaire des corps surrénaux.

Au sujet de la glande carotidienne, voyez parmi les travaux recents : Stieda, Uatersuch. iiber die Entwick. der Glandula thymus , Glandula thyroidea u. Glandula carotica, Leipzig, 1881; — dk Meuron, Rech. sur le développ. du thymus et de la glande thyroïde , Rev. zool. Suisse, 1886; — Rabb, Zur Bildungsgech. des Halses, Prag. med. Woch., 1886 ; — van Bemmelen, Die Visceralascheu u. Aortenhogen bei Reptilien u. Wogeln, Zool. Anz., 1886; — Schaper, Beitr. z. Histol. der Glandula carotica, Arch. f. mikr. Anat., 1892 ; — Prenant, Contrib: à V étude du développ. organique et histologique du thymus , de la glande thyroïde et de la glande carotidienne, La Cellule, 1894 ; — Rieffel, Le corpuscule rétro-carotidien, Paris, 1892; — Princetevu, Le corpuscule rétro-carotidien au point de vue de ses connexions vasculaires et nerveuses chez l’homme. Soc. d’Anat. et de Physiol. de Bordeaux. 1899; — Kohn, Ueb. den Bau u. die Entwick. der sogen. Carotisdrüse, Arch. mikr. Anat. Bd, 56, 1900; — Du même, Die Paraganglion, Arch. f. mikr. Anat-, Bd. 62, 1903.

Coupe transversale de la glande carotidienne chez l’homme (d’après Schaper;.

Cette coupe nous montre Les amas des cellules polyédriques qui entrent daus la constitution de la glande; comme on le voit, ils sont séparés les uns des autres par des cloisons conjonctives.

§ I ! I . — Paraganglion abdominal

Dans une communication faite au 15e Congrès de Y Anatomische Geselsschaft en 1901, à Bonn, Zückerkandl a signalé la présence dans le plexus sympathique de l’aorte abdominale de deux petits organes, l’un droit, l’autre gauche, qu'il a désignés sous le nom d 'organes parasympathiques. Ce sont les paraganglions abdominaux de notre nomenclature. Ils ont été retrouvés et étudiés à nouveau par Bonnamour et Pinatelle (-1902), par Kohn (1903), par Pelegrini (1906), par Sperino et Balli (1907). Ces derniers se sont occupés surtout de leur circulation.

1° Situation. — Topographiquement, les paraganglions abdominaux (fig. 9l9i se trouvent situés de chaque côté de l’aorte, en regard de l’émergence de l’artère mésentérique inférieure. Celui du côté droit repose dans le sillon que forment, en s’adossant, l’aorte et la veine cave inférieure. Celui du côté gauche occupe l’espèce d’angle dièdre que forment l’aorte et le muscle psoas. Il est à peine besoin de faire remarquer qu’ils sont, l’un et l’autre, recouverts par le péritoine pariétal : ce sont des formations extra-péritonéales ou mieux rétro-péritonéales.

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2° Forme et dimensions. — Comme nous le montre la figure ci-dessous, les paraganglions abdominaux se présentent sous la forme de deux petits corps allongés dans le sens vertical, cylindroïdes ou légèrement aplatis, plus ou moins effilés à leurs deux extrémités. Le droit est presque toujours un peu plus volumineux que

le gauche.

Ils diffèrent des ganglions lymphatiques en ce qu’ils sont plus mous et d’un gris plus foncé.

Leurs dimensions sont extrêmement variables. Leur longueur, en moyenne, mesure de 8 à 12 millimètres pour celui du côté droit, de 6 à 10 millimètres pour celui du côté gauche : Sperino et Balli ont rencontré un maximum de 30 millimètres et un minimum de 1 millimètre. Leur largeur oscille ordinairement entre 4 et 5 millimètres.

Assez souvent, comme sur la figure 919, il existe entre les deux paraganglions, sur la face antérieure de l’aorte, de petits nodules de même nature, constituant comme autant de paraganglions accessoires. Leur disposition, comme leur nombre, est extrêmement variable. Tantôt, ils sont absolument isolés des deux paraganglions..

Tantôt (15 p. 100), ils s’unissent latéralement à l’un et à l’autre, formant ainsi entre les deux une sorte de trait d’union transversal, appelé isthme.

Suivant que l’isthme unit les deux paraganglions par leur extrémité supérieure ou par leur partie moyenne, l’ensemble des différentes formations ganglionnaires préaortiques ressemblent assez bien à uïi U majuscule renversé (n) ou à un H — Dans d’autres cas, le paraganglion accessoire s’unit seulement à l’extrémité supérieure de l’un des deux paraganglions, formant alors, avec ce dernier un L renversé : q pour le paraganglion du côté droit; 1 pour le paraganglion du côté gauche. Dans un cas observé par Sperino et Balli, les deux paraganglions droit et gauche étaient unis l’un à l’autre à la fois par leur extrémité supérieure et parleur extrémité inférieure, auquel cas le complexus paraganglionnaire de l’abdomen revêtait la forme d’un quadrilatère aux angles émoussés.

Quelles que soient leur forme et leurs dimensions, les paraganglions abdominaux présentent des rapports intimes avec les branches avoisinantes du plexus sympathique, lesquelles se croisent et s’entrecroisent tout autour d’eux, comme pour les envelopper dans une sorte de filet.

Les paraganglions abdominaux sont des formations à peu près constantes ZuckeiD kandl , sur 64 sujets examinés, les ont rencontrés 64 fois. Sperino et Balli, sur 70 sujets d’ages les plus divers, ne les a jamais vus manquer entièrement. Toute-

Fig. 919.

Organes parasympathiques d’un nouveau-né (d’après Zuckerkandl).

1, aorte. — 2, artère iliaque primitive. — 3, mésentérique inférieure. — 4, veine cave inférieure. — 5, veine rénale gauche. — 6, plexus aortique. — 7, uretère. — 8, 8’, organes parasympathiques droit et gauche (entre les deux, sur la l'ace antérieure de l’aorte se voient quelques petits organes parasympathiques accessoires).

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